Décarbonation, ambition politique ou une réalité économique ?

Décarbonation

À quelques jours d’intervalle, deux annonces majeures ont marqué l’actualité française de la transition énergétique.

D’un côté, la publication de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) par le gouvernement, avec à la clé des centaines de milliards d’euros d’investissements dans la production d’électricité décarbonée.

De l’autre, l’annonce par ArcelorMittal d’un investissement massif à Dunkerque pour réduire les émissions liées à la production d’acier, représentant plus d’un milliard d’euros.

À première vue, ces deux annonces témoignent d’une accélération de la décarbonation. Mais en réalité, l’une d’entre elles ne concerne que la partie émergée de l’iceberg. Et cette partie visible, c’est la PPE.

L’électricité : pilier central, mais fraction du problème

Décarboner la production d’électricité est essentiel. La France dispose déjà d’un mix relativement bas carbone grâce au nucléaire et à l’hydraulique. Accélérer le déploiement :

  • de nouveaux réacteurs nucléaires,
  • de parcs éoliens,
  • d’installations photovoltaïques,
  • de capacités de stockage,

nécessite des investissements considérables. Un réacteur nucléaire peut dépasser 10 milliards d’euros. Une grande ferme éolienne offshore ou un complexe solaire industriel peut aussi représenter plus d’un milliard.

Ces montants sont spectaculaires. Pourtant, ils ne concernent qu’un segment du système énergétique : la production électrique.

Or la majorité des usages énergétiques actuels ne repose pas sur l’électricité, mais sur les combustibles fossiles.

Le transport : un mur d’investissements

La France compte environ 40 millions de véhicules particuliers.

Les remplacer par des véhicules électriques représenterait, aux coûts actuels, un investissement proche de 1 000 milliards d’euros, sans même intégrer :

  • les infrastructures de recharge,
  • l’adaptation du réseau électrique,
  • les coûts industriels liés à la production des batteries.

Et cela ne concerne que les voitures individuelles.

Le transport aérien, à trafic constant, nécessiterait un recours massif aux carburants durables (SAF). Produire ces carburants à grande échelle supposerait :

  • une hausse très significative de la production électrique,
  • de nouvelles installations industrielles,
  • des unités de synthèse de carburants.

L’ordre de grandeur ? Encore 500 à 1 000 milliards d’euros.

À cela s’ajoutent les camions, les utilitaires, la marine marchande et le transport fluvial. Chacun de ces segments exige des investissements spécifiques, lourds, technologiquement complexes.

Le bâtiment : un chantier colossal

La France compte environ 30 millions de logements.

Décarboner le parc implique :

  • isolation thermique massive,
  • remplacement des chaudières fossiles,
  • déploiement de pompes à chaleur,
  • adaptation des réseaux.

Là encore, l’investissement total se chiffre en centaines de milliards, voire autour du millier de milliards d’euros si l’on vise une rénovation complète et ambitieuse.

La PPE traite de la production d’énergie. Mais la décarbonation du bâtiment relève d’une transformation fine, diffuse, localisée, qui mobilise :

  • artisans,
  • filières industrielles,
  • formation professionnelle,
  • financement bancaire,
  • dispositifs publics.

C’est une transformation systémique.

L’industrie : des révolutions technologiques à financer

L’investissement annoncé par ArcelorMittal à Dunkerque illustre la difficulté industrielle.

Décarboner l’acier nécessite :

  • fours électriques,
  • hydrogène bas carbone,
  • capture et stockage du CO₂,
  • transformation complète des procédés.

Le ciment, la chimie, le raffinage, la production de chaleur industrielle font face à des défis similaires.

Les investissements sont unitaires et massifs. Mais surtout, ils impliquent :

  • une transformation des chaînes de valeur,
  • une compétitivité internationale à préserver,
  • des arbitrages politiques délicats.

L’agriculture : au-delà de l’investissement financier

Dans l’agriculture, la décarbonation ne repose pas uniquement sur des équipements.

Réduire les engrais azotés, limiter les intrants, transformer les pratiques peut impliquer :

  • des pertes de rendement,
  • une reconfiguration des filières,
  • des changements de régime alimentaire.

Le défi est autant économique que social.

L’angle mort : compétences et capital humain

Les investissements matériels ne suffisent pas.

Il faut :

  • former des techniciens,
  • développer des filières industrielles,
  • structurer des chaînes d’approvisionnement,
  • accompagner les entreprises.

La transition énergétique est aussi une transition des compétences.

Or ces coûts humains, organisationnels et sociaux sont rarement intégrés dans les estimations financières.

Pourquoi la PPE ne suffit pas

La Programmation Pluriannuelle de l’Énergie est essentielle. Elle fixe un cadre stratégique. Elle sécurise des investissements structurants. Elle donne de la visibilité aux acteurs industriels.

Mais elle ne traite qu’un maillon : la production électrique.

Penser que la transition sera bien engagée dès lors que nous aurons construit des réacteurs et des panneaux solaires est une simplification dangereuse.

La décarbonation réelle suppose :

  • électrifier les usages,
  • transformer les infrastructures,
  • adapter les comportements,
  • financer l’ensemble de la chaîne.

Et cette chaîne représente des milliers de milliards d’euros sur plusieurs décennies.

Le rôle clé de la Green Finance

C’est ici que la finance verte devient stratégique.

La transition ne peut pas être uniquement budgétaire. Elle nécessite :

  • mobilisation de capitaux privés,
  • structuration de financements long terme,
  • obligations vertes,
  • prêts liés à la performance climatique,
  • fonds d’infrastructures,
  • partenariats public-privé.

Les montants en jeu dépassent largement la capacité d’investissement direct de l’État.

La finance verte doit donc évoluer :

  • de la logique projet vers la logique systémique,
  • du financement d’actifs vers le financement de transformations sectorielles.

La partie visible

La production électrique est visible, médiatique, spectaculaire. Elle mobilise des chiffres impressionnants.

Mais elle ne représente qu’une fraction du défi.

La véritable transition énergétique est un iceberg dont la partie immergée est composée :

  • des usages,
  • des infrastructures,
  • des bâtiments,
  • de l’industrie,
  • des transports,
  • de l’agriculture.

La Green Finance ne peut pas se contenter de financer la partie émergée.

Elle doit se structurer pour financer l’ensemble du système.

C’est à cette condition que la décarbonation cessera d’être une ambition politique pour devenir une réalité économique.

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ERAFP confie 4,1 milliards d’euros à Russell Investments

ERAFP

La gestion du risque de change, pilier discret mais stratégique de la finance durable

La finance verte ne se résume pas aux obligations vertes ou aux investissements dans les énergies renouvelables. Elle repose aussi sur une architecture financière robuste, capable de protéger les portefeuilles institutionnels contre les chocs macroéconomiques.

La décision de l’ERAFP (Établissement de Retraite additionnelle de la Fonction publique) de confier à Russell Investments France un mandat de 4,1 milliards d’euros pour gérer son risque de change en est une illustration concrète. Derrière cette annonce technique se cache un enjeu majeur : la sécurisation d’un portefeuille responsable dans un environnement monétaire volatil.

L’ERAFP : un acteur institutionnel engagé dans l’ISR

L’ERAFP gère le régime de retraite additionnelle des fonctionnaires français. Il représente plusieurs dizaines de milliards d’euros d’actifs et plus de 4,5 millions de cotisants et bénéficiaires.

Sa politique d’investissement est historiquement structurée autour de principes ISR (Investissement Socialement Responsable) exigeants. Les critères ESG ne sont pas accessoires : ils constituent le socle stratégique de son allocation d’actifs.

Dans ce cadre, la gestion du risque n’est pas uniquement financière. Elle est aussi :

  • Intergénérationnelle (sécuriser les pensions futures)
  • Systémique (intégrer les risques macroéconomiques)
  • Extra-financière (alignement avec les enjeux climatiques et sociaux)

Pourquoi le risque de change est stratégique

Un investisseur institutionnel diversifié détient une part significative d’actifs internationaux :

  • Actions américaines
  • Obligations internationales
  • Private equity global
  • Infrastructures hors zone euro

Ces investissements génèrent une exposition aux devises étrangères (USD, GBP, JPY, etc.).

Lorsque l’euro se renforce fortement face au dollar, par exemple, la valeur des actifs américains exprimée en euros peut diminuer, indépendamment de la performance intrinsèque des actifs.

