Législatives et enjeux environnementaux

FOCUS – Législatives : Dans cet article nous retrouverons les propositions des principaux partis sur leurs grands enjeux environnementaux, comme le climat, la biodiversité, la gouvernance .

  

Biodiversité

Protection des milieux : Emmanuel Macron annonce vouloir « protéger toujours mieux nos littoraux, montagnes, forêts et espaces naturels ». Nous ne pouvons que saluer l’intention, mais très peu de mesures concrètes viennent démontrer cette volonté.

Protection des espèces : Emmanuel Macron a annoncé vouloir couvrir par des plans nationaux d’actions toutes les espèces vulnérables ou en danger d’extinctions. Cependant, étant donné qu’il n’a pas réussi à appliquer l’obligation existante de le faire pour les espèces » en danger critique» ou » en danger «, durant son premier mandat, il n’est pas sûr qu’il tienne cette promesse… Le déploiement des Atlas pour la biodiversité communale annoncé est par contre une bonne mesure.

Climat

Transport : Emmanuel Macron veut développer les moyens de se déplacer (train, vélo, voiture électrique), continuer à investir pour devenir leader de l’hydrogène vert, produire le premier avion bas carbone et des millions de véhicules électriques abordables pour tous grâce à un « leasing social ». Ces dernières peuvent être utiles pour les déplacements contraints mais ne sont pas une panacée car ils accroissent notre consommation d’électricité. Nous regrettons qu’il n’y ait rien de concret sur le développement des transports en commun ou les mobilités actives, notamment le vélo. Emmanuel Macron affiche une vision techno-solutioniste, dont on sait qu’elle est très insuffisante pour relever le défi du changement climatique.

Energie : Emmanuel Macron a donné pour mission à sa nouvelle ministre de la transition énergétique de « faire de la France la première grande Nation à sortir du gaz, du pétrole et du charbon ». Pour France Nature Environnement, le pivot majeur de la transition énergétique est la sobriété. Or, si une « stratégie de sobriété énergétique » est mentionnée, aucune précision n’est apportée, notamment sur sa cohérence avec le développement massif des véhicules électriques.

Concernant les énergies renouvelables, Emmanuel Macron vise notamment la multiplication par 10 de notre puissance solaire et l’implantation de 50 parcs éoliens en mer d’ici 2050, avec une planification déclinée dans chaque territoire. C’est une bonne chose car les spécialises s’accordent à dire que leur développement est incontournable. Deux inquiétudes cependant en ce début de mandat : la loi de simplification annoncée en la matière tout d’abord. Développer les énergies renouvelables au détriment de la biodiversité serait une erreur, déjà commise dans certaines lois du précèdent mandat. Et l’annonce de la nouvelle ministre de la transition énergétique qu’il n’y aura pas d’accélération en matière d’éolien terrestre, une des technologies pourtant les plus matures.

En matière de nucléaire, Emmanuel Macron prévoit de construire 6 EPR (“nouveau” type de centrales nucléaires), et d’étudier 8 EPR supplémentaires, alors même que leur cout est prohibitif , que personne ne maîtrise leur construction et que le nucléaire nous rend dépendait et vulnérable.

Industrie : Pour réduire massivement les exportations de déchets, Emmanuel Macron veut développer les filières industrielles françaises de recyclage, ce qui est positif mais loin d’être suffisant. Il manque des mesures sur le réemploi pour rendre notre économie plus circulaire.

Il veut également mettre en place une taxe carbone aux frontières de l’Europe, ce qui est positif mais déjà en cours de négociation au niveau européen. Mesure originale, il veut faire dépendre obligatoirement la rémunération des dirigeants des grandes entreprises du respect des objectifs environnementaux et sociaux de l’entreprise.

Le tract des Républicains (LR) pour les législatives ne contient que peu de choses sur l’écologie. Des livrets viennent compléter leur programme pour les législatives ( air/eau/déchets, alimentation/agriculture, réchauffement climatique, santé).

Biodiversité

Protection des milieux : Rien sur le nécessaire développement des aires protégées.  Concernant les océans, pas de mesures spécifiques. Les mesures pour baisser le plastique seront néanmoins bénéfiques : un fonds de transition plastique pour arriver à 100% de plastique recyclable ou réutilisable en 2025, une TVA réduite sur les produits fabriqués à base de plastique recyclé. Mais rien pour diminuer l’utilisation du plastique.  Rien sur la forêt qui n’est même pas abordée. 

Climat

Transport : Le programme LR annonce vouloir doubler la part du fret ferroviaire en France en passant de 9 % à 18 % d’ici 2030, avec la modernisation du réseau et le soutien au wagon isolé. Mais pas d’engagement clair à stopper les subventions aux camions de transport de marchandises les plus polluants, ce qui signifie que la route restera plus rentable que les autres modes de transports. La mise en place d’une incitation fiscale pour les entreprises qui privilégient le fret est néanmoins un premier pas intéressant.

