Débat sur la commission d’enquête parlementaire

commission d’enquête parlementaire

La récente audition de François Bayrou devant une commission d’enquête parlementaire a ravivé les tensions politiques et soulevé des questions majeures sur la gestion des affaires publiques, la protection des enfants victimes de maltraitance et le fonctionnement des institutions. Parallèlement, le blocage du chantier de l’autoroute A69 dans le Tarn illustre les défis actuels rencontrés par la France pour mener à bien ses grands projets d’infrastructure. Au cœur de ces débats, les enjeux de transparence politique, d’aménagement du territoire et de répartition des responsabilités entre justice, législateur et exécutif s’entrelacent, dans un contexte marqué par des attentes fortes de la population.

Ceci est un extrait d’une interview, sélectionné par votre média Green Finance, qui donne la parole à tous, même si cela peut vous déplaire et nous déclinons toutes responsabilités sur la source et les propos de cet extrait.

La commission d’enquête parlementaire : entre contrôle politique et nécessité de vérité

L’audition de François Bayrou devant la commission d’enquête parlementaire, consacrée à une affaire sensible impliquant notamment des allégations de maltraitance, a suscité un large éventail de réactions. Plusieurs observateurs expriment un sentiment mitigé quant à l’efficacité de cette procédure. Pour certains, cette commission apparaît davantage comme un instrument politique visant à fragiliser le Premier ministre plutôt que comme un outil rigoureux de recherche de la vérité. Les échanges, parfois tendus, ont donné lieu à des « passes d’armes » et à une atmosphère hostile, avec des accusations de subjectivité visant les rapporteurs.

Malgré ces critiques sur la forme, la gravité du sujet reste au centre des préoccupations. La maltraitance sur mineurs, qu’elle survienne dans le cadre institutionnel public ou privé, constitue un fléau social toujours très présent. En France, environ 160 000 enfants sont victimes chaque année de violences sexuelles, ce qui justifie pleinement la mise en lumière de ces affaires et la mobilisation d’instances dédiées. Le numéro d’urgence 119 est rappelé comme un dispositif crucial pour les victimes et témoins, renforçant la nécessité d’une vigilance collective.

Par ailleurs, la commission d’enquête n’a pas permis de faire progresser clairement le dossier Benjamin Coste, un point souligné par plusieurs intervenants qui reconnaissent ne pas maîtriser tous les aspects du dossier. Ce manque d’avancée concrète nourrit la frustration, d’autant que cette affaire dépasse les simples enjeux politiques et touche directement les victimes, dont la reconnaissance et la justice doivent rester prioritaires.

La posture du Premier ministre et la politisation du dossier

L’audition a également mis en lumière la difficulté pour le Premier ministre de répondre à des questions sensibles sur un dossier complexe. Certains jugent sa prestation « inaudible », soulignant une apparente difficulté à maîtriser les faits et une gestion politique de la situation qui tend à détourner l’attention des victimes. La dimension politique, en particulier, est omniprésente : François Bayrou a adopté une ligne de défense basée sur la contestation de l’objectivité de ses interlocuteurs et la remise en question de la fidélité des retranscriptions des témoignages.

Ce positionnement a alimenté un climat de suspicion, où le débat judiciaire et politique se mêlent étroitement, au risque de noyer les véritables enjeux de fond. Les échanges au sein de la commission, qualifiés parfois de « tribunal » par certains participants, reflètent cette difficulté à dissocier les responsabilités personnelles et institutionnelles, tout en maintenant un focus sur la protection des victimes.

L’autoroute A69 : un symbole des défis de l’aménagement du territoire

Parallèlement à ces débats politiques, la question des grands projets d’infrastructure en France se pose avec acuité. L’arrêt du chantier de l’autoroute A69 dans le Tarn, à la suite d’une décision judiciaire, illustre les tensions entre différentes parties prenantes et les freins institutionnels auxquels se heurtent les projets d’aménagement. Pour de nombreux acteurs locaux, la reprise de ce chantier est un enjeu crucial pour le désenclavement du territoire, la dynamique économique et l’amélioration des conditions de mobilité, notamment dans un contexte marqué par des crises sociales comme celle des Gilets jaunes.

La proposition de loi déposée par des sénateurs vise à valider la reprise des travaux au nom de l’intérêt général, dans l’espoir de débloquer une situation qui paralyse le territoire depuis plusieurs mois. Ce projet, malgré un investissement déjà conséquent – avec 90 % des ouvrages d’art réalisés et 450 millions d’euros dépensés sur les 750 millions prévus – est confronté à une opposition fondée sur des arguments environnementaux et juridiques, qui ont conduit à la suspension des travaux.

Entre écologie, législation et capacité d’action de l’État

La difficulté à concilier grands projets d’infrastructure et contraintes environnementales est au cœur du débat public. Certains dénoncent une forme d’impuissance de l’État, freinée par une législation qui permet au juge d’intervenir et d’interrompre des projets pourtant porteurs d’intérêt général. Cette situation alimente le sentiment d’une paralysie administrative et politique, renforçant la frustration des citoyens face à la lenteur des décisions et au poids des procédures.

Pour répondre à ces blocages, une réforme législative est évoquée, afin de renforcer le rôle du législateur dans le dénouement des conflits et garantir la poursuite des projets d’aménagement essentiels à l’équilibre territorial. Toutefois, cette réforme doit également prendre en compte les exigences environnementales et sociales, afin d’éviter la mise en place de projets nuisibles.

La question du financement soulève également des débats, notamment autour du péage. Le recours à des autoroutes à péage est défendu comme un compromis, garantissant l’accès tout en assurant une certaine rentabilité. Pourtant, l’idée d’une autoroute gratuite fait débat, certains rappelant que la gratuité effective n’existe pas, car elle implique un financement indirect par les contribuables, même lorsque la gestion est publique.

La commission d’enquête parlementaire et le blocage de l’autoroute A69

Ces débats illustrent la complexité des enjeux auxquels la France est confrontée, à la croisée des questions de justice, d’aménagement du territoire, de gouvernance politique et de développement durable. La commission d’enquête parlementaire et le blocage de l’autoroute A69 montrent à quel point les décisions publiques s’inscrivent dans des contextes multidimensionnels où s’affrontent intérêts politiques, attentes sociales et contraintes légales. Trouver un équilibre entre ces différentes dimensions sera crucial pour restaurer la confiance des citoyens et permettre à la France de relever les défis du XXIe siècle.

