« Du pétrole dans vos huiles » : quand l’expertise publique danse avec l’industrie

expertise publique

On croyait le débat enterré quelque part entre deux rayons de supermarché. Il n’en est rien. Ces derniers jours, la députée Manon Meunier a rouvert un dossier explosif : l’usage de solvants issus du pétrole — notamment l’hexane — dans certaines filières d’huiles alimentaires. Mais au-delà de la question sanitaire, c’est surtout la cuisine interne de l’expertise scientifique qui a pris une odeur de friture.

Autrement dit : qui éclaire vraiment le débat ? Et surtout, pour qui ?

Le déclencheur : un “scandale” qui sent le solvant

Dans ses interventions largement relayées sur les réseaux, Manon Meunier attaque sur deux fronts :

  • Santé et transparence industrielle :
    Que reste-t-il réellement dans nos huiles ? Quels procédés d’extraction sont utilisés ? Et surtout, le consommateur est-il correctement informé ?
  • Gouvernance et conflits d’intérêts :
    Qui siège où ? Qui finance quoi ? Et qui a le dernier mot sur ce qui est “scientifiquement acceptable” ?

Deux phrases ont fait mouche :

« Vous connaissez Arnaud Rousseau ? Président du groupe Avril… mais aussi président de la FNSEA ? »

« Et quand on creuse, on découvre un énorme réseau de conflits d’intérêts… »

Soyons clairs : pointer un conflit d’intérêts ne prouve pas une illégalité.
Mais cela suffit largement à fissurer la crédibilité d’un système qui se veut impartial.

ITERG : l’arbitre scientifique… ou le joueur de l’équipe ?

Au centre du débat : ITERG, institut technique présenté comme une référence scientifique dans les huiles et corps gras.

Sur le papier, tout est parfait :
un modèle classique associant industriels, pouvoirs publics et experts.

Dans son rapport d’activité intégré 2023, ITERG décrit son Comité scientifique comme l’organe garantissant la qualité et l’indépendance des travaux. Un peu comme un jury olympique… sauf que certains juges semblent porter le même maillot que les athlètes.

Là où ça coince : qui dirige, qui conseille, qui valide ?

C’est ici que la critique politique devient factuelle — il suffit de lire les organigrammes.

Présidence : l’ombre portée d’Avril

Lors du renouvellement du Conseil d’administration du 17 décembre 2025, Paul-Joël Derian est nommé président d’ITERG.

Jusque-là, il en était vice-président… et il est présenté comme Group VP Innovation and Sustainable Development d’Avril.

Traduction : l’institut censé éclairer scientifiquement la filière est présidé par un cadre dirigeant du groupe industriel dominant cette même filière.

Hasard, coïncidence, ou vision stratégique “alignée” ?

Comité scientifique : même chanson, même refrain

Dans le rapport 2023, le président du Comité scientifique d’ITERG est décrit comme Responsable R&I Protéines au sein du Groupe Avril.

Autrement dit :

  • Avril siège au sommet stratégique (présidence).
  • Avril pilote aussi, au moins en partie, l’orientation scientifique.

Le cercle commence à ressembler à une ronde parfaitement huilée.

Lesieur et Saipol : double casquette, double influence

Les documents publics montrent que :

  • Lesieur est représenté à la fois :au Conseil d’administration et au Comité scientifique d’ITERG.
  • Saipol apparaît également dans les instances, au moins comme observateur au Conseil d’administration.

C’est précisément ce type de double présence — gouvernance + expertise que Manon Meunier pointe du doigt :
un écosystème où ceux qui produisent sont aussi ceux qui évaluent.

Le cœur politique du malaise : la FNSEA, Avril et le cumul des casquettes

La polémique ne serait pas aussi virale sans un élément clé :
Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, est aussi une figure centrale du Groupe Avril.

Autrement dit, le même homme incarne :

  • le sommet du syndicat agricole,
  • et le sommet d’un acteur industriel majeur de la filière.

Dans un dossier mêlant santé, consommation et procédés industriels, ce cumul devient un symbole parfait du soupçon :
celui d’un système où la frontière entre intérêt général et intérêts privés devient floue.

Plus qu’une querelle, une question de gouvernance

Ce débat dépasse largement le simple duel “Twitter vs agro-industrie”.

Il pose une question structurante pour la Green Finance et la gouvernance durable :

À quoi ressemble une expertise réellement indépendante quand l’institut censé la produire est financé, gouverné et animé par la filière qu’il est chargé d’évaluer ?

Ce n’est pas seulement une affaire de légalité. C’est une affaire de crédibilité.

Trois dimensions sont en jeu :

  • La confiance :
    Celle des consommateurs, des agriculteurs et des pouvoirs publics.
  • La traçabilité de l’expertise :
    Qui écrit les rapports ? Qui valide les conclusions ? Qui siège dans les comités ?
  • La gouvernance :
    Peut-on sérieusement parler d’indépendance quand les mêmes acteurs occupent simultanément les rôles d’industriels, de syndicats et d’experts ?

Tant que ces questions resteront sans réponse claire, le débat sur “l’huile au pétrole” continuera de grésiller — et pas seulement dans les poêles.

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ICE Cream pour Capgemini

Capgemini

Capgemini–ICE : quand une filiale fait vaciller la crédibilité ESG d’un géant du conseil

En quelques jours, Capgemini est passé d’acteur technologique “responsable” à cas d’école de controverse ESG. À l’origine : un contrat passé par sa filiale américaine avec ICE, l’agence fédérale en charge de l’immigration, au cœur de pratiques contestées. Au-delà du bad buzz, cette affaire révèle les angles morts de la gouvernance ESG des grands groupes et la montée en puissance du risque réputationnel lié aux usages des technologies.

 Le déclencheur : un contrat de “skip tracing” qui met le feu aux poudres

Fin décembre 2025, la filiale américaine Capgemini Government Solutions (CGS) signe un contrat avec ICE (Immigration and Customs Enforcement) pour des services dits de skip tracing — des techniques d’analyse de données visant à localiser des personnes.

Ce type de prestation, présenté comme “technique”, a immédiatement pris une dimension politique et éthique lorsque la presse a révélé que la valeur potentielle du contrat pouvait atteindre jusqu’à 365 millions de dollars en fonction des performances.

Ce qui, dans un autre contexte, aurait pu passer pour un simple contrat IT s’est transformé en tempête médiatique dès que la nature des missions d’ICE a été mise en lumière.

Qui est ICE et pourquoi la polémique est si forte aux États-Unis ?

ICE est une agence fédérale rattachée au Department of Homeland Security (DHS). Elle est notamment chargée :

  • des arrestations de personnes en situation irrégulière,
  • de la gestion de centres de rétention,
  • et des expulsions.

