Grande distribution : la revalorisation des invendus s’impose comme un levier stratégique

grande distribution

À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le gaspillage alimentaire, le 16 octobre, Phenix publie son baromètre 2025. L’étude, menée auprès de 253 magasins partenaires, montre que la grande distribution a franchi un cap : la revalorisation des invendus n’est plus une initiative ponctuelle, mais un réflexe métier, à la croisée de l’impact économique, social et environnemental.

Des résultats en forte progression

En deux ans, les magasins accompagnés par Phenix ont enregistré des avancées significatives :

  • +40 % de déchets évités en hypermarché,
  • jusqu’à 82 % des invendus revalorisés pour les enseignes les plus engagées,
  • 220 000 repas sauvés par an en moyenne dans un hypermarché (+22 % vs 2022),
  • près de 90 000 repas sauvés dans un supermarché (+13 % vs 2022).

Ces performances reposent sur trois piliers principaux :

  1. Les promotions sur dates courtes, devenues un moteur clé (+31 % en 2 ans).
  2. Le don alimentaire, qui représente en moyenne 120 000 repas redistribués chaque année par hypermarché.
  3. Les paniers anti-gaspi, de plus en plus populaires, qui sauvent entre 2 600 et 4 600 repas par magasin et permettent d’éviter jusqu’à 20 tonnes de CO₂.

Un bénéfice économique tangible

Le gaspillage alimentaire représente un coût massif pour la distribution : le taux de casse atteignait en 2024 1,5 % du chiffre d’affaires en supermarché et 1,1 % en hypermarché – soit jusqu’à 550 000 € de pertes annuelles pour un grand magasin.

La revalorisation transforme cette perte en levier de marge :

  • 430 624 € de résultat économique HT/an en hypermarché,
  • 173 588 € en supermarché,
    en additionnant les ventes en dates courtes, la défiscalisation du don et les économies sur le traitement des déchets.

À cela s’ajoute la valeur des dons, estimée à 164 000 € par hypermarché et 62 000 € par supermarché, ainsi que les économies générées par l’alimentation animale pour les produits non consommables (jusqu’à 5 470 € par an en hypermarché).

Un impact environnemental mesurable

La revalorisation agit aussi comme un levier climatique :

  • Un hypermarché évite 130 tonnes de déchets et 870 tCO₂e/an, soit l’équivalent des émissions annuelles de 88 Français.
  • Un supermarché évite 48 tonnes de déchets et 290 tCO₂e/an, soit l’équivalent des émissions de 30 Français.

À l’échelle nationale, la généralisation de ces pratiques pourrait permettre d’éviter chaque année 300 000 tonnes de déchets alimentaires et 1,8 million de tonnes de CO₂.

Une dynamique à amplifier

Dix ans après la loi Garot, la lutte contre le gaspillage est devenue un enjeu stratégique pour la grande distribution. Les rayons les plus concernés restent les fruits et légumes, la crèmerie, la boucherie, la charcuterie, la volaille et la boulangerie, là où les marges de progrès sont encore les plus fortes.

Pour Simon Baldeyrou, chez Phenix :

« Ce baromètre montre qu’un pilotage rigoureux transforme un poste de perte en levier de marge et d’impact. La revalorisation est devenue un réflexe. Notre objectif pour 2026 est clair : faire de l’excellence anti-gaspi une norme accessible à tous les magasins, et la valoriser à travers le Label Anti-Gaspi. »

Méthodologie

Le baromètre repose sur l’analyse des données de 253 magasins suivis en 2024 (69 % supermarchés, 31 % hypermarchés), comparées à un panel de 215 magasins étudiés en 2022. Les impacts ont été calculés par le cabinet indépendant I Care à partir de référentiels publics.

Repères méthodologiques :

  • Un repas sauvé = 500 g de produits redistribués.
  • La casse brute = produits non vendus à taux plein ou dévalorisés.
  • Le taux de casse = part du CA HT (hors stations-service) perdue pour cause de produits retirés.

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Le G7 crée un Conseil consultatif pour les infrastructures des marchés émergents

G7

Les institutions de financement du développement (IFD) du G7 ont lancé le Conseil consultatif sur l’investissement dans les infrastructures. Une initiative majeure visant à mobiliser des capitaux privés à grande échelle pour soutenir les infrastructures des marchés émergents. Face à un besoin mondial estimé à 4 200 milliards de dollars par an, principalement dans les pays à forte croissance. Cette initiative marque un tournant stratégique en alignant les investisseurs publics et privés sur des projets structurants et durables. La création du Conseil précède la réunion des ministres du Développement du G7. Soulignant l’importance de la collaboration internationale pour répondre à ces enjeux économiques et sociaux.

Une plateforme collaborative pour mobiliser les capitaux privés

Dirigé par FinDev Canada sous la présidence canadienne du G7 et en partenariat avec l’Investor Leadership Network (ILN). Le Conseil rassemble l’ensemble des IFD du G7, incluant la BII (Royaume-Uni), Proparco (France), DEG (Allemagne). JBIC (Japon), CDP (Italie) et la Banque européenne d’investissement (BEI). À ces acteurs publics s’ajoutent les principaux investisseurs institutionnels mondiaux. Tels que Global Infrastructure Partners, Actis, Sun Life, Brookfield, Mirova, Natixis Investment Managers, Macquarie. Allianz Global Investors, Ninety One, Nuveen, Mizuho Financial Group et Copenhagen Infrastructure Partners. Cette configuration permet de combiner l’expertise des institutions de financement du développement. Et la puissance des capitaux privés pour concevoir des solutions d’investissement adaptées aux besoins des marchés émergents.

