Fonds ESG en 2025 : le grand retournement d’un marché sous pression mondiale

fonds ESG

Pendant plusieurs années, l’investissement durable s’est imposé comme l’un des piliers de la finance moderne. Portés par l’urgence climatique, les attentes sociétales et l’évolution des réglementations, les fonds ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) ont connu une croissance rapide depuis la fin des années 2010. Pourtant, l’année 2025 marque une rupture historique. Pour la première fois depuis le début du suivi par Morningstar, les fonds durables mondiaux ont enregistré des sorties nettes annuelles massives.

Selon l’analyse publiée par Morningstar Sustainalytics début 2026, le marché a subi un choc majeur, avec 84 milliards de dollars de retraits sur l’ensemble de l’année 2025. Ce retournement brutal contraste fortement avec les flux positifs observés en 2024 et remet en question certaines certitudes sur l’avenir de la finance durable.

Derrière ces chiffres se cachent des évolutions profondes : arbitrages institutionnels, tensions géopolitiques, recul réglementaire, controverses autour du greenwashing, performances inégales et montée des discours anti-ESG. Pourtant, paradoxalement, les encours globaux continuent de progresser, soutenus par les marchés financiers.

Cet article propose une analyse approfondie de cette transformation du paysage ESG en 2025, en explorant ses causes, ses dynamiques régionales, ses conséquences pour les investisseurs et les perspectives pour les années à venir.

Une année charnière pour les fonds durables à l’échelle mondiale

Des sorties nettes inédites depuis 2018

L’année 2025 restera comme un tournant dans l’histoire récente de l’investissement responsable. Sur l’ensemble des douze mois, les fonds durables ouverts et les ETF ESG ont enregistré environ 84 milliards de dollars de sorties nettes. Ce chiffre tranche radicalement avec les 38 milliards de dollars de souscriptions nettes observées en 2024.

Le quatrième trimestre 2025 illustre particulièrement cette tendance. Malgré un ralentissement des retraits par rapport au trimestre précédent, les fonds ont encore perdu environ 27 milliards de dollars. Ces résultats confirment un affaiblissement structurel de l’appétit des investisseurs pour les produits labellisés durables.

Ce phénomène n’est pas ponctuel. Il s’inscrit dans une dynamique progressive de désengagement, amorcée dès 2022, mais amplifiée en 2024 et 2025 sous l’effet de multiples facteurs défavorables.

Le rôle déterminant des investisseurs institutionnels

Une part importante de ces sorties ne correspond pas nécessairement à un abandon pur et simple de l’ESG. Dans plusieurs pays européens, notamment au Royaume-Uni, de grands investisseurs institutionnels ont transféré leurs capitaux depuis des fonds mutualisés vers des mandats ESG personnalisés.

Ces mandats sur mesure permettent aux fonds de pension et aux assureurs de mieux contrôler leurs stratégies, leurs indicateurs d’impact et leurs contraintes réglementaires. Toutefois, ces transferts apparaissent statistiquement comme des sorties, car ils ne sont pas intégrés dans la base de données des fonds ouverts.

Ce phénomène explique en partie l’ampleur apparente des retraits, mais il ne suffit pas à masquer un recul réel de la demande globale.

Une comparaison défavorable avec les fonds traditionnels

Alors que les fonds ESG subissaient ces sorties massives, l’ensemble du marché des fonds traditionnels enregistrait près de 1 700 milliards de dollars d’entrées nettes en 2025. L’écart est frappant.

Cette divergence montre que les investisseurs n’ont pas déserté les marchés financiers. Ils ont simplement réorienté leurs capitaux vers des stratégies perçues comme plus rentables, plus lisibles ou moins exposées aux controverses politiques.

Lire le rapport complet ici.

Des vents contraires multiples : les facteurs du désengagement

Fonds ESG en 2025 : le grand retournement d’un marché sous pression mondiale

Introduction

Pendant plusieurs années, l’investissement durable s’est imposé comme l’un des piliers de la finance moderne. Portés par l’urgence climatique, les attentes sociétales et l’évolution des réglementations, les fonds ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) ont connu une croissance rapide depuis la fin des années 2010. Pourtant, l’année 2025 marque une rupture historique. Pour la première fois depuis le début du suivi par Morningstar, les fonds durables mondiaux ont enregistré des sorties nettes annuelles massives.

Selon l’analyse publiée par Morningstar Sustainalytics début 2026, le marché a subi un choc majeur, avec 84 milliards de dollars de retraits sur l’ensemble de l’année 2025. Ce retournement brutal contraste fortement avec les flux positifs observés en 2024 et remet en question certaines certitudes sur l’avenir de la finance durable.

Derrière ces chiffres se cachent des évolutions profondes : arbitrages institutionnels, tensions géopolitiques, recul réglementaire, controverses autour du greenwashing, performances inégales et montée des discours anti-ESG. Pourtant, paradoxalement, les encours globaux continuent de progresser, soutenus par les marchés financiers.

Cet article propose une analyse approfondie de cette transformation du paysage ESG en 2025, en explorant ses causes, ses dynamiques régionales, ses conséquences pour les investisseurs et les perspectives pour les années à venir.

Une année charnière pour les fonds durables à l’échelle mondiale

Des sorties nettes inédites depuis 2018

L’année 2025 restera comme un tournant dans l’histoire récente de l’investissement responsable. Sur l’ensemble des douze mois, les fonds durables ouverts et les ETF ESG ont enregistré environ 84 milliards de dollars de sorties nettes. Ce chiffre tranche radicalement avec les 38 milliards de dollars de souscriptions nettes observées en 2024.

Le quatrième trimestre 2025 illustre particulièrement cette tendance. Malgré un ralentissement des retraits par rapport au trimestre précédent, les fonds ont encore perdu environ 27 milliards de dollars. Ces résultats confirment un affaiblissement structurel de l’appétit des investisseurs pour les produits labellisés durables.

Ce phénomène n’est pas ponctuel. Il s’inscrit dans une dynamique progressive de désengagement, amorcée dès 2022, mais amplifiée en 2024 et 2025 sous l’effet de multiples facteurs défavorables.

Le rôle déterminant des investisseurs institutionnels

Une part importante de ces sorties ne correspond pas nécessairement à un abandon pur et simple de l’ESG. Dans plusieurs pays européens, notamment au Royaume-Uni, de grands investisseurs institutionnels ont transféré leurs capitaux depuis des fonds mutualisés vers des mandats ESG personnalisés.

Ces mandats sur mesure permettent aux fonds de pension et aux assureurs de mieux contrôler leurs stratégies, leurs indicateurs d’impact et leurs contraintes réglementaires. Toutefois, ces transferts apparaissent statistiquement comme des sorties, car ils ne sont pas intégrés dans la base de données des fonds ouverts.

Ce phénomène explique en partie l’ampleur apparente des retraits, mais il ne suffit pas à masquer un recul réel de la demande globale.

Une comparaison défavorable avec les fonds traditionnels

Alors que les fonds ESG subissaient ces sorties massives, l’ensemble du marché des fonds traditionnels enregistrait près de 1 700 milliards de dollars d’entrées nettes en 2025. L’écart est frappant.

Cette divergence montre que les investisseurs n’ont pas déserté les marchés financiers. Ils ont simplement réorienté leurs capitaux vers des stratégies perçues comme plus rentables, plus lisibles ou moins exposées aux controverses politiques.

Des vents contraires multiples : les facteurs du désengagement

Un contexte géopolitique instable

L’année 2025 a été marquée par une intensification des tensions géopolitiques : conflits persistants, rivalités commerciales, recompositions d’alliances et incertitudes énergétiques. Dans ce climat, les priorités des États et des entreprises se sont recentrées sur la sécurité, la souveraineté et la compétitivité.

Ces préoccupations ont parfois pris le pas sur les engagements climatiques et sociaux. Les investisseurs ont alors redouté un affaiblissement durable des politiques environnementales, rendant certaines stratégies ESG moins crédibles à long terme.

La montée du discours anti-ESG

Aux États-Unis, mais aussi dans d’autres pays, les investissements responsables sont devenus un sujet politique. Des mouvements conservateurs ont accusé les gestionnaires d’actifs d’imposer une idéologie « woke » au détriment de la rentabilité.

Ce discours a trouvé un écho dans certaines institutions publiques et privées. Plusieurs États américains ont restreint l’utilisation de fonds ESG dans les retraites publiques. Cette hostilité politique a créé un climat d’incertitude, dissuadant certains investisseurs.

Le recul et la complexité réglementaire

En Europe, après une phase d’expansion réglementaire intense, les autorités ont amorcé un mouvement de simplification. La révision du SFDR, l’assouplissement de certaines exigences et l’ajustement des seuils de reporting ont réduit la pression normative.

Si ces mesures visent à préserver la compétitivité des entreprises, elles ont aussi envoyé un signal ambigu au marché. Certains investisseurs y ont vu un affaiblissement de l’ambition environnementale.