Depuis des années, ICE est l’objet de critiques virulentes pour :

  • des conditions de détention jugées inhumaines par des ONG,
  • des erreurs d’identification,
  • des opérations musclées controversées,
  • et un manque de transparence sur ses méthodes.

Début 2026, plusieurs débordements ont encore alimenté la polémique aux États-Unis, notamment :

  • des opérations médiatisées ayant conduit à des interpellations contestées,
  • des accusations de violences disproportionnées lors de raids,
  • et des cas où des personnes sans antécédents ont été arrêtées par erreur.

Dans ce contexte ultra-polarisé, toute entreprise travaillant avec ICE se retrouve immédiatement scrutée — et souvent condamnée — par une partie de l’opinion publique américaine.

Pourquoi cette affaire est une vraie controverse ESG ?

Sur le “S” (Social) : les droits humains en question

Lorsque des outils technologiques servent à localiser des personnes susceptibles d’être arrêtées et expulsées, plusieurs questions deviennent centrales :

  • Ces outils respectent-ils le principe de proportionnalité ?
  • Existe-t-il des garde-fous contre les erreurs ou biais algorithmiques ?
  • Quelles protections sont prévues pour éviter des abus ?

Même si Capgemini ne procédait pas directement aux arrestations, le simple fait de fournir des outils facilitant ces opérations a été perçu comme une forme de complicité indirecte.

Sur le “G” (Gouvernance) : le véritable talon d’Achille

C’est ici que la polémique a été la plus sévère pour Capgemini.

Deux critiques majeures ont émergé :

  1. Comment un groupe mondial, affichant des engagements ESG forts, a-t-il pu laisser une filiale signer un tel contrat sans alerter le siège ?
  2. Pourquoi les mécanismes de contrôle interne n’ont-ils pas détecté plus tôt le risque réputationnel ?

Capgemini a répondu que CGS opérait sous un cadre juridique américain spécifique lié aux marchés fédéraux, limitant le contrôle du groupe sur certaines décisions opérationnelles. Mais cet argument a été jugé insuffisant par de nombreux observateurs.

Sur le “E” (Environnement) : un angle moins direct, mais révélateur

Bien que cette affaire ne concerne pas directement le climat, elle rappelle une réalité clé : l’ESG ne se limite pas au carbone. Une controverse “S” et “G” peut être tout aussi destructrice pour une entreprise que n’importe quel scandale environnemental.

La réaction en chaîne : salariés, syndicats, politiques

Fin janvier 2026, la situation s’emballe :

  • Des salariés de Capgemini expriment publiquement leur malaise, certains parlant même de “honte”.
  • Des syndicats dénoncent un manquement aux valeurs affichées par l’entreprise.
  • En France, des députés demandent des explications officielles sur ce partenariat avec ICE.

La pression devient telle que la question dépasse le cadre strictement économique pour devenir un enjeu politique et éthique.

La décision stratégique : vendre la filiale

Le 1er février 2026, Capgemini annonce sa volonté de vendre Capgemini Government Solutions (CGS).

Officiellement, le groupe justifie cette décision par :

  • des contraintes juridiques américaines rendant difficile l’alignement total avec ses standards ESG,
  • la nécessité de protéger sa réputation globale,
  • et le fait que CGS représente une part relativement limitée de son chiffre d’affaires.

Cette cession est donc autant une décision économique qu’un geste symbolique destiné à calmer la tempête.

Les vrais enseignements

1) L’ESG n’est plus du marketing — c’est un contrôle des usages

Une entreprise peut être exemplaire sur le climat, mais ruinée par un seul contrat mal perçu sur le plan social.

2) Le “G” est devenu le principal risque

La gouvernance des filiales, sous-traitants et partenaires est désormais aussi importante que les engagements climatiques.

3) Le marché américain amplifie les controverses

Aux États-Unis, certains sujets — immigration, droits civiques, police — sont tellement sensibles qu’ils deviennent des bombes réputationnelles immédiates.

Timeline de la polémique

  • Décembre 2025 : Signature du contrat entre CGS et ICE.
  • 26–28 janvier 2026 : Révélations médiatiques et début des critiques internes et externes.
  • Fin janvier 2026 : Montée en puissance de la controverse aux États-Unis et en France.
  • 1er février 2026 : Capgemini annonce la mise en vente de sa filiale CGS.

Ce que cela change pour les entreprises

L’affaire Capgemini–ICE marque un tournant :
Désormais, les entreprises technologiques ne peuvent plus se contenter de dire “nous fournissons des outils neutres”. Elles sont jugées sur l’usage final de leurs technologies.

Pour la Green Finance, c’est un signal clair :
L’évaluation ESG devra intégrer de plus en plus les impacts sociaux indirects et la solidité de la gouvernance des filiales.

Capgemini sortira sans doute de cette crise, mais le message est passé : en 2026, l’ESG est un terrain de jeu impitoyable.

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ENI dans la neige

ENI

Quand la neige devient un audit.

Eni et le “greenwashing par sponsoring” à la veille des JO 2026

À trois jours de l’ouverture des Jeux d’hiver Milano-Cortina (6–22 février 2026), une polémique ESG s’invite sur la ligne de départ : Eni, sponsor premium, est ciblée par Greenpeace et d’autres organisations qui dénoncent une opération d’image incompatible avec le cœur fossile du groupe. 

Le mécanisme : “image durable” vs “modèle économique”

La critique n’est pas technique : elle est narrative et financière.  Narrativement, parce que parrainer des sports dépendants de la neige tout en restant un major des hydrocarbures ressemble à une dissonance.

Financièrement, parce que le marché pénalise de plus en plus les écarts entre promesses et trajectoires : le “S” et le “G” (acceptabilité sociale, sincérité, gouvernance de la com) finissent par coûter cher en prime de risque. 

Les arguments des ONG : simples, mais redoutables. Le réchauffement réduit la fiabilité de la neige ; les Alpes sont un signal visible. Un sponsor fossile “achète” de la légitimité durable via l’émotion sportive. Les instances sportives devraient suivre l’exemple historique du tabac : on ne promeut pas ce qui détruit le sport lui-même. 

Est-ce fondé ?

Oui, si l’on parle de cohérence ESG et de risque réputationnel : le sponsoring agit comme un multiplicateur de visibilité, donc un multiplicateur de controverse. 

Non, si l’on cherche un verdict légal immédiat : ici, l’attaque est surtout un procès de cohérence dans l’espace public. 

Le “pattern” se répète ailleurs

TotalEnergies : contesté pour “sportswashing” via l’AFCON, et aussi rattrapé par le terrain judiciaire sur certains messages climatiques. 

Saudi Aramco : accords F1/FIFA/ICC régulièrement remis en cause par des organisations sur la crédibilité climat et l’alignement avec les objectifs internationaux. 

Ce que les investisseurs (et communicants) doivent retenir

Dans l’ESG 2026, le sujet n’est plus “avez-vous un message ?”,  mais “votre message survit-il à un test de cohérence en 30 secondes ?”. 

