“Transition juste”, sujet central du Forum ONU

La conférence a examiné la situation actuelle des droits de l’homme à l’échelle mondiale, mettant en lumière une trinité de défis émergents : conflits politiques, changement climatique et progrès technologiques.

Leçons tirées du 12e Forum des Nations Unies

Lors du 12e Forum des Nations Unies sur les entreprises et les droits de l’homme, une diversité de parties prenantes, incluant des représentants d’ONG, des militants, des entreprises et des hauts fonctionnaires, s’est réunie dans la salle XX du Palais des Nations à Genève. La conférence a examiné l’état actuel des droits de l’homme, les progrès récents et les initiatives à venir. Un appel pressant a été lancé pour reconnaître l’interconnexion entre la crise climatique et la crise humaine. Dans le contexte du 75e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, les participants ont souligné les liens complexes entre ces défis, ouvrant la voie à des discussions sur le rôle transformateur des entreprises dans la recherche de solutions durables. Cette affirmation met en lumière l’importance cruciale d’une action décisive pour garantir une transition climatique équitable et durable.

Droits humains, situation étatique et infractions

La conférence a examiné la situation mondiale des droits de l’homme aujourd’hui, mettant en évidence trois défis majeurs : conflits politiques, changement climatique et avancées technologiques. L’interconnexion entre les crises climatique et humaine souligne la nécessité d’une transition équitable. La chaîne d’approvisionnement a été un point central des discussions, révélant des risques potentiels en matière de violations des droits de l’homme. Les communautés autochtones, gardiennes de 80 % de la biodiversité restante, sont particulièrement touchées, faisant face à la discrimination, à l’accaparement des terres et à l’exploitation des ressources, tout en étant les plus vulnérables aux effets du changement climatique. Il est frappant de constater que ces communautés, déjà durement touchées par le changement climatique, subissent également les impacts négatifs des projets d’infrastructure, d’énergie renouvelable et de l’extraction minière sur leurs terres. Le forum a souligné l’importance du consentement préalable, libre et éclairé, souvent limité dans la pratique, et a appelé les entreprises à s’engager auprès des communautés autochtones. Un passage d’une approche morale à une allocation stratégique des ressources est crucial pour promouvoir des pratiques commerciales responsables et durables.

Par ailleurs, la complexité des migrations humaines, en particulier en réponse au changement climatique, met en évidence des lacunes significatives dans les cadres juridiques et politiques. L’aggravation des problèmes liés au travail forcé et au travail des enfants constitue une menace majeure pour les hommes, les femmes et les enfants, largement motivée par des intérêts économiques privés. Nous estimons qu’actuellement, 50 millions de personnes sont victimes d’esclavage moderne. Une analyse approfondie des droits des travailleurs dans ce contexte révèle des préoccupations pressantes, notamment en ce qui concerne la liberté d’association, l’accès aux voies de recours et les droits fondamentaux sur le lieu de travail. Même dans les pays les plus développés, les travailleurs rencontrent des obstacles pour faire valoir leurs droits et négocier des conditions de travail équitables. Le forum a souligné l’importance de mettre en place des mécanismes de protection robustes et d’assurer l’accès à la justice et à la réparation pour les travailleurs victimes de violations des droits de l’homme, y compris celles découlant des changements climatiques.

Normes réglementaires et pistes pour l’avenir

En commémorant les douze années des Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme, le forum a réitéré la norme mondiale établie. Adoptés par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies en 2011, ces principes offrent un cadre global, défini comme « Protéger, respecter et réparer », établissant les responsabilités des États et des entreprises envers les droits de l’homme. Les normes de l’Organisation internationale du Travail et de l’OCDE ont également été abordées, soulignant l’impératif de renforcer la diligence raisonnable, particulièrement en ce qui concerne les populations autochtones. Il a également été souligné la nécessité d’une transparence accrue et d’une évaluation des risques dans les chaînes d’approvisionnement, mettant en lumière le rôle crucial que les entreprises peuvent jouer dans le respect et la protection des droits de l’homme.

En ce qui concerne l’avenir, le forum a retenti comme un appel en faveur de solutions novatrices et d’efforts concertés pour adresser le lien complexe entre l’activité des entreprises et les droits de l’homme. Les discussions ont mis en avant les initiatives du groupe de travail intergouvernemental à composition non limitée (OEIGWG) visant à élaborer un “instrument juridiquement contraignant régulant, dans le cadre du droit international des droits de l’homme, les activités des sociétés transnationales et autres entreprises”. Prévu pour juin 2024, le groupe de travail sur les entreprises et les droits de l’homme présentera un rapport au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, explorant l’alignement des pratiques environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) dans le secteur financier sur les Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme.

À la fin du forum, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a conclu en déclarant : « Je vous demande instamment de placer les droits de l’homme au centre de toutes les décisions relatives au climat lors de la COP 28 et au-delà ».

Impact investissement : 4ème note de la Fondation Carasso

La Fondation Daniel et Nina Carasso poursuit sa mission de transformation pour une société écologique et inclusive, notamment grâce à sa politique d’investissement à impact en France et en Espagne, et publie sa 4ème note dédiée, portant sur l’année 2022.

En 2022, et malgré un contexte économique difficile, la Fondation Daniel et Nina Carasso a engagé 15,75 millions d’euros en France et en Espagne, à l’occasion d’investissements ou de réinvestissements, au sein de 4 fonds ayant un impact sur la transition écologique

Depuis 2015, la Fondation a décidé de développer un outil complémentaire au mécénat grâce à une stratégie d’investissement responsable, à la fois grâce aux Investissements Socialement Responsables, qui représentaient 74% de ces placements en 2022, mais également grâce à des stratégies d’investissements à impact, qui représentaient 10% de son portefeuille en 2022.

Elle a réalisé 3 nouveaux investissements en 2022, dans Sycomore Europe Eco Solutions (10 millions d’euros), Suma Capital Climate Impact Fund (2,5 millions d’euros), Esfin Gestion (2 millions d’euros) et 1 réinvestissement dans FAMAE Impact (1,25 millions d’euros).

En 2022, la Fondation a reçu le Prix spécial du jury des Couronnes Instit Invest qui récompensent les investisseurs institutionnels pour l’adoption de bonnes pratiques en matière de communication et de gestion financière.  Ce Prix récompense en particulier le Fonds FDNC-SFS créé avec l’appui de Quadia, doté de 7 millions d’euros et dédié à la transition agricole et alimentaire.

En 2022, 3 nouveaux investissements ont été réalisés : Baluchon, Poiscaille, Nous anti-gaspi.

