Mirova investit 15 M$ dans Revfin pour la mobilité électrique en Inde

mobilité électrique en Inde

Mirova, affilié de Natixis Investment Managers et spécialiste de l’investissement durable, annonce un financement de 15 millions de dollars dans Revfin, pionnier du crédit pour véhicules électriques en Inde. Objectif : soutenir la transition vers une mobilité propre et inclusive dans un marché émergent en pleine expansion.

Un investissement stratégique au service de la transition énergétique

Le 22 septembre 2025, Mirova confirme son engagement dans la mobilité durable en investissant 15 millions de dollars dans Revfin, une société financière non bancaire (NBFC) basée à Delhi.
La transaction prend la forme d’une obligation senior garantie non convertible (NCD) émise par Aristo, filiale de Revfin, dans le cadre de la stratégie de financement mixte de Mirova dédiée aux pays émergents.

Cet apport de capital vise à accélérer l’adoption des véhicules électriques (VE) en Inde, en facilitant l’accès au financement pour les conducteurs indépendants, les petites entreprises et les opérateurs de flottes.

Revfin : pionnier de la mobilité électrique inclusive

Fondée en 2018, Revfin s’est imposée comme une plateforme innovante de financement des VE.
Ses spécificités :

  • proposer des prêts au détail pour les e-rickshaws commerciaux, destinés aux conducteurs des villes de niveau 2 et 3, souvent exclus du crédit classique ;
  • développer, depuis 2023, des offres de leasing et de financement de flottes pour une large gamme de véhicules : e2w, e3w, e4w et batteries ;
  • s’implanter dans 24 États indiens avec des partenariats solides auprès d’équipementiers et de concessionnaires.

Grâce à ce modèle, Revfin est aujourd’hui un acteur central de l’inclusion financière et de la transition énergétique en Inde.

Des résultats concrets : inclusion, climat et emploi

Revfin a déjà :

  • déployé plus de 68 000 véhicules électriques,
  • évité l’émission de 137 000 tonnes de CO₂ équivalent,
  • intégré 26 % de femmes dans sa clientèle,
  • permis à 77 % de ses 44 872 emprunteurs (souvent exclus du système bancaire) d’accéder au crédit.

En agissant sur ces leviers, Revfin contribue directement à plusieurs Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations Unies :

  • ODD 1 (éradication de la pauvreté),
  • ODD 5 (égalité entre les sexes),
  • ODD 8 (travail décent et croissance économique),
  • ODD 10 (réduction des inégalités),
  • ODD 13 (action pour le climat).

Une vision partagée avec Mirova

Pour Sameer Aggarwal, fondateur et PDG de Revfin :

« Nous sommes ravis que Mirova nous rejoigne dans notre mission visant à accélérer la mobilité électrique inclusive en Inde. Leur investissement tombe à un moment décisif, alors que le gouvernement indien vise 80 millions de véhicules électriques d’ici 2030. »

De son côté, Priyanka Mehrotra, directrice d’investissement chez Mirova à Singapour, souligne :

« Cette transaction renforce notre présence dans la mobilité électrique en Asie. Le modèle de Revfin, qui allie impact climatique et inclusion sociale, correspond parfaitement à notre vision de la finance durable. »

L’Inde : un marché clé pour la mobilité électrique

Avec plus de 1,4 milliard d’habitants et une urbanisation rapide, l’Inde représente l’un des plus grands marchés mondiaux pour la mobilité propre.

  • Le pays est déjà numéro un des trois-roues électriques (e3w).
  • Le gouvernement fixe un cap ambitieux : 80 millions de VE d’ici 2030.
  • Le segment des deux-roues et trois-roues reste le moteur principal de cette transition, mais la croissance des flottes de livraison et de mobilité partagée ouvre de nouvelles perspectives.

L’investissement de Mirova s’inscrit donc dans une tendance structurelle, combinant fort potentiel de marché et impact environnemental mesurable.

Mirova : une stratégie globale d’impact

Mirova, filiale de Natixis Investment Managers, est une société de gestion d’actifs reconnue pour son expertise en investissement durable.
Quelques chiffres clés :

  • 33 milliards d’euros d’actifs sous gestion au 30 juin 2025,
  • labellisée B Corp depuis 2020,
  • présente en Europe, Amérique du Nord et Asie-Pacifique.

Sa stratégie : développer des solutions d’investissement dans toutes les classes d’actifs pour conjuguer performance à long terme et impact social et environnemental positif.

L’investissement dans Revfin illustre cette volonté : soutenir les marchés émergents tout en renforçant la lutte contre le changement climatique.

Conclusion

Avec cet investissement de 15 millions de dollars, Mirova confirme son rôle de catalyseur de la transition énergétique dans les marchés émergents.
En soutenant Revfin, pionnier de la mobilité électrique inclusive en Inde, la société combine :

  • impact climatique mesurable (réduction des émissions de CO₂),
  • inclusion sociale (accès au crédit, autonomisation des femmes),
  • et opportunité de marché (croissance exponentielle de la mobilité propre en Inde).

Un partenariat qui illustre parfaitement comment la finance durable peut accélérer des transformations profondes, bénéfiques à la fois pour la planète et pour les communautés locales.

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Japon : vers la fin de la déflation ou retour au piège économique ?

Japon

Après près de trente ans marqués par une déflation persistante, le Japon semble enfin amorcer un tournant historique. Depuis 2022, l’économie nippone connaît une phase de reflation soutenue, portée par la hausse des prix et des salaires. Cette dynamique, initialement stimulée par des facteurs externes comme la flambée des matières premières et la faiblesse du yen, est aujourd’hui renforcée par des forces internes, notamment l’augmentation des rémunérations et la pression sur les prix des services. Cependant, la question reste entière : cette reprise de l’inflation sera-t-elle durable ou le Japon retomberait-il dans le piège déflationniste qui a freiné sa croissance pendant des décennies ?

De la déflation chronique à une inflation émergente

Depuis l’éclatement de la bulle financière au début des années 1990, le Japon a traversé une longue période de désinflation suivie de déflation. La chute des prix des actifs et de l’immobilier a poussé ménages et entreprises à privilégier le remboursement des dettes plutôt que la consommation et l’investissement, générant ce que les économistes appellent une « récession de bilan ».

Pendant des décennies, les hausses de prix ont été ponctuelles et liées à des chocs externes, comme l’augmentation de la TVA ou le renchérissement du pétrole, sans véritable impulsion de la demande domestique. Mais depuis 2022, le scénario change : l’inflation dépasse régulièrement l’objectif de 2 % fixé par la Banque du Japon. Ce mouvement initialement dû à la hausse des coûts d’importation et à la dépréciation du yen s’inscrit désormais dans une dynamique interne, portée par la croissance des salaires et la pression sur les prix des services.

La hausse des coûts de la vie, associée à une pénurie structurelle de main-d’œuvre, a permis aux syndicats d’obtenir des augmentations salariales significatives : +3,6 % en 2023, +5,1 % en 2024 et +5,3 % en 2025, les plus fortes depuis trois décennies. Cette évolution marque un changement profond dans la culture de l’emploi japonais, jusqu’ici orientée vers la sécurité plutôt que la rémunération.

