KIABI sacré meilleur employeur en France

Kiabi great place to work

KIABI arrive en tête du classement Best Workplaces™ France 2026 dans la catégorie des entreprises de plus de 2 500 salariés. Cette distinction, fondée sur une enquête indépendante auprès des collaborateurs, récompense une transformation interne majeure : engagement des équipes, management responsable et évolution du modèle de l’entreprise.

KIABI n°1 du palmarès Best Workplaces™ France 2026

KIABI, l’enseigne française de prêt-à-porter connue pour son positionnement « la mode à petits prix », se hisse à la première place du classement Best Workplaces™ France 2026 dans la catégorie des entreprises de plus de 2 500 salariés.

Cette distinction, attribuée par Great Place to Work®, repose sur une enquête indépendante menée auprès des collaborateurs. Elle mesure notamment la confiance envers l’entreprise, l’équité, l’engagement des équipes et la qualité des pratiques managériales.

Pour KIABI, cette reconnaissance intervient dans un contexte stratégique particulier. L’entreprise a engagé depuis plusieurs années une transformation profonde de son modèle afin d’adapter son activité aux mutations du secteur de la mode.

Une transformation stratégique du modèle KIABI

Dans un marché de la mode en pleine recomposition, KIABI a fait évoluer son positionnement historique pour construire un écosystème complet dédié aux familles.

Cette évolution s’est traduite par plusieurs initiatives majeures :

  • développement de nouvelles marques comme KIABI Home, Kitchoun ou encore Eskatt
  • accélération de la présence digitale et du e-commerce
  • modernisation progressive du réseau de magasins
  • élargissement de l’offre pour répondre aux nouveaux usages des consommateurs

Cette transformation impacte également l’organisation interne de l’entreprise. Elle implique l’acquisition de nouvelles compétences, l’émergence de nouveaux métiers et la mise en place d’une organisation plus agile.

Malgré ces changements, l’engagement des équipes reste particulièrement élevé. Selon l’étude menée dans le cadre du classement, 81 % des collaborateurs déclarent qu’il fait bon travailler chez KIABI.

Engagement des collaborateurs et management responsable

La transformation menée par KIABI repose sur une conviction forte : l’engagement des équipes constitue un moteur essentiel de la performance et de la croissance.

Pour concrétiser cette vision, l’entreprise a intégré des indicateurs liés à l’engagement et à la satisfaction des collaborateurs directement dans ses KPI stratégiques.

Le modèle de management repose sur plusieurs principes clés :

  • des décisions prises au plus près du terrain
  • une responsabilisation accrue des managers
  • une plus grande autonomie accordée aux équipes

Les résultats de l’enquête Great Place to Work illustrent cette dynamique interne :

  • 91 % des collaborateurs considèrent que le management est honnête et éthique
  • 98 % estiment être traités de manière équitable
  • 89 % se déclarent fiers des réalisations de la marque

La gouvernance de l’entreprise participe également à cet engagement collectif. En France, 81 % des collaborateurs sont actionnaires de leur entreprise, renforçant ainsi leur implication dans la réussite du groupe.

Au niveau international, plus de 90 % des collaborateurs se disent fiers de travailler pour KIABI, avec un taux d’engagement global supérieur à 8,3 sur 10.

« Ici c’est KIABI » : une marque employeur affirmée

Dans le cadre de sa transformation, KIABI a également développé une démarche de marque employeur baptisée « Ici c’est KIABI ».

Ce programme, déployé dans les différents pays où l’enseigne est présente, vise à formaliser et à rendre visible la culture interne de l’entreprise.

L’objectif est double :

  • valoriser l’expérience vécue par les collaborateurs
  • accompagner l’évolution des métiers et de l’organisation

Aujourd’hui, 80 % des collaborateurs estiment que cette marque employeur reflète fidèlement leur quotidien au sein de l’entreprise.

À propos de KIABI

Fondée en France, KIABI conçoit et distribue des collections de mode destinées aux familles. L’entreprise s’appuie sur un réseau international de 648 points de contact et est implantée dans 37 pays.

En 2024, l’enseigne a enregistré un chiffre d’affaires de 2,5 milliards d’euros, dont 48 % réalisés à l’international.

KIABI propose aujourd’hui plus de 10 000 références et plus de 83 millions de pièces sont vendues chaque année.

La marque s’inscrit également dans une démarche de responsabilité environnementale. Elle s’engage notamment dans :

  • la réduction de l’impact environnemental des matières premières
  • l’allongement de la durée de vie des vêtements grâce à la seconde main
  • des initiatives solidaires portées par la Kiabi Foundation

Depuis plus de 50 ans, cet engagement collectif rassemble collaborateurs, partenaires et familles autour d’un projet commun.

À découvrir aussi sur Green Finance : Monabanq lance un livret d’épargne solidaire permettant de reverser ses intérêts à des associations

Monabanq lance un livret d’épargne solidaire permettant de reverser ses intérêts à des associations

monabanq

La banque en ligne Monabanq annonce le lancement du Livret pour Agir (LPA), un produit d’épargne solidaire permettant aux clients de reverser tout ou partie de leurs intérêts à des associations. Cette initiative vise à concilier performance financière, impact social et engagement citoyen.

Une nouvelle solution d’épargne engagée

Dans un contexte où de plus en plus d’épargnants souhaitent aligner leurs placements avec leurs valeurs, Monabanq introduit un nouveau produit financier : le Livret pour Agir (LPA).

Ce livret d’épargne solidaire permet aux clients de soutenir des causes sociales et environnementales en reversant une partie ou la totalité de leurs intérêts à des associations partenaires.

Les épargnants peuvent ainsi transformer leur épargne en outil d’impact concret, tout en conservant la disponibilité de leurs fonds.

L’épargne de partage : une tendance en plein essor

Depuis plusieurs années, les produits d’épargne responsables gagnent du terrain auprès du grand public.

De nombreux Français souhaitent aujourd’hui que leur argent contribue à des projets utiles pour la société, sans renoncer à la sécurité de leur épargne.

Le Livret pour Agir s’inscrit dans cette dynamique en proposant un mécanisme simple : les détenteurs du livret peuvent choisir de reverser 50 %, 75 % ou 100 % de leurs intérêts à des associations engagées dans des causes d’intérêt général.

Parmi les organisations bénéficiaires figurent notamment :

  • la Fondation pour l’école
  • Petits Princes
  • Handicap International
  • Médecins du Monde
  • Action contre la Faim
  • les Banques Alimentaires
  • SOS Villages d’Enfants

Un avantage fiscal pour encourager la générosité

Au-delà de l’impact social, ce dispositif offre également un avantage fiscal aux épargnants.

Les dons issus des intérêts reversés permettent de bénéficier :

  • d’une réduction d’impôt de 75 % sur les dons, dans la limite de 1 000 euros par an
  • d’une réduction de 66 % au-delà de ce plafond

Par ailleurs, la fiscalité appliquée aux intérêts du livret reste favorable grâce à l’application du prélèvement forfaitaire unique réduit à 23,6 %, contre 31,4 % pour une épargne classique.

Un produit accessible et flexible

Monabanq met également en avant la simplicité d’accès à ce nouveau produit.

Le Livret pour Agir est ouvert à tous, avec des conditions volontairement accessibles :

  • ouverture possible dès 10 €
  • un seul livret par personne
  • gestion entièrement en ligne

La rémunération est fixée à 1,60 % brut jusqu’à 20 000 euros, puis 1 % brut au-delà.

Les intérêts sont calculés par quinzaine et versés chaque année.

Les fonds restent disponibles à tout moment, permettant aux épargnants de conserver une grande flexibilité dans la gestion de leur argent.

