Banques systémiques sous tension : quand la conformité devient un risque majeur

Banques systémiques

Focus sur HSBC et Société Générale, au cœur des controverses financières contemporaines

Dans un contexte de ralentissement économique, de durcissement réglementaire et de montée des faillites d’entreprises en France et en Europe, la question de la responsabilité des grandes banques systémiques revient avec force. HSBC et Société Générale, deux piliers du paysage bancaire international et européen, concentrent depuis plusieurs mois une série de controverses qui interrogent non seulement leur gouvernance, mais aussi leur rôle dans l’économie réelle et la finance durable.

Ces polémiques ne sont pas anecdotiques. Elles constituent désormais un facteur de risque à part entière pour les investisseurs, les régulateurs et les acteurs de la finance verte.

HSBC : une banque mondiale rattrapée par ses lignes de faille structurelles

1. Dossiers fiscaux et judiciaires : un passif qui pèse dans la durée

HSBC reste durablement associée à des affaires de démarchage bancaire et de fraude fiscale issues de ses activités historiques de banque privée. Même lorsque ces dossiers sont juridiquement clos par des accords transactionnels, leur impact dépasse largement le cadre judiciaire : ils alimentent une défiance persistante envers la culture de contrôle interne du groupe.

Pour les investisseurs, ce type de passif crée une prime de risque réputationnelle, difficile à effacer, et un risque récurrent de provisions, d’audits renforcés et de contraintes réglementaires accrues.

2. CumCum / CumEx : le soupçon systémique

HSBC apparaît régulièrement dans le périmètre des débats européens autour des montages fiscaux CumCum/CumEx. Même en l’absence de condamnation définitive, la simple exposition médiatique à ces schémas suffit à fragiliser la crédibilité d’une banque internationale auprès des régulateurs, des États et des grands clients institutionnels.

Le message implicite est clair : les zones grises fiscales du passé deviennent des risques juridiques et politiques du présent.

3. Climat, ESG et accusations de greenwashing

HSBC s’est positionnée comme un acteur engagé dans la transition climatique. Pourtant, cette communication ESG est régulièrement contestée par des ONG et des acteurs de la société civile, qui pointent des incohérences entre les engagements affichés et certaines politiques de financement sectorielles.

Dans un monde où l’ESG devient opposable juridiquement et médiatiquement, ces accusations fragilisent la crédibilité de la banque sur le long terme et exposent à des contentieux climatiques de plus en plus structurés.

4. Le risque d’accumulation

Le véritable problème de HSBC n’est pas un dossier isolé, mais l’accumulation historique de controverses. Chaque nouvelle affaire réactive les précédentes et nourrit l’idée d’un modèle où la conformité progresse plus lentement que les exigences du monde post-crise.

Société Générale : une solidité institutionnelle régulièrement fissurée

1. Marchés financiers et pratiques contestées

Société Générale a été impliquée, au fil des années, dans plusieurs dossiers liés aux pratiques de marché et à des sanctions européennes. Ces affaires, moins spectaculaires médiatiquement, envoient néanmoins un signal clair : sur les activités de marché, la tolérance réglementaire est désormais minimale.

Pour une banque historiquement forte sur ces métiers, cela signifie coûts de conformité en hausse, surveillance renforcée et pression sur la rentabilité.

2. CumCum : une pression politique et médiatique croissante

Comme d’autres grandes banques françaises et européennes, Société Générale se retrouve associée aux débats sur les montages CumCum. Au-delà de la question juridique, le risque est avant tout réputationnel : dans l’opinion publique, la frontière entre optimisation et abus est désormais largement effacée.

3. Le capital confiance en question

Société Générale conserve une image de banque institutionnelle solide. Mais la répétition de controverses, même techniques, affaiblit progressivement cet avantage immatériel essentiel qu’est la confiance. Or, dans la banque, la confiance conditionne l’accès aux dépôts, aux grands mandats institutionnels et à la légitimité stratégique.

Pourquoi ces polémiques comptent pour les investisseurs

Ces controverses ne relèvent pas du simple bruit médiatique. Elles ont des impacts économiques directs :

  • Risques juridiques et financiers (amendes, provisions, coûts de remédiation)
  • Durcissement de la supervision et hausse structurelle des coûts de conformité
  • Fragilisation des stratégies ESG et exposition accrue aux contentieux climatiques
  • Dégradation du dialogue avec les régulateurs et les grands investisseurs institutionnels

Dans une finance de plus en plus réglementée, la gouvernance et la conformité deviennent des déterminants de performance à long terme.

Quand les banques vacillent, l’économie réelle paie le prix

Le contraste est brutal. Alors que la France connaît une hausse historique des faillites et défaillances d’entreprises, touchant en priorité les PME, les artisans et les acteurs de l’économie réelle, les grandes banques systémiques continuent de gérer les conséquences de choix passés, parfois déconnectés des réalités territoriales.

Ce décalage nourrit une défiance croissante :

  • défiance des citoyens,
  • défiance des entrepreneurs,
  • défiance d’une partie des investisseurs responsables.

Pour la finance verte et responsable, le message est limpide :
la solidité financière ne suffit plus. La cohérence, la transparence et la gouvernance deviennent des actifs stratégiques.

À défaut, même les institutions les plus puissantes s’exposent à un risque silencieux mais majeur : celui de perdre leur légitimité dans un monde économique déjà sous tension.

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Mirova soutient la logistique agri-solaire au Kenya avec un investissement stratégique de 19 millions de dollars

logistique agri-solaire au Kenya

Mirova annonce un investissement de 19 millions de dollars dans Cold Solutions Kiambu, acteur clé de la chaîne du froid au Kenya. Cette opération vise à renforcer des infrastructures logistiques durables, alimentées en partie par l’énergie solaire, afin de réduire le gaspillage alimentaire, soutenir la sécurité sanitaire et renforcer la résilience économique régionale.

La chaîne du froid, maillon critique des systèmes alimentaires africains

Dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne, la chaîne du froid constitue l’un des principaux défis structurels pour l’agriculture, la distribution alimentaire et le secteur pharmaceutique.
Les pertes post-récolte, liées à l’absence d’infrastructures de stockage adaptées, représentent un frein majeur à la sécurité alimentaire, à la stabilité des revenus agricoles et à l’accès aux médicaments.

C’est dans ce contexte que Mirova, société de gestion affiliée à Natixis Investment Managers et spécialisée dans la finance durable, annonce un investissement de 19 millions de dollars dans Cold Solutions Kiambu (SEZ) Limited, acteur de référence de la logistique sous température contrôlée au Kenya.

Un investissement à fort impact porté par le fonds Mirova Gigaton

Le financement est réalisé via le Mirova Gigaton Fund, véhicule d’investissement dédié aux solutions climatiques à fort impact dans les marchés émergents.
Il permettra à Cold Solutions Kiambu d’accélérer le développement opérationnel de ses infrastructures majeures tout en renforçant l’intégration de pratiques durables dans la logistique de la chaîne du froid.

L’objectif est double :

  • améliorer l’efficacité énergétique des installations de réfrigération,
  • et réduire durablement les pertes alimentaires et pharmaceutiques dans la région.

Cold Solutions Kiambu, pilier logistique du marché kényan

Cold Solutions Kiambu (SEZ) Limited est aujourd’hui l’un des principaux acteurs de la logistique sous température contrôlée au Kenya.
L’entreprise opère des infrastructures capables de couvrir un large spectre de besoins, allant du stockage à température ambiante jusqu’au surgelé, avec des services adaptés aux secteurs agricole et pharmaceutique.

Basée à Tatu City, zone économique spéciale située près de Nairobi, l’entreprise exploite une capacité de stockage d’environ 15 000 palettes, permettant de préserver l’intégrité des produits sensibles tout au long de la chaîne d’approvisionnement.

Une infrastructure agri-solaire de référence mondiale

L’investissement de Mirova permet de renforcer un modèle d’infrastructure qualifié de logistique agri-solaire durable.
Le site de Cold Solutions Kiambu intègre notamment :

  • un système solaire photovoltaïque en toiture, couvrant environ 30 % des besoins énergétiques de l’installation,
  • l’utilisation de réfrigérants à base d’ammoniac, qui ne contribuent pas au réchauffement climatique.

Cette combinaison technologique positionne le projet comme une référence mondiale en matière d’entrepôts frigorifiques sobres en énergie, conciliant performance opérationnelle et réduction de l’empreinte carbone.

Réduction du gaspillage et résilience climatique

La chaîne du froid joue un rôle déterminant dans la réduction des pertes post-récolte, qui représentent une part significative de la production agricole en Afrique de l’Est.
En sécurisant le stockage et le transport des denrées, Cold Solutions Kiambu contribue directement à :

  • améliorer les revenus des producteurs et distributeurs
  • stabiliser les marchés locaux
  • et renforcer la résilience des systèmes alimentaires face aux aléas climatiques

Dans un contexte de changement climatique, ces infrastructures deviennent un levier stratégique de sécurité économique et sociale.

Un enjeu clé pour les produits pharmaceutiques

Au-delà de l’agriculture, la chaîne du froid est essentielle pour garantir l’efficacité des produits pharmaceutiques, notamment les vaccins et médicaments thermosensibles.
Les capacités de stockage et de suivi en temps réel déployées par Cold Solutions Kiambu permettent de limiter les risques de détérioration, un enjeu majeur pour les systèmes de santé en Afrique de l’Est.

Cet aspect confère au projet une dimension sanitaire structurante, au croisement de la logistique, de la santé publique et du développement économique.

Une contribution directe aux Objectifs de Développement Durable

L’investissement de Mirova s’inscrit explicitement dans le cadre des Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations Unies.
Il contribue en particulier à :

  • l’ODD 2 – Faim “zéro”, en réduisant les pertes alimentaires
  • l’ODD 12 – Consommation et production responsables, grâce à des infrastructures sobres et efficaces
  • l’ODD 13 – Lutte contre les changements climatiques, via l’intégration d’énergies renouvelables et de technologies bas carbone

Cette approche illustre la capacité de la finance durable à générer un impact mesurable, au-delà de la seule performance financière.

Une vision assumée de la finance climatique

John Kimotho, Investment Director chez Mirova Kenya, souligne que cet investissement reflète pleinement l’ambition du fonds Mirova Gigaton :
accélérer le déploiement de solutions climatiques innovantes dans les marchés émergents.

Selon lui, le soutien à Cold Solutions Kiambu permet de faire émerger une infrastructure de chaîne du froid :

  • alimentée par des énergies propres
  • résiliente sur le plan opérationnel
  • et essentielle à la sécurité alimentaire et sanitaire régionale

Un partenariat aligné sur des valeurs communes

ARCH Emerging Markets Partners, partenaire du projet, partage cette vision.
Suki Muia, Investment Director, met en avant la volonté commune de :

  • lutter contre le gaspillage alimentaire
  • renforcer les systèmes alimentaires régionaux
  • et garantir l’efficacité des vaccins en Afrique de l’Est

Ce partenariat illustre la montée en puissance de coalitions d’investisseurs à impact, capables d’agir conjointement sur des problématiques systémiques.