Salaires, productivité et investissement : les leviers du cycle vertueux

La durabilité de cette reflation dépend largement de la capacité des entreprises à convertir la hausse des salaires en investissements productifs et en gains de productivité. Après des décennies de sous-investissement, les entreprises japonaises ont relancé leurs dépenses : la croissance annuelle moyenne des investissements a atteint 9,1 % entre 2022 et 2024, avec une nouvelle hausse attendue de 6,7 % pour l’exercice en cours.

Les investissements ciblent principalement l’automatisation et les technologies d’économie de main-d’œuvre, répondant ainsi à la pénurie chronique de travailleurs. La recherche et développement progresse également, notamment dans les secteurs stratégiques que sont les semi-conducteurs et les énergies renouvelables, soutenus par des incitations gouvernementales et des réformes de la gouvernance d’entreprise encouragées par la Bourse de Tokyo.

Cependant, ces investissements devront générer de véritables gains de productivité pour pérenniser le cycle vertueux prix-salaires. Sans amélioration tangible de la productivité, les entreprises pourraient voir leurs marges comprimées, limitant la capacité à continuer d’augmenter les salaires et fragilisant ainsi le cycle de reflation.

Les bénéficiaires et les laissés-pour-compte de la reflation

L’environnement économique actuel profite déjà à certains acteurs. Les grands groupes exportateurs, notamment dans l’automobile et l’électronique, tirent parti de la faiblesse du yen et de la demande mondiale. Leurs bénéfices ont plus que doublé par rapport à la période pré-Covid, soutenus par la production de véhicules hybrides et la relocalisation de certaines activités. Cependant, la hausse des droits de douane américains et un éventuel renforcement du yen pourraient tempérer ces gains.

Les secteurs domestiques, tels que la restauration et les transports, bénéficient également de la hausse de la consommation intérieure et du tourisme international. Dans ces secteurs, un cercle vertueux prix-salaires s’instaure : les entreprises peuvent augmenter leurs tarifs pour compenser la hausse des coûts salariaux sans perdre de clientèle.

En revanche, les petites et moyennes entreprises, qui emploient environ 70 % de la main-d’œuvre japonaise, rencontrent de plus grandes difficultés. Leur faible pouvoir de fixation des prix et la contraction de leurs marges rendent l’absorption de la hausse des coûts salariaux complexe. Depuis le second semestre 2022, le nombre de faillites de PME a augmenté, bien que cette hausse reste inférieure aux pics observés lors des précédentes crises. À long terme, cette phase pourrait contribuer à renforcer l’écosystème entrepreneurial en réallouant les ressources vers les entreprises les plus productives et résilientes.

Les conditions pour une reflation durable

Pour transformer cette reflation en un véritable moteur de croissance, plusieurs conditions doivent être réunies. Les entreprises doivent continuer à investir dans la productivité et l’innovation, tandis que les salaires doivent croître en phase avec la productivité pour éviter la spirale inflationniste non contrôlée. Le gouvernement, de son côté, doit soutenir ces efforts par des politiques favorisant l’investissement et l’innovation, tout en garantissant un environnement stable pour les entreprises.

Junyu Tan, économiste chez Coface, souligne l’importance de la conversion des profits en investissements productifs : « Si les entreprises ne réinvestissent pas dans l’économie réelle, le Japon risque de retomber dans le piège de la déflation. » La vigilance est donc de mise pour maintenir ce fragile équilibre entre prix, salaires et investissement.

Un tournant historique mais incertain

Le Japon se trouve à un moment critique de son histoire économique. Après des décennies de stagnation et de déflation, la dynamique actuelle offre une opportunité unique de relancer la croissance interne et de stabiliser les prix. Toutefois, la durabilité de cette reflation dépend de la capacité des entreprises à investir et à accroître la productivité, et des politiques publiques à soutenir ce mouvement sans créer de déséquilibres. La trajectoire future reste incertaine, mais le pays dispose d’un cadre propice pour transformer cette période de reflation en un cycle de croissance durable.

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ESG Tendances Pierre s’implante en Espagne avec l’acquisition du camping Alannia Costa Dorada

ESG Tendances Pierre

Le 22 septembre 2025, ESG Tendances Pierre, gérée par Swiss Life Asset Managers France, a réalisé sa première acquisition en Espagne : le camping Alannia Costa Dorada. Situé en Catalogne, cet actif stratégique renforce la diversification du portefeuille, avec un impact direct sur la performance durable de la société civile immobilière.

Un premier pas en Espagne pour ESG Tendances Pierre

La société civile ESG Tendances Pierre, gérée par Swiss Life Asset Managers France, poursuit sa stratégie de diversification immobilière en entrant sur le marché espagnol de l’hôtellerie de plein air.
Le 22 septembre 2025, elle officialise l’acquisition du camping Alannia Costa Dorada, un actif hautement stratégique situé sur la côte méditerranéenne, à proximité immédiate de Tarragone.

Cette opération illustre la volonté de la société civile d’élargir son périmètre géographique tout en renforçant son exposition à des secteurs porteurs, à la croisée du tourisme, du loisir et de l’investissement durable.

Un actif touristique stratégique sur la Costa Dorada

Implanté sur 3,7 hectares de terrain avec un accès direct à la plage, le camping Alannia Costa Dorada bénéficie d’un emplacement privilégié :

  • proximité immédiate de l’autoroute AP-7,
  • 30 minutes de l’aéroport de Reus et du centre de Tarragone,
  • une région en plein essor touristique.

En 2024, la Costa Dorada a enregistré plus de 21 millions de nuitées (source : Idescat), confirmant son attractivité auprès des vacanciers européens et internationaux.

L’actif comprend 242 emplacements, dont 136 mobil-homes, ainsi qu’une offre complète d’équipements :

  • piscines,
  • restaurants,
  • aires de jeux,
  • espaces bien-être.

Ces prestations positionnent le site comme une destination de référence dans le segment haut de gamme de l’hôtellerie de plein air.

Une exploitation assurée par un partenaire solide

Le camping est exploité par European Camping Group (ECG), partenaire historique de Swiss Life Asset Managers France.
L’exploitation se fait dans le cadre d’un bail ferme de longue durée, garantissant :

  • une stabilité locative,
  • des revenus pérennes,
  • une visibilité accrue pour les porteurs de parts.

Cette structuration s’appuie sur une relation éprouvée entre Swiss Life Asset Managers et ECG, renforçant la solidité opérationnelle de l’investissement.

Un impact direct sur la diversification du portefeuille

Avec cette opération, ESG Tendances Pierre consolide sa stratégie de diversification sectorielle.
La part de l’hôtellerie de plein air dans son portefeuille immobilier passe ainsi de 4 % à 11 %.

➡️ L’acquisition d’Alannia Costa Dorada s’inscrit donc dans une logique de rééquilibrage, permettant de réduire la dépendance à certains segments immobiliers traditionnels (bureaux, résidentiel) et de capter la dynamique du marché du tourisme durable.

À court terme, cet investissement devrait avoir un impact positif estimé à +0,30 % sur la performance annuelle 2025 de la société civile.