Pour un fonds de pension, cette volatilité peut :

  • Affecter la stabilité des rendements
  • Introduire un risque non rémunéré
  • Dégrader la visibilité long terme

La gestion du risque de change devient alors un levier fondamental de sécurisation.

Le mandat confié à Russell Investments

En avril 2025, l’ERAFP a nommé Russell Investments France pour assurer la gestion de son programme de couverture de change sur environ 4,1 à 4,2 milliards d’euros d’actifs exposés aux devises étrangères.

Objectifs du mandat

  • Réduire l’impact des fluctuations de devises
  • Stabiliser les rendements à long terme
  • Optimiser le couple rendement/risque
  • Protéger les engagements vis-à-vis des retraités

Comment fonctionne concrètement une couverture de change ?

1. Couverture passive

La couverture passive consiste à neutraliser mécaniquement une partie ou la totalité de l’exposition aux devises via :

  • Contrats à terme (forwards)
  • Swaps de devises
  • Futures

Exemple :

Un portefeuille détient 1 milliard USD d’actifs américains.
Russell met en place un contrat forward vendant USD contre EUR à échéance trimestrielle pour couvrir le risque.

Résultat : si le dollar baisse, la perte sur les actifs est compensée par le gain sur le contrat de change.

2. Couverture dynamique

La couverture dynamique ajuste le niveau de protection en fonction :

  • Des conditions de marché
  • Des différentiels de taux
  • Des valorisations de devises
  • Des signaux macroéconomiques

Cela permet de :

  • Réduire la couverture lorsque le risque est faible
  • L’augmenter lorsque la volatilité est anticipée

3. Stratégies à rendement absolu

Certaines approches intègrent des modèles quantitatifs visant à :

  • Optimiser le coût de la couverture
  • Générer une surperformance marginale
  • Exploiter les inefficiences de marché

Il ne s’agit pas seulement de protection, mais d’une gestion active du risque.

Pourquoi externaliser ce mandat ?

Russell Investments est un acteur mondial reconnu pour ses expertises en :

  • Gestion multi-actifs
  • Stratégies quantitatives
  • Solutions institutionnelles sur mesure
  • Gestion des risques complexes

Pour l’ERAFP, externaliser ce mandat permet :

  • D’accéder à une expertise technique spécialisée
  • De bénéficier d’infrastructures dédiées
  • De renforcer la gouvernance des risques
  • D’optimiser l’efficacité opérationnelle

Ce n’est pas une délégation stratégique, mais une spécialisation technique.

Lien avec la finance durable : un angle souvent négligé

La gestion du risque de change peut sembler éloignée des enjeux ESG. Pourtant, elle est profondément liée à la finance responsable.

1. Stabilité intergénérationnelle

Un fonds de pension responsable doit assurer la stabilité des retraites futures. Réduire la volatilité liée aux devises protège les bénéficiaires.

2. Allocation internationale durable

De nombreux investissements verts sont internationaux :

  • Parcs solaires aux États-Unis
  • Infrastructures éoliennes offshore
  • Fonds climat globaux
  • Green bonds émergents

Sans couverture, l’impact positif de ces investissements peut être neutralisé par un choc monétaire.

3. Gouvernance renforcée

La gestion active des risques financiers renforce le pilier “G” de l’ESG : gouvernance, contrôle interne, transparence.

Une tendance plus large dans les fonds de pension

L’ERAFP n’est pas un cas isolé. Les grands investisseurs institutionnels européens :

  • Renforcent leur sophistication en gestion des risques
  • Multiplient les mandats spécialisés
  • Professionnalisent les couvertures multi-devises

Dans un environnement marqué par :

  • Tensions géopolitiques
  • Divergences de politiques monétaires
  • Volatilité accrue des devises

La couverture de change devient une composante stratégique.

Un signal pour la finance verte

La transition écologique nécessite des investissements massifs, souvent internationaux. Pour qu’ils soient soutenables à long terme, ils doivent s’inscrire dans un cadre financier maîtrisé.

La décision de l’ERAFP montre que :

La finance durable ne peut pas être naïve.
Elle doit être robuste, sophistiquée et disciplinée.

Protéger les flux financiers est aussi important que financer des projets verts.

La finance verte est aussi une finance du risque maîtrisé

En confiant 4,1 milliards d’euros à Russell Investments pour gérer son risque de change, l’ERAFP rappelle une vérité fondamentale :

La finance responsable n’est pas seulement une question d’intention.
C’est une question d’architecture financière.

Dans un monde multipolaire, volatil et interconnecté, la gestion des risques, y compris monétaires, devient un pilier discret mais central de la transition durable.

La prochaine étape ?
Intégrer encore davantage la gestion des risques climatiques, géopolitiques et monétaires dans une vision globale de la soutenabilité financière.

Et c’est là que la Green Finance entre dans sa phase de maturité.

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Décarboner l’immobilier en 2026 : stratégie, valeur et résilience au cœur du nouveau Livre blanc d’ULI France

L’immobilier face au climat

En février 2026, l’Urban Land Institute France publie une version enrichie de son Livre blanc consacré à décarboner l’immobilier. Ce travail part d’un constat sans ambiguïté : le secteur immobilier figure parmi les principaux contributeurs aux émissions de gaz à effet de serre, à la consommation de ressources et à la production de déchets. Dans un environnement réglementaire et financier de plus en plus exigeant, la transition bas carbone n’est plus seulement une contrainte. Elle devient un levier stratégique de création de valeur, de gestion du risque et de transformation durable des portefeuilles.

Un changement de paradigme : de la contrainte carbone à la performance économique

Longtemps perçue comme un centre de coûts, la décarbonation s’impose désormais comme un facteur structurant de compétitivité. Le renforcement des cadres réglementaires – du décret tertiaire à la RE2020, en passant par la finance durable – oblige les acteurs à anticiper. Mais au-delà de l’obligation, c’est la logique économique qui évolue.

Un actif fortement émetteur s’expose à un risque d’obsolescence accélérée. À l’inverse, un immeuble aligné sur une trajectoire carbone crédible améliore sa liquidité, sécurise ses flux locatifs et renforce son attractivité auprès des investisseurs. La performance environnementale devient un indicateur de maîtrise du risque, au même titre que la localisation ou la qualité technique.

Le Livre blanc identifie trois axes d’action prioritaires : analyser les portefeuilles existants sous l’angle carbone, transformer les actifs pour réduire leur empreinte et développer de nouvelles activités liées à la durabilité.

Les locataires, catalyseurs de la transformation

Des obligations croissantes, un immobilier stratégique

Les entreprises occupantes sont soumises à des exigences accrues en matière de reporting extra-financier et de réduction d’émissions. Leur bilan carbone intègre désormais non seulement les consommations énergétiques, mais aussi le carbone incorporé dans les bâtiments qu’elles occupent.

L’immobilier représente souvent une part significative de leur empreinte globale. Agir sur ce poste devient un levier direct d’amélioration de leurs indicateurs ESG.

Un levier de valeur partagé

Un immeuble décarboné offre plusieurs bénéfices aux locataires : réduction des émissions globales, meilleure maîtrise des charges, image responsable renforcée, attractivité accrue auprès des talents. Dans un marché locatif polarisé, les actifs performants conservent leur attractivité et leur capacité à maintenir des loyers élevés.

Le Livre blanc encourage une coopération renforcée entre bailleurs et preneurs : clauses environnementales dans les baux, comités verts, partage de données énergétiques, adaptation des modèles de livraison, acculturation aux usages sobres. La performance carbone devient un projet commun.

Méthodologie de décarbonation : mesurer, piloter, transformer

Intégrer l’ensemble des émissions

La stratégie proposée couvre à la fois :

  • Le carbone opérationnel (Scopes 1 et 2).
  • Le carbone incorporé lié aux matériaux et aux travaux (Scope 3 bâtimentaire).
  • La maîtrise des flux de données énergétiques et matières sur tout le cycle de vie.

La continuité et la fiabilité de la donnée apparaissent comme une condition essentielle. De la conception à l’exploitation, la traçabilité doit être assurée pour permettre un pilotage réel et non déclaratif.

Des solutions concrètes et activables

Plusieurs leviers sont mis en avant : sobriété d’usage, rénovation plutôt que démolition, éco-conception, réemploi des matériaux, économie circulaire, gestion technique intelligente des bâtiments, digitalisation des suivis de performance.

