Fidelity International renforce sa stratégie ESG avec la nomination d’Elly Irving

Elly Irving

Le groupe annonce l’arrivée d’Elly Irving au poste de Directrice du Stewardship, basée à Londres. Cette nomination illustre la volonté de l’entreprise de consolider son approche en matière de gouvernance, d’environnement et de responsabilité sociale. Elle s’inscrit aussi dans une dynamique de long terme. Tournée vers des résultats durables pour les clients comme pour les marchés.

Une nomination stratégique au cœur de l’engagement actionnarial

En rejoignant Fidelity International, Elly Irving se voit confier une mission clé. Elle devra accompagner et structurer les activités de dialogue avec les entreprises à travers l’Europe, le Moyen-Orient, l’Afrique et les Amériques. Son rôle consistera à s’assurer que les actions menées par Fidelity produisent un impact réel sur les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance. Qui comptent le plus pour les investisseurs.

Cette fonction dépasse la simple supervision. Elle implique de coordonner les priorités, d’harmoniser les pratiques et de renforcer la cohérence globale de la politique de stewardship du groupe. En travaillant en étroite collaboration avec Flora Wang, responsable mondiale du stewardship, Elly Irving contribuera à ancrer davantage la transparence et la responsabilité au cœur des décisions d’investissement.

Un parcours solide au service de l’investissement responsable

Elly Irving apporte avec elle près de vingt ans d’expérience dans les domaines de la gestion d’actifs, de la durabilité et de l’engagement actionnarial. Avant de rejoindre Fidelity International, elle occupait le poste de Directrice du Stewardship chez Lazard Asset Management. Elle avait auparavant dirigé les activités d’engagement chez Schroders, où elle a joué un rôle majeur dans l’intégration des critères ESG au sein des processus d’investissement.

Ce parcours lui confère une vision à la fois stratégique et opérationnelle des enjeux ESG. Elle connaît les attentes des investisseurs. Elle maîtrise aussi les contraintes des entreprises. Cette double lecture est essentielle pour transformer les principes de l’investissement responsable en actions concrètes et mesurables.

Le stewardship comme levier de performance durable

Pour Fidelity International, le stewardship n’est pas un concept abstrait. Il constitue un pilier de la manière dont le groupe investit et accompagne ses clients. L’objectif est clair. Utiliser l’influence de l’actionnaire pour encourager de meilleures pratiques de gouvernance, une gestion plus responsable des risques et une création de valeur plus durable sur le long terme.

Jenn-Hui Tan, Chief Sustainability Officer du groupe, souligne que l’engagement auprès des entreprises est un outil essentiel pour améliorer les résultats pour les clients. L’arrivée d’Elly Irving vient renforcer cette ambition. Son expertise en matière d’intégration ESG orientée vers l’investissement doit permettre à Fidelity de faire évoluer encore sa méthode. En l’adaptant aux attentes croissantes des investisseurs et aux défis économiques et climatiques actuels.

Fidelity International, un acteur mondial tourné vers le long terme

Fidelity International s’appuie sur une présence mondiale et une expérience de plus de cinquante ans dans la gestion d’actifs et l’épargne retraite. Le groupe accompagne aujourd’hui plusieurs millions de clients, qu’il s’agisse d’institutions financières, d’entreprises, d’investisseurs institutionnels ou de particuliers. Cette diversité de profils impose une approche rigoureuse et responsable de l’investissement.

Avec des centaines de milliards de dollars d’actifs sous gestion. L’entreprise combine expertise financière et solutions d’investissement pour construire des trajectoires patrimoniales durables. La nomination d’Elly Irving s’inscrit dans cette logique. Elle confirme la volonté de Fidelity International de penser sur le long terme. D’intégrer pleinement les enjeux ESG et de faire du stewardship un moteur de confiance et de performance durable.

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Finance, climat et transition : quand les marchés redessinent la trajectoire énergétique mondiale

trajectoire énergétique

Trajectoire énergétique mondiale : la finance mondiale est déjà en train de choisir ses vainqueurs et ses perdants. Derrière les chiffres, une réalité s’impose : tous les capitaux ne financent pas la transition de la même manière, ni au même rythme. Entre obligations, fonds climat, crédits carbone et exposition aux risques physiques, les marchés dessinent une géographie très contrastée de la transition énergétique. Cette fragmentation crée à la fois des opportunités, des déséquilibres et de nouvelles zones de risque, pour les investisseurs comme pour les États et les entreprises.

Des marchés obligataires aux trajectoires énergétiques opposées

Les obligations sont devenues un miroir fidèle des choix énergétiques. Lorsqu’un portefeuille est aligné sur l’Accord de Paris, il génère aujourd’hui beaucoup plus de revenus liés aux activités bas carbone que provenant des énergies fossiles. Le rapport est sans appel : plus de deux dollars et demi issus des solutions bas carbone pour un seul dollar fossile. À l’inverse, dans certains indices obligataires des marchés émergents, ce ratio s’effondre presque à zéro.

Ce contraste illustre une finance à deux vitesses. D’un côté, des marchés qui orientent clairement les flux vers la décarbonation. De l’autre, des zones où le financement reste largement dépendant des modèles énergétiques traditionnels. Ce décalage ne traduit pas seulement des choix économiques. Il révèle aussi des différences de priorités politiques, de maturité des marchés et de capacités d’investissement dans les infrastructures de demain.

À terme, cette divergence pourrait peser lourd sur la compétitivité des économies. Les portefeuilles les plus alignés avec la transition captent déjà une part croissante de la valeur créée par les nouvelles technologies énergétiques. Les autres prennent le risque de rester enfermés dans des actifs plus exposés aux chocs réglementaires et climatiques.

Des flux de capitaux dynamiques mais de plus en plus sélectifs

Après un passage à vide, les fonds climat ont retrouvé de l’élan en 2025. Les investisseurs sont de retour. Mais ils ne reviennent pas de manière uniforme. L’allocation du capital varie fortement selon les segments de la transition. Les énergies renouvelables, les batteries, les réseaux intelligents ou encore l’efficacité énergétique n’attirent pas tous les mêmes volumes, ni les mêmes profils d’investisseurs.

La géographie joue aussi un rôle central. Certaines régions bénéficient d’un cadre politique stable et incitatif, ce qui rassure les marchés. D’autres restent pénalisées par l’incertitude réglementaire ou par des priorités économiques à court terme. Résultat : la transition se finance, mais de façon fragmentée, avec des poches de surinvestissement et d’autres de sous-financement.

Cette sélectivité croissante traduit une maturité nouvelle du marché. Les investisseurs ne cherchent plus seulement une “exposition verte”. Ils arbitrent entre technologies, modèles économiques et cadres politiques. La transition devient un terrain d’allocation stratégique, et non plus seulement un thème d’investissement.