Par ailleurs, la multiplication des règles, des labels et des obligations de transparence a parfois découragé les acteurs, confrontés à une lourde charge administrative.

Des performances financières décevantes

En 2025, les indices ESG ont sous-performé les indices traditionnels. Seuls 26 % des indices durables ont fait mieux que leurs équivalents non ESG, contre 45 % en 2024.

Plusieurs facteurs expliquent cette situation :

  • la forte concentration des performances sur les grandes capitalisations technologiques,
  • la bonne tenue des secteurs énergétiques et industriels,
  • la sous-exposition des fonds ESG à certaines industries stratégiques, comme la défense.

Dans un marché dominé par l’intelligence artificielle et les mégacapitalisations, de nombreuses stratégies durables ont peiné à suivre le rythme.

Une résilience paradoxale : la progression continue des encours

Une hausse soutenue par les marchés financiers

Malgré les sorties nettes, les actifs mondiaux des fonds durables ont progressé d’environ 4 % au quatrième trimestre 2025, atteignant près de 3 900 milliards de dollars.

Cette hausse s’explique principalement par l’appréciation des marchés boursiers. Les portefeuilles ont bénéficié de la hausse des valorisations, compensant partiellement les retraits.

Depuis 2018, les encours ESG ont été multipliés par plus de six, passant d’environ 600 milliards à près de 4 000 milliards de dollars. Cette croissance historique témoigne de l’ancrage durable de ces stratégies dans le paysage financier.

Une domination européenne persistante

L’Europe concentre près de 86 % des actifs mondiaux des fonds durables. Cette domination s’explique par :

  • un cadre réglementaire favorable,
  • une culture d’investissement responsable ancienne,
  • une forte demande institutionnelle,
  • un tissu dense de gestionnaires spécialisés.

Les fonds durables représentent environ 20 % de l’ensemble des fonds européens, contre seulement 1 % aux États-Unis. Cet écart illustre des différences culturelles et politiques profondes.

L’Europe : entre maturité, restructuration et incertitudes

Des sorties importantes mais ciblées

Au quatrième trimestre 2025, les fonds européens ont enregistré environ 20 milliards de dollars de retraits. Sur l’ensemble de l’année, les sorties ont atteint 62 milliards.

La majorité de ces flux négatifs provient de grands investisseurs britanniques transférant leurs actifs vers des mandats personnalisés. En dehors de ces opérations, les sorties auraient été plus limitées.

Les fonds actifs ont été les plus touchés, tandis que les fonds passifs ont légèrement résisté.

Une structure d’actifs dominée par les actions

À fin 2025, les fonds actions représentaient environ 63 % des encours ESG européens, suivis par les obligations (24 %) et les fonds diversifiés (10 %).

Cette orientation vers les actions renforce la sensibilité du marché aux cycles boursiers et aux performances relatives.

Le ralentissement des lancements et la hausse des fermetures

En 2025, le nombre de nouveaux fonds ESG lancés en Europe est tombé à un niveau historiquement bas. Seuls 22 fonds ont vu le jour au quatrième trimestre.

Parallèlement, 117 parts de fonds ont été fermées, fusionnées ou liquidées. Cette tendance reflète une phase de consolidation naturelle du marché. Les stratégies peu performantes ou insuffisamment attractives disparaissent progressivement.

L’impact des nouvelles normes européennes

Les lignes directrices de l’ESMA sur les noms de fonds ont provoqué une vague de changements. Près de 1 600 fonds ont modifié leur appellation depuis 2024.

Cette évolution vise à lutter contre le greenwashing, mais elle a aussi contribué à semer le doute chez certains investisseurs, confrontés à une offre en constante mutation.

Les États-Unis : un rejet politique et structurel

Treizième trimestre consécutif de sorties

Les fonds ESG américains ont enregistré des retraits pour le treizième trimestre consécutif en 2025. Sur l’année, les sorties ont atteint environ 21 milliards de dollars.

Ce phénomène est unique parmi les grandes régions et reflète un malaise structurel.

Le poids de l’environnement politique

L’arrivée d’une administration ouvertement hostile à l’ESG a profondément modifié le climat. Les initiatives climatiques ont été affaiblies, et plusieurs réglementations ont été remises en cause.

Dans ce contexte, de nombreux gestionnaires ont adopté une posture défensive, réduisant leur communication sur la durabilité.

Une fracture entre gestion active et passive

Les fonds actifs ont subi l’essentiel des retraits, avec plus de 22 milliards de dollars de sorties en 2025. À l’inverse, les fonds passifs ont légèrement progressé.

Cette évolution traduit une préférence croissante pour des produits simples, peu coûteux et perçus comme moins idéologiques.

Le Canada, l’Asie et le Japon : des trajectoires contrastées

Le Canada : une dynamique fragile

Après plusieurs trimestres positifs, les fonds canadiens ont enregistré des sorties en fin d’année. Les fonds obligataires durables ont toutefois continué d’attirer des capitaux.

Cette situation traduit une prudence croissante des investisseurs, sans remise en cause totale du modèle ESG.

Le Japon : un désengagement prolongé

Les fonds japonais ont connu leur quatorzième trimestre consécutif de sorties en 2025. Les investisseurs locaux privilégient encore largement les fonds traditionnels.

La structure du marché, très orientée vers les fonds de fonds et les produits domestiques, limite la diffusion des stratégies durables.

L’Asie hors Japon : entre recul et opportunités

La région Asie ex-Japon a enregistré environ 1,4 milliard de dollars de sorties au quatrième trimestre. La Corée du Sud et Taïwan ont été particulièrement touchés.

À l’inverse, la Thaïlande s’est distinguée par des entrées importantes, portées par les obligations souveraines ESG.

La Chine, malgré des données incomplètes, reste un acteur majeur, notamment dans les thématiques liées aux énergies renouvelables.

Innovation produit et concentration du marché

Un ralentissement mondial des lancements

En 2025, seulement 40 nouveaux fonds durables ont été lancés à l’échelle mondiale au quatrième trimestre. Ce chiffre reflète une prudence accrue des gestionnaires.

Les raisons sont multiples :

  • saturation du marché,
  • crainte des accusations de greenwashing,
  • incertitudes réglementaires,
  • coûts de conformité élevés.

La domination des grands acteurs

BlackRock reste le leader mondial, avec plus de 450 milliards de dollars d’actifs ESG. Amundi, UBS et d’autres groupes européens complètent le podium.

Cette concentration renforce les barrières à l’entrée pour les acteurs de taille moyenne et favorise l’homogénéisation des stratégies.

Un paradoxe persistant : l’intérêt des investisseurs reste élevé

Des enquêtes toujours positives

Malgré les sorties observées, les enquêtes montrent un intérêt soutenu pour l’investissement durable. Selon Morgan Stanley, 88 % des investisseurs individuels se disent intéressés par l’ESG.

Chez les jeunes générations, cette proportion est encore plus élevée. À long terme, ce facteur démographique pourrait relancer la dynamique.

Un décalage entre intentions et comportements

Ce paradoxe s’explique par plusieurs éléments :

  • arbitrages de court terme,
  • recherche de performance immédiate,
  • manque de confiance dans certains labels,
  • complexité de l’offre.

Les investisseurs restent sensibles aux enjeux durables, mais deviennent plus exigeants et plus sélectifs.

Perspectives : vers une nouvelle phase de maturité

Une transition vers des stratégies plus ciblées

L’avenir de l’ESG ne réside probablement plus dans des approches généralistes. Les investisseurs privilégient désormais :

  • les fonds climat,
  • les obligations vertes,
  • les stratégies de transition,
  • les thématiques sociales ciblées.

Cette spécialisation pourrait redonner de la crédibilité au secteur.

Le rôle central de la donnée et de la transparence

L’amélioration des données extra-financières sera déterminante. Des indicateurs fiables, auditables et comparables permettront de restaurer la confiance.

Les réglementations en Europe, en Asie et au Royaume-Uni vont dans ce sens, malgré leurs imperfections.

Vers un ESG plus pragmatique

Après une phase d’idéalisme, le marché semble entrer dans une phase de réalisme. L’ESG devra démontrer sa capacité à concilier impact mesurable, performance financière et gestion du risque.

Les gestionnaires qui réussiront cette synthèse seront les grands gagnants des prochaines années.

Conclusion

L’année 2025 marque la fin d’un cycle pour l’investissement durable. Après une décennie d’expansion rapide, le marché entre dans une phase de consolidation, marquée par des sorties historiques, des ajustements réglementaires et une remise en question profonde.

Ce retournement ne signifie pas l’échec de l’ESG, mais plutôt sa transformation. Les investisseurs deviennent plus exigeants, plus critiques et plus attentifs à la cohérence entre discours et réalité.