Energie : Le programme LR prévoit l’ouverture de 6 nouveaux EPR et de réinvestir dans les centrales nucléaires existantes. Ce choix est clairement dangereux pour notre sécurité : il nous rend extrêmement vulnérable aux attaques terroristes, aux évènements climatiques graves ou en cas de guerre. Il est de plus coûteux pour nos portefeuilles : « le grand carénage », opération nécessaire pour remettre à niveau les centrales existantes, est évalué à plus de 100 milliards d’euros et les nouvelles centrales envisagées s’annoncent pire ; sans parler du coût de l’uranium, de la recherche, d’une catastrophe nucléaire que seul l’Etat peut assurer. Par ailleurs, le nucléaire est irresponsable : nous ne savons pas gérer les déchets radioactifs. Cigéo, le projet d’enfouissement des déchets nucléaires fait peser ce fardeau sur les générations futures, ainsi que celui des futurs démantèlements d’installations nucléaires. En espérant que tout se passera bien et qu’il n’y aura aucun problème les 100 000 prochaines années.

Industrie : Des mesures bénéfiques pour rendre notre économie plus circulaire : une TVA réduite sur les produits éco-conçus, la généralisation d’une tarification incitative des déchets, un soutien aux ressourceries et recycleries (objectif d’un équipement obligatoire pour 25 000 habitants) et l’extension du principe de Responsabilité Élargie du Producteur aux secteurs non couverts.

Financements : Le programme LR veut supprimer les financements publics à l’énergie éolienne.

Gouvernance

Le sujet de la démocratie environnementale n’est pas abordé dans le programme. Le Grenelle de l’Environnement semble avoir été oublié. 

La Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale rassemble La France Insoumise, Europe-Ecologie-les Verts, le Partis Socialiste, Générations et le Parti Communiste Français. Ils souhaitent une bifurcation écologique et sociale créant un million d’emplois.

Biodiversité

Protection des milieux : La NUPES propose beaucoup de mesures protectrices pour les forêts : interdire les coupes rases, diversifier les essences pour que les forêts résistent mieux au changement climatique, encadrer l’usage du bois dans la production d’énergie et mieux lutter contre la déforestation.

Pour les océans, elle propose de créer des aires marines protégées, mais sans aller plus loin que l’objectif déjà prévu par la loi ni augmenter le niveau de protection. Elle propose également de défendre un moratoire sur les forages en Méditerranée et sur l’extraction minière en eaux profondes, de développer la pêche artisanale et de lutter contre les pratiques de pêche illégales ou destructrices. Enfin elle prévoit de lancer un plan de dépollution de nos façades maritimes et fonds marins.

Climat

Transports : Pour les marchandises, la coalition propose un plan de développement du fret ferroviaire, du ferroutage (un mode de transport des marchandises combinant rail et route) et de report modal.

Pour les personnes : un vaste plan d’investissements dans le train avec réouverture des lignes ferroviaires et gares du quotidien, l’augmentation du nombre de trains et des tarifs accessibles, le développement des usages partagés de la voiture et de la mobilité active (plusieurs mesures pour le vélo notamment). Elle propose aussi de supprimer les lignes aériennes quand l’alternative en train est inférieure à trois heures. Une attention est portée aux plus démunis notamment avec un système de mise à disposition de parcs de véhicules à faibles émissions pour les ménages à faibles revenus

Energie : Les objectifs sont complètement partagés : viser un mix 100% énergies renouvelables et la sortie du nucléaire avec un double mot d’ordre : sobriété et efficacité. Arrêter les subventions aux énergies fossiles, y compris à l’étranger. 

Industrie : On trouve des mesures très concrètes et incitatives pour une économie plus circulaire : former aux métiers de la réparation et du réemploi ; interdire les plastiques à usage unique ; généraliser les consignes ; créer un service public de la réparation et du réemploi; rendre obligatoire l’écoconception des produits ; généraliser l’indice de durabilité des produits, baisser la TVA sur les services de réparation…

Gouvernance

La NUPES veut « Engager une planification écologique démocratique pour mettre en œuvre la règle verte, en partant du local et en s’appuyant sur la participation des citoyens, des syndicats, des associations, des collectivités et des branches professionnelles », ce qui nous semble très positif.

La NUPES veut « lancer un plan massif de 200 milliards d’euros sur cinq ans pour investir, développer l’emploi et la formation, et rétablir des pôles publics dans l’énergie, les transports et la santé, gérés démocratiquement, afin de réindustrialiser le pays par des plans de filières au service de la bifurcation écologique »

Elle veut donner les moyens humains et financiers à l’État et ses opérateurs publics (comme le Cerema, l’Office national des forêts, l’Office français de la biodiversité ou Météo France) pour mener à bien leur rôle de planification.