France Mutuelle intensifie son développement et s’offre le courtier INIXIA !

Entrés en négociation exclusive au 1er trimestre 2023, France Mutuelle confirme avoir fait l’acquisition du courtier spécialisé en assurance de prêt et assurances professionnelles INIXIA, le 4 octobre 2023. France Mutuelle dispose ainsi d’un nouvel atout pour accélérer son développement et sa digitalisation.

Accélérer son savoir-faire digital

100% digitalisé depuis son lancement en 2016, INIXIA dispose d’un site vitrine inixia orienté principalement sur les assurances professionnelles et d’un comparateur d’assurances de prêt immobilier : jempruntejassure. INIXIA gère seul l’acquisition de sa clientèle sur plusieurs marchés de niche et dispose d’un CRM propriétaire.

« France Mutuelle s’est lancée il y a 18 mois dans un plan de digitalisation de ses activités de gestion et de distribution. L’acquisition d’INIXIA est, au-delà de l’opération purement financière, un accélérateur stratégique destiné à améliorer nos processus d’acquisition de clientèle, augmenter nos ventes directes, notre e-réputation et notre visibilité » commente Olivier BARTHELEMY, Directeur Général du Groupe France Mutuelle.

Un projet d’entreprise, plus qu’une simple acquisition

France Mutuelle a rapidement été sélectionnée par les fondateurs d’INIXIA. « Il était fondamental pour nous qu’INIXIA continue son développement avec une stratégie fidèle à celle d’origine, tant pour nos collaborateurs que pour nos clients. France Mutuelle s’est inscrite dans une démarche de développement de la structure à long terme et nous avons tout de suite adhéré au projet, notamment de par les synergies que cette acquisition va générer au sein du Groupe » complète Horace BOURGY, Cofondateur d’INIXIA.

France Mutuelle a initié sa transformation digitale en 2022 en modernisant ses process de gestion et sa distribution. Cela s’est traduit en mai 2023 par le lancement de sa nouvelle identité visuelle et la refonte de son site Internet www.francemutuelle.fr intégrant de nouveaux tunnels de conversion ainsi que le développement d’une application mobile, aujourd’hui plébiscitée par 95% de ses utilisateurs ! C’est dans ce contexte que le rachat d’INIXIA a trouvé tout son sens. Cela permet à la mutuelle de s’appuyer sur les compétences marketing et commerciales du courtier tout en réalisant une nouvelle opération de croissance externe profitable à terme.

Une Direction Commerciale & Marketing à 2 têtes

Afin de développer ses ventes directes et donner une impulsion nouvelle à ses relations avec les Courtiers, France Mutuelle confie sa Direction Commerciale à deux profils complémentaires.

À propos du GROUPE FRANCE MUTUELLE

Mutuelle indépendante créée il y a plus 85 ans, FRANCE MUTUELLE conçoit et distribue des solutions innovantes de complémentaire santé afin de protéger ses adhérents individuels (actifs ou seniors), agents territoriaux, travailleurs indépendants et entreprises. En 2023, FRANCE MUTUELLE change d’identité visuelle et affiche ainsi sa volonté de se développer notamment sur le digital en apportant des couvertures santé de qualité au plus grand nombre.

Basculement du monde et requalifications des emplois

La situation géopolitique actuelle nécessite une réflexion sur les conséquences économiques et sociales des tensions internationales en cours. Les conflits au Moyen-Orient risquent de provoquer des pénuries énergétiques et de matières premières. Pour y faire face, l’économie circulaire et l’économie de fonctionnalité se profilent comme des solutions essentielles, créant des opportunités d’emploi bien rémunérées. De plus, la réglementation ESG devient de plus en plus importante pour garantir la durabilité des activités économiques.

Basculement du monde

Les événements auxquels nous assistons actuellement sont infiniment graves et regrettables. Pour autant, les politiques prenant directement en charge ce sujet, nous avons le devoir d’imaginer les conséquences économiques et sociales de ces tensions internationales et de nous organiser en fonction.

L’embrasement du Moyen-Orient ne manquera pas d’entraîner une cascade de pénuries, qu’il s’agisse d’énergie ou de matières premières, ou de produits finis que nous ne savons plus fabriquer puisque nous avons privilégié le profit maximisé à court terme. Le long terme, c’est maintenant, et il va falloir assumer !

Les tensions régionales qui risquent très fort de s’étendre au niveau mondial, vont être une étape moyennement ou énormément brutale de démondialisation. Nous allons devoir remplacer les matières premières à relativement bas prix par des matières recyclées, quel qu’en soit le prix. Pour avoir voulu faire durer un modèle dépassé, nous devrons bientôt y substituer un autre dans l’urgence, et c’est toujours l’urgence qui coûte le plus cher. Pour avoir voulu bénéficier de coûts bas encore un moment, nous allons assumer leur montée en flèche irrépressible. Il eut fallu opérer une démondialisation, progressive mais volontariste, au lieu de continuer de jouer le court terme dont nous savions pourtant qu’il serait de plus en plus court !

L’unique solution et l’opportunité d’emplois très bien rémunérés

Comment faire face à cette avalanche de pénuries qui risquent de nous renvoyer aux tickets de rationnement des années 40 et 50 ?

Si l’extérieur ne peut plus nous fournir ce dont nous avons besoin, il faudra trouver à l’intérieur le plus possible de réponses à ces besoins. Le vieux slogan « nos poubelles seront nos mines » devient de plus en plus d’actualité parce que les technologies ont fortement progressé, parce que les modèles économiques qui contribuent au même résultat sont de mieux en mieux connus, maîtrisés, répandus, parce que les prix vont tellement augmenter que le problème de la rentabilité des matières recyclées ne se posera plus.

Mais au-delà des matières premières recyclées, grand sujet à l’égard du grand public, il y a, évidemment, la récupération des composants, le réemploi de produits complets. A ce sujet, le succès de Renault avec son projet Re-Factory, aujourd’hui à maturité, montre s’il en était besoin le caractère hautement utile et rentable de l’économie circulaire. Sur le site de Flins, entièrement consacré à ce modèle, la remise à neuf de véhicules d’occasion à faible kilométrage, et le reconditionnement (faire une voiture pleinement opérationnelle à partir de composants récupérés sur des véhicules en fin de vie), conduisent à des économies d’énergie et de matières premières colossales. Ce sont les boucles les plus courtes de l’économie circulaire.

L’économie de fonctionnalité ou vente de l’usage, couvre l’ensemble du cycle de vie, à partir de la conception jusqu’à la gestion de la fin de vie. Qui disposera des plus grandes compétences dans ce domaine verra le marché du travail s’ouvrir dans les meilleures conditions. Ce sera une belle opportunité pour ceux qui seront formés, ce sera aussi l’intérêt des entreprises de sensibiliser, au moins, de former les employés, au mieux, car de l’ignorance nait le fantasme, ici la crainte de ne plus être adapté aux besoins de l’entreprise, de la formation nait la compréhension et la vision de l’immense potentiel de ce modèle économique, donc de la sécurité d’emploi.