Objectifs stratégiques : concevoir, financer et partager les connaissances

Le Conseil poursuit deux axes principaux. Le premier est de concevoir et déployer des véhicules d’investissement permettant de surmonter les obstacles qui freinent l’afflux de capitaux privés dans les infrastructures. Notamment les contraintes de conception de projets, les risques financiers et l’absence de structures standardisées. Le second axe est d’échanger des stratégies et des informations commerciales entre les IFD et les investisseurs privés. En favorisant un dialogue structuré sur les bonnes pratiques et les priorités d’investissement. Ces efforts visent à maximiser l’efficacité des ressources. Et à créer un environnement favorable pour des investissements durables et à long terme.

Priorités sectorielles : répondre aux besoins essentiels

Le Conseil concentre ses actions sur les infrastructures critiques qui favorisent la croissance économique et le développement durable. Les domaines prioritaires incluent la production et l’accès à l’énergie, les infrastructures numériques, le transport ainsi que l’eau et l’assainissement. L’objectif est de soutenir des projets à fort impact. Capables d’améliorer l’accès aux services essentiels tout en catalysant la prospérité économique dans les pays qui en ont le plus besoin. Les membres privés du Conseil apportent leur expertise pour aligner viabilité commerciale et impact social et environnemental. Garantissant ainsi un effet durable et mesurable des investissements.

Un cadre inédit pour l’investissement responsable

Cette initiative illustre le rôle de tremplin stratégique du G7 dans la transformation du financement du développement. En établissant un cadre de coopération systématique entre investisseurs publics et privés, le Conseil facilite l’allocation de capitaux à grande échelle tout en renforçant la transparence, la responsabilité fiduciaire et la durabilité. Selon les responsables des institutions et des gestionnaires d’actifs impliqués, ce partenariat ouvre la voie à des projets d’infrastructure résilients, modernes et inclusifs, tout en créant de nouvelles opportunités économiques pour les communautés locales.

Une dynamique de collaboration internationale durable

L’initiative s’inscrit dans la continuité du Réseau de leadership d’investisseurs, lancé par le G7 en 2018 pour encourager une économie mondiale durable. En associant le savoir-faire des institutions financières publiques et l’expérience opérationnelle des investisseurs privés, le Conseil entend dépasser les obstacles historiques et catalyser une mobilisation massive de capitaux pour des infrastructures durables. Cette approche vise non seulement à financer des routes, des réseaux électriques ou des infrastructures d’eau, mais aussi à renforcer la résilience et la prospérité économique des marchés émergents sur le long terme.

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Schroders franchit une étape avec 100 % d’électricité renouvelable

Schroders

Schroders, gestionnaire d’actifs britannique de renommée mondiale, a annoncé avoir atteint en 2024 l’objectif de 100 % de son électricité mondiale issue de sources renouvelables. Un an avant la date initialement prévue. Cette avancée majeure s’inscrit dans la stratégie globale de durabilité de l’entreprise, qui vise à réduire ses émissions de gaz à effet de serre, à promouvoir les énergies à faible impact carbone et à renforcer son rôle en tant qu’acteur responsable sur les questions climatiques. La certification par l’initiative RE100, organisme indépendant, confirme la crédibilité de cette réalisation.

Transition énergétique interne : de l’électricité aux infrastructures durables

L’électricité représente environ 80 % des émissions opérationnelles de Schroders, provenant des bureaux et installations détenus ou loués. La mise en place de 2 606 panneaux photovoltaïques sur le campus de Horsham permet de produire environ 1,13 GWh par an. Couvrant près de 25 % des besoins énergétiques du site. L’installation inclut également 58 stations de recharge pour véhicules électriques et hybrides, favorisant l’adoption de mobilités durables par les employés. Cette démarche contribue directement à la réduction des émissions de Scope 2. Liées à la consommation d’électricité, et s’inscrit dans l’objectif global de neutralité carbone de l’entreprise.

Une stratégie de durabilité intégrée et certifiée

L’atteinte de ce jalon témoigne de l’approche scientifique et rigoureuse de Schroders en matière de durabilité. L’entreprise fixe des objectifs de réduction des émissions basés sur la science et privilégie les sources d’énergie renouvelables dans toutes ses opérations. La certification RE100 valide non seulement l’usage de l’électricité renouvelable. Mais garantit également la transparence et la rigueur technique des démarches entreprises. Consolidant la réputation de Schroders comme pionnier de l’action climatique au sein du secteur financier.

Investissement dans la biodiversité : partenariat avec Fauna & Flora

Parallèlement à ses initiatives internes, Schroders a annoncé le lancement d’un partenariat global avec la fondation Fauna & Flora. Consacrant 3 millions de livres sterling sur trois ans pour soutenir des projets de conservation de la nature dans cinq régions du monde. Ces initiatives comprennent la restauration des habitats des chimpanzés en Ouganda. La protection des tortues marines au Nicaragua, le renforcement de la conservation marine au Cambodge et en Écosse. Et la sécurisation de corridors fauniques en Roumanie. Cette collaboration permet également aux employés de Schroders de mieux comprendre les enjeux environnementaux. Et de s’impliquer dans la protection de la biodiversité.

Impact mesurable et sensibilisation interne

Le partenariat avec Fauna & Flora s’inscrit dans la stratégie globale de durabilité de Schroders. Combinant action concrète et sensibilisation des équipes. Les indicateurs de biodiversité définis permettront de mesurer l’efficacité des actions menées. Selon Madeleine Cobb, Directrice mondiale de la durabilité, cette initiative reflète les valeurs fondamentales de l’entreprise et contribue à la protection des espèces et des habitats menacés. Kristian Teleki, directeur de Fauna & Flora, souligne que la collaboration ouvre la voie à un investissement significatif dans des projets de conservation prioritaires. Renforçant l’impact mondial de cette démarche.