ESG Tendances Pierre : une performance solide et durable

À fin août 2025, ESG Tendances Pierre affiche une performance nette de +4,20 % (après frais de gestion du fonds).
Cette progression lui permet de rester parmi les meilleurs fonds de sa catégorie, occupant une place solide sur le podium (source : Quantalys).

Ces résultats s’expliquent par :

  • la diversification sectorielle et géographique,
  • la recherche d’actifs qualitatifs,
  • le choix de partenaires d’exploitation solides,
  • et une approche de gestion orientée vers la stabilité et la durabilité.

Swiss Life Asset Managers : un acteur de référence en Europe

Avec plus de 165 ans d’expérience dans la gestion d’actifs, Swiss Life Asset Managers s’impose comme un investisseur institutionnel majeur.
Au 30 juin 2025 :

  • 301,7 milliards d’euros d’actifs gérés,
  • dont 147,3 milliards pour des clients tiers,
  • et 94,9 milliards investis dans l’immobilier.

Le groupe administre également 25,9 milliards d’euros de biens immobiliers conjointement avec Livit, pour un total de 120,9 milliards d’euros sous gestion dans la pierre.
Avec plus de 2 300 collaborateurs en Europe, Swiss Life Asset Managers incarne un modèle de gestion responsable et durable.

Une stratégie tournée vers l’avenir

Avec cette première acquisition en Espagne, ESG Tendances Pierre confirme :

  • sa volonté de capter les dynamiques touristiques européennes,
  • sa stratégie de diversification dans des actifs de long terme,
  • et son ambition de conjuguer performance financière et durabilité.

Cette opération marque une étape clé dans son développement : l’hôtellerie de plein air devient un pilier significatif du portefeuille, porté par des tendances de consommation robustes et un ancrage ESG affirmé.

Conclusion

L’entrée d’ESG Tendances Pierre sur le marché espagnol, via l’acquisition du camping Alannia Costa Dorada, symbolise une double réussite :

  • un investissement stratégique dans une région à fort potentiel touristique,
  • et une diversification durable du portefeuille, renforçant à la fois la stabilité locative et la performance annuelle.

En intégrant des actifs de qualité dans des secteurs en croissance, la société civile confirme son rôle de véhicule d’investissement responsable, capable de générer de la valeur durable pour ses porteurs de parts.

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Les chaînes d’approvisionnement au cœur du défi climatique

chaînes d’approvisionnement

Un rapport publié par EcoVadis et le Boston Consulting Group (BCG) tire la sonnette d’alarme : ignorer les émissions issues des chaînes d’approvisionnement, dites de « Scope 3 », pourrait coûter aux entreprises plus de 500 milliards de dollars par an d’ici 2030. Pourtant, loin d’être uniquement une menace, cette réalité ouvre aussi un immense champ d’opportunités pour renforcer la résilience, réduire les coûts futurs et construire une économie bas-carbone.

Les émissions de Scope 3, l’angle mort du climat en entreprise

Les émissions de Scope 3 regroupent celles générées tout au long de la chaîne de valeur d’une entreprise : extraction des matières premières. Fabrication chez les fournisseurs, logistique, utilisation et fin de vie des produits. Elles représentent en moyenne 21 fois plus d’émissions que celles des Scopes 1 et 2 (liées aux sites et activités directes).

Malgré leur importance, ces émissions restent massivement ignorées. Seules 24 % des entreprises dans le monde les déclarent et 8 % fixent des objectifs de réduction. La France fait un peu mieux, avec un tiers des entreprises qui publient ces données et 11 % qui adoptent des cibles chiffrées. Ces chiffres traduisent une sous-estimation flagrante d’un risque majeur.

L’inaction n’est pas seulement un problème environnemental : elle représente aussi un gouffre financier. En effet, la montée en puissance des politiques climatiques, notamment les mécanismes de tarification du carbone, exposera les entreprises récalcitrantes à des coûts astronomiques dans un avenir proche.

Le double péril : risques physiques et risques de transition

Les entreprises subissent aujourd’hui deux types de pressions simultanées.

  • Les risques physiques, liés aux impacts directs du dérèglement climatique : inondations, vagues de chaleur, perturbations logistiques, pénuries de matières premières. Ces événements fragilisent les chaînes d’approvisionnement mondialisées et génèrent déjà des pertes économiques significatives.
  • Les risques de transition, induits par l’évolution des politiques publiques, des réglementations et des marchés. À mesure que les États renforcent leurs ambitions climatiques et que les consommateurs exigent des produits durables, les entreprises incapables de s’adapter seront confrontées à des coûts supplémentaires, à une perte de compétitivité et à une érosion de leur réputation.

En combinant ces deux risques, les auteurs du rapport estiment que plus de 500 milliards de dollars de pertes annuelles pourraient peser sur les entreprises d’ici 2030.

Des opportunités économiques insoupçonnées

L’étude insiste sur un point clé : investir dès maintenant dans la décarbonation des chaînes d’approvisionnement n’est pas une dépense, mais un levier de performance. Les initiatives de réduction des émissions offrent un retour sur investissement estimé entre trois et six fois supérieur aux coûts engagés, en anticipant notamment la hausse du prix du carbone et les futures obligations réglementaires.

En d’autres termes, traiter le Scope 3 n’est pas qu’une contrainte réglementaire : c’est une stratégie de compétitivité. Les entreprises qui prennent de l’avance gagneront un double avantage : elles éviteront des charges massives à venir et bénéficieront d’une image renforcée auprès des clients, investisseurs et partenaires.

Cinq leviers pour transformer la prise de conscience en action

Le rapport EcoVadis-BCG identifie cinq priorités pour que les entreprises passent de la réflexion à l’action et fassent du Scope 3 un pilier stratégique de leur transformation :

1. Mobiliser les fournisseurs

L’essentiel des émissions se concentre chez les fournisseurs. Il est donc crucial d’impliquer ces derniers dans une démarche collective : partage de bonnes pratiques, objectifs communs, innovations conjointes. Plus les chaînes d’approvisionnement sont alignées, plus les résultats sont significatifs.

2. Mesurer précisément les émissions

On ne réduit que ce que l’on mesure. La construction d’un inventaire fiable des gaz à effet de serre, avec des données détaillées allant jusqu’au niveau produit, constitue une étape incontournable pour orienter les décisions.

3. Créer une gouvernance climatique interne

Une équipe dédiée, disposant de moyens réels et intégrée aux instances de direction, doit piloter la stratégie bas-carbone. Sans portage fort au plus haut niveau, la transition restera un discours sans effet.

4. Élaborer un plan de transition structuré

Au-delà des annonces, les entreprises doivent définir un plan clair avec des étapes, des échéances et des objectifs chiffrés, traduisant la vision long terme en actions concrètes.

5. Allouer un budget spécifique à la décarbonation

Sans financement dédié, les ambitions restent théoriques. Les entreprises doivent inscrire dans leurs budgets des enveloppes réservées à l’innovation, à l’efficacité énergétique et aux solutions bas-carbone.

