Shein ou le condensé des erreurs de l’Occident !

Eric Fromant

17/09/2023 – 12 min. de lecture

Le Cercle K2 n’entend donner ni approbation ni improbation aux opinions émises dans les publications (écrites et vidéos) qui restent propres à leur auteur.

Eric Fromant est Conseil en redéploiement stratégique & Expert en économie de fonctionnalité.

Shein est désormais le N° 1 mondial incontesté de la Fast fashion. Créée en 2012, elle a tout compris de ce qui avait fait le succès des marques occidentales les plus performantes et les a dépassées en allant au bout du raisonnement, en intégrant toutes les innovations permises par les nouvelles technologies. Après avoir permis à la Chine de rattraper en quarante ans quatre révolutions industrielles étalées sur deux siècles, parce que ses réels dirigeants ne voyaient que la maximisation du profit à court terme[1] et que leur arrogance leur faisait penser que la puissance de leur argent n’aurait pas de limite, l’Europe va-t-elle se réveiller et reprendre l’initiative dans son développement ? Saura-t-elle tirer les enseignements de ses erreurs et s’adapter à la nouvelle époque au lieu de rester dans une logique totalement dépassée ?

Shein a décollé, telle une fusée, laissant ses concurrents sur place

Shein[2] est désormais le N° 1 mondial de la Fast fashion[3], qu’elle a d’ailleurs poussé à son paroxysme avec l’Ultra Fast Fashion (UFF). Sa part de marché est désormais supérieure à celles de Zara et H&M réunies. Or, en marketing, on considère que si le N° 1 a une part de marché double de celle du N° 2. Il domine le marché et le modèle à son avantage. D’ailleurs, son application est désormais plus téléchargée que celle d’Amazon, ce qui est une confirmation de sa domination.

L’entreprise, située à Foshan, près de Hong-Kong, n’est pas cotée en bourse, mais une levée de capitaux récente a été faite sur une évaluation de 100 milliards dollars, ce qui est encore supérieur à Zara et H&M réunies.

Mais qu’est-ce donc que l’ultra fast fashion ? La fast fashion est basée sur le renouvellement accéléré des modèles, afin de démoder rapidement ce qui vient, à peine, d’être vendu. Les bas prix rendant ces produits accessibles, le plaisir de consommer, de renouveler son habillement, est devenu la ligne directrice du comportements des clientes, surtout, et aussi des clients, principalement, pour cette marque, de la génération Z (personnes nées entre 1997 et 2012). Alors que Zara, référence s’il en est de la fast fashion, sort 10.000 nouveaux modèles par an, Shein le fait en un mois ! Zara s’était éloignée du modèle basé sur la production à bas prix obtenu par la passation de très grosses commandes, avait raccourci ses chaînes d’approvisionnement pour éviter les invendus pesant fort sur les marges, de façon à ne produire qu’en fonction des commandes plus ou moins assurées. Mais Zara ne s’était pas abstraite de la logique des volumes entraînant des économies d’échelle et, in fine, une réduction des coûts. Cette logique a porté le développement économique pendant deux siècles mais elle n’est plus d’actualité car les nouvelles technologies et les nouveaux modèles économiques permettent de faire beaucoup mieux. Autrement dit, maintenant, sous réserve de bien aller au bout du raisonnement, c’est en réduisant les volumes que l’on peut réduire les coûts. Shein est allée au bout de la logique et a créé un modèle fonctionnant sur la mise en production à partir des commandes. Le résultat est que celles-ci peuvent porter sur moins de 100 articles alors que Zara a fixé un volume de production minimal de 500 pièces. Là encore, on voit que Shein a laissé ses concurrents sur place par l’efficacité de son modèle.

Supply chain : chaque élément du puzzle à sa place et à sa mesure optimale !

Alors comment Shein a-t-elle pu réussir ce développement fulgurant avec des prix aussi bas (une robe à 9,49 € par exemple) ? Shein n’a rien inventé mais a su mettre chaque élément du puzzle a sa place en lui donnant la mesure optimale.

Elle possède un réseau de 6.000 fournisseurs dans un rayon d’une à deux heures, au maximum, de son centre d’expédition mondial. Cela signifie qu’elle a créé, autour de Foshan, un ensemble de compétences, de savoir-faire, complet pour son activité qui ne comporte, en interne que le marketing et la distribution. Cela ressemble aux districts industriels italiens dont l’efficacité fut telle que Michael Porter en a fait l’analyse et la promotion, sous le terme de cluster, et qui ont inspiré Christian Blanc pour sa loi sur les Pôles de compétitivités.

Avec ce modèle, nous sommes bien loin de la chaîne d’approvisionnement mondialisée née de la révolution des transports et de la révolution informatique, d’une part, et des coûts ultra bas des pays sans protection sociale et sans respect de l’environnement. C’est ce modèle de concentration des compétences, sur un territoire limité, qui permet une coordination des éléments de l’écosystème. C’est cette coordination qui conduit à l’abaissement des coûts. Celle-ci n’est pas comptable a priori sur un modèle fixe, elle est organisationnelle puisque c’est l’amélioration de l’organisation des flux qui le permet. Nous sommes aussi bien loin de l’utopie du village mondial si chère à Francis Fukuyama dont plus personne ne parle aujourd’hui. Ce modèle était basé sur l’idée que seule l’économie, ou plus précisément les affaires, étaient devenues le seul moteur de vie terrestre après l’effondrement de l’URSS. Avec celle-ci, même avec un grand P, la Politique avait disparu. Shein crée la valeur ajoutée en Chine et vend sur le marché mondial pour en retirer le maximum de richesses.

Facteur clé de succès pertinent de notre nouvelle époque : l’écosystème

L’organisation optimale des flux suppose la coordination des divers éléments de l’écosystème et cela suppose le croisement des technologies, des disciplines, des secteurs. Dès lors que Shein peut lancer une commande de moins de 100 pièces, la rapidité d’exécution est évidemment supérieure à celle des grands volumes, mais comment s’assurer que cette série rencontrera son marché ? Par l’intelligence artificielle qui analyse en permanence les données significatives du comportement des clients sur le site Internet de Shein ou sur les réseaux sociaux sur lesquels elle est très active. De cette façon, elle arrive à anticiper le désir des clients en identifiant les tendances qui se concrétiseront par des choix dans le très court terme. Les nouveaux modèles en tiennent compte pour aller au-devant de ces choix en devenir. Avec plus de 250 millions de suiveurs, Shein a un volume qui réduit la marge d’erreur à son minimum.

Un marketing où le lien marque-client est permanent

Encore faut-il que la prévision soit vérifiée par les ventes ! C’est là qu’interviennent les influenceurs surtout présents sur TikTok. Ils mettent en valeur les produits en n’oubliant pas de rappeler “qu’à ce prix-là, pourquoi se priver ?”. Ils ont le vocabulaire de la génération, connaissent les produits par cœur, sont les premiers acheteurs pour en faire la promotion le plus tôt possible. Le code promo leur permet d’avoir une rémunération en fonction de leur influence. Sur ce réseau social, il y a plus de 7 milliards de vues pour le seul hashtag #sheinhaul, chiffre que renforce des hashtags plus spécifiques comme #sheinkids, #sheincats et #sheincosplays. Certes, la Chine a 1,4 milliard d’habitants, mais le succès est mondial puisque Shein a 40 % du marché américain. La taille de la population chinoise ne doit pas être l’arbre cachant la forêt.

La synergie de l’écosystème concentré et du marketing très affiné permet à Shein de fabriquer le produit en moins d’une semaine alors que Zara a défini sa “mode éphémère” comme correspondant à un cycle de production de 3 à 4 semaines.

Les adolescents, cible principale de la marque en sont devenus dépendants. La capacité de Shein à anticiper les besoins dérive du constat que les clients se copient les uns sur les autres, développant un style propre à leur génération, d’où la perte d’influence des supports de publicité traditionnels, comme les magazines ou les spots télévisés qui sont connotés générations plus âgées par la cible de Shein. La diversité, tant promue par ailleurs, laisse la place à l’uniformité. Et, pour que le lien ne soit jamais rompu, pour que les prospects puissent suivre l’évolution des collections au quotidien, car la peur d’être déclassé socialement est forte, le site Internet de la marque utilise le principe du défilement sans fin, d’où le slogan “Tu ne peux pas finir Shein”.

Le revers de la médaille / la face cachée de la réussite : les dégâts sociaux et environnementaux…

Nous venons d’aborder le premier dégât social : très sensibilisés au changement climatique, à une vision mondiale de la vie, les jeunes générations sont finalement terriblement individualistes. Le paradoxe est que, de peur d’être déclassés socialement parce que n’étant pas habillés selon les codes du moment, ils ont un comportement grégaire basé sur l’image de leur propre personne, et cela leur fait oublier que le dernier vêtement reçu garantissant cette image, aura parcouru 20.000 kilomètres, polluant l’air et les océans, empêchant les producteurs nationaux de se développer parce que les coûts de leur protection sociale leur interdit des prix aussi bas. Tout en manifestant à l’occasion pour la lutte contre le changement climatique, elles soutiennent l’économie de l’obsolescence qui entraîne une surconsommation de ressources matérielles, une empreinte écologique et une pollution insensées, puisque la durée de vie de ces vêtements est aussi faible que le renouvellement de la mode est rapide. Les prix ultra bas de l’ultra fast fashion ont fait du vêtement un produit jetable.

Selon une Etude #MoiJeune 20 Minutes – OpinionWay réalisée pour l’ADEME, 56 % des jeunes choisiront la marque la moins chère face à une concurrente éco-responsable. Shein joue sur du velours, celui du “plaisir de consommer” par-delà les conséquences sociales et environnementales “qui sont la faute des autres”.

En Chine, les ouvriers de l’écosystème Shein travaillent de 70 à 90 heures par semaine, sans aucun jour de repos, et dans des conditions qui ne satisfont pas aux normes de sécurité les plus basiques. La loi chinoise impose théoriquement 44 heures par semaine avec au moins un jour de repos. Il faut bien abaisser les coûts, n’est-ce pas, puisque c’est le premier critère d’achat ? Ces ouvriers ne sont pas des employés de Shein, mais de PME sous-traitantes, sans le moindre contrat de travail, ce qui permet à la marque de se dire non responsable, ce qui est une violation de toutes les normes internationales auxquelles se réfère l’OMC dont la Chine est adhérente, donc signataire.

Sur le plan de l’environnement, le caractère jetable des articles vendus parle de lui-même. À cela s’ajoute les produits retournés parce que la taille ne convient pas ou toute autre raison ; ces invendus sont brûlés parce que ce processus reste le moins coûteux. En effet, le temps de l’expédier et de le recevoir en retour, le produit est démodé ! À cela s’ajoute encore que les produits ne sont pas conçus pour être facilement recyclés, cette étape supposant d’intégrer ce critère au niveau de la conception[4], et d’avoir des solutions locales pour ne pas leur faire parcourir encore 20.000 kilomètres vers la Chine, ce qui veut dire, aussi, que le bénéfice du recyclage ne serait pas pour l’économie chinoise.