Une réponse aux nouvelles attentes des épargnants

Avec ce nouveau produit, Monabanq souhaite répondre à une évolution profonde du rapport des Français à l’argent.

De nombreux consommateurs cherchent désormais à concilier :

  • performance financière
  • impact social
  • transparence des placements

Le Livret pour Agir s’inscrit dans cette logique en proposant une solution simple permettant d’orienter l’épargne vers des projets utiles à la société.

Monabanq et l’engagement bancaire

Filiale du groupe Crédit Mutuel Alliance Fédérale, Monabanq met en avant une approche bancaire centrée sur l’accessibilité et la transparence.

Avec ce nouveau livret solidaire, la banque en ligne affirme sa volonté de proposer des produits financiers permettant aux clients de donner davantage de sens à leur épargne.

L’objectif est de rendre l’investissement responsable accessible au plus grand nombre, sans complexifier l’expérience bancaire.

Une évolution du rôle de l’épargne

L’initiative illustre une transformation plus large du secteur financier.

L’épargne n’est plus seulement perçue comme un outil de placement individuel : elle devient progressivement un levier d’action collective, capable de soutenir des projets sociaux, environnementaux ou solidaires.

Avec le Livret pour Agir, Monabanq s’inscrit dans cette tendance en proposant une solution simple pour concilier épargne personnelle et engagement citoyen.

À lire aussi sur Green finance : Ecofi, Goodvest et Team for the Planet lancent un fonds pour financer la transition énergétique

Ecofi, Goodvest et Team for the Planet lancent un fonds pour financer la transition énergétique

ecofi

Face à la montée des besoins de financement de la transition énergétique et climatique, Ecofi, Goodvest et Team for the Planet annoncent le lancement d’un nouveau fonds obligataire durable. Ce véhicule d’investissement vise à orienter l’épargne vers des projets contribuant à la décarbonation de l’économie tout en respectant des critères financiers et extra-financiers rigoureux.

Un nouveau fonds dédié aux obligations durables

Ecofi, société de gestion du groupe Crédit Coopératif, s’associe à Goodvest et Team for the Planet pour lancer un fonds baptisé « Team for the Planet – Goodvest Sustainable Bonds by Ecofi ».

Ce fonds obligataire a pour objectif principal de financer des projets contribuant à la transition énergétique et climatique, dans un contexte marqué par des besoins d’investissement croissants pour accélérer la décarbonation de l’économie.

Classé article 9 au sens du règlement européen SFDR, le fonds se positionne parmi les stratégies d’investissement les plus exigeantes en matière d’impact environnemental.

Le marché des obligations vertes gagne en maturité

Le lancement de ce fonds intervient dans un contexte où le marché des obligations durables connaît une croissance rapide.

Ces instruments financiers — souvent appelés green bonds ou obligations vertes — permettent de financer des projets liés à :

  • la transition énergétique
  • la lutte contre le changement climatique
  • la protection de la biodiversité
  • la réduction des émissions de gaz à effet de serre

Avec la normalisation progressive du cadre réglementaire européen et l’intégration croissante des critères ESG dans les stratégies d’investissement, ces obligations s’imposent désormais comme une composante structurante des portefeuilles financiers.

Un fonds principalement investi en obligations vertes

Le fonds repose sur une allocation majoritairement composée d’obligations vertes.

Au minimum 75 % de l’actif sera investi dans ce type d’instruments destinés à financer des projets environnementaux. Le portefeuille pourra également intégrer, dans une proportion limitée, d’autres obligations respectant les critères d’investissement durable.

Les investissements visent notamment à soutenir des initiatives liées à :

  • la transition énergétique
  • la réduction des émissions de carbone
  • la protection de la biodiversité
  • la lutte contre les pollutions

La sélection des émetteurs repose sur une analyse financière et extra-financière approfondie.

Une gestion basée sur l’expertise combinée des partenaires

La gestion financière du fonds est assurée par Ecofi, qui pilote l’allocation d’actifs et l’analyse des obligations sélectionnées.

La stratégie d’investissement s’appuie notamment sur l’outil interne PRISME, qui intègre :

  • des exclusions sectorielles
  • une analyse ESG détaillée
  • une évaluation de l’impact environnemental des projets financés

Goodvest intervient quant à lui comme conseiller sur l’univers d’investissement, tandis que Team for the Planet apporte son expertise dans l’identification de solutions innovantes visant à réduire durablement les émissions de gaz à effet de serre.

Un projet inscrit dans un partenariat plus large

Le lancement de ce fonds s’inscrit dans une collaboration plus large entre les acteurs impliqués.

Le groupe Crédit Coopératif et Team for the Planet avaient déjà développé l’offre bancaire Bank for the Planet, destinée à orienter l’épargne vers des projets favorables à la transition écologique.

Cette nouvelle stratégie d’investissement vient compléter cette initiative en proposant un véhicule financier dédié aux marchés obligataires.

Répondre aux attentes croissantes des investisseurs

Selon les acteurs du projet, de plus en plus d’épargnants souhaitent donner davantage de sens à leur argent en investissant dans des solutions contribuant à la transition écologique.

Cependant, ils manquent souvent d’outils financiers à la fois :

  • crédibles
  • transparents
  • rigoureusement sélectionnés

Le nouveau fonds vise précisément à répondre à cette demande en proposant une approche combinant exigence financière et impact environnemental mesurable.

Les caractéristiques principales du fonds

Le fonds présente plusieurs caractéristiques structurantes :

  • classification Article 9 SFDR
  • investissement majoritaire en obligations vertes
  • analyse ESG intégrée dans la sélection des émetteurs
  • gestion active du portefeuille obligataire

Il s’adresse principalement aux investisseurs souhaitant participer au financement de la transition climatique tout en recherchant une gestion financière structurée.

Une initiative qui illustre l’évolution de la finance durable

La création de ce fonds reflète une évolution profonde du secteur financier.

La finance durable ne se limite plus à l’exclusion de certains secteurs : elle vise désormais à orienter activement les capitaux vers des projets contribuant à la transition énergétique et écologique.

Dans un contexte de transformation climatique et économique accélérée, ces mécanismes d’investissement apparaissent comme un levier clé pour financer les infrastructures et innovations nécessaires à la transition énergétique.

À lire aussi sur Gren Finance : RGREEN INVEST mobilise plus de 900 millions d’euros pour accélérer la souveraineté énergétique européenne

RGREEN INVEST mobilise plus de 900 millions d’euros pour accélérer la souveraineté énergétique européenne

RGREEN INVEST

RGREEN INVEST annonce la levée de plus de 900 millions d’euros pour son fonds INFRAGREEN V, destiné à financer les infrastructures énergétiques stratégiques en Europe. Dans un contexte de tensions géopolitiques et de transition climatique accélérée, cette initiative vise à renforcer l’indépendance énergétique et la compétitivité industrielle du continent.

Un nouveau fonds pour soutenir la transition énergétique européenne

La société de gestion indépendante RGREEN INVEST, spécialisée dans le financement de la transition énergétique, a annoncé le closing final de sa stratégie INFRAGREEN V, qui dépasse désormais 900 millions d’euros levés.

Ce fonds a pour objectif de soutenir le développement d’infrastructures énergétiques capables de renforcer la souveraineté énergétique de l’Europe, tout en améliorant la compétitivité industrielle du continent.

L’initiative intervient dans un contexte marqué par plusieurs transformations majeures :

  • tensions géopolitiques croissantes
  • accélération du changement climatique
  • transformation rapide des infrastructures numériques
  • hausse des besoins énergétiques européens

Face à ces défis, les investissements dans les infrastructures énergétiques sont désormais considérés comme un enjeu stratégique majeur pour l’économie européenne.