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L’Heure de Vérité : Et si la Finance Décidait de la Fin du Monde ?

Finance et Fin du Monde

Finance et Fin du Monde : il y a des chiffres qui glacent le sang. Plus de 1,5°C de réchauffement dépassés avant 2030. Des mégafeux qui ravagent des continents entiers. Des milliards de tonnes de CO₂ rejetées chaque année, alors même que nous savons qu’elles précipitent notre avenir vers un mur climatique. Et pourtant, l’argent continue de s’investir massivement dans des secteurs polluants, comme si de rien n’était.

Si rien ne change, les flux financiers deviendront les véritables armes de destruction massive de notre
siècle. Car soyons clairs : ce ne sont pas seulement les gouvernements ou les ONG qui décident du
futur, mais bien la finance. Elle choisit où va l’argent, et donc ce qui grandit – ou ce qui meurt. La
question n’est plus seulement économique. C’est une question de survie. Et c’est là qu’entre en jeu l’investissement à impact et l’ESG. La possibilité de transformer la finance en outil de protection plutôt qu’en accélérateur de chaos. Mais encore faut-il comprendre de quoi il s’agit…

Investissement à Impact & ESG : Définition

L’investissement à impact, souvent associé aux critères ESG (Environnementaux, Sociaux et de
Gouvernance). Désigne une approche qui ne se contente pas de rechercher du rendement financier.
Son objectif : générer un effet positif, mesurable et durable, sur la société et la planète. Cela signifie
financer des entreprises qui réduisent leurs émissions de carbone. Créent des emplois inclusifs, ou
adoptent une gouvernance transparente et responsable. Contrairement à la philanthropie, il ne s’agit pas de donner, mais d’investir avec une exigence de rentabilité. Tout en exigeant une contribution positive. C’est un double objectif : retour financier + impact sociétal et environnemental concret. Et aujourd’hui, il ne s’agit plus d’un “plus” ou d’une option marketing : c’est une nécessité vitale.


L’investissement à impact et l’ESG sont devenus incontournables pour plusieurs raisons :

  1. Répondre à l’urgence climatique : en orientant les capitaux vers les énergies renouvelables,
    la mobilité durable. L’efficacité énergétique ou l’économie circulaire, on accélère la
    décarbonation indispensable pour respecter les Accords de Paris.
  2. Réduire les risques financiers : investir dans des entreprises dépendantes des énergies
    fossiles ou exposées à des risques sociaux est une bombe à retardement. Les investisseurs
    qui anticipent les normes environnementales et sociales protègent leurs portefeuilles.
  3. Attirer les nouvelles générations : les jeunes épargnants et investisseurs exigent de la
    transparence et de l’engagement. Les fonds qui n’intègrent pas l’ESG perdent en crédibilité
    et en attractivité.
  4. Renforcer la résilience économique : les entreprises responsables innovent davantage,
    s’adaptent mieux aux crises, et attirent talents et capitaux.
  5. Contribuer au bien commun : il s’agit enfin de redonner un sens à la finance, trop longtemps
    perçue comme déconnectée de la société. Chaque euro investi devient un levier pour la
    santé, l’éducation, le climat ou l’inclusion sociale.

Bref, l’investissement à impact, ce n’est pas une “bonne action”, c’est un choix stratégique, rentable
et vital.

Les Thématiques Clés de la Finance Responsable

  • Investissement à impact & ESG : mesurer la performance non seulement en rendement,
    mais aussi en impact réel et tangible.
  • Finance carbone et compensation : intégrer la réduction et la neutralité carbone au cœur
    des stratégies financières, en allant au-delà du simple “offsetting” pour privilégier la
    réduction directe.
  • Finance inclusive, sociale et transparente : promouvoir une finance qui lutte contre
    l’exclusion bancaire, favorise l’accès au crédit responsable et garantit la transparence des
    flux.
  • Data & technologie responsable : utiliser l’intelligence artificielle, la blockchain et les big
    data pour améliorer la traçabilité, éviter le greenwashing, et développer des solutions
    financières éthiques.

Prix Green Finance 2025 : la compétition est lancée

C’est précisément autour de ces thématiques que se déploie le Prix Green Finance 2025, véritable
tremplin pour les acteurs innovants de la finance durable. Startups, institutions financières, asset
managers et entreprises engagées y trouveront un espace unique pour valoriser leurs initiatives,
benchmarker leurs pratiques et gagner en visibilité auprès de l’écosystème.
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L’argent est un choix politique.

Chaque euro investi peut nourrir le chaos climatique ou, au contraire, financer la transition vers un monde soutenable. La question n’est pas de savoir si la finance doit se transformer. La vraie question est : acceptera-t-on d’attendre qu’il soit trop tard ?

Suppression du ministère de la Transition énergétique

Ministère de la Transition énergétique
Ministère de la Transition énergétique

Suppression du ministère de la Transition Énergétique : inquiétudes chez les fonctionnaires. Craintes d’une focalisation sur les aspects industriels et financiers. Des ajustements nécessaires dans les positions d’expertise, et incertitudes persistantes sur la gestion des dossiers énergétiques.

Suppression du Ministère de la Transition Énergétique : Inquiétudes parmi les Fonctionnaires

Suite au récent remaniement, le ministère de la Transition énergétique a été aboli. Avec le transfert de son portefeuille au ministère de l’Économie. Cette décision a suscité la surprise et l’inquiétude parmi certains fonctionnaires. Dont Mathilde, ancienne membre du ministère de la Transition énergétique. Elle exprime sa déception, percevant ce changement comme un retour en arrière.

Le 11 janvier, lors de la nomination du gouvernement de Gabriel Attal, Mathilde et ses collègues ont été informés qu’ils ne relèveraient plus d’un ministère de plein exercice dirigé par Agnès Pannier-Runacher, mais seraient intégrés au ministère de l’Économie à Bercy. Le secteur de l’énergie était précédemment sous la tutelle du ministère de l’Écologie depuis 2007, dans le but de centraliser les leviers de la transition énergétique tout en surveillant leur impact environnemental. Cette transition vers l’Économie suscite des inquiétudes quant à une possible focalisation exclusive sur les aspects industriels et financiers au détriment des dimensions environnementales et écologiques.