Le sponsoring est une “pub” à haute intensité émotionnelle : donc c’est aussi une zone à risque maximale pour le greenwashing perçu.

À lire aussi : Précarité énergétique en France : un état des lieux alarmant qui impose d’agir sans attendre

LBP AM European Private Markets clôture avec succès un fonds de dette infrastructure dédié au climat

LBP AM European Private Markets

La finance à impact franchit une nouvelle étape en Europe. LBP AM European Private Markets annonce la clôture définitive de son fonds de dette infrastructure à impact climatique, avec plus de 500 millions d’euros levés. Un montant qui confirme l’appétit croissant des investisseurs pour des stratégies capables d’allier rendement financier, utilité économique et contribution mesurable à la transition climatique. Lancé dans un contexte d’urgence environnementale, ce fonds s’impose comme une référence sur le marché des actifs réels responsables.

Un fonds arrivé à maturité, porté par une forte dynamique de marché

Lancé en 2022, le LBPAM Infrastructure Debt Climate Impact Fund atteint son objectif de levée initial dès son closing final. Cette performance témoigne d’une confiance durable des investisseurs, dans un environnement pourtant marqué par des incertitudes macroéconomiques. Classé Article 9 au sens du règlement SFDR, le fonds s’adresse à des souscripteurs en quête de solutions d’investissement clairement orientées vers un objectif durable explicite.
La base d’investisseurs s’est élargie au fil du temps, avec une part significative d’investisseurs institutionnels nouvellement entrés au capital. Cette diversification renforce la solidité du fonds et souligne la crédibilité de la stratégie déployée par LBP AM European Private Markets sur le segment de la dette infrastructure à impact.

Une thèse d’investissement alignée sur les objectifs climatiques européens

Le fonds repose sur une approche ciblée : financer exclusivement des infrastructures bas carbone ou contribuant activement à la décarbonation de l’économie. L’objectif est clair. Réduire les émissions de gaz à effet de serre et participer concrètement à une trajectoire de réchauffement compatible avec l’Accord de Paris, en dessous de 2°C.
Cette orientation s’inscrit pleinement dans la taxonomie européenne, dont l’atténuation du changement climatique constitue le premier pilier. À terme, 70 % du portefeuille a vocation à être aligné avec cette taxonomie, traduisant une volonté forte de cohérence entre discours, allocation du capital et impact réel sur l’économie.

Une méthodologie d’impact rigoureuse et des outils reconnus

La stratégie du fonds s’appuie sur l’expertise approfondie de l’équipe dette infrastructure de LBP AM. Celle-ci combine une connaissance fine des secteurs financés et une méthodologie structurée de mesure de l’impact climatique. Des outils de référence, comme CIARA développé par Carbone 4, sont mobilisés pour évaluer les trajectoires carbone des actifs financés.
À cela s’ajoutent des dispositifs propriétaires, tels que le scoring ESG GREaT et un scoring d’impact dédié. Ces outils permettent une analyse détaillée des projets, intégrant à la fois les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance, ainsi que leur contribution concrète à la transition énergétique.

Une trajectoire climatique mesurée et suivie dans le temps

À ce stade, le portefeuille du fonds s’inscrit dans une trajectoire de réchauffement estimée à 1,63°C à horizon 2100. Un indicateur clé, qui reflète la cohérence globale des investissements réalisés. La diversification sectorielle et géographique joue également un rôle central. Elle permet de limiter les risques, tout en renforçant la résilience du portefeuille face aux évolutions économiques et réglementaires.
Trois indicateurs structurent le suivi de l’impact : le niveau d’alignement avec la taxonomie européenne. L’empreinte carbone du portefeuille et son positionnement par rapport à un scénario climatique limité à 2°C. Une approche transparente, pensée pour répondre aux attentes croissantes des investisseurs en matière de reporting et de comparabilité.

Une stratégie pionnière sur le marché européen

Avec ce fonds, LBP AM European Private Markets revendique une position de précurseur. Il s’agit du premier fonds européen de dette infrastructure explicitement conçu autour d’un objectif d’impact climatique. Cette initiative illustre la capacité de la société de gestion à structurer des solutions innovantes sur les actifs réels. Tout en respectant des standards ESG exigeants.
Pour LBP AM, ce closing marque une étape structurante dans le développement de son offre à impact. Il confirme la pertinence d’un modèle fondé sur l’expertise sectorielle. La discipline d’investissement et la mesure rigoureuse des effets environnementaux des projets financés.

LBP AM European Private Markets, un acteur engagé des actifs privés durables

Créée en 2012 et rebaptisée en 2025, la plateforme LBP AM European Private Markets s’est imposée comme un acteur clé des actifs privés en Europe. Elle réunit aujourd’hui plus de cinquante professionnels, dont une majorité dédiée à l’investissement. Sa mission est claire : accompagner les transitions économiques et environnementales en orientant les capitaux vers des projets utiles et durables.
Active dans la dette infrastructure, immobilière et corporate. La plateforme a levé près de 10 milliards d’euros depuis sa création et investi dans plusieurs centaines de transactions. Une trajectoire qui reflète l’ambition du groupe LBP AM de faire de la finance durable un levier concret de transformation de l’économie.

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Davos est terminé. Place au bruit. Puis au réel.

Davos

Le Forum économique mondial de Davos vient de se refermer. Comme chaque année, il aura fallu moins de 24 heures pour que le débat public se résume non pas aux sujets discutés… mais aux polémiques les plus grotesques.

Petit florilège de polémiques.

D’abord, Christine Lagarde, dont l’acte le plus commenté n’aura pas été un mot sur l’inflation, la stabilité financière ou la fragmentation monétaire mondiale, mais le courage de quitter une table. Un geste devenu viral, analysé au ralenti, commenté comme s’il s’agissait d’un tournant géopolitique majeur.

Ensuite, les fameuses lunettes de “Top Gun”. À Davos, certains parlent souveraineté énergétique, guerre commerciale et sécurité mondiale pendant que d’autres scrutent la monture, la marque, la forme et le symbole caché derrière une paire de lunettes. Priorités, quand tu nous tiens.

Puis, bien sûr, le désormais légendaire “for sûr” d’Emmanuel Macron, répété, disséqué, remixé. À croire que l’avenir économique de l’Europe se joue désormais sur l’accent anglais d’un président français qui parle aussi bien anglais que son predecesseur Francois Hollande, plutôt que sur la capacité du continent à financer son industrie, son énergie et sa défense.

Et pour compléter le trio : le ballet des jets privés, devenu l’argument moral universel permettant de disqualifier toute discussion sérieuse tenue à Davos, quelle que soit sa nature. 

Peu importe ce qui s’y dit : si quelqu’un est arrivé en avion, alors tout est annulé. Rideau.

