TotalEnergies entre Paris et New York : un projet de double cotation inédit

TotalEnergies

TotalEnergies, l’un des leaders mondiaux du secteur pétrolier, confirme son projet inédit de double cotation à Paris et New York. Alors que d’autres entreprises françaises, comme Orange, se retirent des marchés américains, TotalEnergies fait le choix audacieux d’étendre sa présence. Cette initiative, centrée sur la conversion de ses ADR (American Depositary Receipts) en actions. Marque une première dans le paysage financier français. Cette stratégie vise à renforcer la liquidité de ses titres, tout en ouvrant de nouvelles perspectives de croissance sur le marché américain. Mais quels sont les enjeux et les défis d’une telle démarche ?

Une présence américaine à renforcer : la conversion des ADR en actions

TotalEnergies est déjà présente sur le marché américain via des ADR. Des certificats de dépôt permettant aux investisseurs américains d’acheter des actions de sociétés étrangères. Ces ADR, qui représentent environ 9 % du capital de TotalEnergies. Octroient des droits similaires à ceux des actions ordinaires, comme l’accès aux dividendes. Toutefois, ces titres ne sont pas considérés comme une véritable cotation en Bourse.

Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, a annoncé que le conseil d’administration était favorable à la conversion de ces ADR en actions. Il précise que ce processus pourrait être techniquement complexe et nécessiter du temps, mais il reste confiant dans son aboutissement. Selon lui, cette opération pourrait significativement améliorer la liquidité des actions TotalEnergies. Offrant ainsi plus de souplesse aux investisseurs américains tout en consolidant la présence du groupe sur les deux marchés financiers majeurs.

Une première historique pour une entreprise française

Le projet de TotalEnergies est sans précédent pour une société française. Si plusieurs entreprises internationales, comme l’allemand Birkenstock ou le britannique Ferguson, sont cotées directement à New York, aucune entreprise française n’a encore sauté le pas. Jusqu’à présent, les groupes français optaient pour des ADR. TotalEnergies serait donc la première à franchir ce cap et à s’installer pleinement sur la scène financière américaine.

L’intérêt de cette démarche réside non seulement dans l’amélioration de la liquidité des titres, mais aussi dans la possibilité d’attirer davantage d’investisseurs américains. Cependant, certains analystes tempèrent cet enthousiasme, rappelant que la conversion des ADR en actions ne permettrait pas à TotalEnergies d’être incluse dans des indices américains majeurs, tels que le S&P 500. En effet, pour cela, une entreprise doit être domiciliée aux États-Unis ou générer la majorité de ses revenus sur le territoire américain, des critères que TotalEnergies ne remplit pas.

Enjeux politiques et économiques : un équilibre délicat à trouver

Si cette décision représente une opportunité stratégique pour TotalEnergies, elle n’a pas manqué de susciter des réactions politiques en France. Lors de l’annonce de ce projet au début de l’année, Patrick Pouyanné avait provoqué des inquiétudes au sein du gouvernement français, notamment de la part d’Emmanuel Macron. Le président craint que cette nouvelle orientation n’affaiblisse l’engagement de TotalEnergies envers la France et n’affecte l’attractivité de la Place de Paris en matière de cotation.

TotalEnergies, bien qu’envisageant cette double cotation, reste fidèle à son ancrage français. Patrick Pouyanné a d’ailleurs tenu à rappeler que le siège social du groupe resterait en France et que TotalEnergies conserverait son statut de société étrangère sur le marché américain. Cette stratégie semble donc davantage orientée vers l’élargissement de son réseau d’investisseurs plutôt que vers une délocalisation de son activité principale.

Une tendance à suivre : l’exemple de Teleperformance

Le projet de double cotation de TotalEnergies s’inscrit dans un contexte plus large de réflexion des grandes entreprises françaises sur leur présence sur les marchés financiers internationaux. Par exemple, Teleperformance, autre poids lourd du CAC 40, envisage également un transfert de sa cotation de Paris à New York. L’entreprise, frustrée par la faiblesse de son cours de Bourse en France, envisage cette option si la situation ne s’améliore pas.

Cette tendance témoigne d’une dynamique plus générale : les entreprises françaises, confrontées à une sous-valorisation sur le marché parisien, envisagent de s’internationaliser pour attirer de nouveaux capitaux et améliorer leur visibilité. Si Teleperformance et TotalEnergies parviennent à concrétiser leurs projets, cela pourrait ouvrir la voie à d’autres entreprises françaises cherchant à renforcer leur position sur les marchés internationaux.

TotalEnergies, avec son projet de double cotation, s’engage dans une démarche inédite qui pourrait redéfinir les stratégies de cotation des grandes entreprises françaises. Cette initiative, bien qu’ambitieuse, comporte des défis à la fois techniques et politiques, mais elle reflète la volonté du groupe d’accroître sa compétitivité sur la scène internationale. L’avenir dira si cette stratégie permettra à TotalEnergies de se rapprocher de ses concurrents internationaux, tout en conservant son ancrage en France.

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Hydrogène vert en France : un début laborieux, mais un potentiel à exploiter

Hydrogène vert

L’hydrogène vert est souvent présenté comme l’une des solutions clé pour la transition énergétique et la décarbonation des industries. Pourtant, en dépit d’un engagement stratégique clair de la part de la France en faveur de cette technologie, le pays accuse un retard important dans le développement de ses capacités de production. L’objectif national fixé en 2020, ambitieux, semble aujourd’hui hors de portée à moins d’une accélération significative des projets. Cependant, ce retard n’est pas une fatalité : plusieurs facteurs pourraient permettre de rattraper ce déficit, à condition de surmonter certains obstacles majeurs.

Une stratégie ambitieuse, mais des résultats en demi-teinte

Un objectif clair : une croissance exponentielle des capacités de production

La France s’est fixée un objectif audacieux en matière de production d’hydrogène vert. En 2020, la stratégie nationale pour l’hydrogène (SNH) a été annoncée, avec pour ambition d’installer 6,5 GW d’électrolyseurs d’ici 2030. Cet objectif, censé permettre la production annuelle de 600 kt d’hydrogène décarboné, repose sur une croissance annuelle moyenne des capacités de 128 % sur une période de dix ans.

En 2020, les capacités de production d’hydrogène vert en France étaient quasi inexistantes, avec à peine 1,7 MW installés. La transition vers 6,5 GW d’ici 2030 représente donc un défi considérable pour toute la filière, impliquant la mise en place de multiples projets à grande échelle. Cependant, trois ans après le lancement de cette stratégie, le retard accumulé est déjà notable.

