ENI dans la neige

ENI

Quand la neige devient un audit.

Eni et le “greenwashing par sponsoring” à la veille des JO 2026

À trois jours de l’ouverture des Jeux d’hiver Milano-Cortina (6–22 février 2026), une polémique ESG s’invite sur la ligne de départ : Eni, sponsor premium, est ciblée par Greenpeace et d’autres organisations qui dénoncent une opération d’image incompatible avec le cœur fossile du groupe. 

Le mécanisme : “image durable” vs “modèle économique”

La critique n’est pas technique : elle est narrative et financière.  Narrativement, parce que parrainer des sports dépendants de la neige tout en restant un major des hydrocarbures ressemble à une dissonance.

Financièrement, parce que le marché pénalise de plus en plus les écarts entre promesses et trajectoires : le “S” et le “G” (acceptabilité sociale, sincérité, gouvernance de la com) finissent par coûter cher en prime de risque. 

Les arguments des ONG : simples, mais redoutables. Le réchauffement réduit la fiabilité de la neige ; les Alpes sont un signal visible. Un sponsor fossile “achète” de la légitimité durable via l’émotion sportive. Les instances sportives devraient suivre l’exemple historique du tabac : on ne promeut pas ce qui détruit le sport lui-même. 

Est-ce fondé ?

Oui, si l’on parle de cohérence ESG et de risque réputationnel : le sponsoring agit comme un multiplicateur de visibilité, donc un multiplicateur de controverse. 

Non, si l’on cherche un verdict légal immédiat : ici, l’attaque est surtout un procès de cohérence dans l’espace public. 

Le “pattern” se répète ailleurs

TotalEnergies : contesté pour “sportswashing” via l’AFCON, et aussi rattrapé par le terrain judiciaire sur certains messages climatiques. 

Saudi Aramco : accords F1/FIFA/ICC régulièrement remis en cause par des organisations sur la crédibilité climat et l’alignement avec les objectifs internationaux. 

Ce que les investisseurs (et communicants) doivent retenir

Dans l’ESG 2026, le sujet n’est plus “avez-vous un message ?”,  mais “votre message survit-il à un test de cohérence en 30 secondes ?”. 

Le sponsoring est une “pub” à haute intensité émotionnelle : donc c’est aussi une zone à risque maximale pour le greenwashing perçu.

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