Dans un monde confronté à des défis climatiques, sociaux et géopolitiques majeurs, la finance durable conserve une légitimité forte. Mais elle devra désormais prouver, chiffres à l’appui, qu’elle peut être à la fois responsable et performante.

L’avenir des fonds ESG dépendra de leur capacité à s’adapter à cette nouvelle donne, à renforcer leur crédibilité et à renouer avec la confiance des investisseurs. Après l’euphorie et le reflux, vient le temps de la maturité.

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Schroders Greencoat, CATL et Lochpine Capital : Une Alliance Stratégique pour le Stockage d’Énergie en Europe

énergies renouvelables

Stockage d’Énergie en Europe : l’avenir énergétique de l’Europe s’écrit aujourd’hui. Schroders Greencoat, acteur majeur de l’infrastructure énergétique verte, vient de conclure un protocole d’accord stratégique avec le fabricant chinois de batteries Contemporary Amperex Technology Co Ltd (CATL) et le fonds d’investissement Lochpine Capital. Cette collaboration ambitieuse vise à développer et investir dans des projets de stockage d’énergie à grande échelle sur le continent européen, contribuant ainsi à l’accélération de la transition énergétique et au déploiement des solutions renouvelables.

Une alliance stratégique au service de la transition énergétique

Le protocole d’accord signé s’inscrit dans une dynamique internationale. Richard Oldfield, directeur général de Schroders, a officialisé l’accord lors d’une visite à Pékin, dans le cadre d’une délégation commerciale britannique menée par le Premier ministre Keir Starmer. L’objectif est double : renforcer les liens commerciaux entre le Royaume-Uni et la Chine et stimuler l’investissement dans les infrastructures énergétiques durables.

Cette coopération tire parti des expertises complémentaires des trois partenaires. Schroders Greencoat apporte son expérience reconnue en infrastructures d’énergie verte, CATL fournit ses batteries de pointe et Lochpine Capital apporte son savoir-faire en gestion d’investissements dans les systèmes de stockage d’énergie à l’échelle mondiale. Ensemble, ils envisagent le développement potentiel de plus de 10 GWh de capacité de stockage d’énergie renouvelable en Europe, un pas concret vers la neutralité carbone.

Le rôle central de Schroders Greencoat

Schroders Greencoat, filiale de Schroders Capital, se positionne comme un acteur clé du stockage et de la transition énergétique en Europe. Avec des équipes réparties entre Londres, Dublin, Francfort, Copenhague et Madrid, ainsi qu’une présence internationale à New York, Chicago, Hong Kong, Pékin et Shanghai, la société gère actuellement environ 450 infrastructures d’énergie renouvelable, représentant une capacité nette totale de plus de 7,7 GW.

Cette expérience permet à Schroders Greencoat de concevoir des solutions d’investissement innovantes pour le stockage d’énergie, offrant aux investisseurs des opportunités d’accéder à des infrastructures durables tout en participant à l’expansion du marché européen des énergies propres. Richard Nourse, président de l’infrastructure chez Schroders Capital, souligne l’importance de mobiliser des capitaux significatifs pour accélérer la transition énergétique et diversifier les moyens d’investissement.

CATL : un acteur mondial en pleine expansion

CATL, leader mondial des batteries, joue un rôle stratégique dans cette collaboration. La société chinoise, cotée à Hong Kong depuis 2025, souhaite accompagner le développement international de ses solutions et soutenir la transition énergétique en Europe. James Wang, directeur des investissements de CATL, insiste sur le potentiel de croissance des marchés zéro carbone européens et sur la volonté de la société de catalyser des investissements via une plateforme spécialisée.

Cette initiative illustre également la coopération sino-européenne dans le domaine énergétique, offrant un cadre pour que les technologies de batteries de pointe puissent soutenir efficacement la transition vers une Europe neutre en carbone.

Lochpine Capital : expertise et investissements ciblés

Lochpine Capital complète l’alliance en apportant sa spécialisation dans les systèmes de stockage d’énergie et les solutions renouvelables. Son approche consiste à structurer des fonds et plateformes utilisant la technologie de CATL, afin de maximiser l’efficacité des investissements et d’assurer un retour durable pour les investisseurs.

La société se concentre sur l’acquisition et le développement d’actifs d’infrastructure énergétique à l’échelle mondiale, contribuant ainsi à la diversification des portefeuilles et au financement de projets innovants dans le domaine des énergies propres.

Une dynamique de marché et des perspectives européennes

Cet accord intervient à un moment clé pour l’Europe, où les politiques de transition énergétique et les objectifs de neutralité carbone exigent le déploiement rapide de solutions de stockage. La collaboration entre Schroders Greencoat, CATL et Lochpine Capital vise à répondre à cette demande croissante, en offrant des capacités significatives de batteries et en structurant des investissements durables.

Avec cette initiative, les acteurs européens de l’énergie peuvent espérer bénéficier d’une expertise technique et financière de pointe, favorisant le développement de projets à grande échelle et le renforcement des infrastructures énergétiques renouvelables sur le continent.

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Les pertes assurées peuvent-elles refléter le coût du changement climatique ?

changement climatique

Coût du changement climatique : le changement climatique représente une incertitude majeure pour l’économie mondiale, et évaluer son coût exact reste un défi. Alors que les catastrophes naturelles se multiplient, les pertes économiques. Et assurées continuent de croître, mais elles ne reflètent pas toutes les conséquences réelles du dérèglement climatique. Dans ce contexte, les pertes assurées liées aux événements climatiques dans les zones fortement couvertes pourraient servir de baromètre pour suivre l’évolution des coûts liés au climat. Cet article explore cette question en analysant les écarts entre pertes économiques et assurées. L’impact des risques physiques et l’évolution des pratiques d’assurance face au changement climatique.

Des pertes assurées historiquement inférieures aux pertes économiques

À l’échelle mondiale, une part importante des pertes économiques causées par les catastrophes naturelles reste non assurée. Selon Swiss Re, sur la dernière décennie, seulement 41 % des pertes économiques ont été couvertes par l’assurance, laissant 59 % des dommages non protégés. Ces chiffres montrent que l’assurance ne capte pas l’intégralité des coûts du changement climatique.

Les pertes économiques incluent à la fois les dommages directs et indirects, tels que la dépréciation des biens, la baisse de productivité ou les perturbations des chaînes d’approvisionnement. Toutefois, ces calculs reposent souvent sur des données provenant des pays développés, ce qui limite la représentativité globale. Par exemple, en 2024, Aon estimait les pertes économiques mondiales à 368 milliards de dollars, dont seulement 39 % étaient assurées.

Il existe également de fortes disparités régionales. En Europe, seulement 25 % des pertes liées aux événements climatiques extrêmes étaient couvertes entre 1981 et 2023, et ce taux est en baisse dans certains pays. Les causes sont multiples : manque d’accessibilité financière, confiance excessive dans l’intervention des gouvernements, complexité des contrats d’assurance, absence de canaux de distribution et faible sensibilisation du public. L’exemple de l’Italie montre toutefois qu’une réglementation peut modifier cette situation : depuis mars 2025, les entités légales doivent être couvertes pour les risques d’inondation, de séisme et de glissement de terrain.

Sur un plan mondial, les États-Unis concentrent la majorité des pertes assurées, représentant 78 % du total mondial en 2024. L’Asie et le Pacifique ne représentent que 3 %, tandis que l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique totalisent 13 %. Cette concentration reflète l’importance de la couverture d’assurance pour mesurer les tendances liées aux coûts climatiques.

Les coûts climatiques mal capturés par les pertes économiques

Les pertes économiques ne reflètent pas toujours la réalité des impacts du changement climatique. Les calculs traditionnels se concentrent sur certains périls — inondations, tempêtes, incendies et séismes — mais excluent d’autres risques majeurs comme les vagues de chaleur. De plus, les effets indirects des catastrophes, tels que la baisse de valeur des biens, les perturbations des chaînes logistiques, la réduction de rendement agricole ou les pertes d’emplois, ne sont pas entièrement pris en compte.

Les risques climatiques de long terme, dits “slow-onset”, ne sont également pas intégrés. Il s’agit des conséquences graduelles du réchauffement planétaire : hausse du niveau de la mer, sécheresse, modifications des précipitations, raréfaction de l’eau douce, dégradation des écosystèmes et glissements de terrain. Par exemple, les stations de ski à basse altitude doivent adapter leurs modèles économiques face à des saisons de neige plus courtes, ce qui entraîne des pertes de revenus non couvertes par l’assurance.

Inversement, certains phénomènes, comme la fonte accélérée des glaciers au Groenland, peuvent générer des opportunités économiques (extraction de terres rares), montrant que les coûts climatiques ne sont pas uniquement négatifs mais entraînent aussi des redistributions géopolitiques et économiques.

