
L’enquête Ipsos BVA menée pour Daikin révèle une réalité préoccupante : près d’un Français sur trois se considère aujourd’hui en situation de précarité énergétique. Entre arbitrages budgétaires douloureux, impact sur la santé et difficultés d’accès aux travaux de rénovation, le chauffage devient un enjeu social majeur à l’hiver 2025-2026.
Un hiver rigoureux qui ravive les fragilités énergétiques
La fin de l’année 2025 et le début de l’année 2026 ont été marqués par des températures exceptionnellement basses sur l’ensemble du territoire français.
Les météorologues parlent du Noël le plus froid depuis quinze ans, une situation qui a brutalement remis la question du chauffage au centre des préoccupations des ménages.
Dans le même temps, le contexte énergétique reste tendu.
Depuis la disparition du bouclier tarifaire, les prix de l’énergie ont fortement progressé, représentant une part croissante du budget des Français.
Même si une relative stagnation est observée en 2025, la volatilité des prix demeure élevée, sous l’effet combiné des tensions géopolitiques, du changement climatique et de l’incertitude économique.
C’est dans ce contexte que Daikin France, acteur de référence du génie climatique, a souhaité mesurer l’impact concret de cette situation sur le quotidien des Français.
Une enquête représentative pour comprendre les usages et les arbitrages
L’étude intitulée « Les Français et la précarité énergétique. État des lieux, arbitrages et leviers » a été confiée à l’institut Ipsos BVA.
Elle a été menée en novembre 2025 auprès de 1 000 personnes âgées de 18 ans et plus, constituant un échantillon représentatif de la population française.
Administrée via un questionnaire en ligne de 30 questions, l’enquête s’est intéressée :
- aux équipements de chauffage et de climatisation,
- aux comportements de consommation,
- au ressenti face aux factures énergétiques,
- et aux freins et leviers liés aux travaux de rénovation énergétique.
L’objectif : dresser un état des lieux précis et incarné de la précarité énergétique telle qu’elle est vécue aujourd’hui.
Des équipements de chauffage encore majoritairement énergivores
Les résultats montrent une forte hétérogénéité des équipements de chauffage dans les logements français.
Parmi les personnes interrogées :
- 44 % déclarent être équipées de chaudières, fonctionnant majoritairement au gaz ;
- 28 % utilisent des radiateurs électriques, une proportion qui grimpe à 39 % chez les 18-30 ans ;
- 17 % disposent d’une pompe à chaleur ;
- 5 % ont installé un poêle à granulés.
Ce panorama illustre le poids encore important des systèmes traditionnels, souvent plus exposés à la volatilité des prix de l’énergie, et la progression encore lente des équipements plus performants.
31 % des Français se sentent en situation de précarité énergétique
L’un des enseignements majeurs de l’étude réside dans le décalage entre les statistiques institutionnelles et le ressenti réel des ménages.
Alors que l’Observatoire National de la Précarité Énergétique (ONPE) estimait en 2023 qu’un peu plus de 10 % des Français étaient en situation de précarité énergétique, l’enquête Ipsos BVA révèle un chiffre bien plus élevé :
👉 31 % des Français interrogés estiment être en difficulté pour se chauffer correctement à un coût abordable.
Ce sentiment est particulièrement marqué :
- chez les jeunes de 18 à 30 ans (42 %),
- et chez les catégories CSP– (41 %).
La précarité énergétique n’apparaît plus comme un phénomène marginal : elle s’installe durablement dans le quotidien d’une partie significative de la population.
Des stratégies d’adaptation qui dégradent le confort
Pour contenir leurs factures de chauffage, de nombreux Français adoptent des stratégies de restriction thermique, parfois au détriment de leur confort.
Les comportements les plus fréquemment cités sont :
- abaisser le thermostat sous le seuil de confort (19-20 °C au lieu de 20-21 °C) :
- 54 % le font souvent,
- 77 % au moins occasionnellement ;
- ne chauffer que certaines pièces du logement :
- 54 % le font souvent,
- 73 % au moins occasionnellement ;
- multiplier les couches de vêtements à domicile :
- 56 % le font souvent,
- 85 % au moins occasionnellement.
Ces ajustements traduisent une normalisation de l’inconfort thermique, devenue une variable d’ajustement budgétaire.
Des sacrifices budgétaires de plus en plus lourds
La précarité énergétique ne se limite pas à une baisse de confort.
Elle entraîne des arbitrages financiers contraints, parfois sur des postes essentiels.
Ainsi, 65 % des personnes interrogées déclarent avoir réduit au moins un poste de dépense pour pouvoir régler leurs factures d’énergie.
Les réductions concernent principalement :
- les loisirs (44 %),
- les vacances (37 %).
Mais des arbitrages plus préoccupants émergent :
- 26 % réduisent volontairement leurs dépenses alimentaires,
- 14 % diminuent leurs dépenses de santé.
Ces chiffres révèlent une précarité énergétique aux conséquences sociales directes, bien au-delà de la seule question du chauffage.