La gouvernance des données joue un rôle central. La désignation d’un responsable dédié, l’interopérabilité des outils et la collaboration entre acteurs conditionnent la réussite des trajectoires carbone.

Performance carbone et indicateurs financiers : un lien direct

La décarbonation influence désormais des paramètres financiers clés :

  • Accès au capital et conditions de financement.
  • Niveau de loyers et prime verte.
  • Stabilité des flux locatifs.
  • Durée de commercialisation.
  • Maîtrise des OPEX et conditions d’assurance.

Les financements verts – prêts durables, obligations vertes – favorisent les actifs engagés dans une trajectoire crédible. La performance ESG améliore la résilience globale du portefeuille et sa capacité à traverser les cycles immobiliers.

Cinq Focus Studies pour opérationnaliser la transition

La version 2026 du Livre blanc intègre cinq études approfondies, destinées à traduire les principes en leviers concrets.

Focus 1 – Monétiser la performance ESG

L’étude consacrée à la monétisation démontre que l’ESG influence directement la valeur économique des actifs. Sur les marchés prime, une prime locative significative peut être observée pour les immeubles les plus performants.

La performance environnementale améliore l’attractivité locative, renforce la crédibilité auprès des investisseurs institutionnels et facilite l’accès aux capitaux. Les surcoûts initiaux sont majoritairement perçus comme des investissements créateurs de valeur à long terme.

L’enjeu réside dans la structuration d’indicateurs partagés, l’industrialisation du reporting et l’intégration d’un prix interne du carbone pour éclairer les décisions.

Focus 2 – Structurer une comptabilité carbone fiable

La seconde étude souligne que la principale difficulté n’est pas technique mais organisationnelle. Collecter des données fiables, harmoniser les méthodes, clarifier la responsabilité des émissions : ces défis freinent encore le pilotage stratégique.

Le recours à des référentiels communs et la mise en place d’une gouvernance claire des données permettent de passer d’une logique déclarative à une gestion opérationnelle de la performance carbone.

La coopération entre propriétaires, gestionnaires, locataires et fournisseurs est déterminante pour fiabiliser les bilans et piloter les trajectoires.

Focus 3 – Fonds Article 8 et 9 : vers une exigence accrue

L’étude dédiée aux fonds classés selon le règlement SFDR montre que la durabilité est devenue un critère structurant de gouvernance et de gestion du risque.

L’Article 8 tend à s’imposer comme standard de marché pour les stratégies core. L’Article 9 conserve une forte valeur de signal pour les stratégies à impact ou de transformation. Au-delà de la classification, c’est la crédibilité de la trajectoire environnementale et la capacité à démontrer un impact mesurable qui font la différence.

La performance ESG réelle prime désormais sur l’affichage réglementaire.

Focus 4 – Réhabiliter pour mieux durer

La réhabilitation bas carbone apparaît comme l’un des leviers les plus puissants de décarbonation. Prolonger la durée de vie des bâtiments évite les émissions massives liées à la démolition et à la reconstruction.

L’étude plaide pour une approche frugale et circulaire : réemploi, modularité, flexibilité des usages, optimisation bioclimatique. Le carbone devient la nouvelle unité de décision. On ne raisonne plus seulement en kilowattheures, mais en tonnes équivalent CO₂ sur l’ensemble du cycle de vie.

La sobriété est aussi temporelle. Il s’agit d’intervenir au bon moment, en valorisant le carbone déjà investi dans l’existant.

Focus 5 – Risque climatique physique et résilience

Au-delà de la réduction des émissions, l’adaptation aux risques climatiques physiques devient indispensable. Chaleurs extrêmes, inondations, sécheresses : ces phénomènes affectent l’exploitation, l’assurabilité et la valeur des actifs.

L’intégration du risque climatique dès l’acquisition et dans la gestion des CAPEX permet d’anticiper l’obsolescence. Les solutions combinent mesures passives, adaptations techniques, solutions fondées sur la nature et organisation interne.

La résilience protège la valeur à long terme. Elle renforce la liquidité et limite les pertes liées aux sinistres.

Une vision intégrée et collaborative de l’avenir immobilier

Le Livre blanc 2026 propose une approche pragmatique, fondée sur la mesure, la coopération et la transformation progressive des pratiques. La décarbonation n’est plus un simple impératif réglementaire. Elle devient un vecteur de performance globale.

Pour les acteurs immobiliers, l’enjeu est clair : sécuriser la valeur des actifs, renforcer leur attractivité et inscrire leur stratégie dans une trajectoire durable et mesurable. La transition bas carbone s’impose désormais comme le socle d’un immobilier résilient, compétitif et aligné avec les attentes économiques et sociétales du XXIe siècle.

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Labeyrie étend le label Agri-Éthique à la restauration

label Agri-Éthique

Labeyrie franchit une nouvelle étape en étendant la labellisation Agri-Éthique France à sa gamme destinée aux professionnels de la restauration. À travers cette démarche, le groupe renforce son engagement en faveur d’une production responsable, d’une rémunération équitable des producteurs et de filières françaises durables, dans un contexte de fortes attentes sociétales.

Une extension stratégique vers la restauration hors domicile

La durabilité n’est plus un sujet périphérique pour la restauration : elle devient une exigence centrale. Labeyrie Fine Foods l’a bien compris.

En février 2026, la marque annonce l’extension de la labellisation Agri-Éthique France à ses produits destinés aux professionnels, via sa gamme Labeyrie Professionnel. Une évolution qui s’inscrit dans un contexte où 82 % des restaurateurs considèrent la durabilité comme une priorité majeure.

Cette décision marque une montée en puissance de l’engagement du groupe sur le segment de la restauration hors domicile (RHD), un marché en forte transformation sous l’effet combiné :

  • des attentes sociétales,
  • des exigences de traçabilité,
  • de la volatilité des matières premières,
  • et d’une pression croissante sur la responsabilité des chaînes d’approvisionnement.

Agri-Éthique France : un commerce équitable ancré dans les filières françaises

Labeyrie n’en est pas à son premier pas dans la démarche.

Partenaire d’Agri-Éthique France depuis 2021, le groupe s’inscrit dans une logique de commerce équitable français, fondée sur des relations durables avec ses partenaires agricoles.

L’approche repose sur un principe clé : sécuriser les filières grâce à des engagements pluriannuels, dans une logique de stabilité économique et de partage de valeur.

Avant cette extension à la restauration professionnelle, Labeyrie avait déjà déployé la labellisation sur ses références grand public, notamment sur des filières certifiées autour :

  • du blé,
  • et des pois chiches,

pour ses marques Blini et L’Atelier Blini.

La filière Canard Gras labellisée : une première en France

Le tournant majeur de cette annonce concerne la filière Canard Gras.

Labeyrie indique avoir récemment obtenu la labellisation Agri-Éthique France sur cette filière, devenant la première entreprise en France à obtenir cette certification pour le Canard Gras.

Cette labellisation repose sur un partenariat historique avec la coopérative Lur Berri, engagé depuis plus de vingt ans. Aujourd’hui, la filière mobilise plus de 200 producteurs, principalement situés dans :

  • le Sud-Ouest,
  • et l’Ouest de la France.

L’objectif affiché est clair : construire un engagement de long terme au service des agriculteurs et des filières françaises.

Une démarche qui répond à trois enjeux ESG majeurs

Derrière l’annonce, l’initiative répond à des enjeux de fond, typiquement alignés avec une lecture ESG.

1) Le pilier social : sécuriser la rémunération agricole

Le communiqué rappelle que l’ambition est de garantir une rémunération juste aux producteurs.
Dans un contexte où la fragilité des revenus agricoles alimente une crise structurelle, la contractualisation longue devient un outil de résilience.

2) Le pilier territorial : préserver l’emploi local

En s’appuyant sur des producteurs implantés en France, la filière vise également à maintenir une dynamique économique dans des territoires agricoles fortement exposés à la pression des coûts.

3) Le pilier environnemental et bien-être animal

Labeyrie souligne également que la démarche vise à agir en faveur de l’environnement et du bien-être animal, dans une logique de responsabilité élargie.

Labeyrie : accompagner les restaurateurs dans leurs engagements

L’annonce s’inscrit aussi dans une transformation du marché de la restauration.

