Lidl France renforce son engagement en faveur de l’inclusion du handicap à l’occasion du DuoDay 2025

Lidl France duoday

Une mobilisation nationale pour une entreprise inclusive

Châtenay-Malabry, le 17 novembre 2025 – À l’occasion de l’édition 2025 du DuoDay, Lidl France confirme sa volonté d’être un employeur exemplaire sur le terrain de l’inclusion des personnes en situation de handicap. L’enseigne met en avant les avancées réalisées ces dernières années ainsi que les actions concrètes menées auprès de ses 46 000 collaborateurs pour favoriser l’emploi, l’évolution professionnelle et le maintien dans l’emploi des salariés concernés.

DuoDay 2025 : une immersion au cœur des métiers Lidl

Cette année encore, Lidl France s’associe au DuoDay, piloté par l’ALGEEI, en ouvrant ses portes à des personnes en situation de handicap pour leur permettre de découvrir un métier et le fonctionnement d’une entreprise, aux côtés d’un collaborateur volontaire.

La participation de Lidl a mobilisé l’ensemble du réseau, avec 915 offres de duos publiées et déjà 737 immersions réalisées, signe d’une implication forte des équipes. Tous les métiers sont concernés : équipiers polyvalents, responsables de supermarchés, personnels des Directions Régionales, collaborateurs du siège (achats, ressources humaines, fonctions administratives) ainsi que les coordinateurs Hygiène, Sécurité et Environnement (HSE).

Une politique handicap structurée et ambitieuse

Au-delà de cette journée symbolique, Lidl France mène depuis 2021 une politique handicap résolument volontariste. En quatre ans, le nombre de collaborateurs reconnus BOETH est passé de 740 à la fin 2020 à 1 726 fin 2023, pour dépasser aujourd’hui la barre des 2 000 salariés. Certaines régions affichent des résultats remarquables : la Direction Régionale de Gondreville (Meurthe-et-Moselle) dépasse désormais les 8 % de taux d’emploi.

L’objectif fixé sur trois ans – 150 recrutements – a été largement dépassé, avec 780 collaborateurs en situation de handicap intégrés entre 2021 et 2023, incluant les salariés ayant obtenu une reconnaissance en cours d’emploi.

Un accompagnement global : au-delà du recrutement

L’inclusion chez Lidl repose également sur un soutien de long terme aux collaborateurs déjà en poste. Une enquête interne révèle que 72 % des salariés reconnus travailleurs handicapés ont obtenu cette reconnaissance après leur embauche, preuve d’un environnement favorisant la confiance et la déclaration.

Pour soutenir chaque collaborateur dans de bonnes conditions, Lidl déploie des actions concrètes :

  • Aménagement de postes (sièges ergonomiques, aides à la manutention, équipements adaptés)
  • Études de postes réalisées par des spécialistes externes, notamment des ergonomes
  • Suivi personnalisé, porté par des référents régionaux et une mission handicap dédiée

« Chez Lidl, l’inclusion n’est pas un concept : c’est une réalité. Grâce à une politique volontariste, nous faisons progresser notre taux d’emploi tout en améliorant les conditions de travail des collaborateurs concernés », précise François Leroux, Directeur exécutif des Ressources humaines.

Une culture d’entreprise qui valorise la sensibilisation

Pour renforcer cette dynamique, Lidl France déploie un ensemble d’initiatives destinées à sensibiliser l’ensemble des équipes :

  • Participation active à la Semaine Européenne pour l’Emploi des Personnes Handicapées (SEEPH)
  • Organisation de la semaine Entre Nous #Handicap du 17 au 21 novembre
  • Ateliers, conférences et témoignages autour de thématiques clés : santé mentale, déficiences sensorielles, prévention des maux de dos…
  • Sensibilisation intégrée dans le livret d’accueil et les parcours d’intégration
  • Accompagnement de 1 600 capitaines SQVT présents dans chaque supermarché
  • Enquête triennale dédiée aux collaborateurs en situation de handicap

Une démarche structurée pour les années à venir

Lidl inscrit sa politique handicap dans une stratégie durable. L’enseigne s’est engagée dans un nouvel accord couvrant la période 2024-2026, confirmant la volonté de consolider les initiatives existantes tout en intégrant la dimension handicap dans toutes les pratiques internes, du recrutement à la formation, en passant par les évolutions de carrière.

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L’Europe autonome : les leviers d’une transformation stratégique majeure

Souveraineté européenne

L’Europe traverse une phase décisive. Face aux tensions géopolitiques, aux chocs énergétiques et à la fragilisation des chaînes d’approvisionnement mondiales, la question de l’autonomie stratégique ne relève plus du discours politique mais d’une réalité à construire. Le continent doit désormais réduire ses dépendances critiques, regagner en compétitivité et consolider des secteurs essentiels à sa sécurité économique. Cette transition, déjà amorcée, s’appuie sur trois mouvements puissants : la refonte du système énergétique, la renaissance industrielle et le renforcement des capacités de défense et de cybersécurité. Pour les investisseurs, cette dynamique ouvre une nouvelle génération d’opportunités à long terme.

L’impératif européen de souveraineté économique

L’évolution rapide du contexte international a mis en évidence la vulnérabilité européenne. La dépendance militaire vis-à-vis des États-Unis, la centralité de l’Asie dans la production manufacturière et l’importance du gaz russe dans le mix énergétique ont révélé une fragilité structurelle.
Les États européens réagissent désormais avec une intensité inédite. Des plans d’investissement massifs, à l’image de l’initiative « Readiness 2030 », mobilisent plusieurs centaines de milliards d’euros pour renforcer la sécurité, la productivité et les infrastructures critiques. Le secteur privé suit le mouvement, injectant des capitaux dans des domaines stratégiques, souvent portés par les PME innovantes.
Ce changement d’échelle marque le début d’un repositionnement profond du continent, qui mise sur la technologie, l’efficacité du capital et l’innovation pour regagner un rôle majeur dans l’économie mondiale.

Une énergie plus sûre : vers une résilience européenne assumée

L’Europe accélère sa transition énergétique pour réduire sa vulnérabilité et sécuriser ses approvisionnements.
Avec le soutien du plan REPowerEU, doté de 300 milliards d’euros, les États membres modernisent les réseaux, rénovent l’habitat ancien et améliorent l’accès aux matières premières indispensables aux technologies bas carbone.

Moderniser les réseaux et renforcer les interconnexions

La création d’un réseau énergétique plus robuste et mieux connecté devient centrale. Les besoins de flexibilité augmentent avec le développement des énergies renouvelables, et la capacité à transférer l’électricité entre pays devient stratégique.
Des entreprises européennes occupent une place clé dans cette transformation. L’italien Prysmian, spécialiste des câbles et télécommunications, fournit les infrastructures essentielles à la modernisation des réseaux. De son côté, Nexans, en France, se distingue dans le domaine des câbles sous-marins, une technologie indispensable pour relier les parcs éoliens offshore et garantir des interconnexions fiables entre pays.

Un socle indispensable pour la compétitivité

La maîtrise de l’énergie n’est pas seulement une question de souveraineté ; c’est aussi une condition de compétitivité. Une Europe autonome énergétiquement limite son exposition aux crises extérieures, assure des coûts plus prévisibles et sécurise le développement de son industrie.

Réindustrialisation : l’Europe redéfinit son modèle productif

Après des décennies de désindustrialisation, le continent engage une réorganisation profonde de son appareil productif. L’objectif : reconstruire une base industrielle moderne, automatisée et capable de rivaliser avec les grandes puissances technologiques.

