
Green OAT, Quand la finance souveraine devient le dernier rempart de la biodiversité
Pourquoi la protection des écosystèmes est désormais un enjeu financier systémique
La biodiversité : un actif financier invisible mais vital
La biodiversité est le prochain grand choc financier.
Ceux qui l’anticipent survivront. Les autres disparaîtront.
Rapport P113 : 154 pages qui redéfinissent le rôle de la finance face à la biodiversité
Ce document n’est pas un simple rapport administratif.
Ce n’est pas non plus un exercice théorique destiné à rester dans les tiroirs de l’administration.
Le rapport d’évaluation du programme budgétaire P113, Paysages, eau et biodiversité, financé notamment par les obligations souveraines vertes françaises (Green OAT), constitue l’un des documents les plus stratégiques publiés ces dernières années sur le lien direct entre finance publique, biodiversité et stabilité économique.
P113 et 154 pages, ce rapport expose méthodiquement une réalité que les marchés financiers commencent à peine à intégrer : la biodiversité n’est pas un enjeu périphérique, mais un actif systémique, dont dépend directement la stabilité économique, financière et sociale.
Ce document démontre, chiffres à l’appui, que les politiques publiques de protection des écosystèmes ne relèvent plus d’une logique environnementale abstraite, mais d’un investissement stratégique visant à préserver les fondations mêmes de l’économie.
Ce rapport marque également une évolution majeure : pour la première fois, l’impact réel des dépenses publiques environnementales est mesuré, analysé et traduit en termes économiques concrets.
Il ne s’agit plus de déclarations d’intention.
Il s’agit de comptabilité du réel.
Depuis plusieurs décennies, la finance s’est concentrée sur des actifs tangibles : actions, obligations, immobilier, infrastructures. Pourtant, l’un des actifs les plus critiques pour l’économie mondiale, la biodiversité, est resté largement ignoré des modèles financiers traditionnels.
Aujourd’hui, cette réalité change radicalement.
La biodiversité n’est plus seulement une question environnementale. Elle est devenue un enjeu économique, financier et systémique. Les écosystèmes fournissent des services essentiels qui soutiennent directement l’économie mondiale : régulation du climat, filtration de l’eau, pollinisation, fertilité des sols, protection contre les catastrophes naturelles.
Selon le rapport officiel d’évaluation du programme budgétaire français P113 financé par les Green OAT, ces services sont d’une valeur économique colossale. Par exemple, les forêts françaises séquestrent près de 87 millions de tonnes de CO₂ par an, soit environ 19 % des émissions nationales, tandis que les zones humides permettent d’économiser jusqu’à 2000 € par hectare et par an en coûts de traitement de l’eau.
La conclusion est sans appel : la biodiversité constitue une infrastructure économique invisible mais fondamentale.
Sa dégradation représente désormais un risque financier majeur.
Chapitre 1 — Green OAT : la naissance d’une nouvelle génération d’obligations souveraines
La France, pionnière de la finance verte souveraine
En 2017, la France devient le premier État à émettre une obligation souveraine verte — la Green OAT (Obligation Assimilable du Trésor verte).
Objectif : financer directement des politiques publiques environnementales.
Contrairement aux obligations classiques, ces instruments ont une particularité essentielle : leur impact environnemental doit être évalué, mesuré et démontré.
Ce changement marque une rupture historique.
La finance publique entre dans l’ère de la responsabilité environnementale mesurable.
Le programme P113 : un pilier stratégique
Le programme P113 finance :
- la protection de la biodiversité
- la gestion de l’eau
- la protection des paysages
- la conservation des espèces menacées
- la protection des écosystèmes marins et terrestres
En 2024, ce programme représente environ 362,5 millions d’euros de dépenses publiques financées en partie par les Green OAT.
Mais son importance dépasse largement son poids budgétaire.
Ce programme agit comme un multiplicateur.
Il structure l’ensemble des politiques environnementales françaises.