Les cinq prochaines années : une fenêtre décisive

Les experts du BCG rappellent que le calendrier est serré : pour espérer limiter le réchauffement à 1,5 °C ou au maximum 2 °C, les cinq prochaines années seront déterminantes. Reporter l’action reviendrait à multiplier les coûts et à compromettre la résilience des chaînes d’approvisionnement mondiales.

La base de données utilisée pour cette étude, issue de plus de 133 000 évaluations menées sur 83 000 entreprises, confirme que les leviers identifiés ne relèvent pas d’une théorie abstraite, mais de pratiques concrètes déjà observées sur le terrain.

Du risque à l’opportunité stratégique

L’inaction climatique face aux émissions de Scope 3 représente un danger financier colossal. Mais au lieu de subir cette réalité, les entreprises ont la possibilité d’en faire un moteur de performance. En transformant leur chaîne d’approvisionnement en levier de décarbonation, elles réduisent leur exposition aux risques, répondent aux attentes de leurs parties prenantes et renforcent leur compétitivité.

Le message est clair : les entreprises qui prendront dès aujourd’hui le virage du Scope 3 seront les gagnantes de demain. Les autres risquent de payer au prix fort leur retard.

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Décarboner l’industrie française : promesses, contradictions et impasses

Décarboner l’industrie française

Alors que l’urgence climatique s’accélère, l’industrie française peine encore à engager une transformation à la hauteur des enjeux. Le classement publié par le Réseau Action Climat et France Nature Environnement sur les cinquante sites les plus polluants du pays rappelle cruellement que, malgré les annonces et les milliards d’euros d’aides publiques, la baisse des émissions reste fragile, conjoncturelle et souvent illusoire. Entre ralentissement de la production, lobbying agressif et manque de transparence sur l’utilisation des fonds publics, la décarbonation de l’industrie avance à pas comptés. La transition exige pourtant une vision claire, des engagements contraignants et une gouvernance capable de replacer l’intérêt général au cœur des décisions économiques.

Des réductions d’émissions trop modestes et peu durables

En 2024, l’industrie demeure le troisième secteur émetteur de gaz à effet de serre en France, avec plus de 62 millions de tonnes de CO₂ équivalent, soit près de 17 % des émissions nationales. Après une baisse spectaculaire en 2023, liée avant tout au ralentissement économique, les émissions n’ont reculé que de 1,4 % en 2024. Autrement dit, l’essentiel des progrès observés tient moins à des transformations structurelles qu’à une diminution temporaire de l’activité.

Dans certains secteurs, les résultats témoignent d’une stagnation préoccupante, voire d’un retour en arrière. La sidérurgie, déjà très dépendante de procédés fortement carbonés, a vu ses émissions repartir à la hausse. ArcelorMittal, premier émetteur du pays, a suspendu plusieurs projets de décarbonation pourtant présentés comme emblématiques. L’aluminium suit la même tendance, tandis que la chimie reste figée et que l’agroalimentaire affiche une reprise des émissions sur de nombreux sites. Ces constats traduisent une réalité simple : sans investissements rapides et profonds dans les procédés industriels, l’objectif de neutralité carbone restera hors de portée.

Au-delà des annonces, la véritable transformation — substitution des énergies fossiles, électrification des procédés, recours massif à l’économie circulaire — se fait attendre. Les décisions finales d’investissement pour les projets de décarbonation lourde ne sont pas prises, révélant une frilosité qui compromet la trajectoire climatique française.

Le brouillard budgétaire : un obstacle majeur à la transition

La réussite de la décarbonation industrielle repose sur une visibilité claire en matière de financements publics. Or, les révisions successives des enveloppes, l’absence de trajectoire pluriannuelle et le manque de planification industrielle cohérente alimentent l’incertitude. Les industriels hésitent à engager des investissements lourds faute de garanties quant à la pérennité du soutien de l’État.

Face à ce constat, de nombreux acteurs appellent à l’adoption d’une loi de programmation des finances vertes, qui permettrait d’inscrire dans la durée les moyens consacrés à la transition écologique. Ce type d’outil renforcerait la cohérence entre politiques industrielles, énergétiques et climatiques, tout en sécurisant les investissements nécessaires.

Cependant, la question ne se limite pas au montant des aides. L’enjeu central est celui de leur conditionnalité. Chaque euro investi doit contribuer à la fois à la transition écologique et à la justice sociale. Il est inacceptable, rappellent les associations, de voir des entreprises bénéficier d’importants soutiens publics tout en fermant des sites ou en organisant des plans sociaux. Conditionner les financements à des critères environnementaux et sociaux clairs constitue désormais une exigence démocratique et climatique.

La bataille de la transparence face aux lobbies

La publication du classement vise aussi à renforcer la transparence sur les engagements des industriels. Pourtant, l’opacité reste la règle lorsqu’il s’agit d’évaluer l’efficacité des aides publiques. Il est aujourd’hui quasiment impossible pour la société civile de savoir précisément à quoi ont servi les milliards déjà distribués.

Le Réseau Action Climat propose la création d’un observatoire indépendant de la décarbonation des grands sites émetteurs, ainsi que d’un registre national recensant toutes les aides publiques versées. De telles mesures permettraient d’assurer un suivi rigoureux et de mettre fin aux effets d’annonce sans résultats mesurables.

En parallèle, la pression exercée par les lobbies industriels sur les décideurs politiques compromet la cohérence de l’action publique. Le MEDEF, par exemple, a triplé ses dépenses de lobbying en quelques années, atteignant près de 3 millions d’euros en 2024, multipliant ses interventions à Paris comme à Bruxelles. Ces actions se traduisent par des reculs concrets : lois de simplification, règlements « omnibus » et assouplissements réglementaires qui retardent la mise en place de normes plus strictes.

Le manque de contrôle et de sanctions concernant les activités de lobbying renforce cette asymétrie. Malgré l’obligation de déclaration auprès de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique, de nombreuses limites persistent : absence de pouvoir coercitif, champs d’application réduits, faible suivi. Le récent scandale impliquant Nestlé Waters illustre les conséquences d’une transparence insuffisante sur les relations entre industriels et responsables politiques.

L’urgence de replacer l’intérêt général au cœur des choix industriels

La décarbonation de l’industrie française ne pourra réussir sans une refonte profonde de sa gouvernance. À l’heure où le dérèglement climatique s’aggrave, il est inacceptable de maintenir une logique de statu quo où les réductions d’émissions sont marginales et dépendantes des cycles économiques.

Il est nécessaire de fixer des règles claires, contraignantes et durables, où les aides publiques sont conditionnées à des engagements mesurables, où les investissements sont planifiés dans la durée, et où la transparence permet de juger de l’efficacité des politiques menées. Les associations environnementales appellent ainsi à dépasser les intérêts de court terme pour redonner à l’intérêt général sa place centrale dans les décisions.

Aurélie Brunstein, responsable industrie au Réseau Action Climat, résume la situation : « Sans transparence ni pilotage clair, avec l’intérêt général comme boussole politique, la transition échouera. Il est temps de reprendre la main ». Cet appel souligne que la décarbonation n’est pas seulement un enjeu technologique ou économique, mais un choix de société qui engage l’avenir.