Pendant ce temps, à Davos, les vrais sujets étaient ailleurs

Car pendant que l’espace médiatique s’emballait sur ces anecdotes, les discussions de fond ont été d’une gravité et d’une clarté rarement atteintes.

Voici les 6 véritables points structurants qui ont dominé les derniers jours du Forum, et que nous allons analyser ici, loin du folklore :

1. Le retour brutal de la géopolitique

La fin de l’illusion d’un monde uniquement régi par les marchés et les règles multilatérales.

2. L’indépendance stratégique européenne

Énergie, défense, industrie, numérique : l’Europe n’a plus le luxe de l’attentisme.

3. La fragmentation du commerce mondial

Tarifs, protectionnisme, accords régionaux : le commerce devient un outil politique.

4. La sécurité globale et l’Ukraine

Financement, garanties, reconstruction : la sécurité n’est plus un sujet abstrait, mais un poste budgétaire massif.

5. L’intelligence artificielle comme infrastructure

L’IA n’est pas un gadget : c’est de l’énergie, du capital, des data centers, de l’eau, du foncier.

6. Le retour de l’État investisseur

Partout, les gouvernements reprennent la main sur les flux, les priorités et les risques.

Dans cet article, nous laisserons donc les lunettes, les jets et les “for sûr” aux réseaux sociaux.

Et nous ferons ce que Davos est censé provoquer :

parler sérieusement d’économie, de finance, de souveraineté et de transition, dans le monde réel.

Green Finance commence ici.

1) Géopolitique : fin de “l’ancien monde” et retour de la puissance

Le fil rouge le plus lourd à Davos 2026, c’est l’idée que l’ordre international se durcit : rivalités de puissances, pression sur les alliances, et logique de rapport de force.

Mark Carney parle d’une rupture nette : « the end of a pleasant fiction… the beginning of a harsh reality ». 

Friedrich Merz est encore plus frontal : « We have entered a time of great power politics. » 

Quand la géopolitique prime, les investisseurs demandent :

plus de prime de risque, plus de résilience supply chain, plus de capex défense/énergie, et moins de dépendances (de-risking ≠ découplage total).

2) Europe : “indépendance” = stratégie industrielle + énergie + défense + digital

Le message européen le plus structurant, c’est que l’UE veut transformer les chocs géopolitiques en accélérateur de souveraineté. Ursula von der Leyen : « geopolitical shocks can and must serve as an opportunity for Europe… to build a new form of European independence. » 

Elle insiste que le changement est durable : « if this change is permanent, then Europe must change permanently too. » retour d’une logique politique industrielle (subventions, simplification, chaînes critiques), grands besoins de financement (infrastructures, énergie, data centers, défense). Enjeu clé : éviter “sur-régulation” vs accélérer investissements.

3) Commerce mondial : tarifs, protectionnisme, “guerres commerciales”

Sujet sensible parce que derrière, il y a : inflation, croissance, profits, devises.

He Lifeng (Chine) alerte sur la dynamique : « Rising unilateralism and protectionism… tariff and trade wars have inflicted significant shocks. » Et il martèle : « tariff and trade wars have no winners. » 

Von der Leyen oppose « fair trade over tariffs, partnership over isolation » (dans le cadre de nouveaux accords). Tout ce qui ressemble à tarifs/fragmentation : risque sur marges, chaînes d’approvisionnement, et croissance. En contrepartie : opportunité sur nearshoring, logistique, infrastructures, et “green industrialization”.

4) Sécurité : Ukraine, OTAN, Arctique/Greenland

La sécurité est montée d’un cran, avec un discours beaucoup plus “opérationnel” : budgets, garanties, investissements. Zelenskyy : « no security guarantees work without the US » (dans la transcription WEF). 

Il formule un appel très “investisseur” : « real support – jobs, money, investment. » Merz rappelle la ligne rouge : « any threat to acquire European territory by force would be unacceptable. » hausse durable des dépenses de défense, cybersécurité, infrastructures critiques. Montée des sujets Arctique / routes maritimes / ressources ;

Ukraine : pivot entre reconstruction, capitaux privés, garanties publiques.

5) IA & infrastructure : “industrial scale”, data centers, compétitivité

Même quand Davos parle “IA”, ça parle surtout infrastructures et puissance de calcul (donc énergie, réseau, foncier, eau, acceptabilité).

Merz : « Artificial intelligence requires industrial scale. » 

Il enchaîne sur une logique d’investissement : « investing in high-performance AI, gigafactories… expansion of data centres. »  Parmelin (ouverture) met l’IA dans le même panier que tensions & protectionnisme : « risks and opportunities of AI » + défense du commerce/règles. 

IA = capex massif + énergie ; donc arbitrages ESG réels : mix énergétique, refroidissement, sobriété numérique, localisation.

6) États-Unis : discours “transactionnel” et sécurité/économie liées

Le discours de Trump est politiquement inflammable, mais utile pour comprendre l’orientation : sécurité = économie, et logique de contreparties. Trump : « national security requires economic security » 

Sur OTAN/Ukraine, le ton est explicitement transactionnel (l’extrait sur “one-way street” etc.). 

Lecture marchés :

Plus d’incertitude sur architecture transatlantique, risque de volatilité sur commerce/tarifs, mais aussi accélération de l’industrie domestique (défense, énergie, tech).

Ce qui est le plus sensible, le plus important

1. Retour durable de la géopolitique : re-pricing du risque, fragmentation, capex souveraineté. 

2. Europe : indépendance (énergie/defense/digital) : énormes besoins de financement. 

3. Commerce : le spectre “tarifs/guerres commerciales” pèse sur inflation et croissance. 

4. Ukraine & sécurité : l’appel est clair : garanties + investissements + production. 

5. IA : c’est d’abord une histoire d’infrastructures, d’énergie… et donc de finance durable “dans le réel”. 

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OAT vertes 2026 : 15 milliards d’euros pour financer la transition écologique

OAT vertes 2026

Le 27 janvier 2026, l’État français a annoncé un plafond provisoire d’émission de 15 milliards d’euros d’Obligations Assimilables du Trésor vertes (OAT vertes) pour l’année 2026.
Derrière ce chiffre se joue un mécanisme clé de la finance durable : le financement direct de politiques publiques environnementales par la dette souveraine verte.

Mais concrètement, que signifie cette annonce ?

Une OAT verte, qu’est-ce que c’est ?

Une OAT verte est une obligation d’État classique, à la différence près que les fonds levés sont exclusivement destinés à des dépenses environnementales identifiées à l’avance.
Ce n’est donc pas un “label marketing”, mais un engagement budgétaire et traçable.

En pratique :

  • L’État émet une dette.
  • Les investisseurs prêtent de l’argent.
  • Cet argent est fléché vers des projets verts éligibles.
  • L’État rembourse comme toute obligation souveraine.