Des investissements ciblés dans les infrastructures énergétiques

Le fonds INFRAGREEN V a été conçu pour financer des infrastructures capables de soutenir la transition énergétique tout en garantissant une énergie compétitive.

La stratégie d’investissement se concentre principalement sur :

  • la production d’énergies renouvelables
  • les infrastructures de stockage d’énergie
  • l’électrification des usages industriels et économiques

Ces investissements visent à réduire la dépendance énergétique européenne tout en soutenant la réindustrialisation et la stabilité économique du continent.

Le fonds cible en priorité le segment mid-market européen, où les besoins de financement sont particulièrement importants.

Une attention particulière portée à l’Europe centrale et orientale

INFRAGREEN V met également l’accent sur certaines zones géographiques où les besoins d’infrastructures énergétiques restent très élevés.

C’est notamment le cas de l’Europe centrale et orientale, où les investissements énergétiques jouent un rôle clé dans le développement économique.

Dans ces régions, la construction de nouvelles infrastructures énergétiques est essentielle pour :

  • renforcer l’indépendance énergétique
  • soutenir la croissance économique
  • moderniser les réseaux énergétiques

Ces investissements s’inscrivent dans une logique plus large de résilience énergétique européenne.


Un fonds aligné avec les standards ESG les plus exigeant

INFRAGREEN V bénéficie de plusieurs labels et classifications liés à la finance durable.

Le fonds est :

  • labellisé Greenfin, label français dédié aux investissements verts
  • classé Article 9 du règlement européen SFDR, le niveau le plus exigeant en matière de finance durable

Une innovation importante accompagne ce nouveau fonds : un mécanisme de partage de valeur indexé sur l’atteinte d’objectifs climatiques, introduit pour la première fois dans la stratégie INFRAGREEN.

Cette approche vise à aligner la performance financière avec les résultats environnementaux.

Des investissements déjà engagés dans plusieurs projets européens

Le portefeuille du fonds est déjà en cours de déploiement avec plusieurs participations stratégiques.

Parmi les projets soutenus figurent notamment :

  • NW Storm, acteur majeur du stockage d’énergie en Europe
  • Renalfa IPP, producteur indépendant d’électricité en Europe centrale et orientale
  • Belenergia, acteur clé du biométhane contribuant à l’indépendance énergétique de l’Italie

Ces investissements répondent aux enjeux énergétiques propres à chaque pays tout en contribuant à un objectif commun : accélérer la transition énergétique européenne.

Un soutien fort des investisseurs institutionnels

Le fonds a attiré plusieurs investisseurs institutionnels majeurs.

Parmi eux :

  • le Fonds de Réserve pour les Retraites (FRR)
  • le Fonds Européen d’Investissement (FEI)
  • plusieurs assureurs internationaux
  • un large ensemble d’investisseurs institutionnels européens

Cette participation reflète la confiance accordée à la stratégie de financement de la transition énergétique portée par RGREEN INVEST.

La transition énergétique comme enjeu stratégique pour l’Europe

Selon Nicolas Rochon, fondateur et CEO de RGREEN INVEST, la transition énergétique constitue aujourd’hui un défi central pour l’Europe.

Dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques et l’évolution rapide des infrastructures numériques, investir dans des infrastructures énergétiques compétitives devient une priorité stratégique.

Le fonds INFRAGREEN V vise précisément à accélérer la construction d’infrastructures énergétiques adaptées aux nouveaux besoins économiques et industriels européens.

RGREEN INVEST, un acteur majeur du financement de la transition énergétique

Basée à Paris et agréée par l’Autorité des marchés financiers, RGREEN INVEST est spécialisée depuis plus de quinze ans dans le financement de la transition énergétique.

L’entreprise :

  • gère 3,6 milliards d’euros d’actifs
  • emploie plus de 50 professionnels spécialisés
  • a déjà soutenu près de 3 000 projets énergétiques, principalement en Europe

Certifiée B Corp et entreprise à mission, la société accompagne les entrepreneurs européens avec des solutions de financement en equity et en dette afin d’accélérer la transition énergétique.

Vers une nouvelle architecture énergétique européenne

La levée de plus de 900 millions d’euros pour INFRAGREEN V illustre l’ampleur des capitaux nécessaires pour transformer les systèmes énergétiques européens.

Dans un monde marqué par les tensions géopolitiques, la transition climatique et l’essor des infrastructures numériques, la question énergétique devient un enjeu central de souveraineté.

Le développement d’infrastructures renouvelables, de solutions de stockage et de réseaux énergétiques modernisés apparaît désormais comme l’un des piliers de la résilience économique et industrielle de l’Europe

À découvrir aussi sur Green finance : Décarbonation de l’industrie : les aides publiques ont-elles vraiment accéléré la transition ?

Taxe sur les petits colis

Taxe sur les petits colis

E-commerce chinois, taxe sur les petits colis et guerre logistique : un enjeu économique, climatique et stratégique

Le commerce en ligne mondial traverse une transformation profonde. L’explosion des plateformes asiatiques comme Alibaba, Shein ou Temu a bouleversé les chaînes logistiques internationales et mis en lumière une faille réglementaire européenne : l’exemption douanière sur les petits colis. Face à l’arrivée massive de produits à bas coût, l’Europe réfléchit désormais à une taxe spécifique. Cette évolution, loin d’être purement commerciale, soulève des questions de concurrence, de souveraineté économique et d’impact environnemental.

L’explosion des petits colis venus d’Asie

Au cours des dernières années, le modèle du direct-to-consumer transcontinental s’est imposé. Les plateformes chinoises vendent directement aux consommateurs européens, expédiant les produits individuellement depuis l’Asie.

Chaque année, plus de deux milliards de petits colis entrent dans l’Union européenne, dont la très grande majorité provient de Chine. Ce modèle repose sur une particularité réglementaire : jusqu’à récemment, les colis d’une valeur inférieure à 150 € bénéficiaient d’une exemption de droits de douane.

Initialement conçue pour simplifier les petits achats internationaux et éviter l’engorgement des douanes, cette règle est aujourd’hui devenue un levier logistique massif pour les plateformes d’e-commerce internationales.

Résultat : des millions d’articles, vêtements, gadgets électroniques, accessoires, arrivent chaque jour en Europe via transport aérien, souvent vendus à des prix extrêmement bas.

Pourquoi l’Union européenne veut instaurer une taxe

La réflexion actuelle autour d’une taxe sur les petits colis poursuit plusieurs objectifs.

Rétablir une concurrence équitable

Les entreprises européennes dénoncent une asymétrie structurelle. Les importateurs traditionnels doivent respecter des normes strictes :

TVA ; droits de douane ; réglementations produits ; obligations environnementales

À l’inverse, les plateformes internationales peuvent expédier des millions de colis individuels directement aux consommateurs, contournant partiellement ces contraintes.

La taxe envisagée, parfois évoquée autour de 2 à 5 euros par colis, viserait donc à rééquilibrer les conditions de concurrence.

Lutter contre la fraude douanière

Les autorités douanières constatent également de nombreuses pratiques de sous-déclaration :

produits déclarés à des valeurs très faibles ; classification incorrecte des marchandises ; fragmentation volontaire des commandes

Le volume colossal de colis rend les contrôles difficiles. Les administrations européennes cherchent donc des mécanismes simplifiés pour réguler ces flux.

Désengorger les hubs logistiques européens

Les principaux aéroports européens sont aujourd’hui saturés par ce trafic de colis.