Des chiffres décevants : un déploiement plus lent que prévu

Malgré la dynamique initiale impulsée par l’État, les résultats ne sont pas à la hauteur des ambitions. Entre 2020 et 2023, la croissance des capacités de production d’hydrogène vert n’a atteint que 92 % par an en moyenne, bien en-deçà des 128 % requis pour respecter la trajectoire fixée. À la fin de 2023, la France n’avait installé que 12 MW de capacité, soit seulement 17 % de l’objectif intermédiaire fixé pour 2030. Ce chiffre la place loin derrière ses voisins européens, comme l’Allemagne (77 MW) et l’Espagne (36 MW), pays comparables en termes de taille et de développement économique.

Le retard français s’explique notamment par un manque de projets en cours et des difficultés à concrétiser les projets déjà annoncés, dont beaucoup restent à l’état de concept ou d’étude de faisabilité.

Des freins structurels, mais des perspectives d’accélération

Un manque de projets matures et des retards persistants

Le retard accumulé dans le déploiement de l’hydrogène vert en France découle en grande partie de l’absence de projets concrets. Si le nombre de projets annoncés a récemment augmenté de manière significative, la majorité d’entre eux sont encore à des stades très précoces de développement. En 2023, 99 % des projets annoncés pour la période allant jusqu’à 2030 étaient encore en phase de conceptualisation ou d’étude. Cela témoigne d’une incertitude généralisée quant à la réalisation effective des objectifs fixés.

L’un des obstacles majeurs à la concrétisation de ces projets est la difficulté à attirer les investissements. Les investisseurs demeurent réticents en raison des coûts de production élevés de l’hydrogène vert, comparés à ceux de l’hydrogène bleu, qualifié d’« hydrogène bas-carbone » en vertu de l’arrêté de juillet 2024. Ce positionnement réglementaire risque de détourner des capitaux vers l’hydrogène bleu, pourtant moins durable à long terme.

Une opportunité de rattrapage, sous conditions

Malgré ces difficultés, la France pourrait accélérer son rythme de déploiement si les projets actuellement en gestation venaient à se concrétiser. Le volume de capacités annoncées pour les prochaines années dépasse largement les besoins pour atteindre l’objectif de 2030. Toutefois, ce potentiel ne sera exploité que si des mesures efficaces sont prises pour assurer la viabilité économique de l’hydrogène vert, notamment en développant des usages clairs et en favorisant des commandes publiques.

Si la France parvient à activer suffisamment de projets en construction d’ici 2026, elle pourra rattraper une partie de son retard, bien que les projections restent incertaines pour la période post-2026.

Comparaison avec les leaders européens : un retard rattrapable ?

Une comparaison peu flatteuse avec l’Allemagne et l’Espagne

En comparant les performances de la France avec celles de ses voisins européens, l’écart est frappant. En 2023, l’Allemagne se distingue comme le leader incontesté de la production d’hydrogène vert en Europe, avec 77 MW de capacités installées. Ce pays avait amorcé son développement dès 2017, bien avant la France, ce qui lui a permis de prendre une avance significative. L’Espagne, bien qu’ayant commencé plus tard, a également su déployer rapidement ses capacités, atteignant 36 MW d’électrolyseurs en fonctionnement.

La France, avec seulement 12 MW, se situe loin derrière ces deux leaders, malgré des caractéristiques économiques similaires. Cependant, elle devance encore des pays comme les Pays-Bas (9 MW) ou la Grande-Bretagne (8 MW), ce qui laisse entrevoir une marge de progression possible.

Des retards modérés, mais une incertitude élevée

Si la France affiche un retard global en termes de capacités installées, elle a toutefois réussi à limiter les délais sur les projets annoncés par rapport à d’autres pays européens. En 2023, environ 25 % des projets français ont pris du retard, un chiffre inférieur à celui de l’Allemagne (53 %) ou du Danemark (92 %).

Cependant, l’incertitude autour des projets à long terme demeure très élevée en France, tout comme dans le reste de l’Europe. D’ici 2030, 99 % des projets annoncés en France sont encore à l’étude, un chiffre comparable à celui des autres pays européens, où ce taux d’incertitude dépasse souvent 90 %. Cela montre que la concrétisation des projets à venir dépendra largement de facteurs extérieurs, tels que la baisse des coûts et le développement des marchés pour l’hydrogène vert.

Un défi de taille, mais des opportunités à saisir

La France accuse un retard certain dans la course à l’hydrogène vert, un secteur crucial pour la transition énergétique. Malgré une stratégie nationale ambitieuse, la concrétisation des projets reste incertaine et le pays doit redoubler d’efforts pour atteindre les objectifs fixés d’ici 2030. Toutefois, des opportunités de rattrapage existent, notamment grâce à l’augmentation des projets annoncés et la marge de manœuvre dont dispose le pays. Pour réussir, la France devra surmonter les obstacles liés aux investissements et assurer des débouchés clairs pour l’hydrogène vert, tout en s’assurant que la compétitivité de cette technologie soit améliorée.

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 FU*K M*c*on

L’économiste sportif

Paris, le 28 Septembre 2024, “L’économiste sportif” Renato Moicano nous assène une véritable claque à la France et à Macron, tout en recommandant un livre qui secoue les fondations de notre société.
Avec des marques profondes , cette critique met en lumière les failles d’un système démocratique à bout de souffle. La démocratie est-elle en déclin dans ce monde capitaliste ? La France est elle défigurée ( comme BSD* ) ?

En effet, Hans Hermann Hoppe est l’auteur du livre “Démocratie, le dieu qui a échoué et cet “économiste sportif” lui a fait une belle promo.

Retour sur le livre :

Critique de la démocratie

Hoppe critique la démocratie en la décrivant comme un système fondamentalement dysfonctionnel. Selon lui, les politiciens élus dans une démocratie sont incités à prendre des décisions à court terme, car ils ne sont que des « gestionnaires temporaires » des ressources publiques. Cela conduit à une mauvaise gestion, au gaspillage des ressources et à des politiques qui privilégient la popularité immédiate plutôt que des solutions durables. Hoppe compare la démocratie à une forme de « pillage légal » où les groupes de pression influencent les politiques pour leur propre bénéfice, au détriment du bien commun.