Un modèle pour les entreprises responsables

Avec cette réalisation historique, Schroders montre la voie à suivre pour les entreprises financières en matière de durabilité et de transition énergétique. En combinant la décarbonation de ses opérations, l’adoption de solutions énergétiques renouvelables et le soutien à la biodiversité. L’entreprise illustre comment l’action interne et l’investissement externe peuvent se compléter pour générer un impact tangible et durable. Cette approche intégrée renforce la crédibilité de Schroders auprès de ses clients, partenaires et employés, et positionne l’entreprise comme un acteur de référence dans la finance durable.

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L’immobilier face au climat : une Charte pour accélérer l’adaptation du secteur

L’immobilier face au climat

Paris, 13 octobre 2025 – Lors d’un événement organisé à la Fondation Palladio, l’Observatoire de l’Immobilier Durable (OID) et le Plan Bâtiment Durable (PBD) ont annoncé le lancement officiel de la Charte d’engagement pour l’adaptation du secteur immobilier au changement climatique.

Cette démarche inédite vise à offrir au monde de l’immobilier un cadre structuré et partagé afin de mieux anticiper les aléas climatiques et renforcer la capacité de résilience des acteurs, qu’il s’agisse des bâtiments, des organisations ou de la filière dans son ensemble.

Un engagement collectif inédit

Devant un parterre d’experts et de décideurs, Juliette Lefébure, Directrice générale de l’OID, et Philippe Pelletier, Président du Plan Bâtiment Durable, ont rappelé la nécessité urgente d’intégrer l’adaptation climatique dans les stratégies immobilières.

Une table ronde a réuni les représentants du Building Adaptation Program (BAP), dont Pascal Jahan (Caisse des Dépôts), Nicolas Joly (Icade), Badr Rharbi (La Poste Immobilier), Jean-Claude Bassien (Nexity) et Aude Grant (SFL). Chacun a livré sa vision des transformations à mener et l’importance de la Charte pour orienter leurs démarches.

La soirée s’est conclue par la signature collective de 18 grandes entreprises : BNP Paribas Real Estate, Bouygues Immobilier, Caisse des Dépôts, CBRE France, CDC Habitat, Covéa Immobilier, Esset PM, GA Smart Building, Icade, In’Li, La Poste Immobilier, Nexity, OFI Invest, Perial, SFL, Société de la Tour Eiffel, SwissLife AM et Tikehau Capital. Cette signature traduit une volonté commune d’inscrire l’adaptation climatique au cœur des priorités du secteur.

Pourquoi cette Charte ?

Présentée pour la première fois en juin dernier lors de la conférence Immobilier & Prospectives, cette Charte est l’aboutissement de plusieurs années de recherche et de concertation menées par l’OID et le PBD.

Face à l’accélération des vagues de chaleur, des inondations et des événements climatiques extrêmes, elle constitue une réponse pragmatique : proposer un cadre commun, mesurable et opérationnel à l’ensemble des acteurs de l’immobilier, publics comme privés.

Ses deux grands objectifs sont clairs :

  • Renforcer la prise de conscience de la vulnérabilité des actifs immobiliers.
  • Encourager la mise en place de mesures d’adaptation efficaces, proportionnées et concrètes.

Sept engagements autour de trois axes

La Charte définit sept articles que les signataires s’engagent à appliquer, regroupés autour de trois dimensions clés :

1. Les bâtiments

  • Évaluer les risques climatiques à long terme (horizon 2050).
  • Identifier les actifs les plus vulnérables et fixer des objectifs précis de réduction de leur exposition.
  • Mettre en place des solutions d’adaptation, notamment basées sur la nature.

2. L’entreprise

  • Donner l’exemple en adaptant ses propres bureaux.
  • Intégrer les risques climatiques dans les pratiques internes.
  • Prévoir des plans de continuité d’activité et former les collaborateurs aux enjeux de l’adaptation.

3. La filière

  • Partager les connaissances et bonnes pratiques.
  • Diffuser les retours d’expérience auprès de partenaires, clients et prestataires.
  • Contribuer à une dynamique collective de montée en compétences.

Des outils et un suivi pour garantir l’efficacité

Pour transformer ces engagements en actions concrètes, l’OID et le PBD fournissent aux signataires une boîte à outils technique (guides, méthodes, indicateurs, ressources).

Un dispositif de suivi sectoriel a également été conçu. Il repose sur un ensemble limité d’indicateurs permettant de :

  • mesurer l’avancée des signataires,
  • produire un reporting agrégé et confidentiel,
  • assurer une transparence utile à la filière tout en respectant la confidentialité des données.

Chaque année, des rencontres permettront de partager ces résultats et d’enrichir les pratiques communes.

Une étape décisive pour la transition du secteur immobilier

Pour Juliette Lefébure, Directrice générale de l’OID :

« Cette charte consacre l’adaptation climatique comme un enjeu central de décision. La diversité des signataires – investisseurs, promoteurs, exploitants, assureurs, acteurs publics – constitue un atout majeur. Ensemble, ils donnent un signal fort et créent un effet d’entraînement pour l’ensemble de la filière. »

L’OID et le PBD affirment ainsi leur volonté de placer l’adaptation climatique au même rang que la décarbonation et la performance énergétique, et d’offrir aux acteurs de l’immobilier des outils concrets pour anticiper les transformations déjà à l’œuvre.

