Les pertes assurées peuvent-elles refléter le coût du changement climatique ?

changement climatique

Coût du changement climatique : le changement climatique représente une incertitude majeure pour l’économie mondiale, et évaluer son coût exact reste un défi. Alors que les catastrophes naturelles se multiplient, les pertes économiques. Et assurées continuent de croître, mais elles ne reflètent pas toutes les conséquences réelles du dérèglement climatique. Dans ce contexte, les pertes assurées liées aux événements climatiques dans les zones fortement couvertes pourraient servir de baromètre pour suivre l’évolution des coûts liés au climat. Cet article explore cette question en analysant les écarts entre pertes économiques et assurées. L’impact des risques physiques et l’évolution des pratiques d’assurance face au changement climatique.

Des pertes assurées historiquement inférieures aux pertes économiques

À l’échelle mondiale, une part importante des pertes économiques causées par les catastrophes naturelles reste non assurée. Selon Swiss Re, sur la dernière décennie, seulement 41 % des pertes économiques ont été couvertes par l’assurance, laissant 59 % des dommages non protégés. Ces chiffres montrent que l’assurance ne capte pas l’intégralité des coûts du changement climatique.

Les pertes économiques incluent à la fois les dommages directs et indirects, tels que la dépréciation des biens, la baisse de productivité ou les perturbations des chaînes d’approvisionnement. Toutefois, ces calculs reposent souvent sur des données provenant des pays développés, ce qui limite la représentativité globale. Par exemple, en 2024, Aon estimait les pertes économiques mondiales à 368 milliards de dollars, dont seulement 39 % étaient assurées.

Il existe également de fortes disparités régionales. En Europe, seulement 25 % des pertes liées aux événements climatiques extrêmes étaient couvertes entre 1981 et 2023, et ce taux est en baisse dans certains pays. Les causes sont multiples : manque d’accessibilité financière, confiance excessive dans l’intervention des gouvernements, complexité des contrats d’assurance, absence de canaux de distribution et faible sensibilisation du public. L’exemple de l’Italie montre toutefois qu’une réglementation peut modifier cette situation : depuis mars 2025, les entités légales doivent être couvertes pour les risques d’inondation, de séisme et de glissement de terrain.

Sur un plan mondial, les États-Unis concentrent la majorité des pertes assurées, représentant 78 % du total mondial en 2024. L’Asie et le Pacifique ne représentent que 3 %, tandis que l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique totalisent 13 %. Cette concentration reflète l’importance de la couverture d’assurance pour mesurer les tendances liées aux coûts climatiques.

Les coûts climatiques mal capturés par les pertes économiques

Les pertes économiques ne reflètent pas toujours la réalité des impacts du changement climatique. Les calculs traditionnels se concentrent sur certains périls — inondations, tempêtes, incendies et séismes — mais excluent d’autres risques majeurs comme les vagues de chaleur. De plus, les effets indirects des catastrophes, tels que la baisse de valeur des biens, les perturbations des chaînes logistiques, la réduction de rendement agricole ou les pertes d’emplois, ne sont pas entièrement pris en compte.

Les risques climatiques de long terme, dits “slow-onset”, ne sont également pas intégrés. Il s’agit des conséquences graduelles du réchauffement planétaire : hausse du niveau de la mer, sécheresse, modifications des précipitations, raréfaction de l’eau douce, dégradation des écosystèmes et glissements de terrain. Par exemple, les stations de ski à basse altitude doivent adapter leurs modèles économiques face à des saisons de neige plus courtes, ce qui entraîne des pertes de revenus non couvertes par l’assurance.

Inversement, certains phénomènes, comme la fonte accélérée des glaciers au Groenland, peuvent générer des opportunités économiques (extraction de terres rares), montrant que les coûts climatiques ne sont pas uniquement négatifs mais entraînent aussi des redistributions géopolitiques et économiques.

L’influence des pratiques d’assurance sur les pertes déclarées

Les pertes assurées dépendent directement de la couverture et des standards de souscription. Tous les événements climatiques ne sont pas couverts par le secteur privé ; certaines protections relèvent de dispositifs publics. Les assureurs ajustent régulièrement leurs modèles de catastrophes naturelles en fonction des données scientifiques et des pertes récentes, ce qui peut créer une divergence entre l’ampleur réelle des risques et les pertes assurées déclarées.

En réaction à l’augmentation du risque, les assureurs peuvent augmenter les tarifs ou se retirer de certaines zones à haut risque, limitant la disponibilité de l’assurance. Les États-Unis offrent un exemple frappant : dans certaines régions exposées aux incendies ou tempêtes extrêmes, l’assurance devient coûteuse ou indisponible. L’Europe envisage des solutions mixtes public-privé, comme un mécanisme de réassurance au niveau de l’UE ou un fonds de catastrophe, mais leur mise en œuvre reste incertaine.

Une tendance à la hausse des pertes assurées malgré tout

Malgré ces limites, les pertes assurées mondiales sont en augmentation. Selon Swiss Re, elles croissent à un rythme annuel de 5 à 7 % en termes réels. En 2024, les pertes assurées ont atteint 137 milliards de dollars, tandis que les pertes économiques totales s’élevaient à 318 milliards de dollars, soit 0,3 % du PIB mondial. Les catastrophes liées aux tempêtes, cyclones et inondations restent les principaux contributeurs à ces pertes, tandis que les incendies connaissent également une hausse notable depuis 2020.

Dans les zones fortement couvertes comme les États-Unis, la hausse des pertes assurées suit la même tendance que les pertes économiques, ce qui confirme que l’augmentation des coûts climatiques se reflète dans l’assurance. En 2024, les pertes économiques ont doublé par rapport à la moyenne du XXIe siècle, atteignant 218 milliards de dollars, tandis que les pertes assurées ont totalisé 113 milliards de dollars, bien au-dessus de la moyenne historique. Cela suggère que les pertes assurées dans les zones avec une couverture solide peuvent être un indicateur fiable de l’évolution des coûts liés au climat.

Un indicateur précieux mais limité

Les pertes assurées offrent une perspective intéressante pour suivre l’évolution des coûts du changement climatique, surtout dans les régions bien couvertes. Elles permettent d’anticiper l’impact des catastrophes naturelles et de mieux comprendre la dynamique du risque climatique. Cependant, elles ne reflètent pas la totalité des coûts économiques et sociaux, ni les risques de long terme ou les effets indirects.

En somme, les pertes assurées sont un outil utile mais incomplet. Pour une évaluation complète des coûts du changement climatique, il est essentiel de combiner ces données avec des analyses économiques, sociales et environnementales. Elles constituent néanmoins un indicateur tangible et mesurable dans un monde où l’incertitude climatique est devenue la norme.

À lire aussi : Finance, climat et transition : quand les marchés redessinent la trajectoire énergétique mondiale

L’Estonie mise sur le stockage d’énergie pour sécuriser son avenir électrique

Baltic Storage Platform en Estonie

La transition énergétique n’est plus seulement une question de production. Elle est aussi, et surtout, une question de stabilité. En inaugurant le site de stockage par batteries Hertz 1 à Kiisa, l’Estonie franchit une étape décisive dans la modernisation de son système électrique. Ce projet d’envergure européenne incarne une nouvelle manière de penser la sécurité énergétique, en combinant innovation technologique, coopération industrielle et stratégie de long terme. À l’heure où les pays baltes consolident leur intégration au réseau continental européen, le stockage devient un pilier central de la résilience électrique.