Pourquoi un plafond de 15 milliards ?

Le montant de 15 milliards d’euros correspond à un plafond d’émission provisoire, calculé en fonction du volume de dépenses vertes éligibles prévues pour 2026.

Ces dépenses proviennent majoritairement :

  • de crédits budgétaires votés dans la loi spéciale,
  • de mécanismes fiscaux favorables à la transition,
  • et, dans une moindre mesure, de dépenses vertes réalisées en 2025 mais non encore adossées à des émissions obligataires.

Ce plafond pourra être révisé à la hausse lors de la loi de finances 2026, si les dépenses vertes augmentent.

Une dette verte intégrée au financement global de l’État

Les OAT vertes ne constituent pas un programme parallèle :
elles font partie intégrante du financement de l’État, au même titre que les obligations classiques, dans la limite des dépenses environnementales réellement identifiées.

À ce jour, l’encours total des quatre OAT vertes françaises atteint 87 milliards d’euros, ce qui positionne la France parmi les émetteurs souverains verts les plus actifs au monde.

À quoi servent concrètement ces fonds ?

Les OAT vertes financent des projets alignés sur six grands objectifs environnementaux :

  1. Atténuation du changement climatique
  2. Adaptation au changement climatique
  3. Protection des ressources aquatiques et marines
  4. Transition vers l’économie circulaire
  5. Prévention et réduction de la pollution
  6. Protection et restauration de la biodiversité

Ces dépenses ne sont pas décidées de manière opaque :
elles sont identifiées ex ante chaque année par un comité interministériel placé sous l’autorité du Premier ministre.

Transparence et redevabilité : un pilier du dispositif

L’un des points forts du programme français réside dans sa transparence.
Deux types de rapports sont publiés régulièrement :

1. Rapports d’allocation et de performance

Ils détaillent :

  • où l’argent a été dépensé,
  • quelles politiques ont été financées,
  • quelle part de budget a été allouée.

2. Rapports d’impact environnemental

Ils mesurent les résultats concrets :
réduction d’émissions, efficacité énergétique, impact sur la biodiversité, etc.
Le dernier rapport a notamment porté sur l’éco-prêt à taux zéro.

Ces évaluations sont supervisées par un Conseil d’évaluation indépendant, composé d’experts internationaux, ce qui renforce la crédibilité du dispositif auprès des investisseurs.

Pourquoi c’est important pour la finance durable

Les OAT vertes jouent un double rôle :

  • Financier : offrir aux investisseurs un actif souverain aligné avec des critères ESG solides.
  • Politique et sociétal : orienter des capitaux massifs vers la transition écologique.

Elles créent un pont entre marchés financiers et politiques publiques, tout en imposant des standards de reporting et d’impact qui inspirent d’autres émetteurs, publics comme privés.

27/01/2026 : OAT vertes : annonce du plafond d’émission provisoire pour l’année 2026

En synthèse

L’annonce d’un plafond de 15 milliards d’euros pour 2026 confirme que la dette verte n’est plus expérimentale :
elle devient un outil structurel de financement de la transition environnementale, alliant discipline budgétaire, transparence et ambition climatique.

Les OAT vertes illustrent ainsi l’évolution de la finance publique : emprunter pour investir, mais avec des objectifs mesurables et traçables.

À lire aussi : La finance verte est-elle à la hauteur de ses ambitions ?

La finance verte est-elle à la hauteur de ses ambitions ?

finance verte

Paris, 27 janvier 2026 – Maison de la Chimie.
À l’occasion de la 35ᵉ Rencontre de l’Épargne, Green Finance a assisté à une table ronde centrale :
« La finance verte est-elle à la hauteur de ses ambitions ? »

Face à une audience de professionnels de l’épargne, quatre voix ont éclairé un sujet désormais stratégique : la capacité réelle de la finance verte et durable à financer la transition, tout en conservant lisibilité, confiance et efficacité économique.

4 intervenants pour cette table ronde :

  • Cécile Goubet – Directrice générale, Institut de la Finance Durable
  • Claire Marais-Beuil – Députée de l’Oise
  • Michèle Pappalardo – Présidente du Comité du Label ISR
  • Sébastien Raspiller – Secrétaire général de l’AMF

Constat partagé :
L’ambition est bien là.
Les flux d’investissement sont engagés, les cadres réglementaires existent, les labels se durcissent.
Finance verte : ambition affirmée, exécution sous tension

Mais l’exécution reste fragile :

  • inflation normative,
  • complexité excessive,
  • données ESG peu fiables et très dépendantes d’acteurs non-européens,
  • risque croissant de décrochage des PME.

Loin des discours incantatoires, les échanges ont mis en lumière une réalité plus nuancée :
La finance verte progresse, mais son infrastructure reste instable
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La finance verte est-elle à la hauteur de ses ambitions ?

Oui sur l’intention et les flux.
Pas encore sur la lisibilité, la stabilité et la confiance long terme.

La finance verte a franchi un point de non-retour. Mais sans simplification, clarification des indicateurs et fiabilité des données, elle risque de perdre l’adhésion des épargnants qu’elle cherche précisément à mobiliser.

Lecture critique des interventions

  • Cécile Goubet a clairement dominé la table ronde par sa vision stratégique, européenne et data-driven.
    Son intervention : structurante, stratégique et très solide

·        Claire Marais-Beuil, députée et donc non spécialiste, a surpris par la pertinence de ses alertes économiques et territoriales.
Son intervention : pragmatique, étonnamment pertinent et terrain pour une députée

·        Michèle Pappalardo a parfois brouillé le message en confondant finance verte et finance durable… tout en dénonçant cette confusion.
Son intervention : pédagogique… parfois confus, parfois involontairement comique

·        Sébastien Raspiller a fait preuve d’une rare honnêteté institutionnelle en reconnaissant les limites actuelles du cadre réglementaire et de du régulateur AMF.
Son intervention : honnête, lucide, institutionnel sans langue de bois

Cécile Goubet – Directrice générale, Institut de la Finance Durable

Ses Idées clés :

  • La finance verte ne peut pas être isolée : elle s’inscrit dans un financement global de la transition et une révolution industrielle.
  • Les flux d’investissement mondiaux sont déjà massivement orientés vers les énergies propres (≈ 90 % en Europe).
  • Le véritable enjeu n’est plus le cap, mais le financement des objectifs politiques (Accord de Paris).
  • Forte insistance sur :
    • la clarification des indicateurs clés ESG,
    • la comparabilité européenne,
    • la dépendance critique aux data providers non-européens (point très stratégique).