L’influence des pratiques d’assurance sur les pertes déclarées

Les pertes assurées dépendent directement de la couverture et des standards de souscription. Tous les événements climatiques ne sont pas couverts par le secteur privé ; certaines protections relèvent de dispositifs publics. Les assureurs ajustent régulièrement leurs modèles de catastrophes naturelles en fonction des données scientifiques et des pertes récentes, ce qui peut créer une divergence entre l’ampleur réelle des risques et les pertes assurées déclarées.

En réaction à l’augmentation du risque, les assureurs peuvent augmenter les tarifs ou se retirer de certaines zones à haut risque, limitant la disponibilité de l’assurance. Les États-Unis offrent un exemple frappant : dans certaines régions exposées aux incendies ou tempêtes extrêmes, l’assurance devient coûteuse ou indisponible. L’Europe envisage des solutions mixtes public-privé, comme un mécanisme de réassurance au niveau de l’UE ou un fonds de catastrophe, mais leur mise en œuvre reste incertaine.

Une tendance à la hausse des pertes assurées malgré tout

Malgré ces limites, les pertes assurées mondiales sont en augmentation. Selon Swiss Re, elles croissent à un rythme annuel de 5 à 7 % en termes réels. En 2024, les pertes assurées ont atteint 137 milliards de dollars, tandis que les pertes économiques totales s’élevaient à 318 milliards de dollars, soit 0,3 % du PIB mondial. Les catastrophes liées aux tempêtes, cyclones et inondations restent les principaux contributeurs à ces pertes, tandis que les incendies connaissent également une hausse notable depuis 2020.

Dans les zones fortement couvertes comme les États-Unis, la hausse des pertes assurées suit la même tendance que les pertes économiques, ce qui confirme que l’augmentation des coûts climatiques se reflète dans l’assurance. En 2024, les pertes économiques ont doublé par rapport à la moyenne du XXIe siècle, atteignant 218 milliards de dollars, tandis que les pertes assurées ont totalisé 113 milliards de dollars, bien au-dessus de la moyenne historique. Cela suggère que les pertes assurées dans les zones avec une couverture solide peuvent être un indicateur fiable de l’évolution des coûts liés au climat.

Un indicateur précieux mais limité

Les pertes assurées offrent une perspective intéressante pour suivre l’évolution des coûts du changement climatique, surtout dans les régions bien couvertes. Elles permettent d’anticiper l’impact des catastrophes naturelles et de mieux comprendre la dynamique du risque climatique. Cependant, elles ne reflètent pas la totalité des coûts économiques et sociaux, ni les risques de long terme ou les effets indirects.

En somme, les pertes assurées sont un outil utile mais incomplet. Pour une évaluation complète des coûts du changement climatique, il est essentiel de combiner ces données avec des analyses économiques, sociales et environnementales. Elles constituent néanmoins un indicateur tangible et mesurable dans un monde où l’incertitude climatique est devenue la norme.

À lire aussi : Finance, climat et transition : quand les marchés redessinent la trajectoire énergétique mondiale

L’Estonie mise sur le stockage d’énergie pour sécuriser son avenir électrique

Baltic Storage Platform en Estonie

La transition énergétique n’est plus seulement une question de production. Elle est aussi, et surtout, une question de stabilité. En inaugurant le site de stockage par batteries Hertz 1 à Kiisa, l’Estonie franchit une étape décisive dans la modernisation de son système électrique. Ce projet d’envergure européenne incarne une nouvelle manière de penser la sécurité énergétique, en combinant innovation technologique, coopération industrielle et stratégie de long terme. À l’heure où les pays baltes consolident leur intégration au réseau continental européen, le stockage devient un pilier central de la résilience électrique.

Hertz 1 est développé par la Baltic Storage Platform (BSP), une coentreprise réunissant Evecon, leader balte des énergies renouvelables, Corsica Sole, producteur indépendant français d’énergie solaire et spécialiste du stockage à grande échelle, et Mirova, gestionnaire d’investissements durables. Cette collaboration franco-balte illustre la mobilisation de capitaux privés pour renforcer la résilience énergétique de la région.

Un projet structurant pour la sécurité énergétique estonienne

Avec une capacité de stockage de 200 MWh, Hertz 1 s’impose comme l’un des plus grands sites de batteries d’Europe continentale. Il ne s’agit pas d’un simple équipement technique, mais d’une infrastructure stratégique. Son rôle est clair. Stabiliser le réseau électrique. Réagir en quelques secondes aux déséquilibres. Absorber les variations liées aux énergies renouvelables.

L’Estonie, comme ses voisins baltes, a récemment synchronisé son réseau avec celui de l’Europe continentale. Ce changement renforce l’indépendance énergétique de la région. Mais il impose aussi de nouvelles exigences en matière de stabilité et de fiabilité. Dans ce contexte, Hertz 1 agit comme un amortisseur. Il protège le système contre les chocs. Il sécurise l’approvisionnement. Et il renforce la souveraineté énergétique du pays.

À l’échelle nationale, l’impact est comparable à l’ajout d’une grande centrale de production. Mais avec un avantage clé. La flexibilité. Là où une centrale produit, une batterie équilibre. Elle ajuste, elle corrige, elle soutient le réseau en temps réel.

Un investissement massif pour accompagner la transition du réseau balte

Derrière cette réalisation, on trouve un montage financier solide. Près de 86 millions d’euros ont été mobilisés auprès d’institutions financières européennes de premier plan. Cet engagement montre une chose essentielle. Le stockage d’énergie est désormais considéré comme une infrastructure critique. Au même titre que les lignes à haute tension ou les centrales électriques.

Hertz 1 n’est d’ailleurs que la première étape. Un second site, Hertz 2, est en cours de développement à Aruküla. Ensemble, les deux installations formeront un ensemble de 200 MW de puissance et 400 MWh de capacité de stockage. Un des plus importants complexes de batteries du continent.

Cet ensemble jouera un rôle central dans la stabilisation du système électrique balte. Il accompagnera aussi la sortie progressive des combustibles fossiles. Car sans capacité de stockage, il est impossible d’intégrer massivement des énergies renouvelables variables comme l’éolien ou le solaire.

Des services système au cœur de la performance du réseau

Hertz 1 n’est pas une batterie passive. C’est un outil actif du système électrique. Il intervient sur plusieurs marchés et plusieurs types de services. Réserves de fréquence. Ajustement en temps réel. Marchés de l’électricité à court terme. Chaque fonction vise le même objectif. Maintenir l’équilibre permanent entre production et consommation.

Cette capacité à opérer sur plusieurs fronts fait du site un actif orienté marché. Il ne se contente pas de stocker de l’énergie, il optimise son usage. Il renforce l’efficacité globale du système. Et il améliore la fiabilité du réseau dans son ensemble.

Dans un contexte de forte montée en puissance des énergies renouvelables, cette flexibilité devient indispensable. Elle permet d’absorber les excédents de production. Elle limite les risques de coupure. Et elle offre aux gestionnaires de réseau un outil de pilotage moderne et réactif.

Un levier concret pour limiter la volatilité des prix de l’électricité

Le stockage à grande échelle n’a pas qu’un impact technique. Il a aussi un effet économique direct. En stockant l’électricité lorsque les prix sont bas, puis en la réinjectant lors des périodes de forte demande, Hertz 1 contribue à lisser les fluctuations de prix. Ce mécanisme simple aide à réduire les pics extrêmes observés ces dernières années sur les marchés de l’énergie.

Pour les consommateurs, l’enjeu est majeur. Moins de volatilité signifie plus de visibilité. Et, à terme, une meilleure protection contre les chocs de prix. Pour le système électrique, cela signifie aussi une meilleure utilisation des capacités de production existantes.

Le stockage devient ainsi un outil d’optimisation globale. Il valorise les surplus d’énergie renouvelable. Il évite le gaspillage. Et il renforce l’efficacité économique de la transition énergétique.

Une innovation technologique au service de la résilience

Le site de Kiisa se distingue aussi par ses choix techniques. Pour la première fois en Estonie, une installation de ce type est raccordée au réseau de transport 330 kV via un câble souterrain. Ce détail est loin d’être anodin. Il améliore la sécurité physique de l’infrastructure. Et il renforce la résilience face aux aléas climatiques ou aux risques extérieurs.

L’architecture du site repose sur une conception modulaire. Des dizaines de conteneurs autonomes regroupent les batteries, les systèmes de refroidissement, la protection incendie et les outils de supervision. Chaque unité fonctionne comme un bloc indépendant. Cette approche facilite la maintenance. Elle améliore la sécurité. Et elle garantit une performance stable sur le long terme.

Ce niveau d’exigence technique place Hertz 1 comme une référence pour les futurs projets de stockage à grande échelle dans la région.

Une réussite industrielle fondée sur des partenariats solides

Un projet de cette ampleur ne peut réussir sans coordination étroite entre les acteurs. Ingénierie. Intégration réseau. Construction. Mise en service. Chaque étape a nécessité une collaboration étroite entre développeurs, industriels et gestionnaires de réseau.