Perte de vision globale

« C’est regrettable », commente Mathilde. « Pendant dix-huit mois, nous avons eu notre propre ministère, un signal fort montrant la priorité accordée à la transition énergétique. Maintenant, je suis perplexe. Est-ce que cela signifie que l’énergie sera abordée uniquement du point de vue industriel et économique, négligeant l’aspect environnemental ? »

Louis, du ministère de la Transition écologique, partage cette préoccupation. « On a l’impression qu’il y a une reprise en main de l’énergie avec seulement un angle industriel et financier. Or l’énergie, ce n’est pas que ça ! C’est aussi lié au climat, à la sobriété, à la transition, au monde qu’on cherche à avoir. »

Avec le déplacement des services énergétiques, les fonctionnaires redoutent de perdre cette « vision globale ». Nicolas, également du ministère de la Transition écologique, souligne que la transition énergétique englobe divers aspects comme la stratégie nationale bas carbone et la programmation pluriannuelle de l’énergie. Ainsi, le découpage actuel est perçu comme préjudiciable à la transition énergétique et écologique.

Restructuration ministérielle

Moins d’Efficacité en Perspective ? Suite au décret du 24 janvier, le ministère de l’Économie assume désormais les attributions énergétiques en cotutelle avec le ministère de la Transition écologique. Cependant, des fonctionnaires expriment des inquiétudes sur l’efficacité des politiques énergie-climat en raison du remaniement ministériel. L’ordre protocolaire, avec Bruno Le Maire en position favorable par rapport à Christophe Béchu, suscite des préoccupations quant à l’influence dans les prises de décisions.

Remaniement Énergétique

Anticipant des arbitrages en faveur de l’énergie au détriment de la préservation de la biodiversité, Mathilde exprime des préoccupations quant à l’orientation budgétaire, redoutant une préférence pour le nucléaire au détriment des énergies renouvelables. Bien que le gouvernement semble pousser en interne pour accélérer le développement des énergies renouvelables, des inquiétudes persistent quant à d’éventuelles censures dans les propositions des fonctionnaires. Un haut fonctionnaire rappelle que les décisions majeures en matière de politique énergétique ne relèvent pas uniquement d’Agnès Pannier-Runacher, Bruno Le Maire ou Christophe Béchu, mais plutôt d’Emmanuel Macron lui-même, soulignant que le remaniement ministériel, bien que symbolique, n’altérera guère les orientations impulsées par l’Élysée depuis 2017.

Les fonctionnaires expriment également des interrogations quant à la gestion de l’ensemble des dossiers énergétiques par Bruno Le Maire ou la délégation à un ministre délégué. Le nom de Roland Lescure, ministre chargé de l’Industrie dans le gouvernement précédent d’Élisabeth Borne, circule, mais les rumeurs persistantes génèrent des frustrations parmi les fonctionnaires, qui s’interrogent sur les raisons du retard dans la prise de décision, soulignant que ces incertitudes peuvent perturber l’efficacité des services et le moral des agents.

A lire aussi : 1er baromètre de la transition écologique de la Caisse d’épargne

Incofin lance l’ICMF pour un avenir climatique et financier inclusif

Incofin
Incofin

Incofin a récemment lancé l’Incofin Climate-Smart Microfinance Fund (ICMF). Une initiative ambitieuse visant à investir 550 millions de dollars dans des activités favorables au climat. Ce fonds s’efforce de transformer la vie de 1,5 million d’individus dans les pays émergents au cours des cinq prochaines années, en partenariat avec DPAM.

Incofin : investir pour un avenir climatique et financier inclusif

L’Incofin Climate-Smart Microfinance Fund (ICMF) s’inscrit comme un catalyseur crucial dans la transition vers une économie résiliente au changement climatique. En se concentrant sur le soutien aux institutions financières promouvant des pratiques favorables au climat, l’ICMF contribue à un écosystème financier plus durable et équitable.

Accès à une finance climatique dynamisée

Un des objectifs majeurs de l’ICMF est de dynamiser l’accès à une finance climatique. Cette initiative consiste à appuyer les acteurs locaux pour qu’ils puissent offrir des services financiers adaptés au contexte climatique actuel. Ces services sont destinés aux micro-, petites et moyennes entreprises, aux exploitants agricoles et aux ménages à faible revenu. En favorisant l’inclusion financière de ces segments, l’ICMF contribue à renforcer leur capacité à s’adapter aux défis environnementaux.

Incofin et renforcement de la résilience et pratiques durables

Par le biais de ses investissements, l’ICMF vise également à améliorer la résilience des populations face au changement climatique. En encourageant les institutions financières à proposer des produits et services favorisant des pratiques durables, telles que l’agriculture résiliente au climat ou les technologies énergétiques propres, le fonds contribue à la création de communautés plus résistantes aux aléas climatiques.

Outre son impact social et environnemental, l’ICMF s’engage à fournir des rendements stables et ajustés au risque pour les investisseurs. Cette approche témoigne de l’engagement d’Incofin envers l’investissement durable. Démontrant ainsi qu’il est possible de concilier performances financières et impact positif sur la société et l’environnement.

Perspectives futures et engagement mesurable

L’ICMF incarne une approche novatrice et pragmatique pour une économie mondiale plus résiliente et socialement responsable. L’engagement de l’entreprise, exprimé par Paul Buysens, en faveur d’investissements à impact mesurable, souligne la volonté de créer un avenir financier et climatique inclusif. Ce fonds représente donc bien plus qu’une simple initiative d’investissement, c’est un pas concret vers un monde où la finance soutient activement la transition vers un avenir plus durable.

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L’impact de l’intelligence artificielle sur la demande d’énergie renouvelable

intelligence artificielle

La révolution numérique, et en particulier l’essor de l’intelligence artificielle (IA), transforme en profondeur l’économie mondiale. Cette croissance exponentielle de la demande en données et en capacité de stockage, alimentée par l’IA, entraîne une augmentation significative des besoins énergétiques, en particulier pour les centres de données. Ces derniers, indispensables au stockage et à la gestion des informations, nécessitent une alimentation en énergie de plus en plus importante et durable. Dans ce contexte, les énergies renouvelables apparaissent comme une solution incontournable pour répondre aux besoins énergétiques croissants tout en respectant les objectifs de décarbonation mondiaux.