Elle a également créé son premier fonds d’amorçage Tiina dans le domaine de l’investissement à impact en Espagne dédié́ à l’art et à l’alimentation, en collaboration avec la Fondation Ship2B. Le fonds a depuis été lancé également en France début 2023, centré sur l’agriculture et l’alimentation, en collaboration avec Miimosa et makesense. 

Elle a également continué son projet d’éco-réhabilitation d’un immeuble industriel à Madrid, Infinito Delicias, futur lieu de formation, de travail, d’accompagnement, des entrepreneurs sociaux et associations, de vie et de rencontres, qui accueillera des solutions d’Alimentation Durable et d’Art Citoyen mises en œuvre par la Fondation et ses partenaires. 

En 2022, le projet architectural et le modèle économique se sont précisés. Des liens se sont tissés avec le voisinage et les services publics locaux pour mettre en commun l’énergie qui sera produite par les futures installations photovoltaïques. Enfin, nous avons mené un travail avec l’artiste Sofia de Juan après la découverte d’archives, objets et photos dans cet ancien site métallurgique.

À propos de la Fondation Carasso

Créée en 2010, la Fondation Daniel et Nina Carasso est une fondation familiale, sous l’égide de la Fondation de France. Elle s’engage dans deux grands domaines que sont l’Alimentation Durable, pour un accès universel à une alimentation saine, respectueuse des personnes et des écosystèmes ; et l’Art Citoyen, pour le développement de l’esprit critique et le renforcement du lien social.

Renault Group remporte le 19e Grand Prix FAS de l’actionnariat salarié

Le Grand Prix FAS de l’actionnariat salarié, créé en 2004 par la Fédération Française des Associations d’Actionnaires Salariés et Anciens Salariés (FAS), met à l’honneur chaque année les entreprises qui développent les meilleures pratiques en matière d’actionnariat salarié.

Cette 19e édition organisée par la FAS en partenariat avec Amundi, Clifford Chance et Groupe Alixio, acteurs de référence de l’épargne salariale et de l’actionnariat salarié, s’est déroulée mercredi 13 décembre 2023 dans les locaux d’Amundi en présence des lauréats et des membres du jury du Grand Prix FAS, à l’occasion du 30ème anniversaire de la FAS.

A cette occasion, la FAS a récompensé neuf entreprises issues de tous secteurs, cotées ou non cotées, grands groupes internationaux, ETI ou PME, pour leur engagement et leur politique de partage volontariste en matière d’actionnariat salarié.

Les entreprises primées développent de manière significative l’actionnariat salarié tant en France qu’à l’international et l’intègrent dans leurs enjeux ESG et RSE comme un élément fort de leur politique sociale et de gouvernance.

En 2023, la FAS met à l’honneur RENAULT GROUP en lui décernant le GRAND PRIX de la FAS, la plus haute distinction. Dans le contexte de son plan stratégique RENAULUTION, le Groupe a enclenché une politique d’actionnariat salarié ambitieuse pour renforcer le poids des salariés dans son actionnariat et vise à atteindre 10% du capital détenu par les salariés d’ici 2030.

Conjointement à cette cérémonie de remise des prix, la FAS a organisé un colloque avec plusieurs tables rondes sur le thème « La place de l’actionnariat salarié dans le partage de la valeur » en présence de nombreux dirigeants d’entreprise et personnalités du monde politique, économique et social.

« Depuis 30 ans, la FAS sensibilise tous les acteurs sur l’importance de développer l’actionnariat salarié pour associer davantage les salariés à la performance, au capital et à la gouvernance des entreprises, et ainsi mieux partager la valeur créée. Notre fédération ambitionne de porter l’actionnariat salarié à hauteur de 10% du capital des entreprises françaises à l’horizon 2030. Nous sommes ravis de récompenser les meilleures d’entre elles à l’occasion du Grand Prix FAS de l’Actionnariat Salarié », ont déclaré conjointement Loïc Desmouceaux, Président de la FAS, et Olivier Paon, Délégué général de la FAS.

Voici le nom des neuf entreprises primées par le jury du Grand Prix FAS 2023, les appréciations associées et les liens vers les interviews filmées des lauréats :

GRAND PRIX FAS 2023

RENAULT GROUP : Un véritable engagement dans un nouveau « contrat social ». La volonté des dirigeants d’enclencher une politique d’actionnariat salarié de grande ampleur s’inscrivant sur le long terme. L’actionnariat salarié est complètement intégré dans la politique ESG et RSE du Groupe. Des conditions financières excellentes (décote de 30% et abondement unilatéral). Une très bonne communication avec les salariés et un représentant des actionnaires salariés au Comité de stratégie et du développement durable. Un taux d’actionnariat salarié porté à 5,25% à l’issue des opérations 2022 et 2023. Enfin, un objectif ambitieux d’atteindre 10% du capital détenu par les salariés en 2030 grâce à la mise en place régulière d’opérations. Voir l’interview.

Grand Prix du CAC All Tradable

AIRBUS : Une opération annuelle. Un engagement dans la durée depuis près de 25 ans d’actionnariat salarié. Une offre pour de nombreux pays et territoires (45), sur les 5 continents. Une approche universelle et inclusive avec un abondement graduel inversement proportionnel aux actions souscrites. Résultat : 85% des salariés du Groupe sont actionnaires au niveau mondial. Voir l’interview.

Grand Prix de l’Indice FAS-IAS

ENGIE : Le dépassement pour la première fois du seuil de 4% du capital. La décision d’accélérer le développement de l’actionnariat salarié avec le passage à une récurrence biannuelle des opérations. La volonté d’associer durablement les salariés à la feuille de route stratégique et aux résultats du Groupe. Une large palette d’outils de communication et un programme de formation de 3 jours à l’attention des salariés pour comprendre les fondamentaux financiers d’une entreprise. Un administrateur actionnaire salarié membre du Conseil d’administration et du Comité des nominations, des rémunérations et de la gouvernance. Voir l’interview.

Grand Prix des ETI, PME ou Start-up

WAVESTONE : Un pourcentage de 7,8% d’actionnariat salarié. Une opération annuelle depuis 2007 et désormais ouverte à tous les pays. Une politique d’actionnariat salarié intégrée à la politique RSE de l’entreprise. Un représentant des actionnaires salariés au conseil d’administration et membre du comité RSE.  La création d’un Comité consultatif des actionnaires individuels et d’un Club Actionnaires, tous deux ouverts aux actionnaires salariés. Bravo ! Voir l’interview.

Grand Prix des sociétés non cotées

NGE : Un excellent dossier. Une opération annuelle depuis 2015. 72 % du capital de NGE sont détenus par les fondateurs, dirigeants et salariés, dont 21% collectivement par plus de 9000 collaborateurs. Un abondement de 300%. Une très bonne communication qui donne la parole aux salariés. Voir l’interview.