Parmi les plateformes les plus sollicitées :

Paris-Charles de Gaulle Airport ; Amsterdam Airport Schiphol ; Frankfurt Airport

Ces infrastructures sont devenues des points d’entrée majeurs du commerce électronique mondial.La riposte logistique chinoise

Face aux discussions réglementaires européennes, les acteurs chinois adaptent déjà leur stratégie.

Plutôt que d’atterrir dans les grands hubs occidentaux, certaines routes logistiques privilégient désormais des points d’entrée alternatifs situés dans des pays où la pression douanière est moindre.

Les flux aériens peuvent ainsi arriver dans des hubs situés en :

Hongrie ; Pologne ; République tchèque ; Espagne

Une fois les marchandises entrées dans l’Union européenne, elles bénéficient du principe de libre circulation du marché unique. Les colis peuvent alors être transportés par camion vers la France ou d’autres pays sans contrôle douanier supplémentaire.

Ce phénomène illustre une réalité souvent sous-estimée : la compétition commerciale actuelle se joue autant sur la logistique que sur les produits eux-mêmes.

Pourquoi la Belgique est devenue un hub stratégique

Un exemple particulièrement révélateur se trouve en Belgique.

L’aéroport de Liège Airport est devenu l’un des principaux hubs européens du commerce électronique asiatique.

Plusieurs facteurs expliquent ce choix :

1. Position géographique idéale

Liège se situe au cœur d’un triangle logistique stratégique reliant :

Paris ; Amsterdam ; Francfort

En moins de 5 heures de camion, une grande partie du marché européen est accessible.

2. Aéroport dédié au cargo

Contrairement à d’autres plateformes dominées par les vols passagers, Liège est largement orienté vers le transport de fret, permettant une exploitation intensive, notamment la nuit.

3. Réglementation et coûts compétitifs

La Belgique a mis en place un environnement logistique favorable, avec des infrastructures modernes et des procédures rapides.

Comment Alibaba a construit un hub européen

La transformation de Liège en centre logistique majeur est étroitement liée à la stratégie européenne de Alibaba.

Le groupe a développé via sa filiale logistique Cainiao un hub continental majeur, comprenant :

entrepôts automatisés ; centres de tri ; infrastructures cargo dédiées ; connexions routières rapides

L’objectif est clair : réduire drastiquement les délais de livraison.

Grâce à ce modèle, une commande passée sur une plateforme asiatique peut être livrée dans plusieurs pays européens en 48 à 72 heures, un délai autrefois réservé aux plateformes locales.

L’impact environnemental du modèle des petits colis

Au-delà des enjeux économiques, cette explosion des flux logistiques soulève une question centrale pour la finance durable : l’empreinte carbone du commerce en ligne international.

Les petits colis expédiés individuellement génèrent souvent une empreinte carbone plus élevée que les transports traditionnels.

Les raisons sont multiples :

transport aérien sur longues distances ; multiplication des emballages ; fragmentation logistique ; livraison du dernier kilomètre

Dans certains cas, l’empreinte carbone d’un produit transporté individuellement peut être plusieurs fois supérieure à celle d’un produit transporté en conteneur maritime.

Cette réalité entre en contradiction avec les objectifs climatiques européens et les stratégies ESG des entreprises.Vers un nouveau modèle logistique mondial

Face à ces tensions économiques et environnementales, plusieurs évolutions semblent se dessiner.

Les plateformes internationales pourraient développer davantage :

des entrepôts en Europe ; des livraisons depuis des hubs régionaux ; des transports maritimes massifiés ; des systèmes avancés de traçabilité logistique

Pour l’Europe, l’enjeu est double : protéger son tissu économique tout en alignant la logistique mondiale avec les objectifs climatiques.

Un nouvel épisode de la guerre commerciale mondiale

La taxe sur les petits colis dépasse largement la simple question douanière. Elle s’inscrit dans une compétition stratégique entre grandes puissances économiques.

L’Europe cherche à préserver son industrie et ses normes environnementales, tandis que la Chine déploie une stratégie globale combinant :

plateformes numériques ; infrastructures logistiques ; réseaux de distribution mondiaux

Dans cette nouvelle économie, la puissance ne se mesure plus seulement à la production industrielle, mais aussi à la maîtrise des chaînes d’approvisionnement et des réseaux logistiques mondiaux.

Pour les acteurs de la finance durable, ces transformations posent une question essentielle : comment concilier croissance du commerce numérique et transition écologique ?

Le débat sur la taxation des petits colis pourrait bien être l’un des premiers chapitres d’une transformation beaucoup plus profonde du commerce mondial.

À lire aussi : SFR relance le procès du capitalisme de connivence

SFR relance le procès du capitalisme de connivence

Télécoms français : l’hypothèse d’un démantèlement de SFR relance le procès du capitalisme de connivence

Cet article analyse une hypothèse débattue dans certains cercles économiques et politiques. Les éléments évoqués relèvent d’un scénario spéculatif et ne constituent pas des faits établis.Une hypothèse qui agite le secteur

Depuis plusieurs mois, l’endettement du groupe SFR, propriété du milliardaire Patrick Drahi, alimente les spéculations sur une possible restructuration majeure du secteur des télécommunications en France.

Parmi les scénarios évoqués figure une hypothèse radicale : le démantèlement de SFR et la redistribution de ses actifs entre les autres opérateurs du marché.

Cette hypothèse a notamment été évoquée dans le débat public par l’avocat Juan Branco, qui y voit la possibilité d’un partage du marché entre les principaux acteurs du secteur.

Si ce scénario reste pour l’instant hautement spéculatif, il soulève néanmoins des questions économiques et politiques majeures.Le marché français : un oligopole sous tension

Le marché des télécommunications repose aujourd’hui sur quatre acteurs principaux :

Orange S.A. ; SFR ; Bouygues Telecom ; Iliad (Free)

Cette structure a longtemps été présentée comme un équilibre fragile entre concurrence et rentabilité, notamment depuis l’arrivée de Free Mobile en 2012 qui a profondément bouleversé le marché.

Mais la disparition éventuelle de SFR ferait passer ce marché de quatre à trois opérateurs, renforçant mécaniquement la concentration du secteur.

Dans de nombreux cas étudiés à l’international, une telle consolidation conduit à :

une diminution de la pression concurrentielle

une augmentation progressive des prix

une amélioration des marges pour les opérateurs restants

Pour les consommateurs, la disparition d’un acteur majeur pourrait donc signifier la fin de la guerre des prix qui caractérise le marché français depuis plus d’une décennie.

Les gagnants potentiels

Dans l’hypothèse d’un démantèlement de SFR, plusieurs acteurs apparaîtraient comme les bénéficiaires naturels d’une redistribution des actifs :

Martin Bouygues, via Bouygues Telecom

Xavier Niel, fondateur d’Iliad (Free)

et potentiellement Patrick Drahi lui-même, si la vente d’actifs permettait de réduire la dette d’Altice.

La valeur des actifs de SFR pourrait être estimée autour de 20 milliards d’euros, en fonction de la valorisation du réseau, des fréquences et de la base d’abonnés.

Une redistribution de ces actifs entre les autres opérateurs pourrait profondément reconfigurer l’équilibre du marché télécom français.

Une opération financière gigantesque

Un démantèlement d’un acteur majeur comme SFR représenterait également une opération financière colossale.

Banques d’affaires, cabinets d’avocats, consultants, experts réglementaires et intermédiaires financiers seraient mobilisés.

Dans certaines lectures critiques évoquées dans le débat public, l’ensemble des opérations financières liées à une telle restructuration, incluant refinancements, cessions, restructurations et commissions, pourrait générer jusqu’à 100 milliards d’euros d’activité financière cumulée.

Ce chiffre est à relativiser, mais il illustre l’ampleur potentielle d’une telle recomposition industrielle.