La demande énergétique des centres de données : un phénomène en pleine expansion

Les centres de données, qui soutiennent le stockage et le traitement des données numériques, connaissent une croissance rapide en raison de l’augmentation de la digitalisation et de la révolution de l’IA. En 2023, les centres de données consommaient une part croissante de l’électricité mondiale, et leur demande devrait encore augmenter dans les années à venir. Ces infrastructures, qui fonctionnent principalement sur des bases de données massives et des algorithmes d’IA, exigent des puissances de calcul et de stockage impressionnantes. Par exemple, une simple requête sur ChatGPT consomme dix fois plus d’électricité qu’une recherche classique sur Google.

L’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) prévoit que la part de la consommation mondiale d’électricité due aux centres de données doublera d’ici 2026, atteignant l’équivalent des besoins électriques de l’Allemagne. Cette dynamique est particulièrement visible en Europe, où des pays comme l’Irlande connaissent une augmentation substantielle de la part de l’électricité dédiée aux centres de données, passant de 17% en 2022 à 32% en 2026. La demande pour ces infrastructures de stockage et de traitement des données est donc bien loin de ralentir.

Un investissement massif pour suivre la demande

Les investissements dans la construction de nouveaux centres de données explosent. En 2024, plus de 22 milliards de dollars ont été investis dans le secteur. Avec des engagements majeurs de la part des entreprises technologiques mondiales telles qu’Amazon, Microsoft et Google. Ces entreprises multiplient les annonces de projets d’envergure pour renforcer leurs capacités de stockage de données. En particulier en Europe et aux États-Unis. Toutefois, cette expansion nécessite un investissement encore plus important pour répondre à la demande future. Estimée à environ 35 gigawatts (GW) d’ici 2030, soit trois fois la demande actuelle.

L’énergie renouvelable : une réponse clé aux besoins des centres de données

Dans ce contexte, les énergies renouvelables. En particulier l’énergie solaire et éolienne, sont de plus en plus vues comme des solutions privilégiées pour alimenter ces centres de données. Le secteur des énergies renouvelables bénéficie ainsi de la croissance continue du marché des centres de données. Les entreprises technologiques. Ainsi que les gouvernements, se sont fixés des objectifs ambitieux. En matière de décarbonation et de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Pour atteindre ces objectifs, un accroissement massif de la capacité en énergies renouvelables est nécessaire. En effet, d’ici 2035, il est estimé qu’environ 100 GW de nouvelles capacités solaires et éoliennes seront nécessaires pour alimenter uniquement les centres de données.

Face à cette demande, certains pays européens, comme les Pays-Bas et l’Irlande, ont déjà imposé des restrictions sur l’expansion des centres de données en raison de préoccupations liées à la capacité du réseau électrique et aux enjeux de durabilité. Dans ces zones, un engagement à fournir de l’énergie renouvelable pour répondre à la demande croissante pourrait constituer la clé pour lever ces obstacles et permettre de nouveaux développements.

Le rôle des contrats d’achat d’électricité (PPA) pour sécuriser l’énergie renouvelable

Les contrats d’achat d’électricité (Power Purchase Agreements, PPA) offrent une solution pour garantir un approvisionnement stable en énergie renouvelable pour les centres de données. Ces accords bilatéraux entre producteurs d’énergie renouvelable et utilisateurs finaux permettent aux entreprises de sécuriser une source d’énergie durable tout en garantissant aux producteurs un revenu à long terme. L’utilisation des PPA a explosé ces dernières années en Europe, atteignant 46 GW de capacité contractée depuis 2013.

Ces contrats offrent des avantages aux deux parties. Pour les opérateurs de centres de données, ils assurent la stabilité des coûts et la prévisibilité de l’approvisionnement énergétique, tandis que pour les producteurs d’énergies renouvelables, ils constituent une source de revenus à long terme. Ces contrats pourraient devenir essentiels pour soutenir la croissance du secteur des énergies renouvelables face à la demande croissante des centres de données.

L’interconnexion entre l’IA et les énergies renouvelables : une double tendance mondiale

L’essor mondial de l’IA et la nécessité de réduire les émissions de carbone convergent vers une opportunité majeure pour les énergies renouvelables. Des régions comme le Royaume-Uni, l’Irlande et l’Espagne, qui sont déjà bien avancées dans le développement de leurs infrastructures d’énergie renouvelable, se retrouvent en position favorable pour capter la demande croissante en énergie des centres de données. Ces régions sont bien placées pour répondre aux besoins énergétiques des géants technologiques tout en respectant leurs engagements en matière de décarbonation.

Les synergies entre les technologies de l’IA et les énergies renouvelables permettent de concevoir des solutions durables, mais il faudra continuer à investir massivement dans les infrastructures et dans la capacité de production d’énergies renouvelables pour répondre aux besoins futurs. L’intersection de ces deux mégatendances – la croissance de l’IA et la transition énergétique – crée un environnement propice à des investissements à long terme et à des opportunités économiques durables.

Investir dans l’avenir énergétique

L’expansion des centres de données, propulsée par la révolution numérique et l’IA, entraîne une demande énergétique sans précédent. Les énergies renouvelables jouent un rôle crucial pour répondre à ces besoins tout en respectant les objectifs mondiaux de décarbonation. Les investissements dans ce secteur devraient croître, mais pour que la transition énergétique soit réellement effective, il faudra que les acteurs de l’industrie, notamment les investisseurs à long terme, continuent à soutenir la croissance des infrastructures en énergie renouvelable.

Les entreprises technologiques, en particulier celles opérant des centres de données, ont un rôle clé à jouer en s’engageant à utiliser des sources d’énergie renouvelables pour alimenter leurs infrastructures. Cela représente non seulement une opportunité pour les investisseurs dans les énergies renouvelables, mais également un levier essentiel pour la transition énergétique globale. Le défi consiste désormais à allier les besoins croissants en données avec une production d’énergie propre et durable.

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Un troisième fonds pour Alter Equity

Dans une démarche à nouveau pionnière dans le secteur de l’investissement non coté en bourse, alter equity annonce aujourd’hui une étape supplémentaire visant à promouvoir la diversité et l’inclusion au sein des entreprises du portefeuille de son 3è fonds en cours de levée. Cette décision s’inscrit dans le prolongement de sa participation à Tech Your Place, initiative sectorielle majeure qui encourage les pratiques inclusives au sein des startups.

Le troisième fonds d’alter equity en cours de levée, liera la rémunération des dirigeants de ses participations à un résultat en matière d’égalité des chances.