Automatisation et technologies avancées

Pour relocaliser et produire de manière compétitive, l’Europe mise sur la robotisation, la maîtrise des procédés et l’innovation. L’Union européenne prévoit près de 100 milliards d’euros d’incitations destinées à soutenir le retour d’activités stratégiques d’ici 2030.
Dans cette dynamique, certaines entreprises se positionnent déjà comme leaders. Le groupe italien Danieli joue un rôle majeur dans la renaissance de la sidérurgie européenne. En développant des technologies innovantes – automatisation, intelligence artificielle, optimisation énergétique –, il permet aux producteurs d’acier de réduire leurs coûts et leur consommation d’énergie.
La multinationale allemande Siemens apporte également un soutien déterminant. Grâce à son expertise en automatisation, en numérisation et en électrification, elle contribue à diminuer la dépendance aux technologies non européennes. Avec des revenus solides issus de secteurs en croissance, Siemens illustre la capacité de l’industrie européenne à se projeter dans un futur plus autonome.

Une nouvelle stratégie pour rester compétitif

L’objectif ne se limite pas à relocaliser : il s’agit d’inventer une nouvelle manière de produire. Une industrie plus technologique, plus économe en ressources et capable de s’adapter aux évolutions géopolitiques. Cette approche ouvre la voie à des investissements durables et à un repositionnement stratégique de l’Europe sur la scène mondiale.

Défense et cybersécurité : un pilier essentiel de l’autonomie stratégique

Les crises récentes ont rappelé l’importance de disposer de capacités de défense solides, mais également d’une cybersécurité avancée. L’Europe ne remet pas en cause son engagement au sein de l’OTAN, mais elle cherche à renforcer sa propre résilience.

L’Europe investit dans des technologies critiques

Le programme « EU Readiness 2030 » encourage le développement de technologies duales – utiles aux secteurs civil et militaire – ainsi que la modernisation des équipements stratégiques. L’OTAN recommande que les dépenses de défense atteignent entre 3 et 5 % du PIB, soit environ 350 milliards d’euros par an pour l’Europe.
Dans ce contexte, plusieurs acteurs européens se distinguent. L’entreprise suédoise Invisio propose des solutions avancées de communications sécurisées pour les forces armées. Grâce à ses innovations et à sa croissance régulière, elle bénéficie directement des fonds européens alloués au développement de technologies de défense nouvelle génération.
Le groupe norvégien Kongsberg se positionne lui aussi comme un acteur d’avenir. En recentrant ses activités sur les technologies de défense, il renforce sa place dans une industrie stratégique pour la souveraineté européenne.

Le numérique, un front stratégique à part entière

Au-delà du matériel militaire, la cybersécurité devient un enjeu majeur. Les menaces hybrides, les cyberattaques et les risques de manipulation numérique exigent des solutions locales robustes. La montée en puissance d’entreprises européennes spécialisées témoigne de cette prise de conscience.

Une transformation pleine d’opportunités pour les investisseurs

La quête d’autonomie stratégique n’est pas seulement un projet politique ; c’est un vaste mouvement économique qui redistribue les cartes. Les secteurs clés – énergie, industrie, défense, technologies – captent des flux financiers croissants.
Pour les investisseurs, il s’agit d’un moment charnière : la transition européenne s’inscrit dans le long terme et offre un accès privilégié aux entreprises qui façonnent déjà le futur du continent. Les PME innovantes comme les grands groupes jouent un rôle central dans cette recomposition, créant un terrain fertile pour une nouvelle génération d’investissements durables et stratégiques.

À lire aussi : Crise climatique, justice sociale et responsabilité politique

Crise climatique, justice sociale et responsabilité politique

Crise climatique

Le débat climatique s’intensifie à mesure que les impacts se multiplient et que les inégalités se creusent. Les discussions publiques montrent une montée des tensions, mais aussi un besoin de clarifier les notions de justice, de responsabilité et de priorités collectives.
À travers ces extraits, plusieurs thèmes émergent : l’héritage colonial dans les émissions mondiales, la place de l’activisme radical, la récupération politique du climat et l’opposition entre écologie et préoccupations quotidiennes.
Cet article propose une analyse structurée de ces enjeux pour mieux comprendre les lignes de fracture et les pistes d’action qui se dessinent.

Héritage, responsabilités et injustices d’un réchauffement global

Le changement climatique n’est pas une catastrophe naturelle surgie de nulle part. Il résulte de deux siècles de développement économique fondé sur l’extraction intensive de ressources naturelles.
Les régions les plus industrialisées portent la plus grande part de responsabilité historique. Pourtant, ce sont les populations les plus vulnérables qui subissent aujourd’hui les impacts les plus violents : événements extrêmes, dégradation des terres, pertes économiques, déplacements forcés.
Cette dissymétrie alimente un sentiment profond d’injustice. Elle explique en partie la colère qui traverse certains mouvements activistes et certaines communautés touchées de plein fouet.

Les populations les plus exposées ne sont pas les plus émettrices

Les zones géographiques qui émettent le moins de gaz à effet de serre sont souvent celles qui paient le plus lourd tribut.
Cela crée un décalage brutal entre la responsabilité des uns et la souffrance des autres.
Pour beaucoup, il ne s’agit pas simplement d’un débat scientifique ou technique, mais d’une question existentielle où la survie même de communautés entières est en jeu.
Ce constat renforce les appels à une redistribution des responsabilités internationales, mais aussi à une transformation profonde des modèles économiques.

Radicalité, activisme et espace politique : un débat sous tension

Une part croissante de la population estime que les voies institutionnelles classiques sont trop lentes. L’urgence ressentie face aux impacts climatiques pousse certains groupes à adopter des stratégies plus directes, parfois perçues comme radicales.
Ces actions suscitent fascination, incompréhension ou rejet. Elles révèlent cependant une réalité : la radicalité naît souvent dans des contextes où les décisions politiques tardent, où les inégalités se creusent et où la confiance dans les institutions décline.

Une violence qui reste avant tout systémique

Certains militants rappellent que la violence la plus destructrice ne vient pas des actions de protestation, mais des mécanismes économiques et politiques qui perpétuent les émissions et aggravent les impacts climatiques.
Pour eux, briser une vitrine ou interrompre un événement n’est rien en comparaison de la violence structurelle qui frappe les populations exposées.
Ce discours, qu’on l’approuve ou non, reflète un malaise croissant face au décalage entre les alertes scientifiques et la lenteur des réponses politiques.

Récupérations politiques et bataille culturelle autour du climat

La crise environnementale devient un terrain de bataille idéologique. Certains courants politiques s’emparent du climat pour défendre une vision identitaire, un repli nationaliste ou des discours de peur.
Cette récupération détourne l’attention des enjeux réels et nourrit des divisions artificielles.
Elle oppose les populations entre elles : centres urbains contre zones rurales, jeunes contre moins jeunes, militants contre travailleurs.

Une polarisation dangereuse pour l’action collective

La stratégie des discours extrêmes consiste souvent à provoquer l’indignation pour éviter les débats de fond. Ce phénomène crée des blocages émotionnels.
Il entretient l’idée que l’écologie serait un luxe, une obsession de privilégiés ou un projet de contrainte.
En réalité, les populations les plus fragiles sont les premières à souffrir de la dégradation du climat, de la montée des prix, des risques sanitaires et des pertes agricoles.
L’enjeu est donc de reconstruire un espace commun où l’écologie n’apparaît plus comme un facteur de division, mais comme un levier de justice et de protection.

Le climat face aux urgences du quotidien : une fausse opposition ?

Beaucoup de personnes jugent l’écologie secondaire face aux difficultés immédiates : pouvoir d’achat, emploi, logement, sécurité.
Cette perception s’explique en partie par une communication politique indigeste, parfois moralisatrice, qui oppose transition écologique et qualité de vie.
Pourtant, les deux sujets sont intimement liés.
La question climatique impacte directement les prix de l’énergie, la disponibilité de l’eau, la stabilité alimentaire, la santé respiratoire, les infrastructures et les budgets publics.

Le climat comme question sociale avant tout

Réduire l’écologie à un agenda technique empêche d’en comprendre la portée sociale.
Il s’agit d’un enjeu de protection, de stabilité, d’équité et de résilience.
Les populations vulnérables, souvent éloignées des centres de décision, sont les premières touchées par les crises environnementales.
Les politiques climatiques doivent donc être pensées pour améliorer concrètement la vie quotidienne, et non comme une liste d’interdictions ou de sacrifices.