Le marché des crédits carbone entre tension de la demande et contraintes d’offre

Le marché des crédits carbone entre dans une nouvelle phase. En 2025, les entreprises ont retiré un volume record de crédits, dépassant les 200 millions de tonnes équivalent CO₂. C’est la quatrième année consécutive de hausse, et le niveau le plus élevé observé depuis plusieurs années. La demande est bien là. Elle continue même de s’intensifier.

Pourtant, cette demande reste très concentrée sur les crédits liés à la réduction des émissions. Les solutions de suppression artificielle du carbone demeurent marginales, représentant toujours une part infime des volumes. Cela montre que le marché privilégie encore les leviers les plus accessibles, plutôt que les technologies plus coûteuses ou plus complexes.

Autre évolution majeure : les crédits carbone ne servent plus uniquement à des démarches volontaires. Ils sont de plus en plus intégrés à des logiques de conformité réglementaire. Ce glissement change la nature du marché. Il renforce la pression sur la qualité des crédits, sur leur disponibilité et sur les cadres de régulation. À court terme, ces tensions devraient peser sur les prix et sur la structuration même du marché.

Les risques climatiques physiques deviennent un risque financier à part entière

Le climat n’est plus un sujet abstrait pour les investisseurs. Les analyses site par site des actifs immobiliers et des infrastructures montrent des écarts d’exposition considérables selon la localisation. Certaines zones concentrent déjà des risques élevés, qu’il s’agisse d’inondations, de vagues de chaleur ou de stress hydrique.

Même des événements mondiaux, comme les grandes compétitions sportives, illustrent cette réalité. L’étude détaillée des sites accueillant la Coupe du monde de football 2026 met en évidence des vulnérabilités très inégales. La conclusion est claire : la localisation est désormais un facteur de risque financier à part entière.

Cette prise de conscience transforme la manière d’évaluer les actifs. La valeur ne dépend plus seulement de la rentabilité économique ou de la qualité du bâti. Elle dépend aussi de l’exposition aux chocs climatiques futurs. Pour les investisseurs, cela signifie intégrer le climat au cœur de l’analyse du risque, et non plus en périphérie.

Europe et France : un engagement réel, mais des dynamiques contrastées

Le recul relatif de l’Europe et de la France sur le marché du crédit carbone

Les entreprises européennes restent des acteurs majeurs du marché du crédit carbone, mais leur poids relatif diminue. Après un pic, leur part des retraits a reculé pour s’établir un peu en dessous de la moitié du total mondial. La tendance est encore plus marquée pour la France, dont la contribution est en baisse continue depuis plusieurs années.

En 2025, les entreprises françaises ne représentent plus qu’une fraction très limitée du marché mondial et régional. Ce décrochage interroge. Il peut refléter un moindre recours aux crédits carbone, mais aussi des stratégies climatiques différentes, ou un positionnement plus prudent vis-à-vis de cet outil.

Des trajectoires climatiques différentes entre l’Europe et les États-Unis

L’indicateur d’élévation implicite de température, l’ITR, offre un autre angle de lecture. À ce jeu-là, l’Union européenne affiche une trajectoire plus compatible avec les objectifs climatiques mondiaux que les États-Unis. L’écart reste important. Il traduit des différences structurelles dans les politiques publiques, les mix énergétiques et les stratégies industrielles.

Cet indicateur permet surtout de comparer des dynamiques, plutôt que de distribuer des bons et des mauvais points. Il montre que les choix collectifs comptent, et qu’ils se reflètent directement dans les trajectoires financières et industrielles.

L’État français plus ambitieux que ses entreprises à l’échelle globale

Un point frappe particulièrement dans le cas français. La trajectoire climatique de l’État apparaît plus ambitieuse que celle des grandes entreprises cotées, lorsqu’on raisonne à l’échelle mondiale. L’explication tient à la méthode de calcul. L’ITR souverain se base sur les émissions territoriales et les politiques nationales. L’ITR des entreprises, lui, intègre l’ensemble de la chaîne de valeur, y compris les émissions générées à l’étranger par les produits vendus.

Autrement dit, la France progresse sur son territoire. Mais ses entreprises, du fait de leurs activités internationales, restent associées à des volumes d’émissions bien plus larges. La comparaison met en lumière un décalage entre l’ambition publique et la réalité économique globale des grands groupes.

Cela ne signifie pas que les entreprises sont inactives. Une large majorité s’est fixé au moins un objectif climatique. Une part significative s’est engagée dans des trajectoires validées scientifiquement. Et plus de la moitié affichent désormais un objectif de neutralité carbone. Mais ces engagements ne suffisent pas encore à aligner pleinement leurs trajectoires avec celles des États.

Une transition financière en marche, mais encore inégalement répartie

Pris ensemble, ces constats dessinent une transition bien réelle, mais profondément hétérogène. Les marchés obligataires, les fonds, le marché du carbone et l’analyse des risques physiques montrent tous la même chose. La finance commence à intégrer le climat de manière structurelle. Mais elle le fait à des rythmes différents, selon les régions, les secteurs et les cadres politiques.

La question n’est donc plus de savoir si la transition est en cours. Elle est déjà là. L’enjeu est désormais de réduire les écarts, d’améliorer la qualité des outils, et d’aligner plus étroitement les stratégies privées avec les ambitions publiques. C’est à ce prix que la finance pourra devenir non seulement un miroir, mais aussi un véritable moteur de la décarbonation mondiale.

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« Du pétrole dans vos huiles » : quand l’expertise publique danse avec l’industrie

expertise publique

On croyait le débat enterré quelque part entre deux rayons de supermarché. Il n’en est rien. Ces derniers jours, la députée Manon Meunier a rouvert un dossier explosif : l’usage de solvants issus du pétrole — notamment l’hexane — dans certaines filières d’huiles alimentaires. Mais au-delà de la question sanitaire, c’est surtout la cuisine interne de l’expertise scientifique qui a pris une odeur de friture.

Autrement dit : qui éclaire vraiment le débat ? Et surtout, pour qui ?

Le déclencheur : un “scandale” qui sent le solvant

Dans ses interventions largement relayées sur les réseaux, Manon Meunier attaque sur deux fronts :

  • Santé et transparence industrielle :
    Que reste-t-il réellement dans nos huiles ? Quels procédés d’extraction sont utilisés ? Et surtout, le consommateur est-il correctement informé ?
  • Gouvernance et conflits d’intérêts :
    Qui siège où ? Qui finance quoi ? Et qui a le dernier mot sur ce qui est “scientifiquement acceptable” ?