La chaîne du froid comme infrastructure stratégique

Longtemps perçue comme un maillon technique, la chaîne du froid est désormais reconnue comme une infrastructure stratégique pour :

  • la sécurité alimentaire
  • la santé publique
  • et la résilience économique

Dans les marchés émergents, son développement conditionne l’accès aux marchés, la stabilisation des prix et la réduction des inégalités territoriales.
L’investissement de Mirova contribue à structurer cet écosystème de manière durable.

Mirova, acteur de référence de l’investissement durable

Mirova s’impose depuis plus d’une décennie comme un acteur pionnier de la finance durable.
Filiale de Natixis Investment Managers, la société développe des solutions d’investissement couvrant :

  • les actions
  • les obligations
  • les infrastructures de transition énergétique
  • le capital naturel
  • et le private equity

Basée à Paris, Mirova gérait 33 milliards d’euros d’actifs au 30 septembre 2025 et est reconnue comme entreprise à mission et certifiée B Corp.

Un ancrage fort dans les marchés émergents

Avec Mirova Kenya Limited, la société dispose d’un ancrage local lui permettant de :

  • comprendre finement les enjeux régionaux
  • structurer des projets adaptés aux réalités locales
  • et assurer un suivi rigoureux de l’impact environnemental et social

Cette présence locale est un facteur clé de réussite pour des projets d’infrastructure complexes comme la chaîne du froid.

Natixis Investment Managers : un écosystème multi-affiliés

Mirova s’inscrit dans l’écosystème de Natixis Investment Managers, l’un des plus grands gestionnaires d’actifs mondiaux, avec plus de 1 500 milliards de dollars d’actifs sous gestion.
L’approche multi-affiliés du groupe permet de combiner expertise spécialisée et envergure internationale.

Ce qu’il faut retenir : quand la finance durable structure l’économie réelle

L’investissement de Mirova dans Cold Solutions Kiambu illustre de manière concrète le rôle que peut jouer la finance durable dans la transformation des économies émergentes.
En soutenant une infrastructure de chaîne du froid agri-solaire, Mirova contribue simultanément à :

  • la sécurité alimentaire
  • la santé publique
  • la lutte contre le changement climatique
  • et le développement économique régional

Ce projet démontre que les infrastructures durables ne sont pas seulement des réponses techniques, mais de véritables leviers de résilience et de souveraineté économique.

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ESG Tendances Pierre renforce son positionnement tertiaire avec un immeuble de bureaux à Montreuil

ESG Tendances Pierre

Le 22 janvier 2026, la société civile ESG Tendances Pierre franchit une nouvelle étape dans le développement de son portefeuille immobilier. Pour le compte du fonds, Swiss Life Asset Managers France a finalisé l’acquisition d’un immeuble de bureaux situé à Montreuil, en Seine-Saint-Denis. Cette opération illustre une stratégie claire. Investir dans des actifs tertiaires solides, bien localisés et alignés avec des exigences environnementales et sociétales élevées.

L’actif combine plusieurs atouts clés. Il offre des revenus locatifs sécurisés, s’inscrit dans un marché tertiaire dynamique aux portes de Paris et bénéficie d’un plan ESG structurant. Destiné à renforcer sa valeur sur le long terme.

Une acquisition cohérente avec la stratégie du fonds

L’immeuble acquis est implanté au 40 rue Armand Carrel, dans un secteur en pleine mutation du Bas-Montreuil. Entièrement rénové récemment. Il répond à l’ambition du fonds ESG Tendances Pierre : sélectionner des actifs capables de conjuguer performance financière et durabilité.

Avec cette opération, le fonds poursuit sa diversification tout en restant fidèle à son ADN. L’objectif est clair. Construire un portefeuille résilient. Composé d’immeubles tertiaires de qualité, adaptés aux usages actuels des entreprises. Et capables de conserver leur attractivité dans un environnement économique et réglementaire en constante évolution.

Un locataire de premier plan garant de revenus sécurisés

Orange, un acteur stratégique du secteur des télécommunications

L’ensemble immobilier développe une surface de 2 696 m² répartie sur cinq niveaux. Il est occupé à 100 % par Orange depuis août 2023. Le bail commercial, conclu pour une durée de dix ans dont six années fermes, court jusqu’en juillet 2033.

Orange occupe une place centrale dans le paysage économique français et européen. Le groupe est présent dans plus de 25 pays. Et accompagne près de 280 millions de clients à travers le monde. Cotée au CAC 40, l’entreprise est au cœur des enjeux de transformation numérique, du déploiement de la fibre et de la 5G. Ainsi que du développement de solutions innovantes pour les entreprises.

Une visibilité locative à long terme

La solidité financière d’Orange et la durée ferme du bail apportent une forte visibilité sur les flux de loyers. Pour le fonds, cela se traduit par des revenus réguliers et prévisibles. Cet élément constitue un facteur clé de sécurisation dans un contexte de marché où la qualité du locataire est devenue déterminante.

Un emplacement stratégique aux portes de Paris

Le Bas-Montreuil, un pôle tertiaire en pleine évolution

L’immeuble se situe au cœur du Bas-Montreuil, un quartier tertiaire en plein essor. De plus en plus recherché par les entreprises souhaitant s’implanter à proximité immédiate de Paris. Le secteur bénéficie d’un tissu économique dense et d’un environnement urbain en transformation continue.

Une accessibilité renforcée

La desserte constitue un atout majeur. Les lignes 1 et 9 du métro sont accessibles en moins de dix minutes à pied, permettant de rejoindre le centre de Paris en environ quinze minutes. Cette connectivité répond aux attentes actuelles des entreprises et de leurs collaborateurs, en quête de sites bien reliés aux grands pôles urbains.

Le marché local représente près de 600 000 m² de bureaux. Il affiche un taux de vacance d’environ 12 %, un niveau qui témoigne d’une demande soutenue pour les actifs bien positionnés et adaptés aux nouveaux usages.

Un investissement en phase avec les tendances du marché tertiaire

Des surfaces recherchées et flexibles

Avec un rendement acte en mains annoncé à 8,17 %, l’actif se distingue sur le segment des immeubles de moins de 3 000 m². Ces surfaces intermédiaires, comprises entre 1 000 et 5 000 m², répondent à une demande croissante d’entreprises à la recherche d’espaces flexibles, fonctionnels et facilement reconfigurables.

Ce positionnement permet de capter une clientèle variée, souvent délaissée par les grands ensembles tertiaires plus rigides. Il offre également une meilleure capacité d’adaptation face aux évolutions des modes de travail.

Une liquidité renforcée

Les immeubles de taille moyenne présentent généralement une liquidité supérieure. En cas de relocation, leur capacité d’absorption est plus rapide. Cette caractéristique constitue un avantage significatif dans un marché marqué par la recherche de flexibilité, la rationalisation des surfaces et l’arbitrage des coûts immobiliers, notamment en périphérie immédiate de Paris.

Un plan ESG structurant pour un actif durable

Une trajectoire environnementale clairement définie

Construit en 2003 et rénové en 2023, l’immeuble fera l’objet d’un plan d’amélioration énergétique destiné à répondre aux exigences du Décret tertiaire. Cette démarche vise à réduire l’empreinte environnementale de l’actif tout en améliorant son efficacité opérationnelle.

Parmi les actions prévues figurent la souscription à un contrat d’énergie verte, la mise en place d’un suivi précis des consommations d’énergie et d’eau, ainsi que l’intégration d’une annexe environnementale au bail.

Une approche centrée sur l’occupant

Le plan ESG inclut également des actions orientées vers l’utilisateur. Une enquête de satisfaction locataire sera menée et un guide de bonnes pratiques sera remis à Orange. Ces initiatives renforcent la collaboration entre bailleur et locataire et participent à une gestion plus responsable et plus performante de l’immeuble.

L’ensemble de ces mesures s’inscrit dans la trajectoire carbone du portefeuille et contribue aux objectifs SFDR du fonds, labellisé ISR. Elles visent à préserver la valeur de l’actif dans le temps et à maintenir son attractivité sur un marché de plus en plus exigeant.

Une étape clé dans la diversification du portefeuille

Pour Julien Guillemet, gérant de la société civile ESG Tendances Pierre, cette opération constitue un jalon important. Elle traduit la volonté du fonds d’intégrer des actifs tertiaires de qualité, capables de créer de la valeur durable tout en affirmant un engagement fort en matière d’ESG.

À travers cette acquisition, ESG Tendances Pierre confirme son positionnement. Celui d’un investisseur attentif aux fondamentaux économiques, aux évolutions du marché immobilier et aux enjeux environnementaux et sociaux qui façonnent l’immobilier de demain.

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Précarité énergétique en France : un état des lieux alarmant qui impose d’agir sans attendre

Précarité énergétique en France

L’enquête Ipsos BVA menée pour Daikin révèle une réalité préoccupante : près d’un Français sur trois se considère aujourd’hui en situation de précarité énergétique. Entre arbitrages budgétaires douloureux, impact sur la santé et difficultés d’accès aux travaux de rénovation, le chauffage devient un enjeu social majeur à l’hiver 2025-2026.

Un hiver rigoureux qui ravive les fragilités énergétiques

La fin de l’année 2025 et le début de l’année 2026 ont été marqués par des températures exceptionnellement basses sur l’ensemble du territoire français.
Les météorologues parlent du Noël le plus froid depuis quinze ans, une situation qui a brutalement remis la question du chauffage au centre des préoccupations des ménages.

Dans le même temps, le contexte énergétique reste tendu.
Depuis la disparition du bouclier tarifaire, les prix de l’énergie ont fortement progressé, représentant une part croissante du budget des Français.
Même si une relative stagnation est observée en 2025, la volatilité des prix demeure élevée, sous l’effet combiné des tensions géopolitiques, du changement climatique et de l’incertitude économique.

C’est dans ce contexte que Daikin France, acteur de référence du génie climatique, a souhaité mesurer l’impact concret de cette situation sur le quotidien des Français.

Une enquête représentative pour comprendre les usages et les arbitrages

L’étude intitulée « Les Français et la précarité énergétique. État des lieux, arbitrages et leviers » a été confiée à l’institut Ipsos BVA.
Elle a été menée en novembre 2025 auprès de 1 000 personnes âgées de 18 ans et plus, constituant un échantillon représentatif de la population française.

Administrée via un questionnaire en ligne de 30 questions, l’enquête s’est intéressée :

  • aux équipements de chauffage et de climatisation,
  • aux comportements de consommation,
  • au ressenti face aux factures énergétiques,
  • et aux freins et leviers liés aux travaux de rénovation énergétique.

L’objectif : dresser un état des lieux précis et incarné de la précarité énergétique telle qu’elle est vécue aujourd’hui.