Propriété privée et monarchie

Hoppe soutient que la monarchie, malgré ses défauts, est une meilleure forme de gouvernement que la démocratie. Il justifie cela en affirmant que les monarques, en tant que propriétaires à long terme de leur royaume, sont davantage incités à préserver la richesse et les ressources, car elles leur appartiennent et peuvent être transmises à leurs descendants. Ainsi, dans un système monarchique, la gestion des ressources est plus prudente et rationnelle. En revanche, les dirigeants démocratiques sont plus enclins à exploiter le pouvoir pour des gains personnels ou électoraux à court terme.

Alternative libertarienne : l’anarcho-capitalisme

La proposition de Hoppe pour remplacer la démocratie est un système d’anarcho-capitalisme, où toutes les fonctions de l’État (justice, défense, services publics) seraient privatisées et gérées par des propriétaires privés. Dans cette vision, la concurrence entre ces entités privées garantirait une gestion plus efficace des ressources et des droits individuels. Hoppe considère que la propriété privée et la liberté contractuelle, lorsqu’elles ne sont pas entravées par l’État, sont les meilleures garanties pour une société juste et prospère.

En résumé, Hoppe préconise un retour à un ordre social basé sur la propriété privée et le marché libre, tout en rejetant la démocratie comme un système voué à l’échec. 

Echange de l’économiste sportif

*BSD : Benoit Saint Denis

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L’Europe face à la lenteur des procédures judiciaires

procédures judiciaires

L’Union européenne, porteuse de valeurs démocratiques et gardienne du droit, se retrouve parfois confrontée à une réalité qui met en lumière les dysfonctionnements de ses propres institutions. Les procédures d’infraction. Pourtant essentielles pour garantir le respect des lois européennes, sont souvent marquées par des retards significatifs, voire par une inaction inquiétante. Ce phénomène soulève des questions quant à l’efficacité de la Commission européenne dans son rôle de garante des traités. Entre complexités administratives et influences politiques, la gestion des infractions révèle des failles profondes. En particulier dans le domaine de l’environnement.

Bruno Boggiani, directeur de Green Finance, souligne que “L’Europe et la justice sont bien sûr des principes de droit, mais aussi une pratique très politique, pas toujours en phase.” Une déclaration qui reflète bien l’état actuel des choses, notamment dans le cadre de notre enquête menée en collaboration avec Investigate Europe.

Ceci est un extrait d’une interview, sélectionné par votre média Green Finance, qui donne la parole à tous, même si cela peut vous déplaire et nous déclinons toutes responsabilités sur la source et les propos de cet extrait.

La lenteur des procédures judiciaires : un frein à la justice européenne

Les principes fondateurs de l’Union européenne, tels que le respect des décisions de justice, ne devraient pas être discutables. Les présidents de la Commission le rappellent souvent dans leurs discours. Pourtant, si la théorie est claire, la pratique l’est beaucoup moins. La Commission européenne, gardienne des traités, montre parfois des faiblesses lorsqu’il s’agit de lancer des procédures d’infraction. Ou de faire appliquer les décisions de la Cour de justice de l’Union européenne.

En 2023, 1482 procédures d’infraction étaient ouvertes. Cependant, derrière ce chiffre se cachent des dysfonctionnements majeurs. Parmi ces procédures, 118 sont ouvertes depuis plus de 10 ans et 44 ont fait l’objet de condamnations par la Cour de justice, sans que des mesures concrètes aient été prises. Dans certains cas, ces délais peuvent atteindre jusqu’à 25 ans. Un tel délai est loin d’être raisonnable et soulève des interrogations sur l’efficacité du système judiciaire européen.

 lenteur des procédures judiciaires

Ces retards sont parfois dus à des erreurs de gestion. Il arrive que des dossiers ne soient pas traités du tout. Alors que des informations précieuses se perdent avec le temps. Cette situation illustre la discrétion dont dispose la Commission européenne dans le traitement des infractions. La procédure d’infraction se décompose en plusieurs étapes. De la simple demande d’explication à la mise en demeure, puis à la saisine de la Cour de justice. Voire à l’imposition d’amendes de plusieurs millions d’euros. Toutefois, la volonté de ne pas froisser les États membres semble prendre le dessus, transformant une procédure judiciaire en un processus de négociation politique.

L’environnement : la grande oubliée des procédures d’infraction

Notre enquête révèle un fait troublant : parmi les infractions qui stagnent, une majorité concerne l’environnement. Sur les 118 infractions ouvertes, 55 sont liées aux politiques environnementales. De plus, sur les 44 arrêts non exécutés, 33 concernent la protection de l’environnement. Ces dossiers traînent plus longtemps que les autres affaires, avec une durée presque deux fois supérieure.

Pourquoi l’environnement est-il autant délaissé ? L’Union européenne, pourtant pionnière dans les initiatives écologiques, semble avoir du mal à imposer le respect de ses propres normes. “L’environnement est le domaine où l’on constate le plus grand nombre d’infractions,” admettent les représentants de la Commission. La complexité de ces dossiers, qui nécessitent la collecte d’un grand volume d’informations, est souvent invoquée pour justifier ces retards.

Environnement

Les États membres les plus concernés par ces manquements ne sont pas des surprises. La Grèce se distingue tristement avec 7 condamnations non exécutées, suivie de près par l’Espagne avec 5 condamnations. L’Italie, l’Irlande, la Pologne et le Portugal complètent le tableau avec 3 condamnations chacun. Les infractions les plus fréquentes concernent les violations des normes sur la pollution de l’air. La France et l’Allemagne, pourtant considérées comme des moteurs de l’Union, n’ont toujours pas appliqué 15 arrêts de la Cour sur ce sujet.

L’influence des lobbies industriels et politiques

Les retards et les dysfonctionnements dans la gestion des affaires environnementales sont également liés à la pression des lobbies. Ce phénomène est devenu presque évident pour les observateurs. Alors que certaines ONG militent pour une meilleure protection de l’environnement, le lobbying le plus puissant provient des grandes industries. Ces dernières disposent de moyens financiers et humains colossaux, leur permettant d’exercer une influence considérable sur les décisions de la Commission européenne.

Ces industries détiennent souvent une expertise technique dont la Commission a besoin pour traiter certains dossiers, ce qui rend leur influence d’autant plus forte. Ce processus de lobbying, en grande partie opaque, accentue le caractère politique de la gestion des infractions. Malgré la promesse de transparence, de nombreuses demandes d’informations ont été rejetées par la Commission, invoquant des raisons telles que l’absence d’intérêt public ou la confidentialité des échanges en cours.