En s’appuyant sur la clause Diversité et Inclusion de Tech Your Place, qu’elle a contribué à rédiger, alter equity franchit une étape décisive en liant la rémunération des dirigeants de ses participations à la bonne réalisation de cette clause. Ce critère Diversité et Inclusion vient s’ajouter à 11 autres objectifs de Responsabilité Sociale et Environnementale (« RSE ») qui seront obligatoires pour l’ensemble des participations d’alter equity3P III, et dont le respect à un certain niveau conditionnera pour leurs dirigeants l’accès à deux dimensions de leur rémunération :

  • la partie variable, et
  • l’intéressement à la création de valeur actionnariale (« management package »).

L’engagement Diversité et Inclusion de Tech your Place oblige les 10 fonds y ayant adhéré dont alter equity à faire figurer dans leurs pactes d’actionnaires une clause créant 4 obligations pour les participations dans un délai de 6 à 12 mois suivant l’entrée du fonds à leur capital :

  • Désigner une personne responsable en charge des enjeux de diversité et d’inclusion ;
  • Mettre en place pour l’ensemble des cadres dirigeants et salariés un programme de formation aux pratiques inclusives et non-discriminatoires, en particulier sur les enjeux de recrutement ;
  • Mettre en place des pratiques de recrutement inclusives et augmenter, lors des recrutements, le recours à des structures intervenant dans l’aide aux personnes éloignées de l’emploi ou discriminées dans l’emploi ; et
  • Mettre en place des KPIs de suivi annuel et en rendre compte de manière qualitative et quantitative vis-à-vis de ses investisseurs.

Au-delà de la rémunération des dirigeants de ses participations, alter equity conditionnera également 50% de la rémunération de sa propre équipe au double niveau des bonus et du carried interest aux résultats RSE des participations de son 3è fonds, dont le respect de la clause Diversité et Inclusion de Tech Your Place.

À propos d’Alter Equity

Alter Equity a été la première société de gestion française de l’investissement non côté en bourse créée pour financer des entreprises à impact social ou environnemental positif, c’est-à-dire formant une économie durable, inclusive et globalement responsable. Elle soutient avec son modèle d’investissement Planet-People-Profit des activités et des comportements utiles à l’intérêt long terme des êtres humains et de l’environnement tout en recherchant un rendement financier attractif pour ses investisseurs.

Alter Equity gère actuellement deux fonds pour un total de 150m€, investissant des montants de 3 à 10m€ au capital d’entreprises françaises et européennes dont l’activité est bénéfique pour l’inclusion des personnes et/ou la transition bas-carbone. Elle pose en outre comme condition à son investissement l’engagement dans une démarche RSE par la mise en œuvre d’un plan d’action dédié, appelé Business Plan extra-financier (BPEF). Elle a porté une disruption radicale dans le métier du private equity (investissement dans des entreprises non cotées en bourse) et continue d’innover pour rendre la finance toujours plus respectueuse de l’intérêt à long terme des personnes et de l’environnement.

Elle a ainsi par exemple été le premier investisseur rendant obligatoire pour toutes ses participations de procéder à un bilan carbone, première étape d’une démarche de décarbonation et d’ouvrir le capital à l’ensemble des salariés.

Vingt-huit investissements ont déjà été réalisés, notamment dans les métiers de l’intégration par l’emploi et l’éducation, l’énergie renouvelable, l’efficacité énergétique, la collecte et la valorisation de déchets, la réparation d’électroménager, la mobilité douce, ainsi que le financement de l’agriculture et de l’agro-alimentaire durables.

Alter Equity est aujourd’hui une équipe de douze professionnels, composée à 75% de femmes.

À propos de Tech Your Place

Co-fondé par Diversidays et la fondation Mozaïk, Tech Your Place est le 1er mouvement en France qui accompagne les acteurs de la Tech en matière d’inclusion et de diversité. Avec une cinquantaine de membres aujourd’hui, fonds d’investissements et startups (Alter Equity, Eurazeo, Blablacar et bien d’autres), Tech Your Place agit collectivement pour un écosystème Tech plus inclusif, en utilisant les leviers de la formation et du recrutement. Le mouvement s’est également illustré par la création et l’adoption par dix fonds d’une clause diversité et inclusion dans les pactes d’actionnaires. Objectif : donner sa place à chaque talent qui souhaite rejoindre la Tech.

CNP Assurances et la transparence durable

CNP Assurances

CNP Assurances franchit une étape majeure en publiant son premier rapport de durabilité, conforme à la directive européenne CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive). Cette réglementation impose aux grandes entreprises une transparence accrue sur leurs performances environnementales, sociales et de gouvernance. Ce rapport repose sur l’analyse de plus de 800 points de données qualitatives et quantitatives, offrant une évaluation exhaustive des impacts et des engagements du groupe. En intégrant ces nouvelles exigences, CNP Assurances affirme son ambition de contribuer activement à une société plus inclusive et durable, en structurant un plan de transition précis qui oriente sa stratégie vers une économie décarbonée et résiliente face aux défis climatiques.

CNP Assurances : une approche responsable de l’investissement durable

Avec plus de 400 milliards d’euros d’actifs sous gestion, CNP Assurances se positionne comme un acteur clé de la finance durable. Son engagement se traduit par une politique d’investissement alignée sur les principes de l’Accord de Paris et les Objectifs de Développement Durable de l’ONU. Loin de se limiter à une simple déclaration d’intention, cet engagement repose sur des actions concrètes. L’analyse rigoureuse des portefeuilles d’investissement a conduit le groupe à exclure progressivement les entreprises dont une part significative des revenus est issue des pesticides ou de la déforestation non contrôlée. Par ailleurs, il renforce son influence en tant qu’investisseur en dialoguant activement avec les entreprises dans lesquelles il détient des participations, les incitant à améliorer leurs pratiques en matière environnementale et sociale.

Cet engagement s’accompagne d’une volonté d’orienter les flux financiers vers des secteurs plus vertueux. En 2024, CNP Assurances accélère le financement des énergies renouvelables et des infrastructures durables. Un effort particulier est également porté sur l’immobilier, avec un objectif de réduction de 32 % de l’empreinte carbone par mètre carré de son portefeuille d’ici 2029, afin de s’aligner sur une trajectoire compatible avec un réchauffement limité à 1,5 °C.