Chapitre 2 — La biodiversité : un actif économique critique
Une richesse biologique exceptionnelle mais fragile
La France est l’un des pays les plus riches en biodiversité :
- plus de 104 000 espèces recensées en métropole
- plus de 96 000 espèces dans les territoires d’outre-mer
Mais cette richesse décline rapidement.
Entre 1989 et 2021 :
- la population des oiseaux communs a chuté de 24 %
- les oiseaux agricoles ont chuté de 36 %
Ces chiffres sont alarmants.
Car les oiseaux sont un indicateur clé de la santé des écosystèmes.
Leur disparition reflète une dégradation systémique.
L’économie dépend directement de la biodiversité
La biodiversité soutient directement :
- l’agriculture
- l’industrie
- l’énergie
- l’immobilier
- l’assurance
- la finance
Sa disparition représente un risque économique majeur.
Selon la Banque mondiale, la perte des services écosystémiques pourrait entraîner une perte de 2,7 trillions de dollars par an à l’échelle mondiale d’ici 2030.
Chapitre 3 — Le rôle critique du financement public
Un paradoxe financier majeur
Les dépenses publiques représentent :
- 60 % du financement de la biodiversité en France
- contre seulement 20 % pour le secteur privé
Le secteur privé finance moins qu’avant.
Sa contribution a chuté de :
- 39 % en 2000
- à seulement 20 % aujourd’hui
Cette évolution est inquiétante.
Car les risques écologiques deviennent des risques financiers systémiques.
Chapitre 4 — Le rôle critique des dépenses dites « fondamentales »
Le rapport identifie un point crucial.
Les dépenses les plus importantes ne sont pas les plus visibles.
Ce sont les dépenses dites « fondamentales » :
- recherche scientifique
- production de données
- formation
- sensibilisation
Ces dépenses ont un effet multiplicateur majeur.
Sans elles, toutes les autres politiques perdent leur efficacité.
Chapitre 5 — L’impact réel des politiques financées
Zones protégées : un impact mesurable
Les zones protégées permettent :
- une augmentation des populations animales
- une meilleure conservation des espèces
- une amélioration de la résilience climatique
Sans financement P113 :
- 20 % de zones protégées en moins
- forte dégradation des écosystèmes
Protection des espèces menacées
Sans financement :
- perte de milliers d’individus d’espèces protégées
- accélération des extinctions
Chapitre 6 — Le lien direct entre biodiversité et stabilité financière
Risques physiques
La perte de biodiversité entraîne :
- sécheresses
- inondations
- pertes agricoles
- perturbations industrielles
Ces risques ont un impact direct sur :
- les banques
- les assureurs
- les investisseurs
Risques de transition
Les entreprises non alignées ESG font face à :
- sanctions réglementaires
- perte d’accès au financement
- dévalorisation des actifs
Chapitre 7 — La biodiversité devient une classe d’actifs
Les investisseurs commencent à intégrer la biodiversité.
Nouveaux instruments :
- obligations vertes
- obligations biodiversité
- crédits biodiversité
La biodiversité devient monétisable.
Chapitre 8 — Pourquoi les banques doivent agir immédiatement
Les banques financent :
- agriculture
- immobilier
- infrastructures
- industrie
Tous ces secteurs dépendent de la biodiversité.
Ignorer ce risque devient impossible.
Chapitre 9 — Le futur : la biodiversité au cœur du système financier
Le futur de la finance sera :
- durable
- mesurable
- aligné avec les limites planétaires
Les banques devront intégrer :
- risque biodiversité
- impact biodiversité
- dépendance biodiversité
La finance face à son test ultime
Le programme P113 montre une vérité fondamentale.
La biodiversité n’est pas une externalité.
C’est une infrastructure économique.
Sans elle :
- l’économie s’effondre
- les marchés s’effondrent
- la finance s’effondre
La finance verte n’est plus une option. C’est une nécessité.
Conclusion : Message aux investisseurs
La biodiversité est le prochain grand choc financier.
Ceux qui l’anticipent survivront. Les autres disparaîtront.
Source : ici








