Les eurodéputés assouplissent les normes antipollution Euro 7

Selon l’Association des constructeurs européens d’automobiles (Acea), le vote crucial du Parlement européen sur les normes de pollution Euro 7 prend davantage en compte les préoccupations de l’industrie par rapport à la proposition de la Commission européenne, bien que des améliorations supplémentaires soient toujours nécessaires. Cela fait suite à l’assouplissement des normes antipollution automobiles par la commission environnementale du Parlement par rapport à la proposition initiale de la Commission européenne.

La commission a adopté une série d’amendements de compromis, qui prévoient un délai de mise en œuvre plus long pour les poids lourds, des valeurs limites légèrement plus strictes et des conditions d’essai moins rigoureuses ” récapitule Le Clepa, représentant les équipementiers.

Alexandr Vondra, le rapporteur tchèque, a annoncé “ Nous avons réussi à trouver un équilibre entre les objectifs environnementaux et les intérêts vitaux des fabricants. Il serait contre-productif de mettre en œuvre des politiques environnementales nuisibles à l’industrie européenne et à ses citoyens. Grâce à notre compromis, nous servons les intérêts de toutes les parties impliquées et évitons les positions extrêmes.

Une norme Euro 7 faible, et dont la mise en œuvre serait retardée, ne permettra pas d’améliorer la qualité de l’air et ne stimulera pas l’innovation dans l’UE “, envisage Benjamin Krieger, secrétaire général du Clepa. ” La technologie nécessaire à une norme Euro 7 plus ambitieuse existe et est économiquement viable. L’Europe ne doit pas rester à la traîne de la Chine et des États-Unis, qui ont tous deux fixé des objectifs ambitieux en matière d’émissions polluantes “.

Nous plaidons depuis longtemps pour des objectifs Euro 7 et des conditions d’essai qui ne rendent pas les véhicules inabordables et ne mettent pas en péril la compétitivité de l’industrie – pour un bénéfice environnemental faible ou nul “, signale au contraire Sigrid de Vries, directrice générale de l’Acea. Pour Sigrid de Vries, la norme Euro 7 ” n’apportera que des avantages marginauxalors que des améliorations bien plus importantes de la qualité de l’air seraient obtenues en remplaçant les véhicules plus anciens sur les routes de l’UE par des modèles Euro 6/VI “.

La version finale du texte doit être votée en séance plénière du Parlement européen le 9 novembre 2023.

Morningstar : Baromètre Européen actif/passif 

Morningstar publie son « Baromètre Européen actif/passif » semestriel qui mesure la performance des fonds actifs domiciliés en Europe par rapport à leurs équivalents en gestion passive au sein de leur catégorie Morningstar respective. Cette étude couvre près de 26 000 fonds actifs et passifs domiciliés en Europe qui représentent environ 6 300 milliards d’euros d’actifs, soit environ la moitié du marché total des fonds européens. Les données sont arrêtées au 30 juin 2023.

Les principales conclusions du rapport sont :

  • En moyenne, 36,6% des gérants actifs actions dans les 43 catégories actions analysées ont surperformé leurs homologues passifs sur les 12 derniers mois. Ce chiffre s’inscrit en hausse par rapport aux 33,6% enregistrés sur l’année 2022 et aux 30,4% enregistrés un an plus tôt (30/06/2021 – 30/06/2022). (cf graphique 3 ci-dessous)
  • Les marchés obligataires ont également retrouvé de la vigueur au premier semestre 2023, la hausse des rendements ayant stimulé la demande pour les émetteurs gouvernementaux des pays développés et les émetteurs privés de qualité.
  • Les gérants actifs d’obligations dans les 24 catégories analysées ont présenté un tableau plus brillant que leurs homologues actions, avec 62,7% en moyenne de surperformance par rapport à leur alternative passive au cours de la période d’un an allant jusqu’à la fin juin 2023, contre 55,5 % à la fin de 2022 et 46,2% l’année précédente. (cf graphique 4 dans le rapport)
  • Si la hausse globale des taux de réussite à court terme des gérants actifs est encourageante, la situation à long terme reste solidement en faveur des fonds passifs. En moyenne, seuls 17,1% des gérants actifs d’actions et 23,1% des gérants actifs d’obligations ont réussi à battre leur alternative en gestion passive au cours de la période de 10 ans arrêtée à fin juin 2023.
  • Depuis sa création, cette étude a toujours montré que les fonds passifs ont tendance à survivre plus longtemps. Au cours de la période de 10 ans arrêtée à fin juin 2023, 53,7 % en moyenne des fonds actifs actions ont survécu, contre 63% pour les fonds indiciels. La tendance est similaire pour les fonds obligataires où 52 % des fonds actifs ont survécu contre 60,8% des fonds passifs. (cf graphique 1 ci-dessous & 2 du rapport)
  • La probabilité de survie d’un fonds est étroitement liée à son taux de réussite. La principale raison pour laquelle la plupart des fonds actifs échouent est leur courte durée de vie, souvent attribuée à des performances médiocres. Cette situation résulte généralement de la combinaison de mauvaises décisions de gestion, notamment lors de la sélection de titres et de l’impact cumulé de frais plus élevés par rapport à des solutions passives moins chères.