Sa principale citation :

« La finance verte n’existe pas seule. Elle s’inscrit dans un tout : une ambition politique, une transition industrielle et des flux d’investissement déjà en mouvement. »

Claire Marais-Beuil – Députée de l’Oise

Ses Idées clés :

  • Attention aux surnormes françaises qui risquent d’asphyxier le tissu économique.
  • La finance verte ne doit pas contraindre mais accompagner.
  • Priorité absolue : évaluer avant d’imposer.
  • Insistance sur :
    • la stabilité réglementaire,
    • la cohérence européenne,
    • le risque de décrochage économique des PME.

Sa principale citation :

« La finance verte doit accompagner le développement économique, pas empêcher les entreprises de s’installer ou de se développer. »

Michèle Pappalardo – Présidente du Comité du Label ISR

Ses Idées clés :

  • Long développement sur la distinction finance verte / finance durable, (parfois… contradictoire !)
  • Défense du Label ISR comme outil de transformation progressive de toute l’économie.
  • Mise en avant du durcissement du référentiel ISR ( Les –25 % de fonds labellisés ont été minimisés ).
  • Très critique sur la volonté de sortir des entreprises du périmètre CSRD.

Sa principale citation :

« La finance verte investit dans certaines activités. La finance durable accompagne toute l’économie vers la transition. »

Sébastien Raspiller – Secrétaire général de l’AMF

Ses Idées clés :

  • Le rôle central du régulateur : information claire, compréhensible et correcte (« les 3C »).

·        Reconnaissance explicite : de la complexité excessive des textes européens ; des difficultés de compréhension même pour les professionnels.

  • Lutte contre le greenwashing réelle mais mesurée.
  • Message fort : la finance durable est un processus de trajectoire, pas une photo instantanée.

Sa principale citation :

« nos propres équipes ont du mal à comprendre certains textes, on ne peut pas demander aux épargnants de s’y retrouver seuls. »

Conclusion Green Finance :

La finance verte avance.
Mais elle n’atteindra ses ambitions que si elle devient compréhensible, mesurable et crédible, autant pour les marchés que pour les citoyens, en commençant par une réglementation cadrée, un jour peut être…

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Gouvernance des communautés énergétiques :

Gouvernance des communautés énergétiques

Pourquoi ECOOP devient un levier clé pour les territoires

Une pression croissante sur les collectivités locales

La transition énergétique s’accélère et place aujourd’hui les territoires en première ligne.
Communes, intercommunalités et acteurs locaux voient se multiplier les projets énergétiques de proximité : énergies renouvelables, autoconsommation collective, communautés d’énergie, coopératives locales.

Cette dynamique s’inscrit dans un cadre de plus en plus contraint :

obligations réglementaires, attentes politiques fortes, exigences citoyennes accrues

La transition énergétique n’est plus uniquement technique : elle est politique, sociale et démocratique.

Le maillon faible des projets énergétiques locaux : la gouvernance

Si les projets se multiplient, leur gouvernance reste trop souvent un point de fragilité.

Sur le terrain, les constats sont récurrents :

  • des processus décisionnels collectifs complexes et difficiles à piloter,
  • une gouvernance partagée lente, parfois peu lisible,
  • un manque d’outils numériques réellement adaptés aux modèles coopératifs,
  • une traçabilité insuffisante des décisions,
  • et, au fil du temps, un engagement citoyen qui s’effrite.

Résultat : des projets techniquement solides, mais fragiles socialement et politiquement.

ECOOP: un outil de gouvernance numérique au service des communautés énergétiques

C’est précisément à ce niveau qu’intervient ECOOP.

ECOOP est une plateforme de gouvernance numérique conçue pour accompagner les communautés énergétiques dans leur organisation, leur prise de décision et leur fonctionnement collectif.

Concrètement, ECOOP intervient là où beaucoup de projets échouent :

l’organisation collective, la prise de décision et la légitimité démocratique.

ECOOP ne remplace pas les choix politiques ou techniques :
 il sécurise et structure la manière de décider ensemble.

Pourquoi ECOOP a été conçu

ECOOP est né d’un constat simple :

la transition énergétique repose sur la capacité des territoires à coopérer durablement.

Face à l’absence d’outils réellement adaptés aux dynamiques locales et coopératives, ECOOP a été conçu pour :

  • accompagner des projets collectifs complexes,
  • répondre aux exigences croissantes de transparence et de conformité,
  • intégrer les enjeux d’inclusion et de participation citoyenne,
  • soutenir des projets profondément ancrés dans les territoires.

La technologie est ici mise au service du collectif, et non l’inverse.

À qui s’adresse ECOOP ?

ECOOP est conçu pour :

  • les communes et intercommunalités,
  • les associations locales,
  • les coopératives énergétiques,
  • les communautés énergétiques, qu’elles soient naissantes ou déjà structurées,
  • les syndicats d’énergie et acteurs territoriaux de l’énergie.

Autrement dit, tous les acteurs qui portent ou accompagnent des projets énergétiques collectifs.

Une philosophie claire : gouverner ensemble, durablement

ECOOP repose sur une philosophie simple et exigeante :

  • coopération entre acteurs publics, citoyens et partenaires,
  • inclusion réelle dans les processus de décision,
  • transparence des règles et des décisions,
  • participation structurée, documentée et traçable,
  • compatibilité avec les cadres réglementaires existants.

La gouvernance n’est plus un frein : elle devient un facteur de robustesse et de légitimité.

Le message adressé aux communes et aux associations

Lancer un projet énergétique collectif sans structurer la gouvernance dès le départ, c’est prendre un risque politique, social et institutionnel.

ECOOP s’adresse aux territoires qui souhaitent :

  • clarifier les règles du jeu collectif,
  • organiser une participation citoyenne réelle,
  • sécuriser leurs projets dans la durée.

Ce que ECOOP apporte concrètement

ECOOP permet :

  • des rôles et règles de gouvernance clairement définis,
  • des décisions documentées, traçables et partagées,
  • une information accessible à tous les membres,
  • un engagement citoyen renforcé et durable,
  • un climat de confiance favorisant la pérennité des projets.

Des cas d’usage concrets en France et en Europe

ECOOP s’appuie sur des projets exploratoires déjà opérationnels :

Ces projets démontrent que la gouvernance est un facteur clé de réussite, au même titre que la technologie.

Une légitimité reconnue à l’échelle européenne

Développé et testé dans cinq pays européens (e.g. Troya, Çanakkale-Turquie, Berchidda-Italie, Uppsala-Suède) dans le cadre du projet Masterpiece co-financé par la commission Européenne.
La plateforme ECOOP est alignée avec les principes de la finance verte et les exigences croissantes en matière de transparence, d’impact et de gouvernance responsable.

La transition énergétique territoriale ne se jouera pas uniquement sur les kilowattheures produits.

Elle se jouera sur la capacité des territoires à faire coopérer durablement des acteurs aux intérêts multiples.

Avec ECOOP, les collectivités et communautés énergétiques disposent désormais d’un outil structurant pour :
Sécuriser leurs projets, renforcer la confiance et ancrer la transition énergétique dans le temps long.