Un appel à rejoindre le mouvement

Les acteurs du secteur immobilier, publics comme privés, sont invités à rejoindre la communauté des signataires et à contribuer à cette dynamique collective en faveur d’une filière plus résiliente et durable.

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La Banque européenne d’investissement accélère la transition écologique

Banque européenne d’investissement

La Banque européenne d’investissement (BEI) franchit une nouvelle étape dans son rôle de moteur de la transition écologique. Avec l’adoption de la deuxième phase de sa Feuille de route de la banque du climat, l’institution entend doubler ses investissements verts, simplifier ses procédures et renforcer la compétitivité et la sécurité énergétique de l’Europe. Cette initiative s’inscrit dans un contexte de révolution industrielle verte. Où l’accès à une énergie propre, abordable et produite localement devient un enjeu stratégique pour les entreprises, les ménages et le leadership technologique européen.

Compétitivité, sécurité et énergie abordable : trois leviers stratégiques

La deuxième phase de la feuille de route s’articule autour de trois priorités majeures. Renforcer la compétitivité, garantir la sécurité énergétique et contribuer à la baisse des prix de l’énergie. La BEI vise à soutenir les technologies propres. À consolider les chaînes d’approvisionnement et à offrir des solutions innovantes pour réduire les coûts énergétiques des entreprises et des ménages. Cette orientation favorise également le leadership technologique européen en encourageant le développement et le déploiement d’énergies renouvelables et d’infrastructures intelligentes. Des financements spécifiques, tels que les accords d’achat d’énergie sur mesure et les prêts pour réseaux électriques. Illustrent la volonté de l’institution de combiner croissance économique et transition écologique.

Doublement des financements pour l’adaptation aux changements climatiques

Consciente des risques croissants liés aux événements climatiques extrêmes. La BEI prévoit de porter ses financements pour l’adaptation à 30 milliards d’euros entre 2026 et 2030. Cette enveloppe vise à protéger l’agriculture, les ressources en eau, les villes, les entreprises et les communautés vulnérables. Les investissements dans l’adaptation sont non seulement essentiels pour la sécurité et la résilience de l’Europe, mais ils sont également rentables économiquement. Chaque euro investi dans la prévention permettrait d’éviter cinq à sept euros de pertes futures. La BEI accompagnera ces projets par une assistance technique renforcée, ciblant particulièrement les populations les plus exposées, comme les petits États insulaires, les communautés à faible revenu et les groupes vulnérables.

Simplification radicale des procédures pour accélérer les investissements

Afin de rendre les financements verts plus accessibles, la BEI a entrepris une révision complète de ses processus administratifs. L’institution mise sur l’auto-évaluation, les normes réglementaires existantes et des mécanismes de vérification efficaces pour alléger les formalités. Notamment pour les PME. Des outils numériques comme le Green Checker et l’alignement sur les standards européens de durabilité. Tels que la CSRD, permettent de réduire les obligations documentaires et de rationaliser l’accès au financement vert. Cette simplification s’inscrit dans une logique de soutien à l’ensemble des initiatives de l’UE, de la compétitivité à la transition énergétique.

Initiatives pour soutenir les PME et les ménages

La BEI a mis en place des programmes spécifiques pour aider les PME à investir dans l’efficacité énergétique. Avec une nouvelle initiative de 17 milliards d’euros prévue pour soutenir 350 000 entreprises européennes. Parallèlement, les ménages à faibles revenus bénéficient de prêts abordables pour la rénovation énergétique et de solutions de location-bail pour des technologies propres. Telles que les véhicules électriques ou les pompes à chaleur. Ces mesures visent à garantir une transition écologique équitable. Tout en stimulant la demande pour les innovations technologiques et les infrastructures durables.

Partenariats globaux et dialogue avec les parties prenantes

La BEI entend également renforcer ses partenariats internationaux pour promouvoir la transition écologique à l’échelle mondiale. Et créer des opportunités pour les pionniers européens du secteur. Dans le cadre de la deuxième phase de la feuille de route, l’institution a consulté plus de 160 parties prenantes, issues de la société civile, du secteur public et du grand public. Pour alimenter la définition de ses priorités et s’assurer de l’adéquation des financements avec les besoins réels des territoires. Ce dialogue permanent illustre l’engagement de la BEI en faveur de la transparence et de la coopération.

Une feuille de route ambitieuse pour la décennie

Depuis le lancement de sa Feuille de route en 2020, la BEI a soutenu plus de 560 milliards d’euros d’investissements verts, dont 90 % au sein de l’Union européenne. Avec cette deuxième phase, l’institution confirme son objectif de mobiliser 1 000 milliards d’euros d’investissements verts d’ici 2030 et d’affecter plus de la moitié de ses financements annuels à la lutte contre le changement climatique et à la durabilité environnementale. Ces mesures consolident la position de la BEI comme bailleur de fonds de référence pour la révolution industrielle verte, tout en stimulant la compétitivité, la sécurité énergétique et l’innovation technologique de l’Europe.

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AXA Future Risks Report 2025 – Octobre 2025

Future Risks Report 2025

AXA, en collaboration avec Ipsos, dévoile la 12ᵉ édition de son Future Risks Report, une étude mondiale de référence. Cette enquête a été menée au printemps 2025 auprès de 23 000 citoyens et citoyennes ainsi que de 3 595 spécialistes du risque.

L’objectif ? Comprendre comment la population et les spécialistes perçoivent l’évolution des risques mondiaux, qu’ils soient économiques, climatiques, sanitaires, géopolitiques ou sociétaux.

Un monde marqué par les polycrises

Le rapport 2025 confirme une tendance déjà identifiée ces dernières années : l’impression que les crises se multiplient et s’enchaînent à un rythme toujours plus soutenu.