Grand Prix des sociétés non cotées (première opération)

SUEZ : Une approche innovante et ambitieuse qui inscrit l’actionnariat salarié dans l’acte de naissance de SUEZ. Un réinvestissement réussi des avoirs détenus précédemment dans les anciens fonds pour lancer l’actionnariat salarié de SUEZ société non cotée. Une innovation majeure avec un premier fonds à effet de levier dans les sociétés non cotées. Une opération inaugurale d’envergure qui permet de dépasser l’objectif de 3% du capital détenu par les salariés dès les premiers mois d’existence du Groupe. Voir l’interview.

Grand Prix des sociétés non cotées sous RES ou LBO avec actionnariat salarié collectif

FAUCHE : Un engagement de longue date et un élargissement progressif de la détention du capital aux salariés à travers trois LBO successifs : managers et salariés deviennent actionnaires majoritaires à hauteur de 80 %, dont 16% détenus collectivement et un objectif affiché de renforcer progressivement, plus encore, la participation collective des salariés. Une vraie implication des salariés. Une participation active aux enjeux RSE du Groupe. De nombreuses formations à destination des salariés. Voir l’interview.

Prix Coup de Cœur du Jury 

CARREFOUR : Une première opération depuis de nombreuses années. La décision du Groupe d’inscrire l’actionnariat salarié dans sa nouvelle stratégie. Un coup de cœur pour une approche RSE originale qui prévoit d’affecter 50% des fonds collectés au financement de projets environnementaux et sociaux. Une excellente communication vers les salariés avec plus de 1000 coachings et 4200 réunions de proximité. Voir l’interview.

Prix Coup de Cœur des 30 ans

STEF : Prix Coup de Cœur qui vient récompenser la démarche pionnière de l’entreprise, la constance de sa politique d’actionnariat salarié depuis 30 ans et la réussite de son modèle fédérateur, véritable levier de performance économique et sociale de l’entreprise. 73% du capital de l’entreprise est détenu par son management et ses salariés, dont 18% dans le cadre d’un actionnariat collectif de type FCPE. Voir l’interview.

Enfin, pour la cinquième année consécutive, la FAS a attribué le Prix de la recherche académique sur l’actionnariat salarié, décerné par son Conseil scientifique, dont la vocation est de soutenir et de promouvoir la recherche sur les aspects économiques et sociaux de l’actionnariat salarié. Ce Conseil réunit des universitaires et chercheurs, des représentants d’associations d’actionnaires salariés, des représentants de la gestion financière ainsi que des entreprises.

En 2023, le Prix est décerné à 4 co-auteurs d’un article publié par la revue Elsevier. Il s’agit de Jan HENNIG, de l’Université de Groningue (Pays Bas), de Carolin AHRENS et de Michael WOLFF de l’Université de Goettingen (Allemagne) ainsi que de Jana OEHMICHEN de l’Université de Mayence (Allemagne). L’article, d’une grande qualité méthodologique, est consacré à l’influence de la détention d’actions de leur entreprise sur la fidélité à celle-ci chez les salariés non-cadres d’une grande entreprise multinationale européenne entre 2011 et 2015.

Voir l’interview Grand Prix FAS 2023.

À propos de la FAS :

La Fédération Française des Associations d’Actionnaires Salariés et Anciens Salariés rassemble les associations d’actionnaires salariés et anciens salariés qui se sont constituées au sein des entreprises françaises, des PME non cotées jusqu’aux grands groupes internationaux. La FAS représente les 3,5 millions d’actionnaires salariés en France. Organisé en partenariat avec Amundi, Clifford Chance et Groupe Alixio, le Grand Prix de la FAS récompense chaque année les sociétés françaises qui participent activement au développement de l’actionnariat salarié.

CSRD : Les défis majeurs de 2024 axés sur la durabilité

La CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) vise à donner un cadre plus clair et harmonisé aux pratiques de reporting des entreprises en matière extra-financière ou en matière de données ESG (environnementales, sociales et de gouvernance). Entrée en vigueur en janvier 2024, elle modernise et renforce les règles concernant les informations sociales et environnementales que les entreprises doivent rapporter. Elle modifie les réglementations existantes en matière de rapport RSE, notamment la NFRD qui avait introduit à l’époque la déclaration de performance extra-financière (DPEF).

En France, c’est L’AMF qui est chargée de la mise en œuvre de la directive CSRD. Elle travaille en collaboration avec l’European Securities and Markets Authority (ESMA) pour élaborer des normes techniques de mise en œuvre.

« Le transport de marchandises est un secteur en pleine croissance dont nul ne doute aujourd’hui de l’impact environnemental. À l’heure des fact checkers et de la chasse au greenwashing, l’enjeu de décarbonation de l’activité est capital et s’inscrit désormais au cœur de la stratégie RSE des entreprises, poussées à l’action par les attentes des institutions et des publics externes, clients, consommateurs, citoyens ainsi que par un cadre législatif de plus en plus contraignant et incitant à de plus en plus de transparence. Avec la CSRD, les premières entreprises devront donc appliquer les nouvelles règles pour la première fois lors de l’exercice financier 2024, en répondant à de nouvelles obligations de reporting de durabilité plus exigeantes pour leurs rapports publiés en 2025 » commente Florence Mazaud, responsable RSE de Sightness.  

Avec cette directive, un ensemble plus large de grandes entreprises, ainsi que des PME cotées, seront effectivement tenues de rendre compte de la durabilité. La CSRD couvrira ainsi progressivement près de 50 000 sociétés, selon le calendrier d’application suivant : 

  • à partir du 1er janvier 2024 (reporting publié en 2025), les entreprises dans le champ d’application de l’actuelle directive européenne NFRD (Non Financial Reporting Directive) et qui publient déjà une déclaration de performance extra-financière (DPEF). Il s’agit des entreprises cotées qui ont plus de 500 salariés, et plus de 40 M€ de chiffres d’affaires et/ou 20 M€ de total de bilan ; 
  • à partir du 1er janvier 2025, toutes les autres grandes entreprises européennes, c’est-à-dire qui remplissent 2 des 3 critères suivants : 250 salariés, 40 M€ de chiffre d’affaires ou 20 M€ de total de bilan ; 
  • à partir du 1er janvier 2026, les PME cotées sur un marché réglementé, à l’exception des microentreprises. Les PME appliqueront des normes de reporting allégées et auront la possibilité de différer leurs obligations deux années supplémentaires ; 
  • à partir du 1er janvier 2028, certaines grandes entreprises non européennes ayant un chiffre d’affaires européen supérieur à 150 M€ et une filiale ou succursale basée dans l’Union européenne. 