… et le vol de biens immatériels

De multiples entreprises[5] ont porté plainte pour violation de marque, Shein ayant délibérément copié des modèles lancés par d’autres. Si les grandes marques, comme Levi’s ont les moyens d’une véritable poursuite pénale, les créateurs indépendants se contentent d’écorner l’image de Shein en publiant sur la même image postée sur les réseaux sociaux, leurs créations et les copies de Shein. Le hashtag #sheinstolemydesign a été vu plus de 17 millions de fois en juillet 2023. Mais le gain réalisé à très court terme par Shein est important et bien réel, et sans commune mesure avec une éventuelle décote de l’image ou une pénalité judiciaire.

Les entreprises européennes doivent s’adapter à la nouvelle époque

La réussite de Shein montre une grande intelligence dans la gestion, mais aussi deux choses à bien garder à l’esprit : 1) les dégâts sociaux et environnementaux de l’économie de l’obsolescence consistant à transformer les vêtements en produits jetables ; 2) la prédation des richesses occidentales par une entreprise chinoise qui a su évoluer alors que les entreprises occidentales restent arc-boutées sur le modèle de la réduction des coûts par la chaîne d’approvisionnement mondialisée, ce modèle étant totalement hors d’âge.

Le cycle de la mondialisation (1973-2019) est terminé. La régionalisation du monde s’est mise en place à la fin de ce cycle[6] et nous vivons maintenant la fragmentation du monde dont les sanctions à l’égard de la Russie, avec les contre-sanctions générées, en sont emblématiques.

Les facteurs clés de succès sont désormais :

  • la gestion globale du cycle de vie et non plus la concentration sur un de ses segments sous le nom de concentration sur le cœur de métier,
  • la prise en compte totale de l’écosystème, avec ce que cela suppose de croisement de technologies, modèles économiques, disciplines, secteurs,
  • le renoncement à la politique des volumes, totalement obsolète, et la recherche des grosses marges sur de petits volumes en lieu et place des petites marges sur de gros volumes.

Les chaînes d’approvisionnement doivent être raccourcies, consommer beaucoup moins de ressources matérielles, intégrer, plus encore qu’aujourd’hui, la gestion des données. Celle-ci devra permettre de mettre en place une supply chain circulaire. Il faut bien comprendre que si les chaînes d’approvisionnement mondialisées ne peuvent que disparaître pour l’essentiel, c’est-à-dire pour tout ce qui concerne l’économie de l’obsolescence, le passage à une économie parcimonieuse et relocalisée, permettant pleinement le modèle “grosses marges sur petits volumes multiples et différenciés” n’est pas possible du jour au lendemain. La supply chain circulaire va consister à introduire des boucles courtes à de plus en plus de niveaux de façon à pratiquer une évolution bien réelle dans le temps, obtenant des résultats concrets tout en laissant à chacun le temps d’apprendre en faisant.

Le devoir de vigilance européen est une urgence absolue !

La Chine a triché de manière éhontée sur le règlement de l’OMC, profitant du soutien des entreprises occidentales fascinées par les profits à court terme que le modèle chinois permettait. Ces dernières ont négligé l’importation du chômage, donc le rétrécissement de leurs marchés traditionnels, la perte de savoir-faire, le financement de concurrents ne pouvant être que dangereux, la Chine ayant une vision patriote, sinon nationaliste, avec le souvenir des prédations occidentales dont elle souhaite obtenir réparation.

Constatant cette tricherie très officielle, non contestable, constatant que le modèle chinois de l’économie de l’obsolescence dont la Chine est très loin d’être la première responsable, mais qu’elle exploite encore hautement car la conversion de son économie d’exportation en économie de développement interne prend beaucoup plus de temps que souhaité par le gouvernement chinois, constatant la capacité de ce gouvernement à prendre des décisions dommageables à l’Europe comme l’interdiction des exportations du gallium et du germanium, considérés comme des métaux critiques par la Commission européenne, pourquoi l’UE ne prendrait des mesures de protection ? Le modèle de la grande exportation dont l’Allemagne a beaucoup profité appartient au passé parce que les Chinois n’ont plus rien à apprendre des ingénieurs allemands.

Or, il existe un projet européen, le devoir de vigilance. Il existe déjà dans le droit français, mais seul le secteur public y porte attention. Le projet européen consiste à changer d’échelle doublement, échelle géographique, et élargissement au secteur privé. Ce devoir de vigilance consiste à tenir pour responsable le “mettant sur le marché”, producteur en UE ou importateur, des conditions sociales et environnementales de la fabrication des produits. Nul doute que si ce devoir de vigilance était introduit dans le droit européen, l’avenir de Shein deviendrait bien sombre, contraint de renoncer à nos marchés ou d’y rester avec des prix beaucoup plus élevés, redonnant une compétitivité aux producteurs européens, et faisant renaître la qualité entraînant la durabilité, donc la réduction de la dépendance aux ressources matérielles et étrangères.

Ce projet est actuellement en discussion et fait l’objet d’une intense bataille de lobbying, les entreprises ultra mondialisées souhaitant protéger leur modèle à court terme. Mais le rôle de la Commission européenne et du Parlement européen est-il celui-là ou, au contraire, de favoriser les productions européennes, l’emploi européen, la protection des savoir-faire, des marques et des créations ?

La réindustrialisation ne consiste pas seulement à construire des usines, elle consiste d’abord et avant tout à créer les conditions du développement des productions européennes. Les Etats-Unis ayant fait preuve d’un protectionnisme affiché avec l’Inflation Reduction Act, et la Chine ayant une longue histoire dans ce domaine, la mise en place de ce Devoir de vigilance européen doit être pensée comme une urgence absolue.

Eric Fromant

[1] Le rôle crucial de l’économie circulaire dans le basculement du monde : https://youtu.be/kB-vfXAOJDY

[2] Prononcez chi-in car il s’agit de la contraction de She inside.

[3] https://theconversation.com/shein-lascension-pas-si-brillante-de-la-nouvelle-star-de-la-fast-fashion-210153

[4] “L’Economie circulaire pour les Nuls”, First éditions, 2021.

[5] https://www.theguardian.com/news/audio/2022/apr/25/shein-rise-ultra-fast-fashion-today-in-focus         

[6] “L’Economie circulaire pour les Nuls”, First éditions, 2021.

https://cercle-k2.fr/etudes/shein-ou-le-condense-des-erreurs-de-l-occident

Perspectives trimestrielles : résilience, refinancement et risque de récession

Les marchés ont fait preuve de résilience face à la perspective d’une récession. Il est loin d’être certain qu’ils continueront à le faire.

Les banques centrales ont-elles réussi ? Le resserrement de la politique monétaire semble avoir fait baisser l’inflation depuis son sommet sans causer de dommages sérieux à l’économie. Mais le travail n’est pas encore terminé. Les pressions inflationnistes persistent, tandis que la perspective de taux plus élevés pour des échéances plus longues et l’imminence de limites d’échéance constituent une combinaison troublante. 

Trois thèmes pour le quatrième trimestre

Le dernier trimestre de l’année tend à présager de ce qui va arriver, et nous pensons que les trois thèmes suivants détermineront la voie que suivront les marchés à l’approche de 2024.

Signaux divergents

L’inflation a diminué au troisième trimestre. Mais attention : les principales données cachent une image plus nuancée.

Certains signes indiquent que la transmission du resserrement monétaire ne s’est pas répercutée sur l’économie réelle aussi rapidement que les banques centrales l’auraient espéré. De nombreuses entreprises, par exemple, perçoivent des intérêts sur leurs dépôts mais (après avoir convenu de conditions pluriannuelles) ne paient pas encore davantage pour la dette qu’elles ont accumulée à des taux extrêmement bas pendant la pandémie. En fin de compte, nous pensons que le mécanisme de transmission est retardé plutôt que rompu, et que la situation pourrait s’inverser rapidement – ​​en particulier lorsque les entreprises commenceront à refinancer leur dette l’année prochaine.

Les analystes de Fidelity International s’attendent en moyenne à des hausses de prix modérées au cours des six prochains mois, notant des pressions persistantes sur la chaîne d’approvisionnement dans des secteurs tels que l’industrie et les services de communication. La Réserve fédérale n’a pas encore résolu son problème d’inflation.

Plus haut et plus longtemps ?

Les banquiers centraux ont tiré les leçons de leurs erreurs d’il y a deux ans et n’envisagent pas cette fois-ci de sous-estimer les pressions inflationnistes. Le message semble donc clair : les taux resteront élevés plus longtemps. Mais il s’agit d’une stratégie risquée, surtout à l’heure où les limites de maturité des entreprises deviennent rapidement visibles. Bon nombre de nos analystes s’attendent à une augmentation de 15 à 25 pour cent des frais d’intérêt des sociétés qu’ils couvrent.

La situation reste suffisamment incertaine pour nous laisser croire qu’une récession est encore plus probable qu’improbable. Nous estimons qu’il existe une probabilité de 60 pour cent qu’une récession cyclique se produise, dans laquelle le chômage aux États-Unis augmentera entre 4,4 et 6,5 pour cent au cours des 12 prochains mois. 

La Chine : une opportunité dans un contexte d’incertitude ?

L’un des obstacles à la reprise de la Chine depuis la pandémie est le manque de confiance des consommateurs. Cela est dû en partie aux conséquences psychologiques causées par des années de confinement. Mais les décideurs politiques reconnaissent également l’importance de secteurs clés comme l’immobilier sur le sentiment. Il est peu probable que les consommateurs chinois dépensent tant qu’une grande partie de leur richesse est bloquée dans un marché immobilier en déclin.

Pékin a abaissé certains obstacles à l’achat de logements et aux prêts hypothécaires dans le but de relancer le secteur, même si nous ne nous attendons pas à des mesures de relance massives alors que les décideurs politiques se méfient d’une spirale de l’endettement. Mais ces efforts visant à renforcer la confiance des consommateurs sont de bon augure pour le marché, tout comme les points positifs comme un secteur des services surperformant. Pendant ce temps, les actions se négocient à des rabais quasi historiques par rapport aux marchés mondiaux. Nous en avons pris note. 

La Chine étend son soutien au secteur privé

La Chine réoriente sa politique vers le soutien aux marchés de capitaux et au secteur privé, dans le but de renforcer sa reprise économique post-Covid.

  • Les mesures prises visent à réduire les risques pour l’économie en s’attaquant aux problèmes du marché immobilier et de la dette des gouvernements locaux
  • La promesse de « revigorer » les marchés de capitaux devrait contribuer à restaurer la confiance
  • Les bénéfices doivent être revus à la hausse pour donner un véritable élan au marché

Nous maintenons notre opinion constructive sur les actions chinoises malgré les performances tièdes du marché depuis début 2023 à aujourd’hui, car les décideurs politiques chinois visent à renforcer la confiance du marché grâce à des mesures plus favorables axées sur l’expansion de la demande intérieure et la lutte contre les risques clés.