  • 93 % des citoyennes et citoyens estiment que les crises se sont accrues par rapport à l’année précédente (+3 points vs 2024).
  • 95 % des experts du risque partagent ce constat, dont 60 % de manière absolue (+10 points vs 2024).

Cette perception ne se limite pas à la fréquence des crises. Leur impact sur la vie quotidienne est également jugé grandissant :

  • 93 % des personnes interrogées considèrent que ces crises ont des répercussions directes sur leur existence (+5 points vs 2024).
  • Du côté des experts, ce chiffre atteint 96 %, dont 63 % expriment une adhésion totale à cette affirmation (+8 points).

Une société fragmentée et polarisée

L’étude révèle également une forte fragmentation sociale, particulièrement visible en France.
Selon Brice Teinturier, Directeur général délégué d’Ipsos France :

« La désinformation sur les réseaux sociaux – mentionnée par 36 % des répondants comme cause majeure de division – engendre des univers parallèles où les risques ne sont plus appréhendés de la même façon. Comment préparer une société aux défis climatiques ou géopolitiques quand chaque groupe vit dans sa bulle informationnelle, avec sa propre hiérarchie des menaces ? »

Cette polarisation renforce le sentiment d’instabilité et complique la construction d’une vision commune face aux grands enjeux mondiaux.

Le rôle d’AXA face aux risques émergents

Au-delà du constat, le rapport ouvre aussi des pistes d’action. Pour Thomas Buberl, Directeur Général du groupe AXA :

« Cette étude menée avec Ipsos constitue un outil précieux pour comprendre l’évolution des perceptions. Elle nous rappelle notre responsabilité en tant qu’assureur mondial : imaginer des solutions innovantes, développer des modèles plus résilients et aider la société à mieux anticiper les risques. »

L’ambition d’AXA est de se positionner non seulement comme un observateur, mais aussi comme un acteur engagé dans la transformation et l’adaptation face aux incertitudes.

Un outil pour comprendre et anticiper

Depuis plus d’une décennie, le Future Risks Report s’impose comme un baromètre incontournable. En croisant les regards de la société civile et des expertes et experts du risque, il offre un éclairage unique pour :

  • Identifier les menaces perçues comme prioritaires (climatiques, technologiques, géopolitiques, sanitaires, sociales, etc.) ;
  • Comprendre l’évolution des perceptions au fil des crises mondiales ;
  • Anticiper les attentes des populations et des décideurs ;
  • Fournir des pistes d’action aux acteurs économiques et institutionnels.

À lire aussi cette semaine : lever les freins au financement de l’économie circulaire : quelles solutions ?

Lever les freins au financement de l’économie circulaire : quelles solutions ?

financement de l’économie circulaire

Alors que l’économie circulaire s’impose comme un levier essentiel pour préserver les ressources, réduire les déchets et limiter les émissions de CO2. Son financement demeure un défi majeur. Les institutions financières. Comme BNP Paribas, La Banque Postale, Oney et Cofidis, jouent un rôle structurant dans cette transition. Mais se heurtent à des obstacles spécifiques liés aux modèles circulaires. Dans ce contexte, Circul’R, en collaboration avec ces acteurs, a publié un rapport détaillant les principaux freins au financement de l’économie circulaire et proposant des solutions concrètes pour les surmonter. Ce document s’appuie sur une analyse de sept modèles d’affaires circulaires. Et met en lumière trois leviers clés pour adapter les financements à leurs spécificités. Illustrés par deux cas d’usage approfondis.

Le rôle structurant des institutions financières dans l’économie circulaire

L’économie circulaire repose sur la réduction de l’extraction de ressources. L’optimisation de l’usage des produits et la valorisation des matériaux en fin de cycle. Selon l’INEC, 85 % des industriels y voient une opportunité pour améliorer leur compétitivité et développer de nouveaux marchés. Les institutions financières peuvent accélérer cette transition en orientant les investissements vers des projets circulaires. En proposant des prêts adaptés à ces modèles et en créant des instruments financiers innovants qui favorisent l’usage. Le réemploi et la mutualisation. Leur action permet non seulement de soutenir les entreprises engagées dans la circularité. Mais aussi de structurer un marché encore en pleine émergence. Tout en tenant compte de la volatilité des matières premières et de l’évolution des cadres réglementaires (loi AGEC, taxonomie européenne, SFDR, CSRD).

Identifier et lever les principaux freins financiers

Le rapport de Circul’R et de la coalition “Finance Circulaire” a analysé sept modèles circulaires. Location longue durée d’équipements électroménagers, réemploi des emballages, réparation et reconditionnement, rétrofit automobile, réemploi des matériaux de construction, location de vélos et symbioses industrielles. Trois obstacles majeurs ont été identifiés :

Adapter les financements à la rentabilité différée

Les modèles circulaires basés sur l’usage (abonnement, location) génèrent des flux de revenus étalés dans le temps. Créant des besoins en fonds de roulement importants. Les financements classiques, conçus pour des achats immédiats, ne sont pas adaptés à cette réalité. Le rapport recommande de développer des instruments financiers spécifiques capables de couvrir ces décalages de trésorerie. Et de structurer les prêts pour intégrer les particularités de chaque modèle circulaire.

Anticiper la valeur résiduelle des actifs

Évaluer la valeur des actifs circulaires en fin de cycle est complexe. Notamment sur des marchés en cours de structuration comme celui des équipements électroménagers reconditionnés. L’incertitude sur la valeur résiduelle freine l’accès au financement. Le rapport propose de créer des méthodes d’évaluation adaptées pour sécuriser ces actifs et rassurer les investisseurs. En s’appuyant sur des données partagées et des standards communs.