Une sécurité et une rentabilité accrue pour les financiers avec la garantie ESG

Il n’est plus temps d’essayer de motiver les Français avec des arguments de type « il faut sauver la planète » quand les Etats-Unis et la Chine polluent 40 fois plus chacun que la France, que les ex-pays du Tiers-monde ne rêvent que de consommer. Il est temps de leur dire que ce sont leur niveau de vie, leur avenir en tant que peuple souverain, leur sécurité économique, qui sont en jeu. C’est bien pour cela que la Commission européenne prépare divers textes réellement contraignants pour que le gâchis de l’économie de l’obsolescence qui nous a rendu dépendants du monde entier, qui a écrasé les salaires, soit remplacé par une conception durable des produits, l’économie de fonctionnalité ayant démontré mille et une fois que cette durabilité entrainait à la fois une baisse de prix et une augmentation des marges.

Parmi ces textes, outre le Devoir de vigilance européen, il y a la CSDR, Corporate Sustainability Reporting Directive, auquel la loi AGEC française aura bien préparer les esprits, la SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation) dont la consultation actuelle permettra une application consensuelle, mais réelle.

Le label ESG (sigle international utilisé par la communauté financière pour assurer que les investissements réalisés respectent les critères environnemental, social et de gouvernance de la réglementation) va prendre de l’importance au fur et à mesure que la réglementation va se structurer. Si, ces dernières années, la rigueur a manqué, nul doute que la période qui s’ouvre l’imposera, sécurisant en même temps les capitaux investis en les reliant à l’économie circulaire en général, et dans tous les cas où ce sera possible, à l’économie de fonctionnalité, sa boucle la plus courte et donc à la fois la plus rentable et la plus écologique.

Puisse cette nouvelle donne géopolitique nous contraindre à prendre enfin les bonnes décisions !

Groupe BEI et BNPP PF : Accord de 627 millions d’€ pour l’efficacité énergétique en France

Le Groupe BEI (formé par la Banque européenne d’investissement – BEI et le Fonds européen d’investissement – FEI) a signé avec BNP Paribas Personal Finance sa première opération de titrisation avec cession parfaite. Le concours global du Groupe BEI accompagnera la transition vers la neutralité climatique et permettra de financer des investissements dans l’efficacité énergétique de logements existants.

  • Le Groupe BEI participe à une émission par BNP Paribas Personal Finance (BNPP PF) de titres adossés à des actifs pour un montant total de 450 millions d’EUR. 
  • Il s’agit de la première titrisation avec cession parfaite à laquelle participe le Groupe BEI en France depuis 2007.
  • Cette opération permettra de mettre à la disposition des particuliers des fonds supplémentaires pour des équipements d’efficacité énergétique dans leur logement.

Au total, le Groupe BEI investit 450 millions d’EUR – 400 millions d’EUR pour la BEI et 50 millions d’EUR pour le FEI – dans des tranches de premier rang et mezzanine de titres adossés à un portefeuille de prêts à la consommation constitué par BNP Paribas Personal Finance. Des investisseurs privés investiront 24 millions d’EUR dans les tranches senior. L’opération, adossée à un portefeuille de 500 millions d’EUR de prêts à la consommation accordés par BNP Paribas Personal Finance, est structurée par BNP Paribas Personal Finance et optimisée de sorte à libérer du capital pour mettre à disposition des prêts et des financements supplémentaires. BNP Paribas CIB est intervenue en tant que conseil stratégique dans l’opération.

Dans le cadre de l’accord, BNP Paribas Personal Finance s’engage à fournir de nouveaux prêts à des particuliers pour environ 627 millions d’EUR sur une période de trois ans. Les projets financés porteront exclusivement sur l’installation d’équipements d’efficacité énergétique dans des logements, notamment des chaudières à haute performance énergétique, des fenêtres isolantes et des panneaux solaires. Tous ces projets contribueront ainsi à la réduction des émissions de CO2.

« Je tiens à remercier la Banque Européenne d’Investissement qui nous accompagne dans ce projet totalement novateur. Grâce à la BEI et à son soutien financier, nous allons pouvoir financer au cours des trois prochaines années 627 M€ de prêts bonifiés aux ménages, leur permettant ainsi d’opter pour des énergies renouvelables et de mener à bien la rénovation énergétique de leurs logements.

Cette opération est une nouvelle illustration de l’engagement de BNP Paribas Personal Finance en faveur de la transition écologique des ménages. Aujourd’hui, nous finançons la transition énergétique des logements à hauteur de 4 Mds d’€, soit près de 4% de notre encours de crédit », commente Charlotte Dennery, Administratrice Directrice Générale de BNP Paribas Personal Finance.

Ambroise Fayolle, vice-président de la BEI : « Le Groupe BEI et BNP Paribas unissent leurs forces pour faciliter l’accès des particuliers à des équipements d’efficacité énergétique pour leur logement. Nous soutenons l’octroi de crédit avec les banques partenaires en France afin de favoriser les investissements des ménages qui contribuent à la lutte contre le réchauffement climatique. Il s’agit là d’une mission essentielle du Groupe BEI et je me réjouis que ce dispositif de financement innovant puisse y contribuer. »

Marjut Falkstedt, directrice générale du FEI : « L’accompagnement de la transition vers un avenir plus vert et plus durable est une priorité absolue pour le FEI et nous partageons cette priorité avec BNP Paribas. C’est pourquoi nous unissons nos efforts et faisons appel à nos outils de titrisation pour proposer des prêts à des particuliers afin qu’ils puissent investir dans l’amélioration de l’efficacité énergétique de leur logement. Cette opération illustre bien comment des approches de financement innovantes peuvent aider le secteur privé à s’adapter et à lutter contre le réchauffement climatique. »

À propos de la Banque européenne d’investissement

La Banque européenne d’investissement (BEI) a été créée en 1958 en vertu du traité de Rome. La BEI, qui a pour actionnaires les 27 États membres de l’Union européenne (UE), est l’institution de financement à long terme de l’UE. Elle a pour mission de financer des projets qui contribuent à l’intégration, au développement équilibré et à la cohésion économique et sociale de l’UE. Elle emprunte des volumes considérables de fonds sur les marchés des capitaux, qu’elle prête à des conditions très favorables à l’appui de projets qui aideront l’UE à atteindre ses grands objectifs. Dans son rôle de banque européenne du climat, elle s’attache à stimuler l’émergence et le déploiement de nouvelles technologies afin de relever les défis actuels comme la transition énergétique vers un nouveau modèle de croissance à faibles émissions de carbone. En 2022, la BEI a mis à disposition à 5,9 milliards d’EUR à l’appui des énergies renouvelables, de la mobilité propre et de l’efficacité énergétique en France, ce qui représente 70 % du total de ses financements dans le pays (8,4 milliards d’EUR).