La politisation croissante de la Commission depuis le traité de Lisbonne en 2009 est également un facteur à prendre en compte. Soucieuse de ne pas provoquer un rejet des gouvernements nationaux, fatigués de devoir se défendre devant la Cour de justice, la Commission semble parfois préférer le compromis à l’application stricte des règles. Cette approche opportuniste, bien que compréhensible dans un contexte politique tendu, compromet l’efficacité de l’institution en tant que gardienne du droit européen.

Des solutions existent, mais manquent de volonté politique

Face à cette situation, des solutions existent. Le Parlement européen pourrait exercer un contrôle démocratique plus rigoureux sur la Commission en utilisant les outils à sa disposition, comme les auditions publiques. Toutefois, cette approche reste encore largement sous-utilisée.

Certains préconisent même des réformes plus radicales. L’idée de confier la gestion des infractions à une institution indépendante, telle qu’un procureur public européen, commence à faire son chemin. Cela permettrait de retirer ces décisions cruciales des mains de la Commission, désormais trop influencée par des considérations politiques. Cependant, la mise en place de telles réformes nécessite une volonté politique forte, aussi bien de la part des États membres que de la Commission elle-même.

En conclusion, l’état de droit en Europe est à un tournant. L’application des règles européennes, en particulier dans le domaine environnemental, laisse à désirer. Si des solutions existent pour remédier à ces dysfonctionnements, la volonté politique semble faire défaut. L’ambition politique et démocratique de l’Union européenne dépend désormais de sa capacité à surmonter ces défis et à garantir que les principes de justice s’appliquent de manière équitable et rapide dans l’ensemble des États membres.

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Réussir la transition énergétique : innovation, sobriété et efficacité comme piliers essentiels

transition énergétique

L’avenir énergétique de la France repose sur une combinaison intelligente d’innovation, de sobriété et d’efficacité. Pour faire face aux défis croissants de la transition énergétique, la rénovation des bâtiments et l’optimisation des consommations énergétiques jouent un rôle clé. Jean Charles Colas-Roy, Président de Coénove, insiste sur l’importance de ne pas opposer ces trois notions, mais de les envisager comme un ensemble cohérent pour atteindre les objectifs ambitieux de baisse des consommations énergétiques et de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Le rôle central de l’innovation dans la transition énergétique

L’innovation est au cœur des solutions pour réussir la transition énergétique. Les équipements performants comme les chaudières très haute performance énergétique (THPE), capables de réduire de 30 % les consommations énergétiques et les émissions de gaz à effet de serre, ou encore l’hybridation des systèmes énergétiques (jusqu’à 80 % de réduction des émissions), sont des exemples concrets de technologies permettant d’optimiser la consommation. Selon Coénove, ces technologies jouent un rôle clé dans la maîtrise des coûts énergétiques et contribuent à améliorer le pouvoir d’achat des ménages en réduisant leurs factures.

Ces innovations permettent de bien dimensionner les projets de rénovation énergétique, d’optimiser la dépense publique et de garantir des solutions durables pour les bâtiments, tout en répondant aux enjeux environnementaux. L’optimisation énergétique passe aussi par une meilleure gestion de la complémentarité des énergies disponibles, qu’il s’agisse d’électricité décarbonée, de gaz verts ou d’autres sources renouvelables.

Sobriété et efficacité énergétique : deux axes incontournables

Au-delà des innovations technologiques, la sobriété énergétique et l’efficacité des systèmes sont deux axes majeurs à explorer. La sobriété consiste à ajuster nos comportements et notre usage de l’énergie pour limiter les excès, tout en maintenant un confort de vie adéquat. L’efficacité, quant à elle, vise à améliorer la performance des équipements pour consommer moins avec un rendement énergétique plus élevé.

Coénove appelle à des mesures plus ambitieuses en matière de rénovation énergétique des bâtiments, qui représentent un levier essentiel dans la réduction des consommations. Une loi quinquennale sur la rénovation énergétique des bâtiments, comparable à la Programmation pluriannuelle de l’énergie, offrirait une meilleure visibilité aux acteurs du secteur et permettrait de planifier les investissements nécessaires.

La complémentarité des énergies : clé de la résilience énergétique

L’une des principales idées défendues par Coénove est la nécessité de valoriser la complémentarité des énergies. Plutôt que de chercher à tout électrifier, il est impératif d’exploiter l’ensemble des sources d’énergie, notamment les gaz verts. Ces derniers, en tant qu’énergie locale, stockable et renouvelable, ont un rôle crucial à jouer dans la stratégie énergétique du pays. La France dispose d’un potentiel de gaz verts estimé à 320 TWh, soit bien plus que la consommation projetée en 2050 (240 TWh).

La complémentarité des vecteurs énergétiques garantit non seulement une meilleure résilience des systèmes énergétiques français, mais elle renforce également la sécurité d’approvisionnement, un enjeu majeur dans un contexte de hausse prévisible des coûts de l’énergie liée aux investissements dans les énergies renouvelables et bas carbone.

Un partenariat pour la justice sociale et la transition écologique

Jean Charles Colas-Roy souligne que les bailleurs sociaux sont pleinement engagés dans l’amélioration de l’efficacité énergétique de leur parc immobilier. Coénove travaille main dans la main avec l’Union sociale pour l’habitat (USH) afin d’accélérer le verdissement des gaz et le déploiement des équipements performants dans les logements sociaux. Ce partenariat vise à réduire la précarité énergétique tout en contribuant à la décarbonation.

Justice sociale et transition écologique ne doivent pas être en opposition, mais au contraire avancer ensemble pour garantir que les innovations technologiques soient accessibles à tous et acceptées par la population. Cela nécessite un accompagnement pédagogique et financier, ainsi que des politiques publiques ambitieuses.

Innovation et complémentarité pour réussir la transition énergétique

La transition énergétique ne peut être accomplie sans une approche intégrée et complète, qui valorise l’innovation, la sobriété, l’efficacité et la complémentarité des énergies. Coénove, en tant que force de proposition, plaide pour une loi de rénovation énergétique à long terme, des investissements dans les équipements innovants, et une meilleure utilisation des gaz verts. Ces efforts conjugués permettront non seulement de respecter les engagements climatiques de la France, mais aussi de garantir une transition juste et équitable pour tous.

L’avenir énergétique du pays repose sur une action collective, où chaque acteur, qu’il soit public ou privé, doit jouer un rôle déterminant dans la lutte contre le changement climatique et la préservation du pouvoir d’achat des citoyens.