Des équipements de chauffage encore majoritairement énergivores

Les résultats montrent une forte hétérogénéité des équipements de chauffage dans les logements français.

Parmi les personnes interrogées :

  • 44 % déclarent être équipées de chaudières, fonctionnant majoritairement au gaz ;
  • 28 % utilisent des radiateurs électriques, une proportion qui grimpe à 39 % chez les 18-30 ans ;
  • 17 % disposent d’une pompe à chaleur ;
  • 5 % ont installé un poêle à granulés.

Ce panorama illustre le poids encore important des systèmes traditionnels, souvent plus exposés à la volatilité des prix de l’énergie, et la progression encore lente des équipements plus performants.

31 % des Français se sentent en situation de précarité énergétique

L’un des enseignements majeurs de l’étude réside dans le décalage entre les statistiques institutionnelles et le ressenti réel des ménages.

Alors que l’Observatoire National de la Précarité Énergétique (ONPE) estimait en 2023 qu’un peu plus de 10 % des Français étaient en situation de précarité énergétique, l’enquête Ipsos BVA révèle un chiffre bien plus élevé :
👉 31 % des Français interrogés estiment être en difficulté pour se chauffer correctement à un coût abordable.

Ce sentiment est particulièrement marqué :

  • chez les jeunes de 18 à 30 ans (42 %),
  • et chez les catégories CSP– (41 %).

La précarité énergétique n’apparaît plus comme un phénomène marginal : elle s’installe durablement dans le quotidien d’une partie significative de la population.

Des stratégies d’adaptation qui dégradent le confort

Pour contenir leurs factures de chauffage, de nombreux Français adoptent des stratégies de restriction thermique, parfois au détriment de leur confort.

Les comportements les plus fréquemment cités sont :

  • abaisser le thermostat sous le seuil de confort (19-20 °C au lieu de 20-21 °C) :
    • 54 % le font souvent,
    • 77 % au moins occasionnellement ;
  • ne chauffer que certaines pièces du logement :
    • 54 % le font souvent,
    • 73 % au moins occasionnellement ;
  • multiplier les couches de vêtements à domicile :
    • 56 % le font souvent,
    • 85 % au moins occasionnellement.

Ces ajustements traduisent une normalisation de l’inconfort thermique, devenue une variable d’ajustement budgétaire.

Des sacrifices budgétaires de plus en plus lourds

La précarité énergétique ne se limite pas à une baisse de confort.
Elle entraîne des arbitrages financiers contraints, parfois sur des postes essentiels.

Ainsi, 65 % des personnes interrogées déclarent avoir réduit au moins un poste de dépense pour pouvoir régler leurs factures d’énergie.

Les réductions concernent principalement :

  • les loisirs (44 %),
  • les vacances (37 %).

Mais des arbitrages plus préoccupants émergent :

  • 26 % réduisent volontairement leurs dépenses alimentaires,
  • 14 % diminuent leurs dépenses de santé.

Ces chiffres révèlent une précarité énergétique aux conséquences sociales directes, bien au-delà de la seule question du chauffage.

Pour une large majorité, bien se chauffer est devenu un luxe

L’étude met en lumière une perception largement partagée :
👉 85 % des Français estiment que se chauffer confortablement est aujourd’hui un luxe.

Cette perception est étayée par plusieurs indicateurs :

  • 49 % constatent une augmentation de leur facture de chauffage à l’hiver 2024 par rapport à 2023 ;
  • 41 % déclarent une facture mensuelle égale ou supérieure à 150 € ;
  • 59 % ressentent de l’inquiétude à la réception de leurs factures ;
  • 15 % admettent avoir des difficultés à les régler.

Les femmes, les jeunes adultes, les locataires et les catégories CSP– expriment plus fortement cette inquiétude.

Un impact direct sur la santé, le moral et la vie sociale

Le froid ne se contente pas d’affecter le budget : il pèse lourdement sur le bien-être physique et psychologique.

Selon l’enquête :

  • 74 % indiquent que le froid dégrade la qualité de leur sommeil,
  • 72 % se sentent plus irritables,
  • 70 % sont plus sujets aux maladies hivernales,
  • 65 % ressentent davantage de douleurs musculaires.

Le froid affecte également la vie sociale :

  • 38 % déclarent recevoir moins de proches ou voir moins leur entourage ;
  • certains indiquent que leurs invités leur ont fait part d’un inconfort thermique.

Chez les personnes en télétravail, le phénomène est également notable :

  • 15 % augmentent leur présence sur site pour bénéficier d’un chauffage collectif,
  • 11 % réduisent leur temps de travail à domicile pour limiter leurs dépenses énergétiques.

Les travaux énergétiques : une priorité… sous conditions

Malgré ces difficultés, les Français ne restent pas inactifs.
61 % des personnes interrogées ont déjà engagé au moins une catégorie de travaux énergétiques, une proportion qui atteint 71 % chez les 60-75 ans.

Les travaux les plus fréquemment cités sont :

  • le remplacement des fenêtres (34 %),
  • le changement du système de chauffage ou d’eau chaude sanitaire (30 %).

Par ailleurs, 35 % envisagent de réaliser des travaux dans les trois prochaines années, notamment :

  • le remplacement du chauffage (11 %),
  • l’isolation des murs (10 %),
  • le changement des fenêtres (9 %).

Réduire les factures : le moteur principal du changement

Lorsqu’il s’agit de remplacer un système de chauffage, les attentes sont claires.
Le critère économique arrive largement en tête.

Les Français attendent avant tout :

  • une réduction des factures énergétiques (53 %),
  • un meilleur confort thermique (27 %),
  • des critères écologiques (10 %),
  • une provenance européenne ou française de la technologie (10 %).

Les pompes à chaleur : une technologie plébiscitée, mais encore freinée

Parmi les possesseurs de pompes à chaleur, les retours sont largement positifs :

  • 88 % estiment que leur confort thermique s’est amélioré,
  • 85 % considèrent que leur impact environnemental a diminué,
  • 82 % jugent que leurs factures ont baissé durablement.

Ces bénéfices sont également perçus par les non-équipés :

  • 75 % associent la pompe à chaleur à un meilleur confort,
  • 66 % à une réduction de l’empreinte environnementale,
  • 66 % à une baisse durable des dépenses énergétiques.

Le principal frein reste cependant le coût initial :

  • 57 % de l’échantillon évoquent le prix de l’équipement et de l’installation comme obstacle majeur.

Les aides publiques : un levier décisif… mais fragile

L’enquête montre une bonne connaissance des dispositifs d’aide :

  • 83 % connaissent au moins une aide,
  • 61 % citent MaPrimeRénov’,
  • 19 % en ont déjà bénéficié.

Les aides financières constituent le principal levier de passage à l’action pour 84 % des personnes intéressées par des travaux, devant le prêt à taux zéro (55 %).

Mais les freins restent nombreux :

  • 72 % citent le coût initial trop élevé,
  • 42 % la complexité administrative,
  • 41 % le doute sur les économies réellement obtenues.

La suspension de MaPrimeRénov’ accentue ces incertitudes.

L’accompagnement, clé de la rénovation énergétique

Daikin rappelle l’importance d’un accompagnement structuré pour sécuriser les projets de rénovation.
François Deroche, Directeur Marketing, RSE et Affaires Publiques de Daikin France, souligne la nécessité :

  • de réaliser une étude énergétique préalable,
  • de solliciter plusieurs devis,
  • et de faire appel à des installateurs certifiés RGE.

Le groupe met en avant son ancrage européen, avec un centre de R&D en Belgique et des sites de production en Allemagne, Belgique, Italie, Espagne, Pologne et République tchèque.

Conclusion : la précarité énergétique, un défi social majeur

L’enquête Ipsos BVA pour Daikin met en lumière une réalité préoccupante :
la précarité énergétique n’est plus une exception, mais une expérience vécue par une part croissante des Français.

Face à l’urgence sociale, sanitaire et climatique, l’amélioration de la performance énergétique des logements apparaît comme un enjeu prioritaire, à condition de lever les freins financiers, administratifs et informationnels.

Le chauffage n’est plus seulement une question de confort : il est devenu un indicateur du pouvoir d’achat, de la santé et de la cohésion sociale.

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Allianz renforce sa stratégie d’investissement vert avec le parc éolien offshore des îles d’Yeu et de Noirmoutier

parc éolien offshore des îles d’Yeu

Allianz Global Investors annonce l’acquisition d’une participation de 20,25 % dans le parc éolien offshore des îles d’Yeu et de Noirmoutier, un projet de 500 MW en phase finale de construction. Cette opération marque la première collaboration d’Allianz avec Ocean Winds en France et confirme l’ancrage du groupe dans la transition énergétique européenne.

Un investissement stratégique dans l’éolien offshore français

Le 22 janvier 2026, Allianz Global Investors a officialisé l’acquisition d’une participation minoritaire de 20,25 % dans le parc éolien offshore des îles d’Yeu et de Noirmoutier, également désigné sous le nom de projet EMYN.
Cette participation a été acquise auprès d’Ocean Winds, acteur international spécialisé dans l’éolien en mer, issu du partenariat entre EDP Renewables et ENGIE.

L’opération est réalisée pour le compte des compagnies d’assurance Allianz, illustrant la volonté du groupe de mobiliser ses capacités financières au service des infrastructures énergétiques durables.
Avec une puissance installée de 500 mégawatts, le parc figure parmi les projets éoliens offshore les plus structurants actuellement déployés sur le littoral français.

Un projet en phase finale de construction

Le parc éolien des îles d’Yeu et de Noirmoutier a franchi une étape clé en juin 2025, avec le lancement de sa première production d’électricité.
À ce stade, plus des deux tiers des turbines sont déjà installées et injectent de l’électricité renouvelable sur le réseau, contribuant à l’alimentation des foyers français.

La mise en service complète du parc est prévue pour le premier trimestre 2026, marquant l’aboutissement de plusieurs années de développement industriel, logistique et réglementaire.
Ce calendrier place EMYN parmi les projets les plus avancés du programme français de déploiement de l’éolien offshore.

Une première collaboration entre Allianz et Ocean Winds

Au-delà de l’investissement financier, cette opération marque un jalon stratégique pour Allianz :
il s’agit du premier partenariat entre Allianz et Ocean Winds dans le domaine de l’éolien offshore.

Ocean Winds, coentreprise d’EDP Renewables et d’ENGIE, s’est imposée comme l’un des acteurs de référence du secteur à l’échelle internationale, avec un portefeuille de projets répartis en Europe, en Amérique et en Asie.
L’entrée d’Allianz au capital du projet EMYN vient renforcer la solidité financière du parc et illustre la convergence croissante entre investisseurs institutionnels et développeurs d’énergies renouvelables.

Un troisième investissement offshore pour Allianz

Cet investissement en France s’inscrit dans une trajectoire déjà bien engagée.
Le parc des îles d’Yeu et de Noirmoutier constitue le troisième investissement direct d’Allianz dans l’éolien offshore, après des projets réalisés aux Pays-Bas et en Allemagne.