À propos du Fonds européen d’investissement

Le Fonds européen d’investissement (FEI) fait partie du Groupe BEI. Son objectif principal est de soutenir l’accès au financement et au capital-risque pour les microentreprises et les PME. Le FEI appuie aussi activement les investissements de fonds axés sur le climat, en mettant l’accent sur la durabilité environnementale. Ses activités contribuent à la réalisation des objectifs de l’UE visant à promouvoir l’innovation, la recherche-développement, l’entrepreneuriat, la croissance et la création d’emplois.

À propos de BNP Paribas Personal Finance

BNP Paribas Personal Finance propose une large gamme de produits de crédit à la consommation, un secteur dont elle est un acteur majeur en France et en Europe. Filiale à 100 % du groupe BNP Paribas, elle met à disposition, avec ses marques Cetelem, Findomestic et Alpha Credit, une gamme complète de prêts personnels en boutique, chez les concessionnaires automobiles ou directement aux clients via ses centres de contact client et en ligne.

BNP Paribas Personal Finance a étendu son offre aux produits d’assurance et d’épargne dans plusieurs pays tels que l’Allemagne, la France et l’Italie.

Depuis plusieurs années, BNP Paribas Personal Finance met en œuvre une stratégie active de partenariat avec des enseignes de distribution, des constructeurs et distributeurs automobiles, des sites de vente en ligne et d’autres institutions financières (banques et assurances), forte de son expérience sur le marché du crédit et de sa capacité à proposer des services intégrés adaptés aux activités et à la stratégie commerciale de ses partenaires.

Pour accompagner ses clients et partenaires, BNP Paribas Personal Finance s’engage à promouvoir l’accès à une consommation plus responsable et durable.

Critères ISR français et engagements climatiques politiques de la France

Une soixantaine de personnalités engagées dans la lutte contre le changement climatique ont adressé une lettre à la Première Ministre pour lui demander de garder au label public français une politique d’exclusion des énergies fossiles “ambitieuse”. On attend depuis plusieurs mois l’arbitrage du Ministère des finances sur la critériologie du label ISR, objet d’un intense lobbying de ceux qui veulent conserver l’exception française “best in class” contre ceux qui veulent l’aligner sur les engagements climatiques français.

Certaines décisions d’apparence technique peuvent avoir des impacts politiques majeurs en particulier dans le domaine de la lutte contre le changement climatique. C’est ce que veulent montrer les signataires de la lettre à Élisabeth Borne qui lui demande de mettre en œuvre des critères d’exclusion du label ISR “ambitieux et crédibles” dans le cadre de son projet de refonte. Lancé depuis plus de deux ans à la suite d’un rapport de l’Inspection Générale des Finances qui soulignait les risques de réputation auprès des épargnants d’un label ISR incapable de leur garantir un investissement clair et lisible dans une économie bas carbone et durable, le projet est toujours en cours. Il est suspendu aux arbitrages du Ministère des finances qui tardent à venir. Depuis juillet il doit suivre, ou pas, les recommandations du comité du label ISR qui préconise une méthodologie permettant de ne pas inclure dans les fonds labellisés ISR les entreprises pétrolières qui préparent de nouveaux projets contribuant à aggraver le changement climatique.

TotalEnergies au cœur du sujet

Derrière ce “paramétrage technique” se cache la sempiternelle question de l’éligibilité ou non de TotalEnergies à figurer dans des fonds qui ont le label ISR ? La question récurrente depuis une vingtaine d’années est d’autant plus d’actualité que la major pétrolière française fait partie de la cartographie des bombes climatiques qui vient d’être publiée. Elle comptabilise 33 nouveaux projets d’exploration des énergies fossiles pétrolières et gazières mais figure dans une partie des fonds labellisés ISR au nom de la stratégie de diversification de son mix énergétique et de sa part d’investissement dans les énergies renouvelables.  

Même si les fonds durables sont globalement moins exposés aux énergies fossiles que des fonds qui n’ont pas de caractéristiques ESG ce qui explique en grande partie leurs contre-performance de 2022, les gérants d’actifs français sont plus que réticents à les exclure clairement et formellement. Si cela relève de leurs choix de gestion, il est paradoxal de vouloir étendre ce raisonnement au label ISR supposé garantir aux épargnants des caractéristiques durables crédibles. L’ONG Reclaim Finance à l’origine de la lettre ouverte, a réalisé un sondage il y a quelques semaines montrant que 60 % des personnes interrogées estiment cette exclusion indispensable

Qu’est ce qui bloque ? Encore et toujours la même question. L’investissement responsable doit-il permettre d’investir dans l’économie telle qu’elle est en choisissant les entreprises qui prennent le mieux en compte les dimensions ESG de leurs activités ou doit-il conduire à investir dans ce qui reste une niche, des entreprises vertes ou en train de verdir leurs modèles économiques en l’alignant sur la taxonomie et donc le Green Deal ? Le label ISR d’aujourd’hui appartient au premier camp mais il a été lancé en 2015. Depuis l’urgence climatique n’a cessé de grandir, la Commission Européenne a lancé sa stratégie de finance durable et avait, en 2018, un projet d’éco label pour les produits financiers supposé inciter à l’accélération de ce verdissement encore balbutiant. 

Décalage avec les attentes des épargnants

Étude après étude, Novethic montre le décalage entre les attentes des épargnants de plus en plus clairement en quête de placements qui misent sur la partie la plus résiliente de l’économie et l’offre de fonds durables très proche des grands indices de référence. La dernière en date sur les chiffres de marché des labels de finance durable européens n’y fait pas exception. 

Vous pouvez revoir sa présentation sur YouTube. Comme le dit à cette occasion, la présidente du Forum pour l’Investissement Responsable Nathalie Lhayani : “Les allégations de greenwashing sur les produits de finance responsable labellisés, qui ont émergé dans les médias grand public, témoignent de l’urgence d’apporter un label adressant des signaux à la fois plus clairs, plus exigeants en termes de durabilité et plus révélateurs de la diversité des stratégies adoptées par les fonds ISR”. 

Élisabeth Borne partagera-t-elle son avis et entrainera-t-elle Bruno Lemaire ? Réponse possible le 5 décembre prochain pour les rendez-vous de Bercy dédié au thème “Croissance et climat”.  

Robeco étend l’accès à ses données ESG aux entreprises et ONG

Robeco sera l’un des premiers gérants d’actifs au monde à partager ouvertement ses données sur l’investissement durable. Afin de promouvoir la transparence des données et de renforcer la qualité de l’investissement durable, Robeco élargit son initiative « SI Open Access » au public, y compris aux entreprises et aux ONG. Cette initiative visant à partager publiquement les scores des entreprises en matière d’Objectifs de développement durable (ODD) et les scores des pays en matière de caractéristiques environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) a été lancée en août 2022 à l’intention des clients et des universitaires. Elle a pour objectif de contribuer à l’élaboration de nouvelles normes en matière d’investissement durable et d’améliorer la qualité des données relatives à ce type d’investissement, selon le principe de la « sagesse de la foule ».