Vers une vision commune : reconstruire un récit collectif

L’écologie souffre parfois d’un imaginaire basé sur la peur ou la contrainte.
Pour avancer, il faut reconstruire un récit plus concret : celui d’une société plus stable, plus juste, plus respirable. Un récit capable de rassembler plutôt que diviser.

La transition écologique ne pourra réussir que si elle tient compte des inégalités, des fractures territoriales et des héritages coloniaux.
Cela implique une répartition plus juste des efforts, des investissements massifs et une écoute réelle des populations concernées.
Ce changement de paradigme peut renforcer la cohésion collective et redonner du sens à l’action politique.

La crise climatique n’est pas seulement une question environnementale.

Elle révèle des inégalités profondes, une défiance envers les institutions et une fragmentation sociale croissante.
Pour sortir de l’impasse, il faut aborder l’écologie comme un projet de société fondé sur la justice, la responsabilité et la solidarité.
Les débats, parfois vifs, montrent que la société cherche encore son équilibre.
Mais ils révèlent aussi une prise de conscience essentielle : l’avenir écologique sera indissociable de l’avenir social.

À lire aussi : Trésorerie des grandes entreprises et ETI : un équilibre fragile dans un climat contrasté

Ils lui font la Total : Le portrait d’un géant pris au filet

total

Ah, Total. Ce bon vieux géant du pétrole et du gaz qui, chaque matin, se réveille avec un café servi dans une tasse marquée « Nous sommes la transition énergétique ». Comme un prince charmant vêtu d’énergie fossile orange : on croit qu’il va sortir son chevalier solaire, mais en réalité il serre un baril. Et les médias l’ont bien remarqué.

Regardons les faits : Total – pardon, TotalEnergies maintenant – est accusé, dernièrement, de complicité dans des crimes de guerre au Mozambique : financement et soutien logistique à une force de sécurité locale (Joint Task Force) entre juillet et septembre 2021, lors du chantier géant du projet Mozambique LNG. 

Ajoutons que, quelque temps plus tôt, un tribunal français l’a jugé coupable de pratiques commerciales trompeuses (greenwashing) : communications grandioses sur la neutralité carbone d’ici 2050, tandis que la réalité de ses revenus reste massivement fossile. 

Donc voilà : un acteur mis en cause pour droits humains + un acteur mis en cause pour greenwashing = jackpot médiatique.Pourquoi tant d’acharnement ?

On pourrait croire que c’est simplement “la bonne presse” qui fait son boulot, mais non : c’est presque devenu un sport national. Il faudrait presque un système de points pour chaque article du type : “Total continue à faire du pétrole, mais dit qu’il fait de l’énergie renouvelable”. Ou : “Projet gazier au Mozambique paye la sécurité locale, mais des civils y meurent”.

Mais bon, pour être honnête, il y a matière : quand une firme se présente comme “acteur de la transition” tout en poursuivant des projets gigantesques de fossiles, cela fait désordre.

Le dossier “plainte pour crime de guerre”

La scène : Mozambique, péninsule d’Afungi, nord-est du pays. Le projet gazier de Total (26,5 % de participation) vaut 20 milliards de dollars. 

Entre juillet et septembre 2021, une unité militaire (JTF) associée au projet aurait détenu des civils dans des containers à l’entrée du site, les aurait torturés, certains tués. Environ 150 à 250 personnes concernées, seuls 26 rescapés selon certains reports. 

Le plaignant : European Center for Constitutional and Human Rights (ECCHR) en Allemagne, qui dépose plainte en France auprès du parquet anti-terrorisme. 

Total réplique qu’elle ignorait les abus, que ses salariés étaient partis avant et revenus après. 

Bref : un bon mélange d’ironie, le pétrolier “vert” accusé de participer à un massacre.

Rappel des derniers articles “Green Finance & Total”

Quelques extraits récents à garder en tête :

La cour française a jugé que Total avait trompé les consommateurs avec ses communications vertes. 

Le Monde décortique comment “le carburant et les controverses” ont construit Total. 

Un article note que les PDG de Total et de Siemens signent une lettre pour demander la suppression – oui, la suppression – d’une des grandes lois européennes de durabilité (CSRD/CS3D) afin d’“alléger” la réglementation. 

Dans la foulée, Total est visé à nouveau pour complicité dans des massacres au Mozambique. 

Donc, pour la liste : droits humains / greenwashing / lobbying réglementaire = le tableau complet.

Voici certaines Alternatives créatives mais réalistes : pourquoi les médias s’acharnent sur Total

Voici les hypothèses (avec, oui, un soupçon de sarcasme) qui peuvent expliquer pourquoi Total est “la cible” des médias dans le domaine de la finance verte :

1. La taille impose la visibilité : Total est énorme. Quand un groupe de cette envergure communique sur la transition tout en poursuivant un empire fossile, ça attire l’œil. Le fait que “ils disent l’un” et “faisent l’autre” donne aux journalistes un bon terrain.

Le “grand méchant” permet de faire une bonne histoire.

2. Le rôle de contre-vérification réglementaire : Avec des lois européennes comme Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) ou la Taxonomie verte, les entreprises doivent désormais se justifier. Total, étant pilier des fossiles, est une cible naturelle pour vérifier si ces règles fonctionnent réellement. 

Le “méchant emblématique” permet de tester la robustesse de la régulation surtout quand le Pdg de Total a osé contredire la Doxa Européenne avec le fait que Total ait signé une lettre pour bloquer/retarder des réglementations européennes (CS3D, CSRD…) crée une trame narrative : “ils veulent être vus comme verts mais combattent les règles vertes”. 

Cela donne aux médias une mécanique simple de contradiction.

3. Total devient l’otage d’une bataille géopolitique France–États-Unis pour le contrôle du gaz africain

Ce scénario est très discuté en milieux stratégiques :
Les États-Unis ont intérêt économique direct à ralentir les projets gaziers africains des Européens (Total, ENI, BP).
Pourquoi ?
Parce que :

  • Le GNL américain est devenu la bouée énergétique de l’Europe,
  • L’Europe paie déjà 2 à 5x plus cher son gaz importé qu’avant 2022,
  • Si l’Afrique monte en puissance, le GNL US perd son levier stratégique.

Or, Total était l’acteur principal du futur GNL d’Afrique de l’Est (Mozambique).

Hypothèse :
Laisser éclater une affaire “crime de guerre” fragilise durablement le projet.
Ca maintient l’Europe énergétiquement dépendante du GNL américain.
Les médias  alimentés par des leaks, des ONG, des cercles d’influence jouent le rôle d’amplificateurs.

C’est du soft power énergétique dans sa version la plus moderne.

4. L’Arabie Saoudite et le Qatar veulent affaiblir Total pour imposer leur domination sur les mégaprojets gaziers mondiaux

Total est un concurrent direct :

  • de Saudi Aramco pour le pétrole,
  • de QatarEnergy et des Émirats pour le gaz liquéfié.

Or, le GNL est désormais l’arme économique n°1 de la décennie.

Hypothèse :
Des acteurs du Golfe chercheraient à décrédibiliser Total à long terme pour :

  • gagner plus de parts de marché,
  • attirer davantage d’investisseurs,
  • peser sur les négociations avec la Chine et l’Inde (qui achètent la majorité du GNL mondial).

Le levier :
ONG financées partiellement via des fondations tiers,
influence géopolitique discrète,
relais d’opinion dans les médias.

Dans cette version, Total est victime d’une offensive d’influence mondiale.

5. Bruxelles utilise Total comme bouc émissaire pour justifier un durcissement réglementaire massif (CSRD, CS3D, Taxonomie)

C’est le scénario “realpolitik européenne”.

Idée simple mais redoutable :
Pour faire passer des lois vertes ultra-contraignantes (CSRD, CS3D, reporting extra-financier, devoir de vigilance),
il faut un exemple choc.

Total est parfait :

  • géant fossile,
  • français donc politiquement utilisable,
  • très exposé médiatiquement,
  • impliqué dans des zones sensibles.