Il s’agit toutefois du premier investissement offshore du groupe en France, un marché où Allianz est déjà actif depuis 2008 dans le financement de projets d’énergies renouvelables terrestres et solaires.
Cette nouvelle étape confirme l’élargissement progressif de la stratégie du groupe vers des actifs d’infrastructure plus complexes et capitalistiques.

L’éolien offshore, pilier de la transition énergétique européenne

L’éolien en mer occupe une place centrale dans les stratégies énergétiques européennes.
Grâce à des facteurs de charge élevés et à une production plus stable que l’éolien terrestre, il constitue un levier essentiel pour :

  • réduire les émissions de gaz à effet de serre
  • renforcer l’indépendance énergétique
  • et sécuriser l’approvisionnement électrique à long terme

Le projet EMYN s’inscrit pleinement dans cette dynamique, contribuant aux objectifs français de neutralité carbone et au développement d’un mix énergétique décarboné.
Pour Allianz, ce type d’actif présente également des caractéristiques attractives : visibilité des revenus, durée d’exploitation longue et contribution directe aux objectifs climatiques.

Une vision de long terme portée par Allianz Investment Management

Mario Skoric, Directeur général d’Allianz Investment Management, souligne la cohérence stratégique de cet investissement.
Il rappelle que le projet s’inscrit dans la continuité des engagements du groupe en faveur des infrastructures renouvelables et de la transition énergétique.

Selon lui, le parc des îles d’Yeu et de Noirmoutier illustre la capacité d’Allianz à conjuguer impact environnemental positif et création de valeur à long terme pour ses assurés.
L’investissement répond à une logique de long terme, caractéristique des portefeuilles d’assureurs, où la stabilité des flux et la résilience des actifs sont des critères déterminants.

Des infrastructures au service des territoires

Au-delà de la production d’électricité, les projets éoliens offshore génèrent des retombées économiques locales significatives.
Ils mobilisent des chaînes de valeur industrielles complexes, impliquant :

  • chantiers portuaires
  • logistique maritime
  • maintenance spécialisée
  • et emplois qualifiés sur le long terme

Le parc EMYN participe ainsi au développement économique des régions concernées, tout en renforçant la souveraineté énergétique nationale.
Pour les collectivités locales, ces projets représentent un levier de transformation industrielle et environnementale.

Allianz Global Investors : un acteur majeur de l’investissement responsable

Allianz Global Investors se positionne aujourd’hui comme l’un des principaux gestionnaires d’actifs actifs au monde.
Le groupe rassemble plus de 700 professionnels de l’investissement, répartis dans 21 bureaux internationaux, et gère 580 milliards d’euros d’actifs.

Sa philosophie repose sur une approche dite “active”, qui vise à générer un impact au-delà de la seule performance financière.
L’intégration systématique des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) constitue un pilier central de sa stratégie d’investissement, tant sur les marchés publics que privés.

Une stratégie alignée avec les engagements du groupe Allianz

À l’échelle du groupe, Allianz figure parmi les premiers assureurs et gestionnaires d’actifs mondiaux, opérant dans près de 70 pays.
Le groupe gère environ 761 milliards d’euros d’actifs pour le compte de ses assurés, auxquels s’ajoutent près de 1 900 milliards d’euros gérés pour des tiers via ses filiales PIMCO et Allianz Global Investors.

L’intégration des critères ESG dans les décisions d’investissement a permis à Allianz de se positionner comme un leader du secteur en matière de finance durable, notamment au sein du Dow Jones Sustainability Index.
Cette reconnaissance renforce la crédibilité des engagements pris par le groupe dans des projets tels que EMYN.

L’infrastructure verte comme classe d’actifs stratégique

Pour les investisseurs institutionnels, les infrastructures renouvelables constituent aujourd’hui une classe d’actifs à part entière.
Elles offrent :

  • des flux de trésorerie relativement prévisibles
  • une protection partielle contre l’inflation
  • et une contribution directe aux objectifs climatiques

L’investissement dans le parc des îles d’Yeu et de Noirmoutier s’inscrit dans cette logique, combinant rendement ajusté du risque et impact environnemental mesurable.
Il illustre la manière dont les capitaux privés peuvent accompagner la transformation des systèmes énergétiques.

Une contribution concrète à la décarbonation

Le développement de capacités éoliennes offshore permet de réduire la dépendance aux énergies fossiles et d’abaisser durablement les émissions du secteur électrique.
À pleine capacité, le parc EMYN fournira une quantité significative d’électricité renouvelable, contribuant à la décarbonation du mix français.

Pour Allianz, cet investissement constitue également un outil de pilotage climatique, cohérent avec les trajectoires de réduction d’empreinte carbone définies à l’échelle du groupe.

Un marché français en pleine structuration

La France accélère depuis plusieurs années le déploiement de l’éolien en mer, après un démarrage plus tardif que certains voisins européens.
Les projets désormais en phase de construction témoignent de la montée en maturité du cadre réglementaire et industriel.

L’entrée d’acteurs institutionnels internationaux comme Allianz renforce l’attractivité du marché français et favorise la mobilisation de capitaux privés à grande échelle.
Cette dynamique est essentielle pour atteindre les objectifs nationaux et européens en matière d’énergies renouvelables.

Ce qu’il faut retenir : un signal fort pour la finance durable

Avec cette prise de participation dans le parc éolien offshore des îles d’Yeu et de Noirmoutier, Allianz envoie un signal clair au marché :
les infrastructures renouvelables constituent un pilier stratégique de l’investissement de long terme.

Ce projet incarne la convergence entre transition énergétique, stabilité financière et engagement sociétal.
Il illustre également le rôle clé que peuvent jouer les investisseurs institutionnels dans la transformation des systèmes énergétiques européens.

À l’heure où la décarbonation s’impose comme un impératif économique autant qu’environnemental, l’initiative d’Allianz confirme que la finance peut être un levier structurant du changement.

Découvrez aussi : Perspectives 2026 des semi-conducteurs mondiaux : une croissance portée par l’IA, sous tension géopolitique et ESG

UEMOA / BRVM : une nouvelle frontière d’investissement pour les capitaux internationaux  

UEMOA / BRVM

Dans un contexte mondial marqué par l’incertitude économique, la fragmentation géopolitique et la recherche de nouvelles sources de croissance durable. Les marchés financiers africains s’imposent progressivement comme des pôles d’opportunités crédibles, structurés et résilients. Longtemps perçus comme périphériques, ils attirent désormais l’attention d’investisseurs institutionnels. De Family Offices et d’acteurs de la finance d’impact à la recherche de rendement, de diversification et de sens.

Au cœur de cette dynamique, la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) se distingue par des performances remarquables. Une profondeur de marché en expansion et un cadre réglementaire harmonisé à l’échelle de l’UEMOA. Elle incarne aujourd’hui une plateforme stratégique pour le financement de l’économie réelle, le développement des PME et la structuration de solutions financières innovantes, incluant les obligations vertes, sociales et durables.

Dans cet entretien exclusif, Green Finance donne la parole au Dr. H.C. Judicaël Tossou, expert reconnu en finance inclusive, finance d’impact et marchés financiers africains. Fort de plus de quinze années d’expérience et engagé dans des initiatives panafricaines structurantes. Il décrypte pour nos lecteurs internationaux les ressorts de la performance actuelle de la BRVM, les perspectives offertes aux investisseurs. Ainsi que les enjeux de gouvernance, de liquidité et d’impact qui façonnent l’avenir des marchés financiers africains.

Une version anglaise de cette interview sera disponible à la fin de l’article afin de permettre une diffusion internationale optimale.

An English version of this interview is available to ensure optimal international dissemination.


Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs internationaux ?



Dr. H.C. Judicaël Tossou :
Doctorant en Management des Projets, et formé en Économie, Finance, Management et leadership d’Impact (Cotonou, Paris, London, New-York et Boston). Je suis un professionnel des marchés financiers ouest-africains cumulant plus de 15 années d’expériences en finance inclusive, finance d’impact et marchés financiers africains.


Je préside depuis quelques mois le Comité de gestion de l’initiative PIVOT, portée par le consortium ouest-africain Happy Services, Univers Finance Partners et d’autres gérants de fonds africains.
Cette initiative vise à structurer, vulgariser et internationaliser les opportunités offertes par les marchés financiers africains, notamment la BRVM et les marchés interconnectés dans le cadre de l’AELP.


La BRVM affiche une performance remarquable en 2025. Comment analysez-vous cette dynamique ?



L’année 2025 marque une étape majeure pour la BRVM. Le marché clôture avec une progression annuelle de 25,26 %, confirmant une tendance haussière durable.
Sur les cinq dernières années, la performance cumulée atteint 99,15 %. Avec un indice BRVM Composite passé de 145,37 points à 345,75 points.

Le marché obligataire (obligations souveraines et corporate) avec plus de 181 lignes cotées dont 25 nouvelles cotées offre des coupons généralement attractifs. Variant entre 6 % et 7 % l’an sur des maturités de 03 à 20 ans. Certaines obligations corporate offrent jusqu’à 8 % l’an.

Le professionnalisme des gérants de fonds de la zone est confirmé par la tendance de la performance des OPCVM :

18 % à 30 % pour les OPCVM Actions.
8 % à 15 % pour les OPCVM diversifiés.
6 % à 8,5 % pour les OPCVM obligataires.
4 % à 5,50 % pour les OPCVM monétaires.


Les Fonds Communs de Placement à Risque émergent avec de bonnes perspectives,. Soit 15 % à 35 % l’an sur un horizon de placement moyen de 08 ans à 10 ans. Avec un impact recherché auprès des Petites et Moyennes Entreprises non cotées.

Cette dynamique s’inscrit dans un contexte mondial incertain. Ce qui démontre la résilience, la maturité et l’attractivité croissante du marché financier régional de l’UEMOA sous la permanente surveillance de l’Autorité des Marchés Financiers de l’UMOA.

Qu’en est-il de la taille et de la profondeur du marché ?

Au 31 décembre 2025, la capitalisation du marché actions atteint 13 330,71 milliards FCFA (≈ 20,33 milliards EUR). En hausse de 32,27 % sur un an.
La capitalisation obligataire s’élève à 11 450,61 milliards FCFA (≈ 17,45 milliards EUR). Portant la capitalisation globale à près de 24 781,32 milliards FCFA (≈ 37,78 milliards EUR). Soit environ 18,37 % du PIB de l’UEMOA.
Ces chiffres illustrent le rôle central de la BRVM comme outil de financement à long terme des économies de la sous-région.

La liquidité est-elle au rendez-vous ?


Oui, la liquidité s’améliore nettement. En 2025, le volume de titres échangés a progressé de plus de 109 %. Atteignant près de 270 millions de titres.
Cela traduit une consolidation de la culture boursière et une participation accrue des investisseurs institutionnels et individuels.

Quels types d’actifs les investisseurs peuvent-ils trouver sur vos marchés ?