CNP Assurances : l’assurance comme levier d’inclusion et d’innovation

Depuis sa création, CNP Assurances a su anticiper les mutations sociétales en développant des solutions adaptées aux nouveaux enjeux économiques et démographiques. La question de l’accès à l’assurance pour tous est au cœur de ses préoccupations. C’est ainsi que l’entreprise a joué un rôle précurseur en facilitant l’accès à la couverture pour les anciens malades du cancer. À travers le droit à l’oubli. De même, en Amérique latine, elle a développé des produits de micro-assurance. Permettant aux populations vulnérables de bénéficier d’une protection financière adaptée à leurs besoins.

L’innovation est un moteur essentiel de cette transformation. La digitalisation des services et l’intégration de critères ESG dans la conception des offres permettent de proposer des solutions toujours plus inclusives et responsables. CNP Assurances s’attache ainsi à repousser les limites traditionnelles de l’assurance. En intégrant des critères de durabilité non seulement dans sa gestion financière. Mais aussi dans l’ensemble de ses produits et services.

Un suivi rigoureux et une ambition renforcée

Conscient que la transparence est une condition indispensable à la crédibilité de ses engagements. CNP Assurances met en place un suivi régulier de ses indicateurs ESG. Ce rapport de durabilité constitue une première étape dans une démarche de publication annuelle. Qui permettra de mesurer les progrès réalisés et d’ajuster la stratégie en fonction des défis émergents.

Marie-Aude Thépaut, directrice générale de CNP Assurances, souligne l’importance de ce tournant. « Nous sommes extrêmement fiers de répondre aux exigences de la directive CSRD. Ce rapport est le fruit d’un travail de longue haleine et démontre notre engagement constant en faveur d’une finance responsable. »

Bruno Boggiani, expert en finance verte et fondateur de Green Finance / Strategyz, salue également cette initiative. « Ce premier rapport de durabilité illustre la capacité de CNP Assurances à intégrer les enjeux environnementaux et sociaux au cœur de son modèle économique. La CSRD constitue une avancée majeure en matière de transparence et de responsabilité des entreprises. Et ce type de publication permet d’instaurer une véritable dynamique de transformation durable. »

Le rapport de durabilité de CNP Assurances est disponible sur son site internet. Il représente une avancée majeure vers une transparence renforcée et un alignement accru avec les objectifs de développement durable.

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Goldman Sachs : une vision du futur entre puissance financière, intelligence artificielle… et angles morts climatiques

Goldman Sachs

À la lecture de la lettre aux actionnaires 2025 de David Solomon, de Goldman Sachs, un point saute immédiatement aux yeux : ce document n’est pas tant un bilan qu’une projection. Une projection du monde tel que la banque le voit, et surtout tel qu’elle entend s’y positionner. Derrière les performances affichées, c’est une grille de lecture stratégique qui se dessine, structurée autour de trois piliers : le retour des marchés, l’irruption de l’intelligence artificielle, et une confiance assumée dans un environnement réglementaire plus favorable.

Mais en creux, un autre élément apparaît tout aussi clairement : certaines zones de risque, notamment climatiques, restent encore en arrière-plan, comme si la finance globale continuait d’avancer à deux vitesses.

Le retour du cycle financier : une conviction forte

La première lecture du document est celle d’un optimisme assumé sur le cycle économique et financier. Goldman Sachs anticipe une reprise de l’activité stratégique, notamment en matière de fusions-acquisitions et de marchés de capitaux. La banque mise sur un alignement de facteurs favorables : relance budgétaire, détente monétaire et retour de la confiance des dirigeants.

L’idée sous-jacente est simple : les entreprises vont redevenir offensives. Les boards et les dirigeants, rassurés par un environnement réglementaire jugé plus “équilibré”, seraient désormais prêts à relancer des opérations structurantes.

Ce point est essentiel, car il traduit un changement de perception. Après plusieurs années marquées par l’incertitude, la finance mondiale se repositionne sur une logique de croissance, de transformation et de prise de risque.

Mais cette lecture reste conditionnelle. Goldman Sachs le reconnaît implicitement : tout peut basculer rapidement en cas de choc géopolitique ou de retournement de marché.

L’intelligence artificielle : moteur… et source d’incertitude

Le deuxième pilier de la vision de Goldman Sachs repose sur l’intelligence artificielle. Le groupe ne se contente pas de la considérer comme une tendance technologique. Il la place au cœur de sa transformation opérationnelle et de sa lecture des marchés.

Avec son programme “One Goldman Sachs 3.0”, la banque ambitionne de repenser entièrement son modèle autour de l’IA : automatisation des processus, optimisation du risque, amélioration de la productivité.

L’objectif est double. D’un côté, réduire les coûts et gagner en efficacité. De l’autre, capter les opportunités liées à l’explosion des investissements dans l’IA, notamment dans les infrastructures, les data centers et les technologies associées.

Mais Goldman Sachs reste lucide. L’IA est présentée à la fois comme une opportunité majeure et comme une source d’incertitude. Le rythme d’adoption, les gagnants et les perdants, les impacts sectoriels : tout reste encore difficile à anticiper.

Et surtout, un point est évoqué avec une certaine prudence : le risque de crédit lié à ces nouveaux investissements. Certaines expositions, notamment dans le private credit ou dans des entreprises technologiques fragiles face aux disruptions, pourraient devenir problématiques.

Autrement dit, même dans un contexte d’euphorie technologique, le cycle du risque n’a pas disparu.

Une finance toujours plus capital-light

Un autre axe stratégique majeur apparaît clairement : la volonté de réduire l’intensité capitalistique du modèle. Goldman Sachs met en avant une transformation profonde de son profil de risque, avec une baisse massive des investissements directs et un développement des activités génératrices de revenus récurrents.

Cette évolution est structurante. Elle traduit une adaptation aux contraintes réglementaires et aux attentes des investisseurs, mais aussi une volonté de stabiliser les revenus dans un environnement volatil.

Le développement des activités de financement structuré, de gestion d’actifs et de wealth management s’inscrit dans cette logique. La banque cherche à devenir moins dépendante des cycles de marché traditionnels et à construire des revenus plus prévisibles.

Mais cette transformation pose une question plus large : dans un monde où le risque est de plus en plus diffus et systémique, peut-on réellement le “déplacer” sans en créer de nouveaux ?