La CSRD et ses adaptations législatives nationales vont entraîner une transformation majeure du cadre réglementaire européen en matière de reporting climatique. Avant cette réglementation récente, environ 11 700 entreprises européennes étaient tenues de divulguer des rapports extra-financiers. Ce nombre augmentera à environ 50 000 avec l’entrée en vigueur de la CSRD.

Dans ce contexte, l’acquisition et l’utilisation des données au sein des entreprises soulèvent des questions à la fois éthiques et opérationnelles. Face à ces défis, il est essentiel d’évaluer le niveau de confiance accordé aux données et de comprendre comment les entreprises répondent aux critères d’ESG en utilisant des données externes. Il est impératif que les entreprises adoptent des méthodes transparentes pour gérer ces données, respectent les réglementations telles que le RGPD, et accordent une priorité absolue à la protection des données. De plus, elles doivent minimiser autant que possible leur impact environnemental en adoptant des technologies respectueuses de l’environnement et en intégrant des pratiques durables.

Depuis une ordonnance du 7 décembre 2023, la France est le premier pays européen à transposer la directive européenne « Corporate Sustainability Reporting Directive » (CSRD), qui entre en vigueur dès le 1er janvier 2024.

Directive CSRD en France :

  • Quelles sont les mesures clés lors de la transposition de la loi européenne en droit français, et quelles étapes suivront son déploiement ?
  • Qui est concerné ?
  • En quoi la France va au-delà de la directive européenne ?
  • Quels points de la CSRD nécessitent des éclaircissements futurs, notamment en ce qui concerne les seuils et les méthodes de calcul des tailles d’entreprises ainsi que la notion de “Groupe” ?

Rapport et audit durabilité :

  • Quelles informations extra-financières seront requises des entreprises françaises et comment peuvent-elles en tirer parti ?
  • Comment la pression du marché et des acteurs financiers incitera-t-elle toutes les entreprises à publier des rapports de durabilité ?
  • La double matérialité, au cœur de la CSRD, comment la définir et en quoi facilite-t-elle l’identification des enjeux influençant les décisions des acteurs financiers ?
  • Conditions pour les organismes de certification (CAC, OTI, PSAI) dans la réalisation d’audits de durabilité, et pourquoi les commissaires aux comptes joueront un rôle clé dans la certification des informations de durabilité ?

Investisseurs, soyez en première ligne dans la lutte contre le changement climatique et en faveur d’une société plus juste ! Réorientez massivement les capitaux vers la double transition sociale et environnementale. Adopté en 2018, le Règlement SFDR de l’Union européenne a créé les distinctions “article 6”, “article 8” et “article 9”. Faisons le point : ces catégories ont-elles réellement favorisé les “investissements durables” ?

Face aux défis environnementaux et aux inégalités sociales croissantes, en tant qu’investisseurs, notre mission est de promouvoir les solutions innovantes des entrepreneurs. Toutes les entreprises doivent s’engager positivement sur les pratiques ESG, limitant au maximum leurs impacts négatifs.

Impératif : réorientez massivement les capitaux vers les entreprises qui intègrent la résolution des défis environnementaux et sociaux dans leur modèle d’affaires. Insistons : la durabilité ne doit plus être un “nice to have”, mais le nouveau paradigme.

Malgré des acteurs européens démontrant la pertinence de l’investissement à impact, le cadre réglementaire actuel manque de clarté. La Commission européenne envisage des ajustements, et en tant qu’investisseurs à impact, nous soutenons fortement une nouvelle catégorisation plus précise du Règlement SFDR. Un cadre réglementaire défini est essentiel pour un marché transparent et efficace.

Soutenons l’introduction d’une catégorisation précise pour que les investisseurs comprennent mieux l’impact réel de leurs décisions. L’investissement à impact doit être la pierre angulaire de la finance durable, appelons les autorités de l’UE à le développer à une plus grande échelle !

Bruno Boggiani, CEO STRATEGGYZGreen Finance déclare : « En tant qu’investisseur engagé, je constate l’urgence de rediriger massivement les capitaux vers la transition sociale et environnementale. Le Règlement SFDR de l’UE, adopté en 2018, introduit des catégories d’investissements, mais leur efficacité suscite des interrogations. Face aux défis environnementaux et sociaux, je souligne l’importance d’aligner responsabilité et performance économique. Il est impératif que toutes les entreprises s’engagent fermement vers la durabilité, mais cela seul ne suffit pas… Je soutiens la proposition de la Commission européenne pour une catégorisation plus précise, car un cadre réglementaire clair est essentiel à l’émergence d’une finance durable centrée sur l’impact réel ! #green »

La Française AM : « Une transition juste »

« Une transition juste », le thème fondamental du Forum des Nations Unies sur les entreprises et les droits de l’homme.

Enseignements du 12e Forum des Nations Unies

Lors du 12e Forum des Nations Unies sur les entreprises et les droits de l’homme, une assemblée diversifiée de parties prenantes, comprenant des représentants d’ONG, des militants, des entreprises et des hauts fonctionnaires, s’est réunie dans ce qui était connu sous le nom de salle XX du Palais des Nations à Genève. La conférence s’est penchée sur l’état actuel des droits de l’homme, les progrès récents et les initiatives futures. Un appel pressant a été lancé pour cesser de séparer la crise climatique de la crise humaine, en soulignant leur interconnexion. Avec en toile de fond le 75e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, les participants ont reconnu les liens complexes entre ces défis, ouvrant la voie à des discussions sur la manière dont les entreprises peuvent jouer un rôle transformateur dans l’élaboration de solutions durables. Cette affirmation souligne le rôle vital d’une action décisive pour assurer une transition climatique juste et durable.

Droits de l’homme, état et violations

La conférence a exploré le paysage mondial des droits de l’homme d’aujourd’hui, où une triade de défis – conflits politiques, changement climatique et avancées technologiques – se profile à l’horizon. L’interconnexion entre les crises climatique et humaine souligne l’impératif d’une transition juste. En particulier, la chaîne d’approvisionnement est apparue comme un point central des discussions, se révélant être un sujet à risque en ce qui concerne les violations des droits de l’homme. Les communautés autochtones, qui protègent 80 % de la biodiversité restante, sont les plus touchées par les violations des droits de l’homme, confrontées à des problèmes tels que la discrimination, l’accaparement des terres et l’exploitation des ressources, et sont les plus vulnérables aux effets négatifs du changement climatique. Il est frappant de constater que les communautés, déjà fortement touchées par le changement climatique, sont doublement accablées et victimes des initiatives de transition climatique qui impliquent des projets d’infrastructure et d’énergie renouvelable à grande échelle sur leurs terres, ainsi qu’une intensification de l’extraction minière. Le forum a souligné l’importance des droits au consentement préalable, libre et éclairé, dont la pratique est pourtant limitée, et a appelé les entreprises à s’engager auprès des communautés autochtones. Le passage d’un état d’esprit fondé sur des considérations morales à une allocation stratégique des ressources est essentiel pour favoriser des pratiques commerciales responsables et durables.