Nos marchés offrent une architecture d’investissement complète et sécurisée.
Ils couvrent les actions cotées, les obligations souveraines et corporates. Des centaines de fonds mutuels (OPCVM), des fonds d’investissement à risque et des fonds d’impact dédiés aux sociétés non cotées. Nous pouvons même originer des opérations thématiques dédiées à des investisseurs particuliers.
Il est important de noter qu’un cadre réglementaire spécifique permet d’originer les émissions de Sukuks, d’obligations sociales, d’obligations vertes et durables.
Par exemple, nous avons contribué à lancer récemment un Fonds Commun de Placement à Risque agréé par l’Autorité des Marchés Financiers de l’UMOA et dédié à financer les PME non cotées impliquées dans les chaînes de valeur de contenu local. Cela permet au capital d’avoir un impact direct sur l’économie réelle.

La gouvernance et la sécurité du marché sont-elles suffisantes pour rassurer les investisseurs internationaux ?

Absolument. La BRVM repose sur un cadre réglementaire harmonisé, sécurisé et aligné sur les standards internationaux.
Il convient de saluer le leadership visionnaire de son Directeur Général, le Dr Koffi Amenouvé, membre du Nasdaq Council, dont l’action a renforcé la crédibilité, la transparence et l’attractivité internationale du marché financier régional.

Pourquoi les Family Offices devraient-ils s’intéresser à ces marchés ?


Les Family Offices recherchent des investissements de long terme, résilients et porteurs de sens.
La BRVM et les marchés financiers africains offrent une combinaison rare de rendement, diversification, stabilité monétaire et impact économique réel.

Un message de conclusion ?

Les marchés financiers africains ne sont plus une promesse. Ils sont aujourd’hui structurés, sécurisés et porteurs d’opportunités concrètes.
La vraie question n’est plus de savoir s’il faut s’y intéresser, mais comment y entrer intelligemment, avec les bons partenaires et une vision de long terme.
Permettez-moi de terminer en louant les efforts constants des Hautes Autorités, y compris le Dr Félix Edoh Kossi AMENOUNVÉ, Directeur Général de la BRVM et membre du NASDAQ Exchange Review Council, en matière de développement, de modernisation de nos marchés financiers africains, notamment la BRVM ayant intégré le prestigieux indice MSCI depuis
novembre 2016 et désormais interconnectée à une dizaine de marchés financiers africains.

À lire aussi : 2025, l’année du grand tournant pour l’épargne européenne

UEMOA / BRVM: A New Investment Frontier for International Capital

In a global environment marked by economic uncertainty, geopolitical fragmentation, and the growing search for sustainable sources of long-term growth, African financial markets are increasingly emerging as credible, structured, and resilient opportunity hubs. Long perceived as peripheral, they are now attracting the attention of institutional investors, Family Offices, and impact finance players seeking returns, diversification, and purpose.

At the heart of this momentum, the West African Regional Stock Exchange (BRVM) stands out for its remarkable performance, expanding market depth, and harmonized regulatory framework across the UEMOA region. Today, the BRVM embodies a strategic platform for financing the real economy, supporting SME development, and structuring innovative financial solutions, including green, social, and sustainable bonds.

In this exclusive interview, Green Finance speaks with Dr. H.C. Judicaël Tossou, a recognized expert in inclusive finance, impact finance, and African financial markets. Drawing on more than fifteen years of experience and active involvement in structuring pan-African initiatives, he provides international readers with insights into the current performance drivers of the BRVM, the opportunities available to investors, and the governance, liquidity, and impact challenges shaping the future of African financial markets.

Could you introduce yourself to our international readers?

Dr. H.C. Judicaël Tossou:
I am a PhD candidate in Project Management, with academic training in Economics, Finance, Management, and Impact Leadership (Cotonou, Paris, London, New York, and Boston). I am a professional of West African financial markets with more than 15 years of experience in inclusive finance, impact finance, and African capital markets.

I have recently been appointed Chairman of the Management Committee of the PIVOT initiative, led by the West African consortium Happy ServicesUnivers Finance Partners, and other African fund managers.
This initiative aims to structure, popularize, and internationalize the opportunities offered by African financial markets, particularly the BRVM and interconnected markets within the AELP framework.

The BRVM delivered remarkable performance in 2025. How do you analyze this trend?

The year 2025 marks a major milestone for the BRVM. The market closed with an annual increase of 25.26%, confirming a sustainable upward trend.
Over the past five years, cumulative performance has reached 99.15%, with the BRVM Composite Index rising from 145.37 points to 345.75 points.

The bond market—covering sovereign and corporate bonds—now lists more than 181 securities, including 25 new listings, offering attractive coupons generally ranging from 6% to 7% per annum over maturities of 3 to 20 years, with some corporate bonds yielding up to 8% annually.

The professionalism of regional fund managers is further demonstrated by the performance trends of mutual funds (OPCVMs):

  • 18% to 30% for equity funds
  • 8% to 15% for diversified funds
  • 6% to 8.5% for bond funds
  • 4% to 5.5% for money market funds

Private equity-style investment funds are also emerging with strong prospects, targeting 15% to 35% annual returns over an average investment horizon of 8 to 10 years, with a clear impact focus on unlisted SMEs.

This performance unfolds within a globally uncertain environment, highlighting the resilience, maturity, and growing attractiveness of the UEMOA regional financial market under the continuous oversight of the UMOA Financial Markets Authority.

What about the size and depth of the market?

As of December 31, 2025, equity market capitalization reached 13,330.71 billion FCFA (≈ EUR 20.33 billion), representing a 32.27% year-on-year increase.
Bond market capitalization stood at 11,450.61 billion FCFA (≈ EUR 17.45 billion), bringing total market capitalization to nearly 24,781.32 billion FCFA (≈ EUR 37.78 billion), equivalent to approximately 18.37% of UEMOA GDP.

These figures illustrate the BRVM’s central role as a long-term financing tool for the economies of the sub-region.

Is liquidity improving?

Yes, liquidity has improved significantly. In 2025, trading volumes increased by more than 109%, reaching nearly 270 million securities traded.
This reflects the strengthening of equity market culture and increased participation from both institutional and retail investors.

What types of assets can investors find in your markets?

Our markets offer a comprehensive and secure investment architecture, including:

  • Listed equities
  • Sovereign and corporate bonds
  • Hundreds of mutual funds (OPCVMs)
  • Private equity and impact funds dedicated to unlisted companies

We can also structure thematic investment vehicles tailored to specific investor profiles.

Importantly, a dedicated regulatory framework enables the issuance of Sukuksocial bondsgreen bonds, and sustainable bonds.

For example, we recently contributed to the launch of a private equity fund approved by the UMOA Financial Markets Authority, dedicated to financing unlisted SMEs involved in local content value chains—allowing capital to have a direct impact on the real economy.

Are governance and market security sufficient to reassure international investors?

Absolutely. The BRVM operates under a harmonized, secure regulatory framework aligned with international standards.

Special recognition must be given to the visionary leadership of its CEO, Dr. Koffi Amenouvé, a member of the Nasdaq Council, whose actions have significantly strengthened the credibility, transparency, and international appeal of the regional financial market.

Why should Family Offices take an interest in these markets?

Family Offices seek long-term, resilient investments with meaningful impact.
The BRVM and African financial markets offer a rare combination of returns, diversification, monetary stability, and tangible economic impact.

A concluding message?

African financial markets are no longer a promise—they are now structured, secure, and rich in concrete opportunities.

The real question is no longer whether to engage, but how to enter intelligently, with the right partners and a long-term vision.

Allow me to conclude by commending the ongoing efforts of the highest authorities, including Dr. Félix Edoh Kossi Amenouvé, CEO of the BRVM and member of the NASDAQ Exchange Review Council, in advancing and modernizing African financial markets. Notably, the BRVM has been included in the prestigious MSCI Index since November 2016 and is now interconnected with nearly ten African financial markets.

See also : Baromètre de l’économie 2026 

Perspectives 2026 des semi-conducteurs mondiaux : une croissance portée par l’IA, sous tension géopolitique et ESG

semi-conducteurs mondiaux

Les perspectives 2026 du secteur mondial des semi-conducteurs restent largement positives, portées par l’essor de l’intelligence artificielle, du calcul haute performance et des centres de données. Toutefois, derrière cette dynamique robuste, les risques géopolitiques et les enjeux ESG s’intensifient et pourraient fragiliser la trajectoire de croissance à moyen terme.

Un cycle porteur qui s’installe durablement

Après plusieurs années marquées par une volatilité extrême, pénuries, surcapacités ponctuelles, tensions commerciale, l’industrie mondiale des semi-conducteurs aborde l’horizon 2026 avec un optimisme mesuré mais solide.
Selon l’analyse publiée par Morningstar DBRS, la dynamique actuelle repose sur un moteur structurel puissant : la généralisation de l’intelligence artificielle dans l’ensemble de l’économie.

Contrairement aux cycles précédents, souvent dépendants de la consommation électronique grand public, la croissance actuelle est tirée par des usages infrastructurels :

  • intelligence artificielle générative,
  • calcul haute performance (HPC),
  • centres de données hyperscale,
  • cloud computing,
  • automatisation industrielle avancée.

Ces segments créent une demande soutenue et relativement prévisible, offrant au secteur une visibilité accrue sur ses revenus, ses marges et ses investissements.

L’IA, catalyseur central de la demande mondiale

L’adoption rapide de l’IA transforme profondément les besoins en semi-conducteurs.
Les modèles d’intelligence artificielle, en particulier les modèles de grande taille, nécessitent des puces avancées, capables de traiter des volumes massifs de données avec une efficacité énergétique élevée.

Cette évolution bénéficie principalement :

  • aux puces de nœuds avancés (advanced node chips),
  • aux semi-conducteurs dédiés au calcul parallèle,
  • et aux puces mémoire, essentielles pour soutenir la vitesse de traitement et le stockage des données.

Morningstar DBRS souligne que la multiplication des centres de données à travers le monde constitue un relais de croissance majeur.
Chaque nouveau data center représente des investissements lourds en serveurs, accélérateurs, processeurs graphiques et mémoires à haute performance.

Cette tendance devrait se maintenir bien au-delà de 2026, tant l’IA devient un infrastructure économique de base, comparable à l’électricité ou à Internet lors de leurs phases de généralisation.

Les fabricants fabless au cœur de la création de valeur

Dans ce contexte, les fabricants fabless — entreprises qui conçoivent les puces sans posséder d’usines de fabrication — continuent de dominer le secteur.
Leur modèle économique, fondé sur l’innovation, la spécialisation et l’externalisation de la production, leur permet de réagir plus rapidement aux évolutions technologiques.

Ces acteurs bénéficient de plusieurs avantages clés :

  • une flexibilité accrue dans l’allocation du capital,
  • une capacité à se concentrer sur la R&D et le design de puces,
  • et un accès aux fonderies les plus avancées pour la production.