Hypothèse :
Bruxelles laisse se développer (voir encourage indirectement) la crise narrative autour de Total pour :

  • prouver que “le marché n’est pas capable de s’autoréguler”,
  • justifier des lois historiques de durabilité économique,
  • renforcer son pouvoir réglementaire sur les États membres.

En gros :
Total comme tremplin législatif.
Brillant. Froid. Efficace.

6. L’État français lui-même laisse Total brûler un peu… pour renforcer son contrôle stratégique

Le plus dérangeant — mais aussi le plus plausible.

Total est :

  • la plus grande entreprise française,
  • plus puissante que certains ministères,
  • incontournable pour l’énergie, la diplomatie, l’industrie.

Hypothèse :
Laisser les controverses éclater affaiblit légèrement le conglomérat,
Ce qui permet à l’État d’avoir davantage de poids dans :

  • les arbitrages industriels,
  • les décisions à l’international,
  • la transition énergétique,
  • le pilotage nucléaire + hydrogène + GNL.

Une version très haute réalité :
Affaiblir un géant, c’est le rendre plus dépendant du bras politique.

7. La guerre mondiale de l’influence climatique : les ONG anglo-saxonnes veulent briser un symbole européen avant la COP

Ce scénario est géopolitique, froid et très documenté dans certains cercles.

Contexte :
Les ONG climatiques majeures (notamment anglo-saxonnes) jouent un rôle stratégique dans les COP.
Total est :

  • le dernier “mammouth fossile” européen,
  • un symbole à abattre pour imposer un narratif mondial anti-fossile.

Hypothèse :
Faire exploser le scandale (Mozambique, torture, greenwashing) juste avant/pendant une COP permet :

  • de mettre la pression sur l’UE,
  • de pousser des engagements plus forts,
  • de placer Total dans la position de “méchant officiel du sommet”,
  • d’obliger les États européens à s’aligner.

Ce n’est pas du hasard, mais de la guerre de communication climatique :
ONG vs gouvernements vs géants industriels.

Un peu de recul (et de sarcasme)

Imagine un instant : “Total, champion de la transition”. On pourrait presque croire qu’ils vont bientôt vendre des panneaux solaires et nous servir du jus d’orange bio. Mais voilà, à chaque fois qu’ils parlent “transition”, leur bilan fossile claque plus fort que leur slogan. Et les journalistes attendent, café en main.

Par ailleurs, on pourrait croire qu’ils se comportent comme un chevalier vert : “Nous allons sauver le monde”. Sauf que ce chevalier a un épée de pétrole et un destrier diesel. Les médias disent : “Bonjour chevalier, pourquoi cette grosse épée ?” Et le chevalier répond : “Euh… ça coupe aussi les énergies fossiles”.

Ajoutons un soupçon de cynisme : dans un monde où le greenwashing est passé du statut de méfait isolé à celui d’espèce professionnelle, les entreprises comme Total fournissent la matière première pour une chasse aux “promesses non tenues”, “réalité décalée”, “contrats opaques” et “frame médiatique”. Quand en plus il y a droits humains, massacre, injustice : bingo, le cocktail explosif.

Pour les investisseurs, les régulateurs, les médias : Total est un peu la “bête noire” de la transition. Pourquoi ? Parce qu’il incarne l’échec potentiel de la finance verte : une firme qui dit “vert”, agit “fossile”, mais veut être financée comme “verte”.

Dans une logique ESG, cela pose plusieurs risques :

Le risque de réputation (pour les investisseurs).

Le risque de réglementation (que la CSRD/Taxonomie, etc., obligent à révéler ce genre de fait).

Le risque juridique (greenwashing, complicité de crimes).

Le risque que l’argent “vert” soit en fait investi dans du “fossile déguisé”.

Les médias jouent donc un rôle de “veille” : ce sont eux qui éclairent les angles morts, qui rappellent que la transition ne se fait pas en bleu pétrole.

Donc oui, les médias s’acharnent sur Total, mais on peut à juste titre leur dire : “oui, continuez”. Ce n’est pas un acharnement gratuit mais un rôle de contre-pouvoir. Et, oh ironie, Total essaie d’être “acteur de la transition” tout en restant acteur des hydrocarbures.

Ou simplement, les politiciens qui tentent de recuperer une ame Green avant les prochaines elections…

Trésorerie des grandes entreprises et ETI : un équilibre fragile dans un climat contrasté

Trésorerie des grandes entreprises

L’enquête de novembre 2025 menée auprès des trésoriers des grandes entreprises et ETI révèle une situation financière en demi-teinte. Si la trésorerie globale affiche encore une forme de résilience, les tensions sur la trésorerie d’exploitation se confirment. L’environnement macroéconomique, les délais de paiement et les conditions de financement continuent de peser sur la gestion quotidienne des liquidités. Dans un contexte où la perception du climat économique diverge fortement entre les entreprises, cette étude éclaire les zones de vulnérabilité comme les facteurs de résistance.

Une trésorerie globale encore solide mais fragilisée par l’exploitation

La trésorerie globale reste à un niveau jugé favorable par une majorité de répondants, malgré un léger recul en novembre. Ce solde d’opinions, qui diminue de cinq points, se maintient toutefois au-dessus de sa moyenne de long terme, témoignant d’une forme de robustesse structurelle. Cette stabilité contraste avec les difficultés persistantes observées sur la trésorerie d’exploitation.

En effet, 22 % des entreprises considèrent leur trésorerie d’exploitation comme difficile, contre 14 % qui la jugent confortable. Le solde d’opinions, à –6,5 %, se détériore légèrement et demeure inférieur à son niveau habituel. Cette tension reflète la faiblesse persistante de l’activité opérationnelle, dont les revenus ne suffisent pas toujours à compenser des charges exigeant une gestion rigoureuse des liquidités.

Dans 85 % des cas, les entreprises ont vu leur trésorerie évoluer conformément à leurs anticipations. Mais lorsque des écarts surviennent, ils sont presque systématiquement négatifs, soulignant que toute surprise est rarement favorable dans l’environnement actuel.

Des délais de paiement clients sous pression, un risque majeur pour les trésoreries

L’allongement des délais de paiement des clients constitue l’un des principaux facteurs de tension. En novembre, un tiers des trésoriers signale une détérioration des délais clients, tandis que seuls 5 % observent une amélioration. Ce niveau se situe parmi les plus élevés depuis la période Covid, faisant peser un risque significatif sur la liquidité disponible et sur la capacité des entreprises à faire face à leurs obligations courantes.

Du côté des fournisseurs, la situation apparaît légèrement plus favorable. On observe un timide raccourcissement des délais de règlement, bien que le solde d’opinions demeure en dessous de la moyenne de long terme. Ce rééquilibrage reste néanmoins insuffisant pour compenser pleinement les tensions générées par les décalages de paiement des clients, ce qui dégrade marginalement le solde commercial entre délais clients et fournisseurs.

Matières premières et taux de change : un environnement extérieur toujours déterminant

La volatilité des matières premières continue de peser sur les trésoreries. Plus d’une entreprise sur deux se dit affectée négativement par l’évolution des prix, malgré une certaine stabilisation des cours du pétrole et du gaz au cours des dernières semaines. Seules 12 % des entreprises tirent un avantage de ces fluctuations, signe que l’exposition aux prix de l’énergie demeure un enjeu structurel pour de nombreux secteurs.

La situation est tout aussi contrastée du côté des taux de change. Si 38 % des trésoriers identifient un impact favorable de la parité euro-dollar, 46 % déplorent au contraire un effet négatif. La stabilité récente du taux de change n’efface pas les risques : un euro durablement fort pourrait affaiblir la compétitivité des exportateurs et détériorer progressivement la trésorerie des entreprises tournées vers l’international.

Des conditions de financement plus tendues malgré un recours massif aux banques

Le financement bancaire reste la principale source de liquidité pour les entreprises interrogées : 88 % y ont eu recours en novembre, soit une hausse notable par rapport à octobre. Ce recours massif s’accompagne toutefois d’un durcissement des conditions : près d’un tiers des trésoriers jugent l’accès au financement difficile, une proportion en progression.