Le gestionnaire estonien du réseau de transport a joué un rôle clé dans l’intégration de l’installation. Les partenaires industriels ont, de leur côté, assuré une exécution dans des délais ambitieux et selon des standards techniques élevés. Le résultat est là. Un site opérationnel. Performant. Et prêt à soutenir le réseau sur le long terme.

Cette réussite montre que le stockage par batteries est entré dans une nouvelle phase. Celle de la maturité industrielle et de la crédibilité à grande échelle.

Le stockage, pilier du système électrique européen de demain

Au-delà du cas estonien, Hertz 1 illustre une tendance de fond en Europe. À mesure que la part des énergies renouvelables augmente, le besoin de flexibilité devient critique. Le stockage n’est plus un complément. Il devient une brique centrale du système électrique.

Il permet de concilier trois objectifs. Sécurité d’approvisionnement. Réduction des émissions de carbone. Efficacité économique. Sans lui, la transition énergétique resterait incomplète et fragile.

L’entrée en service de Hertz 1, puis de Hertz 2, place la région baltique à l’avant-garde de cette transformation. Elle montre aussi que les investissements privés, lorsqu’ils sont bien structurés, peuvent jouer un rôle déterminant dans la construction du système énergétique européen de demain.

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Marchés privés et gestion d’actifs : la fin d’un cycle d’euphorie, le début d’un nouvel équilibre

gestion d’actifs

L’année 2025 a marqué un net coup d’arrêt pour les marchés privés et, plus largement, pour l’industrie de la gestion d’actifs en Europe et aux États-Unis. Après plusieurs années d’euphorie, la réalité économique a repris ses droits. Les levées de fonds ont fortement ralenti. Les performances ont déçu. Et les écarts de valorisation entre gestionnaires spécialisés dans le non coté et acteurs traditionnels se sont resserrés. Le dernier rapport de Morningstar dresse le portrait d’un secteur en pleine phase d’ajustement, où les investisseurs deviennent plus exigeants et où les équilibres se redessinent progressivement.

2025, l’année du ralentissement brutal des marchés privés

Le choc est venu d’abord des levées de fonds. En Europe, les montants collectés par le capital-investissement ont atteint leur plus bas niveau depuis dix ans. Un phénomène largement expliqué par l’absence de grands fonds dits « méga-fonds ». En 2025, aucune levée majeure n’a dépassé les 5 milliards d’euros. Un contraste saisissant avec l’année précédente, où près de la moitié des capitaux provenaient de véhicules bien plus imposants.

Aux États-Unis, la tendance est similaire. La collecte a continué de reculer, avec une baisse d’environ 17 % sur un an. Le marché souffre d’un double frein. D’un côté, la consolidation du secteur limite le nombre de nouveaux projets attractifs. De l’autre, le manque de sorties réduit les retours de liquidités vers les investisseurs. Résultat, ces derniers hésitent à réengager massivement leur capital.

Ce ralentissement met en lumière une réalité simple. Le modèle des marchés privés dépend fortement de la fluidité des cycles d’investissement et de désinvestissement. Quand les sorties se bloquent, toute la mécanique se grippe.

Lire le rapport complet ici.

Des performances en retrait qui changent la perception du secteur

Au-delà de la collecte, les rendements ont aussi déçu. En 2025, les performances des fonds de private capital européens se sont situées autour de la moitié de leurs moyennes de long terme. Les contraintes de liquidité ont pesé lourd. Les distributions de cash aux investisseurs ont été limitées. Et cela a mécaniquement affecté l’attractivité du secteur.

Cette sous-performance a eu un effet visible en Bourse. L’écart de valorisation entre les gestionnaires de marchés privés et les gestionnaires traditionnels s’est nettement réduit. Pendant longtemps, les acteurs du non coté bénéficiaient d’une prime liée à leurs perspectives de croissance supérieures. Aujourd’hui, cette prime s’est érodée.

Pour autant, tout n’est pas négatif. Cette phase de correction a aussi permis de « réinitialiser » les attentes. Les valorisations redeviennent plus raisonnables. Et certains analystes estiment que 2026 pourrait offrir un point d’entrée plus intéressant pour les investisseurs de long terme.

Des sorties toujours trop faibles pour relancer la machine

Le cœur du problème reste le même : le manque de sorties. Dans le capital-investissement, la performance dépend autant de la capacité à investir que de la capacité à vendre au bon moment. Or, l’environnement actuel reste peu favorable aux cessions, qu’il s’agisse de ventes industrielles ou d’introductions en Bourse.

Les multiples payés lors des grandes opérations de 2021 et 2022 pèsent encore sur le marché. Beaucoup d’actifs ont été acquis à des niveaux de valorisation élevés. Les revendre aujourd’hui sans perte significative est difficile. D’autant plus que les valorisations des petites et moyennes capitalisations, souvent comparables aux sociétés détenues par les fonds, restent sous pression, surtout en Europe.

Tant que ce blocage persistera, les flux de capitaux vers les nouveaux fonds resteront contraints. Moins de sorties signifie moins de liquidités redistribuées. Et donc moins de capacités à relancer un nouveau cycle d’investissement.

Taux d’intérêt en baisse : un soutien progressif pour le non coté

Un élément pourrait toutefois changer la donne. La perspective de taux d’intérêt plus bas. La baisse des rendements et le resserrement des spreads sur les prêts à effet de levier rendent le financement des opérations plus accessible. Cela facilite à la fois les nouvelles acquisitions et les refinancements.

Pour le private equity, des coûts de financement plus faibles peuvent soutenir l’activité et, à terme, les performances. Pour le private credit, l’augmentation attendue des volumes d’émissions pourrait aussi doper les encours sous gestion. Autrement dit, même si 2025 a été une année difficile, les conditions financières pourraient devenir plus favorables à moyen terme.

Cela ne signifie pas un retour immédiat à l’euphorie passée. Mais plutôt l’ouverture d’une phase de normalisation, plus saine et plus sélective.

Les gestionnaires traditionnels reprennent des couleurs

Pendant que les marchés privés traversaient cette zone de turbulence, les gestionnaires d’actifs traditionnels ont montré des signes de résistance. Les flux vers les fonds européens sont restés globalement positifs, même si les marchés ont parfois pesé sur la croissance des encours.

Un point notable concerne le retour progressif de l’intérêt pour la gestion active. Certes, les stratégies passives continuent de capter une grande partie des flux. Mais la seconde moitié de 2025 a vu un regain d’entrées sur les fonds actifs. Un signal encourageant pour un secteur souvent sous pression face à la montée en puissance des produits indiciels à bas coûts.

Par ailleurs, les investisseurs ont massivement privilégié les fonds obligataires, dans un contexte où ils cherchent à sécuriser des rendements attractifs. Cette dynamique soutient les revenus des gestionnaires, même si la concurrence reste intense.

Des valorisations désormais plus équilibrées entre les acteurs

La conséquence de ces évolutions est claire. Aujourd’hui, les gestionnaires d’actifs, qu’ils soient positionnés sur les marchés privés ou sur les marchés cotés traditionnels, affichent des niveaux de valorisation jugés globalement raisonnables. Les primes dont bénéficiaient les spécialistes du non coté se sont réduites. Et les acteurs traditionnels apparaissent parfois décotés, malgré une rentabilité toujours solide.

Dans ce paysage, certains groupes se distinguent. Amundi reste une référence côté gestion traditionnelle, grâce à sa taille, à son efficacité opérationnelle et à la force de son réseau de distribution. Du côté des marchés privés, Partners Group tire son épingle du jeu avec un modèle économique qui capte pleinement les revenus de gestion et offre des marges supérieures à la moyenne.

Vers un nouveau cycle, plus exigeant et plus sélectif

En définitive, 2025 ressemble à une année de transition. Le secteur sort d’une période d’excès et entre dans une phase de normalisation. Les investisseurs sont plus prudents. Ils exigent de meilleurs rendements et plus de visibilité. Les gestionnaires, eux, doivent composer avec un environnement plus contraignant, mais aussi plus sain.

Si les conditions de liquidité s’améliorent et si les taux continuent de baisser, 2026 pourrait marquer le début d’un nouveau cycle. Un cycle moins spectaculaire, sans doute. Mais aussi plus équilibré, plus sélectif, et potentiellement plus durable pour l’ensemble de l’industrie de la gestion d’actifs.

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À Chantilly, une alliance inédite avec le Parc Astérix pour redonner souffle à la forêt

Parc Astérix

Au cœur de l’Oise, un projet discret mais ambitieux est en train de transformer durablement le paysage forestier. Le Parc Astérix, le Château de Chantilly et CDC Biodiversité ont décidé d’unir leurs forces pour restaurer des milieux naturels fragilisés par le changement climatique. Sur plusieurs hectares, des travaux de reboisement et de diversification des essences ont déjà commencé. L’objectif est clair. Réparer les écosystèmes. Anticiper les évolutions du climat. Et inscrire cette démarche dans le temps long, au service du territoire et de sa biodiversité.