Entre ambitions affichées et inertie persistante

La France a les moyens de réussir sa transition industrielle, mais elle se heurte à un double écueil : la frilosité des industriels et l’absence de cadre politique suffisamment ferme. Les baisses d’émissions observées jusqu’ici ne traduisent pas une transformation profonde, mais un ralentissement ponctuel de l’activité. Les milliards d’euros d’aides publiques ne produiront de résultats que si leur attribution est transparente, conditionnée et inscrite dans une stratégie de long terme.

Le temps presse. Si l’industrie française continue de repousser les décisions structurantes, elle risque de s’enfermer dans une trajectoire incompatible avec les objectifs climatiques. La transition industrielle ne peut plus être un horizon flou : elle doit devenir une réalité concrète, mesurable et collective.

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Les entreprises face au défi climatique : entre ambitions durables et mise en œuvre insuffisante

défi climatique

Alors que le monde traverse une période d’incertitudes économiques, géopolitiques et sociales, les entreprises continuent d’affirmer leur volonté d’investir dans la durabilité. Le dernier rapport du Capgemini Research Institute souligne que la transition écologique reste une priorité stratégique pour la majorité des grandes organisations. Pourtant, derrière cet engagement affiché se cache une réalité plus nuancée : les stratégies climatiques existent, mais leur concrétisation demeure partielle, souvent freinée par des contraintes financières, technologiques ou organisationnelles.

La durabilité comme levier stratégique de compétitivité

Dans un contexte où la pression réglementaire s’allège dans certains pays mais reste forte ailleurs, les entreprises reconnaissent l’importance de la durabilité comme moteur de création de valeur. Plus de 82 % prévoient d’augmenter leurs investissements environnementaux au cours des 12 à 18 prochains mois, une tendance en hausse de 8 points par rapport à l’année précédente. Pour beaucoup, la conformité aux normes environnementales reste le premier catalyseur d’action, mais elle est désormais suivie de près par des motivations plus économiques : économies de coûts, gains d’efficacité opérationnelle et développement de nouveaux modèles d’affaires.

Cette orientation traduit une évolution dans la perception de la durabilité. Loin d’être une contrainte imposée par la réglementation, elle devient un outil stratégique permettant d’anticiper les risques, de séduire des consommateurs de plus en plus exigeants et de stimuler l’innovation. Pourtant, ce basculement vers une approche proactive ne garantit pas une transformation profonde et systématique. Si les ambitions sont fortes, les plans concrets et les ressources dédiées à la transition demeurent trop limités pour répondre à l’urgence climatique.

Un décalage persistant entre stratégie et action

Le rapport révèle un contraste frappant : alors que la plupart des cadres dirigeants affirment placer l’adaptation au changement climatique au cœur de leurs priorités, seule une minorité dispose de plans de transition détaillés et opérationnels. Seules 21 % des entreprises interrogées ont défini des objectifs intermédiaires clairs assortis d’une allocation de capital dédiée. Cette absence de feuille de route concrète traduit une tendance à confondre planification stratégique et véritable adaptation.

Les freins internes sont multiples : contraintes budgétaires, données environnementales incomplètes ou peu fiables, manque de coordination entre départements et difficulté à mesurer précisément l’impact des initiatives. Sur le plan externe, les tensions géopolitiques et l’incertitude économique freinent l’accélération des projets durables. Ainsi, malgré un consensus autour de l’importance de la durabilité, beaucoup d’entreprises avancent encore à un rythme trop lent pour espérer bâtir une résilience solide.

Les impacts déjà tangibles du dérèglement climatique

Si certaines entreprises considèrent encore le changement climatique comme une menace future, la réalité montre qu’il affecte déjà leur quotidien. Plus de 70 % des dirigeants déclarent avoir été confrontés à des perturbations directes : chaînes d’approvisionnement ralenties, production interrompue, pénuries de matières premières. Deux tiers anticipent des difficultés croissantes en matière de couverture d’assurance ou de risques financiers liés à la multiplication des catastrophes naturelles.

Malgré ces signaux d’alerte, la mise en œuvre de mesures concrètes reste insuffisante. Seules 38 % modernisent activement leurs infrastructures pour les rendre plus résilientes face aux aléas climatiques, 31 % déplacent une partie de leur production vers des zones moins vulnérables, et à peine 26 % adaptent leurs gammes de produits. Autrement dit, une majorité reconnaît l’importance du problème, mais tarde à transformer cette prise de conscience en actions tangibles. Ce décalage reflète un déficit d’anticipation, alors même que les effets du climat s’intensifient.

L’intelligence artificielle : alliée et menace pour la durabilité

L’essor de l’intelligence artificielle (IA) ajoute une dimension complexe au débat sur la durabilité. Pour près de deux tiers des entreprises, l’IA représente un outil stratégique afin de mieux analyser les données environnementales, optimiser la consommation de ressources et améliorer l’efficacité énergétique. Elle offre aussi des leviers pour anticiper les risques climatiques et concevoir des solutions innovantes, par exemple dans la gestion des réseaux énergétiques ou la logistique.

Mais cette technologie n’est pas neutre. L’IA générative, en particulier, suscite des préoccupations croissantes en raison de sa consommation énergétique et de son empreinte carbone. En 2025, seuls 57 % des dirigeants estiment encore que ses bénéfices dépassent ses coûts environnementaux, contre 67 % en 2024. Pourtant, moins d’un tiers des entreprises ont réellement mis en place des mesures pour limiter cet impact. Ce paradoxe souligne la nécessité d’une approche équilibrée : exploiter le potentiel de l’IA pour accélérer la transition écologique, tout en veillant à maîtriser ses externalités négatives.

Une confiance des consommateurs en net recul

L’opinion publique exerce une pression croissante sur les entreprises. Plus de 62 % des consommateurs estiment désormais que les marques pratiquent le greenwashing, soit près du double de la proportion relevée deux ans plus tôt. De plus, 77 % considèrent que les entreprises ne font pas assez pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Cette défiance traduit une attente forte de transparence et d’authenticité.

Par ailleurs, l’accessibilité des produits durables reste un frein majeur. Seuls un quart des consommateurs jugent ces produits financièrement abordables, et seulement 16 % estiment disposer d’informations fiables sur leur durabilité réelle. Ce déficit d’information et de confiance constitue un risque stratégique pour les entreprises : à mesure que le scepticisme grandit, les marques qui ne sauront pas démontrer des progrès concrets risquent de perdre la fidélité et la crédibilité auprès de leur clientèle.

Vers une approche plus pragmatique et opérationnelle

Face à ces constats, une conclusion s’impose : l’heure n’est plus seulement aux engagements, mais à l’action concrète. Les dirigeants sont appelés à dépasser les déclarations d’intention pour adopter une approche pragmatique de la transition climatique. Cela implique de financer des mesures d’adaptation robustes, de renforcer les capacités de résilience et de repenser les modèles économiques pour intégrer pleinement la durabilité.

Comme le souligne Cyril Garcia, membre du comité de direction de Capgemini, la durabilité doit être vue non pas comme une contrainte, mais comme un moteur d’innovation et de compétitivité. Les entreprises qui sauront investir dans des solutions crédibles, mesurables et transparentes auront une longueur d’avance, tant pour répondre aux attentes réglementaires que pour regagner la confiance des consommateurs.