Deux phrases ont fait mouche :

« Vous connaissez Arnaud Rousseau ? Président du groupe Avril… mais aussi président de la FNSEA ? »

« Et quand on creuse, on découvre un énorme réseau de conflits d’intérêts… »

Soyons clairs : pointer un conflit d’intérêts ne prouve pas une illégalité.
Mais cela suffit largement à fissurer la crédibilité d’un système qui se veut impartial.

ITERG : l’arbitre scientifique… ou le joueur de l’équipe ?

Au centre du débat : ITERG, institut technique présenté comme une référence scientifique dans les huiles et corps gras.

Sur le papier, tout est parfait :
un modèle classique associant industriels, pouvoirs publics et experts.

Dans son rapport d’activité intégré 2023, ITERG décrit son Comité scientifique comme l’organe garantissant la qualité et l’indépendance des travaux. Un peu comme un jury olympique… sauf que certains juges semblent porter le même maillot que les athlètes.

Là où ça coince : qui dirige, qui conseille, qui valide ?

C’est ici que la critique politique devient factuelle — il suffit de lire les organigrammes.

Présidence : l’ombre portée d’Avril

Lors du renouvellement du Conseil d’administration du 17 décembre 2025, Paul-Joël Derian est nommé président d’ITERG.

Jusque-là, il en était vice-président… et il est présenté comme Group VP Innovation and Sustainable Development d’Avril.

Traduction : l’institut censé éclairer scientifiquement la filière est présidé par un cadre dirigeant du groupe industriel dominant cette même filière.

Hasard, coïncidence, ou vision stratégique “alignée” ?

Comité scientifique : même chanson, même refrain

Dans le rapport 2023, le président du Comité scientifique d’ITERG est décrit comme Responsable R&I Protéines au sein du Groupe Avril.

Autrement dit :

  • Avril siège au sommet stratégique (présidence).
  • Avril pilote aussi, au moins en partie, l’orientation scientifique.

Le cercle commence à ressembler à une ronde parfaitement huilée.

Lesieur et Saipol : double casquette, double influence

Les documents publics montrent que :

  • Lesieur est représenté à la fois :au Conseil d’administration et au Comité scientifique d’ITERG.
  • Saipol apparaît également dans les instances, au moins comme observateur au Conseil d’administration.

C’est précisément ce type de double présence — gouvernance + expertise que Manon Meunier pointe du doigt :
un écosystème où ceux qui produisent sont aussi ceux qui évaluent.

Le cœur politique du malaise : la FNSEA, Avril et le cumul des casquettes

La polémique ne serait pas aussi virale sans un élément clé :
Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, est aussi une figure centrale du Groupe Avril.

Autrement dit, le même homme incarne :

  • le sommet du syndicat agricole,
  • et le sommet d’un acteur industriel majeur de la filière.

Dans un dossier mêlant santé, consommation et procédés industriels, ce cumul devient un symbole parfait du soupçon :
celui d’un système où la frontière entre intérêt général et intérêts privés devient floue.

Plus qu’une querelle, une question de gouvernance

Ce débat dépasse largement le simple duel “Twitter vs agro-industrie”.

Il pose une question structurante pour la Green Finance et la gouvernance durable :

À quoi ressemble une expertise réellement indépendante quand l’institut censé la produire est financé, gouverné et animé par la filière qu’il est chargé d’évaluer ?

Ce n’est pas seulement une affaire de légalité. C’est une affaire de crédibilité.

Trois dimensions sont en jeu :

  • La confiance :
    Celle des consommateurs, des agriculteurs et des pouvoirs publics.
  • La traçabilité de l’expertise :
    Qui écrit les rapports ? Qui valide les conclusions ? Qui siège dans les comités ?
  • La gouvernance :
    Peut-on sérieusement parler d’indépendance quand les mêmes acteurs occupent simultanément les rôles d’industriels, de syndicats et d’experts ?

Tant que ces questions resteront sans réponse claire, le débat sur “l’huile au pétrole” continuera de grésiller — et pas seulement dans les poêles.

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ICE Cream pour Capgemini

Capgemini

Capgemini–ICE : quand une filiale fait vaciller la crédibilité ESG d’un géant du conseil

En quelques jours, Capgemini est passé d’acteur technologique “responsable” à cas d’école de controverse ESG. À l’origine : un contrat passé par sa filiale américaine avec ICE, l’agence fédérale en charge de l’immigration, au cœur de pratiques contestées. Au-delà du bad buzz, cette affaire révèle les angles morts de la gouvernance ESG des grands groupes et la montée en puissance du risque réputationnel lié aux usages des technologies.

 Le déclencheur : un contrat de “skip tracing” qui met le feu aux poudres

Fin décembre 2025, la filiale américaine Capgemini Government Solutions (CGS) signe un contrat avec ICE (Immigration and Customs Enforcement) pour des services dits de skip tracing — des techniques d’analyse de données visant à localiser des personnes.

Ce type de prestation, présenté comme “technique”, a immédiatement pris une dimension politique et éthique lorsque la presse a révélé que la valeur potentielle du contrat pouvait atteindre jusqu’à 365 millions de dollars en fonction des performances.

Ce qui, dans un autre contexte, aurait pu passer pour un simple contrat IT s’est transformé en tempête médiatique dès que la nature des missions d’ICE a été mise en lumière.

Qui est ICE et pourquoi la polémique est si forte aux États-Unis ?

ICE est une agence fédérale rattachée au Department of Homeland Security (DHS). Elle est notamment chargée :

  • des arrestations de personnes en situation irrégulière,
  • de la gestion de centres de rétention,
  • et des expulsions.

Depuis des années, ICE est l’objet de critiques virulentes pour :

  • des conditions de détention jugées inhumaines par des ONG,
  • des erreurs d’identification,
  • des opérations musclées controversées,
  • et un manque de transparence sur ses méthodes.

Début 2026, plusieurs débordements ont encore alimenté la polémique aux États-Unis, notamment :

  • des opérations médiatisées ayant conduit à des interpellations contestées,
  • des accusations de violences disproportionnées lors de raids,
  • et des cas où des personnes sans antécédents ont été arrêtées par erreur.

Dans ce contexte ultra-polarisé, toute entreprise travaillant avec ICE se retrouve immédiatement scrutée — et souvent condamnée — par une partie de l’opinion publique américaine.

Pourquoi cette affaire est une vraie controverse ESG ?

Sur le “S” (Social) : les droits humains en question

Lorsque des outils technologiques servent à localiser des personnes susceptibles d’être arrêtées et expulsées, plusieurs questions deviennent centrales :

  • Ces outils respectent-ils le principe de proportionnalité ?
  • Existe-t-il des garde-fous contre les erreurs ou biais algorithmiques ?
  • Quelles protections sont prévues pour éviter des abus ?