Hertz 1 est développé par la Baltic Storage Platform (BSP), une coentreprise réunissant Evecon, leader balte des énergies renouvelables, Corsica Sole, producteur indépendant français d’énergie solaire et spécialiste du stockage à grande échelle, et Mirova, gestionnaire d’investissements durables. Cette collaboration franco-balte illustre la mobilisation de capitaux privés pour renforcer la résilience énergétique de la région.

Un projet structurant pour la sécurité énergétique estonienne

Avec une capacité de stockage de 200 MWh, Hertz 1 s’impose comme l’un des plus grands sites de batteries d’Europe continentale. Il ne s’agit pas d’un simple équipement technique, mais d’une infrastructure stratégique. Son rôle est clair. Stabiliser le réseau électrique. Réagir en quelques secondes aux déséquilibres. Absorber les variations liées aux énergies renouvelables.

L’Estonie, comme ses voisins baltes, a récemment synchronisé son réseau avec celui de l’Europe continentale. Ce changement renforce l’indépendance énergétique de la région. Mais il impose aussi de nouvelles exigences en matière de stabilité et de fiabilité. Dans ce contexte, Hertz 1 agit comme un amortisseur. Il protège le système contre les chocs. Il sécurise l’approvisionnement. Et il renforce la souveraineté énergétique du pays.

À l’échelle nationale, l’impact est comparable à l’ajout d’une grande centrale de production. Mais avec un avantage clé. La flexibilité. Là où une centrale produit, une batterie équilibre. Elle ajuste, elle corrige, elle soutient le réseau en temps réel.

Un investissement massif pour accompagner la transition du réseau balte

Derrière cette réalisation, on trouve un montage financier solide. Près de 86 millions d’euros ont été mobilisés auprès d’institutions financières européennes de premier plan. Cet engagement montre une chose essentielle. Le stockage d’énergie est désormais considéré comme une infrastructure critique. Au même titre que les lignes à haute tension ou les centrales électriques.

Hertz 1 n’est d’ailleurs que la première étape. Un second site, Hertz 2, est en cours de développement à Aruküla. Ensemble, les deux installations formeront un ensemble de 200 MW de puissance et 400 MWh de capacité de stockage. Un des plus importants complexes de batteries du continent.

Cet ensemble jouera un rôle central dans la stabilisation du système électrique balte. Il accompagnera aussi la sortie progressive des combustibles fossiles. Car sans capacité de stockage, il est impossible d’intégrer massivement des énergies renouvelables variables comme l’éolien ou le solaire.

Des services système au cœur de la performance du réseau

Hertz 1 n’est pas une batterie passive. C’est un outil actif du système électrique. Il intervient sur plusieurs marchés et plusieurs types de services. Réserves de fréquence. Ajustement en temps réel. Marchés de l’électricité à court terme. Chaque fonction vise le même objectif. Maintenir l’équilibre permanent entre production et consommation.

Cette capacité à opérer sur plusieurs fronts fait du site un actif orienté marché. Il ne se contente pas de stocker de l’énergie, il optimise son usage. Il renforce l’efficacité globale du système. Et il améliore la fiabilité du réseau dans son ensemble.

Dans un contexte de forte montée en puissance des énergies renouvelables, cette flexibilité devient indispensable. Elle permet d’absorber les excédents de production. Elle limite les risques de coupure. Et elle offre aux gestionnaires de réseau un outil de pilotage moderne et réactif.

Un levier concret pour limiter la volatilité des prix de l’électricité

Le stockage à grande échelle n’a pas qu’un impact technique. Il a aussi un effet économique direct. En stockant l’électricité lorsque les prix sont bas, puis en la réinjectant lors des périodes de forte demande, Hertz 1 contribue à lisser les fluctuations de prix. Ce mécanisme simple aide à réduire les pics extrêmes observés ces dernières années sur les marchés de l’énergie.

Pour les consommateurs, l’enjeu est majeur. Moins de volatilité signifie plus de visibilité. Et, à terme, une meilleure protection contre les chocs de prix. Pour le système électrique, cela signifie aussi une meilleure utilisation des capacités de production existantes.

Le stockage devient ainsi un outil d’optimisation globale. Il valorise les surplus d’énergie renouvelable. Il évite le gaspillage. Et il renforce l’efficacité économique de la transition énergétique.

Une innovation technologique au service de la résilience

Le site de Kiisa se distingue aussi par ses choix techniques. Pour la première fois en Estonie, une installation de ce type est raccordée au réseau de transport 330 kV via un câble souterrain. Ce détail est loin d’être anodin. Il améliore la sécurité physique de l’infrastructure. Et il renforce la résilience face aux aléas climatiques ou aux risques extérieurs.

L’architecture du site repose sur une conception modulaire. Des dizaines de conteneurs autonomes regroupent les batteries, les systèmes de refroidissement, la protection incendie et les outils de supervision. Chaque unité fonctionne comme un bloc indépendant. Cette approche facilite la maintenance. Elle améliore la sécurité. Et elle garantit une performance stable sur le long terme.

Ce niveau d’exigence technique place Hertz 1 comme une référence pour les futurs projets de stockage à grande échelle dans la région.

Une réussite industrielle fondée sur des partenariats solides

Un projet de cette ampleur ne peut réussir sans coordination étroite entre les acteurs. Ingénierie. Intégration réseau. Construction. Mise en service. Chaque étape a nécessité une collaboration étroite entre développeurs, industriels et gestionnaires de réseau.

Le gestionnaire estonien du réseau de transport a joué un rôle clé dans l’intégration de l’installation. Les partenaires industriels ont, de leur côté, assuré une exécution dans des délais ambitieux et selon des standards techniques élevés. Le résultat est là. Un site opérationnel. Performant. Et prêt à soutenir le réseau sur le long terme.

Cette réussite montre que le stockage par batteries est entré dans une nouvelle phase. Celle de la maturité industrielle et de la crédibilité à grande échelle.

Le stockage, pilier du système électrique européen de demain

Au-delà du cas estonien, Hertz 1 illustre une tendance de fond en Europe. À mesure que la part des énergies renouvelables augmente, le besoin de flexibilité devient critique. Le stockage n’est plus un complément. Il devient une brique centrale du système électrique.

Il permet de concilier trois objectifs. Sécurité d’approvisionnement. Réduction des émissions de carbone. Efficacité économique. Sans lui, la transition énergétique resterait incomplète et fragile.

L’entrée en service de Hertz 1, puis de Hertz 2, place la région baltique à l’avant-garde de cette transformation. Elle montre aussi que les investissements privés, lorsqu’ils sont bien structurés, peuvent jouer un rôle déterminant dans la construction du système énergétique européen de demain.

À lire aussi : « Du pétrole dans vos huiles » : quand l’expertise publique danse avec l’industrie

Marchés privés et gestion d’actifs : la fin d’un cycle d’euphorie, le début d’un nouvel équilibre

gestion d’actifs

L’année 2025 a marqué un net coup d’arrêt pour les marchés privés et, plus largement, pour l’industrie de la gestion d’actifs en Europe et aux États-Unis. Après plusieurs années d’euphorie, la réalité économique a repris ses droits. Les levées de fonds ont fortement ralenti. Les performances ont déçu. Et les écarts de valorisation entre gestionnaires spécialisés dans le non coté et acteurs traditionnels se sont resserrés. Le dernier rapport de Morningstar dresse le portrait d’un secteur en pleine phase d’ajustement, où les investisseurs deviennent plus exigeants et où les équilibres se redessinent progressivement.

2025, l’année du ralentissement brutal des marchés privés

Le choc est venu d’abord des levées de fonds. En Europe, les montants collectés par le capital-investissement ont atteint leur plus bas niveau depuis dix ans. Un phénomène largement expliqué par l’absence de grands fonds dits « méga-fonds ». En 2025, aucune levée majeure n’a dépassé les 5 milliards d’euros. Un contraste saisissant avec l’année précédente, où près de la moitié des capitaux provenaient de véhicules bien plus imposants.