Un tournant décisif pour les entreprises

Le rapport du Capgemini Research Institute met en lumière un paradoxe structurant. D’un côté, la majorité des entreprises reconnaît la durabilité comme un levier essentiel de résilience et d’innovation. De l’autre, les mesures réellement mises en œuvre demeurent trop limitées pour répondre à l’urgence climatique. L’écart entre ambitions et actions concrètes risque de fragiliser à la fois la compétitivité, la confiance des consommateurs et la stabilité à long terme des organisations.

À l’heure où les effets du dérèglement climatique se multiplient, la durabilité ne peut plus se réduire à une stratégie déclarative. Elle doit devenir un pilier opérationnel, intégré dans les choix budgétaires, les processus industriels et les modèles économiques. C’est à cette condition que les entreprises pourront transformer une contrainte en opportunité et contribuer, de manière crédible, à la construction d’un avenir durable.

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L’économie mondiale face aux incertitudes : entre résilience et ralentissement annoncé

économie mondiale

L’année 2025 s’ouvre sur un paradoxe économique. D’un côté, l’économie mondiale a démontré une résistance inattendue face aux turbulences du premier semestre, marquée par des tensions géopolitiques, des politiques publiques hésitantes et des hausses de droits de douane. De l’autre, les perspectives à moyen terme demeurent assombries par la persistance d’incertitudes structurelles qui freinent l’investissement et perturbent les échanges commerciaux. Selon le dernier rapport de l’OCDE, la croissance mondiale devrait progressivement s’essouffler au cours des deux prochaines années, tandis que les risques liés à la dette publique, à la stabilité financière et aux tensions commerciales pèsent lourdement sur l’avenir.

Une résilience trompeuse au premier semestre 2025

Les six premiers mois de 2025 ont montré que l’économie mondiale n’était pas aussi fragile qu’anticipé. Malgré un contexte marqué par des tensions géopolitiques persistantes et la mise en place de barrières commerciales accrues, de nombreux pays ont réussi à maintenir un rythme de croissance correct. Cette solidité s’explique en partie par les mesures d’adaptation prises par les entreprises et les consommateurs au cours des dernières années : diversification des chaînes d’approvisionnement, constitution de stocks stratégiques et adaptation des modèles de consommation.

Cependant, cette résilience apparente cache des fragilités plus profondes. La consommation a souvent été soutenue artificiellement par l’utilisation de stocks accumulés en prévision des hausses tarifaires, tandis que les investissements productifs demeurent atones. L’incertitude politique, combinée à des signaux économiques contrastés, a freiné les prises de décision à long terme, en particulier dans les secteurs industriels et technologiques. Ainsi, ce dynamisme du premier semestre apparaît davantage comme un sursis que comme une tendance durable.

Des perspectives de croissance en recul

Le rapport de l’OCDE prévoit un ralentissement progressif de la croissance mondiale : après 3,3 % en 2024, celle-ci devrait tomber à 3,2 % en 2025, puis à 2,9 % en 2026. Cette décélération est loin d’être uniforme et reflète des dynamiques régionales contrastées.

Aux États-Unis, l’économie, portée jusqu’ici par la consommation des ménages et un marché du travail robuste, devrait connaître une phase de ralentissement marqué, avec une croissance attendue de 1,8 % en 2025 et 1,5 % en 2026. Dans la zone euro, où la fragilité industrielle s’ajoute à une demande intérieure hésitante, la croissance ne devrait pas dépasser 1,2 % en 2025 et 1 % en 2026. Quant à la Chine, moteur traditionnel de la croissance mondiale, elle devrait voir son expansion se limiter à 4,9 % en 2025 puis à 4,4 % en 2026, conséquence d’un essoufflement de la demande intérieure et de tensions commerciales accrues.

Ces prévisions traduisent un ralentissement généralisé de l’activité économique mondiale, où les moteurs traditionnels de croissance semblent grippés. La demande intérieure recule, les échanges se contractent et l’investissement reste en retrait. Ce trio fragilise à la fois les économies avancées et émergentes, créant un terrain fertile pour une instabilité prolongée.

Inflation en repli, mais vigilance de mise

L’un des rares points positifs de ce tableau est l’évolution attendue de l’inflation. Après une période de forte tension sur les prix liée à la sortie de la pandémie et aux perturbations géopolitiques, une tendance à la modération se dessine. Dans les pays du G20, l’inflation globale devrait reculer de 3,4 % en 2025 à 2,9 % en 2026, sous l’effet conjugué du ralentissement de la croissance et de l’apaisement progressif des tensions sur les marchés du travail.

Toutefois, cette détente ne doit pas masquer des risques persistants. L’inflation sous-jacente, qui exclut les composantes volatiles comme l’énergie et l’alimentation, devrait rester relativement stable autour de 2,6 % en 2025 et 2,5 % en 2026 dans les économies avancées. Cette stabilité traduit une inertie inflationniste qui pourrait se raviver rapidement en cas de nouveau choc énergétique ou de regain des tensions commerciales.

Les banques centrales, conscientes de ce fragile équilibre, sont appelées à maintenir une vigilance accrue. Si l’ancrage des anticipations d’inflation se confirme, des baisses de taux pourraient accompagner la décrue des prix. Mais la moindre déviation des trajectoires actuelles, qu’elle provienne de la géopolitique ou d’un choc financier, obligerait à des ajustements rapides et parfois douloureux de la politique monétaire.

Le défi budgétaire : entre discipline et réformes structurelles

Au-delà des variables conjoncturelles, la question budgétaire demeure un enjeu majeur pour la stabilité économique mondiale. La dette publique, déjà élevée dans de nombreux pays, limite la capacité des États à soutenir l’activité en cas de nouveaux chocs. L’OCDE insiste sur la nécessité d’une discipline budgétaire rigoureuse, combinant maîtrise des dépenses et optimisation des recettes.

Mais cette discipline ne doit pas se limiter à une logique d’austérité. Elle doit s’inscrire dans une stratégie de moyen terme, où les réallocations de dépenses et la modernisation des systèmes fiscaux contribuent à restaurer la viabilité de la dette tout en préservant les marges d’investissement. Sans cette approche équilibrée, les économies risquent de se retrouver piégées entre la contrainte de la dette et l’incapacité à réagir efficacement à des crises futures.

Par ailleurs, la question de la crédibilité des trajectoires budgétaires est centrale. Dans un contexte où la confiance des investisseurs et des marchés financiers peut vaciller rapidement. Les gouvernements doivent démontrer une capacité claire à stabiliser leurs finances publiques. Cette confiance repose autant sur la rigueur comptable que sur la vision politique : sans réformes structurelles crédibles, aucune discipline budgétaire ne peut être durable.

L’urgence d’une coopération internationale

Les tensions commerciales actuelles ne sont pas qu’une affaire de tarifs douaniers. Elles révèlent une remise en cause plus profonde de l’ordre économique mondial. Bâti sur l’ouverture des marchés et la coopération multilatérale. Le Secrétaire général de l’OCDE, Mathias Cormann, a rappelé que la résolution durable de ces tensions constitue une condition indispensable au retour d’une croissance solide.