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Résolutions ESG : la dynamique des résolutions sociales

Résolutions ESG

Les résolutions ESG (Environnement, Social et Gouvernance) continuent de jouer un rôle central dans les Assemblées Générales (AG) des entreprises, mais la saison 2024 révèle des tendances contrastées. Alors que le soutien des actionnaires aux résolutions de gouvernance progresse, les résolutions environnementales et sociales connaissent une baisse continue. Toutefois, les résolutions sociales se démarquent en tant que seule catégorie ESG dont le nombre continue d’augmenter, soulignant un virage notable dans les priorités des investisseurs.

Un changement de cap dans le soutien des actionnaires

Les résultats de la saison 2024 des votes aux AG montrent un changement significatif dans les priorités des actionnaires en matière de résolutions ESG. Le soutien global aux propositions environnementales et sociales (E&S) est en déclin, tandis que les résolutions axées sur la gouvernance des entreprises ont vu leur soutien croître de manière significative. Paradoxalement, malgré cette baisse généralisée pour les thèmes E&S, les résolutions sociales continuent d’augmenter, en grande partie à cause de l’émergence de mouvements anti-ESG.

Les résolutions sociales : la seule catégorie en croissance

Une augmentation malgré un climat défavorable

Selon l’étude de Morningstar Sustainalytics, les résolutions sociales, historiquement dominantes dans la catégorie E&S, sont aujourd’hui les seules à connaître une croissance en 2024. Ce phénomène s’explique en partie par la montée des initiatives anti-ESG, qui poussent de nombreux acteurs à se concentrer sur les questions sociales telles que la diversité, l’égalité des genres ou encore les conditions de travail. Ces questions sont perçues comme moins controversées et plus consensuelles que les propositions environnementales, souvent jugées trop normatives ou peu concrètes par certains gestionnaires d’actifs.

Un soutien toujours fragile

Malgré cette augmentation du nombre de résolutions sociales, le soutien des actionnaires reste modéré. Le taux de soutien moyen aux résolutions E&S est passé de 22 % à 20 % entre 2023 et 2024, révélant un scepticisme persistant des grands gestionnaires d’actifs, notamment en Amérique du Nord. Les grandes firmes de gestion comme BlackRock et Vanguard ont exprimé des réserves sur la pertinence de certaines résolutions sociales, les qualifiant de redondantes ou non significatives.

La gouvernance : un retour en force

Une progression notable des résolutions liées à la gouvernance

Contrairement aux résolutions environnementales et sociales, celles liées à la gouvernance ont connu un regain d’intérêt en 2024. Le soutien moyen pour ces résolutions est passé de 30 % en 2023 à 36 % en 2024, marquant une croissance significative. Cette tendance s’explique par la volonté accrue des investisseurs institutionnels d’appuyer les propositions qui renforcent les droits des actionnaires, comme la transparence sur les rémunérations des dirigeants ou la limitation du cumul des mandats.

Pourquoi la gouvernance attire-t-elle davantage les investisseurs ?

Les investisseurs institutionnels voient dans les questions de gouvernance une manière directe d’influencer la performance à long terme des entreprises. En exigeant plus de transparence et en renforçant les mécanismes de contrôle des dirigeants, ces résolutions offrent des bénéfices tangibles en matière de gestion des risques et d’efficacité organisationnelle. Ainsi, ces propositions sont perçues comme moins polarisantes que les questions environnementales, dont les impacts peuvent être plus difficiles à mesurer dans l’immédiat.

Les résolutions environnementales : un soutien en déclin

Une baisse du soutien des grands gestionnaires d’actifs

Les résolutions environnementales, autrefois largement soutenues, connaissent une nette diminution du soutien en 2024. Le nombre de résolutions clés, c’est-à-dire celles qui reçoivent un soutien supérieur à 40 % des actionnaires, est tombé à son plus bas niveau en cinq ans. Ce déclin est en partie dû à la réticence croissante des grands gestionnaires d’actifs, notamment aux États-Unis. BlackRock, Vanguard et State Street ont tous réduit leur soutien aux propositions environnementales, invoquant leur caractère “normatif” ou “non pertinent” pour la stratégie des entreprises.

Un avenir incertain pour les résolutions environnementales

Le scepticisme à l’égard des résolutions environnementales reflète une hésitation des grands gestionnaires à imposer des changements jugés trop rapides ou coûteux pour les entreprises. Ces derniers préfèrent des engagements plus progressifs, et jugent que certaines propositions environnementales sont redondantes avec des initiatives déjà en cours. Toutefois, cette approche prudente pourrait être remise en question si la pression réglementaire ou l’opinion publique en faveur de la transition écologique continuait de croître.

Vers une recomposition des priorités ESG

La saison 2024 des votes aux Assemblées Générales a mis en lumière des dynamiques contrastées dans le paysage des résolutions ESG. Si le soutien pour les résolutions de gouvernance est en hausse, les résolutions environnementales et sociales doivent faire face à un scepticisme grandissant de la part des gestionnaires d’actifs. Pourtant, les résolutions sociales se distinguent en continuant d’augmenter en nombre, marquant un déplacement des priorités ESG. À l’avenir, il sera intéressant de voir comment les entreprises et les investisseurs navigueront dans ces changements et ajusteront leurs stratégies pour répondre à ces attentes évolutives.

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Crédit Mutuel Alliance Fédérale renforce son pôle de gestion d’actifs avec La Française

Crédit Mutuel Alliance Fédérale

Crédit Mutuel Alliance Fédérale poursuit son ambition de devenir un leader européen dans la gestion d’actifs. En consolidant ses activités au sein de La Française. Avec plus de 152 milliards d’euros sous gestion et un millier de collaborateurs. La Française, nouvelle filiale stratégique du groupe, se positionne comme un acteur clé en France et en Europe. Ce regroupement symbolise une étape majeure dans la stratégie de développement du groupe, combinant expertise, innovation et engagement durable.

La Française : une nouvelle organisation multi-spécialistes

L’intégration de La Française comme pôle de gestion d’actifs au sein de Crédit Mutuel Alliance Fédérale s’appuie sur une vision multi-spécialiste. En regroupant huit sociétés de gestion complémentaires sous une gouvernance unifiée. Le groupe vise à renforcer sa compétitivité et son efficacité. Ces entités partagent désormais des ressources opérationnelles et technologiques communes, garantissant ainsi une synergie optimale.

Cette nouvelle organisation permet à La Française de proposer une large gamme de solutions d’investissement. Tant en actifs cotés que non cotés, via une plateforme de distribution commune. Cette approche favorise une plus grande personnalisation des services offerts aux clients, tout en capitalisant sur l’expertise collective du groupe. Chaque société de gestion conserve son savoir-faire spécifique, mais opère désormais dans un cadre coordonné et renforcé.