Réviser les outils d’évaluation du risque

Les projets circulaires manquent souvent de données historiques et d’indicateurs financiers spécifiques, ce qui conduit à une surestimation des risques. Pour pallier ce problème, il est nécessaire de développer des critères et indicateurs dédiés. Permettant aux institutions financières de mesurer le risque réel lié à la circularité et de mieux orienter les investissements.

Deux cas d’usage pour tester les solutions

Parmi les modèles étudiés, deux cas d’usage ont été retenus pour approfondir l’analyse, en raison de leur impact environnemental, de leur potentiel de marché et des freins financiers représentatifs qu’ils rencontrent.

La location longue durée d’équipements électroménagers

Ce modèle prolonge la durée de vie des appareils et réduit la production de déchets. Cependant, il se heurte à la difficulté de modéliser la rentabilité, de prévoir la valeur résiduelle et de gérer les besoins en trésorerie liés à la logistique de retour. Le rapport propose plusieurs solutions : développement de modèles B2B2C (bailleurs, résidences étudiantes), assurance liée à l’usage, financement d’infrastructures de réparation, conception de produits robustes et réparables, et meilleure analyse du risque grâce au partage de données.

Le réemploi des emballages

Le réemploi des emballages, soutenu par la réglementation et une demande croissante, reste freiné par les coûts initiaux et la complexité logistique. Pour accélérer son déploiement, le rapport suggère le financement d’acteurs mutualisant les emballages standardisés, la mise en place de contrats à impact et le leasing des équipements de collecte et de lavage pour réduire les coûts d’entrée sur le marché.

Conclusion : un travail collectif pour accélérer la circularité

Le rapport de Circul’R démontre que le financement de l’économie circulaire nécessite une approche collective et adaptée aux spécificités des modèles circulaires. En réunissant institutions financières, entreprises et experts, il est possible d’identifier les freins, de proposer des solutions pragmatiques et de transformer ces pistes en actions concrètes. La coalition ambitionne désormais d’étendre ce dialogue pour financer des projets à fort impact, notamment dans les domaines de l’écologie industrielle et territoriale, du réemploi et des matériaux critiques, et ainsi contribuer à une économie circulaire viable à grande échelle.

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L’innovation sociale : nouveau moteur de la performance durable selon KPMG et Ashoka

KPMG et Ashoka

À l’occasion de la Semaine de l’Engagement Citoyen, KPMG France, entreprise à mission, et Ashoka, premier réseau mondial d’innovateurs sociaux, publient une étude inédite intitulée « Innover autrement, pour une performance durable ». Fruit d’un travail collectif impliquant 45 experts – dirigeants, chercheurs, entrepreneurs sociaux et acteurs publics –, cette enquête explore comment l’innovation sociale peut devenir un levier central de transformation pour les entreprises et les sociétés contemporaines.
Loin de se limiter à une réflexion théorique, cette étude s’appuie sur 21 entretiens approfondis et un atelier d’intelligence collective réunissant 24 participants issus de divers horizons. Ensemble, ils ont dégagé une conviction commune : l’innovation sociale n’est plus un supplément d’âme, mais un pilier stratégique de performance et de durabilité.

Mesurer autrement pour transformer durablement

L’un des enseignements majeurs de cette étude réside dans la nécessité de repenser la manière dont on évalue la performance. KPMG et Ashoka plaident pour dépasser les indicateurs purement comptables et intégrer une vision qualitative, systémique et dynamique de l’impact.
Selon les auteurs, la valeur d’un projet ne se mesure plus uniquement en termes financiers, mais à travers sa capacité à transformer durablement les systèmes économiques, sociaux et environnementaux. Les entreprises sont ainsi invitées à concevoir des outils d’évaluation intégrés à leur stratégie de gestion, afin de prendre en compte la richesse des interactions humaines, l’impact territorial et la contribution collective au bien commun.

Refonder les modèles économiques pour une durabilité réelle

L’étude appelle également à refonder les schémas de financement et les modèles économiques pour qu’ils soutiennent véritablement l’innovation sociale. Il ne s’agit plus seulement de philanthropie, mais d’un changement structurel vers des modèles hybrides et coopératifs.
Les structures collectives – telles que les SCIC, les coopératives ou les alliances intersectorielles – apparaissent comme des modèles d’avenir. Elles favorisent la mutualisation des ressources, la gouvernance partagée et la durabilité économique. Financer l’innovation sociale, expliquent les auteurs, revient à investir dans la société de demain, en soutenant des modèles capables de concilier rentabilité et impact positif.

Du « faire pour » au « faire avec » : le pouvoir d’agir au cœur du changement

« Tout ce que vous faites pour moi sans moi, vous le faites contre moi » : cette citation emblématique résume un changement de paradigme fondamental. L’étude insiste sur la nécessité de replacer les bénéficiaires au centre des processus d’innovation.
Plutôt que d’imposer des solutions toutes faites, les acteurs doivent co-construire avec les communautés concernées. Cette approche participative renforce la pertinence et la pérennité des projets, tout en redonnant aux individus leur pouvoir d’agir. En somme, l’innovation sociale réussie est celle qui fait émerger la capacité d’agir collective et favorise la coresponsabilité.

L’hyperlocal, clé d’un changement global

Les transformations les plus profondes naissent souvent du terrain. L’étude met en avant des initiatives comme VoisinMalin ou Siel Bleu, qui démontrent que l’action locale peut avoir un impact systémique.
Lorsqu’un quartier, une commune ou une région s’approprie les enjeux de solidarité, de santé ou d’inclusion, les habitants deviennent acteurs du changement, et non plus simples bénéficiaires. Cette approche hyperlocale s’avère essentielle pour ancrer les transitions sociales et écologiques dans la réalité quotidienne, et créer un effet d’entraînement à plus grande échelle.