Pour une large majorité, bien se chauffer est devenu un luxe
L’étude met en lumière une perception largement partagée :
👉 85 % des Français estiment que se chauffer confortablement est aujourd’hui un luxe.
Cette perception est étayée par plusieurs indicateurs :
- 49 % constatent une augmentation de leur facture de chauffage à l’hiver 2024 par rapport à 2023 ;
- 41 % déclarent une facture mensuelle égale ou supérieure à 150 € ;
- 59 % ressentent de l’inquiétude à la réception de leurs factures ;
- 15 % admettent avoir des difficultés à les régler.
Les femmes, les jeunes adultes, les locataires et les catégories CSP– expriment plus fortement cette inquiétude.
Un impact direct sur la santé, le moral et la vie sociale
Le froid ne se contente pas d’affecter le budget : il pèse lourdement sur le bien-être physique et psychologique.
Selon l’enquête :
- 74 % indiquent que le froid dégrade la qualité de leur sommeil,
- 72 % se sentent plus irritables,
- 70 % sont plus sujets aux maladies hivernales,
- 65 % ressentent davantage de douleurs musculaires.
Le froid affecte également la vie sociale :
- 38 % déclarent recevoir moins de proches ou voir moins leur entourage ;
- certains indiquent que leurs invités leur ont fait part d’un inconfort thermique.
Chez les personnes en télétravail, le phénomène est également notable :
- 15 % augmentent leur présence sur site pour bénéficier d’un chauffage collectif,
- 11 % réduisent leur temps de travail à domicile pour limiter leurs dépenses énergétiques.
Les travaux énergétiques : une priorité… sous conditions
Malgré ces difficultés, les Français ne restent pas inactifs.
61 % des personnes interrogées ont déjà engagé au moins une catégorie de travaux énergétiques, une proportion qui atteint 71 % chez les 60-75 ans.
Les travaux les plus fréquemment cités sont :
- le remplacement des fenêtres (34 %),
- le changement du système de chauffage ou d’eau chaude sanitaire (30 %).
Par ailleurs, 35 % envisagent de réaliser des travaux dans les trois prochaines années, notamment :
- le remplacement du chauffage (11 %),
- l’isolation des murs (10 %),
- le changement des fenêtres (9 %).
Réduire les factures : le moteur principal du changement
Lorsqu’il s’agit de remplacer un système de chauffage, les attentes sont claires.
Le critère économique arrive largement en tête.
Les Français attendent avant tout :
- une réduction des factures énergétiques (53 %),
- un meilleur confort thermique (27 %),
- des critères écologiques (10 %),
- une provenance européenne ou française de la technologie (10 %).
Les pompes à chaleur : une technologie plébiscitée, mais encore freinée
Parmi les possesseurs de pompes à chaleur, les retours sont largement positifs :
- 88 % estiment que leur confort thermique s’est amélioré,
- 85 % considèrent que leur impact environnemental a diminué,
- 82 % jugent que leurs factures ont baissé durablement.
Ces bénéfices sont également perçus par les non-équipés :
- 75 % associent la pompe à chaleur à un meilleur confort,
- 66 % à une réduction de l’empreinte environnementale,
- 66 % à une baisse durable des dépenses énergétiques.
Le principal frein reste cependant le coût initial :
- 57 % de l’échantillon évoquent le prix de l’équipement et de l’installation comme obstacle majeur.
Les aides publiques : un levier décisif… mais fragile
L’enquête montre une bonne connaissance des dispositifs d’aide :
- 83 % connaissent au moins une aide,
- 61 % citent MaPrimeRénov’,
- 19 % en ont déjà bénéficié.
Les aides financières constituent le principal levier de passage à l’action pour 84 % des personnes intéressées par des travaux, devant le prêt à taux zéro (55 %).
Mais les freins restent nombreux :
- 72 % citent le coût initial trop élevé,
- 42 % la complexité administrative,
- 41 % le doute sur les économies réellement obtenues.
La suspension de MaPrimeRénov’ accentue ces incertitudes.
L’accompagnement, clé de la rénovation énergétique
Daikin rappelle l’importance d’un accompagnement structuré pour sécuriser les projets de rénovation.
François Deroche, Directeur Marketing, RSE et Affaires Publiques de Daikin France, souligne la nécessité :
- de réaliser une étude énergétique préalable,
- de solliciter plusieurs devis,
- et de faire appel à des installateurs certifiés RGE.
Le groupe met en avant son ancrage européen, avec un centre de R&D en Belgique et des sites de production en Allemagne, Belgique, Italie, Espagne, Pologne et République tchèque.
Conclusion : la précarité énergétique, un défi social majeur
L’enquête Ipsos BVA pour Daikin met en lumière une réalité préoccupante :
la précarité énergétique n’est plus une exception, mais une expérience vécue par une part croissante des Français.
Face à l’urgence sociale, sanitaire et climatique, l’amélioration de la performance énergétique des logements apparaît comme un enjeu prioritaire, à condition de lever les freins financiers, administratifs et informationnels.
Le chauffage n’est plus seulement une question de confort : il est devenu un indicateur du pouvoir d’achat, de la santé et de la cohésion sociale.