La politique devient plus favorable, reconnaissant que la transition vers ce que les dirigeants chinois ont appelé une « croissance de meilleure qualité » – avec une moindre dépendance à l’égard des dépenses de construction et d’infrastructure – n’en est qu’à ses débuts. La demande extérieure ne compense pas non plus la tiédeur de la demande intérieure chinoise, les exportations ayant chuté de 14,5 % en juillet, en glissement annuel, sous l’effet d’une croissance plus faible en Europe et aux États-Unis, où l’inflation est forte. Par conséquent, une nouvelle série de mesures politiques est attendue au second semestre, la réunion du Politburo de juillet ayant donné un ton plus favorable à la croissance, en mettant l’accent sur la réduction des risques pour l’économie et le rétablissement de la confiance dans le secteur privé.

Réduire les risques pour l’économie : maintien du soutien au marché immobilier

Le ton concernant les politiques immobilières a changé, indiquant une position plus détendue et suggérant que de nouvelles mesures d’assouplissement pourraient être mises en œuvre. Le Politburo a abandonné la formule selon laquelle « le logement est fait pour vivre et non pour spéculer » et, dans la pratique, les gouvernements locaux disposeront d’une plus grande marge de manœuvre pour éliminer les restrictions restantes sur les achats de logements et réduire les exigences en termes d’apport personnel pour les crédits hypothécaires de second rang. Les banques seront également poussées à renforcer le soutien au crédit pour les promoteurs et à envisager de réduire les taux hypothécaires pour les crédits existants.

Le règlement de la dette des gouvernements locaux est la clé des futures mesures de relance fiscale

La réunion du Politburo a également souligné la nécessité de traiter efficacement les risques liés à la dette au niveau des gouvernements locaux, mais les détails ne sont pas encore confirmés. Compte tenu de l’ampleur et de la complexité de la dette des gouvernements locaux chinois et de l’aléa moral potentiel, il est peu probable que l’on assiste dans un avenir proche à un échange de dette complet ou à un renflouement des véhicules de financement des gouvernements locaux (LGFV). Nous nous attendons plutôt à ce que des mesures telles que l’extension de la dette et la restructuration de fait, en particulier dans les banques, soient encouragées.

De plus, les gouvernements locaux peuvent être incités à vendre ou à hypothéquer des actifs afin d’améliorer les liquidités et de régler les dettes en cours envers le secteur des entreprises, ce qui contribuerait à améliorer les flux de trésorerie et la confiance des entreprises, mais pourrait nécessiter un crédit intérimaire ou un soutien fiscal de la part du gouvernement central. Étant donné que tout stimulus fiscal est susceptible de passer par les gouvernements locaux, toute restructuration définitive des accords de dette des gouvernements locaux pourrait être un précurseur d’un soutien fiscal accru à l’économie, et devrait donc être bien accueillie par les marchés actions.

Dynamiser les marchés de capitaux

L’engagement de rajeunir les marchés de capitaux et de renforcer la confiance des investisseurs a été très bien accueilli et les médias indiquent que les courtiers en valeurs mobilières sont consultés sur le dosage potentiel des politiques. Les mesures envisagées comprennent une réduction du droit de timbre, qui réduirait les coûts de transaction de 22 milliards de RMB pour les investisseurs en actions A pour chaque réduction de 0,01 ppt, en termes de 2022. Une réduction des approbations d’introduction en bourse pour améliorer la liquidité pourrait également avoir lieu, avec une pause temporaire pour l’introduction de sociétés de grande taille ou non rentables. Il est également probable que des changements soient apportés à la réglementation afin de rendre les échanges d’actions plus efficaces, tandis que les plafonds imposés aux investissements en actions des fonds de pension, des compagnies d’assurance et des investisseurs étrangers pourraient être levés.

Renforcer la confiance du secteur privé

Le Politburo a souligné l’importance d’intégrer la stabilisation de l’emploi dans sa stratégie globale, à la lumière des préoccupations quant à la hausse du chômage parmi des groupes spécifiques tels que les jeunes diplômés, bien que des mesures spécifiques n’aient pas encore été annoncées. Le secteur privé employant la majorité de la main-d’œuvre, les décideurs politiques se sont également engagés à introduire de nouvelles mesures qui facilitent l’investissement des entreprises privées, ce qui indique un environnement favorable aux activités entrepreneuriales. La relance des activités d’introduction en bourse et de fusion-acquisition sont des éléments clés à surveiller.

Les investisseurs à long terme doivent être rassurés

Nous saluons le regain d’urgence et de détermination qui ressort de la réunion du Politburo et nous nous attendons à ce que des mesures politiques détaillées soient prises au cours du second semestre. Il existe également de solides raisons d’être optimiste alors que la Chine s’efforce de maintenir sa reprise économique, y compris une importante marge de manœuvre pour l’assouplissement monétaire en l’absence d’inflation, et les valorisations des actions restent attrayantes du point de vue de la moyenne historique.

La consommation intérieure reste mitigée, avec de bonnes performances dans le secteur des services tels que les voyages et l’hôtellerie, où nous restons surpondérés. Nous apprécions le secteur des assurances qui bénéficie d’une réforme structurelle. Nous apprécions également les sociétés technologiques chinoises exposées à l’IA, un thème à long terme qui a encore de la marge. L’attention portée par la réglementation au secteur de l’internet en Chine semble également être terminée, et nous sommes donc positifs, compte tenu de la forte demande.

La chaîne d’approvisionnement en VE de la Chine continue de se développer avec la croissance des exportations automobiles et nous continuons de privilégier les thèmes à long terme où nous pensons que la valeur réside, notamment l’économie verte, l’innovation technologique et la mise à niveau technologique de la base industrielle de la Chine.

La tendance des bénéfices est restée modérée, mais une reprise des bénéfices constituerait un catalyseur majeur pour les marchés boursiers chinois, et les investisseurs à long terme devraient être en position avant que cela ne se produise afin d’en tirer le meilleur parti.

À propos de Robeco 

Robeco est un spécialiste international de la gestion d’actifs. L’entreprise fondée en 1929 est basée à Rotterdam, aux Pays-Bas, et compte 16 bureaux dans le monde entier. Leader mondial de l’investissement durable depuis 1995, son intégration de recherches durables, fondamentales et quantitatives lui permet d’offrir aux investisseurs institutionnels et privés une vaste gamme de stratégies d’investissement actives couvrant un large éventail de classes d’actifs. Au 31 décembre 2022, Robeco avait 171 milliards d’euros d’actifs sous gestion, dont 168 milliards intégrant les critères ESG. Robeco est une filiale d’ORIX Corporation Europe N.V. Pour plus d’informations, consultez www.robeco.com.

La fiscalité “duale” en vigueur en Suède

La Suède a été le premier pays à adopter dès 1991 un régime fiscal dit « dual » de taxation progressive des revenus du travail et de taxation proportionnelle des revenus du capital. Cette réforme, qui a visé une réduction des taux et un élargissement des assiettes, a eu un impact positif de long terme sur l’investissement des entreprises et sur l’offre de travail. Elle a également été suivie, dans la durée, d’une nette réduction des prélèvements obligatoires.

La Suède se distingue de longue date par un haut niveau de prélèvements obligatoires, mais la pression fiscale s’est nettement réduite au cours des deux dernières décennies. La fiscalité suédoise pèse avant tout sur les ménages. L’essentiel des recettes des administrations publiques provient en effet de la fiscalité indirecte et de l’impôt sur le revenu des personnes physiques. Ce dernier finance en grande partie les collectivités locales et son taux marginal dépasse 50 % pour les tranches supérieures. L’imposition du patrimoine est quant à elle faible.

Surtout, la Suède a été le premier pays à introduire un système dit « dual » de taxation progressive des revenus du travail et de taxation proportionnelle des revenus du capital, lors de la réforme majeure de 1991. Dans un souci de renforcer la compétitivité, un objectif de réduction des taux et d’élargissement de l’assiette a par ailleurs été poursuivi de manière constante. Le taux de l’impôt sur les sociétés a été progressivement ramené à 20,6 %, soit un niveau équivalent à celui de la moyenne européenne.

Le niveau modéré des cotisations sociales s’explique en partie par le fait que le régime de retraites repose fortement sur la capitalisation. Globalement, la taxation du facteur travail demeure cependant relativement élevée, compte tenu de l’existence d’une taxe généralisée sur les salaires.

La réforme de 1991 a été suivie d’un boom des investissements directs étrangers et d’un accroissement du rythme de progression de la productivité globale des facteurs. La Suède affiche sur longue durée un des taux d’investissements des entreprises les plus élevés de l’Union Européenne, mais la fiscalité appliquée sur le facteur travail va de pair avec un chômage structurellement élevé.

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Les investisseurs recherchent des spécialistes de la RSE

RSE
RSE

En réponse à la demande croissante de leurs investisseurs et à l’essor d’une réglementation de plus en plus rigoureuse en matière de finance durable, les entreprises de gestion financière restructurent leur département chargé de la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE). Ces experts, aux parcours diversifiés, sont actuellement très recherchés pour leur compétence ainsi que leur capacité à susciter l’adhésion.

Meanings Capital Partners, Argos Wityu, Ouest Croissance, Axa IM, et Sienna IM, toutes ces sociétés de gestion ont récemment ajouté à leur équipe un responsable de la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) au cours des dix-huit derniers mois. En effet, si l’intégration des considérations extra-financières par les fonds d’investissement n’est pas nouvelle, elle connaît une nette accélération. Les acteurs du secteur non coté font face à une pression croissante de la part de leurs propres investisseurs, ainsi qu’à des exigences de réglementation et de reporting de plus en plus contraignantes. Ils se voient ainsi contraints de renforcer leurs équipes.

« Il y a quelques années, les sociétés de gestion abordaient la fonction RSE avec une approche principalement axée sur le marketing », souligne Christophe Laville, principal au sein du cabinet de recrutement Vauban Executive Search. À présent, il est devenu impératif de développer une véritable stratégie, avec un responsable dédié, surtout pour les fonds qui ciblent une clientèle institutionnelle, laquelle intègre les aspects extra-financiers dans ses appels d’offres. » C’est pourquoi, récemment, les chasseurs de têtes ont vu une demande croissante pour des experts de la finance durable. Caroline Renoux, fondatrice de Birdeo, un cabinet de recrutement spécialisé dans les métiers de la RSE et du développement durable, confirme cette tendance : « Les fonds d’investissement nous ont confié nos premières missions en 2016, suite à la signature de l’Accord de Paris, mais nous avons observé une véritable augmentation de la demande au cours des deux dernières années. »

Une variété de trajectoires professionnelles

Les recrues dans le domaine de la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) présentent des profils divers, tant en termes d’expérience que de parcours professionnel. Certaines sociétés de gestion, axées sur les petites ou moyennes capitalisations, nomment des jeunes professionnels ayant moins de cinq ans d’expérience, sous la supervision d’un associé. D’autres préfèrent des experts plus expérimentés. Caroline Renoux, fondatrice de Birdeo, note une demande croissante pour des spécialistes du reporting extra-financier. Cette tendance à diversifier les profils devrait s’accentuer dans les années à venir, avec des analystes spécialisés dans le reporting, des experts climatiques, etc.