Six leviers pour bâtir l’économie de demain

De cette exploration collective, KPMG et Ashoka dégagent six leviers majeurs pour réinventer nos modèles de société :

1. L’impact : mesurer la valeur autrement

L’innovation sociale ne se limite pas à des résultats chiffrés. Elle transforme durablement les structures, les mentalités et les écosystèmes. L’impact devient ainsi une ressource stratégique, orientant les décisions et la gouvernance des organisations.

2. Le pouvoir d’agir : libérer les acteurs du changement

En transformant la gouvernance et en donnant voix aux premiers concernés, les projets gagnent en pertinence et en efficacité. C’est une invitation à passer de la gestion descendante à une co-création inclusive.

3. Les alliances : coopérer sans renoncer à son autonomie

L’étude démontre que la coopération entre secteurs – public, privé, associatif – est une source d’innovation et de résilience. En partageant leurs expertises, les organisations multiplient leur capacité d’action tout en préservant leur indépendance.

4. Le financement : assurer la pérennité de l’innovation sociale

La stabilité financière est un défi central. Les modèles de financement doivent s’adapter à des innovations dont la finalité n’est pas la rentabilité immédiate, mais la création d’une valeur sociale durable.

5. L’organisation : repenser l’équilibre entre économie, environnement et société

L’agilité organisationnelle devient un levier d’impact. Les structures capables d’évoluer en fonction des réalités locales et des parties prenantes sont mieux armées pour construire des modèles équilibrés et adaptatifs.

6. Les récits : imaginer de nouveaux horizons collectifs

Dans un monde en crise, la narration joue un rôle central. Redonner du sens, partager des récits inspirants et crédibles, c’est offrir une vision mobilisatrice de l’innovation sociale, capable d’unir et de guider les transformations.

Lire le rapport ici.

Une vision partagée pour le XXIe siècle

Pour Elsa Da Costa, directrice générale d’Ashoka France, cette étude confirme que « les innovateurs sociaux sont les architectes des politiques publiques de demain ». En valorisant leurs actions et en croisant les expertises. Ashoka et KPMG souhaitent offrir aux décideurs des clés concrètes pour allier impact social et stratégie économique.
De son côté, Bouchra Aliouat, directrice de l’Engagement Citoyen chez KPMG France. Souligne que « l’innovation sociale s’impose désormais comme un levier stratégique de création de valeur, au service du bien commun ».

Une méthodologie collaborative et prospective

L’étude s’est construite en trois étapes : une revue de littérature pour identifier les tendances et les obstacles. Une série de 21 entretiens semi-directifs auprès d’acteurs clés, puis un atelier d’intelligence collective réunissant 24 participants. Cette approche a permis d’élaborer une vision prospective et concrète, projetant des scénarios souhaitables à l’horizon 2050.

Vers une nouvelle économie de la confiance

En plaçant la coopération, la co-création et l’impact au cœur de la performance. KPMG et Ashoka invitent les acteurs économiques à repenser leurs priorités. L’innovation sociale, longtemps perçue comme un complément, devient un moteur essentiel de transformation durable.
Cette étude ne se contente pas de dresser un constat. Elle ouvre une voie, celle d’une économie fondée sur la confiance, la solidarité et la responsabilité partagée. Les fondations mêmes de la société de demain.

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PLFSS 2026 : un projet de loi qui menace l’accès aux soins et fragilise la solidarité

PLFSS 2026

La présentation du Projet de Loi de Financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 par le gouvernement Lecornu suscite une vive inquiétude parmi les acteurs de la protection sociale. En première ligne, La Mutuelle Familiale dénonce un texte jugé « déconnecté des réalités sociales » et profondément injuste pour les citoyens. Selon l’organisme mutualiste, les mesures proposées traduisent une logique d’austérité incompatible avec les besoins croissants de la population en matière de santé et de solidarité.

Un budget sous contrainte qui met en péril l’accès aux soins

Pour 2026, le gouvernement prévoit une progression de l’Objectif National de Dépenses d’Assurance Maladie (ONDAM). Limitée à +1,6 %, bien en deçà de la hausse réelle des coûts de santé. Ce chiffre, qualifié « d’insincère » par La Mutuelle Familiale, ne reflète ni le vieillissement de la population. Ni l’augmentation des maladies chroniques, ni les avancées médicales qui nécessitent des investissements continus.
Afin de respecter cette trajectoire budgétaire, plus de 7 milliards d’euros d’économies devront être réalisés. Un effort encore plus sévère que celui imposé en 2025.

Concrètement, ce choix se traduira par une hausse directe du reste à charge pour les patients. Les franchises médicales et participations forfaitaires seront non seulement augmentées. Mais étendues à de nouveaux postes comme les soins dentaires ou les transports médicaux. Le cumul annuel de ces plafonds pourrait atteindre jusqu’à 300 euros par personne. Un montant significatif pour de nombreux ménages déjà fragilisés.
À cela s’ajoutent des restrictions supplémentaires sur les arrêts maladie et une diminution potentielle du remboursement hospitalier. Évaluée à 400 millions d’euros. Pour La Mutuelle Familiale, ces mesures traduisent une politique qui « fait payer la crise sanitaire et économique à ceux qui en souffrent déjà le plus ».