La question du capitalisme de connivence

C’est toutefois la dimension politique de cette hypothèse qui nourrit aujourd’hui les débats.

Certains observateurs estiment qu’un démantèlement de SFR pourrait renforcer la concentration du pouvoir économique autour de quelques grands groupes français.

Dans cette lecture critique, la proximité entre exécutif, médias et grands patrons serait un élément structurant du système économique français.

Les noms de Martin Bouygues, Xavier Niel et Patrick Drahi reviennent régulièrement dans ces analyses, ces entrepreneurs étant à la tête de groupes disposant à la fois d’actifs industriels et médiatiques influents.

Dans ce contexte, certains commentateurs suggèrent que l’exécutif dirigé par Emmanuel Macron pourrait être soupçonné — à tort ou à raison — de favoriser un environnement économique favorable à ces grands acteurs.

Selon cette hypothèse, une recomposition du marché télécom pourrait être interprétée comme un signal politique adressé à certains piliers du capitalisme français, notamment à l’approche de futures échéances politiques.

Il s’agirait alors, selon ses critiques, d’une illustration supplémentaire d’un capitalisme de connivence, dans lequel les frontières entre pouvoir politique et pouvoir économique deviennent floues.

Il convient toutefois de rappeler que cette lecture relève d’une hypothèse politique débattue et non d’un fait établi.Le précédent Alstom

Les débats autour de cette hypothèse rappellent à certains observateurs le précédent du groupe Alstom, dont certaines activités stratégiques avaient été cédées à General Electric au milieu des années 2010.

Cette opération avait alimenté une controverse durable en France sur :

la souveraineté industrielle ; la concentration économique ; et le rôle de l’État dans les grandes restructurations.

Un éventuel démantèlement de SFR pourrait raviver ces interrogations sur la structuration stratégique du capitalisme français.

Une hypothèse qui révèle les tensions du capitalisme français

Qu’elle se réalise ou non, l’hypothèse d’un démantèlement de SFR agit aujourd’hui comme un révélateur des tensions qui traversent l’économie française :

concentration croissante du pouvoir économique

dépendance des grands groupes aux arbitrages politiques

fragilité de la concurrence dans certains secteurs stratégiques.

Si ce scénario venait à se concrétiser, il pourrait marquer un tournant majeur dans l’histoire des télécommunications françaises.

Pour l’instant, il reste une hypothèse débattue, mais une hypothèse suffisamment explosive pour alimenter le procès récurrent fait au modèle français : celui d’un capitalisme où l’État, les médias et les grandes fortunes avancent souvent dans le même écosystème de pouvoir.

Le choc énergétique redessine l’économie mondiale

choc énergétique

Baril à 120–140 dollars : le choc énergétique qui pourrait redessiner l’économie mondiale

Hypothèse : le prix du pétrole s’installerait durablement entre 120 et 140 dollars le baril. Un tel niveau, rarement observé hors périodes de crise majeure, constituerait un véritable choc énergétique mondial aux conséquences économiques, sociales et géopolitiques profondes.

France : inflation énergétique et tension sociale

Pour la France, un baril durablement au-dessus de 120 dollars se traduirait immédiatement par une hausse brutale du prix des carburants, pouvant dépasser largement les seuils psychologiques déjà observés ces dernières années. Le transport routier, pilier logistique de l’économie, verrait ses coûts s’envoler, entraînant une inflation diffuse dans l’ensemble des chaînes d’approvisionnement.

L’agriculture, dépendante du diesel et des intrants pétrochimiques, subirait une nouvelle pression sur ses marges. L’industrie chimique et les secteurs fortement consommateurs d’énergie seraient également impactés. Dans ce contexte, le pouvoir d’achat des ménages deviendrait rapidement un sujet politique majeur, avec un risque de tensions sociales rappelant les crises énergétiques précédentes.

Les finances publiques pourraient être sollicitées pour amortir le choc via des mécanismes d’aide ou de bouclier tarifaire. Paradoxalement, un tel choc pourrait aussi accélérer certains débats stratégiques sur la souveraineté énergétique française, notamment autour du nucléaire, de la mobilité électrique et du développement des transports collectifs.

Europe : un test de souveraineté énergétique

Pour l’Europe dans son ensemble, un pétrole durablement cher constituerait un stress test majeur pour son modèle énergétique. Le continent, largement importateur d’énergie, verrait sa facture énergétique exploser, creusant les déficits commerciaux de nombreux pays membres. L’inflation énergétique se diffuserait dans l’ensemble de l’économie, compliquant la tâche des banques centrales déjà confrontées à des tensions inflationnistes.

Les politiques monétaires pourraient rester restrictives plus longtemps, pesant sur la croissance. Dans ce contexte, les investissements dans les renouvelables, l’efficacité énergétique et les infrastructures électriques pourraient s’accélérer fortement. Mais la hausse des coûts de transport, notamment maritime et aérien, pourrait aussi ralentir certains échanges économiques. Le choc énergétique pourrait raviver les débats internes sur la dépendance énergétique européenne et renforcer la volonté de construire une véritable stratégie continentale de souveraineté énergétique.

Russie : une rente énergétique renforcée

Pour la Russie, un pétrole à 120 ou 140 dollars représenterait une manne financière considérable. Les recettes d’exportation issues du pétrole et du gaz alimenteraient massivement le budget fédéral, renforçant la capacité financière de l’État russe. La balance commerciale du pays s’améliorerait mécaniquement, tandis que les flux financiers liés à l’énergie pourraient soutenir la monnaie nationale.

Dans un contexte de tensions internationales, ces revenus énergétiques offriraient à Moscou une marge de manœuvre stratégique accrue, notamment pour maintenir ses investissements militaires ou soutenir certains partenariats économiques. Les sanctions occidentales pourraient être partiellement contournées grâce à la demande mondiale persistante pour l’énergie. Par ailleurs, la Russie renforcerait ses relations énergétiques avec l’Asie, consolidant son rôle de fournisseur clé dans l’équilibre énergétique mondial.

États-Unis : profits énergétiques et tension inflationniste

Aux États-Unis, un pétrole cher aurait un effet ambivalent. D’un côté, l’industrie pétrolière américaine, notamment le secteur du pétrole de schiste, bénéficierait d’un environnement extrêmement favorable, avec des profits record et une relance des investissements dans l’exploration et la production.

Les grandes compagnies énergétiques américaines pourraient renforcer leur position dominante sur les marchés mondiaux. De l’autre côté, les consommateurs américains subiraient directement la hausse du prix de l’essence, un facteur particulièrement sensible dans le débat politique américain.

L’inflation énergétique pourrait réapparaître comme un sujet central pour la politique économique. La Maison Blanche se retrouverait sous pression pour arbitrer entre soutien à l’industrie énergétique nationale et maintien du pouvoir d’achat des ménages. Dans le même temps, ce contexte pourrait relancer les débats sur la transition énergétique et sur la place du pétrole dans l’économie américaine.

Moyen-Orient : l’âge d’or des rentiers énergétiques

Pour les grands producteurs du Moyen-Orient, un baril à ces niveaux constituerait une période de prospérité exceptionnelle. Les revenus pétroliers des États de la région augmenteraient fortement, alimentant les budgets publics et les fonds souverains. Ces capitaux pourraient être réinvestis dans des infrastructures massives, dans la diversification économique ou dans des projets technologiques ambitieux.

Les monarchies du Golfe renforceraient leur influence économique et géopolitique, devenant des investisseurs majeurs dans de nombreux secteurs mondiaux. L’OPEP et ses partenaires gagneraient en pouvoir de négociation dans la régulation de l’offre mondiale. Cette prospérité énergétique pourrait également consolider la stabilité financière de certains États producteurs et accroître leur capacité d’influence dans les négociations internationales.