Même si Capgemini ne procédait pas directement aux arrestations, le simple fait de fournir des outils facilitant ces opérations a été perçu comme une forme de complicité indirecte.

Sur le “G” (Gouvernance) : le véritable talon d’Achille

C’est ici que la polémique a été la plus sévère pour Capgemini.

Deux critiques majeures ont émergé :

  1. Comment un groupe mondial, affichant des engagements ESG forts, a-t-il pu laisser une filiale signer un tel contrat sans alerter le siège ?
  2. Pourquoi les mécanismes de contrôle interne n’ont-ils pas détecté plus tôt le risque réputationnel ?

Capgemini a répondu que CGS opérait sous un cadre juridique américain spécifique lié aux marchés fédéraux, limitant le contrôle du groupe sur certaines décisions opérationnelles. Mais cet argument a été jugé insuffisant par de nombreux observateurs.

Sur le “E” (Environnement) : un angle moins direct, mais révélateur

Bien que cette affaire ne concerne pas directement le climat, elle rappelle une réalité clé : l’ESG ne se limite pas au carbone. Une controverse “S” et “G” peut être tout aussi destructrice pour une entreprise que n’importe quel scandale environnemental.

La réaction en chaîne : salariés, syndicats, politiques

Fin janvier 2026, la situation s’emballe :

  • Des salariés de Capgemini expriment publiquement leur malaise, certains parlant même de “honte”.
  • Des syndicats dénoncent un manquement aux valeurs affichées par l’entreprise.
  • En France, des députés demandent des explications officielles sur ce partenariat avec ICE.

La pression devient telle que la question dépasse le cadre strictement économique pour devenir un enjeu politique et éthique.

La décision stratégique : vendre la filiale

Le 1er février 2026, Capgemini annonce sa volonté de vendre Capgemini Government Solutions (CGS).

Officiellement, le groupe justifie cette décision par :

  • des contraintes juridiques américaines rendant difficile l’alignement total avec ses standards ESG,
  • la nécessité de protéger sa réputation globale,
  • et le fait que CGS représente une part relativement limitée de son chiffre d’affaires.

Cette cession est donc autant une décision économique qu’un geste symbolique destiné à calmer la tempête.

Les vrais enseignements

1) L’ESG n’est plus du marketing — c’est un contrôle des usages

Une entreprise peut être exemplaire sur le climat, mais ruinée par un seul contrat mal perçu sur le plan social.

2) Le “G” est devenu le principal risque

La gouvernance des filiales, sous-traitants et partenaires est désormais aussi importante que les engagements climatiques.

3) Le marché américain amplifie les controverses

Aux États-Unis, certains sujets — immigration, droits civiques, police — sont tellement sensibles qu’ils deviennent des bombes réputationnelles immédiates.

Timeline de la polémique

  • Décembre 2025 : Signature du contrat entre CGS et ICE.
  • 26–28 janvier 2026 : Révélations médiatiques et début des critiques internes et externes.
  • Fin janvier 2026 : Montée en puissance de la controverse aux États-Unis et en France.
  • 1er février 2026 : Capgemini annonce la mise en vente de sa filiale CGS.

Ce que cela change pour les entreprises

L’affaire Capgemini–ICE marque un tournant :
Désormais, les entreprises technologiques ne peuvent plus se contenter de dire “nous fournissons des outils neutres”. Elles sont jugées sur l’usage final de leurs technologies.

Pour la Green Finance, c’est un signal clair :
L’évaluation ESG devra intégrer de plus en plus les impacts sociaux indirects et la solidité de la gouvernance des filiales.

Capgemini sortira sans doute de cette crise, mais le message est passé : en 2026, l’ESG est un terrain de jeu impitoyable.

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ENI dans la neige

ENI

Quand la neige devient un audit.

Eni et le “greenwashing par sponsoring” à la veille des JO 2026

À trois jours de l’ouverture des Jeux d’hiver Milano-Cortina (6–22 février 2026), une polémique ESG s’invite sur la ligne de départ : Eni, sponsor premium, est ciblée par Greenpeace et d’autres organisations qui dénoncent une opération d’image incompatible avec le cœur fossile du groupe. 

Le mécanisme : “image durable” vs “modèle économique”

La critique n’est pas technique : elle est narrative et financière.  Narrativement, parce que parrainer des sports dépendants de la neige tout en restant un major des hydrocarbures ressemble à une dissonance.

Financièrement, parce que le marché pénalise de plus en plus les écarts entre promesses et trajectoires : le “S” et le “G” (acceptabilité sociale, sincérité, gouvernance de la com) finissent par coûter cher en prime de risque. 

Les arguments des ONG : simples, mais redoutables. Le réchauffement réduit la fiabilité de la neige ; les Alpes sont un signal visible. Un sponsor fossile “achète” de la légitimité durable via l’émotion sportive. Les instances sportives devraient suivre l’exemple historique du tabac : on ne promeut pas ce qui détruit le sport lui-même. 

Est-ce fondé ?

Oui, si l’on parle de cohérence ESG et de risque réputationnel : le sponsoring agit comme un multiplicateur de visibilité, donc un multiplicateur de controverse. 

Non, si l’on cherche un verdict légal immédiat : ici, l’attaque est surtout un procès de cohérence dans l’espace public. 

Le “pattern” se répète ailleurs

TotalEnergies : contesté pour “sportswashing” via l’AFCON, et aussi rattrapé par le terrain judiciaire sur certains messages climatiques. 

Saudi Aramco : accords F1/FIFA/ICC régulièrement remis en cause par des organisations sur la crédibilité climat et l’alignement avec les objectifs internationaux. 

Ce que les investisseurs (et communicants) doivent retenir

Dans l’ESG 2026, le sujet n’est plus “avez-vous un message ?”,  mais “votre message survit-il à un test de cohérence en 30 secondes ?”. 

Le sponsoring est une “pub” à haute intensité émotionnelle : donc c’est aussi une zone à risque maximale pour le greenwashing perçu.

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LBP AM European Private Markets clôture avec succès un fonds de dette infrastructure dédié au climat

LBP AM European Private Markets

La finance à impact franchit une nouvelle étape en Europe. LBP AM European Private Markets annonce la clôture définitive de son fonds de dette infrastructure à impact climatique, avec plus de 500 millions d’euros levés. Un montant qui confirme l’appétit croissant des investisseurs pour des stratégies capables d’allier rendement financier, utilité économique et contribution mesurable à la transition climatique. Lancé dans un contexte d’urgence environnementale, ce fonds s’impose comme une référence sur le marché des actifs réels responsables.