Aux États-Unis, la tendance est similaire. La collecte a continué de reculer, avec une baisse d’environ 17 % sur un an. Le marché souffre d’un double frein. D’un côté, la consolidation du secteur limite le nombre de nouveaux projets attractifs. De l’autre, le manque de sorties réduit les retours de liquidités vers les investisseurs. Résultat, ces derniers hésitent à réengager massivement leur capital.

Ce ralentissement met en lumière une réalité simple. Le modèle des marchés privés dépend fortement de la fluidité des cycles d’investissement et de désinvestissement. Quand les sorties se bloquent, toute la mécanique se grippe.

Lire le rapport complet ici.

Des performances en retrait qui changent la perception du secteur

Au-delà de la collecte, les rendements ont aussi déçu. En 2025, les performances des fonds de private capital européens se sont situées autour de la moitié de leurs moyennes de long terme. Les contraintes de liquidité ont pesé lourd. Les distributions de cash aux investisseurs ont été limitées. Et cela a mécaniquement affecté l’attractivité du secteur.

Cette sous-performance a eu un effet visible en Bourse. L’écart de valorisation entre les gestionnaires de marchés privés et les gestionnaires traditionnels s’est nettement réduit. Pendant longtemps, les acteurs du non coté bénéficiaient d’une prime liée à leurs perspectives de croissance supérieures. Aujourd’hui, cette prime s’est érodée.

Pour autant, tout n’est pas négatif. Cette phase de correction a aussi permis de « réinitialiser » les attentes. Les valorisations redeviennent plus raisonnables. Et certains analystes estiment que 2026 pourrait offrir un point d’entrée plus intéressant pour les investisseurs de long terme.

Des sorties toujours trop faibles pour relancer la machine

Le cœur du problème reste le même : le manque de sorties. Dans le capital-investissement, la performance dépend autant de la capacité à investir que de la capacité à vendre au bon moment. Or, l’environnement actuel reste peu favorable aux cessions, qu’il s’agisse de ventes industrielles ou d’introductions en Bourse.

Les multiples payés lors des grandes opérations de 2021 et 2022 pèsent encore sur le marché. Beaucoup d’actifs ont été acquis à des niveaux de valorisation élevés. Les revendre aujourd’hui sans perte significative est difficile. D’autant plus que les valorisations des petites et moyennes capitalisations, souvent comparables aux sociétés détenues par les fonds, restent sous pression, surtout en Europe.

Tant que ce blocage persistera, les flux de capitaux vers les nouveaux fonds resteront contraints. Moins de sorties signifie moins de liquidités redistribuées. Et donc moins de capacités à relancer un nouveau cycle d’investissement.

Taux d’intérêt en baisse : un soutien progressif pour le non coté

Un élément pourrait toutefois changer la donne. La perspective de taux d’intérêt plus bas. La baisse des rendements et le resserrement des spreads sur les prêts à effet de levier rendent le financement des opérations plus accessible. Cela facilite à la fois les nouvelles acquisitions et les refinancements.

Pour le private equity, des coûts de financement plus faibles peuvent soutenir l’activité et, à terme, les performances. Pour le private credit, l’augmentation attendue des volumes d’émissions pourrait aussi doper les encours sous gestion. Autrement dit, même si 2025 a été une année difficile, les conditions financières pourraient devenir plus favorables à moyen terme.

Cela ne signifie pas un retour immédiat à l’euphorie passée. Mais plutôt l’ouverture d’une phase de normalisation, plus saine et plus sélective.

Les gestionnaires traditionnels reprennent des couleurs

Pendant que les marchés privés traversaient cette zone de turbulence, les gestionnaires d’actifs traditionnels ont montré des signes de résistance. Les flux vers les fonds européens sont restés globalement positifs, même si les marchés ont parfois pesé sur la croissance des encours.

Un point notable concerne le retour progressif de l’intérêt pour la gestion active. Certes, les stratégies passives continuent de capter une grande partie des flux. Mais la seconde moitié de 2025 a vu un regain d’entrées sur les fonds actifs. Un signal encourageant pour un secteur souvent sous pression face à la montée en puissance des produits indiciels à bas coûts.

Par ailleurs, les investisseurs ont massivement privilégié les fonds obligataires, dans un contexte où ils cherchent à sécuriser des rendements attractifs. Cette dynamique soutient les revenus des gestionnaires, même si la concurrence reste intense.

Des valorisations désormais plus équilibrées entre les acteurs

La conséquence de ces évolutions est claire. Aujourd’hui, les gestionnaires d’actifs, qu’ils soient positionnés sur les marchés privés ou sur les marchés cotés traditionnels, affichent des niveaux de valorisation jugés globalement raisonnables. Les primes dont bénéficiaient les spécialistes du non coté se sont réduites. Et les acteurs traditionnels apparaissent parfois décotés, malgré une rentabilité toujours solide.

Dans ce paysage, certains groupes se distinguent. Amundi reste une référence côté gestion traditionnelle, grâce à sa taille, à son efficacité opérationnelle et à la force de son réseau de distribution. Du côté des marchés privés, Partners Group tire son épingle du jeu avec un modèle économique qui capte pleinement les revenus de gestion et offre des marges supérieures à la moyenne.

Vers un nouveau cycle, plus exigeant et plus sélectif

En définitive, 2025 ressemble à une année de transition. Le secteur sort d’une période d’excès et entre dans une phase de normalisation. Les investisseurs sont plus prudents. Ils exigent de meilleurs rendements et plus de visibilité. Les gestionnaires, eux, doivent composer avec un environnement plus contraignant, mais aussi plus sain.

Si les conditions de liquidité s’améliorent et si les taux continuent de baisser, 2026 pourrait marquer le début d’un nouveau cycle. Un cycle moins spectaculaire, sans doute. Mais aussi plus équilibré, plus sélectif, et potentiellement plus durable pour l’ensemble de l’industrie de la gestion d’actifs.

À lire aussi : « Du pétrole dans vos huiles » : quand l’expertise publique danse avec l’industrie

À Chantilly, une alliance inédite avec le Parc Astérix pour redonner souffle à la forêt

Parc Astérix

Au cœur de l’Oise, un projet discret mais ambitieux est en train de transformer durablement le paysage forestier. Le Parc Astérix, le Château de Chantilly et CDC Biodiversité ont décidé d’unir leurs forces pour restaurer des milieux naturels fragilisés par le changement climatique. Sur plusieurs hectares, des travaux de reboisement et de diversification des essences ont déjà commencé. L’objectif est clair. Réparer les écosystèmes. Anticiper les évolutions du climat. Et inscrire cette démarche dans le temps long, au service du territoire et de sa biodiversité.

Une forêt prestigieuse sous pression climatique

La forêt de Chantilly est l’un des grands ensembles forestiers des environs de Paris. Elle s’étend sur plusieurs milliers d’hectares et repose en grande partie sur des sols sableux, peu capables de retenir l’eau. Cette caractéristique la rend particulièrement vulnérable aux épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents. Aujourd’hui, une part importante des arbres, notamment les chênes, montre des signes de faiblesse préoccupants. Dépérissement, maladies, mortalité accrue. Les effets du dérèglement climatique sont déjà visibles et menacent l’équilibre de cet écosystème emblématique.