Morningstar DBRS anticipe que cette domination se poursuivra en 2026, même si la concurrence s’intensifie.
La course à la performance, à l’efficacité énergétique et à l’intégration logicielle pousse les acteurs à investir massivement pour conserver leur avance technologique.

Des pénuries persistantes sur les segments critiques

Malgré l’augmentation des capacités de production annoncées par les grands fondeurs, le marché reste marqué par des déséquilibres structurels.
Les puces de nœuds avancés et les puces mémoire font face à des tensions persistantes, en raison d’une demande qui croît plus vite que l’offre.

Ces pénuries s’expliquent par plusieurs facteurs :

  • la complexité technologique croissante des puces,
  • les délais longs de mise en service de nouvelles capacités industrielles,
  • et la concentration géographique de la production.

Cette situation confère un pouvoir de fixation des prix aux acteurs les mieux positionnés, contribuant à l’amélioration des marges et de la génération de trésorerie.

Des profils de crédit en amélioration

L’un des points clés du communiqué concerne l’impact de cette dynamique sur la qualité de crédit des entreprises du secteur.
La combinaison de :

  • revenus en hausse,
  • marges plus élevées,
  • flux de trésorerie renforcés,
  • et politiques d’investissement plus rationnelles,

devrait se traduire par une amélioration globale des profils de risque de crédit.

Morningstar DBRS souligne que les entreprises utilisent ces flux pour :

  • financer des dépenses d’investissement élevées,
  • maintenir des politiques de retour aux actionnaires disciplinées,
  • et renforcer leurs bilans.

Cette approche plus équilibrée contraste avec certains cycles passés, marqués par une surdistribution de capital au détriment de la résilience financière.

Une industrie de plus en plus capitalistique

La montée en gamme technologique du secteur s’accompagne d’une explosion des besoins en capital.
Les investissements nécessaires pour produire des puces avancées se chiffrent désormais en dizaines de milliards de dollars par site industriel.

Cette intensité capitalistique :

  • renforce les barrières à l’entrée,
  • favorise la concentration du marché,
  • et accentue la dépendance aux politiques publiques de soutien industriel.

Les entreprises capables de financer ces investissements tout en préservant leur solidité financière bénéficieront d’un avantage compétitif durable.

Des risques géopolitiques de plus en plus prégnants

Malgré ce tableau favorable, Morningstar DBRS insiste sur un point de vigilance majeur : les risques géopolitiques, jugés encore sous-estimés par les marchés.

La chaîne de valeur des semi-conducteurs est hautement mondialisée, mais aussi extrêmement concentrée sur certaines zones stratégiques.
Les tensions entre grandes puissances, notamment autour de :

  • la souveraineté technologique,
  • le contrôle des exportations,
  • et la sécurisation des approvisionnements,

créent une fragilité systémique.

Les restrictions commerciales, les sanctions ou les conflits régionaux pourraient perturber brutalement les flux de production et de livraison, avec des conséquences importantes sur les coûts et les délais.

La question critique de la concentration géographique

La production des puces les plus avancées reste concentrée dans un nombre très limité de régions.
Cette concentration expose l’ensemble de l’écosystème mondial à des chocs exogènes, qu’ils soient politiques, économiques ou naturels.

Face à cette vulnérabilité, de nombreux États encouragent la relocalisation partielle ou la diversification géographique des capacités de production.
Toutefois, ces stratégies nécessitent du temps, des compétences rares et des investissements massifs, ce qui limite leur impact à court terme.

Les enjeux ESG montent en puissance

Au-delà de la géopolitique, le rapport alerte sur la montée rapide des enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG).
L’industrie des semi-conducteurs est particulièrement exposée sur plusieurs dimensions :

Environnement

  • consommation énergétique élevée,
  • utilisation intensive d’eau ultra-pure,
  • gestion de produits chimiques complexes,
  • empreinte carbone des infrastructures industrielles.

Avec l’expansion des capacités de production et des data centers, ces enjeux pourraient s’aggraver, attirant une attention accrue des régulateurs et des investisseurs.

Social

  • tensions sur les compétences hautement qualifiées,
  • conditions de travail dans certaines zones de production,
  • dépendance à des chaînes d’approvisionnement complexes.

Gouvernance

  • gestion des risques géopolitiques,
  • transparence sur les pratiques ESG,
  • équilibre entre performance financière et responsabilité à long terme.

Morningstar DBRS souligne que ces facteurs pourraient avoir des implications négatives à long terme s’ils ne sont pas correctement anticipés et intégrés dans les stratégies d’entreprise.

ESG et crédit : un lien de plus en plus étroit

Les enjeux ESG ne sont plus perçus comme périphériques, mais comme des déterminants directs du risque de crédit.
Une mauvaise gestion environnementale ou sociale peut entraîner :

  • des sanctions réglementaires,
  • des interruptions d’activité,
  • une dégradation de la réputation,
  • et une hausse du coût du capital.

À l’inverse, les entreprises capables d’intégrer ces enjeux de manière crédible renforceront leur attractivité financière et leur résilience.


Une croissance robuste mais conditionnelle

Comme le résume Vineet Khattar, Vice President Corporate Finance chez Morningstar DBRS :

« La dynamique opérationnelle soutenue par la demande liée à l’IA devrait se refléter dans l’amélioration des profils de risque de crédit. Toutefois, les risques géopolitiques croissants et les défis ESG pourraient constituer des vents contraires à moyen terme. »

Cette citation synthétise parfaitement la situation du secteur :
une croissance solide, mais non exempte de fragilités structurelles.


En résumé : la fête continue, mais sous surveillance

À l’horizon 2026, l’industrie mondiale des semi-conducteurs bénéficie d’un alignement rare de facteurs positifs : innovation technologique, demande structurelle, amélioration financière.
L’intelligence artificielle agit comme un accélérateur durable, transformant le secteur en pilier stratégique de l’économie mondiale.

Mais cette « fête » ne pourra se prolonger sans une gestion rigoureuse des risques.
Géopolitique, environnement, gouvernance : ces dimensions, longtemps secondaires, deviennent désormais centrales dans l’évaluation de la performance et du risque.

Pour les acteurs du secteur comme pour les investisseurs, le message est clair :

la croissance sera au rendez-vous, mais elle devra être pilotée avec lucidité, responsabilité et anticipation.

À lire aussi : Baromètre de l’économie 2026 

Baromètre de l’économie 2026 

Baromètre de l’économie 2026 

Une fracture de confiance durable, révélatrice d’un besoin urgent de transition économique soutenable

Article Green Finance extrait du : Baromètre de l’économie Odoxa – janvier 2026, réalisé pour AGIPI, Challenges et BFM Business, auprès de 1 005 Français interrogés les 17 et 18 décembre 2025 

Un climat économique au plus bas historique

Le Baromètre Odoxa de janvier 2026 marque un tournant préoccupant dans la perception économique des Français.
L’indice de moral économique atteint –64, son pire niveau jamais enregistré pour un début d’année depuis 2008, soit près de vingt ans de mesures continues

  • 82 % des Français se déclarent plutôt moins confiants quant à l’avenir économique de la France
  • Seulement 18 % se disent plutôt confiants
  • Malgré un léger mieux par rapport à décembre 2025, la défiance reste structurellement installée

Ce niveau de pessimisme dépasse :

  • celui observé après la crise financière de 2008,
  • celui de la pandémie de 2020,
  • et même les périodes post-électorales les plus tendues.

2026 perçue comme une année de difficultés économiques majeures

Les projections des Français pour l’année 2026 sont sans appel :

  • 67 % anticipent une année de difficultés économiques
  • seulement 4 % envisagent une année de prospérité
  • 28 % estiment que 2026 sera comparable à 2025

Cette anticipation négative progresse continuellement depuis plusieurs années et reflète une perte de visibilité collective sur l’avenir économique

Des craintes très claires sur les grands équilibres économiques

Plus de 8 Français sur 10 anticipent des évolutions défavorables en 2026 :

  • 83 % prévoient une hausse des impôts et prélèvements
  • 81 % un faible niveau de croissance
  • 89 % n’anticipent aucune amélioration du pouvoir d’achat
  • 88 % ne croient pas à une baisse du chômage
  • 72 % ne s’attendent pas à une forte hausse des marchés boursiers

Ces chiffres traduisent non pas un rejet de l’économie de marché, mais une déconnexion ressentie entre performance macroéconomique, finance et bien-être réel

Un sentiment de déclassement social inédit

L’un des enseignements les plus marquants du baromètre concerne la dimension sociale :

  • 61 % des Français estiment que leur situation sociale est moins bonne que celle de leurs parents au même âge
  • Ce chiffre était de 17 % seulement en 2002
  • Il progresse encore de 5 points en un an

Plus inquiétant encore :

  • 70 % pensent que leurs enfants vivront moins bien qu’eux, soit +22 points par rapport à 1996

Il ne s’agit plus d’un pessimisme conjoncturel, mais d’un sentiment de déclassement intergénérationnel durable

Lecture Green Finance : un signal fort pour réorienter le capital

Ce baromètre met en lumière une réalité essentielle pour la finance durable :

La crise actuelle est autant une crise de confiance qu’une crise économique.

La défiance persistante des ménages révèle :

  • une fatigue face aux modèles économiques perçus comme instables,
  • une attente forte de trajectoires crédibles, lisibles et soutenables,
  • un besoin de réconcilier finance, impact social et utilité réelle.

Enjeux clés pour la Green Finance

Dans ce contexte, la finance verte, sociale et à impact n’est plus une option marginale, mais un levier stratégique de reconstruction de la confiance, à condition de :

  • financer l’économie réelle et territoriale,
  • soutenir la transition énergétique et l’emploi local,
  • renforcer la lisibilité des projets et leur impact concret,
  • intégrer les dimensions sociales et intergénérationnelles dans l’allocation du capital.

De la défiance à la transformation

Le Baromètre Odoxa de janvier 2026 agit comme un signal d’alerte systémique.
Il montre que sans nouvelle boussole économique, la fracture entre performance financière, cohésion sociale et projection dans l’avenir continuera de s’élargir.

La Green Finance a ici un rôle central à jouer :
non seulement pour financer la transition, mais pour restaurer la confiance, redonner du sens à l’investissement et reconnecter l’économie aux attentes profondes des citoyens.

La question n’est plus s’il faut transformer les modèles économiques, mais à quelle vitesse et avec quels outils financiers crédibles, inclusifs et durables.

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2025, l’année du grand tournant pour l’épargne européenne

épargne européenne

L’année 2025 restera sans doute comme un moment charnière dans l’histoire récente de la gestion d’actifs européenne. Dans un contexte économique, géopolitique et financier particulièrement instable, les comportements d’investissement ont profondément évolué, traduisant à la fois une montée des incertitudes, une recherche accrue de protection du capital et une redéfinition des priorités géographiques et stratégiques.