En outre, la complexité des migrations humaines, notamment en réponse au changement climatique, met en lumière des lacunes importantes dans les cadres juridiques et politiques. L’aggravation de la crise du travail forcé et du travail des enfants constitue une menace pour les hommes, les femmes et les enfants et est principalement alimentée par des intérêts économiques privés. Nous estimons qu’aujourd’hui 50 millions de personnes sont victimes de l’esclavage moderne. Un examen plus approfondi des droits des travailleurs dans ce contexte révèle des préoccupations urgentes, concernant notamment la liberté d’association, l’accès aux voies de recours et les droits fondamentaux sur le lieu de travail. Même dans les pays les plus développés, les travailleurs se heurtent à des obstacles pour faire valoir leurs droits et négocier des conditions de travail équitables. Le forum a souligné la nécessité de mettre en place des mécanismes de protection solides et d’assurer l’accès à la justice et à la réparation pour les travailleurs victimes de violations des droits de l’homme, y compris celles qui découlent des changements induits par le climat.

Réglementations et solutions futures

Célébrant les douze ans des Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme, le forum a réaffirmé la norme mondiale. Approuvés par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies en 2011, les Principes directeurs relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme fournissent un cadre global, « Protéger, respecter et réparer », qui définit les responsabilités des États et des entreprises en matière de droits de l’homme. Les normes de l’Organisation internationale du Travail et de l’OCDE ont également été discutées, soulignant l’impératif de renforcer la diligence raisonnable, en particulier en ce qui concerne les populations autochtones. La nécessité d’une transparence accrue et d’une évaluation des risques des chaînes d’approvisionnement a par ailleurs été soulignée, illustrant le rôle crucial que les entreprises peuvent jouer dans le respect et la protection des droits de l’homme.

S’agissant de l’avenir, le forum a résonné comme un appel à des solutions innovantes et à des efforts concertés pour aborder le lien complexe entre l’activité des entreprises et les droits de l’homme. Les discussions ont mis en lumière les efforts du groupe de travail intergouvernemental à composition non limitée (OEIGWG) pour élaborer un « instrument juridiquement contraignant visant à réglementer, en droit international des droits de l’homme, les activités des sociétés transnationales et autres entreprises ».  Le groupe de travail sur les entreprises et les droits de l’homme s’apprête à remettre, en juin 2024, un rapport au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, qui explorera l’alignement des pratiques environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) dans le secteur financier sur les Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme.

À la clôture du forum, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a conclu en déclarant : « Je vous demande instamment de placer les droits de l’homme au centre de toutes les décisions relatives au climat lors de la COP 28 et au-delà ».

Sand to Green : Cultiver les déserts

Après 3 ans de R&D, la start-up franco-marocaine Sand to Green annonce un tour de table de 1 million de dollars à une étape d’amorçage. Cette levée de fonds marque l’entrée au capital de différents Business Angels et de deux fonds VC, le norvégien Katapult et le fonds pré-seed Catalyst Fund, spécialisé dans l’adaptation au changement climatique en Afrique. Les deux fonds souhaitent accélérer le développement opérationnel de Sand to Green afin de préparer le déploiement à grande échelle de ses projets marocains et africains.

Avec plus de 65% de son territoire recouvert de désert et plus de 93% situé dans un climat aride à semi-aride, l’agriculture marocaine est fortement dépendante des ressources naturelles et donc très vulnérable aux impacts du changement climatique. Sand to Green, en déployant des stratégies de cultures adaptées, irriguées par du dessalement d’eau de mer est aujourd’hui en mesure de proposer un modèle agricole rentable et à impact positif dans de telles contraintes.

Industrialiser la R&D développée pendant 3 ans dans un premier projet au Maroc pour asseoir le modèle économique

Créée en avril 2022, Sand to Green ambitionne de reverdir les déserts par l’agroforesterie et le dessalement d’eau de mer. Pour ce faire, l’équipe a mené pendant 3 ans différents tests agronomiques dans la région de Guelmin-Oued Noun (Sud Maroc) afin de trouver les systèmes agricoles les plus résilients et les mieux adaptés aux milieux désertiques. Les résultats obtenus ont validé le modèle développé. A la croisée de différentes approches (reforestation, exploitation agricole et fournisseur de services) et fondées sur différents revenus (revenus agricoles, crédits carbone, et vente d’herbes aromatiques), les plantations Sand to Green sont désormais prêtes à reverdir les déserts marocains.

Pour cela, est prévu le déploiement d’une plantation de 20 hectares au premier semestre 2023. Dans le même temps, l’entreprise souhaite structurer davantage sa proposition de valeur aux gestionnaires d’actifs. En effet, à la manière d’autres types de projets (énergies, infrastructures, immobiliers…) Sand to Green offre ses plantations comme produits d’investissements verts à différents investisseurs et prend en charge leur développement et les prestations de services associées (expertise agronomique, opérations et productions et vente des denrées).

L’agroforesterie pour lutter contre le dérèglement climatique et régénérer l’agriculture, avec un retour sur investissement

Résolument tournée vers l’impact et l’adaptation au dérèglement climatique, Sand to Green est une start-up « multi-impact » qui prouve que l’agroforesterie (création d’écosystèmes résilients d’arbres et de cultures au sol sans intrants chimiques) est une des solutions privilégiées pour transformer l’agriculture, restaurer de ilots de biodiversité et s’adapter au dérèglement climatique.

Portée par l’ambition de proposer une alternative réelle et rentable à la déforestation, l’entreprise compte resserrer encore d’avantage ses connexions avec le monde de la recherche tout en sensibilisant les consommateurs, entreprises et institutionnels à la culture dans le désert.

« Le but de cette levée doit confirmer les habiletés opérationnelles et d’exécution de Sand to Green tout en préparant la suite, à savoir le déploiement de milliers d’hectares de plantation en zones arides. Pour cela, nous devons approfondir le travail d’acculturation à cette cause qui présente de nombreux avantages : cultiver dans le désert capte du carbone, refertilise les sols, crée des habitats de biodiversité, lutte contre la déforestation, stabilise les communautés locales, tout en étant une des seules options écologiques à grande échelle pour relever les immenses défis alimentaires qui s’annoncent » soutient Benjamin Rombaut, CEO de Sand to Green.

L’avis des Angel Investor (VC et Business Angels)

Dans un contexte économique incertain et décrit comme de plus en plus difficile pour lever des financements, la start-up est parvenue à réunir autour de la table des Business Angels reconnus de la place et deux fonds VC (Catalyst Fund et Katapult VC).

