
Le Concours Green 2026 réunit un jury aux expertises complémentaires pour évaluer les projets engagés dans la transition écologique et l’impact positif. Parmi ses membres, Caroline Aubry apporte un regard fondé sur plus de vingt ans d’enseignement et de recherche en sciences de gestion, avec une spécialisation dans la gestion des risques et la Fonction Risk Manager.
Maître de Conférences en Sciences de Gestion à l’Université de Toulouse depuis 26 ans, Caroline Aubry a construit son parcours autour de trois dimensions : la recherche, l’enseignement et le rapprochement entre l’université et les entreprises. Son expertise permet notamment d’interroger la manière dont les organisations peuvent concilier performance, robustesse et prise en compte des nouveaux risques.
Un parcours entre finance, recherche et gestion des risques
Après des études à Sciences Po Paris et à l’Université Paris-Dauphine, Caroline Aubry débute sa carrière au Crédit Commercial de France, d’abord comme attachée de direction puis comme sous-directrice de succursale. Elle poursuit ensuite son parcours universitaire avec une thèse de gestion consacrée à la structure financière des entreprises françaises.
Docteure en Sciences de Gestion, elle devient ensuite Maître de Conférences à l’Université de Toulouse. Ses travaux de recherche évoluent progressivement de la structure financière des entreprises vers la gestion des risques, avec un intérêt particulier pour l’histoire du risque, la mise en place des démarches de gestion des risques et l’émergence de la Fonction Risk Manager dans les grandes entreprises françaises.
Cette double approche, à la fois académique et proche des organisations, constitue l’un des fils conducteurs de son parcours. Caroline Aubry a notamment développé de nombreuses initiatives destinées à rapprocher l’université et les entreprises : création d’un Forum Entreprises, organisation de conférences, développement de partenariats avec de grandes entreprises ou encore création d’une Cellule Entreprises.
Faire dialoguer recherche académique et pratiques professionnelles
Caroline Aubry s’est également investie dans la valorisation et la diffusion de ses travaux consacrés à la Fonction Risk Manager. Son objectif : rendre accessibles des connaissances issues de la recherche aux chercheurs, aux professionnels et aux étudiants, tout en contribuant au débat autour d’une fonction devenue progressivement centrale dans les grandes organisations.
Cette démarche s’inscrit dans les travaux du Laboratoire de Gestion et des Transitions Organisationnelles (LGTO), qui cherche à favoriser le dialogue entre chercheurs et praticiens. Elle s’est notamment traduite par la co-écriture de trois ouvrages et d’un chapitre d’ouvrage collectif, ainsi que par des publications dans Le Monde et Les Echos, des conférences, des tables rondes et la création d’un blog consacré à la gestion des risques.
Son activité actuelle poursuit cette même logique. Ses recherches portent notamment sur l’émergence de la Fonction Risk Manager dans les grandes entreprises françaises non financières, entre 1994 et 2009. Elle travaille également à la publication d’un nouvel article de recherche consacré au rôle du Risk Manager à partir de données actualisées.
Quels risques pour les entreprises dans les prochaines années ?
Pour Caroline Aubry, les enjeux futurs de la gestion des risques dépassent largement les risques traditionnellement identifiés par les organisations.
Le risque environnemental et les changements climatiques occupent notamment une place croissante. Ces risques, parfois nouveaux, potentiels ou subjectifs, sont également renforcés par l’évolution du cadre réglementaire français et européen, avec notamment la loi Climat et Résilience, la taxonomie européenne ou encore la CSRD.
Les risques liés au numérique et à la cybersécurité prennent eux aussi une importance croissante, notamment sous l’effet de nouvelles réglementations comme DORA et la directive européenne NIS 2.
Mais au-delà de l’identification des risques, Caroline Aubry souligne une évolution nécessaire de la Fonction Risk Manager. Selon elle, les organisations doivent progressivement passer d’une logique centrée sur la conformité et le reporting à une approche permettant au Risk Manager de devenir un véritable pilote de la gestion des risques.
Repenser l’équilibre entre performance et robustesse
Cette réflexion conduit également Caroline Aubry à questionner la recherche permanente de performance et d’optimisation.
Elle met en avant une tension entre performance et robustesse : les stratégies d’entreprise pourraient être repensées afin de construire davantage de marges de sécurité, de redondances et de diversité organisationnelle. L’objectif n’est alors plus nécessairement de rechercher le « zéro risque », mais de construire des organisations capables de faire face aux incertitudes et aux changements.
Cette réflexion fait écho aux travaux d’Olivier Hamant, qui montrent notamment que le vivant privilégie la robustesse et la variabilité plutôt que l’optimisation maximale. Pour Caroline Aubry, cette évolution constitue un enjeu important de la gestion des risques dans les années à venir.
La formation des jeunes générations aux problématiques de durabilité représente également, à ses yeux, un enjeu majeur.
Les qualités nécessaires pour décider dans un environnement incertain
Pour Caroline Aubry, un bon dirigeant ou décideur doit d’abord savoir écouter et s’appuyer sur l’intelligence collective. Il doit être capable d’entraîner les équipes dans un projet, de savoir s’entourer, d’écouter et d’imaginer les évolutions futures.
Cette capacité d’anticipation passe également par l’identification des signaux faibles. Plutôt que de centraliser systématiquement la décision, les organisations doivent pouvoir faire remonter les informations susceptibles d’annoncer de nouveaux risques ou de nouvelles opportunités.
À ces qualités s’ajoute une maîtrise solide des fondamentaux et des outils de gestion.
Son conseil aux porteurs de projets à impact
Lorsqu’elle s’adresse aux jeunes talents et aux porteurs de projets souhaitant avoir un impact positif, Caroline Aubry insiste sur un point : une bonne idée, même innovante, ne suffit pas.
Elle recommande de commencer par une analyse rigoureuse de la faisabilité du projet, depuis l’étude du marché jusqu’aux moyens nécessaires pour commercialiser l’offre. Pour elle, la réussite d’un projet repose notamment sur la recherche d’un équilibre entre robustesse et performance.
Cette approche résume également la vision qui traverse son parcours : confronter les idées à la réalité des organisations, aux contraintes économiques et aux enjeux de gestion des risques.
Ce que Caroline Aubry attend des candidats du Concours Green 2026
En tant que membre du jury du Concours Green 2026, Caroline Aubry portera une attention particulière à la solidité des projets présentés.
Pour elle, un dossier ne doit pas uniquement reposer sur un discours autour des opportunités. Les candidats devront être en mesure de présenter une analyse rigoureuse de leur projet : étude de marché, plan de financement, stratégie, vision stratégique, positionnement, cible, mix et moyens de commercialisation.
La composition de l’équipe constitue également un élément important. Caroline Aubry souhaite identifier des équipes complémentaires, capables de passer de l’idée à l’exécution.
Elle sera aussi attentive à la capacité du projet à proposer une forme d’originalité ou de rupture, tout en intégrant une réflexion autour de la robustesse. Enfin, les candidats devront pouvoir démontrer un impact positif concret et mesurable, ainsi qu’une cohérence entre leur discours sur la durabilité et les choix opérationnels réellement mis en œuvre.
À travers son parcours et son expertise de la gestion des risques, Caroline Aubry apporte ainsi au jury du Concours Green 2026 une grille de lecture particulièrement attentive à la solidité des projets, à leur capacité d’exécution et à la réalité de leur impact.








