Baromètre de l’économie 2026 

Baromètre de l’économie 2026 

Une fracture de confiance durable, révélatrice d’un besoin urgent de transition économique soutenable

Article Green Finance extrait du : Baromètre de l’économie Odoxa – janvier 2026, réalisé pour AGIPI, Challenges et BFM Business, auprès de 1 005 Français interrogés les 17 et 18 décembre 2025 

Un climat économique au plus bas historique

Le Baromètre Odoxa de janvier 2026 marque un tournant préoccupant dans la perception économique des Français.
L’indice de moral économique atteint –64, son pire niveau jamais enregistré pour un début d’année depuis 2008, soit près de vingt ans de mesures continues

  • 82 % des Français se déclarent plutôt moins confiants quant à l’avenir économique de la France
  • Seulement 18 % se disent plutôt confiants
  • Malgré un léger mieux par rapport à décembre 2025, la défiance reste structurellement installée

Ce niveau de pessimisme dépasse :

  • celui observé après la crise financière de 2008,
  • celui de la pandémie de 2020,
  • et même les périodes post-électorales les plus tendues.

2026 perçue comme une année de difficultés économiques majeures

Les projections des Français pour l’année 2026 sont sans appel :

  • 67 % anticipent une année de difficultés économiques
  • seulement 4 % envisagent une année de prospérité
  • 28 % estiment que 2026 sera comparable à 2025

Cette anticipation négative progresse continuellement depuis plusieurs années et reflète une perte de visibilité collective sur l’avenir économique

Des craintes très claires sur les grands équilibres économiques

Plus de 8 Français sur 10 anticipent des évolutions défavorables en 2026 :

  • 83 % prévoient une hausse des impôts et prélèvements
  • 81 % un faible niveau de croissance
  • 89 % n’anticipent aucune amélioration du pouvoir d’achat
  • 88 % ne croient pas à une baisse du chômage
  • 72 % ne s’attendent pas à une forte hausse des marchés boursiers

Ces chiffres traduisent non pas un rejet de l’économie de marché, mais une déconnexion ressentie entre performance macroéconomique, finance et bien-être réel

Un sentiment de déclassement social inédit

L’un des enseignements les plus marquants du baromètre concerne la dimension sociale :

  • 61 % des Français estiment que leur situation sociale est moins bonne que celle de leurs parents au même âge
  • Ce chiffre était de 17 % seulement en 2002
  • Il progresse encore de 5 points en un an

Plus inquiétant encore :

  • 70 % pensent que leurs enfants vivront moins bien qu’eux, soit +22 points par rapport à 1996

Il ne s’agit plus d’un pessimisme conjoncturel, mais d’un sentiment de déclassement intergénérationnel durable

Lecture Green Finance : un signal fort pour réorienter le capital

Ce baromètre met en lumière une réalité essentielle pour la finance durable :

La crise actuelle est autant une crise de confiance qu’une crise économique.

La défiance persistante des ménages révèle :

  • une fatigue face aux modèles économiques perçus comme instables,
  • une attente forte de trajectoires crédibles, lisibles et soutenables,
  • un besoin de réconcilier finance, impact social et utilité réelle.

Enjeux clés pour la Green Finance

Dans ce contexte, la finance verte, sociale et à impact n’est plus une option marginale, mais un levier stratégique de reconstruction de la confiance, à condition de :

  • financer l’économie réelle et territoriale,
  • soutenir la transition énergétique et l’emploi local,
  • renforcer la lisibilité des projets et leur impact concret,
  • intégrer les dimensions sociales et intergénérationnelles dans l’allocation du capital.

De la défiance à la transformation

Le Baromètre Odoxa de janvier 2026 agit comme un signal d’alerte systémique.
Il montre que sans nouvelle boussole économique, la fracture entre performance financière, cohésion sociale et projection dans l’avenir continuera de s’élargir.

La Green Finance a ici un rôle central à jouer :
non seulement pour financer la transition, mais pour restaurer la confiance, redonner du sens à l’investissement et reconnecter l’économie aux attentes profondes des citoyens.

La question n’est plus s’il faut transformer les modèles économiques, mais à quelle vitesse et avec quels outils financiers crédibles, inclusifs et durables.

À lire aussi : 2025, l’année du grand tournant pour l’épargne européenne