Cela implique non seulement de limiter l’escalade tarifaire, mais aussi de repenser les règles du commerce international. Les accords doivent être rendus plus équitables, plus transparents et mieux adaptés aux réalités actuelles. Où les technologies numériques, la transition énergétique et la diversification des chaînes de valeur redessinent les échanges mondiaux.

L’avenir du système économique mondial dépendra largement de la capacité des grandes puissances à coopérer plutôt qu’à s’affronter. Faute de consensus, les risques d’une fragmentation durable de l’économie mondiale s’accentueront. Avec des pertes importantes en termes de croissance, d’innovation et de stabilité.

L’innovation et les réformes comme leviers d’avenir

Au-delà des réponses conjoncturelles, la véritable clé de la prospérité future réside dans l’innovation et les réformes structurelles. Comme le souligne Álvaro Santos Pereira, chef économiste de l’OCDE, les nouvelles technologies. Notamment l’intelligence artificielle, peuvent offrir un potentiel considérable d’amélioration des niveaux de vie. Mais ce potentiel ne pourra se concrétiser sans des politiques actives de soutien à l’innovation. À la formation et à l’adaptation des systèmes économiques et sociaux.

Il ne s’agit pas seulement d’investir dans la recherche ou de favoriser l’essor des start-up. Les réformes doivent aussi viser à rendre les marchés du travail plus inclusifs. Les systèmes éducatifs plus adaptés aux nouvelles compétences, et les cadres réglementaires plus souples face aux évolutions technologiques. Ces transformations, souvent lentes et politiquement sensibles, conditionnent pourtant la capacité des économies à s’adapter aux bouleversements en cours.

L’intelligence artificielle, par exemple, pourrait générer des gains massifs de productivité. Mais aussi creuser les inégalités si son déploiement n’est pas accompagné de politiques sociales et éducatives ambitieuses. La transition énergétique, de son côté, constitue à la fois un défi colossal et une opportunité de croissance verte. Qui ne pourra être saisie qu’au prix d’investissements massifs et d’une coopération internationale renforcée.

Une économie mondiale en quête de cap

L’économie mondiale se trouve à la croisée des chemins. Résiliente à court terme mais fragilisée dans ses fondements. Ele doit composer avec un ralentissement annoncé, des incertitudes persistantes et des risques budgétaires croissants. Le reflux attendu de l’inflation offre une fenêtre d’opportunité. Mais celle-ci pourrait se refermer brutalement si les tensions commerciales et géopolitiques ne trouvent pas d’issue durable.

Dans ce contexte, l’avenir dépendra largement des choix collectifs. Discipline budgétaire, coopération internationale, réformes structurelles et soutien à l’innovation ne sont pas des options parmi d’autres. Elles constituent les piliers indispensables d’une croissance durable et inclusive. Faute de les mettre en œuvre, le risque est grand de voir l’économie mondiale glisser vers une période prolongée de stagnation et d’instabilité.

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Retraite : JP Morgan bouscule les idées reçues sur les dépenses des ménages

JP Morgan

Un nouveau rapport publié par JP Morgan vient remettre en question plusieurs croyances ancrées dans la planification de la retraite. Intitulée « Trois nouvelles surprises de dépenses : informations supplémentaires sur les comportements financiers à la retraite », cette étude s’appuie sur l’analyse de plus de 280 000 clients. Ses conclusions, loin de confirmer certains modèles établis, redessinent la façon dont il convient d’anticiper les dépenses après la vie active.

L’enjeu est majeur : comprendre comment évoluent les dépenses au fil du temps influence directement le montant d’épargne nécessaire, le moment optimal pour cesser son activité et la manière de vivre la retraite.

Ceci est un extrait d’une interview, sélectionné par votre média Green Finance, qui donne la parole à tous, même si cela peut vous déplaire et nous déclinons toutes responsabilités sur la source et les propos de cet extrait.

Les limites du « sourire de la retraite »

Pendant longtemps, la planification financière s’est appuyée sur le concept du « sourire de la retraite ». Selon cette idée, les dépenses des retraités sont élevées au début de leur nouvelle vie, diminuent ensuite progressivement, puis repartent à la hausse dans les dernières années, principalement sous l’effet des coûts liés à la santé.

Or, les données de JP Morgan nuancent fortement ce schéma. L’étude met en évidence une courbe des dépenses différente :

  • un pic entre 45 et 49 ans, avec des dépenses annuelles proches de 90 000 $ pour les ménages disposant de 250 000 à 750 000 $ d’actifs (hors immobilier) ;
  • une baisse progressive avec l’âge, sans réel rebond en fin de vie.

Si les dépenses de santé augmentent effectivement, elles ne suffisent pas à compenser la baisse des autres postes budgétaires tels que l’alimentation, le logement ou les loisirs. Certaines catégories, en revanche, connaissent une progression inattendue : les dons et cadeaux.

Cette première conclusion oblige à repenser les hypothèses de long terme qui fondent la planification de la retraite.

Une hausse temporaire des dépenses lors de retraites partielles

Autre constatation majeure : l’entrée progressive en retraite génère une augmentation temporaire des dépenses. Lorsque, dans un couple, un seul partenaire cesse de travailler, le foyer traverse une phase de consommation plus importante dans les douze mois qui précèdent et suivent ce changement.

Cette dynamique touche principalement les ménages dont les revenus de retraite sont inférieurs à 150 000 $. Pour ces foyers, l’arrivée des premiers flux financiers issus de la sécurité sociale ou d’autres pensions permet de financer des dépenses différées jusque-là. Une sorte d’« effet rattrapage » s’observe alors, avant que les dépenses ne reviennent à un niveau plus modéré dans les années suivantes.

À l’inverse, les ménages disposant de revenus plus élevés ne manifestent pas cette augmentation. Leur capacité de consommation étant moins contrainte avant la retraite, l’effet de transition se fait moins sentir.

La volatilité des comportements financiers

La troisième surprise mise en lumière par JP Morgan concerne la volatilité des dépenses. Tous les retraités ne suivent pas une trajectoire lisse et prévisible. Certains affichent une grande régularité, tandis que d’autres connaissent des fluctuations significatives, liées à leur style de vie, à des imprévus ou encore à des choix personnels.

Pour les planificateurs financiers comme pour les particuliers, cela pose un défi supplémentaire : il ne suffit pas de projeter des moyennes, il faut aussi intégrer la possibilité d’écarts soudains. La mise en place d’une marge de sécurité, l’accompagnement par un conseiller ou l’utilisation de logiciels spécialisés deviennent alors des leviers essentiels pour anticiper ces aléas.

Le rapport de JP Morgan

Le rapport de JP Morgan apporte un éclairage inédit sur les comportements financiers à la retraite. En remettant en cause le modèle du « sourire de la retraite », en identifiant la hausse temporaire des dépenses lors des retraites partielles et en soulignant l’importance de la volatilité, il invite à repenser en profondeur les stratégies d’épargne et de consommation.