Détermination des objectifs prioritaires

La principale mission du responsable RSE consiste à élaborer la stratégie de la société de gestion en collaboration avec la direction générale. Cela implique de définir les objectifs, les actions à entreprendre et les indicateurs de suivi, tant pour la société de gestion que pour ses participations, en vue de les accompagner dans leur transition vers une meilleure responsabilité sociale. En outre, une part importante de ce rôle réside dans la collecte des données extra-financières des participations et la préparation de rapports destinés aux régulateurs et aux investisseurs. Une veille constante est également cruciale pour suivre les évolutions réglementaires et les recommandations d’experts, afin de prioriser les actions essentielles. En fin de compte, le responsable RSE doit posséder une solide expertise dans le domaine, mais aussi des compétences interpersonnelles pour convaincre et influencer les parties prenantes.

Diversité de profils et écarts salariaux

La diversité des profils et des domaines d’intervention des experts en RSE entraîne d’importantes variations salariales. D’après les cabinets de recrutement, un junior avec deux ou trois ans d’expérience commence à environ 45 000 euros par an. Un profil plus expérimenté, avec au moins cinq ans d’ancienneté, peut prétendre à une rémunération oscillant entre 60 000 et 80 000 euros, tandis qu’un responsable RSE ayant plus de dix ans d’expérience peut dépasser les 100 000 euros par an. De plus, les fonds de private equity proposent un carried interest, ce qui rend leurs rémunérations plus attractives que celles des autres secteurs de la gestion d’actifs.

L’Essor de la RSE dans la Gestion d’Actifs

La montée en importance de la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) au sein de la gestion d’actifs a engendré une demande croissante pour des experts diversifiés et spécialisés dans ce domaine. Les responsables RSE doivent élaborer des stratégies, collecter des données extra-financières, et veiller à la conformité réglementaire, tout en adaptant leur approche aux besoins spécifiques de leurs participations. Les rémunérations varient considérablement en fonction de l’expérience, avec des opportunités attrayantes, notamment dans le private equity. Cette évolution montre que la RSE est désormais au cœur des préoccupations de l’industrie de la gestion d’actifs, appelant à des compétences variées et à des stratégies innovantes pour répondre aux enjeux extra-financiers.

Thematics AM lance « Thematics Selection »

Thematics Asset Management (Thematics AM), société de gestion affiliée de Natixis Investment Managers spécialisée dans les stratégies thématiques globales, a annoncé le lancement de sa gamme Thematics Selection. Celle-ci se compose de portefeuilles concentrés reflétant les convictions d’investissement les plus fortes des gérants, adaptés aux besoins ou aux exigences des clients.  

La gamme comprend deux fonds à son lancement :

Thematics Climate Selection, un fonds multithématique et concentré, ciblant les entreprises dont les trajectoires d’émissions de CO2 sont alignées sur l’Accord de Paris

Thematics Europe Selection, un fonds multithématique et concentré qui investit dans des entreprises européennes et qui est aussi éligible au PEA français.

Le fonds Thematics Climate Selection est géré par Arnaud Bisschop et Karen Kharmandarian, associés et co-fondateurs de Thematics AM avec le soutien de Guillaume Gosselin, spécialiste Climat. Alors que de nombreuses stratégies climatiques cherchent à investir dans des secteurs spécifiques comme les énergies renouvelables, ou dans des entreprises proposant des “solutions climatiques”, Thematics AM a pour objectif d’identifier les entreprises innovantes et leaders de leur marché, avec une trajectoire claire de décarbonisation, indépendamment de leur secteur d’activité ou de leur offre de produits. Le fonds comprend entre 40 et 60 titres couvrant des thèmes aussi singuliers que l’intelligence artificielle (IA) et la robotique, la sécurité, l’économie de l’abonnement, l’eau ou le bien-être. Il s’aligne sur une trajectoire d’augmentation de la température de moins de 2˚C.

Le fonds Thematics Europe Selection a récemment été repositionné pour donner un nouvel élan à une stratégie qui a près de quatre décennies. Repensé à la fin de l’année 2022 :  anciennement fonds d’actions européennes dédié au secteur de la consommation, il devient un fonds multithématique centré autour des thèmes de l’IA et de la robotique, de la sécurité, de l’économie de l’abonnement, de l’eau et du bien-être. Il est composé de 40 à 60 sociétés principalement cotées ou établies en Europe et est géré par Nolan Hoffmeyer et Karen Kharmandarian, associés et co-fondateurs de Thematics AM.

Avec les cinq fonds thématiques originaux et le fonds multithématique diversifié Meta, le lancement de la gamme Thematics Selection amène le nombre total de fonds gérés par Thematics AM à huit[3], avec des actifs sous gestion atteignant 3,3 milliards d’euros au 30 juin 2023.

Mohammed Amor, Président de Thematics AM, a déclaré : « Depuis que nous avons lancé Thematics AM il y a près de cinq ans, le client est au cœur de toutes nos actions. Thematics Climate Selection et Thematics Europe Selection permettent à nos clients d’accéder aux convictions d’investissement les plus profondes de nos équipes, dans une logique de décarbonisation ou avec un angle européen. Le lancement de la gamme Selection permet la création d’une plateforme robuste et flexible dédiée au futur développement de solutions multithématiques innovantes et spécialisées, conçues pour répondre aux besoins et aux exigences des clients. »

Karen Kharmandarian, Directeur des Investissements de Thematics AM, a ajouté : « Le lancement de la gamme Selection complète parfaitement notre gamme existante. Les investisseurs ont désormais le choix entre des stratégies monothématiques et des stratégies multithématiques, soit largement diversifiées, soit spécialisées et adaptées à des régions ou des besoins spécifiques. De plus, à l’instar de toutes les stratégies de notre gamme, les fonds de la gamme Sélection tiennent compte des considérations ESG durant tout le processus d’investissement et détiennent toutes deux le Label français ISR. »

À propos de Thematics Asset Management

Thematics Asset Management est une société de gestion dédiée aux stratégies thématiques innovantes. La société investit dans un ensemble de marchés qui croissent à un rythme supérieur à celui de l’économie mondiale en raison des facteurs de croissance à long terme qui les sous-tendent. Ses équipes d’analystes et de gérants sont spécialisés dans la recherche fondamentale et les stratégies « bottom-up ». Les gérants sont capables d’analyser les entreprises dans la chaîne de valeur de leur thème et se concentrent sur la construction de portefeuilles globaux, non benchmarkés et socialement responsables. Ces thèmes sont les moteurs à long terme du processus d’investissement de la société et reposent sur quatre forces principales qui transforment le monde : la démographie, la mondialisation, l’innovation et la rareté. Aujourd’hui, les principaux thèmes d’investissement de Thematics Asset Management sont l’Eau, la Sécurité, l’économie de l’abonnement et le Bien-être, ainsi que l’Intelligence Artificielle & la robotique.

Paris, le 21 septembre 2023

Horizon AM écope d’une amende de 90 k€

En juillet 2020, l’AMF a lancé une enquête sur la conformité d’Horizon Asset Management (HAM) à ses obligations professionnelles. L’enquête a porté sur les dispositifs d’investissement, la valorisation des actifs et la gestion des conflits d’intérêts. En mars 2021, HAM a reçu un rapport de contrôle avec un mois pour répondre. En janvier 2022, des griefs ont été notifiés à HAM, MM. Gaiji et Monnet. Les griefs concernent divers manquements, notamment la transformation de “club deals” en fonds d’investissement alternatifs (FIA) et la gestion des conflits d’intérêts. Des auditions ont eu lieu en octobre 2022, suivies de réponses écrites en avril 2023. Le rapporteur a soumis son rapport en avril 2023, et une séance de la commission des sanctions est prévue pour juin 2023, avec une période pour les parties de présenter des observations en réponse au rapport du rapporteur.

Horizon Asset Management(HAM) est une société de gestion agréée depuis 2016, spécialisée dans les fonds d’investissement alternatifs et les activités de conseil financier. Elle se concentre principalement sur le capital-investissement immobilier en France et en Europe. Détenue à parts égales par MM. Mehdi Gaiji et Franck Lemaître, elle gère des actifs d’une valeur de 46,6 millions d’euros à fin 2021. En 2021 et 2022, HAM a réalisé un chiffre d’affaires de 2,76 millions d’euros et 3,52 millions d’euros, avec des résultats nets respectifs de 417 000 euros et 115 000 euros.

Sanctions et publications

La décision porte sur des manquements financiers commis par la société de gestion de portefeuille HAM, ainsi que ses dirigeants, entre janvier 2017 et mars 2021. Ces manquements incluent la non-conformité aux conditions de l’agrément, le non-respect des procédures de valorisation des actifs, des carences en matière de gestion des conflits d’intérêts, et d’autres violations des obligations professionnelles de la société.

En conséquence, des sanctions ont été prononcées : une amende de 90 000 euros a été infligée à HAM, tandis que les dirigeants de la société, MM. Gaiji et Monnet, ont écopé d’amendes respectives de 30 000 euros et 15 000 euros. De plus, il a été décidé de ne pas anonymiser la décision, qui sera publiée sur le site Internet de l’AMF pendant deux ans.

Ces sanctions ont été déterminées en prenant en compte la gravité des manquements, l’implication des personnes concernées, ainsi que d’autres facteurs pertinents conformément à la réglementation financière en vigueur.

En conséquence, la commission des sanctions a pris les mesures suivantes :

1. Elle a infligé à la société Horizon Asset Management (HAM) une amende de 90 000 euros, accompagnée d’un avertissement.

2. Elle a imposé à M. Mehdi Gaiji une amende de 30 000 euros.

3. Elle a également sanctionné M. Arnaud Monnet en lui imposant une amende de 15 000 euros.

4. La commission a ordonné la publication de cette décision sur le site Internet de l’Autorité des marchés financiers (AMF).

5. La décision restera accessible en ligne de manière non anonyme pendant une période de deux ans à partir de la date de la décision.

Motifs de la procédure

Nullité de la procédure pour non-rétroactivité et loyauté (invoqué par HAM et M. Gaiji)

HAM et M. Gaiji estiment que deux griefs de la notification portent sur des actions antérieures à l’agrément de HAM en tant que SGP en 2016, ce qui violerait le principe de non-rétroactivité.

Cependant, les contrôleurs peuvent prendre en compte des faits antérieurs s’ils ont des conséquences postérieures.

La violation des principes de non-rétroactivité et de loyauté alléguée n’est pas établie et la demande d’annulation pour ce motif est rejetée.

Atteinte aux droits de la défense (invoqué par M. Monnet)

M. Monnet soutient que son audition en décembre 2020 s’est déroulée sans qu’il soit informé qu’il pourrait être mis en cause personnellement, ce qui aurait porté atteinte à son droit de connaître les charges retenues contre lui.

Il affirme également qu’il n’a pas été invité à assister à la réunion de présentation des constats en février 2021.

Toutefois, M. Monnet a eu la possibilité de réagir aux notifications de griefs, ce qui semble rétablir ses droits de la défense.

Accès aux documents de HAM (invoqué par M. Monnet)

M. Monnet prétend que l’impossibilité d’accéder aux documents de HAM pendant la procédure de contrôle, postérieure à sa démission de la société, a porté atteinte à ses droits de la défense.

Il affirme avoir été privé d’informations sur les risques encourus et d’une participation à la procédure de contrôle.

Cependant, il n’a pas montré comment cette privation avait compromis ses droits de la défense.