Ces tensions pourraient signaler un resserrement prudent des banques ou une dégradation perçue du risque de certaines entreprises. Dans tous les cas, l’accès au crédit apparaît moins fluide, ce qui fragilise la capacité de certaines structures à absorber les fluctuations conjoncturelles.

Des stratégies de gestion de trésorerie prudentes et orientées vers la sécurité

Face aux incertitudes économiques et financières, les trésoriers adoptent une stratégie de placement prudente. Les comptes rémunérés restent privilégiés par 38 % des entreprises, confirmant leur attractivité dans un contexte de taux encore favorables. Les dépôts à vue, très liquides, représentent 30 % des choix de placement, permettant de conserver une marge de manœuvre immédiate.

On observe par ailleurs une progression des investissements en OPCVM, utilisés par 21 % des répondants, sans doute pour capter un rendement supérieur sans trop sacrifier la liquidité. À l’inverse, les titres de créances négociables reculent nettement, ne représentant que 4 % des préférences, probablement en raison d’une attractivité moindre ou d’une complexité perçue.

Un climat ambiant jugé déconnecté de la réalité opérationnelle pour près de la moitié des entreprises

L’un des enseignements marquants de l’enquête réside dans l’écart de perception entre les entreprises et le climat politique et médiatique. Alors que le PIB a progressé de +0,5 % au troisième trimestre 2025, 47 % des trésoriers estiment que leur activité résiste mieux que ne le suggère la morosité omniprésente. À l’inverse, 41 % considèrent que cette atmosphère pesante pénalise leur performance, preuve d’une grande hétérogénéité des réalités économiques.

Cette résilience reste néanmoins fragile. L’incertitude politique et budgétaire pourrait à tout moment se traduire par de nouvelles contraintes fiscales ou réglementaires susceptibles de remettre en question les équilibres financiers observés.

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Quand le géant pétrolier chausse les bottes vertes : la schizophrénie de TotalEnergies à la COP30

TotalEnergies

L’image est presque surréaliste : un groupe pétrolier lourd de condamnations pour « greenwashing », convie la planète à croire en sa transition écologique tout en siégeant aux premières loges d’une conférence internationale sur le climat. Au moment où les regards se tournent vers la diplomatie climatique comme une partition à jouer sans fausse note, TotalEnergies publie ses propres solos… sur des cordes opposées. Résultat : quand les brigades du climat entendent monter le volume pour sauver le monde, le groupe vient brancher sa guitare à distorsion – il y a là un sérieux doute sur l’accord final.

Rappel des faits

En octobre 2025, un tribunal civil français a condamné TotalEnergies pour pratiques commerciales trompeuses, suite à une action de Greenpeace France, Les Amis de la Terre et Notre Affaire à Tous : ses affirmations sur son ambition de « neutralité carbone en 2050 » et son rôle de « acteur majeur de la transition énergétique » ont été jugées susceptibles d’induire en erreur le public. 

Simultanément, TotalEnergies est sous enquête pénale pour des chefs d’accusation grave : « défaut de lutte contre une catastrophe », homicide involontaire, atteinte à l’intégrité de la personne, destruction de biens… 

Et pourtant, surprise : lors de la COP30 (Conférence des Parties, Belém, Brésil, novembre 2025), le groupe est présent au sein de la délégation française : « Cinq émissaires du géant pétrolier, dont son dirigeant Patrick Pouyanné, ont été accrédités dans la délégation française. » 

Le paradoxe (et le risque)

Voici l’annotation centrale : comment crédibiliser la voix d’un pollueur historique quand ce même acteur se retrouve dans le cercle décisionnel d’une conférence supposée freiner les énergies fossiles ? D’un côté, le discours officiel français à la COP30 affiche un cap clair : « la sortie progressive des énergies fossiles sera un enjeu diplomatique de premier ordre ». De l’autre côté, l’inclusion de TotalEnergies dans la délégation nationale pose une incongruité majeure.

Influence possible : La présence même dans la délégation donne accès à « tous les espaces de la conférence », ce qui inclut les coulisses des négociations, les réseaux, les accès réservés… 

Symbolique et message envoyé : Le « business as usual » économique prime lorsqu’un champion de l’hydrocarbure siège à la table climat. Cela affaiblit la confiance des pays vulnérables et des ONG dans la sincérité des engagements.

Risque de blocage ou de dilution : Au moment où la COP30 doit passer du « quoi faire » au « comment faire », la présence d’acteurs lourds de l’industrie fossile risque de ralentir l’ambition, de diluer les textes, ou de privilégier des compromis minimalistes.

En un mot : ce n’est pas forcément un complot, mais c’est un pari sur la fluidité des négociations que ce groupe ait une place aussi centrale.

Son rôle à la COP30

Dans la délégation française, TotalEnergies dispose d’un statut d’accréditation via l’État, lui offrant badge et accès. 

Concrètement, il ne s’exprime pas officiellement « au nom de la France », mais il participe aux espaces de négociation, aux forums, aux « party overflow » (zones réservées aux délégations non-étatiques/parties prenantes) et peut donc faire entendre ses positions informellement. 

Cela signifie qu’il est en mesure d’agir sur les orientations de textes, d’impacter les alliances, de dialoguer avec les délégations, et potentiellement de pousser vers des formulations compatibles avec ses intérêts (et donc moins contraignantes pour le secteur fossile).

Cinq alternatives : comment s’y prendre sans être dans le conflit d’intérêts apparent

1. Transparence totale et séparation claire des rôles

L’État pourrait exiger que les membres issus d’acteurs fossiles soient clairement identifiés, qu’ils n’aient pas de rôle de négociation officielle mais seulement d’observateurs, et qu’ils publient leurs prises de parole et positions. Cela réduit le risque de capture des discussions.

2. Budget et financement dédié à la transition, suivi par un tiers indépendant

L’entreprise pourrait s’engager à destiner un pourcentage précis de ses profits à des projets de transition (exemple : 5 % des profits dans les 5 ans), soumis à audit externe. Cela donne du corps à l’engagement plutôt qu’un simple slogan.

3. Engagement « sortie fossile » retrait concret

S’engager à une date ferme de cession ou de fermeture progressive de certaines exploitations d’énergies fossiles, avec calendrier clair et vérifiable. Cela élèverait le discours au-delà du marketing.

4. Co-pilotage public-privé de projets renouvelables dans les pays vulnérables

Utiliser l’expertise industrielle pour porter des projets à fort impact dans les pays en développement (énergie solaire, stockage, biogaz, etc.) avec transfert technologique, et contraindre l’entreprise à ne pas faire de nouveaux projets fossiles dans ces mêmes pays.

5. Mécanisme de « bonus/malus climatique » pour dirigeants

Inclure dans la rémunération des dirigeants de l’entreprise des objectifs liés à l’atteinte de la neutralité carbone (vérifiée par tiers). Si les objectifs sont manqués, sanctionner financièrement. Cela aligne l’intérêt individuel sur l’objectif climat.

Trois autres pistes… d’imagination

Création d’un « fonds de transition hydrocarbure à verte » au sein de l’entreprise : un capital séparé pour liquider graduellement les actifs fossiles et réinvestir dans les solutions bas-carbone, gouverné par un comité indépendant.

Partenariat « justice climatique » avec les communautés impactées : l’entreprise peut s’engager à des réparations ou reconversions des zones autour des anciens sites fossiles (reforestations, reconversion industrielle verte, formation des travailleurs).

Programme « Startup verte » financé par les dividendes fossiles : chaque année, un pourcentage des dividendes issus des hydrocarbures sert à incubateur de jeunes pousses (clean-tech, circular economy, efficacité énergétique) avec reporting public.

En conclusion, la présence de TotalEnergies à la COP30 est un signal très fort, mais pas nécessairement dans le bon sens. 

Pour la communauté green-finance, pour les investisseurs, pour la société civile, c’est une alerte et une maniere de reflechir et de se remettre en question face a l actualité, sans etre taxé de complotisme.