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Banques systémiques sous tension : quand la conformité devient un risque majeur

Banques systémiques

Focus sur HSBC et Société Générale, au cœur des controverses financières contemporaines

Dans un contexte de ralentissement économique, de durcissement réglementaire et de montée des faillites d’entreprises en France et en Europe, la question de la responsabilité des grandes banques systémiques revient avec force. HSBC et Société Générale, deux piliers du paysage bancaire international et européen, concentrent depuis plusieurs mois une série de controverses qui interrogent non seulement leur gouvernance, mais aussi leur rôle dans l’économie réelle et la finance durable.

Ces polémiques ne sont pas anecdotiques. Elles constituent désormais un facteur de risque à part entière pour les investisseurs, les régulateurs et les acteurs de la finance verte.

HSBC : une banque mondiale rattrapée par ses lignes de faille structurelles

1. Dossiers fiscaux et judiciaires : un passif qui pèse dans la durée

HSBC reste durablement associée à des affaires de démarchage bancaire et de fraude fiscale issues de ses activités historiques de banque privée. Même lorsque ces dossiers sont juridiquement clos par des accords transactionnels, leur impact dépasse largement le cadre judiciaire : ils alimentent une défiance persistante envers la culture de contrôle interne du groupe.

Pour les investisseurs, ce type de passif crée une prime de risque réputationnelle, difficile à effacer, et un risque récurrent de provisions, d’audits renforcés et de contraintes réglementaires accrues.

2. CumCum / CumEx : le soupçon systémique

HSBC apparaît régulièrement dans le périmètre des débats européens autour des montages fiscaux CumCum/CumEx. Même en l’absence de condamnation définitive, la simple exposition médiatique à ces schémas suffit à fragiliser la crédibilité d’une banque internationale auprès des régulateurs, des États et des grands clients institutionnels.

Le message implicite est clair : les zones grises fiscales du passé deviennent des risques juridiques et politiques du présent.

3. Climat, ESG et accusations de greenwashing

HSBC s’est positionnée comme un acteur engagé dans la transition climatique. Pourtant, cette communication ESG est régulièrement contestée par des ONG et des acteurs de la société civile, qui pointent des incohérences entre les engagements affichés et certaines politiques de financement sectorielles.

Dans un monde où l’ESG devient opposable juridiquement et médiatiquement, ces accusations fragilisent la crédibilité de la banque sur le long terme et exposent à des contentieux climatiques de plus en plus structurés.

4. Le risque d’accumulation

Le véritable problème de HSBC n’est pas un dossier isolé, mais l’accumulation historique de controverses. Chaque nouvelle affaire réactive les précédentes et nourrit l’idée d’un modèle où la conformité progresse plus lentement que les exigences du monde post-crise.

Société Générale : une solidité institutionnelle régulièrement fissurée

1. Marchés financiers et pratiques contestées

Société Générale a été impliquée, au fil des années, dans plusieurs dossiers liés aux pratiques de marché et à des sanctions européennes. Ces affaires, moins spectaculaires médiatiquement, envoient néanmoins un signal clair : sur les activités de marché, la tolérance réglementaire est désormais minimale.

Pour une banque historiquement forte sur ces métiers, cela signifie coûts de conformité en hausse, surveillance renforcée et pression sur la rentabilité.

2. CumCum : une pression politique et médiatique croissante

Comme d’autres grandes banques françaises et européennes, Société Générale se retrouve associée aux débats sur les montages CumCum. Au-delà de la question juridique, le risque est avant tout réputationnel : dans l’opinion publique, la frontière entre optimisation et abus est désormais largement effacée.

3. Le capital confiance en question

Société Générale conserve une image de banque institutionnelle solide. Mais la répétition de controverses, même techniques, affaiblit progressivement cet avantage immatériel essentiel qu’est la confiance. Or, dans la banque, la confiance conditionne l’accès aux dépôts, aux grands mandats institutionnels et à la légitimité stratégique.

Pourquoi ces polémiques comptent pour les investisseurs

Ces controverses ne relèvent pas du simple bruit médiatique. Elles ont des impacts économiques directs :

  • Risques juridiques et financiers (amendes, provisions, coûts de remédiation)
  • Durcissement de la supervision et hausse structurelle des coûts de conformité
  • Fragilisation des stratégies ESG et exposition accrue aux contentieux climatiques
  • Dégradation du dialogue avec les régulateurs et les grands investisseurs institutionnels

Dans une finance de plus en plus réglementée, la gouvernance et la conformité deviennent des déterminants de performance à long terme.

Quand les banques vacillent, l’économie réelle paie le prix

Le contraste est brutal. Alors que la France connaît une hausse historique des faillites et défaillances d’entreprises, touchant en priorité les PME, les artisans et les acteurs de l’économie réelle, les grandes banques systémiques continuent de gérer les conséquences de choix passés, parfois déconnectés des réalités territoriales.

Ce décalage nourrit une défiance croissante :

  • défiance des citoyens,
  • défiance des entrepreneurs,
  • défiance d’une partie des investisseurs responsables.

Pour la finance verte et responsable, le message est limpide :
la solidité financière ne suffit plus. La cohérence, la transparence et la gouvernance deviennent des actifs stratégiques.

À défaut, même les institutions les plus puissantes s’exposent à un risque silencieux mais majeur : celui de perdre leur légitimité dans un monde économique déjà sous tension.

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Mirova soutient la logistique agri-solaire au Kenya avec un investissement stratégique de 19 millions de dollars

logistique agri-solaire au Kenya

Mirova annonce un investissement de 19 millions de dollars dans Cold Solutions Kiambu, acteur clé de la chaîne du froid au Kenya. Cette opération vise à renforcer des infrastructures logistiques durables, alimentées en partie par l’énergie solaire, afin de réduire le gaspillage alimentaire, soutenir la sécurité sanitaire et renforcer la résilience économique régionale.

La chaîne du froid, maillon critique des systèmes alimentaires africains

Dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne, la chaîne du froid constitue l’un des principaux défis structurels pour l’agriculture, la distribution alimentaire et le secteur pharmaceutique.
Les pertes post-récolte, liées à l’absence d’infrastructures de stockage adaptées, représentent un frein majeur à la sécurité alimentaire, à la stabilité des revenus agricoles et à l’accès aux médicaments.

C’est dans ce contexte que Mirova, société de gestion affiliée à Natixis Investment Managers et spécialisée dans la finance durable, annonce un investissement de 19 millions de dollars dans Cold Solutions Kiambu (SEZ) Limited, acteur de référence de la logistique sous température contrôlée au Kenya.