En résumé, les allégations de M. Monnet concernant l’atteinte à ses droits de la défense ne sont pas étayées, et aucune irrégularité n’a été constatée dans la procédure.

Respect des engagements lors de l’agrément (grief notifié à HAM)

Les notifications de griefs reprochent à HAM de ne pas avoir transformé trois véhicules d’investissement (Opportunité Pierre Club Deal, Performance Pierre Club Deal et Développement Pierre Club Deal) en fonds d’investissement alternatif (FIA) comme elle s’y était engagée dans son programme d’activité lors de sa demande d’agrément. De plus, elles mentionnent l’absence de désignation d’un dépositaire pour ces véhicules.

HAM et M. Gaiji contestent que cette transformation soit une condition de l’agrément de la société, car elle n’était pas explicitement mentionnée dans les conditions suspensives de l’agrément. Ils expliquent que cette transformation était une piste de réflexion, mais elle a été abandonnée en raison d’obstacles juridiques et fiscaux.

Ils soutiennent avoir informé l’AMF de ces obstacles et que l’AMF était au courant de la situation des «clubs deals», mais n’a jamais mentionné la nécessité de les transformer.

M. Monnet, quant à lui, affirme que HAM s’était seulement engagée à transformer deux véhicules spécifiques en FIA, sans mentionner les trois «clubs deals» en question.

Il souligne que HAM avait constaté l’impossibilité économique de réaliser cette transformation.

Tous les mis en cause notent que l’AMF n’a jamais réagi à cette situation malgré plusieurs présentations de HAM.

Le code monétaire et financier précise que les sociétés de gestion de portefeuille doivent satisfaire en tout temps aux conditions de leur agrément.

En résumé, les griefs concernant le respect des engagements lors de l’agrément ne semblent pas être fondés, car il n’y avait pas de preuve que la transformation des «clubs deals» en FIA était une condition explicite de l’agrément. De plus, les obstacles juridiques et fiscaux ont été expliqués, et l’AMF était au courant de la situation sans réagir.

L’Autorité des marchés financiers (AMF) reproche à Horizon Asset Management (HAM) un manquement à son engagement d’origine de transformer trois sociétés en actions simplifiées (SAS) «clubs deals» en fonds d’investissement alternatif (FIA) lors de sa demande d’agrément. Bien que l’AMF n’ait pas spécifiquement énuméré cette transformation parmi les conditions suspensives lors de l’octroi de l’agrément, HAM avait pris cet engagement clair dans son dossier d’agrément. Les conditions suspensives étaient principalement liées à la production de documents administratifs. Par conséquent, l’AMF considère que HAM et les mis en cause ont manqué à leur engagement, constituant ainsi un manquement aux conditions de leur agrément.

L’AMF reproche à Horizon Asset Management (HAM) un manquement à son engagement de transformer trois sociétés en actions simplifiées (SAS) «clubs deals» en fonds d’investissement alternatif (FIA), ainsi que l’absence de nomination d’un dépositaire. HAM soutient que l’absence de transformation des «clubs deals» en FIA n’était pas explicitement mentionnée parmi les conditions suspensives énoncées par l’AMF. Cependant, l’AMF considère que cet engagement était clair et non équivoque dans le dossier d’agrément de HAM et qu’il doit être respecté.

HAM affirme également avoir agi en toute transparence en informant l’AMF de l’existence des «clubs deals» lors de réunions et d’échanges de courriels. Cependant, l’AMF estime que ces actions ne suffisent pas à remplacer une déclaration formelle et précise de la part de HAM.

En conséquence, l’AMF estime que HAM n’a pas respecté ses engagements en ne transformant pas les «clubs deals» en FIA et en n’ayant pas nommé de dépositaire, ce qui constitue un manquement aux conditions de son agrément.

Griefs concernant le dispositif de valorisation mis en place par HAM (Horizon Asset Management) pour évaluer les actifs détenus par les fonds gérés par la société. Les notifications de griefs évoquent plusieurs points de non-conformité de la part de HAM par rapport aux règles de l’AMF (Autorité des marchés financiers) concernant la valorisation des actifs.

En résumé :

1. Absence de procédure de valorisation avant mai 2019 : Les notifications de griefs reprochent à HAM de ne pas avoir disposé d’une procédure d’évaluation des actifs détenus par les fonds gérés avant mai 2019. Cela signifie que HAM n’avait pas mis en place de procédure formelle pour déterminer la valeur des actifs dans ses fonds avant cette date.

2. Procédure non opérationnelle après mai 2019 : Même après avoir introduit une procédure de valorisation après mai 2019, les notifications de griefs indiquent que cette procédure n’était pas opérationnelle. Elle ne détaillait pas suffisamment le processus d’évaluation, n’indiquait pas quelles étapes devaient être suivies pour appliquer les méthodes d’évaluation mentionnées en annexe, ne précisait pas quelles pièces devaient être collectées ou à quelles dates, et ne mentionnait pas quels documents devaient être produits pour formaliser la valorisation des actifs.

3. Méthodologie inadéquate de valorisation : Les griefs reprochent également à HAM d’avoir utilisé une méthodologie de valorisation qui ne prenait pas en compte les avancées réelles des travaux sur les actifs immobiliers et les données comptables auditées. Cela signifie que la méthode utilisée pour évaluer la valeur des actifs ne reflétait pas de manière adéquate leur situation réelle.

4. Défaut de contrôle de la procédure de valorisation : Les notifications de griefs affirment que HAM n’a pas réalisé de contrôle sur la procédure de valorisation et n’a pas permis au prestataire externe auquel cette tâche a été externalisée d’y procéder. Cela signifie qu’aucun contrôle adéquat n’a été effectué pour s’assurer que la procédure de valorisation était correctement suivie et que les évaluations étaient fiables.

Les griefs concernant le dispositif de valorisation reprochent à HAM de ne pas avoir mis en place de procédure adéquate pour évaluer les actifs détenus par les fonds gérés, d’avoir utilisé une méthodologie inadéquate, et de ne pas avoir réalisé de contrôles suffisants pour garantir l’exactitude des évaluations. Les notifications de griefs se réfèrent aux règles de l’AMF en matière de valorisation des actifs, et il semble y avoir des préoccupations quant au respect de ces règles par HAM.

La procédure de valorisation des actifs immobiliers, le choix de la méthode de valorisation, la traçabilité de cette procédure, et les contrôles effectués par la société de gestion de portefeuille (HAM) sur cette procédure.

En résumé :

1. Absence de procédure de valorisation avant mai 2019 : Les mis en cause (HAM et M. Gaiji) soutiennent que dès novembre 2017, HAM disposait d’une procédure de valorisation commune à tous ses actifs. À partir de 2019, HAM a scindé cette procédure en deux, l’une pour les actifs immobiliers et l’autre pour l’établissement de la valeur liquidative des fonds. Ils estiment que l’absence de formalisation complète de la procédure ne signifie pas qu’elle n’existait pas et qu’elle répondait aux exigences réglementaires.

2. Caractère opérationnel de la procédure d’évaluation après mai 2019 : Les mis en cause affirment que la procédure d’évaluation mise en œuvre par HAM était opérationnelle et respectait les exigences réglementaires. Ils expliquent que HAM utilisait la méthode du “bilan promoteur” pour évaluer les actifs immobiliers, et cette méthode était conforme aux normes comptables. Ils estiment que la comparaison avec d’autres méthodes, comme celle des “discounted cash flows”, n’est pas pertinente puisqu’aucune méthode particulière n’est imposée par les régulateurs.

3. Caractère non fiable de la procédure d’évaluation : Les mis en cause défendent le choix de la méthode du “bilan promoteur” et estiment qu’elle est conforme aux exigences réglementaires. Ils soutiennent que cette méthode prend en compte l’avancée réelle des opérations immobilières.

4. Absence de traçabilité de la procédure d’évaluation : HAM et M. Gaiji reconnaissent que la formalisation complète des procédures de valorisation n’a pas été réalisée, mais ils s’engagent à l’améliorer à l’avenir.

5. Absence de contrôles réalisés sur la procédure et les modalités de valorisation des actifs : Les mis en cause réfutent les allégations de manquements en matière de contrôle de second degré. Ils affirment que les contrôles ont été effectués par le prestataire externe en charge du contrôle interne de HAM, comme en témoignent les rapports annuels de contrôle interne et les courriels échangés entre HAM et son prestataire.

Les mis en cause contestent les griefs formulés à leur encontre concernant la valorisation des actifs immobiliers et soutiennent que leurs procédures étaient conformes aux exigences réglementaires, même si elles n’avaient pas été complètement formalisées. Ils considèrent que les contrôles internes étaient en place et que les méthodes utilisées étaient justifiées.

Les trois aspects importants des griefs contre HAM :

1. Absence d’établissement d’une procédure d’évaluation avant le 15 mai 2019 : Selon les articles 321-29 et 321-30 du règlement général de l’AMF, il est nécessaire d’établir une procédure écrite de valorisation des actifs. Avant le 15 mai 2019, HAM utilisait une procédure intitulée “Procédure de valorisation des actifs et d’établissement de la VL”, mais celle-ci ne couvrait pas la valorisation des actifs immobiliers. Les notifications de griefs font valoir que l’absence d’une procédure spécifique pour la valorisation des actifs immobiliers contrevient aux exigences réglementaires.

2. Caractère non opérationnel de la procédure d’évaluation des actifs immobiliers après le 15 mai 2019 : La nouvelle procédure, intitulée “Politique d’évaluation des actifs immobiliers,” a été établie le 15 mai 2019. Cependant, les griefs reprochent à cette procédure de ne pas définir clairement les modalités d’application des méthodes de valorisation, les documents nécessaires, les dates d’arrêté, et les pièces justificatives. De plus, la procédure se limite à une présentation générale des méthodes de valorisation sans spécifier quelles méthodes doivent être utilisées pour quels types d’actifs. Les notifications de griefs soutiennent que cette lacune rend la procédure inopérante, en violation des dispositions réglementaires.

3. Choix d’une méthodologie de valorisation ne tenant pas compte des avancées réelles des travaux et des données comptables auditées : Les griefs reprochent à HAM d’avoir utilisé une méthodologie de valorisation qui n’a pas pris en compte l’avancement réel des travaux et les données comptables auditées. Cela irait à l’encontre de l’obligation de garantir l’utilisation de modèles de formation des prix et de systèmes d’évaluation justes, corrects et transparents pour les OPCVM. Les griefs soutiennent que cette méthode de valorisation n’a pas respecté l’obligation d’agir dans le meilleur intérêt des porteurs de parts ou actionnaires, telle que définie par l’article 321-101 (4) du règlement général de l’AMF.

En résumé, les griefs reprochent à HAM de ne pas avoir établi de procédure d’évaluation des actifs immobiliers avant mai 2019, d’avoir mis en place une procédure insuffisante et incomplète après cette date, et d’avoir utilisé une méthodologie de valorisation qui ne tenait pas compte de l’avancement réel des travaux et des données comptables auditées, ce qui serait contraire aux réglementations en vigueur.

Les griefs liés à l’absence de contrôle de la procédure et des modalités de valorisation des actifs en portefeuille des fonds gérés par HAM entre 2017 et 2019.