Face à ce constat, l’inaction n’était plus une option. Les partenaires du projet ont identifié plusieurs parcelles en difficulté, parfois bloquées dans des impasses sylvicoles. Ces zones, qui peinent à se régénérer naturellement, sont devenues prioritaires pour engager des actions de restauration. L’enjeu n’est pas seulement de remplacer des arbres. Il s’agit de repenser la structure même de la forêt pour la rendre plus résiliente et mieux armée face aux conditions climatiques futures.

Un partenariat local au service d’une vision durable

Ce projet repose sur une coopération étroite entre des acteurs aux profils très différents. Le Parc Astérix, engagé dans une démarche de compensation écologique liée à ses aménagements, a confié à CDC Biodiversité la mise en œuvre opérationnelle des actions. Le Château de Chantilly, propriétaire des terrains, apporte quant à lui un cadre foncier et une vision patrimoniale de long terme. À leurs côtés, l’Office National des Forêts et plusieurs organismes de protection de la nature contribuent à l’expertise technique et écologique.

La proximité géographique entre le parc d’attractions et la forêt de Chantilly donne tout son sens à cette démarche. Plutôt que de disperser les efforts, les partenaires ont choisi de renforcer un territoire déjà riche, mais fragilisé. Cette logique permet de consolider les continuités écologiques, d’améliorer les habitats pour la faune et de redonner de la cohérence aux paysages forestiers. C’est une approche pragmatique, ancrée dans le réel, et tournée vers l’intérêt collectif.

Des actions concrètes pour réparer et anticiper

Sur le terrain, les interventions prennent des formes très concrètes. Des plantations d’essences locales, choisies pour leur capacité à résister aux évolutions climatiques, sont en cours. La diversité est au cœur de la stratégie. Une forêt plus variée est aussi une forêt plus robuste. Des lisières et des clairières sont également créées pour favoriser la lumière, la régénération naturelle et la richesse des milieux. Certaines zones sont laissées en îlots de sénescence, afin de préserver des arbres vieillissants, précieux pour de nombreuses espèces.

La restauration de milieux ouverts, comme les landes à callune, complète ce dispositif. Ces habitats, souvent négligés, jouent pourtant un rôle essentiel pour la biodiversité, notamment pour les oiseaux et les chauves-souris. L’ensemble de ces actions vise un même objectif. Reconstruire des écosystèmes fonctionnels, capables d’évoluer, et non figés dans une vision du passé.

Un engagement inscrit dans le temps long

L’une des forces de ce projet réside dans son cadre juridique et temporel. Les partenaires se sont engagés sur plusieurs décennies, grâce à un dispositif spécifique garantissant la continuité des actions. Cette vision à long terme est essentielle en matière de forêt. Les résultats ne se mesurent pas en quelques mois, mais en années, parfois en générations. Les premiers travaux ont débuté fin 2024 et se poursuivent désormais selon un calendrier pensé pour respecter les cycles naturels et les périodes sensibles pour la faune et la flore.

Après les phases de restauration lourde viendront des interventions plus légères. Entretien ciblé. Suivi écologique. Ajustements si nécessaire. Cette progression permet d’accompagner la forêt dans sa transformation, sans brutalité, et en tenant compte de ses réactions. La gestion adaptative devient ainsi un principe central du projet.

Une coopération territoriale tournée vers l’avenir

Au-delà des aspects techniques, cette initiative illustre une nouvelle manière de travailler ensemble à l’échelle d’un territoire. Collectivités, gestionnaires d’espaces naturels, opérateurs spécialisés et acteurs économiques partagent ici une responsabilité commune. Celle de préparer les paysages de demain. Dans un contexte de changement climatique accéléré, ce type de coopération devient indispensable pour préserver à la fois la biodiversité et les usages humains de la forêt.

Ce projet montre qu’une compensation écologique peut dépasser la simple obligation réglementaire. Elle peut devenir un véritable levier de transformation positive. En renforçant la résilience des milieux naturels, les partenaires contribuent aussi à la qualité de vie locale et à la transmission d’un patrimoine forestier vivant. Une forêt qui ne soit pas seulement un héritage du passé, mais une promesse pour les générations futures.

À lire aussi : L’Europe à l’heure des choix stratégiques : quand l’investissement devient un levier de souveraineté

ING France affirme son modèle social et mise sur la coparentalité en 2026

coparentalité

La reconnaissance d’un employeur ne se limite plus aujourd’hui à la performance économique. Elle se mesure aussi à sa capacité à écouter, à inclure et à accompagner ses équipes dans les grandes étapes de la vie. En 2026, ING France s’inscrit pleinement dans cette dynamique. La banque obtient pour la deuxième année consécutive la certification Top Employer et annonce, dans le même temps, une avancée sociale forte : la création d’un congé additionnel de huit semaines, entièrement rémunéré, pour le deuxième parent. Une décision qui illustre une vision moderne du travail et de la parentalité.

Une certification qui confirme une stratégie RH solide

La labellisation Top Employer 2026 vient récompenser une politique de ressources humaines construite sur la durée. Cette distinction, attribuée après une évaluation exigeante de plusieurs centaines de critères, passe au crible l’ensemble des pratiques managériales. Conditions de travail, accompagnement des carrières, engagement des collaborateurs ou encore qualité du dialogue interne sont analysés en profondeur.

En 2026, ING France se démarque tout particulièrement sur les dimensions liées au sens et aux valeurs. Les résultats obtenus montrent une entreprise capable de traduire ses principes en actions concrètes. L’écoute des équipes occupe aussi une place centrale. Elle n’est plus seulement un discours, mais un levier réel de transformation interne. Cette cohérence entre intentions et pratiques renforce la crédibilité de la banque auprès de ses collaborateurs comme auprès de ses partenaires.

Un engagement social qui dépasse le cadre de l’entreprise

La politique d’ING France ne s’arrête pas aux murs de l’organisation. Elle s’étend aussi à des actions citoyennes portées par les équipes elles-mêmes. Le partenariat avec l’association Le Chaînon Manquant en est un exemple marquant. Il permet aux salariés de s’impliquer, sur leur temps de travail, dans la lutte contre la précarité alimentaire.

Ce type d’initiative donne du sens au quotidien professionnel. Il crée aussi un lien concret entre l’entreprise et la société. En valorisant cet engagement, ING France montre que la performance peut aller de pair avec l’utilité sociale. Et que l’entreprise a un rôle à jouer dans les grands enjeux contemporains.

Une culture d’entreprise fondée sur l’inclusion et l’équité

L’audit Top Employer met également en lumière les efforts menés en matière de diversité et d’égalité des chances. Le réseau interne OpenING occupe une place centrale dans cette démarche. Animé par des collaborateurs volontaires, et soutenu par la direction, il agit comme un moteur pour faire progresser les pratiques et les mentalités.

En parallèle, la banque déploie des programmes dédiés au leadership féminin, des actions de correction des écarts de rémunération et des formations managériales axées sur l’inclusion. Ces dispositifs ne relèvent pas du symbole. Ils s’inscrivent dans une volonté de transformation durable. Le Code Orange, qui structure la culture interne, vient renforcer cette approche en valorisant la transparence, l’autonomie et la responsabilité à tous les niveaux de l’organisation.

La coparentalité au cœur des nouvelles priorités sociales

Dans le prolongement de cette dynamique, ING France franchit une nouvelle étape en matière de politique familiale. Depuis le 1er janvier 2026, un congé parental additionnel de huit semaines, intégralement rémunéré, est accordé au deuxième parent en cas de naissance ou d’adoption. Ce dispositif vient compléter le cadre légal existant et envoie un signal fort.