Labeyrie affirme une conviction forte :
la qualité des produits servis en restauration commence en amont, auprès des agriculteurs et éleveurs français, et repose sur des filières solides, construites dans la durée.

Le groupe justifie cette orientation par une attente sociétale claire :
2 convives sur 3 souhaitent davantage de produits d’origine France en restauration.

Cette dynamique est particulièrement importante pour les acteurs de la RHD, qui doivent désormais répondre à une demande croissante en matière :

  • d’origine,
  • de transparence,
  • et de cohérence entre discours et pratiques.

Une gamme de 40 références pensée pour les usages professionnels

Dans le cadre de cette stratégie, Labeyrie Professionnel propose une offre structurée autour du Canard Gras.

La marque indique commercialiser aujourd’hui une gamme de 40 références, majoritairement IGP Sud-Ouest, couvrant plusieurs typologies de produits.

Produits bruts

  • foie gras cru,
  • viandes crues.

Produits élaborés

  • foie gras mi-cuit,
  • magrets fumés ou séchés,
  • confits.

L’objectif est de répondre aux besoins concrets des professionnels : régularité, adaptation aux contraintes de service, cohérence des formats et exigences de restauration.

Une réponse à un marché sous tension

L’extension du label intervient dans un contexte économique tendu pour la restauration.

Le communiqué souligne que le secteur est marqué par :

  • la volatilité des matières premières,
  • des tensions économiques persistantes,
  • des attentes renforcées en matière de traçabilité,
  • et des exigences accrues de responsabilité.

Dans ce cadre, l’engagement sur des filières labellisées apparaît comme un levier de différenciation, mais aussi comme une manière de sécuriser une partie des approvisionnements.

Une distribution déjà structurée dans les réseaux RHD

Labeyrie précise que ses produits destinés aux professionnels sont aujourd’hui distribués via les principaux spécialistes de la restauration, notamment :

  • METRO
  • Sysco
  • Promocash
  • Back Europ
  • Délice & Création
  • France Frais
  • Pro à Pro
  • Relais d’Or

Cette présence dans les circuits de distribution confirme la volonté de la marque d’inscrire la démarche à grande échelle.

Agri-Éthique France : un label en forte expansion

Créé en 2013 par des agriculteurs, Agri-Éthique France est présenté comme le premier label de commerce équitable français.

Le cœur de la labellisation repose sur un mécanisme structurant :
la fixation d’un prix de la matière première sur une durée contractuelle pluriannuelle d’au moins trois ans.

Le label revendique aujourd’hui :

  • 773 références produits,
  • 38 marques labellisées,
  • 520 M€ de chiffre d’affaires,
  • 57 filières certifiées,
  • et 4 620 agriculteurs impliqués dans la démarche.

Agri-Éthique se positionne également comme un levier de relocalisation agricole et de financement de la transition agroécologique.

Labeyrie Fine Foods : une stratégie « plaisir + responsabilité »

Marque du groupe Labeyrie Fine Foods, fondé en 1946 dans le Sud-Ouest, Labeyrie revendique une ambition : donner au plus grand nombre les clés d’une consommation plus responsable.

Le groupe se présente comme un leader européen, engagé de longue date dans le développement durable.

Il affiche :

  • 901 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel,
  • 3 315 collaborateurs,
  • 12 sites dans le monde,
  • et un portefeuille de marques comprenant Labeyrie, Blini, L’Atelier Blini, Delpierre, Père Olive et Aux Petits Oignons.

Conclusion : la durabilité devient un critère structurant pour la RHD

L’annonce de Labeyrie illustre une tendance de fond : la durabilité n’est plus une option, mais un critère structurant de la restauration professionnelle.

En étendant la labellisation Agri-Éthique France à sa gamme dédiée aux restaurateurs, le groupe ne se contente pas d’ajouter un label à ses emballages.

Il formalise une stratégie filière, orientée :

  • rémunération agricole,
  • ancrage territorial,
  • traçabilité,
  • et durabilité.

Dans un marché où les consommateurs réclament davantage d’origine France et où les restaurateurs placent la durabilité au cœur de leurs priorités, cette initiative pourrait devenir un modèle reproductible pour d’autres filières.

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La Banque européenne d’investissement accélère l’électrification des flottes frigorifiques en Europe

Banque européenne d’investissement

La transition énergétique du transport routier franchit une nouvelle étape. La Banque européenne d’investissement (BEI) accompagne le Petit Forestier Group dans un vaste programme d’électrification de ses véhicules frigorifiques. À travers un prêt de 150 millions d’euros, l’institution européenne soutient le déploiement de milliers de véhicules électriques destinés à la distribution et au transport sous température dirigée. Ce partenariat s’inscrit dans une dynamique plus large de décarbonation des mobilités à l’échelle de l’Union européenne.

Un financement stratégique pour la mobilité décarbonée

La BEI a accordé un prêt de 150 millions d’euros à Petit Forestier Group afin de financer l’acquisition et la mise en circulation d’environ 4 000 véhicules frigorifiques électriques entre 2026 et 2029. Le programme concernera plusieurs pays de l’Union européenne, avec une priorité donnée à la France, à l’Italie et à l’Espagne.

Ce financement s’inscrit pleinement dans les priorités européennes en matière de transition énergétique. La mobilité constitue en effet un levier majeur pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. En soutenant l’électrification du transport frigorifique, la BEI agit sur un segment stratégique. Le froid est indispensable au quotidien des citoyens européens, qu’il s’agisse de la distribution alimentaire ou du transport de produits pharmaceutiques sensibles.

Ce projet représente le premier partenariat financier entre la BEI et Petit Forestier Group. Il marque une étape structurante dans la stratégie de transport décarboné portée par l’institution européenne.

4 000 véhicules électriques pour transformer la chaîne du froid

Le programme prévoit la production de 4 000 véhicules électriques construits à partir de châssis européens. Cette dimension industrielle renforce l’ancrage territorial du projet et soutient la filière européenne.

À terme, ces nouveaux véhicules permettront à Petit Forestier Group d’atteindre environ 5 % de flotte électrifiée. Ce chiffre peut sembler modeste, mais il traduit une transformation progressive d’un secteur historiquement dépendant des motorisations thermiques. L’enjeu est important. Les véhicules frigorifiques assurent des tournées urbaines régulières, souvent en centre-ville. Leur électrification contribue directement à la réduction des émissions de CO₂ et à l’amélioration de la qualité de l’air.

Au-delà de la performance environnementale, ces véhicules devront maintenir les exigences strictes de la chaîne du froid. L’innovation technologique joue ici un rôle clé. Elle garantit la continuité du service sans compromis sur la sécurité des produits transportés.

Une trajectoire bas carbone assumée par Petit Forestier Group

Pour Petit Forestier Group, ce financement constitue un levier d’accélération. L’entreprise, familiale depuis près de 120 ans, a construit son développement sur une vision de long terme. Sa mission est claire : améliorer la vie grâce à la maîtrise du froid.

Présent dans 24 pays et fort de 5 900 collaborateurs, le groupe intervient sur l’ensemble de la chaîne de valeur. Il conçoit, assemble et loue des véhicules, des meubles et des containers frigorifiques. Il assure également la revente et le recyclage des pièces détachées. Cette approche intégrée facilite l’intégration progressive de solutions électriques au sein de son offre.

L’objectif est d’accompagner les clients dans leur propre transition énergétique. Les entreprises de distribution, les acteurs de la santé ou encore les professionnels de l’alimentaire doivent eux aussi réduire leur empreinte carbone. En mettant à leur disposition des flottes électriques adaptées aux contraintes du froid, Petit Forestier Group renforce sa position de partenaire stratégique.

La BEI, moteur financier des priorités européennes

Institution de financement à long terme de l’Union européenne, la BEI est détenue par les États membres. Elle soutient des projets alignés sur les grandes priorités européennes, notamment la transition climatique, la compétitivité et la sécurité.

En 2025, le Groupe BEI — qui inclut également le Fonds européen d’investissement — a signé près de 100 milliards d’euros de nouveaux financements. Une part significative de ces engagements est consacrée à la lutte contre le changement climatique. En France, plus de 60 % des financements annuels soutiennent des projets contribuant à l’atténuation ou à l’adaptation aux effets du dérèglement climatique.