-Le prestataire externe en charge des missions de contrôle interne de HAM a émis des recommandations en 2019 concernant la validation et la diffusion de la procédure d’évaluation des actifs immobiliers et de la procédure liée au processus de valorisation des autres instruments financiers détenus par les véhicules gérés. Ces recommandations ont été mises en œuvre le 17 juin 2019.

Avant cette date, HAM n’avait pas de procédures dûment validées en place pour évaluer les actifs immobiliers et les autres instruments financiers détenus par les fonds gérés. Par conséquent, le prestataire externe en charge du contrôle interne de HAM n’avait pas non plus de procédures à contrôler.

Même si HAM a mentionné qu’une procédure en matière de valorisation était en vigueur avant le 17 juin 2019, cette procédure ne couvrait pas la valorisation des actifs immobiliers. De plus, les fiches de contrôle établies par le prestataire externe de HAM en 2017 et 2018 ne font pas état de contrôles spécifiques sur les méthodes de valorisation des actifs ou leurs modalités d’application.

Il est noté que quelques échanges de courriels ont évoqué des contrôles sur les valeurs liquidatives des fonds en 2017, mais ces courriels et d’autres éléments du dossier n’ont pas établi l’existence de contrôles sur les modalités de valorisation des actifs immobiliers ou financiers détenus par les FIA gérés par HAM. Ces contrôles n’étaient pas possibles, car la procédure applicable à cet égard n’a été validée qu’en juin 2019.

En résumé, les griefs reprochent à HAM de ne pas avoir mis en place de procédures d’évaluation des actifs immobiliers et d’autres instruments financiers détenus par les fonds gérés avant juin 2019, ce qui aurait empêché tout contrôle efficace de ces procédures. Cette absence de contrôle est considérée comme une violation des dispositions de l’article 321-101 (4) du règlement général de l’AMF.

Les griefs concernant la gestion des conflits d’intérêts par HAM :

Les notifications de griefs indiquent que jusqu’au 30 mars 2018, HAM ne disposait pas d’une cartographie des conflits d’intérêts, et même après cette date, le dispositif mis en place n’encadrait pas tous les conflits d’intérêts potentiels liés à ses activités. Cela aurait conduit à une violation des dispositions des articles 321-46, 321-48 et 321-50 du règlement général de l’AMF.

Il est également noté que certains conflits d’intérêts avérés identifiés par la mission de contrôle n’auraient pas été consignés dans le registre prévu à cet effet. Ces conflits concernaient l’absence de critères d’allocation des biens acquis entre les différents véhicules gérés, le paiement d’une redevance de marque par plusieurs véhicules gérés au profit d’un FIA, le mode d’attribution et de remboursement des avances en compte courant, la sélection des prestataires, et l’achat par M. Gaiji d’une maison à un prix par mètre carré inférieur à celui des autres lots construits et commercialisés faisant partie d’un programme immobilier acquis pour le compte des FIA.

Pour le dernier conflit d’intérêts lié à l’achat de la maison par M. Gaiji, les notifications de griefs indiquent qu’aucune procédure ou mesure n’avait été prévue pour le gérer, malgré sa mention dans la cartographie des conflits d’intérêts, ce qui serait contraire à l’article 321-49 du règlement général.

Les notifications de griefs reprochent également à HAM de ne pas avoir informé ses clients du conflit d’intérêts résultant de l’achat immobilier par M. Gaiji à un prix préférentiel, ce qui serait une violation de l’article L. 533-10 3° du code monétaire et financier.

Enfin, il est noté que des redevances ont été payées par trois fonds au FIA Performance Pierre pour l’utilisation de la marque “Performance Pierre”, sans que HAM ne démontre leur intérêt économique et financier ou leur renommée. Cela serait contraire à l’article 321-101 5° du règlement général de l’AMF, qui impose aux SGP d’agir dans l’intérêt des porteurs de parts en évitant de leur imposer des coûts indus.

Dans leurs observations, HAM et M. Gaiji argumentent en réponse à ces griefs. Ils affirment que leur procédure de prévention des conflits d’intérêts couvrait l’ensemble de leur clientèle et de leurs activités, même si la cartographie des conflits d’intérêts n’était pas entièrement formalisée. Ils fournissent des versions mises à jour de cette cartographie.

Ils défendent également leur position concernant les autres conflits d’intérêts et expliquent pourquoi ils estiment que ces situations ne contreviennent pas aux règles ou ne portent pas préjudice aux investisseurs.

En résumé, les griefs concernant la gestion des conflits d’intérêts reprochent à HAM de ne pas avoir mis en place un dispositif adéquat pour identifier, consigner et gérer ces conflits. HAM et M. Gaiji fournissent des arguments pour contester ces allégations.

Textes applicables à la gestion des conflits d’intérêts par HAM, en particulier à partir du 3 janvier 2018 :

L’article L. 533-10-I du code monétaire et financier, depuis le 3 janvier 2018, exige que les sociétés de gestion de portefeuille prennent toutes les mesures raisonnables pour empêcher les conflits d’intérêts de porter atteinte aux intérêts de leurs clients. Ces conflits d’intérêts peuvent se produire entre les prestataires, les personnes sous leur autorité ou agissant pour leur compte, ou toute autre personne liée directement ou indirectement par une relation de contrôle, et leurs clients. Si ces mesures ne sont pas suffisantes pour éviter les conflits d’intérêts, les prestataires doivent informer clairement leurs clients de la nature générale ou de la source de ces conflits d’intérêts avant d’agir en leur nom.

L’article 319-3 du règlement général de l’AMF exige que les sociétés de gestion de portefeuille agissent honnêtement, avec compétence, soin et diligence dans l’exercice de leurs activités, agissent au mieux des intérêts des fonds qu’elles gèrent et de l’intégrité du marché, et prennent des mesures raisonnables pour prévenir et gérer les conflits d’intérêts.

L’article 321-46 du règlement général de l’AMF requiert que les sociétés de gestion de portefeuille prennent des mesures raisonnables pour détecter les conflits d’intérêts lors de la gestion des fonds, que ce soit entre elles-mêmes, les personnes concernées, toute personne liée par une relation de contrôle d’une part, et leurs clients ou des fonds d’autre part, ou entre deux fonds. Ces dispositions s’appliquent à l’ensemble des placements collectifs gérés par la société de gestion de portefeuille.

L’article 321-48 du règlement général de l’AMF stipule que les sociétés de gestion de portefeuille doivent établir et maintenir une politique de gestion des conflits d’intérêts appropriée en fonction de leur taille, de leur organisation, de la nature de leur activité, de son importance et de sa complexité. Cette politique doit être fixée par écrit. Si la société de gestion appartient à un groupe, sa politique de gestion des conflits d’intérêts doit également tenir compte des circonstances pouvant provoquer un conflit d’intérêts en raison de la structure et des activités professionnelles des autres membres du groupe.

Les faits reprochés se sont déroulés entre le 1er janvier 2017 et le 18 mars 2021 et seront examinés à la lumière des textes applicables pendant cette période, à moins que des dispositions moins sévères entrent en vigueur ultérieurement.

Les points liés à la gestion des conflits d’intérêts par HAM :

1. Absence de cartographie des conflits d’intérêts jusqu’au 30 mars 2018 : Le texte fait référence à une cartographie des conflits d’intérêts de HAM qui aurait été créée le 6 avril 2017, mais il est noté que cette cartographie n’a pas été validée ni transmise aux collaborateurs de HAM à cette époque. Le contrôle interne en octobre 2017 a également constaté qu’elle n’était pas validée, ce qui signifie qu’HAM ne disposait pas d’une cartographie des risques avant le 30 mars 2018, en violation des règles.

2. Caractère incomplet du dispositif encadrant les conflits d’intérêts après le 30 mars 2018 : Le texte mentionne que la procédure de gestion des conflits d’intérêts de HAM ne couvre pas toutes les activités de la société. HAM soutient que sa politique de conflits d’intérêts couvre toutes les situations de conflits d’intérêts, mais les notifications de griefs estiment qu’elle ne couvre pas totalement l’ensemble des activités de la société. Il est souligné que cela va à l’encontre des règlements en vigueur.

3. Caractère incomplet du registre des conflits d’intérêts : Le texte indique que certaines situations présentent intrinsèquement des risques de conflits d’intérêts, notamment en ce qui concerne les critères d’allocation entre véhicules gérés, les règles d’attribution et de remboursement des avances en comptes courants, le versement de la redevance de marque, la sélection des prestataires externes pour les travaux immobiliers, et l’achat d’une maison par le dirigeant de la société. Il est noté que ces situations nécessitaient une identification dans le registre des conflits d’intérêts, mais que seules les situations liées à l’achat de la résidence principale par le dirigeant sont mentionnées dans ce registre. Les autres situations ne sont pas répertoriées.

En résumé, il est soulevé plusieurs problèmes concernant la gestion des conflits d’intérêts par HAM, notamment l’absence de cartographie des conflits d’intérêts jusqu’en mars 2018, le caractère incomplet de la politique de gestion des conflits d’intérêts après cette date, et le caractère incomplet du registre des conflits d’intérêts. Ces points sont examinés à la lumière des réglementations en vigueur.

La question de l’imputabilité des manquements aux responsables de HAM, MM. Gaiji et Monnet. Résumé des points clés discutés :

1. Imputabilité des manquements à M. Gaiji : Les griefs notifiés à M. Gaiji mentionnent qu’il pourrait être tenu personnellement responsable en tant que président de HAM à partir du 31 décembre 2018. Cependant, M. Gaiji fait valoir qu’il n’a commis aucune faute personnelle et qu’il n’était pas responsable des domaines de conformité et de contrôle interne. Il souligne qu’il a fait de son mieux pour répondre aux exigences de la mission de contrôle, même si ces questions n’étaient pas de son ressort en l’absence d’un RCCI (Responsable de la Conformité et du Contrôle Interne).

2. Imputabilité des manquements à M. Monnet : Les griefs notifiés à M. Monnet indiquent qu’il pourrait être tenu personnellement responsable en tant que directeur général de HAM jusqu’au 30 juin 2020. M. Monnet conteste également sa mise en cause en tant que dirigeant, affirmant qu’aucune faute personnelle ou participation active aux manquements ne peut lui être reprochée. Il invoque des circonstances particulières, notamment des désaccords internes et une dyarchie de fait, qui auraient entravé sa capacité à exercer efficacement ses responsabilités de dirigeant.

3. Dispense de sanction au titre de l’individualisation des peines : Tant M. Gaiji que M. Monnet demandent une dispense de sanction au motif que les manquements ne peuvent pas leur être personnellement imputés, et qu’ils ont fait des efforts pour répondre aux exigences de contrôle et améliorer les procédures. Ils plaident en faveur de l’application du principe de l’individualisation des peines.

Le texte fait référence à des dispositions du Code monétaire et financier concernant la possibilité de sanctionner les personnes physiques responsables de manquements au sein des sociétés de gestion de portefeuille. Le débat porte sur l’attribution de la responsabilité personnelle pour les manquements identifiés.