L’objectif est clair. Favoriser un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Encourager un partage plus équitable des responsabilités parentales. Et contribuer, de manière concrète, à l’égalité entre les femmes et les hommes. Cette mesure s’inscrit aussi dans une vision plus large du bien-être au travail, où la performance ne se construit pas au détriment de la vie personnelle.

Une vision d’employeur tournée vers l’avenir

À travers ces annonces, ING France confirme sa volonté d’être un acteur engagé et innovant sur le plan social. La certification Top Employer et la création de ce nouveau congé parental traduisent une même ambition : construire un modèle d’entreprise attractif, responsable et en phase avec les évolutions de la société.

Cette stratégie renforce l’image d’ING France comme employeur de référence dans le secteur bancaire. Elle montre aussi qu’il est possible de conjuguer exigences économiques, responsabilité sociale et attention portée aux parcours de vie des collaborateurs. Une approche qui, à long terme, constitue un véritable levier de confiance et de performance durable.

À lire aussi : Fidelity International renforce sa stratégie ESG avec la nomination d’Elly Irving

L’Europe à l’heure des choix stratégiques : quand l’investissement devient un levier de souveraineté

Souveraineté européenne

L’Europe traverse une période de bascule. Entre tensions géopolitiques, incertitudes économiques et dépendances industrielles, le continent est poussé à repenser ses priorités. Dans ce contexte, la finance n’est plus seulement un outil de performance. Elle devient un instrument de transformation. Le succès rapide du fonds Nordea 1 – Empower Europe, qui a franchi le seuil des 500 millions d’euros d’actifs en quelques mois, illustre ce changement profond. Les investisseurs ne cherchent plus seulement du rendement. Ils veulent aussi participer à la construction d’une Europe plus résiliente, plus autonome et plus compétitive.

Une dynamique d’investissement portée par un nouveau contexte européen

Depuis plusieurs années, l’environnement international s’est durci. Les chaînes d’approvisionnement sont plus fragiles. Les équilibres économiques mondiaux évoluent. Et la question de la souveraineté européenne s’impose dans le débat public comme dans les décisions d’investissement. L’Europe ne peut plus se contenter de dépendre de partenaires extérieurs pour son énergie, son industrie ou sa sécurité.

C’est dans ce climat que le fonds Nordea 1 – Empower Europe a trouvé un écho particulièrement fort auprès des investisseurs. En atteignant rapidement un encours significatif, il témoigne d’une conviction partagée. La transformation de l’économie européenne n’est pas un simple cycle conjoncturel. C’est une mutation de fond. Les capitaux se réorientent vers des priorités stratégiques, avec une logique de long terme. L’investissement devient alors un outil de stabilisation, mais aussi de projection vers l’avenir.

Investir pour renforcer la résilience et la compétitivité du continent

La nouvelle donne européenne repose sur un principe simple. Pour rester un acteur crédible sur la scène mondiale, l’Europe doit consolider ses bases. Cela passe par une meilleure maîtrise de ses ressources, par un tissu industriel plus robuste et par des capacités de défense adaptées aux enjeux actuels.

Dans cette perspective, l’investissement joue un rôle central. Il permet d’accélérer la modernisation des infrastructures. Il soutient l’innovation. Et il accompagne la montée en puissance de secteurs stratégiques. L’objectif n’est pas seulement de répondre aux urgences du moment. Il s’agit aussi de créer les conditions d’une croissance durable, capable de préserver la prospérité européenne dans un environnement plus instable et plus concurrentiel.

Le fonds Nordea 1 – Empower Europe s’inscrit précisément dans cette logique. Il cherche à aligner les intérêts des investisseurs avec les besoins structurels du continent. Autrement dit, transformer les contraintes actuelles en opportunités économiques et financières.

Le choix stratégique des entreprises européennes de taille intermédiaire

L’une des spécificités de cette approche réside dans le ciblage des petites et moyennes capitalisations européennes. Ces entreprises occupent une place clé dans l’économie réelle. Elles sont souvent au cœur des chaînes de valeur locales. Elles innovent. Et elles s’adaptent rapidement aux nouvelles contraintes industrielles et technologiques.

En misant sur ces acteurs, la stratégie vise à capter le potentiel de la prochaine phase de croissance européenne. Ces sociétés sont bien positionnées pour accompagner la réindustrialisation, la modernisation des outils de production et la relocalisation de certaines activités critiques. Elles contribuent aussi à renforcer l’autonomie économique du continent, tout en créant de la valeur sur le long terme pour les investisseurs.

Trois priorités pour construire l’Europe de demain

La démarche du fonds s’articule autour de grands axes stratégiques qui reflètent les besoins actuels du continent. Le premier concerne l’énergie. L’enjeu est clair. Réduire les dépendances, sécuriser les approvisionnements et moderniser les infrastructures. L’indépendance énergétique est devenue un pilier de la souveraineté européenne.

Le deuxième axe touche à la réindustrialisation. Il s’agit d’investir dans l’automatisation, la fabrication intelligente et la relocalisation de certaines productions clés. L’objectif est de reconstruire une base industrielle compétitive, capable de résister aux chocs externes et de soutenir l’innovation.

Enfin, le troisième pilier concerne la défense et la cybersécurité. Dans un monde plus incertain, la protection des infrastructures, des données et des systèmes devient essentielle. Renforcer ces capacités, c’est aussi protéger la stabilité économique et politique de l’Europe sur le long terme.

Une gestion expérimentée au service d’une vision de long terme

Derrière cette stratégie, on retrouve une équipe de gestion expérimentée, soutenue par une organisation reconnue pour son expertise sur les actions européennes. Cette combinaison entre vision stratégique et savoir-faire opérationnel permet d’aborder la transformation européenne avec méthode et rigueur.

L’ambition n’est pas de suivre une mode passagère. Elle est de s’inscrire dans une trajectoire de fond, où l’investissement accompagne des changements structurels profonds. Pour les investisseurs, cela signifie participer activement à une phase décisive de l’histoire économique européenne, tout en recherchant des opportunités de performance ancrées dans le réel.

Une opportunité d’investissement au cœur d’un moment charnière

L’Europe est à un tournant. Les choix faits aujourd’hui auront des répercussions sur plusieurs décennies. Dans ce contexte, la finance n’est plus un simple observateur. Elle devient un acteur du changement. Le succès du fonds Nordea 1 – Empower Europe illustre cette prise de conscience. Investir, désormais, c’est aussi contribuer à bâtir une Europe plus forte, plus indépendante et mieux armée face aux défis du futur.

À lire aussi : Fidelity International renforce sa stratégie ESG avec la nomination d’Elly Irving

Fidelity International renforce sa stratégie ESG avec la nomination d’Elly Irving

Elly Irving

Le groupe annonce l’arrivée d’Elly Irving au poste de Directrice du Stewardship, basée à Londres. Cette nomination illustre la volonté de l’entreprise de consolider son approche en matière de gouvernance, d’environnement et de responsabilité sociale. Elle s’inscrit aussi dans une dynamique de long terme. Tournée vers des résultats durables pour les clients comme pour les marchés.

Une nomination stratégique au cœur de l’engagement actionnarial

En rejoignant Fidelity International, Elly Irving se voit confier une mission clé. Elle devra accompagner et structurer les activités de dialogue avec les entreprises à travers l’Europe, le Moyen-Orient, l’Afrique et les Amériques. Son rôle consistera à s’assurer que les actions menées par Fidelity produisent un impact réel sur les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance. Qui comptent le plus pour les investisseurs.

Cette fonction dépasse la simple supervision. Elle implique de coordonner les priorités, d’harmoniser les pratiques et de renforcer la cohérence globale de la politique de stewardship du groupe. En travaillant en étroite collaboration avec Flora Wang, responsable mondiale du stewardship, Elly Irving contribuera à ancrer davantage la transparence et la responsabilité au cœur des décisions d’investissement.

