Lettre du CIO AM d’Edmond de Rothschild AM

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Les banques centrales sont au cœur des préoccupations. Benjamin Melman de Rothschild AM souligne leur rôle crucial dans les marchés alors que nous traversons une période de désinflation. La croissance américaine continue de surprendre malgré les défis persistants, tandis que l’économie européenne montre enfin des signes de stabilisation.

Les banques centrales au centre de toutes les attentions

Benjamin Melman, le directeur des investissements mondiaux chez Rothschild AM, souligne une fois de plus l’importance des banques centrales dans le contexte actuel. Alors que nous naviguons à travers une période de désinflation accentuée jusqu’au retour à la normale, les décisions des banques centrales auront un impact significatif sur l’ensemble des marchés.

Cela concerne non seulement les marchés obligataires, mais aussi les marchés boursiers. En effet, les niveaux des taux d’intérêt constituent un risque majeur pour l’économie, les marges des entreprises et les valorisations des actions. Si la trajectoire de la désinflation se poursuit comme prévu et que les investisseurs anticipent une normalisation de la politique monétaire des banques centrales, les performances des deux classes d’actifs pourraient être remarquables cette année, malgré des perspectives de bénéfices qui pourraient s’avérer décevantes.

Il est important de noter que le potentiel de baisse des taux directeurs dans le cadre de cette normalisation est considérable, représentant près de la moitié des niveaux actuels. Par conséquent, les investisseurs doivent être attentifs aux indications de Jérome Powell ou Christine Lagarde, qui, bien qu’affichant un biais neutre en termes de politique monétaire dans leurs déclarations officielles, discutent ouvertement du timing de la première baisse des taux lors de leurs conférences de presse.

La croissance américaine reste surprenante malgré les défis persistants…

De nombreuses analyses, soutenues par les banques centrales, mettent en évidence l’importance de la normalisation des chaînes d’approvisionnement dans la réduction de l’inflation. Cependant, il est difficile de prédire combien de temps cette tendance perdurera maintenant que les conditions de production sont redevenues normales.

Malgré cette incertitude, il serait souhaitable que la forte croissance américaine commence à ralentir. Cependant, cela ne s’est pas produit au quatrième trimestre 2023, et les indicateurs actuels suggèrent même une possible accélération inattendue. Une partie de cette résilience américaine peut être attribuée à l’augmentation du pouvoir d’achat résultant de cette désinflation, qui découle d’une augmentation de l’offre plutôt que d’une baisse de la demande.

Au cours des six derniers mois, le taux d’inflation de base PCE [1] annualisé est passé à 1,9%, soit une baisse de plus de 2% annualisée par rapport aux six mois précédents, ce qui est significatif pour les consommateurs. Avec la fin prévisible de cette désinflation, un soutien à la croissance disparaîtra. De plus, la politique fiscale, qui a soutenu la croissance en 2023, deviendra moins favorable cette année, ce qui rend le ralentissement économique américain inévitable. Il est maintenant temps de faire preuve de patience.

L’économie européenne montre enfin des signes de stabilisation !

Selon le Bank Lending Survey de la BCE, les conditions financières, qui étaient auparavant détériorées, montrent des signes de redressement. Moins de banques prévoient de resserrer leur politique de prêt, et moins anticipent une baisse de la demande de crédit. De plus, les dernières données sur le crédit bancaire indiquent une amélioration naissante. Parallèlement, les enquêtes PMI montrent une légère amélioration. Alors qu’aucun signe de reprise n’était perceptible en Europe, le pessimisme des investisseurs à l’égard de la zone euro semble probablement exagéré.

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