Les investisseurs durables sont confrontés à la tâche essentielle d’évaluer systématiquement les performances en matière de durabilité des entreprises dans lesquelles ils investissent. Pour ce faire, ils s’appuient sur des notations qui donnent une idée du degré de durabilité des pratiques d’une entreprise. Robeco sait à quel point il est important de disposer d’évaluations de durabilité précises et efficaces et développe ses scores ODD depuis 2017. Contrairement aux notations ESG traditionnelles qui mesurent souvent la matérialité financière, les scores ODD de Robeco se concentrent sur la matérialité de l’impact, en évaluant la mesure dans laquelle les entreprises contribuent de manière positive ou négative aux Objectifs de développement durable. Ces scores sont complémentaires des notations ESG et, pris ensemble, ils offrent une vision plus globale des efforts d’une entreprise en matière de durabilité.

Carola van Lamoen, responsable de l’investissement durable chez Robeco : « Chez Robeco, nous pensons que l’intégration la plus large possible des données de l’ID est cruciale pour avoir un impact réel sur le monde. Avec notre initiative « SI Open Access », nous recueillons des feedbacks pour renforcer la qualité des données sur l’investissement durable, ce qui nous permet d’aider les investisseurs à intégrer l’ID dans leurs approches. Grâce à notre collaboration avec des universitaires, nous visons en outre à faire avancer l’éducation et la recherche. En rendant notre initiative « SI Open Access » plus accessible, nous souhaitons être ouverts à davantage de perspectives et de feedbacks externes, réaffirmant ainsi notre engagement en faveur de la transparence des données et de l’innovation dans le domaine de l’investissement durable. »

Actuellement, grâce au portail client de la société, plus de 900 clients et universitaires ont accès à la propriété intellectuelle de Robeco en matière d’ID.

À propos de Robeco

Robeco est un spécialiste international de la gestion d’actifs. L’entreprise fondée en 1929 est basée à Rotterdam, aux Pays-Bas, et compte 16 bureaux dans le monde entier. Leader mondial de l’investissement durable depuis 1995, son intégration de recherches durables, fondamentales et quantitatives lui permet d’offrir aux investisseurs institutionnels et privés une vaste gamme de stratégies d’investissement actives couvrant un large éventail de classes d’actifs. Au 30 juin 2023, Robeco gérait des encours de 181 milliards d’euros, dont 178 milliards étaient engagés dans l’intégration des critères ESG. Robeco est une filiale d’ORIX Corporation Europe N.V.

Responsabilité partagée dans l’aggravation des « bombes carbone »

Le dérèglement climatique est l’un des défis majeurs auxquels l’humanité est confrontée aujourd’hui. L’augmentation des émissions de gaz à effet de serre (GES) joue un rôle central dans ce phénomène, et il est essentiel de comprendre comment différents acteurs contribuent à ce problème. Parmi ces acteurs, on trouve non seulement les États, mais aussi les entreprises et les banques, qui peuvent être qualifiées de « bombes carbone » en raison de leur implication directe ou indirecte dans les émissions de GES. Cet article explore la responsabilité partagée entre ces trois catégories d’acteurs dans l’aggravation du dérèglement climatique.

Les États et leurs politiques climatiques

Les États ont un rôle primordial dans la lutte contre le dérèglement climatique. Ils élaborent des politiques, mettent en place des réglementations et signent des accords internationaux pour réduire les émissions de GES. Cependant, la mise en œuvre de ces mesures reste inégale d’un pays à l’autre. Certains États ont fait des avancées significatives, en investissant dans les énergies renouvelables, en promouvant la mobilité électrique et en adoptant des normes environnementales strictes. D’autres, en revanche, traînent des pieds, parfois sous la pression de l’industrie ou en raison de politiques climatosceptiques.

Les « bombes carbone » parmi les États se trouvent généralement parmi les plus gros émetteurs de GES. Ils tardent à réduire leur empreinte carbone et contrecarrent les efforts des pays plus vertueux. Par conséquent, les États doivent assumer leur part de responsabilité en mettant en place des politiques climatiques plus strictes et en favorisant la transition vers une économie bas-carbone.

Les entreprises : acteurs-clés de l’émission de GES

Les entreprises ont un impact majeur sur les émissions de GES, que ce soit par leurs opérations, leur chaîne d’approvisionnement ou leurs produits. Les « bombes carbone » parmi les entreprises sont celles qui continuent de s’appuyer sur des énergies fossiles, de déforester massivement, ou de produire des biens à forte intensité carbone sans chercher à réduire leur empreinte écologique.

Les pressions économiques et la recherche de profits à court terme ont souvent conduit certaines entreprises à ignorer les considérations environnementales. Cependant, la prise de conscience croissante des risques liés au changement climatique et les demandes des consommateurs et des investisseurs conduisent de plus en plus d’entreprises à revoir leurs pratiques. De nombreuses grandes entreprises ont adopté des objectifs de neutralité carbone et investissent massivement dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique.

Le rôle des banques dans le financement des « bombes carbone »

Les banques jouent également un rôle crucial dans le dérèglement climatique, en finançant des projets et des entreprises liés aux énergies fossiles, à la déforestation ou à d’autres activités à forte intensité carbone. Les « bombes carbone » parmi les banques sont celles qui continuent de soutenir financièrement ces projets, malgré les risques environnementaux de plus en plus évidents.

Cependant, de nombreuses banques reconnaissent désormais leur responsabilité et s’engagent à aligner leurs activités sur les objectifs de l’Accord de Paris. Elles cessent de financer des projets liés aux énergies fossiles, intègrent des critères environnementaux dans leurs décisions d’octroi de crédit et investissent dans des solutions durables. Cette évolution est encouragée par la pression croissante des régulateurs, des investisseurs et des consommateurs.

Une responsabilité partagée et des solutions communes

Le dérèglement climatique est un problème global qui ne peut être résolu qu’avec la collaboration de tous les acteurs. Les États, les entreprises et les banques ont tous une part de responsabilité dans l’aggravation de ce problème, mais ils ont également le pouvoir de contribuer à sa résolution. Les États doivent élaborer des politiques plus strictes, les entreprises doivent réduire leur empreinte carbone, et les banques doivent cesser de financer des activités à forte intensité carbone.

La transition vers une économie bas-carbone est un impératif pour l’avenir de la planète. Il est temps que les « bombes carbone » parmi les acteurs économiques deviennent des acteurs du changement, en travaillant ensemble pour préserver notre climat et notre environnement. La responsabilité est partagée, mais les solutions le sont aussi.