Le partenariat avec Petit Forestier Group illustre cette orientation stratégique. Il démontre que la transition énergétique ne se limite pas aux grands projets industriels ou aux infrastructures lourdes. Elle concerne aussi des secteurs du quotidien, comme le transport frigorifique, qui jouent un rôle essentiel dans la vie économique et sociale.

À travers cette opération, la BEI confirme son ambition. Accélérer la décarbonation tout en préservant la continuité des services indispensables aux citoyens européens.

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Géopolitique et ESG : le Pacte mondial de l’ONU et l’ESSEC s’allient pour préparer les entreprises aux chocs de demain

Géopolitique et ESG

Le Pacte mondial de l’ONU – Réseau France et l’ESSEC s’associent pour aider les entreprises à intégrer les enjeux géopolitiques dans leurs stratégies ESG. Face aux chocs internationaux croissants, ce partenariat vise à renforcer la résilience, la compétitivité et l’alignement durable des modèles économiques.

La durabilité ne peut plus être pensée hors du contexte géopolitique. Aujourd’hui le monde est fragmenté par les tensions commerciales, les rivalités stratégiques et la montée des risques systémiques. La transformation durable des entreprises passe désormais par une lecture fine des dynamiques géoéconomiques.

C’est dans cette logique que le Pacte mondial de l’ONU – Réseau France et l’Institut Géopolitique & Business de l’ESSEC ont officialisé, le 17 février 2026 à Paris, un partenariat stratégique destiné à éclairer les décideurs économiques face à l’intensification des chocs géopolitiques.

Une initiative qui dépasse le cadre académique pour s’inscrire pleinement dans l’agenda ESG et la résilience des modèles d’affaires.

La géopolitique, nouveau pilier de la stratégie durable

Pendant longtemps, la RSE et l’ESG ont été abordées sous l’angle environnemental, social et réglementaire. Mais la réalité actuelle impose un changement de focale.

Les chaînes de valeur sont redessinées par les conflits, les sanctions économiques, les tensions énergétiques et la recomposition des alliances internationales. Les marchés deviennent plus volatils. Les dépendances stratégiques sont réévaluées.

Dans ce contexte, comprendre la géopolitique n’est plus un exercice intellectuel. C’est un levier de compétitivité et de survie.

Le partenariat entre le Pacte mondial de l’ONU – Réseau France et l’Institut Géopolitique & Business de l’ESSEC repose sur cette conviction : les entreprises doivent intégrer la lecture géoéconomique au cœur de leur stratégie durable.

Décrypter la complexité pour agir durablement

Le Pacte mondial de l’ONU – Réseau France rassemble aujourd’hui plus de 2 200 entreprises et 60 organisations à but non lucratif. Relais officiel du Global Compact des Nations unies, il accompagne le secteur économique français dans la mise en œuvre des Dix principes et des 17 Objectifs de développement durable (ODD), en cohérence avec l’Agenda 2030 et l’Accord de Paris.

Mais la mise en œuvre des ODD dans un environnement instable nécessite désormais une compréhension approfondie des mécanismes géopolitiques.

L’Institut Géopolitique & Business de l’ESSEC, créé en 2024, a précisément pour mission d’analyser la manière dont les chocs géopolitiques transforment les modèles économiques des entreprises. Présent en France, au Maroc et à Singapour, l’Institut apporte une perspective tricontinentale sur les mutations de la post-mondialisation : vigilance stratégique, résilience organisationnelle et quête d’indépendance.

Ce partenariat vise donc à croiser expertise scientifique et expérience managériale pour offrir aux dirigeants des outils d’analyse opérationnels.

Un cycle inédit de rencontres stratégiques

Au cœur de cette collaboration : un cycle annuel de cinq rencontres thématiques co-organisées par les deux institutions.

La conception scientifique et l’animation seront assurées par l’Institut Géopolitique & Business de l’ESSEC, en dialogue avec des experts issus des entreprises membres du Réseau France.

Ces rencontres se tiendront à la Maison du développement durable by PMRF, un lieu devenu un carrefour stratégique pour les acteurs engagés.

La session inaugurale, consacrée à « Géopolitique, Business et Durabilité », a posé les bases du programme : comment maintenir – voire renforcer – les engagements ESG dans un environnement international de plus en plus instable ?

Les prochaines sessions aborderont successivement :

  • 6 mai : Géopolitique, Business & Conformité
  • 23 juin : Géopolitique, Business & Industrie
  • 6 octobre : Géopolitique, Business & Marketing
  • 8 décembre : Géopolitique, Business & Finance

Ce découpage illustre une réalité : aucun département de l’entreprise n’échappe désormais à l’impact géopolitique.

ESG et souveraineté : un dialogue nécessaire

Pour Nils Pedersen, Délégué général du Pacte mondial de l’ONU – Réseau France, ce partenariat permet de relier la vision globale des ODD aux réalités quotidiennes auxquelles les entreprises sont confrontées.

La résilience des modèles économiques dépend aujourd’hui de la capacité des organisations à comprendre les mécanismes géopolitiques et à anticiper leurs conséquences.

La durabilité ne se limite plus à la réduction des émissions ou à la gestion des risques sociaux. Elle inclut désormais la sécurisation des approvisionnements, l’adaptation aux sanctions internationales, la conformité aux nouvelles réglementations extraterritoriales et la gestion des dépendances critiques.

Thomas Friang, Directeur exécutif de l’Institut Géopolitique & Business de l’ESSEC, souligne quant à lui l’importance du dialogue entre expertise scientifique et expérience terrain. L’objectif est de mieux cerner la manière dont les dirigeants anticipent les chocs géopolitiques et adaptent leurs stratégies.

L’alliance entre le plus grand réseau d’entreprises engagées en France et l’une des principales business schools européennes illustre cette volonté d’intégrer la géopolitique au cœur de la formation et de la gouvernance.

La post-mondialisation, nouvelle matrice stratégique

Nous entrons dans une ère de post-mondialisation. Non pas une fin des échanges, mais une transformation profonde de leurs règles.

Les entreprises doivent désormais concilier :

  • performance économique
  • exigences ESG
  • souveraineté stratégique
  • conformité réglementaire
  • gestion des risques géopolitiques

Cette complexité redéfinit le rôle des directions générales, des directions financières et des responsables RSE.

Les décisions d’investissement, les choix d’implantation industrielle, les stratégies d’approvisionnement et même les campagnes marketing sont désormais influencés par des considérations géopolitiques.

Former une nouvelle génération de dirigeants

Au-delà des conférences, l’Institut Géopolitique & Business contribue aux programmes diplômants et à la formation exécutive de l’ESSEC.

L’objectif : faire émerger une nouvelle génération de dirigeants capables d’intégrer la géopolitique dans leurs décisions stratégiques.

Car l’enjeu dépasse la simple gestion de crise. Il s’agit d’anticiper les recompositions du monde, de sécuriser les chaînes de valeur et de transformer les contraintes en opportunités.

La finance durable face aux chocs géopolitiques

Pour les acteurs de la finance verte et de l’ESG, ce partenariat envoie un signal clair.

La performance durable ne peut plus être dissociée de la lecture géoéconomique. Les investisseurs évaluent désormais :

  • l’exposition aux risques politiques
  • la dépendance aux matières premières critiques
  • la vulnérabilité aux sanctions et aux tensions commerciales
  • la robustesse des chaînes d’approvisionnement

L’ESG entre dans une phase de maturité stratégique. Il ne s’agit plus seulement de reporting ou de conformité, mais d’anticipation systémique.

Vers une nouvelle culture du risque

Ce partenariat marque une étape supplémentaire dans l’évolution du capitalisme européen.

L’entreprise durable de demain ne sera pas seulement décarbonée. Elle sera géopolitiquement lucide.

Comprendre les tensions internationales, analyser les rapports de force, anticiper les ruptures d’approvisionnement, intégrer les dynamiques de souveraineté : autant de compétences qui deviennent essentielles.

Dans un monde plus fragmenté, la résilience devient un avantage concurrentiel.

Et la géopolitique, un pilier de la stratégie ESG.