En résumé, la question est de savoir si MM. Gaiji et Monnet peuvent être tenus personnellement responsables des manquements constatés au sein de HAM et discute de leur demande de dispense de sanctions en invoquant le principe de l’individualisation des peines.

L’imputabilité des manquements aux responsables de HAM, MM. Gaiji et Monnet.

Les points clés discutés :

1. Exigences de dirigeants conformément au Code monétaire et financier : Selon le Code monétaire et financier, une société de gestion de portefeuille (SGP) doit être dirigée par au moins deux personnes possédant l’honorabilité nécessaire et l’expérience adéquate pour garantir une gestion saine et prudente. Cependant, le règlement général de l’Autorité des marchés financiers (AMF) peut prévoir des dérogations à cette règle, mais il doit préciser les mesures nécessaires pour garantir la gestion saine et prudente de la société.

2. Responsabilité des dirigeants pour le respect des obligations professionnelles de la SGP : Le règlement général de l’AMF stipule que la responsabilité de s’assurer que la SGP respecte ses obligations professionnelles incombe à ses dirigeants et, le cas échéant, à son instance de surveillance.

3. Imputabilité des manquements aux personnes physiques agissant pour le compte de la SGP : En vertu du Code monétaire et financier, la commission des sanctions peut sanctionner tout manquement des personnes physiques agissant pour le compte d’une SGP à leurs obligations professionnelles définies par les lois et règlements. Cela inclut les obligations professionnelles de la SGP, car la responsabilité de s’assurer que la SGP les respecte est une partie intégrante de leur rôle.

4. Responsabilités des dirigeants de HAM : En l’espèce, M. Gaiji était le président de HAM et était désigné comme dirigeant responsable à partir du 31 décembre 2018. M. Monnet exerçait les fonctions de directeur général de HAM et était désigné comme dirigeant responsable jusqu’au 30 juin 2020. Les manquements de HAM à ses obligations professionnelles sont donc imputables à M. Gaiji pour la période allant du 31 décembre 2018 au 18 mars 2021, et à M. Monnet pour la période du 1er janvier 2017 au 30 juin 2020.

En résumé, les manquements de HAM sont imputables à ses dirigeants, M. Gaiji et M. Monnet, en fonction des périodes pendant lesquelles ils ont exercé leurs responsabilités au sein de la société.

Décision de La Commission des sanctions | Procédure n° 22-01 | Décision n°11 du 5 septembre 2023

LE FORUM INTERNATIONAL DE LA MÉTÉO ET DU CLIMAT – 6 octobre 2023 à Paris

À l’occasion de la 20e édition du Forum International de la Météo et du Climat, un colloque international est organisé le vendredi 6 octobre prochain.

Sa thématique : « Comment dialoguer sur nos transformations futures ? »

Destiné aux professionnels, le programme de ce colloque a été élaboré par un comité scientifique présidé par Valérie MASSON-DELMOTTE Directrice de recherche au CEA, Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement- IPSL. Co-présidente du groupe I du GIEC pour le 6e rapport d’évaluation.

Contexte du colloque

Ce colloque international s’inscrit dans le cadre de la 20e édition du Forum International de la Météo et du Climat, est à destination des acteurs socio-économiques et territoriaux, des scientifiques, des présentateurs météo et journalistes, think-tank, ONG étudiants et associations professionnelles. L’été 2023 a été tout aussi caniculaire que le précédent avec des dizaines de départements en alerte sécheresse, il est désormais temps d’accélérer la mise en place de nos transformations écologiques et sociales. Les premières ne vont pas sans les secondes, car l’écologie est indissociable de la justice sociale. De nombreux freins sont encore à lever afin que les modèles économiques des organisations évoluent à la hauteur de ce qui est nécessaire, et pour cela il nous faut agir sur les enjeux du dialogue et de la communication. 

Le dialogue, exigeant et pédagogique, doit être au cœur de nos transformations. Tout d’abord pour que les connaissances scientifiques sur les enjeux climatiques soient transmises au plus grand nombre et luttent contre la désinformation climato-sceptique. Mais aussi et surtout pour rendre désirable la notion de sobriété en agissant sur les imaginaires des organisations et des individus. 

Qu’est-ce qu’une entreprise qui s’affranchit du concept de croissance économique à tout prix et cherche avant tout à préserver les ressources naturelles ?

Qu’est-ce que le bonheur pour un individu dans une perspective post-croissante qui se libère du concept matérialiste de consommation compulsive ?

Comment imaginer les médias, le marketing et les publicités d’un futur plus sobre et plus équitable ?

Comment faire quand on est climatologue pour vulgariser son message à destination du plus grand nombre sans pour autant perdre l’essence de la recherche scientifique ?

Les intervenants / Speakers

Communiqué de presse du 14 septembre 2023

La longue parade des machines bat toujours son plein en Chine

La création d’installations robotiques devrait s’accélérer à l’échelle mondiale, mais on craint un ralentissement potentiel en Chine. Notre analyse suggère que ces craintes sont excessives.

  • Plusieurs thèmes structurels soutiennent l’automatisation dans l’industrie manufacturière
  • Des sources de l’industrie indiquent que l’adoption de la robotique en Chine est proche d’un pic
  • Une analyse interne révèle que le potentiel de la Chine est bien supérieur aux estimations

Il est largement reconnu que l’automatisation industrielle est la seule solution viable pour faire face aux multiples changements structurels dans le secteur manufacturier au niveau mondial. Les pénuries de main-d’œuvre se sont généralisées et frappent non seulement les industries, mais aussi des économies entières.

En outre, les tensions géopolitiques et la pandémie mondiale ont incité à des efforts pour rendre les chaînes d’approvisionnement plus résistantes. En réponse, les États lancent des plans à grande échelle pour soutenir les industries stratégiques (et hautement automatisées), notamment les semi-conducteurs, les panneaux solaires et les batteries.

Sans surprise, la relocalisation, la délocalisation à proximité et la production « just-in-case » continuent de faire les gros titres comme un moyen pour les entreprises de réduire les coûts de main-d’œuvre, les délais et l’incertitude dans les chaînes d’approvisionnement manufacturières.

« Les pénuries de main-d’œuvre, les tensions géopolitiques et la pandémie mondiale ont incité à des efforts pour rendre les chaînes d’approvisionnement plus résistantes. »

Mais au-delà des gros titres, que suggèrent les données empiriques sur la demande d’automatisation industrielle ? Selon la Fédération internationale de la robotique (IFR), la densité de robots mondiale, qui mesure le nombre de robots industriels opérationnels par rapport au nombre de travailleurs, a augmenté au cours de la dernière décennie (2010-2021) à un taux de croissance annuel moyen (CAGR) de 10 %. Au cours de la même période, le Japon et l’Allemagne – leaders avérés de la fabrication avancée et de l’adoption de la robotique – n’ont connu qu’une croissance modérée de la densité de robots. Le secteur manufacturier chinois, quant à lui, a connu une amélioration remarquable de sa productivité, avec une densité de robots en 2021 multipliée par 20 par rapport à 2010, dépassant les États-Unis et rattrapant rapidement le Japon et l’Allemagne (voir Graphique 1).

La Chine favorise l’accélération de l’automatisation, mais a-t-elle atteint son plein développement ?

Avec près de 30 % de la production manufacturière mondiale réalisée sur son territoire, la Chine a acquis le statut d’usine du monde grâce à sa vaste main-d’œuvre manufacturière et qualifiée, et à ses infrastructures logistiques exceptionnelles. La Chine s’étant réorientée des secteurs à forte intensité de main-d’œuvre vers les sous-secteurs hautement spécialisés et productifs, le pays compte désormais 52 % des installations robotisées mondiales en 2021, après avoir affiché un taux de croissance annuel moyen des nouvelles installations de 30 % au cours de la décennie précédente (voir Graphique 2a).

Depuis le pic du précédent cycle de dépenses d’investissement en 2018, les installations dans le « monde hors Chine » ont diminué de 2 %, mais ont augmenté de 20 % en Chine (voir Graphique 2b).

Comme le montre le Graphique 1, la Chine devrait atteindre le même niveau de densité de robots que le Japon et l’Allemagne d’ici la fin de l’année. Toutefois, rien n’indique que la Chine pourrait dépasser structurellement ces pays en termes de densité de robots. Il serait donc raisonnable de supposer que la demande d’automatisation de la Chine finira par se stabiliser, ce qui entraînera une décélération mondiale de la demande d’automatisation.

« … les installations [robotiques] ont augmenté de 20 % en Chine. »

En outre, il est probable que la relocalisation et les interventions des États, telles que les lois américaines IRA et CHIPS, et le plan Repower EU, conduiront à une augmentation de la densité des robots sur les marchés développés comme les États-Unis et l’Europe, compensant la baisse en Chine. En outre, la stratégie « China Plus One », qui consiste à étendre les chaînes d’approvisionnement à d’autres pays que la Chine afin de garantir une plus grande résilience, poussera les pays voisins tels que l’Inde, le Vietnam et la Thaïlande à automatiser leur production. La question est de savoir si ces tendances, si elles se concrétisent, suffiront à compenser le ralentissement d’un pays qui contribue à plus de la moitié de la demande mondiale.

Le potentiel de la Chine est largement sous-estimé

Mais il ne faut pas encore écarter la Chine. Une analyse plus approfondie des chiffres révèle d’importantes différences entre les chiffres de la production manufacturière communiqués par des organismes de statistiques mondiaux tels qu’Eurostat et l’Organisation internationale du travail (OIT) et ceux utilisés par l’IFR pour calculer la densité des robots.

Sur la base des données sur le stock opérationnel et la densité des robots, la main-d’œuvre manufacturière en Chine est estimée par l’IFR à environ 40 millions de personnes, contre 140 millions selon les calculs de l’OIT. Cela signifie que les chiffres actuels pourraient sous-estimer d’environ 70 % la main-d’œuvre manufacturière réelle de la Chine. Les travaux du Bureau américain des statistiques semblent corroborer cette estimation. En supposant que les chiffres de l’OIT sont exacts, la densité robotique de la Chine aujourd’hui serait inférieure à 100. En prévoyant un taux de croissance annuel des installations robotisées de 10 % au cours de la prochaine décennie, la densité de robots de la Chine en 2030 resterait inférieure à la densité actuelle du Japon et de l’Allemagne (voir Graphique 3).

Les avancées technologiques au service de la fabrication intelligente

Avec ou sans la Chine, les robots et l’automatisation contribuent à protéger les fabricants du monde entier des pénuries de main-d’œuvre, de l’inflation des salaires et des perturbations de la chaîne d’approvisionnement qui ont paralysé les marchés ces dernières années.

Les coûts d’intégration étant en baisse, les clients bénéficient désormais de délais de rentabilisation plus courts et d’une plus grande variété d’utilisations dans tous les secteurs, de l’assemblage de voitures et de machines lourdes aux travaux plus spécialisés et de précision.

De plus, la technologie en robotique fait des progrès impressionnants grâce aux robots collaboratifs (cobots) qui travaillent aux côtés de l’homme sur des tâches de plus en plus sophistiquées. De même, les algorithmes de vision machine et de mouvement basés sur l’IA aident les robots à développer et à optimiser leurs gestes, ce qui permet de les utiliser dans des environnements complexes et changeants.