Une ambition internationale affirmée

Avec une présence dans dix pays, La Française ne se contente pas de renforcer sa position en France. Sa stratégie de développement s’étend également à l’international. Avec une volonté de se rapprocher de ses clients et des marchés locaux. Cette présence géographique étendue permet à La Française d’investir efficacement à l’échelle mondiale. Tout en maintenant une forte proximité avec ses partenaires.

L’internationalisation de La Française s’accompagne d’une volonté de partager les valeurs de Crédit Mutuel Alliance Fédérale. Notamment l’alliance entre performance financière et responsabilité sociale. Cette ambition s’exprime à travers une gamme de produits et services respectant les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). La gestion d’actifs n’est plus seulement une question de rendement financier, mais aussi un levier pour encourager des pratiques durables.

Une identité renouvelée et des valeurs partagées

À l’occasion du lancement de ce nouveau pôle, La Française adopte une nouvelle identité visuelle, symbole de son évolution et de son ambition. Cette nouvelle image reflète l’engagement de ses collaborateurs et la volonté de Crédit Mutuel Alliance Fédérale de proposer une offre de gestion de conviction. En phase avec les attentes des investisseurs modernes.

Guillaume Cadiou, président du groupe La Française, a salué le travail de ses équipes et réaffirmé l’objectif du groupe de relever les défis futurs en mettant l’accent sur des solutions de gestion spécialisées et une approche ESG sincère. Cette transformation n’est pas simplement structurelle, elle est aussi culturelle, avec un alignement fort sur les valeurs de durabilité et d’innovation prônées par Crédit Mutuel Alliance Fédérale.

Un modèle de gestion innovant et performant

L’approche multi-spécialiste adoptée par La Française permet d’offrir des solutions d’épargne diversifiées et adaptées aux besoins spécifiques des clients, qu’ils soient particuliers ou institutionnels. En réunissant les expertises des filiales telles que Crédit Mutuel Asset Management, CIC Private Debt, ou encore La Française Systematic Asset Management, le groupe combine des compétences variées, allant des actifs cotés aux placements privés, en passant par l’immobilier et les investissements alternatifs.

Par ailleurs, des structures comme Banque de Luxembourg Investments et CIC Market Solutions continuent de collaborer étroitement avec La Française, renforçant ainsi la richesse de l’offre de services et de produits disponibles pour les clients. Cette architecture offre une flexibilité accrue, permettant au groupe de répondre aux évolutions rapides des marchés financiers et des attentes des investisseurs.

La Française, un acteur incontournable de la gestion d’actifs

En se consolidant autour de La Française, Crédit Mutuel Alliance Fédérale affirme sa place parmi les leaders européens de la gestion d’actifs. Ce nouvel ensemble, bâti sur une organisation multi-spécialiste et une plateforme commune, offre des perspectives de croissance et d’innovation, tout en mettant l’accent sur la responsabilité sociale et environnementale. Avec des encours sous gestion en forte progression et un ancrage international solide, La Française incarne le futur de la gestion d’actifs, alliant performance et durabilité dans un contexte de marché en constante évolution.

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Santé : un secteur en pleine expansion avec des entreprises européennes en tête

Santé

Le secteur de la santé s’affirme comme l’un des plus performants cette année, surpassant de nombreux autres segments du marché. Tandis que les entreprises américaines continuent d’innover, les acteurs européens s’illustrent particulièrement par leur capacité à développer des solutions médicales prometteuses. Ce phénomène est d’autant plus marquant après une année 2023 difficile pour l’ensemble du secteur. Dans cet article, nous explorerons les raisons de cette croissance, en nous penchant sur des domaines clés tels que le traitement de la maladie d’Alzheimer, les innovations contre le diabète et l’obésité, ainsi que la lutte contre la douleur sans opioïdes.

Un rebond impressionnant pour le secteur de la santé

Après une année 2023 marquée par une faible performance relative, le secteur de la santé affiche une progression impressionnante en 2024. Avec une hausse de 18 % mesurée par l’indice MSCI World Health Care, ce secteur s’impose comme l’un des plus prometteurs. En particulier, les entreprises européennes se distinguent par leurs performances supérieures à celles de leurs homologues américaines, offrant ainsi des perspectives intéressantes pour les investisseurs.

Parmi les sociétés européennes en tête de cette reprise, on retrouve UCB, une entreprise biopharmaceutique belge, et Lonza, un groupe suisse spécialisé dans la fabrication de médicaments biologiques. Ces entreprises affichent des résultats remarquables grâce à leur capacité à innover dans des domaines de niche. AstraZeneca, la société anglo-suédoise, connaît également une belle ascension cette année, notamment grâce à son portefeuille en oncologie, qui continue de séduire les marchés.

La maladie d’Alzheimer : un enjeu majeur pour l’avenir

Le traitement des maladies neurologiques, et en particulier celui de la maladie d’Alzheimer, représente l’un des défis majeurs des prochaines années. Bien que les médicaments actuellement sur le marché aux États-Unis n’offrent pas de percées révolutionnaires, ils apportent une première réponse à une maladie qui n’avait jusqu’alors que des traitements symptomatiques.

Face à ce besoin médical non satisfait, l’industrie pharmaceutique intensifie ses efforts dans ce domaine. De nombreuses entreprises investissent massivement dans la recherche neurologique, avec l’espoir de trouver des solutions pour des maladies comme la maladie de Parkinson, la dépression et les psychoses. Roche, le géant pharmaceutique suisse, se distingue avec sa technologie Brain-Shuttle, visant à résoudre les défis liés à la transmission des médicaments à travers la barrière hémato-encéphalique. Ce projet pourrait marquer une avancée majeure dans la lutte contre les maladies neurodégénératives.

Diabète et obésité : des marchés biopharmaceutiques en pleine explosion

Le marché des traitements contre le diabète et l’obésité est actuellement l’un des plus lucratifs pour les géants de la biopharmacie. Novo Nordisk et Eli Lilly dominent ce secteur avec des médicaments populaires tels que Ozempic, Wegovy, Mounjaro et Zepbound, qui connaissent une demande en constante augmentation. Alors qu’Eli Lilly a dépassé les attentes des investisseurs au deuxième trimestre, Novo Nordisk a affiché des résultats de croissance impressionnants malgré un trimestre plus modéré.