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Arkéa Asset Management dévoile un fonds mondial dédié à la sécurité de l’eau et à la transparence environnementale

Arkéa Asset Management

Brest, le 18 février 2026 – Arkéa Asset Management annonce le lancement d’un nouveau fonds thématique international. Arkéa Focus – Water Security and Transparency. Ce véhicule d’investissement s’inscrit dans la dynamique de développement de la gamme Arkéa Focus. Et cible un enjeu stratégique majeur : la préservation et la sécurisation durable des ressources en eau.

Conçu en partenariat avec CDP, organisme mondial de référence en matière de divulgation de données environnementales. Ce fonds repose sur une méthodologie d’investissement dite « quantamentale », combinant analyse financière approfondie et outils quantitatifs avancés.

Un positionnement clair : investir dans la transparence et la gestion responsable de l’eau

Face à l’intensification des pressions sur les ressources en eau douce, Arkéa Asset Management affirme une conviction forte. La sécurisation de l’eau constitue un pilier essentiel de la résilience économique et environnementale.

Le fonds Arkéa Focus – Water Security and Transparency sélectionne des entreprises cotées à l’échelle mondiale qui démontrent un niveau élevé de transparence dans leur gestion des ressources hydriques. Sont privilégiées les sociétés capables d’identifier, mesurer et piloter leurs risques liés à l’eau. Ou dont les pratiques sont jugées robustes au regard des enjeux de durabilité.

Cette stratégie s’inscrit pleinement dans la trajectoire du groupe Crédit Mutuel Arkéa, qui a placé la protection de la ressource en eau au cœur de sa feuille de route de finance durable 2025-2030. L’objectif est double : accompagner la transformation des modèles économiques et orienter les capitaux vers des acteurs engagés.

Une méthodologie fondée sur les données du CDP

Pour structurer son univers d’investissement, Arkéa Asset Management s’appuie sur les données fournies par le CDP. Plateforme mondiale indépendante de reporting environnemental.

En 2025, plus de 22 100 entreprises à travers le monde ont communiqué volontairement leurs informations environnementales via le CDP. Dont près de 10 000 sur les thématiques liées à la sécurité de l’eau. Ces données permettent d’analyser avec précision la qualité de la gouvernance. Le niveau de transparence et la maturité des politiques mises en œuvre par les entreprises en matière de gestion hydrique.

Selon Ariane Coulombe, Market Director EMEA au sein du CDP, les entreprises sont aujourd’hui exposées à environ 293 milliards d’euros de risques financiers liés à l’eau. À l’inverse, celles qui adoptent des stratégies adaptées identifient plus de 1 200 milliards d’euros d’opportunités potentielles. Une information environnementale fiable devient ainsi un levier stratégique. Tant pour réduire les risques que pour capter de nouvelles sources de création de valeur.

Un fonds thématique mondial de nouvelle génération

Arkéa Focus – Water Security and Transparency se positionne comme un fonds actions internationales de nouvelle génération. Il vise, sur un horizon d’investissement recommandé de cinq ans. Une performance nette de frais supérieure à celle de l’indice MSCI World Index NR (Eur).

Sa gestion repose sur une approche « quantamentale » qui combine :

  • une analyse fondamentale approfondie des entreprises,
  • des modèles quantitatifs destinés à optimiser la sélection des titres,
  • et une méthodologie d’investissement éprouvée, commune à l’ensemble de la gamme Arkéa Focus.

Le fonds bénéficie par ailleurs d’un label ISR, attestant de l’intégration structurée de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance dans le processus d’investissement.

Pour Stéphane Cadieu, Président d’Arkéa Asset Management, l’accès à des données environnementales de référence permet d’orienter les investissements vers des entreprises qui intègrent concrètement des pratiques responsables dans leur stratégie. Il réaffirme la vision d’une finance au service de l’intérêt général. Capable de contribuer à la sécurisation des ressources vitales pour les générations futures.

Risques et cadre d’investissement

Comme tout placement en actions, ce fonds présente un risque de perte en capital et ne garantit ni la liquidité ni l’atteinte de l’objectif de performance.

La sélection des entreprises repose principalement sur leur niveau de transparence et sur l’évaluation de leurs pratiques en matière de gestion de l’eau, notamment via le score issu du questionnaire « Water » du CDP. Cette approche ne constitue toutefois pas une garantie quant à la réalisation effective des engagements déclarés ni à la qualité de leur mise en œuvre.

Les investisseurs sont invités à consulter attentivement le prospectus afin de prendre connaissance de l’ensemble des risques et de vérifier l’adéquation du produit à leur profil, à leur horizon d’investissement et à leur capacité à supporter une éventuelle volatilité. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

À propos d’Arkéa Asset Management

Filiale du groupe Crédit Mutuel Arkéa, Arkéa Asset Management se positionne comme un acteur engagé de la gestion d’actifs, conjuguant recherche de performance financière et impact extra-financier. Forte de près de 200 collaborateurs et de 65,2 milliards d’euros d’encours sous gestion au 31 décembre 2025, la société développe une offre diversifiée couvrant la gestion cotée, la dette privée et des solutions d’investissement sur mesure pour une clientèle institutionnelle et particulière.

En plaçant l’engagement au cœur de sa stratégie, Arkéa Asset Management ambitionne de jouer un rôle actif dans l’accompagnement des transitions économiques et environnementales.

À propos du CDP

Le CDP est une organisation internationale à but non lucratif qui opère le principal système indépendant de divulgation d’informations environnementales au monde. Pionnier du reporting environnemental, il œuvre en faveur de la transparence et de l’utilisation des données comme moteur de transformation.

En 2025, plus d’un quart des actifs institutionnels mondiaux étaient détenus par des institutions financières utilisant les données du CDP pour orienter leurs décisions d’investissement et de financement. Aligné sur les standards internationaux tels que la norme IFRS S2 de l’ISSB, le CDP consolide les meilleures pratiques de reporting au sein d’un cadre cohérent et accessible.

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2026 : l’économie mondiale face à son moment de vérité ?

Risk Review

L’économie mondiale entre en 2026 dans un climat paradoxal. La croissance tient. Mais la pression s’intensifie. Selon la dernière Risk Review publiée par Coface, l’activité mondiale devrait progresser de +2,6 % en 2026, après +2,8 % en 2025. Un léger ralentissement, certes, mais qui confirme une résilience inattendue dans un environnement saturé de risques géopolitiques, financiers, sociaux et climatiques. L’année 2026 pourrait ainsi constituer un véritable moment de vérité pour l’économie mondiale.

2025 : la résilience inattendue de la mondialisation

L’année 2025 aura déjoué de nombreux scénarios pessimistes. Malgré les tensions commerciales, les incertitudes politiques et les conflits géopolitiques, la croissance mondiale a atteint +2,8 %, conforme aux prévisions initiales.

Deux facteurs majeurs expliquent cette résistance :

  1. Les chocs économiques se sont révélés moins violents que les craintes anticipées, notamment sur le front des droits de douane.
  2. Les entreprises internationales ont démontré une capacité d’adaptation remarquable, confirmant que la mondialisation reste une dynamique puissante et profondément interconnectée.

Autre surprise : le commerce mondial a progressé de +3,9 % en 2025, défiant les pronostics les plus prudents. Les importations américaines ont fortement contribué à cette dynamique, tandis que les hausses de tarifs douaniers ont finalement été moins drastiques que redouté.

Le taux tarifaire effectif moyen aux États-Unis s’est établi à 9,4 % en novembre 2025, loin des 36 % redoutés lors des pics de tension avec la Chine.

2026 : une année sous haute tension

Si 2025 a montré la résilience du système, 2026 démarre sous un nuage beaucoup plus dense.

Les risques géopolitiques se matérialisent, avec des tensions en Amérique latine, en Iran ou encore au Groenland. Les risques financiers se renforcent dans un contexte de taux d’intérêt durablement élevés, où les niveaux d’endettement et les valorisations d’actifs suscitent des interrogations croissantes.

Aux États-Unis, les défaillances d’entreprises ont bondi de +15 % au second semestre 2025, signalant un environnement de crédit plus contraint.

Les risques macroéconomiques restent également prégnants : incertitudes sur la politique économique américaine, menace persistante de nouvelles frictions commerciales, compétition internationale exacerbée et coopération mondiale affaiblie.

À cela s’ajoutent des tensions sociales et politiques dans de nombreux pays, notamment en Europe, ainsi que des risques climatiques et sanitaires toujours plus visibles.

Une croissance mondiale fragmentée

La dynamique économique mondiale reste hétérogène.