Un fonds arrivé à maturité, porté par une forte dynamique de marché

Lancé en 2022, le LBPAM Infrastructure Debt Climate Impact Fund atteint son objectif de levée initial dès son closing final. Cette performance témoigne d’une confiance durable des investisseurs, dans un environnement pourtant marqué par des incertitudes macroéconomiques. Classé Article 9 au sens du règlement SFDR, le fonds s’adresse à des souscripteurs en quête de solutions d’investissement clairement orientées vers un objectif durable explicite.
La base d’investisseurs s’est élargie au fil du temps, avec une part significative d’investisseurs institutionnels nouvellement entrés au capital. Cette diversification renforce la solidité du fonds et souligne la crédibilité de la stratégie déployée par LBP AM European Private Markets sur le segment de la dette infrastructure à impact.

Une thèse d’investissement alignée sur les objectifs climatiques européens

Le fonds repose sur une approche ciblée : financer exclusivement des infrastructures bas carbone ou contribuant activement à la décarbonation de l’économie. L’objectif est clair. Réduire les émissions de gaz à effet de serre et participer concrètement à une trajectoire de réchauffement compatible avec l’Accord de Paris, en dessous de 2°C.
Cette orientation s’inscrit pleinement dans la taxonomie européenne, dont l’atténuation du changement climatique constitue le premier pilier. À terme, 70 % du portefeuille a vocation à être aligné avec cette taxonomie, traduisant une volonté forte de cohérence entre discours, allocation du capital et impact réel sur l’économie.

Une méthodologie d’impact rigoureuse et des outils reconnus

La stratégie du fonds s’appuie sur l’expertise approfondie de l’équipe dette infrastructure de LBP AM. Celle-ci combine une connaissance fine des secteurs financés et une méthodologie structurée de mesure de l’impact climatique. Des outils de référence, comme CIARA développé par Carbone 4, sont mobilisés pour évaluer les trajectoires carbone des actifs financés.
À cela s’ajoutent des dispositifs propriétaires, tels que le scoring ESG GREaT et un scoring d’impact dédié. Ces outils permettent une analyse détaillée des projets, intégrant à la fois les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance, ainsi que leur contribution concrète à la transition énergétique.

Une trajectoire climatique mesurée et suivie dans le temps

À ce stade, le portefeuille du fonds s’inscrit dans une trajectoire de réchauffement estimée à 1,63°C à horizon 2100. Un indicateur clé, qui reflète la cohérence globale des investissements réalisés. La diversification sectorielle et géographique joue également un rôle central. Elle permet de limiter les risques, tout en renforçant la résilience du portefeuille face aux évolutions économiques et réglementaires.
Trois indicateurs structurent le suivi de l’impact : le niveau d’alignement avec la taxonomie européenne. L’empreinte carbone du portefeuille et son positionnement par rapport à un scénario climatique limité à 2°C. Une approche transparente, pensée pour répondre aux attentes croissantes des investisseurs en matière de reporting et de comparabilité.

Une stratégie pionnière sur le marché européen

Avec ce fonds, LBP AM European Private Markets revendique une position de précurseur. Il s’agit du premier fonds européen de dette infrastructure explicitement conçu autour d’un objectif d’impact climatique. Cette initiative illustre la capacité de la société de gestion à structurer des solutions innovantes sur les actifs réels. Tout en respectant des standards ESG exigeants.
Pour LBP AM, ce closing marque une étape structurante dans le développement de son offre à impact. Il confirme la pertinence d’un modèle fondé sur l’expertise sectorielle. La discipline d’investissement et la mesure rigoureuse des effets environnementaux des projets financés.

LBP AM European Private Markets, un acteur engagé des actifs privés durables

Créée en 2012 et rebaptisée en 2025, la plateforme LBP AM European Private Markets s’est imposée comme un acteur clé des actifs privés en Europe. Elle réunit aujourd’hui plus de cinquante professionnels, dont une majorité dédiée à l’investissement. Sa mission est claire : accompagner les transitions économiques et environnementales en orientant les capitaux vers des projets utiles et durables.
Active dans la dette infrastructure, immobilière et corporate. La plateforme a levé près de 10 milliards d’euros depuis sa création et investi dans plusieurs centaines de transactions. Une trajectoire qui reflète l’ambition du groupe LBP AM de faire de la finance durable un levier concret de transformation de l’économie.

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Davos est terminé. Place au bruit. Puis au réel.

Davos

Le Forum économique mondial de Davos vient de se refermer. Comme chaque année, il aura fallu moins de 24 heures pour que le débat public se résume non pas aux sujets discutés… mais aux polémiques les plus grotesques.

Petit florilège de polémiques.

D’abord, Christine Lagarde, dont l’acte le plus commenté n’aura pas été un mot sur l’inflation, la stabilité financière ou la fragmentation monétaire mondiale, mais le courage de quitter une table. Un geste devenu viral, analysé au ralenti, commenté comme s’il s’agissait d’un tournant géopolitique majeur.

Ensuite, les fameuses lunettes de “Top Gun”. À Davos, certains parlent souveraineté énergétique, guerre commerciale et sécurité mondiale pendant que d’autres scrutent la monture, la marque, la forme et le symbole caché derrière une paire de lunettes. Priorités, quand tu nous tiens.

Puis, bien sûr, le désormais légendaire “for sûr” d’Emmanuel Macron, répété, disséqué, remixé. À croire que l’avenir économique de l’Europe se joue désormais sur l’accent anglais d’un président français qui parle aussi bien anglais que son predecesseur Francois Hollande, plutôt que sur la capacité du continent à financer son industrie, son énergie et sa défense.

Et pour compléter le trio : le ballet des jets privés, devenu l’argument moral universel permettant de disqualifier toute discussion sérieuse tenue à Davos, quelle que soit sa nature. 

Peu importe ce qui s’y dit : si quelqu’un est arrivé en avion, alors tout est annulé. Rideau.

Pendant ce temps, à Davos, les vrais sujets étaient ailleurs

Car pendant que l’espace médiatique s’emballait sur ces anecdotes, les discussions de fond ont été d’une gravité et d’une clarté rarement atteintes.

Voici les 6 véritables points structurants qui ont dominé les derniers jours du Forum, et que nous allons analyser ici, loin du folklore :

1. Le retour brutal de la géopolitique

La fin de l’illusion d’un monde uniquement régi par les marchés et les règles multilatérales.

2. L’indépendance stratégique européenne

Énergie, défense, industrie, numérique : l’Europe n’a plus le luxe de l’attentisme.