Un investissement à fort impact porté par le fonds Mirova Gigaton

Le financement est réalisé via le Mirova Gigaton Fund, véhicule d’investissement dédié aux solutions climatiques à fort impact dans les marchés émergents.
Il permettra à Cold Solutions Kiambu d’accélérer le développement opérationnel de ses infrastructures majeures tout en renforçant l’intégration de pratiques durables dans la logistique de la chaîne du froid.

L’objectif est double :

  • améliorer l’efficacité énergétique des installations de réfrigération,
  • et réduire durablement les pertes alimentaires et pharmaceutiques dans la région.

Cold Solutions Kiambu, pilier logistique du marché kényan

Cold Solutions Kiambu (SEZ) Limited est aujourd’hui l’un des principaux acteurs de la logistique sous température contrôlée au Kenya.
L’entreprise opère des infrastructures capables de couvrir un large spectre de besoins, allant du stockage à température ambiante jusqu’au surgelé, avec des services adaptés aux secteurs agricole et pharmaceutique.

Basée à Tatu City, zone économique spéciale située près de Nairobi, l’entreprise exploite une capacité de stockage d’environ 15 000 palettes, permettant de préserver l’intégrité des produits sensibles tout au long de la chaîne d’approvisionnement.

Une infrastructure agri-solaire de référence mondiale

L’investissement de Mirova permet de renforcer un modèle d’infrastructure qualifié de logistique agri-solaire durable.
Le site de Cold Solutions Kiambu intègre notamment :

  • un système solaire photovoltaïque en toiture, couvrant environ 30 % des besoins énergétiques de l’installation,
  • l’utilisation de réfrigérants à base d’ammoniac, qui ne contribuent pas au réchauffement climatique.

Cette combinaison technologique positionne le projet comme une référence mondiale en matière d’entrepôts frigorifiques sobres en énergie, conciliant performance opérationnelle et réduction de l’empreinte carbone.

Réduction du gaspillage et résilience climatique

La chaîne du froid joue un rôle déterminant dans la réduction des pertes post-récolte, qui représentent une part significative de la production agricole en Afrique de l’Est.
En sécurisant le stockage et le transport des denrées, Cold Solutions Kiambu contribue directement à :

  • améliorer les revenus des producteurs et distributeurs
  • stabiliser les marchés locaux
  • et renforcer la résilience des systèmes alimentaires face aux aléas climatiques

Dans un contexte de changement climatique, ces infrastructures deviennent un levier stratégique de sécurité économique et sociale.

Un enjeu clé pour les produits pharmaceutiques

Au-delà de l’agriculture, la chaîne du froid est essentielle pour garantir l’efficacité des produits pharmaceutiques, notamment les vaccins et médicaments thermosensibles.
Les capacités de stockage et de suivi en temps réel déployées par Cold Solutions Kiambu permettent de limiter les risques de détérioration, un enjeu majeur pour les systèmes de santé en Afrique de l’Est.

Cet aspect confère au projet une dimension sanitaire structurante, au croisement de la logistique, de la santé publique et du développement économique.

Une contribution directe aux Objectifs de Développement Durable

L’investissement de Mirova s’inscrit explicitement dans le cadre des Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations Unies.
Il contribue en particulier à :

  • l’ODD 2 – Faim “zéro”, en réduisant les pertes alimentaires
  • l’ODD 12 – Consommation et production responsables, grâce à des infrastructures sobres et efficaces
  • l’ODD 13 – Lutte contre les changements climatiques, via l’intégration d’énergies renouvelables et de technologies bas carbone

Cette approche illustre la capacité de la finance durable à générer un impact mesurable, au-delà de la seule performance financière.

Une vision assumée de la finance climatique

John Kimotho, Investment Director chez Mirova Kenya, souligne que cet investissement reflète pleinement l’ambition du fonds Mirova Gigaton :
accélérer le déploiement de solutions climatiques innovantes dans les marchés émergents.

Selon lui, le soutien à Cold Solutions Kiambu permet de faire émerger une infrastructure de chaîne du froid :

  • alimentée par des énergies propres
  • résiliente sur le plan opérationnel
  • et essentielle à la sécurité alimentaire et sanitaire régionale

Un partenariat aligné sur des valeurs communes

ARCH Emerging Markets Partners, partenaire du projet, partage cette vision.
Suki Muia, Investment Director, met en avant la volonté commune de :

  • lutter contre le gaspillage alimentaire
  • renforcer les systèmes alimentaires régionaux
  • et garantir l’efficacité des vaccins en Afrique de l’Est

Ce partenariat illustre la montée en puissance de coalitions d’investisseurs à impact, capables d’agir conjointement sur des problématiques systémiques.

La chaîne du froid comme infrastructure stratégique

Longtemps perçue comme un maillon technique, la chaîne du froid est désormais reconnue comme une infrastructure stratégique pour :

  • la sécurité alimentaire
  • la santé publique
  • et la résilience économique

Dans les marchés émergents, son développement conditionne l’accès aux marchés, la stabilisation des prix et la réduction des inégalités territoriales.
L’investissement de Mirova contribue à structurer cet écosystème de manière durable.

Mirova, acteur de référence de l’investissement durable

Mirova s’impose depuis plus d’une décennie comme un acteur pionnier de la finance durable.
Filiale de Natixis Investment Managers, la société développe des solutions d’investissement couvrant :

  • les actions
  • les obligations
  • les infrastructures de transition énergétique
  • le capital naturel
  • et le private equity

Basée à Paris, Mirova gérait 33 milliards d’euros d’actifs au 30 septembre 2025 et est reconnue comme entreprise à mission et certifiée B Corp.

Un ancrage fort dans les marchés émergents

Avec Mirova Kenya Limited, la société dispose d’un ancrage local lui permettant de :

  • comprendre finement les enjeux régionaux
  • structurer des projets adaptés aux réalités locales
  • et assurer un suivi rigoureux de l’impact environnemental et social

Cette présence locale est un facteur clé de réussite pour des projets d’infrastructure complexes comme la chaîne du froid.

Natixis Investment Managers : un écosystème multi-affiliés

Mirova s’inscrit dans l’écosystème de Natixis Investment Managers, l’un des plus grands gestionnaires d’actifs mondiaux, avec plus de 1 500 milliards de dollars d’actifs sous gestion.
L’approche multi-affiliés du groupe permet de combiner expertise spécialisée et envergure internationale.

Ce qu’il faut retenir : quand la finance durable structure l’économie réelle

L’investissement de Mirova dans Cold Solutions Kiambu illustre de manière concrète le rôle que peut jouer la finance durable dans la transformation des économies émergentes.
En soutenant une infrastructure de chaîne du froid agri-solaire, Mirova contribue simultanément à :

  • la sécurité alimentaire
  • la santé publique
  • la lutte contre le changement climatique
  • et le développement économique régional

Ce projet démontre que les infrastructures durables ne sont pas seulement des réponses techniques, mais de véritables leviers de résilience et de souveraineté économique.

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