Ces médicaments, principalement utilisés pour la gestion du poids, sont devenus essentiels dans la lutte contre l’obésité, un problème de santé publique mondial. Avec une demande qui excède largement l’offre, le marché de ces traitements est amené à croître encore davantage dans les années à venir. Pour Novo Nordisk et Eli Lilly, cela constitue une opportunité inégalée de renforcer leur position de leaders dans ce domaine.

Vers des solutions non addictives pour la gestion de la douleur

La gestion de la douleur représente un autre défi crucial pour l’industrie pharmaceutique, en particulier aux États-Unis où la crise des opioïdes a réduit l’espérance de vie moyenne de cinq ans. Vertex Pharmaceuticals, une entreprise américaine spécialisée dans les traitements contre la mucoviscidose, développe actuellement un médicament prometteur pour le traitement de la douleur, sans opioïdes et sans risque de dépendance.

Ce nouveau traitement, en phase finale avant l’autorisation, pourrait transformer la manière dont la douleur est gérée, en particulier dans des pays comme les États-Unis où la dépendance aux opioïdes a des conséquences dévastatrices. Ce projet s’inscrit dans une tendance plus large du secteur de la santé à trouver des solutions thérapeutiques plus sûres et moins risquées, répondant ainsi à des besoins de santé publique urgents.

En 2024, le secteur de la santé se distingue comme l’un des plus prometteurs, porté par l’innovation et une demande croissante dans plusieurs domaines clés. Les entreprises européennes, en particulier, s’imposent comme des acteurs incontournables, grâce à des avancées significatives dans des domaines tels que les maladies neurodégénératives, le diabète et la gestion de la douleur. Avec des perspectives de croissance soutenues, notamment par l’augmentation de la demande pour des traitements spécialisés, le secteur de la santé devrait continuer à offrir des opportunités intéressantes pour les années à venir.

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Les flux de capitaux des fonds européens en août 2024

flux de capitaux

Malgré une volatilité marquée au début du mois d’août 2024, les investisseurs ont maintenu leur confiance dans les fonds domiciliés en Europe. Portés par l’espoir de baisses des taux d’intérêt, ils ont injecté 40,2 milliards d’euros dans des fonds à long terme. Cela en fait le deuxième meilleur mois en termes de flux de capitaux en 2024, portant les flux cumulés à 243 milliards d’euros depuis le début de l’année. Cette analyse détaillée explore les tendances des différentes catégories de fonds, les préférences des investisseurs et les dynamiques actives versus passives.

Des flux solides malgré une volatilité accrue

L’impact de la volatilité en début de mois

Le mois d’août 2024 a commencé sous des signes de turbulences sur les marchés financiers, principalement en raison des craintes d’une récession aux États-Unis et de l’impact d’une hausse rapide du yen japonais. Cependant, ces inquiétudes se sont dissipées au fil du mois, permettant aux actions mondiales d’afficher une progression de 2,5 % en dollar américain et aux obligations gouvernementales mondiales de gagner 1 %. Malgré ces conditions, les investisseurs ont continué à affluer vers les fonds en actions et en obligations, confirmant leur optimisme pour le reste de l’année.

La performance des fonds d’actions et obligations

Les fonds d’actions ont attiré 16,7 milliards d’euros de nouveaux investissements en août, avec une nette préférence pour les stratégies passives qui ont enregistré 19,3 milliards d’euros d’entrées nettes. En revanche, les fonds d’actions actives ont connu leur 17e mois de sorties nettes en 18 mois, avec 2,6 milliards d’euros retirés. D’un autre côté, les fonds obligataires ont enregistré 26,9 milliards d’euros de flux nets positifs, tant pour les stratégies actives que passives, consolidant ainsi leur attractivité pour les investisseurs.

Les catégories de fonds en difficulté

Les stratégies d’allocation continuent de souffrir. En août, elles ont enregistré 3 milliards d’euros de sorties nettes, poursuivant une tendance négative depuis décembre 2022 avec un seul mois positif de flux. Ce segment, qui regroupe des fonds combinant plusieurs classes d’actifs (actions, obligations, etc.), semble perdre son attrait auprès des investisseurs, probablement en raison d’une performance inférieure ou d’une moindre attractivité par rapport aux stratégies plus spécialisées.

Les fonds alternatifs, qui incluent des stratégies non conventionnelles comme les hedge funds ou les fonds de matières premières, ont en revanche marqué un retour modeste dans le vert avec 663 millions d’euros de flux positifs, après plusieurs mois de sorties nettes. Cependant, cette classe d’actifs reste volatile, n’enregistrant que deux mois positifs depuis mai 2022.

Une nette préférence pour les fonds passifs

Les fonds indiciels ont enregistré des flux de 24,7 milliards d’euros en août, contre 15 milliards pour les fonds activement gérés. La part de marché des fonds indiciels a continué de croître, atteignant 28,95 % des actifs des fonds à long terme, contre 25,54 % un an plus tôt. Cette tendance confirme la préférence croissante des investisseurs pour des produits à faible coût et à gestion passive, notamment dans un contexte de rendements peu volatils.

Les fonds actifs, bien que toujours majoritaires en termes d’encours sous gestion, continuent de perdre du terrain face aux stratégies passives. Les sorties de capitaux dans des segments clés comme les actions et les obligations souveraines en Europe suggèrent que les investisseurs préfèrent de plus en plus des alternatives passives moins coûteuses et plus transparentes.

Les fonds durables : une dynamique contrastée

Article 8 : la montée en puissance

Les fonds durables relevant de l’article 8 du règlement SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation) ont enregistré 8,3 milliards d’euros de flux nets positifs en août, marquant le quatrième mois consécutif de croissance. Ce segment, qui promeut des caractéristiques environnementales ou sociales, continue d’attirer les investisseurs soucieux d’intégrer des critères ESG (environnement, social, gouvernance) dans leurs portefeuilles, avec une croissance organique de 1,29 % depuis le début de l’année.

Article 9 : des sorties qui persistent

En revanche, les fonds de l’article 9, connus pour leurs stratégies “dark green” visant un impact environnemental ou social mesurable, ont continué à souffrir. Avec 587 millions d’euros de sorties nettes en août, ces fonds enregistrent leur onzième mois consécutif de flux négatifs. L’année 2024 s’avère donc difficile pour ces produits qui peinent à maintenir l’intérêt des investisseurs, malgré un intérêt croissant pour les investissements responsables.