Géopolitique : un risque omniprésent mais intégré

Goldman Sachs consacre également une part importante de sa vision aux enjeux géopolitiques. Les tensions au Moyen-Orient, les relations entre les États-Unis et la Chine, ou encore les fragilités européennes sont clairement identifiées comme des facteurs de risque.

Mais là encore, la lecture est particulière. Ces risques sont intégrés comme des variables de marché, susceptibles d’influencer la volatilité, mais pas comme des éléments structurants remettant en cause le modèle global.

C’est une approche typique des grandes institutions financières : transformer l’incertitude en opportunité, en la traduisant en flux, en volatilité et en activité de marché.

Le grand absent : le climat

Et pourtant, dans cette vision très complète du monde financier à venir, un élément reste étonnamment discret : le risque climatique.

Alors même que celui-ci est aujourd’hui identifié comme un risque systémique majeur par les régulateurs, les banques centrales et les investisseurs, il n’apparaît pas comme un axe structurant dans la projection stratégique.

Ce silence est révélateur. Il ne signifie pas que Goldman Sachs ignore le sujet, mais qu’il reste encore, dans la pratique, en périphérie des décisions stratégiques.

Or, c’est précisément là que se joue l’un des grands défis de la finance contemporaine.

Car le climat n’est pas seulement un risque environnemental. Il est un risque de crédit, un risque de marché, un risque de liquidité. Il impacte la valorisation des actifs, la solvabilité des entreprises et la stabilité des systèmes financiers.

Une vision cohérente… mais incomplète

La force de la vision de Goldman Sachs réside dans sa cohérence. Tout est articulé autour d’une logique claire : capter les opportunités de croissance, optimiser le modèle économique et gérer le risque dans un environnement incertain.

Mais cette cohérence a un prix. Elle repose sur une hiérarchisation des risques qui ne reflète pas encore pleinement les transformations en cours.

L’IA est au centre. Les marchés sont au centre. La géopolitique est intégrée.

Le climat, lui, reste en arrière-plan.

Conclusion : une finance en avance… et en retard

La lettre aux actionnaires de Goldman Sachs offre une lecture précieuse de la finance mondiale. Elle montre une industrie en mouvement, capable de s’adapter, d’innover et de se projeter.

Mais elle révèle aussi ses limites.

La finance est aujourd’hui en avance sur la technologie, en avance sur les marchés, en avance sur sa capacité d’exécution.

Mais elle reste en retard sur un point fondamental : l’intégration complète des risques systémiques de long terme, au premier rang desquels le climat.

Et c’est peut-être là que se jouera la prochaine grande transformation.

Car demain, la question ne sera plus de savoir comment capter la croissance.

Mais comment survivre aux risques que l’on a choisi de ne pas voir.

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Prévisions ESG pour 2025

ESG 2025

l’horizon 2025, les banques européennes continuent de faire face à des défis majeurs liés aux critères ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance). Ces critères ont un impact significatif sur leurs notations de crédit et leur résilience opérationnelle. Dans ce contexte, les enjeux liés à la gouvernance interne et à la capacité des institutions financières à répondre aux crises, y compris les risques géopolitiques et climatiques, sont essentiels pour assurer leur stabilité à long terme. Cet article explore les tendances ESG observées en 2024, tout en offrant un aperçu des défis et des priorités pour 2025.

Gouvernance : un pilier indispensable dans les notations de crédit

En 2024, les facteurs de gouvernance ont eu un impact significatif sur les notations de crédit des banques européennes. La majorité des banques ont été affectées par des préoccupations liées à la gestion interne, telles que la transparence, la lutte contre la corruption et les risques géopolitiques. Cette tendance s’est intensifiée avec la montée des tensions mondiales, notamment en raison de la guerre en Ukraine, qui a entraîné des sanctions et une pression accrue sur les institutions financières pour qu’elles ajustent leur exposition à des pays comme la Russie.

La gouvernance est, de fait, l’un des critères ESG les plus influents dans l’évaluation des banques, avec près de deux tiers des facteurs ESG observés en 2024 étant liés à cette composante. L’impact des crises géopolitiques sur les notations est devenu plus évident, avec des sanctions économiques et des tensions diplomatiques contribuant à accroître l’incertitude des marchés. Une gouvernance solide et la mise en place de contrôles internes robustes sont désormais des impératifs pour maintenir la stabilité financière et préserver la réputation des banques.

L’impact des risques géopolitiques et des sanctions

Les sanctions financières, en particulier à l’encontre de pays en guerre ou sous embargo, ont engendré des risques opérationnels croissants. Certaines banques, comme HSBC, ont vu leurs notations affectées par des problèmes liés à des risques géopolitiques. L’impact de ces tensions est particulièrement ressenti dans des marchés comme Hong Kong, où la détérioration des relations diplomatiques avec la Chine pose des défis majeurs aux institutions financières internationales. Les banques doivent désormais mettre en œuvre des stratégies de gouvernance plus flexibles pour répondre aux risques émergents tout en respectant les réglementations internationales.

Résilience opérationnelle : la priorité de 2025

La cybersécurité continue d’être un sujet central pour les banques européennes, avec l’augmentation des cyberattaques et des incidents liés à la confidentialité des données. En 2024, l’Autorité Bancaire Européenne (ABE) a effectué des tests de résilience cybernétique sur plus de 100 banques supervisées, avec pour objectif d’évaluer leur capacité à résister à une attaque majeure. Les résultats ont montré que de nombreuses institutions financières doivent encore améliorer leurs plans de continuité des activités et renforcer la gestion des risques liés aux prestataires tiers de services technologiques.

Le risque cybernétique, accentué par des tensions géopolitiques croissantes, exige des réponses rapides et appropriées. Pour 2025, les régulateurs européens continueront de pousser les banques à améliorer leur résilience opérationnelle, notamment par le biais de l’élargissement de la réglementation sur la sécurité des systèmes informatiques et la gestion des risques numériques.

Digitalisation et outsourcing : de nouveaux défis à relever

Avec la transformation numérique qui s’accélère, les banques sont de plus en plus dépendantes de prestataires externes pour leurs services informatiques. Cela pose des risques en matière de sécurité et de gestion des données, d’autant plus que l’intégration de nouvelles technologies expose les institutions à des vulnérabilités non anticipées. L’outsourcing des fonctions essentielles, comme les services de cloud ou les technologies de paiement, nécessite une vigilance accrue et des contrôles rigoureux pour éviter toute défaillance système.