Dimitar Boyadzhiev, Senior Manager Research Analyst, Strategies Passives, Morningtar commente :

« En 2023, davantage de gérants ont tiré parti des conditions de marché difficiles. Plus précisément, 36,6 % des gérants actifs actions ont surpassé leurs homologues passifs sur un an, tandis que les gérants de fonds actifs obligataires ont excellé avec un taux de réussite de 62,7 %. Cependant, sur le long terme, le défi devient évident, puisque seulement 17,1 % des gérants actifs actions et 23,1 % des gérants actifs obligataires ont battu les alternatives passives sur une période de dix ans. En outre, les fonds passifs ont fait preuve d’une plus grande longévité, par exemple sur une décennie, 53,7 % des fonds actifs actions et 63 % des fonds indiciels actions étant toujours opérationnels, à fin juin 2023. La tendance est similaire pour les fonds obligataires. »

Les résultats complets de l’analyse ⬇️

La CASDEN Banque Populaire a obtenu le label « Engagé RSE » de l’AFNOR

Après plusieurs années d’engagement en faveur de la Responsabilité Sociale de l’Entreprise (RSE) et suite à une évaluation réalisée par l’AFNOR, la CASDEN Banque Populaire, banque coopérative de la Fonction publique, a obtenu la labellisation « Engagé RSE » de l’AFNOR en septembre 2023.

Le Label Engagé RSE de l’AFNOR est le label de référence aujourd’hui pour évaluer la maturité des démarches RSE des organisations sur la base de l’ISO 26000.

La CASDEN a répondu à un référentiel constitué de 8 chapitres dans lesquels sont répartis 55 critères d’évaluation qui challengent l’organisation sur l’ensemble des 7 principes et 7 questions centrales de la norme internationale ISO 26000 :

Ce label, valable pour une durée de trois ans, a été attribué suite à l’évaluation de la stratégie de l’entreprise en matière de RSE, réalisée en juin 2023. L’ensemble des parties prenantes de la CASDEN ont été sollicitées (Collaborateurs, Sociétaires, fournisseurs, institutionnels, associations, collectivités) pour échanger sur les engagements et actions menés par la coopérative.

Isabelle Rodney, Directrice Générale de la CASDEN Banque Populaire a souligné : « Nous sommes très heureux d’avoir obtenu cette labellisation qui reconnaît nos engagements RSE et nous invite à progresser encore davantage en la matière, pour un développement durable et responsable. Cette démarche est d’ailleurs intégrée pleinement dans notre projet stratégique et nous nous attachons à agir au quotidien en tenant compte de notre impact social, sociétal, environnemental, et économique. Pour cela, nous saurons nous appuyer sur notre modèle fondé sur des valeurs fortes de solidarité, de confiance, d’engagement et d’équité. Et ce, dans le respect de notre raison d’être « Banque coopérative, nous nous engageons dans une démarche solidaire et durable pour accompagner avec équité et confiance les agents de la Fonction publique ».

À propos de la CASDEN Banque Populaire

Banque coopérative de la Fonction publique, la CASDEN fait partie du Groupe BPCE, deuxième groupe bancaire en France. A fin 2022, la CASDEN compte 568 collaborateurs, 226 Délégués CASDEN, 9500 Correspondants dans les établissements de la Fonction publique et plus de 2,2 millions de Sociétaires.

À propos d’Engagé RSE d’AFNOR Certification

Le Label « Engagé RSE » d’AFNOR Certification est le label de référence pour évaluer la maturité des démarches RSE des organisations. Il s’adresse à tous les types d’organisations (entreprises, associations, collectivités territoriales), quels que soient la taille de l’entité ou son secteur d’activité. Il repose sur un référentiel de plus de 55 critères fondés sur les lignes directrices de la norme internationale ISO 26000 et alignés avec les 17 Objectifs du Développement Durable des Nations Unies.