Ainsi surveiller de près les textes, les engagements, les arbitrages. Il s’agira moins d’« y croire » que de vérifier les partitions avant de lancer l’orchestre. 

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Caroline Dupeuble, nouvelle directrice territoriale de SUEZ : au service des territoires et de la transition circulaire

Caroline Dupeuble

SUEZ nomme Caroline Dupeuble directrice territoriale Services aux Collectivités pour l’activité Recyclage et Valorisation en Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur. Ingénieure de formation, elle aura pour mission de renforcer la coopération avec les collectivités et d’accélérer la transition vers l’économie circulaire dans le Sud-Est de la France.

Une nomination au cœur des enjeux territoriaux et environnementaux

Lyon, 13 novembre 2025.
Le groupe SUEZ annonce la nomination de Caroline Dupeuble à la direction territoriale Services aux Collectivités pour les régions Auvergne-Rhône-Alpes (ARA) et Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA).
Entrée en fonction le 3 novembre 2025, elle prend la tête d’une organisation stratégique qui accompagne les collectivités locales dans la collecte, le tri, la valorisation des déchets et la production d’énergies renouvelables

Dans un contexte marqué par le changement climatique, cette nomination illustre la volonté du groupe de renforcer la proximité avec les territoires.
Pour Caroline Dupeuble, « s’engager aux côtés des territoires est primordial et fait partie de notre mission de service public ».
Elle entend mettre son expertise au service de la résilience locale et de la réduction de l’empreinte environnementale :

« En Auvergne-Rhône-Alpes et en Provence-Alpes-Côte d’Azur, les conséquences du changement climatique sont déjà visibles et s’accentuent. J’ai à cœur d’accompagner les collectivités dans le déploiement de services essentiels et de solutions innovantes pour sensibiliser les usagers, améliorer le recyclage et développer les énergies renouvelables. »

Un parcours ancré dans les infrastructures et le service public

Diplômée de l’École des Ponts ParisTech (promotion 2011), Caroline Dupeuble débute sa carrière au sein du groupe VINCI Energies.
Pendant huit ans, elle y occupe différentes fonctions au sein de SDEL Transport, Citeos et Enfrasys, dans le domaine des travaux et de la maintenance d’infrastructures urbaines et de transport.
Ce passage dans le privé forge une solide expérience de terrain et une compréhension fine des enjeux d’aménagement durable.

En 2019, elle rejoint SUEZ en tant que directrice de l’agence Vallée du Rhône – Saint-Étienne Métropole, au sein de l’activité Eau.
Elle y encadre une équipe de 170 collaborateurs et pilote la production et distribution d’eau potable, l’irrigation, la collecte et l’assainissement des eaux usées pour de nombreuses collectivités du Rhône, de la Loire, de l’Isère, de la Drôme, de l’Ardèche et de la métropole stéphanoise

Sa nouvelle fonction dans le domaine du recyclage et de la valorisation s’inscrit dans la continuité de son engagement. Elle se donne pour priorité de renforcer la coopération entre SUEZ et les collectivités locales, avec une approche résolument territoriale.

Une mission stratégique : accompagner la transition circulaire

Basée à la croisée de deux grandes régions, Caroline Dupeuble prend la responsabilité d’un périmètre étendu :
18 départements, 750 collaborateurs engagés, et un réseau dense d’infrastructures au service de l’économie circulaire.

Elle supervisera notamment :

  • 6 installations de stockage de déchets non dangereux (4 en Auvergne-Rhône-Alpes, 2 en PACA) ;
  • 6 centres de tri des déchets ménagers (1 en ARA, 5 en PACA) ;
  • 5 unités de valorisation énergétique (4 en ARA, 1 en PACA) ;
  • 14 bases de collecte des déchets (8 en ARA, 6 en PACA)

Ce maillage régional constitue un levier essentiel pour optimiser la gestion des flux de déchets, renforcer la performance du tri et accroître la production d’énergies issues du recyclage.
Ces activités participent à la stratégie nationale de SUEZ, qui vise à réduire les émissions de CO₂, valoriser les matières secondaires et développer la production d’énergie renouvelable à partir des déchets.

L’économie circulaire au service des territoires

L’activité Recyclage et Valorisation de SUEZ est aujourd’hui au cœur des transformations industrielles et territoriales.
Face à la hausse des volumes de déchets et aux impératifs réglementaires de la loi AGEC (anti-gaspillage pour une économie circulaire), les collectivités recherchent des partenaires capables d’allier performance technique, innovation et proximité.

Sous la direction de Caroline Dupeuble, SUEZ entend :

  • soutenir la modernisation des filières de tri et de valorisation,
  • accompagner la transition énergétique locale par la production d’électricité et de chaleur issues de la valorisation,
  • et développer des actions de sensibilisation citoyenne à la réduction et au tri des déchets.

L’objectif : transformer la contrainte environnementale en opportunité économique et territoriale.
En mettant l’innovation au service du quotidien, SUEZ veut démontrer que l’économie circulaire peut devenir un pilier de développement local durable.

Une nomination emblématique du renouvellement managérial de SUEZ

Cette nomination s’inscrit dans le mouvement de renforcement de la gouvernance territoriale du groupe SUEZ.
L’entreprise mise sur une nouvelle génération de dirigeants issus de la technique et du terrain, capables d’articuler exigence environnementale, performance opérationnelle et engagement collectif.

Caroline Dupeuble incarne cette nouvelle approche : une ingénieure ancrée dans les réalités locales, à la fois experte, pragmatique et mobilisée pour faire évoluer les pratiques du secteur.
Son profil illustre la volonté de SUEZ de féminiser les postes de direction dans les métiers techniques et de renforcer la représentation régionale au sein de ses instances de pilotage.

SUEZ : 160 ans d’innovation au service du bien commun

Fondé en 1869, le groupe SUEZ est aujourd’hui présent dans 40 pays avec 40 000 collaborateurs.
Sa mission : protéger et améliorer la qualité de vie face aux défis environnementaux croissants.
L’entreprise fournit des services essentiels d’eau, de gestion des déchets et de valorisation énergétique, accompagnant les collectivités et les entreprises dans leur transition écologique.

Quelques chiffres clés (année 2024) :

  • 68 millions de personnes desservies en eau potable ;
  • 44 millions bénéficiant de services d’assainissement ;
  • 8 TWh d’énergie produits à partir des déchets et eaux usées ;
  • 9,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

L’entreprise incarne aujourd’hui un modèle d’écologie industrielle appliquée, où l’innovation technique et la gouvernance locale s’unissent pour répondre aux grands défis environnementaux.

Conclusion : une ingénieure au service de la résilience territoriale

Avec cette nomination, SUEZ renforce sa présence dans le Sud-Est et confirme son ambition : accompagner les collectivités dans la transformation écologique.
Caroline Dupeuble, par son parcours et sa connaissance du terrain, représente cette génération de dirigeants qui font le lien entre ingénierie, transition énergétique et engagement citoyen.

Dans un monde confronté à des crises climatiques et sociales de plus en plus fortes, sa mission sera claire : construire des territoires plus durables, plus sobres et plus résilients.

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Carrefour et les milliards d’aides publiques : quand l’emploi devient un simple calcul

Carrefour

Depuis plusieurs années, Carrefour bénéficie d’aides publiques massives censées soutenir l’emploi et la compétitivité du groupe. Pourtant, derrière cette manne financière, le géant de la distribution semble adopter des stratégies qui mettent en péril les salariés. Et interrogent l’efficacité réelle de ces soutiens. Entre externalisation de magasins et manque de transparence, la polémique est relancée.

Un examen sous le feu des projecteurs

Le 31 mars 2025, le PDG de Carrefour a été entendu par la commission d’enquête du Sénat concernant l’usage des aides publiques accordées aux grandes entreprises. Quelques mois plus tard, le 1er juillet, le rapport officiel révèle que les aides versées aux entreprises du secteur privé ont atteint au moins 211 milliards d’euros en 2023.