« Les algorithmes de vision machine et de mouvement basés sur l’IA aident les robots à développer et à optimiser leurs gestes, pour les utiliser dans des environnements complexes et changeants. »

L’automatisation représente un thème clé de la stratégie RobecoSAM Smart Materials. Nous investissons dans les solutions de fabrication intelligente qui réduisent l’utilisation des ressources et les déchets, et augmentent l’efficacité opérationnelle des chaînes d’approvisionnement. Les robots constituent une solution essentielle pour aider les fabricants à améliorer leur productivité, leur résilience, leur sécurité et leurs bénéfices en ce 21e siècle.

Nos recherches suggèrent que la Chine n’en est qu’au tout début de sa transition vers des sous-secteurs manufacturiers à haute productivité. Cette situation, associée à une demande accrue aux États-Unis, en Europe et dans les pays asiatiques émergents, nous rend plus confiants quant aux perspectives de l’automatisation industrielle pour la décennie à venir.

IA : HYPE OU VRAIMENT TRANSFORMATIVE ?

Dans le numero 120 du 05 Juillet 2023 de GS, parle d’Intelligence artificiel et encore
intelligence artificielle.
Avis des experts :
Les investisseurs doivent considérer ce rapport comme un seul facteur dans la prise de leur décision
d’investissement. Pour la certification Reg AC et d’autres divulgations importantes, consultez
l’annexe de divulgation ou rendez-vous sur www.gs.com/research/hedge.html. The Goldman Sachs
Group, Inc. Depuis la sortie de l’outil d’IA générative ChatGPT d’OpenAI en novembre, l’intérêt des
investisseurs pour la technologie d’IA générative a augmenté. Le potentiel perturbateur de cette
technologie, et si le battage médiatique qui l’entoure – et les prix du marché – sont allés trop loin, est
Top of Mind. Nous discutons avec Sarah Guo de Conviction, Gary Marcus de NYU et les analystes
américains de logiciels et Internet de GS GIR, Kash Rangan et Eric Sheridan, de ce que la technologie
peut et ne peut pas faire à ce stade. Les économistes de GS évaluent ensuite l’impact
potentiellement important de la technologie sur la productivité et la croissance, ce qui, selon nos
stratèges en actions, pourrait se traduire par une hausse significative des actions américaines à
moyen et à long terme, bien que nos stratèges avertissent également que les booms de productivité
passés ont entraîné des bulles d’actions qui finissent par éclater. Nous discutons également des
opportunités d’investissement les plus intéressantes dans l’espace de l’IA aujourd’hui, et des risques
à court terme auxquels les investisseurs doivent le plus faire attention.

Nous entrons dans l’ère de ce que je considère comme le “logiciel 3.0″… les entreprises n’ont pas
besoin de collecter autant de données de formation, ce qui rend soudainement la technologie
beaucoup plus utile, accessible et moins chère.
-Sarah Guo


L’intelligence des systèmes d’IA est surestimée… ceux qui croient que l’intelligence artificielle
générale (IAG) est imminente ont presque certainement tort.
-Gary Marcus


AI n’est probablement pas dans un cycle de battage médiatique… ce cycle technologique n’est pas
dirigé par des parvenus, ce qui le rend moins susceptible de s’éteindre ou de prendre beaucoup de
temps pour démarrer.
-Kash Rangan


La grande majorité des entreprises qui ont surperformé le marché au sens large au cours des
derniers mois sur le thème de l’IA se négocient toujours à des multiples relativement raisonnables
par rapport au BPA GAAP.
-Eric Sheridan

La sortie en novembre d’OpenAI de ChatGPT, un outil d’intelligence artificielle (IA) générative qui
crée du contenu à l’aide d’invites en langage naturel, suivie de la révision à la hausse substantielle
des prévisions de revenus par le fabricant de puces d’IA Nvidia dans son rapport sur les résultats du
premier trimestre, a déclenché un regain d’intérêt des investisseurs pour la technologie d’IA générative. .

En effet, le cours de l’action de Nvidia a augmenté de plus de 30 % depuis la révision, et
la poignée de grandes entreprises technologiques qui construisent les grands modèles de langage
fondamentaux (LLM) au cœur de l’IA générative ont largement surperformé le marché au sens large.
Mais le battage médiatique sur l’IA est-il allé trop loin ? Le potentiel perturbateur de la technologie
d’IA générative – et si cela justifie l’enthousiasme actuel des investisseurs – est Top of Mind.
Nous explorons d’abord ce qui différencie la technologie d’IA générative qui a retenu l’attention des
investisseurs. Kash Rangan, analyste logiciel chez GS US, explique que la capacité de la technologie à
créer de nouveaux contenus sous forme de texte, d’image, de vidéo, d’audio et de code, et à le faire
via un langage naturel plutôt qu’un langage de programmation, sont ses principales caractéristiques
de transformation.


Sarah Guo, fondatrice de la société de capital-risque axée sur l’IA Conviction, explique en outre que,
alors que les itérations précédentes de la technologie de l’IA nécessitaient que les humains écrivent
un code déterministe pour effectuer des tâches spécifiques («Logiciel 1.0») ou la collecte minutieuse
de données de formation pour former un réseau de neurones pour une tâche spécifique (“Logiciel
2.0″), la disponibilité désormais large des modèles fondamentaux (via open source ou API), qui ont
des capacités de langage naturel, de raisonnement et une connaissance générale du monde, a réduit
la charge pour les entreprises de collecter des formations données, inaugurant une ère de “logiciel
3.0″ dans laquelle les entreprises peuvent exploiter ces capacités “prêtes à l’emploi” beaucoup plus
facilement et à moindre coût pour transformer ou améliorer leurs activités.
Le potentiel de transformation de l’IA générative a déjà commencé à se traduire dans la réalité. La
productivité des développeurs a dans certain cas augmenté d’environ 15 à 20 % grâce à l’utilisation
d’outils d’IA génératifs, explique Rangan. Et à mesure que leur utilisation devient de plus en plus
répandue, Guo voit une gamme d’applications futures, d’autant plus que les marchés de services
traditionnels, y compris les services juridiques, l’analyse de données, l’illustration et la génération de
voix et de vidéos, sont de plus en plus servis par l’IA. Peter Callahan, spécialiste du secteur américain
des TMT chez GS GBM, note que les investisseurs publics, pour leur part, estiment que cette
technologie a tous les ingrédients d’un changement de plate-forme, avec le potentiel de transformer
presque tous les aspects de l’expérience de l’entreprise et du consommateur.


Selon l’économiste mondial senior de GS, Joseph Briggs, ce potentiel de transformation pourrait avoir
des conséquences macroéconomiques de grande envergure. Il estime que son utilisation pourrait
augmenter la croissance annuelle de la productivité du travail d’environ 1,5 pp sur une période de 10
ans après une adoption généralisée aux États-Unis et dans d’autres économies des DM, et
éventuellement augmenter le PIB mondial annuel de 7 %. Et les stratèges des actions américaines de
GS, Ryan Hammond et David Kostin, affirment qu’une telle augmentation de la productivité pourrait
transformer ce qui a jusqu’à présent été un rallye des actions américaines relativement étroit mené
par l’IA en un rallye beaucoup plus large à moyen et long terme, stimulant le S&P 500. juste valeur de
9 % par rapport aux niveaux actuels.
Mais même si la technologie de l’IA s’avère finalement transformatrice, le battage médiatique autour
de ce que la technologie peut réellement offrir – et de ce que le marché évalue – est-il allé trop loin à
ce stade ? En ce qui concerne l’intelligence des systèmes d’IA aujourd’hui, Gary Marcus, professeur
émérite de psychologie et de sciences neurales à New York University, croit que la réponse est « oui
». Il précise que les réseaux de neurones souvent vantés des outils d’IA actuels ne fonctionnent en
rien comme les réseaux de neurones du cerveau humain ; alors que les machines d’IA peuvent
effectuer une analyse statistique réflexive, elles ont peu ou pas de capacité de raisonnement
délibéré. Et bien que ces machines puissent apprendre, cet apprentissage tourne en grande partie autour des statistiques des mots et des réponses appropriées aux invites ; ils n’apprennent pas de
concepts abstraits et, contrairement aux humains, n’ont pas de modèle interne qui leur permette de
comprendre le monde qui les entoure. L’intelligence artificielle générale (IAG), dit Marcus, sera
probablement atteinte à terme, mais nous en sommes très loin aujourd’hui, et aucun investissement
n’est susceptible de changer cela.

Et en ce qui concerne les marchés, les stratèges du marché de GS,
Dominic Wilson et Vickie Chang, soulignent que lors des booms de productivité passés liés à
l’innovation, comme ceux qui ont suivi l’adoption généralisée de l’électricité (1919-1929) et des PC et
d’Internet (1996-2005), de fortes augmentations des prix et les valorisations des actions sont
devenus des bulles qui ont fini par éclater.
Même aujourd’hui, Guo considère que certaines zones de mauvaise tarification sur les marchés
privés sont une grande cohorte d’investisseurs ancrés dans la même heuristique d’investissement
tout en acquérant une compréhension plus approfondie de l’espace. Et elle prévient que mal évaluer
le moment de tels changements transformateurs est un piège courant dans l’investissement. Cela dit,
en tant qu’investisseur en début de carrière, elle se concentre un peu moins sur l’évaluation que sur
le choix des marchés, des produits et des entrepreneurs qui, selon elle, ont un avantage significatif.
Eric Sheridan, analyste Internet américain chez GS, est pour sa part quelque peu rassuré par le fait
que la grande majorité des entreprises qui ont récemment surperformé sur le thème de l’IA se
négocient toujours à des multiples relativement raisonnables par rapport au BPA GAAP. Et Rangan
fait valoir que contrairement à d’autres grands cycles technologiques – tels que le passage des
systèmes distribués au cloud computing – où les objections des acteurs établis ont ralenti l’adoption,
les entreprises technologiques les plus puissantes au monde sont à l’origine de ce changement, donc
l’IA n’est probablement pas dans un cycle de battage médiatique. Alors, où se trouvent aujourd’hui
les opportunités d’investissement dans l’IA les plus convaincantes ?


Rangan et Sheridan affirment que les grandes entreprises technologiques développant les modèles
d’IA fondamentaux, ainsi que les entreprises “pioches et pelles” au service de l’espace
– sociétés de
semi-conducteurs, hyperscalers de cloud computing et sociétés d’infrastructure – sont bien placées
pour capturer les gains au cours de l’actuel ” phase de construction ».
Guo est d’accord, mais voit également des opportunités à travers la pile, et est le plus enthousiasmé
par la couche d’application dont la base d’investisseurs plus large semble moins sûre aujourd’hui.
Enfin, à quels risques les investisseurs doivent-ils le plus faire attention ? Sheridan surveille de près la
perspective d’un changement des habitudes informatiques des consommateurs, qui pourrait
bouleverser les modèles commerciaux existants. Guo prévient que le discernement entre le
marketing de l’IA et la réalité de l’IA au milieu de l’enthousiasme actuel pourrait s’avérer difficile. Et
Rangan s’inquiète du fait que plus la technologie devient omniprésente, moins elle a de valeur.