Un parcours solide au service de l’investissement responsable

Elly Irving apporte avec elle près de vingt ans d’expérience dans les domaines de la gestion d’actifs, de la durabilité et de l’engagement actionnarial. Avant de rejoindre Fidelity International, elle occupait le poste de Directrice du Stewardship chez Lazard Asset Management. Elle avait auparavant dirigé les activités d’engagement chez Schroders, où elle a joué un rôle majeur dans l’intégration des critères ESG au sein des processus d’investissement.

Ce parcours lui confère une vision à la fois stratégique et opérationnelle des enjeux ESG. Elle connaît les attentes des investisseurs. Elle maîtrise aussi les contraintes des entreprises. Cette double lecture est essentielle pour transformer les principes de l’investissement responsable en actions concrètes et mesurables.

Le stewardship comme levier de performance durable

Pour Fidelity International, le stewardship n’est pas un concept abstrait. Il constitue un pilier de la manière dont le groupe investit et accompagne ses clients. L’objectif est clair. Utiliser l’influence de l’actionnaire pour encourager de meilleures pratiques de gouvernance, une gestion plus responsable des risques et une création de valeur plus durable sur le long terme.

Jenn-Hui Tan, Chief Sustainability Officer du groupe, souligne que l’engagement auprès des entreprises est un outil essentiel pour améliorer les résultats pour les clients. L’arrivée d’Elly Irving vient renforcer cette ambition. Son expertise en matière d’intégration ESG orientée vers l’investissement doit permettre à Fidelity de faire évoluer encore sa méthode. En l’adaptant aux attentes croissantes des investisseurs et aux défis économiques et climatiques actuels.

Fidelity International, un acteur mondial tourné vers le long terme

Fidelity International s’appuie sur une présence mondiale et une expérience de plus de cinquante ans dans la gestion d’actifs et l’épargne retraite. Le groupe accompagne aujourd’hui plusieurs millions de clients, qu’il s’agisse d’institutions financières, d’entreprises, d’investisseurs institutionnels ou de particuliers. Cette diversité de profils impose une approche rigoureuse et responsable de l’investissement.

Avec des centaines de milliards de dollars d’actifs sous gestion. L’entreprise combine expertise financière et solutions d’investissement pour construire des trajectoires patrimoniales durables. La nomination d’Elly Irving s’inscrit dans cette logique. Elle confirme la volonté de Fidelity International de penser sur le long terme. D’intégrer pleinement les enjeux ESG et de faire du stewardship un moteur de confiance et de performance durable.

À lire aussi : Finance, climat et transition : quand les marchés redessinent la trajectoire énergétique mondiale

Finance, climat et transition : quand les marchés redessinent la trajectoire énergétique mondiale

trajectoire énergétique

Trajectoire énergétique mondiale : la finance mondiale est déjà en train de choisir ses vainqueurs et ses perdants. Derrière les chiffres, une réalité s’impose : tous les capitaux ne financent pas la transition de la même manière, ni au même rythme. Entre obligations, fonds climat, crédits carbone et exposition aux risques physiques, les marchés dessinent une géographie très contrastée de la transition énergétique. Cette fragmentation crée à la fois des opportunités, des déséquilibres et de nouvelles zones de risque, pour les investisseurs comme pour les États et les entreprises.

Des marchés obligataires aux trajectoires énergétiques opposées

Les obligations sont devenues un miroir fidèle des choix énergétiques. Lorsqu’un portefeuille est aligné sur l’Accord de Paris, il génère aujourd’hui beaucoup plus de revenus liés aux activités bas carbone que provenant des énergies fossiles. Le rapport est sans appel : plus de deux dollars et demi issus des solutions bas carbone pour un seul dollar fossile. À l’inverse, dans certains indices obligataires des marchés émergents, ce ratio s’effondre presque à zéro.

Ce contraste illustre une finance à deux vitesses. D’un côté, des marchés qui orientent clairement les flux vers la décarbonation. De l’autre, des zones où le financement reste largement dépendant des modèles énergétiques traditionnels. Ce décalage ne traduit pas seulement des choix économiques. Il révèle aussi des différences de priorités politiques, de maturité des marchés et de capacités d’investissement dans les infrastructures de demain.

À terme, cette divergence pourrait peser lourd sur la compétitivité des économies. Les portefeuilles les plus alignés avec la transition captent déjà une part croissante de la valeur créée par les nouvelles technologies énergétiques. Les autres prennent le risque de rester enfermés dans des actifs plus exposés aux chocs réglementaires et climatiques.

Des flux de capitaux dynamiques mais de plus en plus sélectifs

Après un passage à vide, les fonds climat ont retrouvé de l’élan en 2025. Les investisseurs sont de retour. Mais ils ne reviennent pas de manière uniforme. L’allocation du capital varie fortement selon les segments de la transition. Les énergies renouvelables, les batteries, les réseaux intelligents ou encore l’efficacité énergétique n’attirent pas tous les mêmes volumes, ni les mêmes profils d’investisseurs.

La géographie joue aussi un rôle central. Certaines régions bénéficient d’un cadre politique stable et incitatif, ce qui rassure les marchés. D’autres restent pénalisées par l’incertitude réglementaire ou par des priorités économiques à court terme. Résultat : la transition se finance, mais de façon fragmentée, avec des poches de surinvestissement et d’autres de sous-financement.

Cette sélectivité croissante traduit une maturité nouvelle du marché. Les investisseurs ne cherchent plus seulement une “exposition verte”. Ils arbitrent entre technologies, modèles économiques et cadres politiques. La transition devient un terrain d’allocation stratégique, et non plus seulement un thème d’investissement.

Le marché des crédits carbone entre tension de la demande et contraintes d’offre

Le marché des crédits carbone entre dans une nouvelle phase. En 2025, les entreprises ont retiré un volume record de crédits, dépassant les 200 millions de tonnes équivalent CO₂. C’est la quatrième année consécutive de hausse, et le niveau le plus élevé observé depuis plusieurs années. La demande est bien là. Elle continue même de s’intensifier.

Pourtant, cette demande reste très concentrée sur les crédits liés à la réduction des émissions. Les solutions de suppression artificielle du carbone demeurent marginales, représentant toujours une part infime des volumes. Cela montre que le marché privilégie encore les leviers les plus accessibles, plutôt que les technologies plus coûteuses ou plus complexes.

Autre évolution majeure : les crédits carbone ne servent plus uniquement à des démarches volontaires. Ils sont de plus en plus intégrés à des logiques de conformité réglementaire. Ce glissement change la nature du marché. Il renforce la pression sur la qualité des crédits, sur leur disponibilité et sur les cadres de régulation. À court terme, ces tensions devraient peser sur les prix et sur la structuration même du marché.

Les risques climatiques physiques deviennent un risque financier à part entière

Le climat n’est plus un sujet abstrait pour les investisseurs. Les analyses site par site des actifs immobiliers et des infrastructures montrent des écarts d’exposition considérables selon la localisation. Certaines zones concentrent déjà des risques élevés, qu’il s’agisse d’inondations, de vagues de chaleur ou de stress hydrique.

Même des événements mondiaux, comme les grandes compétitions sportives, illustrent cette réalité. L’étude détaillée des sites accueillant la Coupe du monde de football 2026 met en évidence des vulnérabilités très inégales. La conclusion est claire : la localisation est désormais un facteur de risque financier à part entière.

