
Crédit Agricole : le capital naturel s’impose progressivement comme un enjeu économique à part entière. Forêts, eau, sols, biodiversité et qualité de l’air constituent des ressources indispensables au fonctionnement des territoires et des entreprises. Leur dégradation fragilise cependant certaines activités et augmente les risques auxquels sont confrontés les acteurs économiques.
Face à ces enjeux, le Crédit Agricole annonce le lancement de Crédit Agricole Capital Naturel. Ce nouveau pôle doit accompagner les entreprises, investisseurs, collectivités et propriétaires d’actifs naturels dans leurs projets de préservation et de restauration des écosystèmes. Son premier domaine d’intervention sera la forêt, avant un élargissement à l’eau et à la biodiversité à partir de 2027.
Le capital naturel devient un enjeu économique
Le capital naturel désigne l’ensemble des ressources et des écosystèmes dont dépendent de nombreuses activités économiques. Les forêts participent notamment au stockage du carbone, à la préservation de la biodiversité et à la régulation de l’eau. Les sols soutiennent l’agriculture. Les ressources en eau sont indispensables à l’industrie, à l’énergie et aux territoires.
Or ces ressources subissent une pression croissante. En France, près de 670 000 hectares de forêts sont concernés par des phénomènes de dépérissement. Dans le même temps, la capacité des forêts françaises à absorber du carbone a diminué de 24 millions de tonnes par an au cours des deux dernières décennies, selon les données citées par le Crédit Agricole et issues de l’ONF.
Cette évolution transforme progressivement la manière dont les acteurs économiques appréhendent les ressources naturelles. Leur préservation ne relève plus uniquement de la politique environnementale. Elle concerne également la résilience des entreprises, la valeur des actifs et l’avenir des territoires.
La forêt comme première priorité
Pour lancer son nouveau pôle, le Crédit Agricole choisit de concentrer ses premières actions sur la forêt. Ce choix répond à plusieurs enjeux. Les écosystèmes forestiers jouent un rôle dans la lutte contre le changement climatique, la préservation de la biodiversité et le stockage du carbone. Ils représentent également une activité économique structurante pour de nombreux territoires.
Crédit Agricole Capital Naturel entend intervenir sur plusieurs étapes. Le pôle pourra notamment accompagner la définition des stratégies, le financement des projets, la restauration des écosystèmes et la gestion durable des actifs forestiers. L’objectif est aussi de développer des solutions d’investissement adaptées à ces nouveaux besoins.
Le groupe s’appuiera notamment sur EcoTree. Depuis 2018, l’entreprise développe des solutions liées à la restauration des écosystèmes européens. Crédit Agricole S.A. a annoncé être entré en négociations exclusives avec EcoTree en vue d’une prise de participation majoritaire. L’entreprise intervient notamment sur la gestion durable des forêts et la valorisation de services écosystémiques comme la séquestration du carbone, la préservation de la biodiversité ou la filtration de l’eau.
Un fonds de 200 millions d’euros pour restaurer les écosystèmes forestiers
Le dispositif comprend également une nouvelle solution d’investissement. Amundi lance ainsi le fonds Amundi Arbora Nova, destiné aux investisseurs institutionnels et consacré à la restauration et à la régénération des écosystèmes forestiers en France et en Europe.
Le fonds ciblera notamment deux types d’opérations. Le boisement consiste à planter des arbres sur des terres qui sont restées sans couvert forestier pendant au moins dix ans. Le reboisement concerne, de son côté, des parcelles fortement dégradées nécessitant une nouvelle plantation.
L’ambition affichée est de mobiliser 200 millions d’euros à terme. Les projets devront également contribuer à la résilience des forêts, à la protection de la biodiversité et au stockage du carbone. Le fonds entend par ailleurs favoriser les retombées économiques locales en s’appuyant notamment sur des entreprises présentes dans les territoires pour réaliser les travaux forestiers.
Une approche qui rassemble les métiers du groupe
Crédit Agricole Capital Naturel ne repose pas sur une seule activité financière. Le nouveau pôle doit fédérer plusieurs expertises du groupe afin de proposer une approche couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur.
Conseil, financement, assurance, investissement, structuration de projets et valorisation des actifs naturels pourront ainsi être mobilisés selon les besoins. Cette organisation vise différents publics : entreprises cherchant à réduire leur empreinte environnementale, investisseurs intéressés par ces nouvelles classes d’actifs, propriétaires forestiers, collectivités ou encore épargnants.
Cette démarche s’appuie également sur les activités déjà développées par plusieurs entités du groupe dans la forêt, la finance durable, l’assurance ou encore l’accompagnement des transitions environnementales.
Une extension prévue vers l’eau et la biodiversité
La forêt constitue donc le point de départ. Le périmètre du nouveau pôle doit cependant s’élargir progressivement. À partir de 2027, Crédit Agricole Capital Naturel prévoit d’intégrer d’autres composantes du capital naturel, notamment l’eau et la biodiversité.
Cette évolution traduit une volonté de construire une offre plus large autour de la restauration des ressources naturelles. Pour les entreprises comme pour les investisseurs, ces enjeux pourraient progressivement devenir des paramètres importants dans les stratégies de financement, de gestion des risques et d’allocation du capital.
À la tête de cette nouvelle activité, Timothée Jaulin est nommé directeur du pôle Capital Naturel. Il aura notamment pour mission de structurer l’offre et d’accélérer son déploiement. Son parcours au sein d’Amundi, notamment dans l’investissement responsable et les relations avec des institutions financières internationales, doit accompagner le développement de cette nouvelle activité.
Avec Crédit Agricole Capital Naturel, le groupe cherche ainsi à rapprocher enjeux environnementaux et outils financiers. La première étape se concentrera sur les écosystèmes forestiers. Le développement prévu autour de l’eau et de la biodiversité doit ensuite élargir progressivement le champ d’action de cette nouvelle activité.
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