Les données publiées par Morningstar

Selon les données publiées par Morningstar, les fonds européens ouverts et les ETF ont enregistré une collecte nette exceptionnelle de plus de 696 milliards d’euros sur l’ensemble de l’année 2025, en progression sensible par rapport à 2024. Les encours totaux ont ainsi atteint près de 15 400 milliards d’euros, confirmant la place centrale de la gestion collective dans la structuration de l’épargne européenne.

Derrière ces chiffres impressionnants se dessinent cependant des tendances beaucoup plus complexes. Les investisseurs ont opéré de profondes réallocations, favorisant massivement les obligations gérées activement, délaissant encore davantage les fonds actions actifs, tout en accélérant l’essor des ETF et des stratégies passives. En toile de fond, la défiance envers le dollar américain, les inquiétudes liées à la politique économique des États-Unis, le regain d’intérêt pour les marchés européens et la recherche d’une meilleure maîtrise du risque ont profondément remodelé les flux d’investissement.

Cette recomposition du paysage financier européen ne relève pas d’un simple ajustement conjoncturel. Elle reflète des évolutions structurelles qui redéfinissent la manière dont les épargnants, les institutions et les gestionnaires perçoivent la notion même d’investissement. L’année 2025 marque ainsi une transition vers une gestion plus prudente, plus diversifiée, plus flexible, mais aussi plus exigeante en matière de performance et de maîtrise du risque.

Lire l’étude complète ici.

Un marché européen des fonds en pleine expansion malgré l’incertitude

L’environnement économique de 2025 a été marqué par une accumulation de facteurs de tension. La persistance de l’inflation, les politiques monétaires restrictives, les incertitudes géopolitiques, ainsi que les bouleversements politiques aux États-Unis ont contribué à entretenir une volatilité élevée sur l’ensemble des marchés financiers.

Dans ce contexte peu propice à la prise de risque, la dynamique de collecte observée sur le marché européen des fonds apparaît remarquable. Avec près de 700 milliards d’euros de flux nets positifs, l’industrie a démontré sa capacité à capter l’épargne des ménages et des investisseurs institutionnels, confirmant le rôle central des fonds dans la canalisation de l’épargne vers les marchés financiers.

Cette performance s’explique en grande partie par une forte réorientation des allocations, plutôt que par un afflux massif de nouveaux capitaux. Les investisseurs ont procédé à d’importants arbitrages, déplaçant leurs actifs entre classes d’investissement, styles de gestion et zones géographiques afin d’adapter leurs portefeuilles aux nouvelles réalités économiques.

La progression continue des encours

Les actifs sous gestion ont progressé de plus de 1 100 milliards d’euros sur un an, pour atteindre environ 15 400 milliards d’euros fin 2025. Cette augmentation reflète à la fois l’effet positif des flux nets et la performance globale des marchés, malgré une volatilité persistante.

La montée en puissance des ETF et des fonds indiciels contribue également à cette croissance. Ces véhicules, réputés pour leur faible coût et leur transparence, attirent une part croissante des flux, notamment auprès des investisseurs institutionnels, des conseillers financiers et des épargnants soucieux d’optimiser leurs frais de gestion.

Ce mouvement structurel vers la gestion passive s’inscrit dans une tendance de long terme observée depuis plus d’une décennie. Toutefois, l’année 2025 a mis en lumière une particularité notable : alors que la gestion passive domine largement sur les actions, la gestion active conserve un rôle prépondérant dans l’univers obligataire.

La fracture persistante entre actions et obligations

Pour la quatrième année consécutive, les fonds d’actions gérés activement ont enregistré des sorties nettes, totalisant près de 41 milliards d’euros en 2025. Cette désaffection prolongée traduit une perte de confiance des investisseurs dans la capacité des gérants actifs à surperformer durablement leurs indices de référence, notamment après prise en compte des frais.

Dans un environnement marqué par la concentration de la performance boursière autour d’un nombre restreint de grandes valeurs, notamment technologiques, les indices ont souvent surclassé la majorité des stratégies actives. Cette situation a renforcé l’attrait des fonds indiciels, perçus comme plus efficients et plus économiques.

Par ailleurs, la démocratisation de l’accès aux ETF, la digitalisation des plateformes d’investissement et l’essor du conseil financier indépendant ont favorisé une plus grande transparence sur les coûts et les performances, contribuant à accentuer la pression concurrentielle sur la gestion active.

La montée en puissance irrésistible des stratégies passives en actions

En parallèle, les fonds d’actions passifs ont enregistré une collecte nette spectaculaire de plus de 227 milliards d’euros en 2025. Cette dynamique prolonge une tendance de fond observée depuis près de dix ans, confirmant la domination croissante de la gestion indicielle sur les marchés actions.

Les investisseurs privilégient désormais des expositions larges, diversifiées et peu coûteuses, capables de capter la performance globale des marchés sans dépendre des choix discrétionnaires d’un gérant. Cette approche s’avère particulièrement adaptée dans un contexte de forte volatilité, où la dispersion des performances rend la sélection de titres plus complexe.

L’essor des ETF thématiques, sectoriels et factoriels a également enrichi l’offre passive, permettant aux investisseurs de construire des portefeuilles sophistiqués tout en conservant les avantages structurels de la gestion indicielle.

Le triomphe de la gestion active dans l’univers obligataire

À rebours de la tendance observée sur les actions, les obligations constituent le terrain privilégié de la gestion active. En 2025, les fonds obligataires actifs ont attiré près de 310 milliards d’euros, un niveau inédit depuis dix ans.

Cette préférence marquée s’explique par la complexité croissante des marchés de taux. Les variations rapides des rendements, l’incertitude sur l’évolution des politiques monétaires, la fragmentation géographique des cycles économiques et la montée des risques géopolitiques rendent la gestion obligataire particulièrement technique.

Dans ce contexte, les investisseurs valorisent l’expertise des gérants capables d’ajuster rapidement la duration, de sélectionner les émetteurs les plus solides, de diversifier les sources de rendement et de mettre en place des stratégies de couverture adaptées.

La recherche de flexibilité et de protection

Les fonds obligataires flexibles, capables de moduler leur exposition aux différentes classes d’obligations et devises, ont connu un succès remarquable. Leur capacité à naviguer dans un environnement instable, à arbitrer entre rendement et sécurité, et à ajuster dynamiquement la structure du portefeuille constitue un atout majeur aux yeux des investisseurs.

Par ailleurs, les stratégies à courte duration ont bénéficié d’un engouement particulier. En réduisant la sensibilité aux variations des taux, ces fonds offrent une meilleure protection du capital, tout en conservant un potentiel de rendement modéré dans un contexte de taux élevés.

Cette quête de prudence reflète une aversion accrue au risque, alimentée par les incertitudes économiques et politiques, ainsi que par la mémoire encore vive des fortes pertes enregistrées sur les marchés obligataires lors des précédents cycles de resserrement monétaire.

Le retour en grâce de l’Europe et la remise en question de la suprématie américaine

L’un des faits marquants de 2025 réside dans la spectaculaire rotation opérée en faveur des marchés européens, au détriment des actions américaines. Après une décennie de domination quasi ininterrompue des États-Unis, les investisseurs ont amorcé un rééquilibrage massif de leurs portefeuilles.

Cette évolution s’explique en grande partie par les bouleversements politiques intervenus outre-Atlantique. Les orientations économiques et commerciales adoptées par la nouvelle administration américaine ont suscité une montée brutale de l’incertitude, alimentant les craintes d’un ralentissement de la croissance, de tensions commerciales accrues et d’une instabilité durable du dollar.

Face à ce climat incertain, les investisseurs européens ont privilégié un retour vers leurs marchés domestiques, perçus comme plus prévisibles, mieux valorisés et offrant un potentiel de rattrapage significatif.

L’Europe comme valeur refuge relative

Les flux vers les fonds d’actions européennes ont atteint des niveaux rarement observés depuis plus de dix ans. Cette réhabilitation progressive de l’Europe repose sur plusieurs facteurs structurels.

D’une part, les valorisations boursières européennes demeurent attractives par rapport à leurs homologues américaines, offrant un potentiel de revalorisation intéressant à moyen terme. D’autre part, les politiques budgétaires et industrielles mises en œuvre par les gouvernements européens, notamment dans les domaines de la transition énergétique, de la défense et de la souveraineté technologique, renforcent l’attrait du continent.

Enfin, la stabilisation progressive de l’inflation et la perspective d’un assouplissement monétaire futur contribuent à améliorer les perspectives macroéconomiques, soutenant ainsi la confiance des investisseurs.

La défiance envers le dollar et la diversification monétaire

L’année 2025 a été marquée par une volonté croissante de réduire la dépendance au dollar américain. Cette tendance s’est traduite par une diminution des flux vers les fonds exposés directement à la devise américaine, au profit de stratégies couvertes contre le risque de change ou libellées dans d’autres monnaies.

La volatilité accrue du billet vert, alimentée par les incertitudes politiques et économiques, a renforcé l’attrait des stratégies de couverture, permettant de neutraliser partiellement les fluctuations monétaires.

L’essor des obligations des marchés émergents

Dans ce contexte, les obligations des pays émergents ont bénéficié d’un regain d’intérêt notable. Offrant des rendements attractifs et des perspectives de croissance supérieures, ces marchés constituent une source de diversification précieuse pour les portefeuilles obligataires européens.

Les investisseurs ont toutefois privilégié une approche prudente, combinant diversification géographique, sélection rigoureuse des émetteurs et gestion active des risques politiques et économiques.

L’essor spectaculaire des ETF et la maturation du marché européen

Les ETF et les ETC européens ont enregistré une collecte historique de plus de 337 milliards d’euros en 2025, portant leurs encours à près de 2 720 milliards d’euros. Cette performance exceptionnelle confirme la montée en puissance continue de ces instruments, devenus incontournables dans la construction des portefeuilles.

La demande est restée particulièrement soutenue pour les ETF actions, mais les ETF obligataires ont également connu une progression remarquable, traduisant l’élargissement progressif de l’offre et la sophistication croissante des investisseurs.

La diversification des usages et des stratégies

Longtemps cantonnés à un rôle d’outils de réplication indicielle simple, les ETF se transforment progressivement en instruments polyvalents, capables de répondre à des besoins d’allocation complexes. L’essor des ETF actifs, bien que représentant encore une part modeste du marché européen, illustre cette évolution.

Ces produits combinent la flexibilité de la gestion active avec les avantages structurels des ETF, notamment en matière de liquidité, de transparence et de coûts. Leur développement rapide témoigne de l’appétit croissant des investisseurs pour des solutions hybrides, capables d’allier performance potentielle et efficacité opérationnelle.

Les gestionnaires face à une concurrence exacerbée

Les classements en termes de collecte et d’encours montrent une nette domination des gestionnaires dotés d’une offre passive étendue et performante. Ces acteurs bénéficient pleinement de la migration massive des flux vers les ETF et les fonds indiciels.

Cette concentration croissante du marché soulève toutefois des interrogations quant à la diversité de l’offre, à la résilience du système financier et aux risques liés à la standardisation excessive des stratégies d’investissement.