« Le modèle proposé par Sand to Green est non seulement ambitieux mais également extrêmement innovant dans son approche agricole et technologique. Nous sommes convaincus que ce type de solution peut permettre une réelle transition vers une agriculture sobre, saine, durable et à grande échelle au Maroc et en Afrique. L’objectif de Catalyst Fund est de financer et d’accélérer les startups pionnières de l’adaptation au changement climatique en Afrique. Wissal, Benjamin, Gautier et toute l’équipe de Sand to Green en sont une magnifique illustration » souligne Maxime Bayen, Head of Venture Building et Lead Venture Partner chez Catalyst Fund.

À propos de Sand to Green

Sand to Green est une start-up franco-marocaine à impact créée en avril 2022 et portée par trois fondateurs : Benjamin Rombaut, Chief Executive Officer, Wissal Ben Moussa, Chief Agricultural Officer et Gautier de Carcouet, Chief Financial Officer.

L’entreprise propose à des assets managers agricoles, et plus largement à tout type d’investisseurs, des projets de plantations en milieux arides à très fort impact écologique et social, qu’elle opère et gère ensuite pour eux. Pour cela elle développe une solution en plusieurs briques : du dessalement d’eau à petite échelle allié à des systèmes d’irrigation, un modèle unique d’agroforesterie adaptés aux milieux arides qui, alliées, donnent vie à des plantations agricoles rentables (produits agricoles à haute valeur ajoutée et crédits carbone).

Eurobank AM MFMC investit dans Mintus

Mintus Global Limited (Mintus), annonce que Eurobank Asset Management MFMC (Eurobank Asset Management), filiale en propriété exclusive d’Eurobank S.A. (Eurobank), a acquis une participation minoritaire dans Mintus Global Limited (Mintus). Cet investissement permettra de renforcer la collaboration entre les parties dans le domaine des catégories d’actifs d’investissement alternatif.

Cette collaboration associera l’expertise d’Eurobank en matière d’investissements alternatifs aux solutions de haute technologie de Mintus, proposées par le biais de la plateforme d’actifs alternatifs fractionnés de pointe exploitée par sa filiale réglementée par la Financial Conduct Authority (FCA), Mintus Trading Limited, ce qui permettra à Mintus de rendre accessible un ensemble diversifié d’actifs alternatifs.

« Notre investissement dans Mintus souligne l’engagement d’Eurobank Asset Management à exploiter les technologies de pointe au profit de nos clients, a déclaré Theofanis Mylonas, PDG d’Eurobank Asset Management MFMC. Cette initiative s’inscrit dans la continuité de la stratégie d’Eurobank Asset Management qui consiste à rechercher des opportunités innovantes afin d’apporter de la valeur ajoutée à nos parties prenantes. L’approche prospective de la gestion d’actifs qui en résultera renforcera notre position à l’avant-garde du paysage financier mondial. »

« En nous associant à Eurobank Asset Management MFMC, nous renforçons notre volonté de transformer l’avenir de l’investissement en élargissant considérablement l’accès aux actifs alternatifs, a fait remarquer Tamer Ozmen, fondateur et PDG de Mintus. Nous pensons qu’il est essentiel de proposer aux gens davantage d’opportunités d’investissement pour renforcer l’indépendance financière et la prospérité collective. »

Cette initiative intervient parallèlement à l’augmentation de la demande d’actifs alternatifs, en raison de leur attrait en tant qu’outil de diversification proposant des rendements non liés aux marchés boursiers et obligataires, ainsi que des rendements potentiels. Preqin estime que les actifs alternatifs sous gestion atteindront 24,5 billions de dollars d’ici 2028, contre 13,7 billions de dollars en 2021. Une étude menée par EY a révélé que le pourcentage d’allocation alternative dans les portefeuilles augmente avec la valeur nette, passant de 14 % pour les personnes fortunées à 81 % pour les personnes très fortunées.

« L’investissement d’Eurobank Asset Management dans Mintus est un signe que le marché de l’art évolue et témoigne de l’acceptation croissante de la propriété partagée de l’art, a expliqué Brett Gorvy, conservateur en chef et président du comité d’art d’Investment Mintus. Un marché de l’art plus inclusif et démocratisé profitera à l’avenir tant aux investisseurs qu’aux artistes. »

Noël, Boucle d’or et le Grinch ?

Les investisseurs ont eu droit à une agréable surprise cette année avec l’arrivée anticipée de Noël. Novembre s’inscrira sans doute dans les annales comme l’un des mois les plus fructueux pour les investisseurs. Les rendements des obligations d’État ont enregistré une baisse significative, les écarts de crédit des entreprises se sont considérablement resserrés, le dollar américain s’est affaibli, les prix des matières premières ont légèrement augmenté, et l’indice DAX allemand a connu une hausse d’environ 10 % au cours du mois. La seule exception, qui a procuré une satisfaction encore plus grande aux investisseurs, a été la chute des prix de l’énergie.

Pour la plupart des marchés obligataires, novembre semble se profiler comme le meilleur mois de performance totale pour l’année 2023. Aux États-Unis, le crédit aux entreprises affiche ses rendements mensuels les plus élevés depuis 2020. La reprise macroéconomique des actifs est alimentée par la conviction croissante des investisseurs selon laquelle les banques centrales américaine et européenne ont achevé le resserrement de leur politique monétaire. On anticipe une sortie de la légère récession de la zone euro au premier semestre de 2024. En ce qui concerne les États-Unis, le consensus penche en faveur d’une croissance continue, quoique plus modérée, évoquant un “atterrissage en douceur” – un scénario idéal pour les investisseurs.

Cette spectaculaire reprise s’explique principalement par l’anticipation que les banques centrales, à l’avenir, aligneront davantage leurs actions sur les intérêts des investisseurs : le “put” de la banque centrale est de nouveau sur la table. En cas de détérioration des conditions économiques, les investisseurs s’attendent à ce que les banques centrales fournissent leur soutien et assouplissent leur politique, ce qui contribuera au maintien des prix des actifs. C’est une inversion de la fonction des banques centrales qui ont lutté contre l’inflation au cours des deux dernières années.

La semaine dernière a été marquée par un événement majeur lié aux courbes des obligations d’État, qui ont connu une accentuation de leur pente, principalement en raison d’une performance exceptionnelle sur la partie courte de la courbe. Les rendements des obligations à 2 ans aux États-Unis et en Allemagne ont été inférieurs de 30 points de base à ceux de leurs obligations respectives à 30 ans, dont le rendement a baissé de 10 points de base. Les données relatives à l’inflation ont été décevantes, avec des chiffres de prix systématiquement en dessous des attentes pour les grandes économies, illustrés par des indices de surprise d’inflation devenant négatifs (voir le graphique de la semaine).