Une forêt prestigieuse sous pression climatique

La forêt de Chantilly est l’un des grands ensembles forestiers des environs de Paris. Elle s’étend sur plusieurs milliers d’hectares et repose en grande partie sur des sols sableux, peu capables de retenir l’eau. Cette caractéristique la rend particulièrement vulnérable aux épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents. Aujourd’hui, une part importante des arbres, notamment les chênes, montre des signes de faiblesse préoccupants. Dépérissement, maladies, mortalité accrue. Les effets du dérèglement climatique sont déjà visibles et menacent l’équilibre de cet écosystème emblématique.

Face à ce constat, l’inaction n’était plus une option. Les partenaires du projet ont identifié plusieurs parcelles en difficulté, parfois bloquées dans des impasses sylvicoles. Ces zones, qui peinent à se régénérer naturellement, sont devenues prioritaires pour engager des actions de restauration. L’enjeu n’est pas seulement de remplacer des arbres. Il s’agit de repenser la structure même de la forêt pour la rendre plus résiliente et mieux armée face aux conditions climatiques futures.

Un partenariat local au service d’une vision durable

Ce projet repose sur une coopération étroite entre des acteurs aux profils très différents. Le Parc Astérix, engagé dans une démarche de compensation écologique liée à ses aménagements, a confié à CDC Biodiversité la mise en œuvre opérationnelle des actions. Le Château de Chantilly, propriétaire des terrains, apporte quant à lui un cadre foncier et une vision patrimoniale de long terme. À leurs côtés, l’Office National des Forêts et plusieurs organismes de protection de la nature contribuent à l’expertise technique et écologique.

La proximité géographique entre le parc d’attractions et la forêt de Chantilly donne tout son sens à cette démarche. Plutôt que de disperser les efforts, les partenaires ont choisi de renforcer un territoire déjà riche, mais fragilisé. Cette logique permet de consolider les continuités écologiques, d’améliorer les habitats pour la faune et de redonner de la cohérence aux paysages forestiers. C’est une approche pragmatique, ancrée dans le réel, et tournée vers l’intérêt collectif.

Des actions concrètes pour réparer et anticiper

Sur le terrain, les interventions prennent des formes très concrètes. Des plantations d’essences locales, choisies pour leur capacité à résister aux évolutions climatiques, sont en cours. La diversité est au cœur de la stratégie. Une forêt plus variée est aussi une forêt plus robuste. Des lisières et des clairières sont également créées pour favoriser la lumière, la régénération naturelle et la richesse des milieux. Certaines zones sont laissées en îlots de sénescence, afin de préserver des arbres vieillissants, précieux pour de nombreuses espèces.

La restauration de milieux ouverts, comme les landes à callune, complète ce dispositif. Ces habitats, souvent négligés, jouent pourtant un rôle essentiel pour la biodiversité, notamment pour les oiseaux et les chauves-souris. L’ensemble de ces actions vise un même objectif. Reconstruire des écosystèmes fonctionnels, capables d’évoluer, et non figés dans une vision du passé.

Un engagement inscrit dans le temps long

L’une des forces de ce projet réside dans son cadre juridique et temporel. Les partenaires se sont engagés sur plusieurs décennies, grâce à un dispositif spécifique garantissant la continuité des actions. Cette vision à long terme est essentielle en matière de forêt. Les résultats ne se mesurent pas en quelques mois, mais en années, parfois en générations. Les premiers travaux ont débuté fin 2024 et se poursuivent désormais selon un calendrier pensé pour respecter les cycles naturels et les périodes sensibles pour la faune et la flore.

Après les phases de restauration lourde viendront des interventions plus légères. Entretien ciblé. Suivi écologique. Ajustements si nécessaire. Cette progression permet d’accompagner la forêt dans sa transformation, sans brutalité, et en tenant compte de ses réactions. La gestion adaptative devient ainsi un principe central du projet.

Une coopération territoriale tournée vers l’avenir

Au-delà des aspects techniques, cette initiative illustre une nouvelle manière de travailler ensemble à l’échelle d’un territoire. Collectivités, gestionnaires d’espaces naturels, opérateurs spécialisés et acteurs économiques partagent ici une responsabilité commune. Celle de préparer les paysages de demain. Dans un contexte de changement climatique accéléré, ce type de coopération devient indispensable pour préserver à la fois la biodiversité et les usages humains de la forêt.

Ce projet montre qu’une compensation écologique peut dépasser la simple obligation réglementaire. Elle peut devenir un véritable levier de transformation positive. En renforçant la résilience des milieux naturels, les partenaires contribuent aussi à la qualité de vie locale et à la transmission d’un patrimoine forestier vivant. Une forêt qui ne soit pas seulement un héritage du passé, mais une promesse pour les générations futures.

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ING France affirme son modèle social et mise sur la coparentalité en 2026

coparentalité

La reconnaissance d’un employeur ne se limite plus aujourd’hui à la performance économique. Elle se mesure aussi à sa capacité à écouter, à inclure et à accompagner ses équipes dans les grandes étapes de la vie. En 2026, ING France s’inscrit pleinement dans cette dynamique. La banque obtient pour la deuxième année consécutive la certification Top Employer et annonce, dans le même temps, une avancée sociale forte : la création d’un congé additionnel de huit semaines, entièrement rémunéré, pour le deuxième parent. Une décision qui illustre une vision moderne du travail et de la parentalité.

Une certification qui confirme une stratégie RH solide

La labellisation Top Employer 2026 vient récompenser une politique de ressources humaines construite sur la durée. Cette distinction, attribuée après une évaluation exigeante de plusieurs centaines de critères, passe au crible l’ensemble des pratiques managériales. Conditions de travail, accompagnement des carrières, engagement des collaborateurs ou encore qualité du dialogue interne sont analysés en profondeur.

En 2026, ING France se démarque tout particulièrement sur les dimensions liées au sens et aux valeurs. Les résultats obtenus montrent une entreprise capable de traduire ses principes en actions concrètes. L’écoute des équipes occupe aussi une place centrale. Elle n’est plus seulement un discours, mais un levier réel de transformation interne. Cette cohérence entre intentions et pratiques renforce la crédibilité de la banque auprès de ses collaborateurs comme auprès de ses partenaires.

Un engagement social qui dépasse le cadre de l’entreprise

La politique d’ING France ne s’arrête pas aux murs de l’organisation. Elle s’étend aussi à des actions citoyennes portées par les équipes elles-mêmes. Le partenariat avec l’association Le Chaînon Manquant en est un exemple marquant. Il permet aux salariés de s’impliquer, sur leur temps de travail, dans la lutte contre la précarité alimentaire.

Ce type d’initiative donne du sens au quotidien professionnel. Il crée aussi un lien concret entre l’entreprise et la société. En valorisant cet engagement, ING France montre que la performance peut aller de pair avec l’utilité sociale. Et que l’entreprise a un rôle à jouer dans les grands enjeux contemporains.

Une culture d’entreprise fondée sur l’inclusion et l’équité

L’audit Top Employer met également en lumière les efforts menés en matière de diversité et d’égalité des chances. Le réseau interne OpenING occupe une place centrale dans cette démarche. Animé par des collaborateurs volontaires, et soutenu par la direction, il agit comme un moteur pour faire progresser les pratiques et les mentalités.

En parallèle, la banque déploie des programmes dédiés au leadership féminin, des actions de correction des écarts de rémunération et des formations managériales axées sur l’inclusion. Ces dispositifs ne relèvent pas du symbole. Ils s’inscrivent dans une volonté de transformation durable. Le Code Orange, qui structure la culture interne, vient renforcer cette approche en valorisant la transparence, l’autonomie et la responsabilité à tous les niveaux de l’organisation.

La coparentalité au cœur des nouvelles priorités sociales

Dans le prolongement de cette dynamique, ING France franchit une nouvelle étape en matière de politique familiale. Depuis le 1er janvier 2026, un congé parental additionnel de huit semaines, intégralement rémunéré, est accordé au deuxième parent en cas de naissance ou d’adoption. Ce dispositif vient compléter le cadre légal existant et envoie un signal fort.

L’objectif est clair. Favoriser un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Encourager un partage plus équitable des responsabilités parentales. Et contribuer, de manière concrète, à l’égalité entre les femmes et les hommes. Cette mesure s’inscrit aussi dans une vision plus large du bien-être au travail, où la performance ne se construit pas au détriment de la vie personnelle.

Une vision d’employeur tournée vers l’avenir

À travers ces annonces, ING France confirme sa volonté d’être un acteur engagé et innovant sur le plan social. La certification Top Employer et la création de ce nouveau congé parental traduisent une même ambition : construire un modèle d’entreprise attractif, responsable et en phase avec les évolutions de la société.