Cette prise de conscience transforme la manière d’évaluer les actifs. La valeur ne dépend plus seulement de la rentabilité économique ou de la qualité du bâti. Elle dépend aussi de l’exposition aux chocs climatiques futurs. Pour les investisseurs, cela signifie intégrer le climat au cœur de l’analyse du risque, et non plus en périphérie.

Europe et France : un engagement réel, mais des dynamiques contrastées

Le recul relatif de l’Europe et de la France sur le marché du crédit carbone

Les entreprises européennes restent des acteurs majeurs du marché du crédit carbone, mais leur poids relatif diminue. Après un pic, leur part des retraits a reculé pour s’établir un peu en dessous de la moitié du total mondial. La tendance est encore plus marquée pour la France, dont la contribution est en baisse continue depuis plusieurs années.

En 2025, les entreprises françaises ne représentent plus qu’une fraction très limitée du marché mondial et régional. Ce décrochage interroge. Il peut refléter un moindre recours aux crédits carbone, mais aussi des stratégies climatiques différentes, ou un positionnement plus prudent vis-à-vis de cet outil.

Des trajectoires climatiques différentes entre l’Europe et les États-Unis

L’indicateur d’élévation implicite de température, l’ITR, offre un autre angle de lecture. À ce jeu-là, l’Union européenne affiche une trajectoire plus compatible avec les objectifs climatiques mondiaux que les États-Unis. L’écart reste important. Il traduit des différences structurelles dans les politiques publiques, les mix énergétiques et les stratégies industrielles.

Cet indicateur permet surtout de comparer des dynamiques, plutôt que de distribuer des bons et des mauvais points. Il montre que les choix collectifs comptent, et qu’ils se reflètent directement dans les trajectoires financières et industrielles.

L’État français plus ambitieux que ses entreprises à l’échelle globale

Un point frappe particulièrement dans le cas français. La trajectoire climatique de l’État apparaît plus ambitieuse que celle des grandes entreprises cotées, lorsqu’on raisonne à l’échelle mondiale. L’explication tient à la méthode de calcul. L’ITR souverain se base sur les émissions territoriales et les politiques nationales. L’ITR des entreprises, lui, intègre l’ensemble de la chaîne de valeur, y compris les émissions générées à l’étranger par les produits vendus.

Autrement dit, la France progresse sur son territoire. Mais ses entreprises, du fait de leurs activités internationales, restent associées à des volumes d’émissions bien plus larges. La comparaison met en lumière un décalage entre l’ambition publique et la réalité économique globale des grands groupes.

Cela ne signifie pas que les entreprises sont inactives. Une large majorité s’est fixé au moins un objectif climatique. Une part significative s’est engagée dans des trajectoires validées scientifiquement. Et plus de la moitié affichent désormais un objectif de neutralité carbone. Mais ces engagements ne suffisent pas encore à aligner pleinement leurs trajectoires avec celles des États.

Une transition financière en marche, mais encore inégalement répartie

Pris ensemble, ces constats dessinent une transition bien réelle, mais profondément hétérogène. Les marchés obligataires, les fonds, le marché du carbone et l’analyse des risques physiques montrent tous la même chose. La finance commence à intégrer le climat de manière structurelle. Mais elle le fait à des rythmes différents, selon les régions, les secteurs et les cadres politiques.

La question n’est donc plus de savoir si la transition est en cours. Elle est déjà là. L’enjeu est désormais de réduire les écarts, d’améliorer la qualité des outils, et d’aligner plus étroitement les stratégies privées avec les ambitions publiques. C’est à ce prix que la finance pourra devenir non seulement un miroir, mais aussi un véritable moteur de la décarbonation mondiale.

À lire aussi : ICE Cream pour Capgemini

« Du pétrole dans vos huiles » : quand l’expertise publique danse avec l’industrie

expertise publique

On croyait le débat enterré quelque part entre deux rayons de supermarché. Il n’en est rien. Ces derniers jours, la députée Manon Meunier a rouvert un dossier explosif : l’usage de solvants issus du pétrole — notamment l’hexane — dans certaines filières d’huiles alimentaires. Mais au-delà de la question sanitaire, c’est surtout la cuisine interne de l’expertise scientifique qui a pris une odeur de friture.

Autrement dit : qui éclaire vraiment le débat ? Et surtout, pour qui ?

Le déclencheur : un “scandale” qui sent le solvant

Dans ses interventions largement relayées sur les réseaux, Manon Meunier attaque sur deux fronts :

  • Santé et transparence industrielle :
    Que reste-t-il réellement dans nos huiles ? Quels procédés d’extraction sont utilisés ? Et surtout, le consommateur est-il correctement informé ?
  • Gouvernance et conflits d’intérêts :
    Qui siège où ? Qui finance quoi ? Et qui a le dernier mot sur ce qui est “scientifiquement acceptable” ?

Deux phrases ont fait mouche :

« Vous connaissez Arnaud Rousseau ? Président du groupe Avril… mais aussi président de la FNSEA ? »

« Et quand on creuse, on découvre un énorme réseau de conflits d’intérêts… »

Soyons clairs : pointer un conflit d’intérêts ne prouve pas une illégalité.
Mais cela suffit largement à fissurer la crédibilité d’un système qui se veut impartial.

ITERG : l’arbitre scientifique… ou le joueur de l’équipe ?

Au centre du débat : ITERG, institut technique présenté comme une référence scientifique dans les huiles et corps gras.

Sur le papier, tout est parfait :
un modèle classique associant industriels, pouvoirs publics et experts.

Dans son rapport d’activité intégré 2023, ITERG décrit son Comité scientifique comme l’organe garantissant la qualité et l’indépendance des travaux. Un peu comme un jury olympique… sauf que certains juges semblent porter le même maillot que les athlètes.

Là où ça coince : qui dirige, qui conseille, qui valide ?

C’est ici que la critique politique devient factuelle — il suffit de lire les organigrammes.

Présidence : l’ombre portée d’Avril

Lors du renouvellement du Conseil d’administration du 17 décembre 2025, Paul-Joël Derian est nommé président d’ITERG.

Jusque-là, il en était vice-président… et il est présenté comme Group VP Innovation and Sustainable Development d’Avril.

Traduction : l’institut censé éclairer scientifiquement la filière est présidé par un cadre dirigeant du groupe industriel dominant cette même filière.

Hasard, coïncidence, ou vision stratégique “alignée” ?

Comité scientifique : même chanson, même refrain

Dans le rapport 2023, le président du Comité scientifique d’ITERG est décrit comme Responsable R&I Protéines au sein du Groupe Avril.

Autrement dit :

  • Avril siège au sommet stratégique (présidence).
  • Avril pilote aussi, au moins en partie, l’orientation scientifique.

Le cercle commence à ressembler à une ronde parfaitement huilée.

Lesieur et Saipol : double casquette, double influence

Les documents publics montrent que :

  • Lesieur est représenté à la fois :au Conseil d’administration et au Comité scientifique d’ITERG.
  • Saipol apparaît également dans les instances, au moins comme observateur au Conseil d’administration.

C’est précisément ce type de double présence — gouvernance + expertise que Manon Meunier pointe du doigt :
un écosystème où ceux qui produisent sont aussi ceux qui évaluent.

Le cœur politique du malaise : la FNSEA, Avril et le cumul des casquettes

La polémique ne serait pas aussi virale sans un élément clé :
Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, est aussi une figure centrale du Groupe Avril.

Autrement dit, le même homme incarne :

  • le sommet du syndicat agricole,
  • et le sommet d’un acteur industriel majeur de la filière.

Dans un dossier mêlant santé, consommation et procédés industriels, ce cumul devient un symbole parfait du soupçon :
celui d’un système où la frontière entre intérêt général et intérêts privés devient floue.