Les « Bombes Carbone » : Menace Planétaire pour la Lutte Contre le Réchauffement

Plus de 400 méga-gisements de ressources fossiles, répartis dans des pays tels que le Qatar, le Mozambique, la Norvège, les États-Unis, la Chine et le Canada, représentent aujourd’hui une menace significative pour la lutte contre le réchauffement climatique, compromettant sérieusement les chances de maintenir le réchauffement planétaire en dessous de 1,5 °C. Ces gisements, identifiés pour la première fois par deux ONG françaises, sont désignés comme des « bombes carbone » en raison de leur potentiel d’émissions massives de gaz à effet de serre.

Ces sites d’exploitation d’énergies fossiles renferment les plus importantes réserves mondiales de charbon, de pétrole et de gaz. Une fois que ces ressources sont extraites et utilisées pour alimenter divers secteurs tels que les transports, le chauffage, l’industrie et la production de plastique, chacun de ces gisements a le potentiel de libérer plus d’un milliard de tonnes, ou une gigatonne, d’équivalent CO2 dans l’atmosphère.

Actuellement, 294 de ces « bombes carbone » sont en exploitation, accumulant un potentiel d’émissions combinées de 880 gigatonnes de CO2. Ceci représente une menace directe pour le « budget carbone » restant à l’humanité pour maintenir la hausse des températures mondiales en dessous de 1,5 °C, fixé à 500 gigatonnes selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Cependant, la situation pourrait empirer, car 128 autres de ces gisements sont encore au stade de projet. Si ces projets sont mis en exploitation, ils pourraient libérer 300 gigatonnes de CO2 supplémentaires dans l’atmosphère, épuisant ainsi définitivement le budget carbone maximal pour contenir la hausse des températures sous 2 °C, estimé à 1 150 gigatonnes.

Le problème des « bombes carbone » est complexe, impliquant à la fois des États, des entreprises et des banques, chacun ayant sa part de responsabilité dans la perpétuation de cette menace planétaire. Les États doivent élaborer des politiques climatiques plus strictes et agir pour réduire leur empreinte carbone. Les entreprises doivent revoir leurs pratiques et s’engager activement dans la transition vers une économie bas-carbone. Les banques doivent cesser de financer des projets liés aux énergies fossiles et aligner leurs activités sur les objectifs de l’Accord de Paris. La responsabilité est partagée, mais les solutions le sont aussi, et la coopération mondiale est essentielle pour faire face à cette crise climatique.

Finance verte : comment se structure le marché ?

Pour faire face au réchauffement climatique, les acteurs de la finance, dont font partie les entreprises, vont devoir entamer la décarbonation de leurs process et basculer vers une finance plus verte. Où en sont ces acteurs ? Comment cette transformation va-t-elle les impacter ?

Nous n’en sommes peut-être qu’au commencement, les changements sont sûrement insuffisants pour les écologistes les plus engagés, mais la transition énergétique dans le monde de la finance commence sérieusement à prendre forme. À tous les niveaux, les acteurs, banques, fonds ou entreprises, entre autres, se mobilisent pour engager cette transformation vers une finance plus verte et plus durable.

Premières actrices financières à être impactées par cette nouvelle finance plus responsable : les banques. En Europe, la BCE et les différents acteurs bancaires commencent à se positionner sur ce sujet et à émettre un certain nombre de règles. « Toutes les banques avec lesquelles nous travaillons ont désormais une entité dédiée à l’ESG pour savoir comment vont être créés les nouveaux contrats de crédit, en prenant en compte ces nouvelles conditions, pour pouvoir qualifier un prêt comme étant vert, détaille Olivier Brien, global solutions consultant lending chez Finastra, un fournisseur d’applications logicielles et de marketplaces financières. Les banques vont également mettre en place leurs propres règles, avec le double objectif de fournir des produits respectueux de l’environnement et de récolter des données ESG pour leurs propres reportings. »

Repenser ses modèles

Dans le sillage des banques, les entreprises seront également fortement touchées par cette transformation. Mais ce changement peut être source d’opportunités pour ces dernières. « En souscrivant à des prêts verts, les entreprises pourront bénéficier de financements à des taux plus avantageux, poursuit Olivier Brien. Sur ce type de prêt, il va être demandé à l’emprunteur de fournir beaucoup plus d’éléments pour justifier que le prêt accordé finance bien quelque chose de vertueux. Si l’emprunteur est vraiment en mesure de justifier cela, il bénéficiera de marges avantageuses et de réduction de taux. Dans le cas contraire, il sera pénalisé et aura des marges beaucoup plus élevées. » Avec l’augmentation des taux d’intérêt, cette pratique se popularise de plus en plus. « Les banques avec lesquelles nous travaillons font face à beaucoup plus de demandes pour avoir ce type de financement, du fait de l’évolution des taux » note Olivier Brien.

Cette transformation vers une finance plus verte offrira aux entreprises la possibilité de repenser certaines de leurs dépenses, pour les rendre plus vertueuses. « Pour les entreprises, il existe des possibilités d’orienter les investissements et de les rendre plus rentables. Les sociétés peuvent travailler sur leurs chaînes d’approvisionnement, le circuit court prenant beaucoup d’importance de nos jours. Les moyens de transport peuvent aussi être repensés, tout comme le packaging des produits proposés, encore trop souvent basé sur le plastique » décrit Luis Reyes, macroéconomiste, directeur du MSc sustainable finance et enseignant-chercheur en économie et finance internationale à Kedge Business School. Norbert Le Boennec, consultant au sein du cabinet Onepoint, voit plus loin et invite de son côté à repenser totalement l’entreprise. « Cette transformation est une vraie opportunité pour repenser entièrement cette vision de l’entreprise, en la basant désormais sur la durabilité. L’idée derrière cette pensée est de croire qu’une entreprise qui analyse de façon sérieuse l’ensemble de ses interactions, avec son écosystème et ses parties prenantes, et qui a une vision lucide sur les risques et les opportunités qui en découlent est une entreprise qui sera bien mieux pilotée et sera bien plus à même de durer. C’est un système beaucoup plus exigeant qui implique de reconsidérer le mode de pilotage de l’entreprise. » Il modère son propos en suggérant que ces changements, notamment réglementaires avec l’arrivée de la CSRD et de la taxonomie verte, peuvent aussi être perçus négativement par les entreprises. « Bon nombre d’entreprises voient cette nouvelle vague de mesures comme un champ de contraintes qui risque de peser sur la compétitivité des entreprises européennes, notamment vis-à-vis des entreprises américaines » rapporte-t-il.

Moins de rentabilité… à court terme uniquement

Les entreprises européennes pourraient-elles ainsi être défavorisées ? Il est en tout cas sûr que toutes les régions du monde n’en sont pas au même niveau concernant cette transformation. « L’Europe est vraiment en avance sur le sujet. L’Asie-Pacifique commence aussi à être relativement au point. Le Moyen-Orient, avec l’organisation de la COP 28 dans deux ans, commence à accélérer et les Américains, qui étaient un peu à la traîne, sont en train de s’emparer sérieusement du sujet » analyse Olivier Brien.