En Australie, l’inflation a ralenti plus que prévu, atteignant 4,9 % en glissement annuel, inversant ainsi la hausse surprise d’octobre. Les investisseurs anticipent désormais une suspension de la réunion politique de décembre par la Reserve Bank of Australia. Pour la zone euro, l’inflation globale est tombée à 2,4 % en glissement annuel, bien en deçà des attentes de 2,7 %, principalement en raison de la baisse des prix de l’énergie. Les prix de base ont également chuté plus que prévu, passant à 3,6 % en glissement annuel contre 4,2 % en octobre, représentant la plus forte baisse mensuelle progressive depuis le pic de l’inflation sous-jacente en mars. La désinflation s’accélère, comme le suggère le marché européen des swaps de taux d’intérêt au jour le jour (OIS), qui anticipe maintenant une réduction totale de la politique monétaire de 25 points de base d’ici avril et une réduction totale de 100 points de base d’ici octobre.

Aux États-Unis, l’indice des prix de base des dépenses de consommation personnelle, préféré du FOMC (Federal Open Market Committee), est tombé à 3,46 % en glissement annuel, en phase avec le consensus mais bien en deçà de la prévision de fin d’année du FOMC de 3,7 %. Le marché américain des OIS a signalé la première baisse de 25 points de base des taux directeurs jusqu’en mai, avec une réduction totale de 100 points de base d’ici novembre 2024.

Si vous aspirez à adopter une posture de Grinch en décembre, votre liste de souhaits pourrait inclure un atterrissage économique abrupt, alors que les politiques monétaires cherchent enfin à rattraper leur retard. Pour l’économie américaine, le scénario sans atterrissage semble se concrétiser, entraînant ainsi une nécessité de resserrement politique. Les déséquilibres entre l’offre et la demande pourraient accélérer la hausse des prix des matières premières, provoquant ainsi une inversion de l’inflation globale. Il est également possible que les partisans des obligations refusent d’acquérir la toujours croissante offre de dette publique ou de financer l’endettement croissant des entreprises. Des incidents de contagion géopolitique ou des turbulences inattendues lors d’élections nationales, favorisant des dirigeants non conventionnels, pourraient générer une énorme incertitude.

Une pause soudaine du moteur de croissance chinoise, plongeant dans une spirale de déflation au moment où le Japon abandonne sa politique de taux d’intérêt zéro, est une autre éventualité. Il se pourrait également que les préoccupations concernant la surévaluation des prix de l’immobilier soient fondées, que les “Magnificent Seven” sous-performent et que les monnaies numériques subissent une pression supplémentaire de la part des régulateurs. Et n’oublions pas le fidèle allié du Grinch, le cygne noir, capable d’apporter des événements imprévus et perturbateurs.

PICTET AM : conformité du capital-investissement aux critères ESG

Le manque de données fiables a longtemps entravé l’adoption des critères ESG dans le domaine du capital-investissement. Cependant, des progrès significatifs sont en cours pour surmonter cet obstacle. Le secteur s’efforce désormais de rattraper son retard en matière de collecte et d’utilisation de données robustes liées aux performances environnementales, sociales et de gouvernance des entreprises. Cette évolution marque une prise de conscience croissante de l’importance des critères ESG dans les décisions d’investissement, signalant ainsi un changement positif vers une intégration plus poussée de ces considérations dans le domaine du capital-investissement.

Si les fonds de capital-investissement, ou « private equity », sont souvent les premiers à identifier les nouvelles activités porteuses, lorsqu’il s’agit d’adopter l’investissement responsable, ils sont plutôt distancés.

Cela s’explique notamment par l’opacité des marchés privés, les sociétés non cotées n’étant pas tenues aux mêmes obligations de transparence que les entreprises cotées. Beaucoup de ces sociétés sont de petite taille et n’ont pas les ressources nécessaires pour présenter des rapports détaillés. Il s’agit là d’un obstacle essentiel à la prise en compte des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans les décisions prises par les fonds de capital-investissement. Si, depuis de nombreuses années, beaucoup d’entre eux prennent systématiquement en compte les aspects de gouvernance ainsi que l’impact social et environnemental des candidats potentiels à l’investissement, jusqu’à une date récente, il n’existait aucun moyen formel pour en tenir compte.

La situation évolue actuellement, l’approche ESG étant désormais une priorité pour les investisseurs comme pour les entreprises, et la réglementation augmentant les risques de non-conformité. En Europe, la taxonomie verte et le Règlement sur la publication d’informations en matière de durabilité dans le secteur des services financiers (SDFR) ont fixé des normes pour les investissements dits durables, y compris pour le capital-investissement. Le Royaume-Uni planche, quant à lui, sur sa propre version de ces deux règlements, tandis qu’aux États-Unis, la Securities and Exchanges Commission (SEC) renforce également les exigences en matière de reporting ESG.

L’accent mis sur une transparence accrue est en partie une réponse à l’augmentation du poids du secteur non coté, dont la base d’actifs a considérablement augmenté ces dernières années, mais aussi à l’appel croissant à la démocratisation des marchés privés. Dans l’optique d’une ouverture aux investisseurs particuliers, les obligations en matière de communication doivent être beaucoup plus strictes qu’auparavant.

Une nouvelle initiative s’est engouffrée dans la brèche. Un nombre croissant de gestionnaires (General Partners, GPs) dans le secteur du capital-investissement ont commencé à mesurer les performances ESG des sociétés de leurs portefeuilles dans le cadre d’un partenariat ouvert entre les parties prenantes, appelé EDCI (ESG Data Convergence Initiative). Son principal objectif est d’améliorer la transparence et de faciliter la comparabilité des données entre les entreprises et les secteurs.  

Les données ESG recueillies au cours de l’année de création de l’EDCI (exercice 2021) fournissent des indications utiles sur le niveau de durabilité des sociétés présentes dans les portefeuilles de capital-investissement, ainsi que sur les d’amélioration et de développement.

L’EDCI compte déjà plus de 350 membres (septembre 2023), soit plus de 28 000 milliards de dollars d’actifs sous gestion.3Le groupe Pictet a été l’un des premiers membres de l’initiative, dont il a intégré le comité directeur peu de temps après sa création.

Les general partners membres de l’EDCI s’engagent à fournir des données sur un ensemble d’indicateurs ESG dans six domaines prédéfinis: émissions de gaz à effet de serre, utilisation d’énergies renouvelables, diversité au sein du conseil d’administration, accidents de travail, nouveaux recrutements nets et mobilisation des employés. Les données ont ensuite été agrégées en un indice de référence par BCG (Boston Consulting Group).