Cette stratégie renforce l’image d’ING France comme employeur de référence dans le secteur bancaire. Elle montre aussi qu’il est possible de conjuguer exigences économiques, responsabilité sociale et attention portée aux parcours de vie des collaborateurs. Une approche qui, à long terme, constitue un véritable levier de confiance et de performance durable.

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L’Europe à l’heure des choix stratégiques : quand l’investissement devient un levier de souveraineté

Souveraineté européenne

L’Europe traverse une période de bascule. Entre tensions géopolitiques, incertitudes économiques et dépendances industrielles, le continent est poussé à repenser ses priorités. Dans ce contexte, la finance n’est plus seulement un outil de performance. Elle devient un instrument de transformation. Le succès rapide du fonds Nordea 1 – Empower Europe, qui a franchi le seuil des 500 millions d’euros d’actifs en quelques mois, illustre ce changement profond. Les investisseurs ne cherchent plus seulement du rendement. Ils veulent aussi participer à la construction d’une Europe plus résiliente, plus autonome et plus compétitive.

Une dynamique d’investissement portée par un nouveau contexte européen

Depuis plusieurs années, l’environnement international s’est durci. Les chaînes d’approvisionnement sont plus fragiles. Les équilibres économiques mondiaux évoluent. Et la question de la souveraineté européenne s’impose dans le débat public comme dans les décisions d’investissement. L’Europe ne peut plus se contenter de dépendre de partenaires extérieurs pour son énergie, son industrie ou sa sécurité.

C’est dans ce climat que le fonds Nordea 1 – Empower Europe a trouvé un écho particulièrement fort auprès des investisseurs. En atteignant rapidement un encours significatif, il témoigne d’une conviction partagée. La transformation de l’économie européenne n’est pas un simple cycle conjoncturel. C’est une mutation de fond. Les capitaux se réorientent vers des priorités stratégiques, avec une logique de long terme. L’investissement devient alors un outil de stabilisation, mais aussi de projection vers l’avenir.

Investir pour renforcer la résilience et la compétitivité du continent

La nouvelle donne européenne repose sur un principe simple. Pour rester un acteur crédible sur la scène mondiale, l’Europe doit consolider ses bases. Cela passe par une meilleure maîtrise de ses ressources, par un tissu industriel plus robuste et par des capacités de défense adaptées aux enjeux actuels.

Dans cette perspective, l’investissement joue un rôle central. Il permet d’accélérer la modernisation des infrastructures. Il soutient l’innovation. Et il accompagne la montée en puissance de secteurs stratégiques. L’objectif n’est pas seulement de répondre aux urgences du moment. Il s’agit aussi de créer les conditions d’une croissance durable, capable de préserver la prospérité européenne dans un environnement plus instable et plus concurrentiel.

Le fonds Nordea 1 – Empower Europe s’inscrit précisément dans cette logique. Il cherche à aligner les intérêts des investisseurs avec les besoins structurels du continent. Autrement dit, transformer les contraintes actuelles en opportunités économiques et financières.

Le choix stratégique des entreprises européennes de taille intermédiaire

L’une des spécificités de cette approche réside dans le ciblage des petites et moyennes capitalisations européennes. Ces entreprises occupent une place clé dans l’économie réelle. Elles sont souvent au cœur des chaînes de valeur locales. Elles innovent. Et elles s’adaptent rapidement aux nouvelles contraintes industrielles et technologiques.

En misant sur ces acteurs, la stratégie vise à capter le potentiel de la prochaine phase de croissance européenne. Ces sociétés sont bien positionnées pour accompagner la réindustrialisation, la modernisation des outils de production et la relocalisation de certaines activités critiques. Elles contribuent aussi à renforcer l’autonomie économique du continent, tout en créant de la valeur sur le long terme pour les investisseurs.

Trois priorités pour construire l’Europe de demain

La démarche du fonds s’articule autour de grands axes stratégiques qui reflètent les besoins actuels du continent. Le premier concerne l’énergie. L’enjeu est clair. Réduire les dépendances, sécuriser les approvisionnements et moderniser les infrastructures. L’indépendance énergétique est devenue un pilier de la souveraineté européenne.

Le deuxième axe touche à la réindustrialisation. Il s’agit d’investir dans l’automatisation, la fabrication intelligente et la relocalisation de certaines productions clés. L’objectif est de reconstruire une base industrielle compétitive, capable de résister aux chocs externes et de soutenir l’innovation.

Enfin, le troisième pilier concerne la défense et la cybersécurité. Dans un monde plus incertain, la protection des infrastructures, des données et des systèmes devient essentielle. Renforcer ces capacités, c’est aussi protéger la stabilité économique et politique de l’Europe sur le long terme.

Une gestion expérimentée au service d’une vision de long terme

Derrière cette stratégie, on retrouve une équipe de gestion expérimentée, soutenue par une organisation reconnue pour son expertise sur les actions européennes. Cette combinaison entre vision stratégique et savoir-faire opérationnel permet d’aborder la transformation européenne avec méthode et rigueur.

L’ambition n’est pas de suivre une mode passagère. Elle est de s’inscrire dans une trajectoire de fond, où l’investissement accompagne des changements structurels profonds. Pour les investisseurs, cela signifie participer activement à une phase décisive de l’histoire économique européenne, tout en recherchant des opportunités de performance ancrées dans le réel.

Une opportunité d’investissement au cœur d’un moment charnière

L’Europe est à un tournant. Les choix faits aujourd’hui auront des répercussions sur plusieurs décennies. Dans ce contexte, la finance n’est plus un simple observateur. Elle devient un acteur du changement. Le succès du fonds Nordea 1 – Empower Europe illustre cette prise de conscience. Investir, désormais, c’est aussi contribuer à bâtir une Europe plus forte, plus indépendante et mieux armée face aux défis du futur.

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Fidelity International renforce sa stratégie ESG avec la nomination d’Elly Irving

Elly Irving

Le groupe annonce l’arrivée d’Elly Irving au poste de Directrice du Stewardship, basée à Londres. Cette nomination illustre la volonté de l’entreprise de consolider son approche en matière de gouvernance, d’environnement et de responsabilité sociale. Elle s’inscrit aussi dans une dynamique de long terme. Tournée vers des résultats durables pour les clients comme pour les marchés.

Une nomination stratégique au cœur de l’engagement actionnarial

En rejoignant Fidelity International, Elly Irving se voit confier une mission clé. Elle devra accompagner et structurer les activités de dialogue avec les entreprises à travers l’Europe, le Moyen-Orient, l’Afrique et les Amériques. Son rôle consistera à s’assurer que les actions menées par Fidelity produisent un impact réel sur les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance. Qui comptent le plus pour les investisseurs.

Cette fonction dépasse la simple supervision. Elle implique de coordonner les priorités, d’harmoniser les pratiques et de renforcer la cohérence globale de la politique de stewardship du groupe. En travaillant en étroite collaboration avec Flora Wang, responsable mondiale du stewardship, Elly Irving contribuera à ancrer davantage la transparence et la responsabilité au cœur des décisions d’investissement.

Un parcours solide au service de l’investissement responsable

Elly Irving apporte avec elle près de vingt ans d’expérience dans les domaines de la gestion d’actifs, de la durabilité et de l’engagement actionnarial. Avant de rejoindre Fidelity International, elle occupait le poste de Directrice du Stewardship chez Lazard Asset Management. Elle avait auparavant dirigé les activités d’engagement chez Schroders, où elle a joué un rôle majeur dans l’intégration des critères ESG au sein des processus d’investissement.

Ce parcours lui confère une vision à la fois stratégique et opérationnelle des enjeux ESG. Elle connaît les attentes des investisseurs. Elle maîtrise aussi les contraintes des entreprises. Cette double lecture est essentielle pour transformer les principes de l’investissement responsable en actions concrètes et mesurables.

Le stewardship comme levier de performance durable

Pour Fidelity International, le stewardship n’est pas un concept abstrait. Il constitue un pilier de la manière dont le groupe investit et accompagne ses clients. L’objectif est clair. Utiliser l’influence de l’actionnaire pour encourager de meilleures pratiques de gouvernance, une gestion plus responsable des risques et une création de valeur plus durable sur le long terme.

Jenn-Hui Tan, Chief Sustainability Officer du groupe, souligne que l’engagement auprès des entreprises est un outil essentiel pour améliorer les résultats pour les clients. L’arrivée d’Elly Irving vient renforcer cette ambition. Son expertise en matière d’intégration ESG orientée vers l’investissement doit permettre à Fidelity de faire évoluer encore sa méthode. En l’adaptant aux attentes croissantes des investisseurs et aux défis économiques et climatiques actuels.

Fidelity International, un acteur mondial tourné vers le long terme

Fidelity International s’appuie sur une présence mondiale et une expérience de plus de cinquante ans dans la gestion d’actifs et l’épargne retraite. Le groupe accompagne aujourd’hui plusieurs millions de clients, qu’il s’agisse d’institutions financières, d’entreprises, d’investisseurs institutionnels ou de particuliers. Cette diversité de profils impose une approche rigoureuse et responsable de l’investissement.