Dans ce contexte, une enquête du journal Le Monde, datée du 27 mai 2025, révèle une pratique particulièrement controversée. Chaque année, une quarantaine de magasins déficitaires de Carrefour sont transformés en franchises ou confiés à des gérants indépendants. Les syndicats dénoncent une forme de « plan social déguisé ». Pointant le risque de dégradation des conditions de travail et de perte de droits pour les salariés concernés.

Les chiffres qui font réfléchir

Entre 2013 et 2018, Carrefour a touché 744 millions d’euros au titre du Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi (CICE). Ainsi que 1,289 milliard d’euros d’exonérations de cotisations sociales. Au total, ce sont donc plus de 2 milliards d’euros d’aides publiques dont le groupe a bénéficié.

Pourtant, malgré cette enveloppe colossale, les transformations structurelles se poursuivent. Près de 170 000 personnes travaillent sous l’enseigne en France. Mais la requalification en franchise ou location-gérance concerne environ 40 magasins chaque année. Pour 2025, 39 magasins, impliquant près de 4 300 salariés, pourraient subir ce même sort. Ces chiffres mettent en lumière un paradoxe : d’un côté, des aides massives censées protéger l’emploi. De l’autre, une stratégie qui déplace le risque et fragilise le personnel.

Les conséquences sociales inquiétantes

L’objectif affiché des aides publiques est de soutenir l’emploi et de favoriser la compétitivité des entreprises. Mais pour les syndicats, la réalité est bien différente. La pression sociale s’accroît : perte d’avantages, diminution des effectifs. Et modification du statut des salariés sont au programme pour ceux concernés par l’externalisation.

La commission sénatoriale souligne d’ailleurs un manque de contrôle sur l’usage de ces aides et recommande de conditionner leur attribution à des contreparties strictes. Maintien de l’emploi, transparence dans la gestion des fonds et respect des droits sociaux. Sans ces garde-fous, les aides risquent de se transformer en simple soutien à la rentabilité plutôt qu’en levier pour la protection des salariés.

Une question politique et éthique

La médiatisation du rapport de juillet 2025 met Carrefour sous les projecteurs et relance le débat sur l’efficacité et l’éthique des aides publiques. Dans un contexte de forte concurrence, de transformation numérique et de marges sous pression. Le modèle de l’hypermarché est lui-même remis en cause.

La question centrale devient alors : ces milliards d’euros d’aides ont-ils réellement servi à consolider l’emploi et la pérennité du groupe, ou ont-ils surtout alimenté la rentabilité, les dividendes et les restructurations qui fragilisent les salariés ?

Carrefour, symbole d’un système à revoir

La controverse autour de Carrefour dépasse largement le seul groupe. Elle interroge l’ensemble du dispositif d’aides publiques aux grandes entreprises, notamment dans le secteur de la distribution, où l’emploi et les conditions sociales sont au cœur de la légitimité de l’entreprise.

Entre les chiffres précis des aides et la mise en place de transformations structurelles qui déplacent les risques, le contraste est frappant. Il souligne un décalage inquiétant entre les intentions affichées des aides publiques et leurs effets réels sur les salariés. Carrefour devient ainsi le symbole d’un système où la générosité de l’État semble parfois profiter davantage aux stratégies financières qu’aux hommes et aux femmes qui font vivre le groupe.

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Les PME françaises, championnes mondiales de la durabilité : une ambition freinée par le financement vert

pme françaises

Selon une étude de la Chambre de commerce internationale menée avec Sage, les PME françaises sont les plus nombreuses à disposer d’un plan de durabilité formel. Mais derrière cette avance, un constat persiste : la majorité peine encore à accéder au financement vert, faute de reporting et d’outils numériques adaptés.

1. Une ambition durable bien réelle

Paris, 6 novembre 2025 – Sage, acteur mondial des technologies de comptabilité, de paie et de finance pour les PME, dévoile les résultats du rapport SME Sustainable Finance Stocktake: Turning Ambition into Action, produit avec la Chambre de commerce internationale (ICC).

Ce document dresse un panorama inédit de la durabilité des PME dans le monde, et place la France en tête du classement des pays les plus engagés.
Près de 73 % des PME françaises déclarent aujourd’hui que la durabilité est centrale ou importante pour leur entreprise.
Mieux encore, 38 % disposent déjà d’un plan de durabilité établi, un taux supérieur à la moyenne mondiale.

L’étude montre que les priorités des petites entreprises se concentrent autour de trois axes :

  • l’efficacité énergétique (58 %),
  • la gestion des déchets (53 %),
  • et le recours aux énergies renouvelables (32 %).

Ces chiffres traduisent une prise de conscience massive du rôle que jouent les PME dans la lutte contre le changement climatique. Comme le résume l’ICC : « L’ambition est forte, mais le passage à l’action reste freiné par le manque d’accès au financement et par la complexité du reporting. »

2. La France en tête, mais un frein mondial persistant

L’étude met en lumière un paradoxe : malgré des ambitions record, trop peu de PME sont capables de rendre compte de leur impact environnemental.
À l’échelle mondiale, seulement 32 % disposent d’une infrastructure de reporting durable.
En France, ce chiffre monte à 27 % — un résultat très supérieur à la moyenne mondiale (8 %), mais encore insuffisant pour transformer les intentions en résultats mesurables.

Parmi les obstacles identifiés :

  • 62 % des PME évoquent la complexité des normes comme frein principal.
  • Le manque de données fiables et d’outils adaptés est également cité comme un facteur majeur.
  • Enfin, beaucoup peinent à trouver du temps ou des compétences internes pour structurer une stratégie ESG complète.

Le constat est clair : sans accompagnement technique et financier, l’essor des politiques de durabilité restera limité à un cercle d’entreprises déjà sensibilisées.

3. Le cercle vertueux du reporting et du financement

Le rapport réaffirme le lien essentiel entre transparence, financement vert et action climatique.
Ce que Sage appelle le « cercle vertueux du reporting durable » repose sur une idée simple :

les PME qui mesurent et déclarent leurs efforts environnementaux sont plus susceptibles d’obtenir des financements verts.

Les données du précédent rapport COP29 de Sage (2024) montraient déjà que 73 % des banques se disent prêtes à offrir des prêts durables aux PME, à condition de disposer de données sur leurs émissions et leurs performances ESG.

Pourtant, dans les faits, l’accès reste marginal :

  • Seules 2,8 % des PME interrogées ont demandé un financement vert l’année passée.
  • Et moins d’une sur 200 a obtenu un financement avec succès.
  • Toutefois, la tendance s’améliore : 27 % des PME envisagent d’en faire la demande en 2026, contre 21 % un an plus tôt.

Derrière ces chiffres, un défi central : transformer la donnée environnementale en confiance financière.

4. L’IA et le numérique : catalyseurs de la durabilité

L’un des enseignements majeurs de l’étude concerne le rôle de l’intelligence artificielle (IA) et des outils numériques dans la transition durable.
Les PME qui intègrent des logiciels de comptabilité carbone ou de suivi environnemental basés sur l’IA sont :

  • 1,6 fois plus susceptibles d’obtenir un financement vert,
  • et 2,4 fois plus susceptibles de disposer d’un reporting ESG fiable.