3. La fragmentation du commerce mondial

Tarifs, protectionnisme, accords régionaux : le commerce devient un outil politique.

4. La sécurité globale et l’Ukraine

Financement, garanties, reconstruction : la sécurité n’est plus un sujet abstrait, mais un poste budgétaire massif.

5. L’intelligence artificielle comme infrastructure

L’IA n’est pas un gadget : c’est de l’énergie, du capital, des data centers, de l’eau, du foncier.

6. Le retour de l’État investisseur

Partout, les gouvernements reprennent la main sur les flux, les priorités et les risques.

Dans cet article, nous laisserons donc les lunettes, les jets et les “for sûr” aux réseaux sociaux.

Et nous ferons ce que Davos est censé provoquer :

parler sérieusement d’économie, de finance, de souveraineté et de transition, dans le monde réel.

Green Finance commence ici.

1) Géopolitique : fin de “l’ancien monde” et retour de la puissance

Le fil rouge le plus lourd à Davos 2026, c’est l’idée que l’ordre international se durcit : rivalités de puissances, pression sur les alliances, et logique de rapport de force.

Mark Carney parle d’une rupture nette : « the end of a pleasant fiction… the beginning of a harsh reality ». 

Friedrich Merz est encore plus frontal : « We have entered a time of great power politics. » 

Quand la géopolitique prime, les investisseurs demandent :

plus de prime de risque, plus de résilience supply chain, plus de capex défense/énergie, et moins de dépendances (de-risking ≠ découplage total).

2) Europe : “indépendance” = stratégie industrielle + énergie + défense + digital

Le message européen le plus structurant, c’est que l’UE veut transformer les chocs géopolitiques en accélérateur de souveraineté. Ursula von der Leyen : « geopolitical shocks can and must serve as an opportunity for Europe… to build a new form of European independence. » 

Elle insiste que le changement est durable : « if this change is permanent, then Europe must change permanently too. » retour d’une logique politique industrielle (subventions, simplification, chaînes critiques), grands besoins de financement (infrastructures, énergie, data centers, défense). Enjeu clé : éviter “sur-régulation” vs accélérer investissements.

3) Commerce mondial : tarifs, protectionnisme, “guerres commerciales”

Sujet sensible parce que derrière, il y a : inflation, croissance, profits, devises.

He Lifeng (Chine) alerte sur la dynamique : « Rising unilateralism and protectionism… tariff and trade wars have inflicted significant shocks. » Et il martèle : « tariff and trade wars have no winners. » 

Von der Leyen oppose « fair trade over tariffs, partnership over isolation » (dans le cadre de nouveaux accords). Tout ce qui ressemble à tarifs/fragmentation : risque sur marges, chaînes d’approvisionnement, et croissance. En contrepartie : opportunité sur nearshoring, logistique, infrastructures, et “green industrialization”.

4) Sécurité : Ukraine, OTAN, Arctique/Greenland

La sécurité est montée d’un cran, avec un discours beaucoup plus “opérationnel” : budgets, garanties, investissements. Zelenskyy : « no security guarantees work without the US » (dans la transcription WEF). 

Il formule un appel très “investisseur” : « real support – jobs, money, investment. » Merz rappelle la ligne rouge : « any threat to acquire European territory by force would be unacceptable. » hausse durable des dépenses de défense, cybersécurité, infrastructures critiques. Montée des sujets Arctique / routes maritimes / ressources ;

Ukraine : pivot entre reconstruction, capitaux privés, garanties publiques.

5) IA & infrastructure : “industrial scale”, data centers, compétitivité

Même quand Davos parle “IA”, ça parle surtout infrastructures et puissance de calcul (donc énergie, réseau, foncier, eau, acceptabilité).

Merz : « Artificial intelligence requires industrial scale. » 

Il enchaîne sur une logique d’investissement : « investing in high-performance AI, gigafactories… expansion of data centres. »  Parmelin (ouverture) met l’IA dans le même panier que tensions & protectionnisme : « risks and opportunities of AI » + défense du commerce/règles. 

IA = capex massif + énergie ; donc arbitrages ESG réels : mix énergétique, refroidissement, sobriété numérique, localisation.

6) États-Unis : discours “transactionnel” et sécurité/économie liées

Le discours de Trump est politiquement inflammable, mais utile pour comprendre l’orientation : sécurité = économie, et logique de contreparties. Trump : « national security requires economic security » 

Sur OTAN/Ukraine, le ton est explicitement transactionnel (l’extrait sur “one-way street” etc.). 

Lecture marchés :

Plus d’incertitude sur architecture transatlantique, risque de volatilité sur commerce/tarifs, mais aussi accélération de l’industrie domestique (défense, énergie, tech).

Ce qui est le plus sensible, le plus important

1. Retour durable de la géopolitique : re-pricing du risque, fragmentation, capex souveraineté. 

2. Europe : indépendance (énergie/defense/digital) : énormes besoins de financement. 

3. Commerce : le spectre “tarifs/guerres commerciales” pèse sur inflation et croissance. 

4. Ukraine & sécurité : l’appel est clair : garanties + investissements + production. 

5. IA : c’est d’abord une histoire d’infrastructures, d’énergie… et donc de finance durable “dans le réel”. 

À lire aussi : OAT vertes 2026 : 15 milliards d’euros pour financer la transition écologique

OAT vertes 2026 : 15 milliards d’euros pour financer la transition écologique

OAT vertes 2026

Le 27 janvier 2026, l’État français a annoncé un plafond provisoire d’émission de 15 milliards d’euros d’Obligations Assimilables du Trésor vertes (OAT vertes) pour l’année 2026.
Derrière ce chiffre se joue un mécanisme clé de la finance durable : le financement direct de politiques publiques environnementales par la dette souveraine verte.

Mais concrètement, que signifie cette annonce ?

Une OAT verte, qu’est-ce que c’est ?

Une OAT verte est une obligation d’État classique, à la différence près que les fonds levés sont exclusivement destinés à des dépenses environnementales identifiées à l’avance.
Ce n’est donc pas un “label marketing”, mais un engagement budgétaire et traçable.

En pratique :

  • L’État émet une dette.
  • Les investisseurs prêtent de l’argent.
  • Cet argent est fléché vers des projets verts éligibles.
  • L’État rembourse comme toute obligation souveraine.

Pourquoi un plafond de 15 milliards ?

Le montant de 15 milliards d’euros correspond à un plafond d’émission provisoire, calculé en fonction du volume de dépenses vertes éligibles prévues pour 2026.

Ces dépenses proviennent majoritairement :

  • de crédits budgétaires votés dans la loi spéciale,
  • de mécanismes fiscaux favorables à la transition,
  • et, dans une moindre mesure, de dépenses vertes réalisées en 2025 mais non encore adossées à des émissions obligataires.