Si ce désavantage par rapport aux autres entreprises reste à confirmer, il est en revanche certain que les sociétés européennes vont être obligées d’investir pour rentrer dans les clous des futures réglementations. Cela pourrait avoir des répercussions sur leur rentabilité à court terme. « Aujourd’hui, la tendance est plutôt à l’augmentation des coûts et à des coûts supplémentaires pour pouvoir changer de pratique, de matières premières, de système d’approvisionnement. Ce coût supplémentaire sera présent à court terme, dans les quelques mois ou les quelques années à venir. À plus long terme, étant donné que les systèmes de façon globale, monétaires, commerciaux et réglementaires, sont en train de changer, les entreprises qui auront entamé cette transformation tôt seront les plus rentables » estime Luis Reyes. Un avis partagé par Olivier Brien : « Les entreprises ont besoin de mettre en place de nouvelles choses pour s’adapter aux nouvelles normes, pour justifier du fait qu’elles réduisent leur empreinte carbone. À court terme, cela pourrait affecter leur rentabilité, mais à long terme, elles seront probablement plus durables. » C’est sûrement à cause de ces investissements à court terme que cette transformation tarde à complètement se mettre en marche. « Des entreprises qui ont des modèles économiques qui fonctionnent très bien peuvent avoir tendance à se dire qu’elles auront le temps d’adapter leur modèle d’activité au fil du temps pour trouver des solutions. D’autre part, les actionnaires sont peut-être plus réticents à engager les coûts pour cette transformation. Force est de constater que les actions de transformation majeure des entreprises pour décarboner peinent encore à émerger aujourd’hui » complète Norbert Le Boennec.

Uniformiser les KPI

Pour aider les entreprises dans cette transformation, les gouvernements ont leur rôle à jouer, en endossant un rôle important dans le financement de cette transition. « Du côté de la politique budgétaire, par exemple, il y a des subventions qui sont déjà en place, pour l’achat d’un vélo électrique ou d’une voiture électrique, c’est donc déjà un mécanisme existant. Il y a également l’incitation via la réduction d’impôt ou les crédits d’impôt. Il faut cependant aller au-delà et financer davantage la transition à travers la dette publique. Les gouvernements ont un rôle essentiel, la politique budgétaire joue donc un rôle particulièrement important. Du côté de la politique monétaire, les outils sont pour le moment principalement réglementaires. Concernant l’ESG, une grosse partie des discussions porte sur ce qui peut ou ne peut pas être considéré comme ESG afin de jouer sur la notation des entreprises » rapporte Luis Reyes.

La notation ESG des entreprises est en effet primordiale pour ces dernières. Cette note jouera, elle aussi, sur l’octroi de financements par les banques. « Via cette notation ESG, les agences de notation jouent un rôle extrêmement important pour juger de la pertinence de l’engagement d’une entreprise, ce qui va permettre de guider les investisseurs dans l’orientation de leurs investissements vers certains projets plus responsables » reprend Luis Reyes. Il regrette néanmoins un manque d’uniformité dans ces critères : « Les critères, pour délivrer cette notation ESG varient d’une agence de notation à une autre. Ce manque d’uniformité est la plus grande faiblesse de ce système. Il est ainsi très compliqué de comparer une entreprise à une autre. »

Ces indicateurs hétérogènes se retrouvent également dans les banques, dans leur manière de mesurer l’implication des entreprises en faveur de l’environnement. « Les banques se basent bien évidemment sur des critères ESG, recommandés par les régulateurs. Mais ces recommandations sont différemment interpré­tées. Ce qui fait que, d’une banque à l’autre, même si les règles sont les mêmes, l’application sera différente. Cette approche, qui n’est pas forcément standardisée, rend le sujet ­complexe » expose Olivier Brien.

Accélération prévue en 2024

Cette transformation devrait d’autant plus s’accélérer l’année prochaine, avec la directive CSRD, qui entrera progressivement en application à compter du 1er janvier 2024. « Il faudra attendre début 2024 pour avoir les premiers résultats et voir comment les établissements bancaires utiliseront, ou pas, ces éléments pour les faire entrer dans des conditions d’octroi de financement » observe Norbert Le Boennec. Même son de cloche du côté bancaire. « En 2024, les régulateurs demanderont de mettre des reportings bien spécifiques dédiés à l’ESG. C’est réellement cela qui fera basculer le monde de la finance sur la partie ESG et fera accélérer les choses » note Olivier Brien. L’avancement de la technologie peut aussi jouer un rôle important dans cette révolution. « Le développement de la technologie, que j’entends ici comme la croissance dans les connaissances techniques, peut permettre des méthodes de production plus efficaces, moins énergivores et plus rentables pour les entreprises » conclut Luis Reyes. Quoi qu’il en soit, nous n’en sommes qu’au début de cette transformation. Les entreprises et leurs directions financières ont donc tout intérêt à s’emparer de ces sujets au plus vite, car ces enjeux de décarbonation et de réchauffement climatique n’en sont, eux aussi, qu’à leurs débuts.

2026 ? NON 2024 : LE COUPERET CSDR VA TOMBER PLUS VITE QU’ATTENDU !

Les normes de reporting extra-financier ont été adoptées par le Parlement européen. Les seuils d’application ont été réhaussés, mais l’essentiel a été validé. Comme toujours, la première réglementation est moyennement contraignante, mais nous savons par expérience qu’il y aura une suite, plus volontariste à chaque étape.

Pour ceux qui espéraient y échapper, la bonne nouvelle est donnée par le rehaussement des seuils. Mais la contrepartie est que la CSDR sera applicable dès 2024 !

IL EST URGENT DE VOUS PRÉPARER
Certes il faut être prêt pour le reporting, mais celui-ci ayant pour seul but de vous amener, étape par étape à des modèles économiques parcimonieux en consommation de ressources matérielles, il est tout aussi urgent de vous préparer à changer de modèle économique (nous ne disons pas “modèle d’affaires”). Et puisqu’il en existe un qui associe différenciation et réduction des coûts, compétitivité prix et hors prix, qui vous permet d’augmenter vos marges tout en baissant vos prix, pourquoi ne pas le considérer ?

La RSE a beaucoup changé

Dans les années 2000, la RSE vantait les mérites d’une politique tenant compte des aspects sociaux et environnementaux. Elle visait surtout à donner un contexte commun à des personnes très différentes dans des groupes mondialisés. C’était le temps des voyages, des découvertes de populations, de cultures différentes, d’ouverture de marchés, d’idées nouvelles, d’appartenance à l’entreprise avant tout.