Grâce à ces informations, nous avons pu analyser des données sur plus de 300 sociétés privées incluses dans nos portefeuilles de capital-investissement et les comparer à la fois à un benchmark général d’entreprises non cotées (également issu de l’EDCI) et à un benchmark de sociétés cotées en bourse à partir des données de Refinitiv, qui utilise environ 3 800 sociétés appartenant aux plus grandes places boursières du monde.

Les données montrent que les entreprises non cotées détenues par des sociétés de capital-investissement sont actuellement en retard par rapport à leurs homologues cotées au niveau de plusieurs indicateurs environnementaux et sociaux clés, dont l’utilisation des énergies renouvelables (Fig. 1) ou la diversité au sein du conseil d’administration. À notre avis, cela n’est pas surprenant étant donné les exigences réglementaires plus élevées – telles que la divulgation d’informations sur le développement durable – auxquelles les entreprises cotées en bourse sont confrontées par rapport à leurs homologues non cotées. 

Une opportunité unique

L’adoption de l’ESG par le secteur a le potentiel d’améliorer le profil risque-rendement des investissements en capital-investissement de plusieurs manières. Premièrement, en encourageant les sociétés émettrices à améliorer leurs performances dans des domaines tels que l’utilisation des énergies renouvelables, les gestionnaires de capital-investissement peuvent constituer des portefeuilles adaptés, dans un monde où la réglementation et la fiscalité pénalisent de plus en plus les entreprises qui n’appliquent pas les principes ESG.

Deuxièmement, les investisseurs privés sont sans doute mieux placés pour mener la transition écologique que les détenteurs d’obligations ou les actionnaires de sociétés cotées en bourse. En effet, elles exercent un contrôle direct sur leurs investissements et ont donc une plus grande influence sur le comportement des entreprises et les décisions concernant l’allocation du capital. Leur horizon d’investissement est également souvent supérieur à celui des investisseurs en actifs cotés, ce qui leur laisse plus de temps pour agir.

L’analyse par le cabinet de conseil Boston Consultig Group (BCG) des données de référence de l’EDCI (ESG Data Convergence Initiative) entre 2019 et 2021 révèle que le chiffre d’affaires des sociétés privées dont le conseil d’administration compte au moins une femme a augmenté à un rythme plus rapide que celui des entreprises dont la direction est exclusivement constituée d’hommes. S’il est prématuré selon nous de tirer des conclusions sur le lien entre diversité des effectifs du conseil d’administration et performances financières, il apparaît néanmoins que les sociétés de capital-investissement semblent être en retard par rapport aux entreprises cotées en bourse en ce qui concerne la diversité des sexes au sein des conseils d’administration (Fig. 2). Il s’agit là d’une possibilité d’amélioration que nous avons l’intention de suivre de près à l’avenir.

Nous pensons que les marchés privés bénéficient d’une position unique pour promouvoir des pratiques durables, au profit de la planète, de la société et des performances des portefeuilles. Cela s’explique notamment par le rôle essentiel du capital-investissement dans l’économie mondiale: il représente en effet quelque 7 000 milliards de dollars d’actifs sous gestion, un chiffre qui devrait passer à près de 12 000 milliards de dollars d’ici 2027 selon Preqin.

Notre analyse a également mis en évidence les domaines dans lesquels les acteurs privés ont eu le dessus. Contrairement à l’avis largement répandu selon lequel les sociétés de capital-investissement cherchent à maximiser la création de valeur en adoptant des stratégies agressives, les entreprises non cotées ont créé plus d’emplois exprimés en ETP que leurs homologues cotées en bourse en 2021 (Fig. 3), toutes zones géographiques et tous secteurs confondus.

L’EDCI n’existant que depuis 2021, il est trop tôt pour procéder à une analyse rigoureuse du lien entre facteurs ESG et performances financières. Il a en effet toujours été difficile d’identifier un lien direct entre résultats financiers et performance ESG. La relation de cause à effet est complexe à établir pour plusieurs raisons, notamment le manque de cohérence de la terminologie utilisée, des données limitées et le manque de mesures standardisées de la performance ESG. L’augmentation du nombre de membres de l’EDCI et des données disponibles devrait faciliter les choses.

L’obtention de données ESG au niveau des entreprises du portefeuille nous aidera non seulement à prendre de meilleures décisions d’investissement, mais aussi à concentrer notre action sur les GP où nous pouvons avoir le plus d’impact. À titre d’exemple, 15% des entreprises dont nous avons obtenu des données concernant les émissions de gaz à effet de serre (Scope 1 et 2) représentaient 80% des émissions totales, ce qui nous montre clairement où concentrer nos efforts en matière d’engagement.

Selon une récente étude menée par la société de conseil PWC, les gestionnaires identifient la culture des entreprises et l’évolution réglementaire comme les deux principaux moteurs de l’intégration des critères ESG dans leur processus d’investissement, tandis que la problématique du manque de données est identifiée comme un défi majeur.5 L’EDCI aidant à relever le défi des données, nous pensons que le capital-investissement a résolument franchi un cap en matière d’investissement responsable.

La Financière de l’Echiquier : nouveau fonds daté

La Financière de l’Echiquier (LFDE) lance Echiquier Credit Target Income 2027, un fonds daté investissant dans des obligations d’entreprises majoritairement européennes ou américaines et canadiennes, libellées en euros. Au lancement, il se compose de 60-70 émetteurs, majoritairement High Yield avec une notation moyenne ‘’BB’’.

À la date de fin de vie du fonds le 31.12.2027, les obligations en portefeuille auront une maturité résiduelle de six mois maximums. Seulement 25% des titres en portefeuille pourront avoir une échéance comprise entre janvier et juin 2028.

La période de souscription se terminera le 30 juin 2024 et le fonds sera ouvert aux rachats sur la totalité de son existence.

Géré par Uriel Saragusti, Matthieu Durandeau et Aurélien Jacquot, CFA, ce fonds de fortes convictions, classé article 8 selon SFDR, bénéficie de l’expertise de sélection d’entreprises de LFDE. Il vient enrichir l’expertise obligataire de LFDE, qui représente plus de 1,3 milliard d’encours sous gestion.

Olivier de Berranger, Directeur Général Délégué et Directeur de la Gestion d’Actifs de LFDE, ajoute : « Le lancement d’Echiquier Credit Target Income 2027 se fonde sur notre expertise obligataire, forgée depuis plus de 15 ans. La sélection rigoureuse des titres et la recherche de rendement sont au cœur du processus d’investissement. La construction de portefeuille repose sur l’équilibre entre un cœur de portefeuille à haut rendement – minimum 60% du fonds – et une poche de diversification Investment Grade ».