Ce plafond pourra être révisé à la hausse lors de la loi de finances 2026, si les dépenses vertes augmentent.

Une dette verte intégrée au financement global de l’État

Les OAT vertes ne constituent pas un programme parallèle :
elles font partie intégrante du financement de l’État, au même titre que les obligations classiques, dans la limite des dépenses environnementales réellement identifiées.

À ce jour, l’encours total des quatre OAT vertes françaises atteint 87 milliards d’euros, ce qui positionne la France parmi les émetteurs souverains verts les plus actifs au monde.

À quoi servent concrètement ces fonds ?

Les OAT vertes financent des projets alignés sur six grands objectifs environnementaux :

  1. Atténuation du changement climatique
  2. Adaptation au changement climatique
  3. Protection des ressources aquatiques et marines
  4. Transition vers l’économie circulaire
  5. Prévention et réduction de la pollution
  6. Protection et restauration de la biodiversité

Ces dépenses ne sont pas décidées de manière opaque :
elles sont identifiées ex ante chaque année par un comité interministériel placé sous l’autorité du Premier ministre.

Transparence et redevabilité : un pilier du dispositif

L’un des points forts du programme français réside dans sa transparence.
Deux types de rapports sont publiés régulièrement :

1. Rapports d’allocation et de performance

Ils détaillent :

  • où l’argent a été dépensé,
  • quelles politiques ont été financées,
  • quelle part de budget a été allouée.

2. Rapports d’impact environnemental

Ils mesurent les résultats concrets :
réduction d’émissions, efficacité énergétique, impact sur la biodiversité, etc.
Le dernier rapport a notamment porté sur l’éco-prêt à taux zéro.

Ces évaluations sont supervisées par un Conseil d’évaluation indépendant, composé d’experts internationaux, ce qui renforce la crédibilité du dispositif auprès des investisseurs.

Pourquoi c’est important pour la finance durable

Les OAT vertes jouent un double rôle :

  • Financier : offrir aux investisseurs un actif souverain aligné avec des critères ESG solides.
  • Politique et sociétal : orienter des capitaux massifs vers la transition écologique.

Elles créent un pont entre marchés financiers et politiques publiques, tout en imposant des standards de reporting et d’impact qui inspirent d’autres émetteurs, publics comme privés.

27/01/2026 : OAT vertes : annonce du plafond d’émission provisoire pour l’année 2026

En synthèse

L’annonce d’un plafond de 15 milliards d’euros pour 2026 confirme que la dette verte n’est plus expérimentale :
elle devient un outil structurel de financement de la transition environnementale, alliant discipline budgétaire, transparence et ambition climatique.

Les OAT vertes illustrent ainsi l’évolution de la finance publique : emprunter pour investir, mais avec des objectifs mesurables et traçables.

À lire aussi : La finance verte est-elle à la hauteur de ses ambitions ?

La finance verte est-elle à la hauteur de ses ambitions ?

finance verte

Paris, 27 janvier 2026 – Maison de la Chimie.
À l’occasion de la 35ᵉ Rencontre de l’Épargne, Green Finance a assisté à une table ronde centrale :
« La finance verte est-elle à la hauteur de ses ambitions ? »

Face à une audience de professionnels de l’épargne, quatre voix ont éclairé un sujet désormais stratégique : la capacité réelle de la finance verte et durable à financer la transition, tout en conservant lisibilité, confiance et efficacité économique.

4 intervenants pour cette table ronde :

  • Cécile Goubet – Directrice générale, Institut de la Finance Durable
  • Claire Marais-Beuil – Députée de l’Oise
  • Michèle Pappalardo – Présidente du Comité du Label ISR
  • Sébastien Raspiller – Secrétaire général de l’AMF

Constat partagé :
L’ambition est bien là.
Les flux d’investissement sont engagés, les cadres réglementaires existent, les labels se durcissent.
Finance verte : ambition affirmée, exécution sous tension

Mais l’exécution reste fragile :

  • inflation normative,
  • complexité excessive,
  • données ESG peu fiables et très dépendantes d’acteurs non-européens,
  • risque croissant de décrochage des PME.

Loin des discours incantatoires, les échanges ont mis en lumière une réalité plus nuancée :
La finance verte progresse, mais son infrastructure reste instable
.

La finance verte est-elle à la hauteur de ses ambitions ?

Oui sur l’intention et les flux.
Pas encore sur la lisibilité, la stabilité et la confiance long terme.

La finance verte a franchi un point de non-retour. Mais sans simplification, clarification des indicateurs et fiabilité des données, elle risque de perdre l’adhésion des épargnants qu’elle cherche précisément à mobiliser.

Lecture critique des interventions

  • Cécile Goubet a clairement dominé la table ronde par sa vision stratégique, européenne et data-driven.
    Son intervention : structurante, stratégique et très solide

·        Claire Marais-Beuil, députée et donc non spécialiste, a surpris par la pertinence de ses alertes économiques et territoriales.
Son intervention : pragmatique, étonnamment pertinent et terrain pour une députée

·        Michèle Pappalardo a parfois brouillé le message en confondant finance verte et finance durable… tout en dénonçant cette confusion.
Son intervention : pédagogique… parfois confus, parfois involontairement comique

·        Sébastien Raspiller a fait preuve d’une rare honnêteté institutionnelle en reconnaissant les limites actuelles du cadre réglementaire et de du régulateur AMF.
Son intervention : honnête, lucide, institutionnel sans langue de bois

Cécile Goubet – Directrice générale, Institut de la Finance Durable

Ses Idées clés :

  • La finance verte ne peut pas être isolée : elle s’inscrit dans un financement global de la transition et une révolution industrielle.
  • Les flux d’investissement mondiaux sont déjà massivement orientés vers les énergies propres (≈ 90 % en Europe).
  • Le véritable enjeu n’est plus le cap, mais le financement des objectifs politiques (Accord de Paris).
  • Forte insistance sur :
    • la clarification des indicateurs clés ESG,
    • la comparabilité européenne,
    • la dépendance critique aux data providers non-européens (point très stratégique).

Sa principale citation :

« La finance verte n’existe pas seule. Elle s’inscrit dans un tout : une ambition politique, une transition industrielle et des flux d’investissement déjà en mouvement. »

Claire Marais-Beuil – Députée de l’Oise

Ses Idées clés :

  • Attention aux surnormes françaises qui risquent d’asphyxier le tissu économique.
  • La finance verte ne doit pas contraindre mais accompagner.
  • Priorité absolue : évaluer avant d’imposer.
  • Insistance sur :
    • la stabilité réglementaire,
    • la cohérence européenne,
    • le risque de décrochage économique des PME.