Biodiversité : un enjeu capital pour l’investissement

La COP15 de Montréal a tiré la sonnette d’alarme sur la dégradation de la biodiversité à l’échelle planétaire et fixé des objectifs ambitieux. Au-delà de la prise de conscience indispensable, les investisseurs ont un rôle crucial à jouer en finançant les entreprises qui proposent des solutions innovantes pour préserver et restaurer la biodiversité.

Le déclin de la biodiversité pose des défis considérables à l’échelle mondiale, à tel point que les scientifiques évoquent la 6ème extinction de masse de l’histoire de notre planète. Un million d’espèces animales et végétales sont menacées d’extinction* alors que 75% de la surface de la terre a été modifiée par l’activité humaine, réduisant la surface habitable de la faune et de la flore. Ce constat sombre amène l’IPBES à recenser cinq causes majeures responsables de la disparition de la biodiversité : le changement d’usage des terres et des mers, l’exploitation directe des écosystèmes, le changement climatique, la pollution des eaux, des sols et de l’air et enfin la propagation d’espèces invasives.

« Si la crise climatique et celle de la biodiversité sont étroitement liées : nos écosystèmes jouent un rôle central dans l’absorption du carbone. Néanmoins, ce ne sont pas des sujets superposables. Certaines solutions mises en avant pour lutter contre le changement climatique et atteindre le Net Zéro (l’ammoniaque vert, les énergies renouvelables, la technologie de Carbon Capture and Storage CCS etc.) ne sont pas forcément en faveur de la biodiversité » explique Emmanuelle Sée, Responsable Gestion Actions chez Swiss Life Asset Managers France.

En décembre 2022, l’accord de Kumming-Montréal de la COP15 consacrée à la biodiversité a permis de réaliser des avancées significatives en réunissant 196 pays. Cet accord historique prévoit notamment de restaurer au moins 30% des écosystèmes dégradés ou encore de réduire de moitié le risque global lié aux pesticides. Il prévoit également une mobilisation financière à hauteur de 30 milliards d’euros par an d’ici 2030. Il y a en effet urgence, y compris sur le plan économique alors que 50% du PIB mondial dépendrait d’une biodiversité performante selon le World Economic Forum.

Un marché potentiel de 10 trillions de dollars par an

Sur le plan réglementaire, la prévention de la pollution et la protection de la biodiversité et des écosystèmes sont soutenues par plusieurs directives (CSRD) et règlements (SFDR) à l’échelle européenne ainsi que par l’article 29 de la loi Energie-Climat en France. Le cadre réglementaire progresse et encourage les investisseurs à agir.

« C’est un marché potentiel qui représente 10 trillions de dollars par an et 395 millions d’emplois à horizon 2030 selon le World Economic Forum. De nombreux secteurs dépendent également de la biodiversité pour mener à bien leurs activités. La dégradation des écosystèmes et de la biodiversité a des conséquences directes sur la performance financière des entreprises. Tout l’enjeu consiste donc, par exemple, à encourager les activités régénératives, les technologies de repérages et de protection ou encore recréer des espaces propices à la biodiversité » précise Emmanuelle Sée

Parmi les écosystèmes particulièrement vulnérables, la biodiversité marine subit de plein fouet l’anthropocène, c’est-à-dire la sixième extinction de masse avec des taux de disparition des espèces de 100 à 1 000 fois supérieurs au taux naturel. « Les activités industrielles (extraction, combustion de carburants, métallurgie, fabrication de batteries, incinération des déchets, sidérurgie) influencent la concentration des émissions de métaux lourds (cadmium, plomb, mercure) qui se retrouvent ensuite dans les océans et produisent des effets en chaîne catastrophiques pour la biodiversité marine (poissons, coraux) et pour notre santé. Or, 40% des écosystèmes marins sont aujourd’hui fortement dégradés » alerte Joana Foglia Berrebi, Consultante en économie bleue durable & Analyste ESG pour le Fonds de réserve constitutionnel de la Principauté de Monaco.

Les technologies et les solutions existent et peuvent contribuer à inverser la tendance, éviter la dégradation inexorable de la biodiversité et même contribuer à sa restauration.