Iran : une opportunité malgré les sanctions

Pour l’Iran, un pétrole cher pourrait représenter une opportunité stratégique malgré les sanctions internationales. Les exportations énergétiques, même partiellement clandestines, deviendraient beaucoup plus lucratives. Les revenus pétroliers pourraient renforcer les finances du régime et stabiliser l’économie domestique. Les relations énergétiques avec certains partenaires asiatiques, notamment la Chine, pourraient se renforcer.

L’importance stratégique du détroit d’Ormuz, par lequel transite une part essentielle du pétrole mondial, deviendrait encore plus centrale dans les équilibres géopolitiques. Dans ce contexte, la valeur stratégique du pétrole iranien pourrait augmenter et offrir à Téhéran un levier supplémentaire dans les tensions régionales.

Israël : pression énergétique et repositionnement stratégique

Pour Israël, un pétrole très cher représenterait un défi économique mais aussi une opportunité stratégique. Les coûts énergétiques domestiques pourraient augmenter, pesant sur certaines activités économiques et accentuant les tensions inflationnistes. Toutefois, les ressources gazières offshore israéliennes en Méditerranée pourraient gagner en importance stratégique.

Le gaz naturel deviendrait un levier majeur dans la politique énergétique régionale. Israël pourrait renforcer ses partenariats énergétiques avec ses voisins et accélérer ses investissements dans l’innovation énergétique, notamment dans les technologies propres et l’efficacité énergétique. La question de la sécurité énergétique deviendrait également plus centrale dans les stratégies nationales.

Chine : une pression massive sur la première puissance industrielle

Pour la Chine, première puissance industrielle mondiale et grand importateur d’énergie, un pétrole durablement cher représenterait un défi majeur. La facture énergétique du pays augmenterait fortement, pesant sur les marges de son industrie exportatrice. L’inflation énergétique pourrait se diffuser dans l’ensemble du système productif chinois.

En réponse, Pékin pourrait accélérer ses investissements dans les énergies renouvelables, les infrastructures électriques et les technologies bas carbone. La Chine renforcerait probablement ses partenariats énergétiques avec la Russie, l’Iran et d’autres fournisseurs alternatifs. La transition vers les véhicules électriques et les technologies énergétiques innovantes pourrait également s’intensifier, dans une logique de sécurité énergétique nationale.

Gagnants, perdants et paradoxe écologique

Un baril durablement installé entre 120 et 140 dollars redessinerait profondément l’équilibre énergétique mondial. Les grands gagnants seraient les pays producteurs de pétrole, les majors énergétiques et les États disposant de vastes ressources fossiles. Les fonds souverains des pays pétroliers accumuleraient des capitaux considérables, renforçant leur influence économique mondiale.

Les grands perdants seraient les pays importateurs d’énergie, les consommateurs et de nombreuses économies industrielles dépendantes des hydrocarbures. Le transport, la logistique et une partie de l’industrie mondiale subiraient une pression accrue sur leurs coûts.

Mais ce choc énergétique poserait également une question fondamentale pour la transition écologique. Un pétrole très cher pourrait accélérer certains investissements dans les alternatives énergétiques, les renouvelables et l’efficacité énergétique. Dans le même temps, il pourrait inciter certains acteurs à produire davantage d’hydrocarbures pour profiter de cette rente exceptionnelle.

Le paradoxe serait alors frappant : plus le pétrole devient cher, plus le monde est incité à sortir des énergies fossiles… tout en étant tenté d’en extraire davantage à court terme. Dans ce jeu d’équilibre instable, l’énergie resterait plus que jamais au cœur de la géopolitique et de l’économie mondiale.

À lire aussi : BP face à la fronde des investisseurs climat

Mirova investit 15 millions de dollars pour déployer des tours télécoms solaires et connecter les zones rurales africaines

Mirova

Mirova : l’accès à Internet haut débit reste encore très inégal selon les régions du monde. Dans de nombreuses zones rurales d’Afrique, les infrastructures télécoms sont insuffisantes ou inexistantes, limitant l’accès aux services numériques, à l’éducation en ligne ou encore aux opportunités économiques. Pour répondre à ce défi, l’investisseur spécialisé dans la finance durable Mirova a décidé de soutenir le développement d’infrastructures télécoms alimentées par l’énergie solaire.

L’entreprise annonce ainsi un financement de 15 millions de dollars en faveur d’iSAT Africa Mauritius Limited, une société spécialisée dans les solutions de connectivité pour les zones isolées. L’objectif est d’accélérer le déploiement de tours de télécommunication hors réseau alimentées exclusivement par l’énergie solaire au Liberia et en Zambie. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à étendre l’accès au haut débit tout en réduisant l’empreinte carbone des infrastructures télécoms.

Un financement stratégique pour accélérer la connectivité en Afrique rurale

Le financement accordé par Mirova prend la forme d’un prêt senior sécurisé d’une durée de dix ans. Ce capital permettra à iSAT de poursuivre son expansion sur le continent africain en déployant de nouvelles infrastructures de télécommunication dans des régions où l’accès au réseau reste limité.

L’investissement soutient notamment le déploiement de modèles innovants de services numériques. Parmi eux, le concept de Network-as-a-Service (NaaS), qui consiste à fournir une connectivité réseau clé en main sans que les opérateurs aient à investir directement dans l’infrastructure. À cela s’ajoute le modèle Energy-as-a-Service (EaaS), dans lequel la production et la gestion de l’énergie sont assurées par un fournisseur spécialisé.

Ces solutions permettent aux opérateurs mobiles de bénéficier d’infrastructures performantes sans supporter les coûts initiaux de construction ou de gestion énergétique. Le financement participe également à la stratégie d’iSAT visant à installer près de 1 000 tours de télécommunication en Afrique subsaharienne dans les prochaines années.

Des infrastructures télécoms alimentées exclusivement par l’énergie solaire

L’un des éléments clés du projet repose sur l’utilisation d’infrastructures entièrement alimentées par des sources d’énergie renouvelables. Les tours financées fonctionneront hors réseau électrique et seront alimentées uniquement par des panneaux solaires associés à des systèmes de stockage par batteries.

Dans de nombreuses zones rurales africaines, les tours télécoms traditionnelles fonctionnent encore au diesel, ce qui entraîne des coûts élevés d’approvisionnement en carburant ainsi qu’une forte émission de gaz à effet de serre. En remplaçant ces solutions par des infrastructures solaires, iSAT propose un modèle plus durable et plus économique sur le long terme.

Cette approche permet non seulement de réduire l’empreinte carbone des réseaux mobiles, mais également d’améliorer leur fiabilité dans des régions où les réseaux électriques sont peu développés ou instables.

Une architecture technologique adaptée aux zones isolées

Depuis plus de quinze ans, iSAT s’est spécialisée dans la connectivité des territoires éloignés des grands centres urbains. L’entreprise a développé une expertise particulière dans les technologies satellitaires et dans les solutions hybrides permettant de garantir une connexion stable dans des environnements complexes.

Son architecture repose notamment sur un système de backhaul satellitaire multi-orbite combinant différents types de satellites : géostationnaires, en orbite terrestre moyenne et en orbite basse. Cette combinaison technologique permet d’optimiser la couverture, la latence et la capacité du réseau.

Grâce à cette infrastructure, les tours télécoms peuvent fournir un accès Internet fiable même dans des régions particulièrement isolées, où les réseaux terrestres traditionnels sont difficiles à déployer.