Une fiscalité accrue qui fragilise le modèle mutualiste

Autre source d’inquiétude majeure : la hausse programmée de la taxe sur les complémentaires santé. Qui passera de 14,07 % à 16,07 % en 2026. Cette mesure, annoncée par la ministre Catherine Vautrin, représente près d’un milliard d’euros supplémentaires prélevés sur les mutuelles.
Un tel niveau d’imposition, inédit depuis la création du dispositif. Risque de déséquilibrer un secteur dont le modèle repose sur la solidarité et la non-lucrativité. En effet, les mutuelles réinvestissent l’intégralité des cotisations au profit de leurs adhérents, sans dividendes à verser à des actionnaires.
Alourdir leur fiscalité revient donc, de manière indirecte, à réduire les remboursements et augmenter les cotisations. Limitant encore davantage l’accès à une couverture santé de qualité.

Pour une refondation solidaire et durable de la protection sociale

À l’heure où la Sécurité sociale célèbre ses 80 ans, La Mutuelle Familiale appelle à un sursaut collectif. Elle plaide pour une refondation ambitieuse du système de protection sociale. Fondée sur les valeurs historiques de justice, d’égalité et de solidarité.


Dans son Manifeste pour une Sécurité sociale universelle dans une société en transition, l’organisation invite le gouvernement et les parlementaires à repenser en profondeur le financement du soin et de la prévention, afin d’assurer la pérennité d’un modèle social unique en Europe.


Cette démarche s’inscrit dans la dynamique des États généraux de la santé et de la protection sociale lancés par la Mutualité Française, qui visent à réinventer une protection accessible à tous dans un contexte économique, démographique et environnemental en mutation.

Une mutuelle engagée depuis près d’un siècle

Forte de près de 90 ans d’engagement, La Mutuelle Familiale continue d’affirmer sa différence : une mutuelle indépendante, classée parmi les 30 premières de France, couvrant 170 000 personnes à travers 33 agences de proximité.
Son ambition dépasse la simple complémentaire santé : elle se veut « une complémentaire de vie », accompagnant chaque adhérent dans les moments clés de son parcours. Fidèle à sa raison d’être « résister à l’individualisme et agir pour une protection sociale de haut niveau » , elle milite pour que la santé ne devienne jamais une marchandise, mais demeure un droit fondamental.

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CSRD et CSDDD : des seuils relevés, mais un cap à tenir

CSRD et CSDDD

La Commission européenne a récemment confirmé un relèvement des seuils d’application de la CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) et un ajustement du périmètre de la CSDDD (Corporate Sustainability Due Diligence Directive). Derrière cette apparente simplification se cache une question cruciale : comment concilier allègement administratif et ambition climatique ?

Quelles conséquences pour la transformation durable des entreprises ?

En pratique, ces révisions signifient que moins d’entreprises seront directement concernées par des obligations de reporting extra-financier ou de vigilance sur leurs chaînes de valeur.

  • Les PME de taille intermédiaire, qui étaient initialement dans le champ, pourraient bénéficier d’un sursis.
  • Les grands groupes restent en première ligne, mais avec un allègement de certaines obligations de reporting.


 Pour les entreprises non couvertes, le risque est de ralentir leur trajectoire de transformation, faute d’obligations claires.
Pour les groupes couverts, la mise en conformité reste un chantier colossal, mais le champ de la transparence pourrait être perçu comme moins universel.

Une perte de leadership européen en finance durable ?

L’Europe avait jusqu’ici une longueur d’avance : taxonomie verte, SFDR, CSRD… un arsenal unique au monde.
En relevant les seuils, l’UE envoie un signal paradoxal : celui d’un recul face aux pressions économiques et politiques.

  • Les États-Unis avancent par la voie des investisseurs et de la SEC,
  • L’Asie structure ses propres cadres,
  • L’Europe, elle, apparaît hésitante.

Ce n’est pas une perte de leadership irréversible, mais le risque est bien réel : l’Europe pourrait passer de précurseur ambitieux à régulateur pragmatique, moins exigeant.

Allègement réglementaire vs objectifs climatiques

Simplifier n’est pas en soi négatif : beaucoup d’entreprises craignaient une complexité excessive et coûteuse.
Mais comment éviter que l’allègement ne devienne synonyme de laxisme ?

Trois pistes :

  1. Cibler les priorités climatiques : focaliser les obligations sur les secteurs les plus émetteurs (énergie, transport, bâtiment).
  2. Renforcer les standards volontaires : permettre aux entreprises non couvertes d’utiliser les cadres existants (GRI, ISSB, TCFD) pour s’auto-réguler.
  3. Harmoniser les outils digitaux : automatiser la collecte et la consolidation des données pour réduire le coût du reporting sans baisser l’ambition.

Quelles marges de manœuvre pour aller plus loin ?

Le fait d’être “hors radar” réglementaire ne doit pas être perçu comme une excuse pour faire le minimum.

  • Les entreprises peuvent transformer cette situation en avantage compétitif :
    • Anticiper les exigences futures,
    • Sécuriser l’accès aux financements verts,
    • Répondre aux attentes des investisseurs et des consommateurs.
  • Les pionniers qui iront au-delà du minimum réglementaire renforceront leur crédibilité et attireront capitaux, talents et clients.

dans un contexte où la réglementation recule légèrement, le marché, lui, continuera d’exiger toujours plus de transparence et d’engagement.

La révision de la CSRD et de la CSDDD ne signe pas la fin de la finance durable européenne, mais marque un tournant.
Moins d’obligations légales pour certains, mais une responsabilité accrue pour les acteurs qui veulent rester crédibles et compétitifs.

L’Europe ne perdra son leadership que si les entreprises se contentent du minimum.
Au contraire, celles qui choisiront d’aller plus loin : par conviction ou par stratégie seront les véritables gagnantes de cette transition.

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