Les investisseurs recherchent des spécialistes de la RSE

En réponse à la demande croissante de leurs investisseurs et à l’essor d’une réglementation de plus en plus rigoureuse en matière de finance durable, les entreprises de gestion financière restructurent leur département chargé de la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE). Ces experts, aux parcours diversifiés, sont actuellement très recherchés pour leur compétence ainsi que leur capacité à susciter l’adhésion.

Meanings Capital Partners, Argos Wityu, Ouest Croissance, Axa IM, et Sienna IM, toutes ces sociétés de gestion ont récemment ajouté à leur équipe un responsable de la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) au cours des dix-huit derniers mois. En effet, si l’intégration des considérations extra-financières par les fonds d’investissement n’est pas nouvelle, elle connaît une nette accélération. Les acteurs du secteur non coté font face à une pression croissante de la part de leurs propres investisseurs, ainsi qu’à des exigences de réglementation et de reporting de plus en plus contraignantes. Ils se voient ainsi contraints de renforcer leurs équipes.

« Il y a quelques années, les sociétés de gestion abordaient la fonction RSE avec une approche principalement axée sur le marketing », souligne Christophe Laville, principal au sein du cabinet de recrutement Vauban Executive Search. À présent, il est devenu impératif de développer une véritable stratégie, avec un responsable dédié, surtout pour les fonds qui ciblent une clientèle institutionnelle, laquelle intègre les aspects extra-financiers dans ses appels d’offres. » C’est pourquoi, récemment, les chasseurs de têtes ont vu une demande croissante pour des experts de la finance durable. Caroline Renoux, fondatrice de Birdeo, un cabinet de recrutement spécialisé dans les métiers de la RSE et du développement durable, confirme cette tendance : « Les fonds d’investissement nous ont confié nos premières missions en 2016, suite à la signature de l’Accord de Paris, mais nous avons observé une véritable augmentation de la demande au cours des deux dernières années. »

Une variété de trajectoires professionnelles

Les recrues dans le domaine de la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) présentent des profils divers, tant en termes d’expérience que de parcours professionnel. Certaines sociétés de gestion, axées sur les petites ou moyennes capitalisations, nomment des jeunes professionnels ayant moins de cinq ans d’expérience, sous la supervision d’un associé. D’autres préfèrent des experts plus expérimentés. Caroline Renoux, fondatrice de Birdeo, note une demande croissante pour des spécialistes du reporting extra-financier. Cette tendance à diversifier les profils devrait s’accentuer dans les années à venir, avec des analystes spécialisés dans le reporting, des experts climatiques, etc.

Détermination des objectifs prioritaires

La principale mission du responsable RSE consiste à élaborer la stratégie de la société de gestion en collaboration avec la direction générale. Cela implique de définir les objectifs, les actions à entreprendre et les indicateurs de suivi, tant pour la société de gestion que pour ses participations, en vue de les accompagner dans leur transition vers une meilleure responsabilité sociale. En outre, une part importante de ce rôle réside dans la collecte des données extra-financières des participations et la préparation de rapports destinés aux régulateurs et aux investisseurs. Une veille constante est également cruciale pour suivre les évolutions réglementaires et les recommandations d’experts, afin de prioriser les actions essentielles. En fin de compte, le responsable RSE doit posséder une solide expertise dans le domaine, mais aussi des compétences interpersonnelles pour convaincre et influencer les parties prenantes.

Diversité de profils et écarts salariaux

La diversité des profils et des domaines d’intervention des experts en RSE entraîne d’importantes variations salariales. D’après les cabinets de recrutement, un junior avec deux ou trois ans d’expérience commence à environ 45 000 euros par an. Un profil plus expérimenté, avec au moins cinq ans d’ancienneté, peut prétendre à une rémunération oscillant entre 60 000 et 80 000 euros, tandis qu’un responsable RSE ayant plus de dix ans d’expérience peut dépasser les 100 000 euros par an. De plus, les fonds de private equity proposent un carried interest, ce qui rend leurs rémunérations plus attractives que celles des autres secteurs de la gestion d’actifs.

L’Essor de la RSE dans la Gestion d’Actifs

La montée en importance de la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) au sein de la gestion d’actifs a engendré une demande croissante pour des experts diversifiés et spécialisés dans ce domaine. Les responsables RSE doivent élaborer des stratégies, collecter des données extra-financières, et veiller à la conformité réglementaire, tout en adaptant leur approche aux besoins spécifiques de leurs participations. Les rémunérations varient considérablement en fonction de l’expérience, avec des opportunités attrayantes, notamment dans le private equity. Cette évolution montre que la RSE est désormais au cœur des préoccupations de l’industrie de la gestion d’actifs, appelant à des compétences variées et à des stratégies innovantes pour répondre aux enjeux extra-financiers.