Avec des centaines de milliards de dollars d’actifs sous gestion. L’entreprise combine expertise financière et solutions d’investissement pour construire des trajectoires patrimoniales durables. La nomination d’Elly Irving s’inscrit dans cette logique. Elle confirme la volonté de Fidelity International de penser sur le long terme. D’intégrer pleinement les enjeux ESG et de faire du stewardship un moteur de confiance et de performance durable.

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Finance, climat et transition : quand les marchés redessinent la trajectoire énergétique mondiale

trajectoire énergétique

Trajectoire énergétique mondiale : la finance mondiale est déjà en train de choisir ses vainqueurs et ses perdants. Derrière les chiffres, une réalité s’impose : tous les capitaux ne financent pas la transition de la même manière, ni au même rythme. Entre obligations, fonds climat, crédits carbone et exposition aux risques physiques, les marchés dessinent une géographie très contrastée de la transition énergétique. Cette fragmentation crée à la fois des opportunités, des déséquilibres et de nouvelles zones de risque, pour les investisseurs comme pour les États et les entreprises.

Des marchés obligataires aux trajectoires énergétiques opposées

Les obligations sont devenues un miroir fidèle des choix énergétiques. Lorsqu’un portefeuille est aligné sur l’Accord de Paris, il génère aujourd’hui beaucoup plus de revenus liés aux activités bas carbone que provenant des énergies fossiles. Le rapport est sans appel : plus de deux dollars et demi issus des solutions bas carbone pour un seul dollar fossile. À l’inverse, dans certains indices obligataires des marchés émergents, ce ratio s’effondre presque à zéro.

Ce contraste illustre une finance à deux vitesses. D’un côté, des marchés qui orientent clairement les flux vers la décarbonation. De l’autre, des zones où le financement reste largement dépendant des modèles énergétiques traditionnels. Ce décalage ne traduit pas seulement des choix économiques. Il révèle aussi des différences de priorités politiques, de maturité des marchés et de capacités d’investissement dans les infrastructures de demain.

À terme, cette divergence pourrait peser lourd sur la compétitivité des économies. Les portefeuilles les plus alignés avec la transition captent déjà une part croissante de la valeur créée par les nouvelles technologies énergétiques. Les autres prennent le risque de rester enfermés dans des actifs plus exposés aux chocs réglementaires et climatiques.

Des flux de capitaux dynamiques mais de plus en plus sélectifs

Après un passage à vide, les fonds climat ont retrouvé de l’élan en 2025. Les investisseurs sont de retour. Mais ils ne reviennent pas de manière uniforme. L’allocation du capital varie fortement selon les segments de la transition. Les énergies renouvelables, les batteries, les réseaux intelligents ou encore l’efficacité énergétique n’attirent pas tous les mêmes volumes, ni les mêmes profils d’investisseurs.

La géographie joue aussi un rôle central. Certaines régions bénéficient d’un cadre politique stable et incitatif, ce qui rassure les marchés. D’autres restent pénalisées par l’incertitude réglementaire ou par des priorités économiques à court terme. Résultat : la transition se finance, mais de façon fragmentée, avec des poches de surinvestissement et d’autres de sous-financement.

Cette sélectivité croissante traduit une maturité nouvelle du marché. Les investisseurs ne cherchent plus seulement une “exposition verte”. Ils arbitrent entre technologies, modèles économiques et cadres politiques. La transition devient un terrain d’allocation stratégique, et non plus seulement un thème d’investissement.

Le marché des crédits carbone entre tension de la demande et contraintes d’offre

Le marché des crédits carbone entre dans une nouvelle phase. En 2025, les entreprises ont retiré un volume record de crédits, dépassant les 200 millions de tonnes équivalent CO₂. C’est la quatrième année consécutive de hausse, et le niveau le plus élevé observé depuis plusieurs années. La demande est bien là. Elle continue même de s’intensifier.

Pourtant, cette demande reste très concentrée sur les crédits liés à la réduction des émissions. Les solutions de suppression artificielle du carbone demeurent marginales, représentant toujours une part infime des volumes. Cela montre que le marché privilégie encore les leviers les plus accessibles, plutôt que les technologies plus coûteuses ou plus complexes.

Autre évolution majeure : les crédits carbone ne servent plus uniquement à des démarches volontaires. Ils sont de plus en plus intégrés à des logiques de conformité réglementaire. Ce glissement change la nature du marché. Il renforce la pression sur la qualité des crédits, sur leur disponibilité et sur les cadres de régulation. À court terme, ces tensions devraient peser sur les prix et sur la structuration même du marché.

Les risques climatiques physiques deviennent un risque financier à part entière

Le climat n’est plus un sujet abstrait pour les investisseurs. Les analyses site par site des actifs immobiliers et des infrastructures montrent des écarts d’exposition considérables selon la localisation. Certaines zones concentrent déjà des risques élevés, qu’il s’agisse d’inondations, de vagues de chaleur ou de stress hydrique.

Même des événements mondiaux, comme les grandes compétitions sportives, illustrent cette réalité. L’étude détaillée des sites accueillant la Coupe du monde de football 2026 met en évidence des vulnérabilités très inégales. La conclusion est claire : la localisation est désormais un facteur de risque financier à part entière.

Cette prise de conscience transforme la manière d’évaluer les actifs. La valeur ne dépend plus seulement de la rentabilité économique ou de la qualité du bâti. Elle dépend aussi de l’exposition aux chocs climatiques futurs. Pour les investisseurs, cela signifie intégrer le climat au cœur de l’analyse du risque, et non plus en périphérie.

Europe et France : un engagement réel, mais des dynamiques contrastées

Le recul relatif de l’Europe et de la France sur le marché du crédit carbone

Les entreprises européennes restent des acteurs majeurs du marché du crédit carbone, mais leur poids relatif diminue. Après un pic, leur part des retraits a reculé pour s’établir un peu en dessous de la moitié du total mondial. La tendance est encore plus marquée pour la France, dont la contribution est en baisse continue depuis plusieurs années.

En 2025, les entreprises françaises ne représentent plus qu’une fraction très limitée du marché mondial et régional. Ce décrochage interroge. Il peut refléter un moindre recours aux crédits carbone, mais aussi des stratégies climatiques différentes, ou un positionnement plus prudent vis-à-vis de cet outil.

Des trajectoires climatiques différentes entre l’Europe et les États-Unis

L’indicateur d’élévation implicite de température, l’ITR, offre un autre angle de lecture. À ce jeu-là, l’Union européenne affiche une trajectoire plus compatible avec les objectifs climatiques mondiaux que les États-Unis. L’écart reste important. Il traduit des différences structurelles dans les politiques publiques, les mix énergétiques et les stratégies industrielles.

Cet indicateur permet surtout de comparer des dynamiques, plutôt que de distribuer des bons et des mauvais points. Il montre que les choix collectifs comptent, et qu’ils se reflètent directement dans les trajectoires financières et industrielles.

L’État français plus ambitieux que ses entreprises à l’échelle globale

Un point frappe particulièrement dans le cas français. La trajectoire climatique de l’État apparaît plus ambitieuse que celle des grandes entreprises cotées, lorsqu’on raisonne à l’échelle mondiale. L’explication tient à la méthode de calcul. L’ITR souverain se base sur les émissions territoriales et les politiques nationales. L’ITR des entreprises, lui, intègre l’ensemble de la chaîne de valeur, y compris les émissions générées à l’étranger par les produits vendus.

Autrement dit, la France progresse sur son territoire. Mais ses entreprises, du fait de leurs activités internationales, restent associées à des volumes d’émissions bien plus larges. La comparaison met en lumière un décalage entre l’ambition publique et la réalité économique globale des grands groupes.

Cela ne signifie pas que les entreprises sont inactives. Une large majorité s’est fixé au moins un objectif climatique. Une part significative s’est engagée dans des trajectoires validées scientifiquement. Et plus de la moitié affichent désormais un objectif de neutralité carbone. Mais ces engagements ne suffisent pas encore à aligner pleinement leurs trajectoires avec celles des États.

Une transition financière en marche, mais encore inégalement répartie

Pris ensemble, ces constats dessinent une transition bien réelle, mais profondément hétérogène. Les marchés obligataires, les fonds, le marché du carbone et l’analyse des risques physiques montrent tous la même chose. La finance commence à intégrer le climat de manière structurelle. Mais elle le fait à des rythmes différents, selon les régions, les secteurs et les cadres politiques.

La question n’est donc plus de savoir si la transition est en cours. Elle est déjà là. L’enjeu est désormais de réduire les écarts, d’améliorer la qualité des outils, et d’aligner plus étroitement les stratégies privées avec les ambitions publiques. C’est à ce prix que la finance pourra devenir non seulement un miroir, mais aussi un véritable moteur de la décarbonation mondiale.

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