Plus qu’une querelle, une question de gouvernance

Ce débat dépasse largement le simple duel “Twitter vs agro-industrie”.

Il pose une question structurante pour la Green Finance et la gouvernance durable :

À quoi ressemble une expertise réellement indépendante quand l’institut censé la produire est financé, gouverné et animé par la filière qu’il est chargé d’évaluer ?

Ce n’est pas seulement une affaire de légalité. C’est une affaire de crédibilité.

Trois dimensions sont en jeu :

  • La confiance :
    Celle des consommateurs, des agriculteurs et des pouvoirs publics.
  • La traçabilité de l’expertise :
    Qui écrit les rapports ? Qui valide les conclusions ? Qui siège dans les comités ?
  • La gouvernance :
    Peut-on sérieusement parler d’indépendance quand les mêmes acteurs occupent simultanément les rôles d’industriels, de syndicats et d’experts ?

Tant que ces questions resteront sans réponse claire, le débat sur “l’huile au pétrole” continuera de grésiller — et pas seulement dans les poêles.

À lire aussi : ICE Cream pour Capgemini

ICE Cream pour Capgemini

Capgemini

Capgemini–ICE : quand une filiale fait vaciller la crédibilité ESG d’un géant du conseil

En quelques jours, Capgemini est passé d’acteur technologique “responsable” à cas d’école de controverse ESG. À l’origine : un contrat passé par sa filiale américaine avec ICE, l’agence fédérale en charge de l’immigration, au cœur de pratiques contestées. Au-delà du bad buzz, cette affaire révèle les angles morts de la gouvernance ESG des grands groupes et la montée en puissance du risque réputationnel lié aux usages des technologies.

 Le déclencheur : un contrat de “skip tracing” qui met le feu aux poudres

Fin décembre 2025, la filiale américaine Capgemini Government Solutions (CGS) signe un contrat avec ICE (Immigration and Customs Enforcement) pour des services dits de skip tracing — des techniques d’analyse de données visant à localiser des personnes.

Ce type de prestation, présenté comme “technique”, a immédiatement pris une dimension politique et éthique lorsque la presse a révélé que la valeur potentielle du contrat pouvait atteindre jusqu’à 365 millions de dollars en fonction des performances.

Ce qui, dans un autre contexte, aurait pu passer pour un simple contrat IT s’est transformé en tempête médiatique dès que la nature des missions d’ICE a été mise en lumière.

Qui est ICE et pourquoi la polémique est si forte aux États-Unis ?

ICE est une agence fédérale rattachée au Department of Homeland Security (DHS). Elle est notamment chargée :

  • des arrestations de personnes en situation irrégulière,
  • de la gestion de centres de rétention,
  • et des expulsions.

Depuis des années, ICE est l’objet de critiques virulentes pour :

  • des conditions de détention jugées inhumaines par des ONG,
  • des erreurs d’identification,
  • des opérations musclées controversées,
  • et un manque de transparence sur ses méthodes.

Début 2026, plusieurs débordements ont encore alimenté la polémique aux États-Unis, notamment :

  • des opérations médiatisées ayant conduit à des interpellations contestées,
  • des accusations de violences disproportionnées lors de raids,
  • et des cas où des personnes sans antécédents ont été arrêtées par erreur.

Dans ce contexte ultra-polarisé, toute entreprise travaillant avec ICE se retrouve immédiatement scrutée — et souvent condamnée — par une partie de l’opinion publique américaine.

Pourquoi cette affaire est une vraie controverse ESG ?

Sur le “S” (Social) : les droits humains en question

Lorsque des outils technologiques servent à localiser des personnes susceptibles d’être arrêtées et expulsées, plusieurs questions deviennent centrales :

  • Ces outils respectent-ils le principe de proportionnalité ?
  • Existe-t-il des garde-fous contre les erreurs ou biais algorithmiques ?
  • Quelles protections sont prévues pour éviter des abus ?

Même si Capgemini ne procédait pas directement aux arrestations, le simple fait de fournir des outils facilitant ces opérations a été perçu comme une forme de complicité indirecte.

Sur le “G” (Gouvernance) : le véritable talon d’Achille

C’est ici que la polémique a été la plus sévère pour Capgemini.

Deux critiques majeures ont émergé :

  1. Comment un groupe mondial, affichant des engagements ESG forts, a-t-il pu laisser une filiale signer un tel contrat sans alerter le siège ?
  2. Pourquoi les mécanismes de contrôle interne n’ont-ils pas détecté plus tôt le risque réputationnel ?

Capgemini a répondu que CGS opérait sous un cadre juridique américain spécifique lié aux marchés fédéraux, limitant le contrôle du groupe sur certaines décisions opérationnelles. Mais cet argument a été jugé insuffisant par de nombreux observateurs.

Sur le “E” (Environnement) : un angle moins direct, mais révélateur

Bien que cette affaire ne concerne pas directement le climat, elle rappelle une réalité clé : l’ESG ne se limite pas au carbone. Une controverse “S” et “G” peut être tout aussi destructrice pour une entreprise que n’importe quel scandale environnemental.

La réaction en chaîne : salariés, syndicats, politiques

Fin janvier 2026, la situation s’emballe :

  • Des salariés de Capgemini expriment publiquement leur malaise, certains parlant même de “honte”.
  • Des syndicats dénoncent un manquement aux valeurs affichées par l’entreprise.
  • En France, des députés demandent des explications officielles sur ce partenariat avec ICE.

La pression devient telle que la question dépasse le cadre strictement économique pour devenir un enjeu politique et éthique.

La décision stratégique : vendre la filiale

Le 1er février 2026, Capgemini annonce sa volonté de vendre Capgemini Government Solutions (CGS).

Officiellement, le groupe justifie cette décision par :

  • des contraintes juridiques américaines rendant difficile l’alignement total avec ses standards ESG,
  • la nécessité de protéger sa réputation globale,
  • et le fait que CGS représente une part relativement limitée de son chiffre d’affaires.

Cette cession est donc autant une décision économique qu’un geste symbolique destiné à calmer la tempête.

Les vrais enseignements

1) L’ESG n’est plus du marketing — c’est un contrôle des usages

Une entreprise peut être exemplaire sur le climat, mais ruinée par un seul contrat mal perçu sur le plan social.

2) Le “G” est devenu le principal risque

La gouvernance des filiales, sous-traitants et partenaires est désormais aussi importante que les engagements climatiques.

3) Le marché américain amplifie les controverses

Aux États-Unis, certains sujets — immigration, droits civiques, police — sont tellement sensibles qu’ils deviennent des bombes réputationnelles immédiates.

Timeline de la polémique

  • Décembre 2025 : Signature du contrat entre CGS et ICE.
  • 26–28 janvier 2026 : Révélations médiatiques et début des critiques internes et externes.
  • Fin janvier 2026 : Montée en puissance de la controverse aux États-Unis et en France.
  • 1er février 2026 : Capgemini annonce la mise en vente de sa filiale CGS.

Ce que cela change pour les entreprises

L’affaire Capgemini–ICE marque un tournant :
Désormais, les entreprises technologiques ne peuvent plus se contenter de dire “nous fournissons des outils neutres”. Elles sont jugées sur l’usage final de leurs technologies.

Pour la Green Finance, c’est un signal clair :
L’évaluation ESG devra intégrer de plus en plus les impacts sociaux indirects et la solidité de la gouvernance des filiales.

Capgemini sortira sans doute de cette crise, mais le message est passé : en 2026, l’ESG est un terrain de jeu impitoyable.

À lire aussi : ENI dans la neige