Les régulateurs européens insistent donc sur le besoin de renforcer la résilience des banques face à ces défis, en particulier concernant les risques liés à l’outsourcing et à l’adoption de nouvelles technologies. En 2025, les banques devront démontrer leur capacité à gérer ces risques dans un environnement numérique en constante évolution.

Les risques environnementaux : un suivi rapproché des défis climatiques

Bien que les facteurs environnementaux n’aient pas directement affecté les notations de crédit des banques européennes en 2024, les risques liés au changement climatique restent une priorité pour les régulateurs. Des événements climatiques extrêmes, comme les inondations en Espagne à la fin de l’année 2024, ont montré la vulnérabilité des banques aux catastrophes naturelles. La montée du risque physique, ainsi que les risques juridiques associés à la non-conformité aux normes climatiques, augmentent considérablement les coûts pour les institutions financières.

Les banques européennes sont ainsi sous pression pour se conformer aux attentes des régulateurs en matière de gestion des risques climatiques. En 2025, la surveillance des risques environnementaux sera renforcée, avec des exigences accrues en matière de reporting sur les risques liés au climat, conformément aux directives de la Banque centrale européenne (BCE) et de l’ABE. Les banques devront fournir des informations détaillées sur la manière dont elles intègrent ces risques dans leur gestion stratégique et opérationnelle.

Adaptation et transition vers une économie décarbonée

Pour rester compétitives, les banques européennes doivent non seulement répondre aux exigences réglementaires en matière de risques environnementaux, mais aussi s’engager activement dans la transition énergétique. Cela implique d’adapter leurs portefeuilles d’investissement pour réduire leur exposition aux secteurs à forte empreinte carbone et promouvoir des projets d’énergie renouvelable. Ce processus d’adaptation nécessitera une collaboration étroite avec les régulateurs, ainsi qu’une révision des stratégies de financement afin de soutenir la transition vers une économie décarbonée.

Perspectives sociales : engagement envers les clients et la société

Les facteurs sociaux continuent de jouer un rôle important dans l’évaluation des banques, en particulier en ce qui concerne la gouvernance des produits et la sécurité des données. En 2024, plusieurs banques ont été confrontées à des problèmes de gouvernance des produits, comme en témoignent les interruptions des services bancaires en ligne chez Banca Sella et les enquêtes du régulateur britannique sur les pratiques de commission chez Lloyds.

En outre, la protection des données personnelles demeure une priorité pour les banques, en particulier face à la hausse des cyberattaques et aux exigences croissantes des régulateurs en matière de sécurité des données. Les banques doivent continuer à renforcer leurs processus de gestion des données et garantir la conformité aux normes de confidentialité, tout en assurant la transparence dans leurs pratiques commerciales.

L’impact social des banques et leur rôle dans la communauté

Au-delà de la conformité réglementaire, les banques européennes commencent également à jouer un rôle plus actif dans la société. Par exemple, certaines banques mutualistes, comme Nationwide, mettent l’accent sur l’impact social de leurs activités, en s’engageant à améliorer les conditions de vie des membres de leur communauté et en renforçant leur fidélisation dans un marché très concurrentiel. Ces initiatives contribuent non seulement à la réputation des banques, mais elles renforcent également leur position sur le marché à long terme.

À l’approche de 2025, les banques européennes doivent naviguer dans un environnement complexe marqué par des risques géopolitiques, climatiques et technologiques. La gouvernance interne, la résilience opérationnelle et la gestion des risques environnementaux continueront d’être des facteurs déterminants pour leurs notations de crédit. Les institutions financières devront s’adapter aux nouvelles régulations et répondre aux attentes des régulateurs tout en poursuivant leur transformation numérique et leur transition vers une économie plus durable.

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La 5ème émission verte du Groupe Sfil remporte un grand succès

En 2023, le Groupe Sfil a initié une émission verte en lançant des obligations foncières Caffil d’une valeur de 750 millions d’euros avec une échéance de 5 ans. Les fonds récoltés serviront à soutenir des projets d’investissements verts réalisés par les collectivités locales françaises.

La transaction a suscité un vif intérêt de la part des investisseurs internationaux, avec un carnet de commandes s’élevant à 3,5 milliards d’euros et un taux de sursouscription de 4,7 fois le montant initial. Un total de 115 investisseurs ont pris part à cette opération, dont 78% étaient des investisseurs fortement engagés en faveur de l’investissement responsable.

Cette émission, lancée en vertu du programme d’obligations vertes, sociales et durables du Groupe Sfil, établi en 2022, a pour objectif de soutenir financièrement les initiatives écologiques du secteur public local en France. Elle cible des domaines tels que la mobilité durable, l’eau et l’assainissement, ainsi que la gestion et la valorisation des déchets. De plus, cette cinquième émission verte s’inscrit dans le cadre du plan stratégique #Objectif2026 du Groupe Sfil, qui vise à réaliser 25% de son financement total chaque année grâce à des obligations vertes, sociales et durables d’ici 2024.

Depuis 2019, le Groupe Sfil est un émetteur régulier d’obligations vertes, offrant aux collectivités locales françaises des prêts verts en collaboration avec La Banque Postale et la Banque des Territoires pour soutenir leurs initiatives environnementales. Jusqu’à présent, le Groupe Sfil a lancé cinq émissions vertes, totalisant un montant de 3,25 milliards d’euros. Parmi celles-ci, trois ont été soumises à un rapport d’allocation et d’impact :

  • Près de 500 initiatives, couvrant un large éventail de secteurs tels que la construction de pistes cyclables, l’établissement d’un centre de recyclage des déchets, la mise en place d’une centrale hydroélectrique, et la rénovation thermique d’une école élémentaire, ont été financées grâce aux prêts verts.
  • Ces projets ont permis de réaliser les résultats suivants :

– Réduction de 67 969 tonnes d’émissions annuelles de CO2.

– Amélioration de la gestion annuelle de 4 298 039 tonnes de déchets ménagers.

– Création ou modernisation de 1 176 kilomètres de réseaux d’eau.

« En tant que premier financeur du secteur public local, Sfil accompagne les collectivités locales françaises dans la transition écologique en mobilisant l’épargne internationale afin d’assurer le financement aux meilleurs conditions de leurs investissements verts, pour lesquels les besoins de financement sont croissants. » affirme Philippe Mills, Directeur Général de SFIL et Président du conseil de surveillance de CAFFIL.