Ces outils permettent d’automatiser la collecte et la consolidation des données, tout en réduisant les coûts administratifs.
L’IA ne remplace pas la stratégie, mais elle accélère le passage de l’ambition à l’action — un point souligné par Elisa Moscolin, vice-présidente exécutive de la durabilité chez Sage :

« Les PME sont en première ligne de l’action climatique, mais trop d’entre elles restent privées des outils nécessaires pour croître durablement. En utilisant l’IA et la comptabilité numérique, elles peuvent renforcer la confiance des prêteurs et débloquer des financements à grande échelle. »

5. Cinq leviers pour accélérer le financement durable des PME

Pour convertir cette ambition en résultats, le rapport propose cinq pistes concrètes à destination des pouvoirs publics, des institutions financières et des entreprises elles-mêmes :

  1. Simplifier le reporting de durabilité
    Élaborer des normes claires, cohérentes et proportionnées, adaptées aux petites entreprises.
    L’ICC préconise un alignement sur les cadres internationaux comme l’ISSB ou le modèle VSME de l’Union européenne.
  2. Accélérer la numérisation et l’usage de l’IA
    Rendre accessibles des outils abordables capables d’automatiser le reporting ESG, en connectant données comptables, factures électroniques et indicateurs d’émissions.
  3. Renforcer le soutien et les incitations
    Mettre en place des subventions, crédits d’impôt et formations dédiées pour encourager les PME à mesurer, déclarer et réduire leur empreinte carbone.
  4. Rationaliser le partage des données
    Permettre aux entreprises de “reporter une fois, utiliser plusieurs fois”, en harmonisant les demandes d’informations entre banques, clients et régulateurs.
  5. Adapter les produits financiers
    Développer des prêts liés à la durabilité, du leasing vert et des instruments de financement mixte spécifiquement conçus pour les PME.

Ces recommandations visent à combler le fossé entre les ambitions climatiques et la réalité économique des petites structures.

6. La parole aux institutions : un système encore inadapté

John W.H. Denton AO, secrétaire général de la Chambre de commerce internationale, résume le défi global :

« Les PME sont essentielles à la transition climatique mondiale, pourtant le système n’est toujours pas conçu pour elles. Nous avons besoin de cadres simples et de voies pratiques vers le financement durable. Ce rapport montre comment y parvenir. »

De fait, les PME constituent plus de 90 % du tissu économique mondial, mais ne captent qu’une fraction du financement vert disponible.
Le système bancaire, encore trop axé sur les grandes entreprises, peine à évaluer les risques et les performances ESG des petites structures.

Les auteurs du rapport plaident pour un nouvel équilibre réglementaire, où la durabilité serait encouragée par des outils de mesure accessibles et des produits financiers réellement adaptés à la taille des entreprises.

7. Méthodologie : un échantillon mondial inédit

Le rapport repose sur une enquête mondiale en ligne menée depuis la COP27 auprès de dirigeants d’entreprises de moins de 250 employés.
L’échantillon, composé de 8 250 PME réparties sur 18 pays, offre une vision globale des enjeux et écarts régionaux.
Une analyse approfondie a ensuite été conduite sur un sous-échantillon de 1 000 entreprises, incluant des sociétés jusqu’à 1 000 salariés déjà engagées dans le reporting environnemental.

Parmi les pays étudiés figurent la France, le Royaume-Uni, les États-Unis, l’Allemagne, le Brésil, le Kenya, le Maroc et l’Indonésie.

8. Une opportunité à saisir pour l’économie française

Avec 73 % des PME plaçant la durabilité au cœur de leur stratégie, la France s’impose comme un moteur européen du changement.
Mais ce leadership risque d’être freiné sans accès facilité aux financements verts.
La numérisation des processus et la diffusion d’outils simples de reporting apparaissent comme des conditions indispensables à la réussite de la transition.

Au-delà de la performance environnementale, c’est aussi la compétitivité et la résilience du tissu économique français qui sont en jeu.
Les entreprises capables de démontrer leur impact ESG bénéficieront d’un avantage stratégique majeur dans un contexte de plus en plus régulé par les critères extra-financiers.

Conclusion : de l’ambition à l’action

L’étude Sage–ICC dresse un message clair : la transition durable ne manque pas de volonté, mais de moyens.
Les PME françaises incarnent une dynamique mondiale, prouvant que la durabilité peut être au cœur de la stratégie entrepreneuriale.
Reste à transformer cet engagement en résultats tangibles, grâce à une alliance entre numérique, simplification réglementaire et accès au capital vert.

L’équation de la durabilité des PME se résume désormais ainsi : des outils pour mesurer, des données pour convaincre, et un financement pour agir.

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Mirova et Varaha : 30 millions de dollars pour transformer l’agriculture indienne

Mirova

L’investissement durable franchit une nouvelle étape en Inde avec l’annonce d’un partenariat historique entre Mirova, filiale de Natixis Investment Managers, et la startup Varaha. Avec un engagement de 30 millions de dollars. Ce projet ambitionne de soutenir plus de 337 000 petits exploitants agricoles dans le nord de l’Inde. Et de promouvoir des pratiques d’agriculture régénératrice qui allient lutte contre le changement climatique. Amélioration des revenus et préservation des écosystèmes.

Varaha : pionnier des solutions climatiques en Asie

Fondée en 2022, Varaha s’est rapidement imposée comme le principal développeur de projets carbone en Asie. L’entreprise combine innovation scientifique et expertise locale pour concevoir des initiatives de régénération des sols. De reboisement agricole et de production de biochar. Son objectif est double : réduire significativement les émissions de gaz à effet de serre et améliorer les conditions économiques des petits exploitants agricoles. Grâce à son modèle technologique, Varaha assure une traçabilité rigoureuse des projets. Et un suivi en temps réel des résultats climatiques et sociaux. L’entreprise gère actuellement treize projets carbone en Inde, au Népal et au Bangladesh. Et se positionne comme un acteur clé de la transition agricole durable en Asie du Sud.

Le projet Kheti : une agriculture régénératrice à grande échelle

Le projet Kheti couvre 675 000 hectares dans les États de Haryana et du Punjab et vise à accompagner des centaines de milliers de petits exploitants vers des pratiques agricoles régénératrices. Parmi les techniques mises en œuvre figurent le semis direct du riz. La gestion des résidus de culture et la réduction du labour intensif. Ces pratiques ont pour objectif de restaurer la santé des sols. D’augmenter leur capacité à stocker du carbone et de générer des crédits carbone certifiés de haute qualité. Un mécanisme de partage des revenus garantit que les agriculteurs bénéficient directement des ventes de ces crédits. En conformité avec la méthodologie Verra VM0042. Le projet est également en cours de certification Climat. Communauté et Biodiversité (CCB), qui valide l’impact environnemental et social des initiatives agricoles.

Des co-bénéfices pour l’environnement et les communautés rurales

Au-delà de la réduction des émissions de carbone, le projet Kheti prévoit des impacts positifs significatifs sur les écosystèmes et les communautés locales. La régénération des sols et le reboisement contribuent à renforcer la biodiversité. Et à réduire la consommation d’eau et à limiter l’usage d’intrants chimiques. Sur le plan social, le projet favorise l’augmentation des rendements agricoles. La baisse des coûts de production et la création d’emplois locaux. Des actions ciblées en faveur de l’égalité de genre et de l’entrepreneuriat féminin sont également intégrées. Renforçant l’inclusion sociale et le bien-être des agricultrices dans les villages concernés.

Un partenariat stratégique pour la finance climatique en Asie

Pour Mirova, cet investissement représente sa plus grande transaction carbone à ce jour et marque son entrée sur le marché indien dans le cadre de sa plateforme de capital naturel. Charlotte Lehmann, Senior Investment Director chez Mirova. Souligne que ce projet illustre comment le financement carbone peut générer une transformation systémique de l’agriculture tout en renforçant la résilience des communautés rurales. Depuis 2020, Mirova a mobilisé plus de 350 millions de dollars pour soutenir des projets carbone fondés sur la nature. Consolidant son expertise dans la finance climatique et le développement durable. Le projet Kheti s’inscrit ainsi dans une stratégie plus large visant à promouvoir des solutions d’investissement à fort impact environnemental et social.

Une vision commune pour la résilience climatique et la prospérité rurale

Madhur Jain, PDG de Varaha, insiste sur la complémentarité entre ambition climatique et amélioration des conditions de vie : « Ce partenariat démontre qu’il est possible de combiner rigueur scientifique et impact concret pour les communautés agricoles. Ensemble avec Mirova, nous visons à faire de l’Inde un leader mondial dans la réduction des gaz à effet de serre tout en renforçant la prospérité rurale ». Le projet Kheti illustre ainsi un modèle innovant où l’investissement durable soutient à la fois la transition écologique et le développement économique local, offrant une solution intégrée aux défis climatiques et sociaux.

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