Les catégories de fonds en tête et à la traîne

Les fonds d’actions large-cap mondiales ont été les plus populaires en août, avec 12 milliards d’euros de flux nets. Le fonds iShares Core MSCI World ETF a attiré à lui seul 1,6 milliard d’euros, confirmant l’attrait des investisseurs pour les grandes capitalisations mondiales. En parallèle, les fonds obligataires, notamment ceux libellés en USD et les obligations d’entreprise en euros, ont également capté des flux importants, profitant de la demande pour des produits plus sûrs dans un contexte économique incertain.

Du côté des perdants, les fonds d’obligations gouvernementales en euros ont enregistré 1,4 milliard d’euros de sorties, tandis que les fonds d’actions d’Asie hors Japon ont subi 1,2 milliard d’euros de retraits. Ces sorties reflètent une incertitude persistante sur ces marchés, notamment face à la volatilité économique et politique.

Les principaux acteurs du marché

En août, iShares (BlackRock) a dominé le classement des collecteurs de fonds avec 8,3 milliards d’euros d’entrées nettes, suivi de Vanguard et State Street. Ces trois fournisseurs de fonds indiciels continuent de capturer une part importante des flux, portés par la demande croissante pour des produits passifs.

À l’inverse, KBC, Abrdn et Baillie Gifford ont été les plus gros perdants en termes de sorties nettes. Ces gestionnaires de fonds ont connu des décollectes importantes, notamment dans les segments des obligations gouvernementales et des actions, indiquant une perte de confiance des investisseurs envers leurs stratégies.

Malgré la volatilité des marchés en août 2024, les flux de capitaux vers les fonds domiciliés en Europe sont restés solides, soutenus par l’optimisme des investisseurs. Si les stratégies passives et les fonds durables de l’article 8 continuent de séduire, certains segments comme les fonds d’allocation et les stratégies de l’article 9 restent en difficulté. Les acteurs majeurs du marché, notamment iShares et Vanguard, dominent toujours, tandis que d’autres gestionnaires peinent à attirer de nouveaux capitaux. L’évolution des flux dans les mois à venir dépendra largement des conditions économiques globales et des décisions des banques centrales.

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Bilan économique des marchés émergents en août 2024

Bilan économique

Bilan économique : le mois d’août 2024 a été marqué par une forte volatilité sur les marchés émergents, en raison des fluctuations des taux américains et des tensions géopolitiques accrues au Moyen-Orient et en Asie. Malgré cette instabilité, ces marchés ont démontré une certaine résilience, particulièrement grâce à la dynamique économique intérieure dans certains pays clés.

Performances financières contrastées : investment grade et high yield

Les obligations investment grade vs high yield

En août, les segments de crédit investment grade (IG) et high yield (HY) ont tous deux affiché des rendements positifs. Les obligations IG ont principalement bénéficié de la baisse des taux américains, tandis que les obligations HY ont tiré profit d’un portage plus élevé et d’une compression des spreads au cours du mois. Ces deux segments illustrent les dynamiques variées au sein des marchés émergents, où les investisseurs recherchent à la fois la sécurité et le rendement.

performances globales

Dette souveraine vs dette d’entreprise : la supériorité de la durée

Les obligations souveraines des marchés émergents ont surperformé les obligations d’entreprises en raison de leur duration plus longue. Les obligations souveraines, avec une durée de vie moyenne plus étendue, ont davantage profité de la baisse des taux. Toutefois, les spreads se sont resserrés de manière similaire pour les deux catégories d’actifs, démontrant une certaine homogénéité dans les performances financières au sein des économies émergentes.

Performances régionales : l’Amérique Latine en tête

L’Amérique Latine, leader des performances

Au niveau régional, l’Amérique Latine a affiché les meilleures performances, soutenue par des conditions économiques internes relativement stables et une gestion efficace de la politique monétaire. Des pays comme le Brésil et le Mexique ont bénéficié de cycles de baisse des taux et d’une inflation mieux maîtrisée.

L’Asie à la traîne

À l’opposé, l’Asie a enregistré des performances moins remarquables. Le ralentissement de la croissance chinoise a pesé sur l’ensemble de la région, nécessitant un soutien politique accru. De plus, des manifestations en Indonésie et d’autres troubles politiques ont contribué à accroître l’incertitude, limitant la progression économique.

performances régionales

Le cas de l’Inde : un moteur de croissance

Croissance impressionnante malgré un ralentissement

L’Inde a enregistré un taux de croissance de 6,7 % au deuxième trimestre 2024, consolidant ainsi sa place d’économie à la croissance la plus rapide au monde. Bien que ce taux soit légèrement inférieur à la moyenne des cinq derniers trimestres, il reste robuste malgré des élections présidentielles qui ont temporairement freiné les dépenses publiques. L’Inde continue de bénéficier d’une consommation interne soutenue et d’une demande d’investissement solide.

Une économie protégée des aléas externes

Un des principaux atouts de l’économie indienne réside dans son orientation majoritairement intérieure, ce qui la protège d’une éventuelle baisse de la demande mondiale, en particulier américaine. Avec une inflation maîtrisée et une politique monétaire qui pourrait encore s’assouplir, l’Inde dispose de marges de manœuvre pour maintenir une croissance solide dans les mois à venir.

L’évolution macroéconomique des marchés émergents

Une économie nationale résistante face à la volatilité externe

Malgré un environnement extérieur moins favorable, marqué par une contraction des commandes à l’exportation, les marchés émergents ont montré une résilience notable. L’indice PMI manufacturier, un indicateur clé de l’activité économique, est resté au-dessus de la barre des 50 points pour l’ensemble des marchés émergents, témoignant d’une expansion continue, portée principalement par une demande intérieure robuste.

Performances

L’impact de la baisse de l’inflation

La baisse de l’inflation dans plusieurs marchés émergents a contribué à soutenir la consommation en augmentant le revenu disponible réel. En conséquence, plusieurs pays ont entamé des cycles de baisse des taux d’intérêt, stimulant ainsi davantage l’activité économique nationale. Cependant, certains pays comme le Mexique, très dépendants des exportations vers les États-Unis, ont vu leurs indices PMI se contracter, reflétant une demande externe affaiblie.

Malgré un mois d’août marqué par une forte volatilité due aux fluctuations des taux américains et à des tensions géopolitiques persistantes, les marchés émergents continuent de démontrer une résistance notable. Le soutien de la demande intérieure, combiné à une baisse progressive de l’inflation, permet à ces économies de maintenir un certain dynamisme. Toutefois, les défis extérieurs demeurent importants, notamment pour les pays dépendants des exportations. Alors que les perspectives restent incertaines, la capacité des marchés émergents à s’adapter sera déterminante pour leur performance future.

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