Aujourd’hui, ce temps nous parait bien loin : le monde s’est fragmenté et continue dans cette voie de manière, semble-t-il, inéluctable. La RSE s’est adaptée pour devenir ce qu’elle était censée être dès sa conception : la vérification de l’équilibre entre économie, social et environnement, et la notion de souveraineté est de retour.

L’ESG a acquis de la maturité

Mais ces trois pôles, justement, ne peuvent connaître l’équilibre que si le quatrième, la gouvernance, joue pleinement son rôle. Or, malgré les incantations, les promesses, la pression financière donnait toujours, dans la pratique, la préférence aux entreprises ou aux options, qui rapportaient le plus !

Dans un monde globalisé où personne ne s’inquiétait d’une éventuelle rupture d’approvisionnement, cela n’avait pas beaucoup d’importance, au moins en apparence, et au moins à court terme. Mais le long terme se venge toujours d’avoir été négligé. Les réglementations ont évolué, elles ont mûri, elles ont appris à ne laisser aucune porte de sortie à ceux qui ne veulent pas jouer le jeu. Etape par étape, elles ont introduit les entreprises dans des procédures qui leur font considérer sérieusement beaucoup plus de paramètres que la rentabilité. La loi AGEC les oblige à déclarer leur consommation de matières premières et à établir un plan de réduction de cette consommation, lequel fait ensuite l’objet d’un bilan. La norme européenne CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) ne sera appliquée qu’en 2026, mais le Haut Conseil du Commissariat aux Compte se mobilise pour être opérationnel dès 2024 dans la vérification des comptes extra-financiers.

ESG = Environnement, Social et Gouvernance. Pourquoi donc l’économie n’apparaît-elle pas ? La réponse est simple : est-il nécessaire de pousser les financiers à être attentifs à la rentabilité ? La réponse est évidemment dans la question. Alors le maître-mot introduit est Gouvernance. Car si les investisseurs ne sont pas censés être des maîtres de modèles économiques, des experts des techniques et des marchés, cela ne les empêche, en rien, de s’assurer que ce que la direction d’une entreprise fait est bien en accord avec l’équilibre requis entre les trois pôles de la RSE.

Cela ne va-t-il pas coûter cher, voire très cher ?

Encore des contraintes qui vont être autant de coûts supplémentaires ? N’est-ce pas toujours comme cela ? Eh bien non !

Non, parce que la réponse est oui quand on reste dans le même modèle, mais si l’on change de modèle économique (nous ne parlons pas de modèle d’affaires), cela peut être non ! On n’a pas inventé la lampe à incandescence en cherchant à perfectionner la bougie. Quand on change de modèle économique, tous les paramètres changent et ce qui était vrai dans l’ancien peut devenir faux dans le nouveau et inversement. Et il se trouve que ce que disait Michael Porter, c’est-à-dire que l’on pouvait dominer par la différenciation ou par les coûts, et qui était vrai dans le cas du modèle qu’il a étudié dans les années 70-80, devient faux dans le cas de l’économie de la fonctionnalité, ou vente de l’usage. En particulier, avec ce modèle, on peut dominer à la fois par la différenciation ET par les coûts !

Longtemps, on a voulu croire, ou voulu faire croire, que l’économie, d’une part, et le social et l’environnement, d’autre part, étaient antinomiques. Ce n’était pas aussi vrai que prétendu, mais il y avait souvent un compromis difficile à mettre en place. Avec l’économie de fonctionnalité, ce n’est plus un compromis, c’est une compatibilité, une synergie.

Imaginez seulement que, avec ce modèle, on puisse augmenter ses marges tout en baissant ses prix ? Vous ne rêvez pas, c’est vrai ! D’où vient de miracle ? Il n’y en a pas, il y a maîtrise de l’ensemble du cycle de vie, ce qui permet des synergies entre ses différentes composantes, il y a aussi synergies avec les composantes de l’écosystème. Cela nécessite sans doute des illustrations : elles sont disponibles. Il y a aussi et avant tout des économies de ressources matérielles car le non-transfert de propriété entraîne la recherche de la plus grande durabilité possible. Or, ceci va dans le sens de la réduction de l’empreinte écologique, de la pollution, de la dépendance aux importations, et comme ce résultat est dû à un personnel auquel on demande de penser, d’avoir des idées, celui-ci est bien payé. Plus il pense efficacement, plus il génère la plus-value qui finance l’augmentation de son revenu.

Quel rapport entre l’économie de fonctionnalité et la RSE ?

Nous venons de le voir : une rentabilité très sensiblement accrue, fondée sur une compétitivité prix et hors prix (une autre façon de dire réduction des coûts et différenciation), pour ce qui est de l’économie, une réduction de l’empreinte écologique avec toutes ses conséquences, pour l’environnement, et un abandon des esclaves du bout du monde pour une main-d’œuvre pleinement partie prenante de l’entreprise, pour ce qui est du social. CQFD !

D’autant qu’il devient de plus en plus difficile de recruter et de conserver les bons éléments si l’image RSE est fausse. La aussi se trouve un élément de la désormais indispensable résilience !

Et surtout : s’organiser pour satisfaire la demande de reporting de la réglementation, c’est très bien, mais c’est encore mieux de changer de modèle pour, effectivement, devenir résilient, se protéger des pénuries de matières premières et des prix bientôt insensés parce que strictement politiques.

À quel degré faut-il s’y intéresser ?

Voilà une question-clé ! La réponse dépend du besoin que l’on souhaite satisfaire. Si un dirigeant craint que le modèle de rupture qu’est l’économie de fonctionnalité rende le personnel craintif, il devra sensibiliser ce personnel pour qu’il comprenne qu’il est, au contraire, une voie de développement et de montée en puissance de chacun. Si son projet est de préparer l’intégration du modèle dans le fonctionnement de l’entreprise, l’option sera de former ce personnel pour qu’il puisse accompagner cette intégration et grandir avec elle. Si ce projet est de pratiquer l’intégration au plus tôt pour prendre un temps d’avance sur la concurrence, ou la rattraper, alors il lui faudra associer formation du personnel et accompagnement dans le projet.

De plus en plus d’entreprises ayant des perspectives de croissance forte, et donc des besoins de financement, se tournent vers les divers moyens d’être pleinement en conformité avec les réglementations actuelles et à venir. D’autres voient leurs chaînes d’approvisionnement mondialisées menacées, les pénuries à venir, la remise en cause du modèle sur lequel elles ont bien vécu pendant plusieurs décennies. Dans les deux cas, immanquablement, elles s’intéressent à l’économie circulaire et à l’économie de fonctionnalité, sa boucle la plus courte, c’est-à-dire la plus rentable, la plus écologique et la plus sociale.

Et vous, comment ressentez-vous cette évolution ? Comment vous y préparez-vous ?

↪️ « L’Economie circulaire pour les Nuls » Eric Fromant.