États-Unis : consommation solide, mais fragilité sous-jacente

La croissance américaine devrait atteindre +2,2 % en 2026, soutenue par une consommation robuste. Toutefois, la hausse des faillites et un environnement financier plus contraint constituent des signaux d’alerte.

Zone euro : reprise allemande, fragilité française

Dans la zone euro, la croissance attendue avoisine +1 %.

L’Allemagne bénéficie d’un rebond lié à un important plan d’investissement, tandis que la France devrait progresser autour de +0,9 %, dans un contexte budgétaire délicat, marqué par un déficit public supérieur à 5 % du PIB.

L’Europe centrale affiche une dynamique plus soutenue, avec la Pologne en tête à +3,8 %.

Asie : ralentissement chinois, dynamisme indien

En Asie, la Chine devrait voir sa croissance ralentir à +4,4 %, pesant sur la dynamique régionale.

À l’inverse, l’Inde confirme son rôle de moteur mondial avec une croissance attendue de +6,1 %, soutenue par une demande domestique forte et des politiques publiques volontaristes.

Énergie et inflation : un facteur stabilisateur ?

Les prix du pétrole devraient reculer, passant de 68 dollars le baril de Brent en 2025 à environ 60 dollars en 2026.

Cette baisse s’explique par une croissance modérée de la demande et une augmentation significative de l’offre.

Malgré des épisodes de volatilité liés aux tensions géopolitiques, les prix de l’énergie devraient rester globalement neutres pour l’inflation, laquelle continue de se modérer dans la plupart des régions.

Commerce mondial : la surprise vietnamienne

La réorganisation des chaînes d’approvisionnement se poursuit.

Le Vietnam a été l’un des grands bénéficiaires de ces ajustements, avec une hausse de +43 % des importations américaines en provenance du pays entre janvier et novembre 2025.

L’Europe, de son côté, a stabilisé son commerce extérieur.

Pour 2026, un ralentissement progressif est attendu, accompagné d’une baisse des taux de fret en raison de surcapacités et d’une possible réouverture de routes maritimes traditionnelles.

Risque pays : un bilan globalement positif

Coface a procédé à sept ajustements de notation pays, dont six relèvements.

Pays reclassés à la hausse

  • Chili (A4 → A3) : investissements en cuivre et énergie, environnement institutionnel stabilisé.
  • Pologne (A4 → A3) : dynamique d’investissement soutenue par les fonds européens.
  • Suède (A3 → A2) : demande privée robuste et marché du travail amélioré.
  • Chypre (A4 → A3) : performance touristique record.
  • Barbade (C → B) : consolidation budgétaire efficace.
  • Équateur (D → C) : reprise solide après la crise énergétique de 2024.

Pays dégradé

  • Sénégal (B → C) : dérive budgétaire et dette préoccupante compliquant les discussions avec le FMI.

Ces ajustements traduisent un environnement global plus résilient qu’anticipé, malgré des poches de vulnérabilité.

Le vrai enjeu : la dette et la valorisation des actifs

Au-delà des chiffres de croissance, la question centrale reste financière.

Dans un environnement de taux élevés persistants, la soutenabilité des dettes publiques et privées devient un sujet critique. Les niveaux de valorisation de nombreux actifs soulèvent des interrogations.

La croissance tient, mais elle repose sur des équilibres fragiles.

2026 : stabilité ou rupture ?

L’économie mondiale n’est pas en récession. Elle ne s’effondre pas. Elle ralentit légèrement mais tient.

Pour autant, le système fonctionne sous tension maximale :

  • tensions géopolitiques persistantes,
  • dette élevée,
  • incertitudes commerciales,
  • risques sociaux croissants,
  • pressions climatiques et sanitaires.

La question n’est plus de savoir si la mondialisation résiste — elle a prouvé sa capacité d’adaptation — mais si le système financier global peut absorber durablement l’accumulation de risques.

2026 pourrait être l’année où l’économie mondiale confirme sa robustesse… ou révèle ses failles structurelles.

Une chose est certaine : la croissance est toujours là, mais la marge d’erreur se réduit.

Découvrez aussi : Transition énergétique : l’État paie aujourd’hui pour que le marché gagne demain

Le Groupe BEI et BNP Paribas renforcent le financement des PME françaises et accélèrent la transition climatique

BEI et BNP Paribas

Le 16 février 2026, le Groupe BEI et BNP Paribas ont conclu une nouvelle opération de titrisation synthétique. Destinée à soutenir le financement des entreprises françaises. Cette initiative, la sixième menée conjointement depuis 2017, vise à accroître la capacité de prêt en faveur des PME et des ETI. Tout en orientant une part significative des fonds vers des projets contribuant à la neutralité carbone. À travers ce montage financier structuré, les deux partenaires entendent conjuguer dynamisme économique et ambition climatique.

Un mécanisme financier au service du financement des entreprises

L’opération repose sur une titrisation synthétique d’un montant total de 112 millions d’euros. Mise en place pour réduire le risque associé à un portefeuille de prêts existants de BNP Paribas. Concrètement, le Groupe BEI apporte une protection sur une tranche dite « mezzanine ». Permettant à la banque de transférer une partie du risque de crédit sans céder les actifs concernés. Les prêts demeurent inscrits au bilan de BNP Paribas, ce qui caractérise la nature synthétique du dispositif.

Ce mécanisme présente un double avantage. D’une part, il optimise les actifs pondérés par les risques (RWA) de la banque. D’autre part, il libère des fonds propres réglementaires, ouvrant la voie à l’octroi de nouveaux financements. Grâce à cette opération, BNP Paribas s’engage à mobiliser environ 337 millions d’euros de crédits supplémentaires au bénéfice des petites et moyennes entreprises (PME) et des entreprises de taille intermédiaire (ETI) françaises sur une période de deux ans.

Un engagement massif en faveur de la transition climatique

Au-delà du soutien général à l’économie réelle, l’opération intègre un objectif environnemental clair. Au moins 30 % des nouveaux financements accordés devront être orientés vers des projets alignés avec l’action climatique. Et la durabilité environnementale, soit un minimum de 101 millions d’euros.

Cette orientation traduit une volonté commune d’accélérer la transformation du tissu économique français vers un modèle bas carbone. Les entreprises bénéficiaires pourront financer des investissements liés à l’efficacité énergétique. Aux énergies renouvelables, à la décarbonation des procédés industriels ou encore à l’innovation technologique verte. Dans un contexte marqué par la concurrence internationale et l’intensification des exigences réglementaires en matière climatique. Ces financements constituent un levier stratégique pour renforcer la compétitivité des PME et ETI.

Une coopération de long terme entre la BEI, le FEI et BNP Paribas

Cette opération s’inscrit dans une relation de partenariat établie entre BNP Paribas et le Groupe BEI depuis plusieurs années. Depuis 2017, six transactions similaires ont été conclues, démontrant la solidité du cadre de coopération et la confiance mutuelle entre les institutions.

Au sein du Groupe BEI, le Fonds européen d’investissement (FEI) joue un rôle central. En fournissant la garantie sur la tranche mezzanine, elle-même contre-garantie par la Banque européenne d’investissement. Cette architecture permet de mutualiser les risques tout en maximisant l’effet de levier sur les volumes de financement mobilisés.

Pour la BEI et le FEI, ces instruments constituent des outils efficaces pour soutenir l’accès au crédit des entreprises. Notamment dans le domaine de la finance verte. Ils contribuent également aux objectifs européens visant à renforcer l’Union de l’épargne et de l’investissement, en orientant les capitaux vers des projets productifs et durables.

Une structure technique robuste et encadrée

L’opération respecte les critères STS (simple, transparente et standardisée), gage de qualité et de clarté pour les acteurs financiers. Le portefeuille sous-jacent, d’un encours d’environ 1,5 milliard d’euros. Est composé de prêts accordés à des ETI et à de grandes PME par la banque commerciale en France de BNP Paribas.

La structure prévoit un amortissement au prorata, avec des mécanismes de bascule vers un amortissement séquentiel en cas de dégradation de la performance du portefeuille. Mesurée notamment à travers les taux de défaut et de perte. Elle inclut également un excédent de marge synthétique ainsi qu’une période de renouvellement de deux ans. Durant laquelle de nouveaux actifs éligibles peuvent être intégrés, sous réserve du respect de critères de performance stricts.