Réduire la fracture numérique et améliorer l’accès aux services numériques

Le projet vise également à renforcer l’inclusion numérique dans les zones rurales africaines. En déployant des infrastructures compatibles avec les technologies 2G, 4G et 5G, les nouvelles tours permettront à la fois de connecter des territoires encore totalement dépourvus de réseau et d’améliorer la qualité des infrastructures existantes.

Dans les zones dites « greenfield », où aucun réseau n’existait auparavant, ces installations offriront un premier accès à Internet et aux services mobiles. Dans les zones « brownfield », elles contribueront à moderniser et renforcer les infrastructures déjà en place.

L’amélioration de la connectivité mobile ouvre la porte à de nombreuses opportunités : accès à l’éducation numérique, développement du commerce en ligne, services bancaires mobiles ou encore outils numériques pour l’agriculture et les petites entreprises locales.

Un investissement aligné avec les objectifs de la finance durable

Ce financement s’inscrit dans la stratégie du Mirova Gigaton Fund, un fonds dédié au financement de solutions contribuant à la transition énergétique et à la réduction des émissions de carbone. L’objectif du fonds est de soutenir des projets capables d’avoir un impact environnemental mesurable tout en favorisant un développement économique inclusif.

En soutenant la construction de tours télécoms alimentées par l’énergie solaire dans des zones rurales hors réseau, le projet combine deux enjeux majeurs : la décarbonation des infrastructures et l’amélioration de l’accès aux services numériques.

Pour Mirova, ce type d’investissement illustre le potentiel de la finance durable à transformer des secteurs clés tout en apportant des bénéfices sociaux concrets aux populations locales.

Un partenariat au service du développement numérique africain

Pour iSAT Africa, ce partenariat avec Mirova représente une étape importante dans sa mission de réduire la fracture numérique sur le continent. L’entreprise développe un modèle intégré combinant infrastructures télécoms, énergies renouvelables et services numériques afin de proposer des solutions de connectivité évolutives.

En déployant des infrastructures solaires capables d’alimenter des réseaux mobiles modernes, iSAT ambitionne de créer une plateforme résiliente et durable pour soutenir la croissance numérique en Afrique.

À terme, ce type d’initiative pourrait jouer un rôle clé dans le développement économique des régions rurales, en facilitant l’accès à l’information, aux marchés et aux services numériques pour des millions de personnes encore peu connectées.

À lire aussi : Le Forum des futurs 2026 : penser le monde de demain pour mieux agir aujourd’hui

Le Forum des futurs 2026 : penser le monde de demain pour mieux agir aujourd’hui

Forum des futurs 2026

Les 8 et 9 juin 2026, l’ESCP Business School accueillera à Paris (Porte de Champerret) la quatrième édition du Forum des futurs, un événement majeur organisé par Futuribles International en partenariat avec l’Agence Française de Développement et l’ESCP.

Dans un monde marqué par des crises successives : pandémie, tensions géopolitiques, bouleversements climatiques ou transformations démographiques.
La question centrale devient plus que jamais : est-il encore possible d’anticiper l’avenir pour mieux s’y préparer ?

C’est précisément l’ambition de ce Forum. Pendant deux jours, experts, chercheurs, décideurs publics, entreprises et institutions débattront des grandes tendances qui façonneront le monde à l’horizon 2050. L’événement se veut à la fois un espace d’analyse, de confrontation d’idées et de prospective stratégique.

Pour Green Finance, la présence à ce rendez-vous est une évidence. Face à l’ampleur des défis climatiques, énergétiques et géopolitiques, anticiper les transformations économiques et financières n’est plus une option : c’est une nécessité stratégique. Le média sera donc naturellement présent pour couvrir cet événement et contribuer aux réflexions sur l’avenir des systèmes économiques, financiers et environnementaux.

Lors de la précédente édition, près de 400 participants issus d’horizons très divers avaient répondu présents, illustrant l’importance croissante de ces espaces de réflexion collective dans un monde où la capacité d’anticipation devient un avantage stratégique majeur.

Jour 1 : Le monde face à ses limites : tendances globales et scénarios à l’horizon 2050

La première journée du Forum des futurs sera consacrée à l’analyse des grandes tendances mondiales qui redessinent l’équilibre du monde. L’objectif est de mieux comprendre les dynamiques profondes – démographiques, climatiques, économiques et géopolitiques – qui détermineront notre futur collectif.

Les travaux débuteront par une présentation des grandes tendances globales issues du Rapport Vigie 2026, offrant une vision structurée des forces à l’œuvre à l’échelle planétaire. Cette analyse posera les bases des discussions de la journée, en identifiant les transformations majeures déjà visibles aujourd’hui et leurs implications pour les décennies à venir.

La matinée sera ensuite consacrée à une exploration approfondie des enjeux globaux à horizon 2050, à travers une série d’interventions et de débats visant à distinguer ce qui relève des tendances lourdes, des ruptures possibles et des incertitudes majeures.

L’après-midi prendra une dimension plus interactive avec des ateliers de prospective, consacrés à plusieurs thèmes structurants : population mondiale et dynamiques démographiques, climat et biodiversité, économie et ressources naturelles, ou encore équilibres géopolitiques. Ces ateliers auront pour objectif de décrypter les transformations en cours, d’identifier les enjeux qui en découlent et d’explorer les réponses possibles.

La journée se conclura par une réflexion collective autour de scénarios prospectifs pour le monde en 2050, présentés et débattus lors d’une table ronde réunissant différents acteurs. Ce travail de scénarisation constitue un outil essentiel pour aider les organisations publiques et privées à préparer leurs stratégies face aux transformations de long terme.

La soirée se poursuivra par le “Dîner du futur”, moment privilégié d’échanges informels entre experts, décideurs et participants.

À lire aussi : BP face à la fronde des investisseurs climat

Jour 2 : France et Europe : les défis de l’autonomie stratégique

La seconde journée proposera un zoom sur l’avenir de la France et de l’Europe, confrontées à des tensions multiples : dépendances énergétiques, transformations industrielles, transition écologique, mutations sociales et défis géopolitiques.

La matinée s’ouvrira par une réflexion sur les grands défis auxquels la France pourrait être confrontée à l’horizon 2050. Après une introduction posant les principales questions prospectives pour l’avenir du pays, plusieurs ateliers permettront d’explorer différents scénarios possibles.

Ces sessions aborderont des thèmes particulièrement sensibles : la possibilité d’un contexte de guerre et les implications pour la société française, les transformations du travail sous l’effet de l’intelligence artificielle et de la robotisation, l’évolution des services publics et des biens communs, ou encore les adaptations nécessaires face aux bouleversements climatiques.

D’autres réflexions porteront sur les modes de vie futurs, les évolutions possibles de la cohésion sociale, les transformations du système de protection sociale ou encore l’organisation de la prévention santé dans les décennies à venir.

L’après-midi sera consacré à une question centrale pour l’avenir du continent : l’autonomie stratégique européenne. Dans un contexte de rivalités géopolitiques croissantes et de recomposition des chaînes de valeur mondiales, l’Europe doit repenser sa capacité à agir de manière indépendante dans plusieurs domaines clés.

Les discussions porteront notamment sur les enjeux énergétiques, agricoles, industriels et numériques, autant de secteurs stratégiques pour la souveraineté européenne. Les travaux seront suivis d’une table ronde consacrée à la place de l’Europe dans le monde, abordant les questions de coopération internationale, de défense et de relations commerciales globales.

La journée se conclura par une intervention de haut niveau sur l’Europe de demain, offrant une perspective stratégique sur les orientations possibles du continent dans un environnement international en profonde mutation.