13,7 Mds $ de collecte dans les fonds durables au T3 2023, grâce à l’Europe

Cet article aborde la baisse de l’inflation, la hausse des taux d’intérêt et les inquiétudes économiques récentes, qui ont eu un impact sur les investisseurs. Selon Morningstar, les fonds ESG ont attiré 13,7 milliards de dollars au troisième trimestre 2023, en baisse par rapport au trimestre précédent. Les fonds ESG européens ont bien performé malgré les défis économiques, tandis que les États-Unis ont connu un quatrième trimestre consécutif de rachats. Les actifs mondiaux des fonds durables ont diminué de 4,2 %, atteignant 2 744 milliards de dollars. L’Europe domine le marché ESG avec 84 % des actifs mondiaux, suivie par les États-Unis avec 11 %.

La stagnation de l’inflation, la hausse des taux d’intérêt et les craintes de récession ont continué à peser sur le sentiment des investisseurs au cours du dernier trimestre. Selon le rapport Global Sustainable Fund Flows de Morningstar, ces fonds ont attiré des flux à hauteur de 13,7 milliards de dollars au troisième trimestre 2023, contre 23,6 milliards de dollars (chiffre révisé) au trimestre précédent.

Hortense Bioy, directrice de la recherche sur le développement durable chez Morningstar, a déclaré : « Le troisième trimestre a de nouveau été difficile pour les investisseurs, et les investisseurs axés sur le développement durable n’ont pas été épargnés par la morosité de l’environnement macroéconomique. Pourtant, les fonds ESG européens ont continué à attirer de nouveaux capitaux malgré un ralentissement du développement des produits, des préoccupations liées à l’écoblanchiment et l’évolution constante de l’environnement réglementaire. Aux États-Unis, les fonds ESG ont subi un quatrième trimestre consécutif de rachats nets. Un facteur qui pourrait continuer à peser sur la demande des investisseurs est la réaction politique contre l’investissement durable aux États-Unis ».

Le graphique ci-dessous montre les flux trimestriels des fonds durables pour l’Europe, les États-Unis et le reste du monde depuis le troisième trimestre 2020 (en mds de dollars).

Les principales conclusions du rapport sont les suivantes

  • En raison de la baisse des valorisations des actions, les actifs des fonds durables mondiaux ont diminué de 4,2 % pour atteindre 2 744 milliards de dollars à la fin du mois de septembre, contre 2 860 milliards de dollars trois mois plus tôt. À titre de comparaison, le marché mondial des fonds ouverts et des ETF a reculé de 5 %.
  • Malgré le contexte macroéconomique difficile, les fonds durables européens sont restés résistants et ont recueilli 15,3 milliards de dollars de capitaux nets au troisième trimestre. Bien qu’en baisse par rapport aux 25,4 milliards de dollars (révisés) du deuxième trimestre, les souscriptions sur les fonds durables au cours du dernier trimestre ont contribué à plus des deux tiers de l’ensemble des flux de fonds européens.
  • Cette situation contraste avec la spirale des sorties de fonds durables aux États-Unis, qui ont atteint 2,7 milliards de dollars au troisième trimestre contre 576 millions de dollars au trimestre précédent. Le reste du monde a enregistré des souscriptions modérées, dans l’ensemble.
  • Le ralentissement du développement des produits s’est poursuivi. Face aux accusations d’écoblanchiment et au durcissement de la réglementation, les fonds sont moins nombreux à ajouter des termes liés à l’ESG à leur nom. Parallèlement, un nombre croissant de fonds suppriment les termes liés à l’ESG de leur nom aux États-Unis, mais pas en Europe.

Flux, encours et nombre de fonds par régions à fin septembre 2023.

  • En dehors de l’Europe, les autres marchés ayant enregistré des entrées sont l’Asie hors Japon, avec 2 milliards de dollars de souscriptions nettes, contre 1,3 milliard de dollars (retraité) trois mois plus tôt.
  • L’Europe continue de se tailler la part du lion dans le paysage des fonds durables, avec 84% des actifs mondiaux des fonds durables. Elle reste également de loin le marché ESG le plus développé et le plus diversifié, suivie par les États-Unis, qui abritaient 11 % des actifs mondiaux des fonds durables à la fin du mois de septembre 2023.

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Swiss Life se lance dans le metaverse avec “Metavers by Swiss Life”

L’innovation et le digital faisant partie intégrante de la stratégie de l’assureur, Swiss Life se devait de créer son propre espace virtuel pour participer à l’émergence du Web3. Convaincue du potentiel du successeur du Web2., Swiss Life offre, ainsi, un terrain de jeu virtuel où l’on peut explorer les différents espaces et gagner des NFT exclusifs. L’enjeu étant notamment de valoriser la marque employeur pour attirer de nouveaux talents et mieux faire connaître Swiss Life.

L’univers du « Metavers by Swiss Life » 

Réalisé en collaboration avec la société Pletory, il est composé de 4 espaces représentant différentes dimensions de Swiss Life France : 

  • Un accueil de présentation générale de l’entreprise ; 
  • Un espace dédié à la Fondation Swiss Life présentant les différentes formes d’engagement proposés et notamment « Le Prix Swiss Life à 4 mains » – prix unique alliant photographie et musique ; 
  • Une zone « Informations » qui met en avant tous les métiers de l’assureur tels que l’épargne retraite, la santé-prévoyance et enfin, le dommage ; 
  • Un espace RH valorisant les nombreux métiers de Swiss Life France et les postes à pourvoir avec un lien qui permet d’envoyer sa candidature. 

Le parti pris de cet univers repose sur le meilleur du métavers sans forcément en adopter tous les codes. On peut donc flâner virtuellement, en toute liberté de choix, sans casque VR et sans nécessité de créer un compte dans un univers fermé. Son évolution se fera au gré du retour d’expérience des utilisateurs. 

Une navigation dans le respect des choix de l’utilisateur 

Les utilisateurs pourront naviguer dans un univers sécurisé et respectueux à l’égard de leurs données. Cela se traduit par : 

  • Une navigation 100 % anonyme ; 
  • L’absence de cookies et d’informations commerciales ; 
  • Le choix délibéré de pas collecter de données personnelles ; 
  • Une expérience en mode bac en sable. 

Une expérience gamifiée récompensée

Chaque visiteur du « Metavers by Swiss Life », via ses interactions (visionnage d’un vidéo, visite de la Fondation Swiss Life, interaction avec l’un des avatars), incrémentera un compteur de points et une fois atteints les 1 000 points, l’utilisateur se verra offrir un NFT exclusif Swiss Life.

Eddie Abécassis, Directeur de l’innovation, a déclaré : « Le métavers offre une expérience nouvelle permettant de découvrir Swiss Life France d’une façon différente et ludique. Cet univers sera évolutif et s’enrichira, dans le temps, pour accompagner Swiss Life dans le développement du Web3. »  

Le « Metavers by Swiss Life » est accessible depuis tout navigateur à l’adresse suivante : https://metavers.swisslife.fr.