Parallèlement, certaines sociétés spécialisées dans la gestion obligataire active ont enregistré des performances remarquables en matière de collecte. Leur expertise pointue, leur capacité d’innovation et leur maîtrise des risques leur ont permis de capter une part significative des flux dans un environnement complexe.

Ce succès souligne l’importance persistante de la valeur ajoutée humaine dans les segments de marché les plus techniques, où l’analyse fondamentale, la gestion du risque et la réactivité opérationnelle demeurent essentielles.

Le recul des fonds thématiques et la quête de sens

Les fonds thématiques ont poursuivi leur déclin en 2025, enregistrant des sorties nettes de près de 37 milliards d’euros. Après l’engouement spectaculaire observé lors des années précédentes, notamment autour des thématiques technologiques et environnementales, les investisseurs semblent désormais adopter une approche plus prudente.

La concentration excessive sur certaines tendances, la volatilité élevée et les performances parfois décevantes ont contribué à refroidir l’enthousiasme pour ces stratégies. Dans ce contexte morose, les fonds axés sur la défense et la sécurité ont fait figure d’exception. Portés par la montée des tensions géopolitiques et l’augmentation des budgets militaires, ces segments ont attiré des flux significatifs.

Ce regain d’intérêt illustre la manière dont les grandes évolutions géopolitiques influencent directement les orientations de l’investissement thématique, soulignant l’interconnexion croissante entre enjeux économiques, politiques et stratégiques.

Vers une nouvelle ère de l’investissement européen

L’analyse des flux de 2025 met en évidence une transformation profonde des comportements d’investissement. La quête de rendement, longtemps dominante, cède progressivement la place à une recherche plus équilibrée entre performance, sécurité et diversification.

Les investisseurs privilégient désormais des portefeuilles robustes, capables de résister aux chocs macroéconomiques, tout en conservant un potentiel de croissance à moyen et long terme.

La coexistence croissante entre gestion active et passive, notamment à travers les ETF actifs et les fonds flexibles, témoigne d’une hybridation des approches. Cette évolution traduit une volonté d’exploiter le meilleur des deux mondes, en combinant discipline indicielle, expertise humaine et innovation financière.

Conclusion

L’année 2025 marque un tournant décisif pour l’industrie européenne de la gestion d’actifs. Dans un environnement incertain et volatil, les investisseurs ont profondément remanié leurs allocations, privilégiant la prudence, la diversification et la flexibilité.

Le triomphe de la gestion obligataire active, l’essor spectaculaire des ETF, la grande rotation géographique en faveur de l’Europe et la remise en question de la suprématie américaine dessinent les contours d’un nouveau paradigme d’investissement.

Au-delà des chiffres record, ces évolutions traduisent une maturation progressive du marché, une sophistication accrue des investisseurs et une redéfinition durable des priorités. L’épargne européenne entre ainsi dans une nouvelle ère, marquée par une exigence renforcée de performance ajustée du risque, de transparence et de responsabilité.

Dans ce paysage en pleine mutation, les acteurs capables d’innover, d’anticiper les grandes tendances et de proposer des solutions adaptées aux besoins complexes des investisseurs seront les mieux placés pour tirer parti de cette transformation historique.

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Pétrole vénézuélien : fausses réserves, vrai enjeu géopolitique et bombe énergétique mondiale

Pétrole vénézuélien

Le Venezuela est souvent présenté comme un géant pétrolier incontournable. Les chiffres avancés font rêver. Des réserves colossales. Une part majeure du pétrole mondial. Pourtant, derrière cette abondance affichée se cache une réalité beaucoup plus complexe, technique et coûteuse.
En creusant la nature du pétrole vénézuélien, le fonctionnement des réserves officielles et les stratégies énergétiques des grandes puissances, un constat s’impose : le sujet dépasse largement la simple question de production. Il touche à l’avenir énergétique mondial, à la souveraineté monétaire et à l’équilibre géopolitique.


Ceci est un extrait d’une interview, sélectionné par votre média Green Finance, qui donne la parole à tous, même si cela peut vous déplaire et nous déclinons toutes responsabilités sur la source et les propos de cet extrait.

Le pétrole vénézuélien : une matière première hors norme

Jean Marc Jancovici, expert de l’énergie et du climat déconstruit le récit des gigantesques réserves pétrolières attribuées au Venezuela. Il met en lumière la réalité d’un pétrole extra-lourd, difficile à produire, extrêmement coûteux à transformer et largement surestimé dans les chiffres officiels. Son analyse s’inscrit dans une réflexion plus large sur le pic du pétrole conventionnel, la tension croissante sur l’approvisionnement mondial et les risques économiques qui en découlent.

En parallèle, un journaliste économique décrypte les dimensions industrielles, financières et géopolitiques du dossier vénézuélien. Il éclaire les intérêts liés au raffinage, aux infrastructures, aux chaînes logistiques et au contrôle des flux énergétiques, dans un contexte où le pétrole reste un levier stratégique majeur à l’échelle mondiale.

Un pétrole extra-lourd aux contraintes extrêmes

Le pétrole extrait au Venezuela appartient à une catégorie bien spécifique : le pétrole extra-lourd.
Sa consistance ne ressemble pas à celle du pétrole conventionnel. Il se situe quelque part entre le miel épais et le goudron. À l’état naturel, il ne coule quasiment pas.

Pour pouvoir être extrait, ce pétrole doit être chauffé directement dans le sous-sol. Cela implique des infrastructures lourdes : gazoducs pour alimenter le chauffage, installations complexes et consommation énergétique massive. L’extraction devient alors un processus industriel coûteux, lent et techniquement exigeant.

Des raffineries spécialisées indispensables

Une fois extrait, ce pétrole n’est toujours pas utilisable.
Il doit passer par des raffineries très spécifiques appelées « upgradeurs ». Leur rôle est de transformer cette matière proche du bitume en un pétrole de synthèse exploitable.

Ce type de transformation existe déjà ailleurs, notamment au Canada. Mais elle a un coût colossal. Chaque baril produit nécessite des investissements lourds, des technologies avancées et une rentabilité très incertaine selon le prix du marché.

Réserves pétrolières : des chiffres à manier avec précaution

Des réserves déclarées, pas nécessairement prouvées

Le chiffre souvent cité de 20 % des réserves mondiales détenues par le Venezuela provient… du Venezuela lui-même.
Dans le secteur pétrolier, seules les réserves déclarées par les États sont publiques. Il n’existe pas de contrôle indépendant systématique.

Pour les pays membres de l’OPEP, ces chiffres sont particulièrement sensibles. Ils déterminent directement les quotas de production autorisés. Plus un pays déclare de réserves, plus il peut produire et exporter.

L’exemple révélateur des années 1980

Lors de la chute brutale des prix du pétrole en 1985, un phénomène frappant est apparu.
Sans découvertes majeures, plusieurs pays de l’OPEP ont soudainement multiplié leurs réserves déclarées par deux ou trois.

L’objectif était clair : augmenter leur part de production pour compenser la baisse des prix par des volumes plus importants. Cette logique politique a durablement faussé la perception des réserves mondiales.

Une incohérence structurelle mondiale

Depuis les années 1960, les découvertes de nouveaux gisements diminuent. Pourtant, les réserves officielles mondiales ne cessent d’augmenter.
Certaines puissances pétrolières affichent des réserves stables pendant des décennies, tout en ayant extrait des volumes gigantesques sans nouvelles découvertes équivalentes.

Ces chiffres doivent donc être lus avec une extrême prudence. Ils relèvent autant de la géopolitique que de la géologie.

Le pétrole reste central dans l’économie mondiale

Une ressource encore abondante… mais sous tension

Le pétrole n’a pas disparu. Il reste présent en grande quantité sur Terre.
Mais la consommation mondiale est telle que cette abondance devient relative. Même sans considérer les enjeux climatiques, la pression sur l’offre est déjà visible.

Depuis 2008, l’Europe subit une baisse contrainte de son approvisionnement pétrolier. Cette date correspond au pic de production du pétrole conventionnel à l’échelle mondiale.

Une dépendance européenne critique

L’Union européenne importe environ 97 % de son pétrole.
À mesure que la production mondiale diminuera, les pays exportateurs privilégieront leur propre consommation. Le volume réellement disponible à l’export pourrait chuter de manière drastique entre 2030 et 2050.

Dans ce contexte, chaque baril accessible devient stratégique.

Pourquoi le Venezuela intéresse autant les États-Unis

Une logique industrielle déjà maîtrisée

Les États-Unis savent traiter le pétrole extra-lourd.
Ils le font depuis des décennies avec le pétrole canadien. Le sud du pays dispose de raffineries parfaitement adaptées à ce type de brut, notamment en Louisiane et au Texas.

Historiquement, les États-Unis importaient massivement du pétrole vénézuélien. Les infrastructures existent toujours. L’expertise est intacte.

Un objectif monétaire avant tout

L’enjeu immédiat n’est pas de produire davantage.
L’objectif prioritaire est de contrôler les flux commerciaux. En particulier, imposer que le pétrole vénézuélien soit vendu en dollars, même lorsqu’il est exporté vers des pays comme la Chine ou l’Iran.

Il s’agit de réinjecter des pétrodollars dans le système financier international et de renforcer le rôle du dollar comme devise de référence mondiale.

Les gagnants potentiels de cette recomposition énergétique

Les raffineries spécialisées en première ligne

À moyen terme, les grandes gagnantes seront les raffineries capables de traiter le pétrole ultra-lourd.
Elles bénéficieront d’un approvisionnement plus stable et de contraintes logistiques réduites par rapport à d’autres sources.

Leur avantage repose sur une préparation industrielle ancienne, prête à être réactivée.

Le Canada, partenaire stratégique inattendu

Le Canada pourrait également tirer profit de cette situation.
Son expertise dans le pétrole lourd en fait un allié technique clé. Surtout, il offre une stabilité politique et institutionnelle bien supérieure à celle du Venezuela.

Cette complémentarité renforce son rôle dans l’architecture énergétique nord-américaine.

Transport, logistique et services pétroliers

Souvent oubliés, les transporteurs et logisticiens jouent un rôle central. Pipelines, terminaux portuaires, infrastructures maritimes : tout cet écosystème devient crucial.

Enfin, les entreprises spécialisées dans l’extraction et la transformation du pétrole lourd pourraient retrouver une importance stratégique majeure après des années de mise en retrait.

Accumuler aujourd’hui pour ne pas manquer demain

Le pétrole vénézuélien n’est ni simple, ni bon marché, ni immédiatement exploitable.
Mais dans un monde où l’énergie devient la clé de la puissance économique, l’objectif n’est pas l’exploitation immédiate. Il est la sécurisation.

Accumuler des ressources, contrôler les flux, maintenir une avance technologique et monétaire : voilà le véritable enjeu.
Car dans cinq, dix ou vingt ans, le risque ne sera pas l’abondance, mais la pénurie.

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