Luxe : la fin de l’autoroute de l’aisance

Habitué à un contexte économique et sociologique porteur, le secteur pourrait bien voir la demande qui lui est adressée ralentir et son pricing power s’éroder peu à peu. Une rupture qui est encore loin d’être partagée par les investisseurs, comme en atteste la cherté historique de ses niveaux de valorisation.

Pour les acteurs du luxe, l’alignement des planètes aura duré près de 20 ans. D’un côté, le secteur a pu longtemps compter sur un socle de demande géographiquement bien réparti à travers le monde entre les grandes zones économiques traditionnelles, limitant les risques d’à-coups. De l’autre, l’essor de classes moyennes, voire aisées, dans des zones qui en étaient auparavant dépourvues a créé les conditions d’une croissance durable pour les marques les plus emblématiques. Résultat : un développement à la fois soutenu, régulier et équilibré. Cette configuration a été telle que les chiffres d’affaires et les marges du secteur ont résisté au récent arrêt des vols long courrier et à la chute des flux touristiques, dont dépend pourtant près de 35% de l’activité, parvenant même à dépasser leur rythme de 2019 dès la première moitié de cette année.

Un tableau nettement plus contrasté

Notons tout d’abord que s’il est toujours en croissance, le marché du luxe est en phase de décélération en Europe.

Faute de moteurs de croissance suffisamment diversifié comme autrefois, le secteur en est ainsi réduit à voir son salut dans le seul appétit des trentenaires citadins et digital natives chinois. Résultat de l’importance croissance de ce seul segment de population pour l’industrie du luxe, la Chine devrait représenter la moitié des ventes en 2025, contre près d’un tiers aujourd’hui...

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