Cette ingénierie financière vise à assurer une gestion prudente du risque tout en maximisant l’impact économique de l’opération. Elle permet à BNP Paribas d’accroître durablement sa capacité de financement, tout en maintenant un cadre de contrôle rigoureux.

Le rôle stratégique de la BEI et du FEI dans l’économie européenne

Institution de financement à long terme de l’Union européenne, la Banque européenne d’investissement (BEI) a pour mission de soutenir des projets favorisant la cohésion. L’intégration et le développement équilibré des États membres. Elle intervient massivement sur les marchés de capitaux pour proposer des conditions de financement attractives, notamment dans les domaines stratégiques comme le climat et l’innovation.

Le FEI, pour sa part, cible plus spécifiquement les microentreprises et les petites entreprises, en facilitant leur accès au crédit et au capital-risque. Son engagement croissant en faveur des fonds climatiques et des investissements durables illustre la priorité donnée à la transition environnementale à l’échelle européenne.

À travers cette nouvelle opération de titrisation, le Groupe BEI et BNP Paribas démontrent que la sophistication financière peut être mise au service d’objectifs concrets : soutenir la croissance des entreprises françaises, renforcer leur résilience face aux mutations économiques et accélérer la transition vers une économie décarbonée.

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Risk Management : un ouvrage de référence pour structurer la gestion des risques au cœur des organisations

Risk Management

À l’heure où les risques n’ont jamais été aussi omniprésents, cyberattaques, instabilité macroéconomique, mutations technologiques, exigences réglementaires accrues et montée des enjeux ESG. La fonction Risk Management s’impose comme l’un des piliers stratégiques des organisations modernes. Dans ce contexte, l’ouvrage Risk Management : Démarche, méthodes, outils et acteur clé de la gestion des risques, publié chez GERESO et co-écrit par Caroline Aubry et Nicolas Dufour, s’impose comme une référence incontournable, à la fois académique et opérationnelle.

Cet ouvrage se distingue par sa capacité à articuler rigueur conceptuelle et pragmatisme terrain, offrant une vision complète, structurée et directement exploitable de la gestion des risques.

Une approche globale et structurée de la fonction Risk Management

Dès les premières pages, les auteurs posent les bases indispensables en proposant une définition claire des notions mobilisées, notamment le risque, la gestion des risques et la fonction Risk Manager. Cette première étape constitue un socle fondamental, permettant au lecteur de comprendre les fondements conceptuels de la discipline avant d’en explorer les applications opérationnelles.

L’ouvrage poursuit avec une analyse approfondie de la contextualisation historique récente de la gestion des risques et de la fonction Risk Manager, retraçant son évolution depuis les années 1990 jusqu’aux transformations majeures induites par la crise financière de 2008, la pandémie de Covid-19 et les nouvelles exigences réglementaires et sociétales. Cette mise en perspective met en lumière la montée en puissance de la fonction Risk Management comme levier de résilience et de performance durable.

Une immersion complète dans l’activité du Risk Manager

Le cœur du livre explore en détail l’activité du Risk Manager, en décrivant précisément ses responsabilités, son rôle stratégique et ses interactions avec la direction générale, les fonctions opérationnelles et les parties prenantes externes.

Les auteurs répondent notamment à des questions structurantes :

  • Qui sont les Risk Managers ?
  • Quel est le rôle du Chief Risk Officer et du Risk Manager stratégique ?
  • Comment la fonction s’intègre-t-elle dans l’organisation ?
  • Quels sont les facteurs de légitimité et de crédibilité du Risk Manager ?

Cette analyse met en évidence la transformation du Risk Manager en véritable acteur transversal de la gouvernance, positionné à l’interface entre stratégie, opérations et contrôle.

Une cartographie complète des risques auxquels les organisations sont confrontées

L’un des apports majeurs de l’ouvrage réside dans son traitement exhaustif de la définition et de l’illustration des différents types de risques auxquels sont confrontés les Risk Managers.

Les auteurs analysent en profondeur :

  • les risques stratégiques,
  • les risques économiques,
  • les risques financiers,
  • les risques opérationnels,
  • les risques cyber et informatiques,
  • ainsi que les risques émergents.

Cette typologie détaillée permet au lecteur de comprendre la complexité et l’interconnexion des risques dans un environnement économique globalisé.

Des méthodes et outils opérationnels directement exploitables

Au-delà de l’approche conceptuelle, l’ouvrage se distingue par sa dimension résolument pratique à travers une présentation détaillée des méthodes et outils du Risk Manager.

Les auteurs expliquent notamment :

  • les méthodes d’identification des risques,
  • les outils d’évaluation et de priorisation,
  • la cartographie des risques,
  • les dispositifs de pilotage,
  • les tableaux de bord de gestion des risques,
  • ainsi que les systèmes d’information dédiés.

Ils abordent également des dimensions critiques telles que :

  • l’intégration des risques dans les processus décisionnels,
  • la gestion des crises,
  • et la communication sur les risques auprès des parties prenantes.

Cette approche opérationnelle confère à l’ouvrage une valeur directement applicable dans les environnements professionnels.

Une analyse précise de la place organisationnelle du Risk Manager

L’ouvrage explore également la place des Risk Managers dans l’organisation, en examinant les modèles de centralisation et de décentralisation, le positionnement hiérarchique, les relations avec la direction générale et les différentes fonctions de contrôle.

Les auteurs analysent les enjeux de gouvernance, les responsabilités, les objectifs et les comités de risques, mettant en évidence les conditions nécessaires à l’efficacité de la fonction Risk Management.

Les compétences clés du Risk Manager moderne

Enfin, l’ouvrage consacre un chapitre complet aux compétences des Risk Managers, en mettant en lumière les compétences techniques, analytiques, stratégiques et relationnelles indispensables à l’exercice de cette fonction.

Les auteurs insistent notamment sur :

  • la maîtrise des méthodes de gestion des risques,
  • la capacité d’analyse et de synthèse,
  • les compétences de communication,
  • la compréhension des enjeux stratégiques,
  • et l’aptitude à interagir avec la direction générale.

Cette dimension humaine et stratégique renforce la pertinence de l’ouvrage dans une perspective de développement professionnel.

Deux auteurs reconnus, à la croisée du monde académique et professionnel. La qualité exceptionnelle de cet ouvrage repose en grande partie sur l’expertise de ses deux auteurs.

Caroline Aubry, docteur en sciences de gestion et maître de conférences à l’Université de Toulouse, est une spécialiste reconnue de la stratégie, de la comptabilité de gestion et du Risk Management. Son expertise académique garantit la rigueur méthodologique et la profondeur analytique de l’ouvrage.

Nicolas Dufour, également docteur en gestion, occupe des fonctions opérationnelles de direction des risques au sein d’un groupe mutualiste. Son expérience terrain apporte une dimension concrète et pragmatique essentielle, nourrie par des situations réelles et des problématiques organisationnelles complexes.

Cette complémentarité entre expertise académique et expérience opérationnelle constitue l’un des points forts majeurs du livre.

Un ouvrage de référence pour étudiants et professionnels

L’ouvrage s’adresse à un public large et exigeant :

Pour les étudiants en finance, en gestion ou en école de commerce, il constitue un manuel pédagogique de référence, permettant d’acquérir une compréhension claire et structurée de la gestion des risques.

Pour les professionnels,  Risk Managers, auditeurs, consultants, dirigeants ou analystes financiers, il représente un guide opérationnel précieux pour structurer, renforcer ou transformer les dispositifs de gestion des risques.

Il est également particulièrement pertinent pour les organisations souhaitant améliorer leur gouvernance, leur résilience et leur performance dans un environnement incertain.

Un ouvrage indispensable dans un monde incertain

Dans un contexte où l’incertitude est devenue une constante structurelle, la gestion des risques n’est plus une fonction de support, mais un levier stratégique majeur.

Avec cet ouvrage, Caroline Aubry et Nicolas Dufour offrent bien plus qu’un manuel : ils proposent une véritable grille de lecture pour comprendre, structurer et piloter les risques au cœur des organisations modernes.

Clair, rigoureux, pédagogique et opérationnel, Risk Management – Démarche, méthodes, outils et acteur clé de la gestion des risques s’impose comme une référence incontournable pour tous les acteurs de la finance et de la gestion des risques.

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