
Paris, 27 janvier 2026 – Maison de la Chimie.
À l’occasion de la 35ᵉ Rencontre de l’Épargne, Green Finance a assisté à une table ronde centrale :
« La finance verte est-elle à la hauteur de ses ambitions ? »
Face à une audience de professionnels de l’épargne, quatre voix ont éclairé un sujet désormais stratégique : la capacité réelle de la finance verte et durable à financer la transition, tout en conservant lisibilité, confiance et efficacité économique.
4 intervenants pour cette table ronde :
- Cécile Goubet – Directrice générale, Institut de la Finance Durable
- Claire Marais-Beuil – Députée de l’Oise
- Michèle Pappalardo – Présidente du Comité du Label ISR
- Sébastien Raspiller – Secrétaire général de l’AMF
Constat partagé :
L’ambition est bien là.
Les flux d’investissement sont engagés, les cadres réglementaires existent, les labels se durcissent.
Finance verte : ambition affirmée, exécution sous tension
Mais l’exécution reste fragile :
- inflation normative,
- complexité excessive,
- données ESG peu fiables et très dépendantes d’acteurs non-européens,
- risque croissant de décrochage des PME.
Loin des discours incantatoires, les échanges ont mis en lumière une réalité plus nuancée :
La finance verte progresse, mais son infrastructure reste instable.
La finance verte est-elle à la hauteur de ses ambitions ?
Oui sur l’intention et les flux.
Pas encore sur la lisibilité, la stabilité et la confiance long terme.
La finance verte a franchi un point de non-retour. Mais sans simplification, clarification des indicateurs et fiabilité des données, elle risque de perdre l’adhésion des épargnants qu’elle cherche précisément à mobiliser.
Lecture critique des interventions
- Cécile Goubet a clairement dominé la table ronde par sa vision stratégique, européenne et data-driven.
Son intervention : structurante, stratégique et très solide
· Claire Marais-Beuil, députée et donc non spécialiste, a surpris par la pertinence de ses alertes économiques et territoriales.
Son intervention : pragmatique, étonnamment pertinent et terrain pour une députée
· Michèle Pappalardo a parfois brouillé le message en confondant finance verte et finance durable… tout en dénonçant cette confusion.
Son intervention : pédagogique… parfois confus, parfois involontairement comique
· Sébastien Raspiller a fait preuve d’une rare honnêteté institutionnelle en reconnaissant les limites actuelles du cadre réglementaire et de du régulateur AMF.
Son intervention : honnête, lucide, institutionnel sans langue de bois
Cécile Goubet – Directrice générale, Institut de la Finance Durable
Ses Idées clés :
- La finance verte ne peut pas être isolée : elle s’inscrit dans un financement global de la transition et une révolution industrielle.
- Les flux d’investissement mondiaux sont déjà massivement orientés vers les énergies propres (≈ 90 % en Europe).
- Le véritable enjeu n’est plus le cap, mais le financement des objectifs politiques (Accord de Paris).
- Forte insistance sur :
- la clarification des indicateurs clés ESG,
- la comparabilité européenne,
- la dépendance critique aux data providers non-européens (point très stratégique).
Sa principale citation :
« La finance verte n’existe pas seule. Elle s’inscrit dans un tout : une ambition politique, une transition industrielle et des flux d’investissement déjà en mouvement. »
Claire Marais-Beuil – Députée de l’Oise
Ses Idées clés :
- Attention aux surnormes françaises qui risquent d’asphyxier le tissu économique.
- La finance verte ne doit pas contraindre mais accompagner.
- Priorité absolue : évaluer avant d’imposer.
- Insistance sur :
- la stabilité réglementaire,
- la cohérence européenne,
- le risque de décrochage économique des PME.
Sa principale citation :
« La finance verte doit accompagner le développement économique, pas empêcher les entreprises de s’installer ou de se développer. »
Michèle Pappalardo – Présidente du Comité du Label ISR
Ses Idées clés :
- Long développement sur la distinction finance verte / finance durable, (parfois… contradictoire !)
- Défense du Label ISR comme outil de transformation progressive de toute l’économie.
- Mise en avant du durcissement du référentiel ISR ( Les –25 % de fonds labellisés ont été minimisés ).
- Très critique sur la volonté de sortir des entreprises du périmètre CSRD.
Sa principale citation :
« La finance verte investit dans certaines activités. La finance durable accompagne toute l’économie vers la transition. »
Sébastien Raspiller – Secrétaire général de l’AMF
Ses Idées clés :
- Le rôle central du régulateur : information claire, compréhensible et correcte (« les 3C »).
· Reconnaissance explicite : de la complexité excessive des textes européens ; des difficultés de compréhension même pour les professionnels.
- Lutte contre le greenwashing réelle mais mesurée.
- Message fort : la finance durable est un processus de trajectoire, pas une photo instantanée.
Sa principale citation :
« nos propres équipes ont du mal à comprendre certains textes, on ne peut pas demander aux épargnants de s’y retrouver seuls. »
Conclusion Green Finance :
La finance verte avance.
Mais elle n’atteindra ses ambitions que si elle devient compréhensible, mesurable et crédible, autant pour les marchés que pour les citoyens, en commençant par une réglementation cadrée, un jour peut être…
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