Anticiper l’avenir pour mieux agir

À travers ces deux journées de réflexion, le Forum des futurs ambitionne de réconcilier prospective et stratégie, en aidant décideurs publics, entreprises et institutions à mieux comprendre les transformations structurelles du monde.

Pour Green Finance, cette initiative est particulièrement précieuse. Les grandes transitions, climatique, énergétique, démographique ou technologique, auront des conséquences majeures sur les modèles économiques, les investissements et la finance mondiale.

Être présent à ce type de rendez-vous, c’est participer à la construction d’une vision collective de l’avenir, indispensable pour relever les défis économiques et environnementaux des prochaines décennies.

Et bien sûr, Green Finance sera au rendez-vous pour couvrir cet événement majeur, rencontrer les acteurs de la prospective et partager avec ses lecteurs les analyses et scénarios qui façonneront le monde de demain.

Info et inscription ici.

BP face à la fronde des investisseurs climat

investisseurs climat

BP : un tournant pour la gouvernance et l’engagement actionnarial. Le débat autour de la transition énergétique vient de franchir une nouvelle étape. Le géant pétrolier BP est aujourd’hui confronté à une menace de poursuites judiciaires de la part d’investisseurs engagés pour le climat, après avoir refusé d’inscrire à l’ordre du jour de sa prochaine assemblée générale une résolution déposée par plusieurs investisseurs institutionnels.

Pour beaucoup d’observateurs, l’enjeu dépasse largement le cas d’une seule entreprise. Cette affaire pourrait marquer un tournant dans les relations entre grandes entreprises énergétiques et leurs actionnaires, à un moment où la gouvernance climatique et la responsabilité stratégique des entreprises deviennent des sujets centraux pour les marchés financiers.

Chez Green Finance, nous suivons de très près cette évolution, car elle révèle une transformation profonde du rôle des investisseurs : ils ne sont plus seulement des apporteurs de capitaux, mais des acteurs actifs de la transition économique et énergétique.

Une résolution climat refusée : un cas inédit dans le FTSE 100

L’origine du conflit remonte à janvier dernier, lorsque 16 investisseurs institutionnels et un groupe d’actionnaires individuels, réunis autour de l’organisation néerlandaise Follow This, ont déposé une résolution demandant à BP de préciser sa stratégie pour maintenir la création de valeur dans un scénario de baisse structurelle de la demande mondiale de pétrole et de gaz.

L’objectif était clair : pousser l’entreprise à expliquer comment elle entend préserver la valeur pour ses actionnaires dans un monde où les politiques climatiques, la transition énergétique et les innovations technologiques pourraient réduire durablement la consommation d’énergies fossiles.

Mais le conseil d’administration de BP a décidé de refuser l’inscription de cette résolution à l’ordre du jour de son assemblée générale, estimant — après avis juridique — qu’elle ne respectait pas certaines exigences légales.

Cette décision est immédiatement devenue polémique. Selon plusieurs experts en gouvernance d’entreprise, il s’agirait d’un cas sans précédent pour une entreprise du FTSE 100, l’indice phare de la Bourse de Londres.

Pour les investisseurs à l’origine de la résolution, la décision de BP constitue une atteinte majeure aux droits des actionnaires, ouvrant potentiellement la voie à une action en justice pour contraindre l’entreprise à soumettre la proposition au vote.

Une bataille mondiale autour de l’ESG et des droits des actionnaires

Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de tensions croissantes autour des critères ESG et de l’engagement actionnarial.

Depuis plusieurs années, les investisseurs utilisent les assemblées générales comme un levier pour pousser les entreprises à intégrer davantage les enjeux climatiques dans leur stratégie. L’organisation Follow This mène ainsi depuis plus de quinze ans des campagnes auprès des majors pétrolières.

Chez BP, ces initiatives ont déjà eu un impact notable : en 2021, plus de 20 % des actionnaires avaient soutenu une résolution demandant des objectifs climatiques plus ambitieux.

Mais la situation évolue. Aux États-Unis notamment, l’engagement actionnarial se heurte désormais à des résistances politiques et réglementaires croissantes. L’autorité américaine des marchés financiers, la U.S. Securities and Exchange Commission, a récemment adopté une position plus restrictive concernant les résolutions externes proposées par les actionnaires.

Dans ce contexte, la décision de BP pourrait être interprétée comme un signal d’un durcissement des relations entre entreprises et investisseurs engagés sur les questions climatiques.

Un contexte stratégique marqué par le retour aux énergies fossiles

Le différend intervient également à un moment stratégique pour BP. L’entreprise a récemment annoncé une “réinitialisation stratégique”, visant à ralentir certains investissements dans les énergies renouvelables et à réorienter ses priorités vers les activités pétrolières et gazières.

Pour les investisseurs engagés, cette évolution soulève une question fondamentale : les grandes compagnies pétrolières anticipent-elles réellement les transformations à long terme du système énergétique mondial ?

C’est précisément ce débat que la résolution contestée souhaitait ouvrir.

La vision d’Anne-Catherine Husson-Traoré : un recul démocratique inquiétant

Pour Anne-Catherine Husson-Traoré, experte reconnue de la finance durable et des risques ESG, l’épisode BP révèle une évolution préoccupante.

Selon elle, la décision de la major pétrolière constitue un signal alarmant pour la gouvernance des entreprises et la démocratie actionnariale.

Elle souligne notamment que la résolution avait été portée par une coalition d’investisseurs représentant plus de 1 000 milliards d’actifs sous gestion, dont la Fondation Ethos, acteur historique de l’engagement actionnarial en Suisse.

Pour ces investisseurs, la demande adressée à BP était simple : expliquer comment l’entreprise compte créer de la valeur dans un contexte de baisse probable de la demande mondiale d’énergies fossiles.

Mais selon Anne-Catherine Husson-Traoré, BP n’a fourni aucune explication détaillée sur le refus d’inscrire cette résolution à l’ordre du jour de son assemblée générale.

Pour elle, cet épisode traduit un phénomène plus large :

« Nous assistons à un recul sur plusieurs fronts démocratiques, y compris dans l’engagement actionnarial. »

Elle rappelle également que les États-Unis, longtemps considérés comme le pays où les investisseurs pouvaient le plus facilement interpeller les entreprises via des résolutions climatiques, connaissent aujourd’hui un durcissement du cadre réglementaire et politique autour de l’ESG.

Un moment clé pour l’avenir de la gouvernance climatique

L’affaire BP pourrait donc avoir des conséquences importantes.

Si l’entreprise parvient à maintenir sa décision, certains investisseurs craignent que d’autres sociétés cotées adoptent la même stratégie pour écarter les résolutions climatiques, limitant ainsi l’influence des actionnaires sur les stratégies de transition énergétique.

À l’inverse, si les investisseurs obtiennent gain de cause devant la justice, cela pourrait renforcer les droits des actionnaires et consolider l’engagement actionnarial comme outil central de la finance durable.

L’engagement actionnarial, pilier de la transition

Pour Green Finance, cet épisode illustre parfaitement l’évolution actuelle des marchés financiers.

La transition énergétique ne se joue pas uniquement dans les politiques publiques ou les innovations technologiques. Elle se joue aussi au cœur des assemblées générales et des stratégies d’investissement.

L’engagement actionnarial est aujourd’hui l’un des outils les plus puissants pour faire évoluer les entreprises vers des modèles économiques compatibles avec les enjeux climatiques.

La question qui se pose désormais est simple :

les entreprises accepteront-elles d’ouvrir ce débat avec leurs investisseurs, ou chercheront-elles à le contourner ?

La réponse à cette question pourrait bien façonner l’avenir de la gouvernance climatique mondiale.

À lire aussi : Limites planétaires, modèle économique et transformation nécessaire : repenser nos trajectoires collectives