Comme le résume Bruno Boggiani, CEO de Strateggyz et de Green Finance :
« Cette étude rappelle qu’il n’existe pas une seule trajectoire de retraite, mais une diversité de parcours financiers qu’il faut comprendre pour mieux les anticiper. »

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Le flop de l’IPEM et le top de Patrimonia

Patrimonia

Paris, capitale mondiale de la finance ? Peut-être dans les esprits chauvins de certains organisateurs… mais sûrement pas dans les faits. Car une fois de plus, l’IPEM Global Paris s’est révélé être un non-événement : boycotté, déserté, et totalement hors-sol en matière de finance verte.

Chez Green Finance, nous avons voulu y croire, nous avons posé la question : “Alors, le green, c’est pour quand ?” Réponse sèche : “Pas de green chez nous.” Merci, au revoir. Voilà qui est clair : pour l’IPEM, la durabilité n’est qu’un mot à la mode, sans importance. Résultat ? Un salon sans âme, sans public, et surtout sans avenir pour celles et ceux qui pensent l’investissement de demain.

Peut-être est-ce tout simplement le syndrome parisien : l’idée que hors de Paris, point de salut. Pourquoi bouger ? Paris serait le centre du monde, pensent-ils. Eh bien non. Pendant que la capitale s’endort sur ses certitudes, le cœur de la profession bat à… Lyon.

Patrimonia : la grande messe qui rassemble

À des centaines de kilomètres de la tour d’ivoire parisienne, Patrimonia continue d’attirer les foules et de fédérer un secteur entier.

  • 9.054 professionnels du patrimoine réunis en 2024, venus de toute la France.
  • 380 partenaires-exposants représentant toutes les familles de solutions : immobilier, SCPI, private assets, assurance, sociétés de gestion…
  • 110 conférences et ateliers pour se former, s’informer et débattre des tendances de marché.

Des conseillers en gestion de patrimoine, des family offices, des gérants privés, des notaires, des experts-comptables, des avocats : tout l’écosystème patrimonial était présent. Ici, on se parle, on échange, on apprend. Ici, l’investissement a du sens, et l’ouverture à la finance durable est une évidence.

Green Finance avance, mais pas avec tout le monde

Alors oui, l’IPEM a fait flop. Mais à vrai dire, cela ne change pas grand-chose : ceux qui veulent continuer à regarder dans le rétroviseur peuvent rester dans leurs salons vides. Pendant ce temps, les vrais acteurs avancent, échangent et innovent – à Lyon, à Patrimonia, et ailleurs.

Green Finance, média de référence de la finance verte, préfère accompagner ce mouvement, plutôt que de perdre son temps à convaincre ceux qui n’ont, visiblement, aucun intérêt à s’inscrire dans l’avenir.

À lire aussi : Cyberattaque contre Harvest

Cyberattaque contre Harvest

Cyberattack

Une cyberattaque d’envergure a secoué le monde du conseil financier français il y a plusieurs mois. Le groupe de hackers Run Some Wares a revendiqué l’attaque par ransomware ayant visé Harvest, un éditeur de logiciels incontournables pour les conseillers financiers. Cette opération ne se limite pas à un simple acte de piraterie numérique : elle met en lumière les failles d’un écosystème tout entier, où la confiance, la sécurité des données et la responsabilité institutionnelle sont mises à rude épreuve. Au cœur du scandale : la CNCEF, organisation professionnelle influente, désormais critiquée pour ses choix technologiques et ses recommandations jugées hasardeuses.

Une cyberattaque méthodique et revendiquée

Run Some Wares, un groupe cybercriminel bien connu des analystes en cybersécurité, a revendiqué l’opération sur sa plateforme clandestine. Ils y ont publié des extraits de données volées, des captures d’échange avec Harvest, ainsi qu’une arborescence partielle du contenu exfiltré. Ces éléments confirment une attaque par double extorsion : les données sont d’abord volées, puis l’entreprise est menacée de leur divulgation si elle refuse de payer une rançon.

Cette pratique est devenue une norme parmi les groupes de ransomware les plus structurés. Le fait que Run Some Wares ait aussi ciblé plusieurs autres organisations européennes durant le premier trimestre 2025 suggère une stratégie offensive coordonnée et ambitieuse, avec un impact potentiel bien au-delà de la seule entreprise Harvest.

Harvest : entre mutisme stratégique et gestion de crise

La réponse de Harvest s’inscrit dans une logique de communication maîtrisée, voire verrouillée. L’entreprise, tout en confirmant l’attaque, affirme avoir suivi les recommandations officielles en refusant toute négociation avec les assaillants. Elle insiste également sur sa coopération avec les autorités compétentes et sur les mesures mises en place pour informer ses clients.

Cependant, cette posture prudente ne rassure pas totalement. Derrière le discours institutionnel, les professionnels du secteur redoutent une atteinte bien plus profonde à la confidentialité des données. Les informations compromises pourraient concerner non seulement des cabinets de conseil, mais aussi les données personnelles et financières de milliers de clients. Pour beaucoup, Harvest cherche avant tout à contenir les répercussions juridiques et réputationnelles, quitte à laisser planer un flou sur l’ampleur réelle du désastre.

La CNCEF dans la tourmente : un choix technologique aux lourdes conséquences

La CNCEF (Chambre Nationale des Conseils Experts Financiers) se retrouve dans une position délicate. En recommandant activement l’usage des solutions Harvest à ses membres, elle a de fait orienté une grande partie des professionnels vers une plateforme aujourd’hui compromise. Ce lien étroit entre l’organisation et l’éditeur de logiciels fait peser une part de responsabilité sur la CNCEF, accusée d’avoir manqué de discernement dans son évaluation des risques.

Cette attaque vient s’ajouter à une série de décisions contestées prises par l’organisation ces derniers mois, renforçant l’image d’un pilotage à vue. Certains membres s’interrogent ouvertement sur la capacité de la CNCEF à jouer son rôle de garant et de guide dans un environnement numérique devenu hautement vulnérable.

Des répercussions durables sur la confiance et la cybersécurité du secteur

Au-delà des enjeux techniques, l’affaire pose une question centrale : celle de la confiance. Pour les conseillers financiers, la relation client repose en grande partie sur la confidentialité des informations échangées. Une fuite de données, même partielle, peut éroder durablement cette confiance, avec des conséquences commerciales et juridiques importantes.

Ce scandale agit comme un révélateur : la cybersécurité n’est plus une simple affaire d’infrastructure informatique, mais un pilier de la relation client et de la gouvernance des institutions. Le secteur du conseil financier, qui manipule des données hautement sensibles, se voit désormais contraint d’accélérer sa transformation en matière de sécurité numérique.

Une crise révélatrice d’un changement nécessaire

L’attaque contre Harvest dépasse largement le cadre d’un incident isolé. Elle souligne l’urgence pour les acteurs du monde financier de revoir leurs pratiques en matière de cybersécurité, mais aussi de remettre en question certaines alliances technologiques. La CNCEF, en particulier, devra faire preuve d’une plus grande rigueur dans ses recommandations pour espérer restaurer la confiance de ses membres. Ce choc, bien que brutal, pourrait constituer un tournant salutaire pour un secteur encore trop vulnérable face aux menaces numériques.