Sa principale citation :

« La finance verte doit accompagner le développement économique, pas empêcher les entreprises de s’installer ou de se développer. »

Michèle Pappalardo – Présidente du Comité du Label ISR

Ses Idées clés :

  • Long développement sur la distinction finance verte / finance durable, (parfois… contradictoire !)
  • Défense du Label ISR comme outil de transformation progressive de toute l’économie.
  • Mise en avant du durcissement du référentiel ISR ( Les –25 % de fonds labellisés ont été minimisés ).
  • Très critique sur la volonté de sortir des entreprises du périmètre CSRD.

Sa principale citation :

« La finance verte investit dans certaines activités. La finance durable accompagne toute l’économie vers la transition. »

Sébastien Raspiller – Secrétaire général de l’AMF

Ses Idées clés :

  • Le rôle central du régulateur : information claire, compréhensible et correcte (« les 3C »).

·        Reconnaissance explicite : de la complexité excessive des textes européens ; des difficultés de compréhension même pour les professionnels.

  • Lutte contre le greenwashing réelle mais mesurée.
  • Message fort : la finance durable est un processus de trajectoire, pas une photo instantanée.

Sa principale citation :

« nos propres équipes ont du mal à comprendre certains textes, on ne peut pas demander aux épargnants de s’y retrouver seuls. »

Conclusion Green Finance :

La finance verte avance.
Mais elle n’atteindra ses ambitions que si elle devient compréhensible, mesurable et crédible, autant pour les marchés que pour les citoyens, en commençant par une réglementation cadrée, un jour peut être…

À lire aussi : Gouvernance des communautés énergétiques

Gouvernance des communautés énergétiques :

Gouvernance des communautés énergétiques

Pourquoi ECOOP devient un levier clé pour les territoires

Une pression croissante sur les collectivités locales

La transition énergétique s’accélère et place aujourd’hui les territoires en première ligne.
Communes, intercommunalités et acteurs locaux voient se multiplier les projets énergétiques de proximité : énergies renouvelables, autoconsommation collective, communautés d’énergie, coopératives locales.

Cette dynamique s’inscrit dans un cadre de plus en plus contraint :

obligations réglementaires, attentes politiques fortes, exigences citoyennes accrues

La transition énergétique n’est plus uniquement technique : elle est politique, sociale et démocratique.

Le maillon faible des projets énergétiques locaux : la gouvernance

Si les projets se multiplient, leur gouvernance reste trop souvent un point de fragilité.

Sur le terrain, les constats sont récurrents :

  • des processus décisionnels collectifs complexes et difficiles à piloter,
  • une gouvernance partagée lente, parfois peu lisible,
  • un manque d’outils numériques réellement adaptés aux modèles coopératifs,
  • une traçabilité insuffisante des décisions,
  • et, au fil du temps, un engagement citoyen qui s’effrite.

Résultat : des projets techniquement solides, mais fragiles socialement et politiquement.

ECOOP: un outil de gouvernance numérique au service des communautés énergétiques

C’est précisément à ce niveau qu’intervient ECOOP.

ECOOP est une plateforme de gouvernance numérique conçue pour accompagner les communautés énergétiques dans leur organisation, leur prise de décision et leur fonctionnement collectif.

Concrètement, ECOOP intervient là où beaucoup de projets échouent :

l’organisation collective, la prise de décision et la légitimité démocratique.

ECOOP ne remplace pas les choix politiques ou techniques :
 il sécurise et structure la manière de décider ensemble.

Pourquoi ECOOP a été conçu

ECOOP est né d’un constat simple :

la transition énergétique repose sur la capacité des territoires à coopérer durablement.

Face à l’absence d’outils réellement adaptés aux dynamiques locales et coopératives, ECOOP a été conçu pour :

  • accompagner des projets collectifs complexes,
  • répondre aux exigences croissantes de transparence et de conformité,
  • intégrer les enjeux d’inclusion et de participation citoyenne,
  • soutenir des projets profondément ancrés dans les territoires.

La technologie est ici mise au service du collectif, et non l’inverse.

À qui s’adresse ECOOP ?

ECOOP est conçu pour :

  • les communes et intercommunalités,
  • les associations locales,
  • les coopératives énergétiques,
  • les communautés énergétiques, qu’elles soient naissantes ou déjà structurées,
  • les syndicats d’énergie et acteurs territoriaux de l’énergie.

Autrement dit, tous les acteurs qui portent ou accompagnent des projets énergétiques collectifs.

Une philosophie claire : gouverner ensemble, durablement

ECOOP repose sur une philosophie simple et exigeante :

  • coopération entre acteurs publics, citoyens et partenaires,
  • inclusion réelle dans les processus de décision,
  • transparence des règles et des décisions,
  • participation structurée, documentée et traçable,
  • compatibilité avec les cadres réglementaires existants.

La gouvernance n’est plus un frein : elle devient un facteur de robustesse et de légitimité.

Le message adressé aux communes et aux associations

Lancer un projet énergétique collectif sans structurer la gouvernance dès le départ, c’est prendre un risque politique, social et institutionnel.

ECOOP s’adresse aux territoires qui souhaitent :

  • clarifier les règles du jeu collectif,
  • organiser une participation citoyenne réelle,
  • sécuriser leurs projets dans la durée.

Ce que ECOOP apporte concrètement

ECOOP permet :

  • des rôles et règles de gouvernance clairement définis,
  • des décisions documentées, traçables et partagées,
  • une information accessible à tous les membres,
  • un engagement citoyen renforcé et durable,
  • un climat de confiance favorisant la pérennité des projets.

Des cas d’usage concrets en France et en Europe

ECOOP s’appuie sur des projets exploratoires déjà opérationnels :

Ces projets démontrent que la gouvernance est un facteur clé de réussite, au même titre que la technologie.

Une légitimité reconnue à l’échelle européenne

Développé et testé dans cinq pays européens (e.g. Troya, Çanakkale-Turquie, Berchidda-Italie, Uppsala-Suède) dans le cadre du projet Masterpiece co-financé par la commission Européenne.
La plateforme ECOOP est alignée avec les principes de la finance verte et les exigences croissantes en matière de transparence, d’impact et de gouvernance responsable.

La transition énergétique territoriale ne se jouera pas uniquement sur les kilowattheures produits.

Elle se jouera sur la capacité des territoires à faire coopérer durablement des acteurs aux intérêts multiples.

Avec ECOOP, les collectivités et communautés énergétiques disposent désormais d’un outil structurant pour :
Sécuriser leurs projets, renforcer la confiance et ancrer la transition énergétique dans le temps long.

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