À propos de Swiss Life Asset Managers

Swiss Life Asset Managers dispose de plus de 165 ans d’expérience dans la gestion des actifs du groupe Swiss Life. Ce lien étroit avec l’assurance conditionne sa philosophie d’investissement qui a pour principaux objectifs d’investir dans le cadre d’une approche responsable des risques et d’agir chaque jour dans l’intérêt de ses clients.  Swiss Life Asset Managers propose également cette approche éprouvée à des clients tiers en Suisse, en France, en Allemagne, au Luxembourg, au Royaume-Uni, en Italie et dans les pays nordiques.Au 30 juin 2023, Swiss Life Asset Managers gérait 259,7 milliards de francs d’actifs pour le groupe Swiss Life, dont plus de 112,2 milliards de francs de placements pour des clients tiers. Swiss Life Asset Managers est également un gestionnaire immobilier leader en Europe1. Sur les 259,7 milliards de francs d’actifs sous gestion, 89,6 milliards de francs sont investis dans l’immobilier. Par ailleurs, Swiss Life Asset Managers administre 21,1 milliards de francs de biens immobiliers conjointement avec Livit. Au 30 juin 2023, Swiss Life Asset Managers gérait ainsi 110,7 milliards de francs de biens immobiliers. Swiss Life Asset Managers emploie plus de 2200 collaborateurs en Europe.

Les actifs tangibles orientant la trajectoire vers la neutralité carbone

Notre analyse des objectifs de réduction des émissions souligne de manière explicite l’accélération de l’impact que les actifs réels cotés peuvent exercer sur l’environnement et la trajectoire mondiale en direction d’un scénario de neutralité carbone. À mesure que le monde avance vers ses objectifs de durabilité, la demande en actifs tangibles et en évaluations ESG spécialisées ne fera que croître.

Le marché des actifs réels cotés, évalué à 8 000 milliards de dollars, est idéalement positionné pour diriger et bénéficier des initiatives mondiales axées sur le développement durable.

L’industrie des infrastructures et de l’immobilier se trouve en première ligne de l’initiative zéro émission nette grâce à des actions telles que le déploiement de parcs solaires, la modernisation des infrastructures de transport et l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments. Les services publics mondiaux travaillent activement à réduire la production d’énergie fossile et à moderniser les systèmes d’approvisionnement en eau. Dans les secteurs des communications et des transports, les entreprises encouragent le télétravail, optimisent la logistique et contribuent à la réduction des embouteillages.

Les sociétés cotées détiennent les portefeuilles et les plates-formes d’exploitation d’actifs réels les plus vastes, touchant pratiquement tous les secteurs de l’économie en gérant des infrastructures essentielles et en fournissant des services vitaux. Par conséquent, les actifs réels cotés sont idéalement positionnés pour contribuer aux objectifs de développement durable.

Collectivement, les industries opérant dans le domaine des actifs réels représentent près de trois quarts des investissements visant à soutenir la décarbonation, à améliorer l’efficacité énergétique et à favoriser une croissance économique à empreinte carbone réduite. De plus, les actifs réels au niveau mondial ont un impact significatif sur le plan sociétal en ce qui concerne la santé, l’emploi et la qualité de vie des communautés.

Aspects spécifiques liés à l’ESG

Les actifs réels présentent une diversité relative et des données de reporting différentes par rapport aux actions traditionnelles. Par exemple, un promoteur immobilier peut signaler un pourcentage élevé de certifications pour des bâtiments respectueux de l’environnement, tandis qu’une entreprise mondiale de services publics peut annoncer une capacité renouvelable installée ou des objectifs liés à l’intensité carbone.

Du point de vue de la durabilité sociale, l’évaluation de l’alignement d’une entreprise sur des objectifs spécifiques de développement des Nations Unies, tels que “Villes et communautés durables” ou “Eau potable et assainissement”, peut varier considérablement en fonction de la nature de l’actif, qu’il s’agisse d’une entreprise ferroviaire ou d’un logement étudiant.

Lorsqu’il s’agit de normaliser les scores ESG entre différents secteurs et entreprises, les agences de notation ESG externes sont souvent peu utiles, en particulier pour les actifs réels. Parmi les diverses agences de notation ESG, il existe peu de consensus sur la manière dont une entreprise spécifique doit être notée. Les corrélations entre les principales agences, notamment MSCI, S&P, Sustainalytics, CDP, ISS et Bloomberg, varient de 0,3 à 0,7, tandis que les principales agences de notation financière affichent des corrélations de notation supérieures à 0,95.

Les agences de notation ESG externes se basent également sur des déclarations simplifiées des entreprises pour attribuer leurs notations. Des réponses binaires “oui/non” à des questions concernant une politique sociale donnée peuvent conduire à des scores élevés en matière de responsabilité sociale, sans tenir compte du degré d’application de ces politiques ou des résultats concrets obtenus. Les notations externes basées sur une approche ESG générique manquent d’expertise dans le domaine des actifs réels et ont tendance à accorder la priorité aux données historiques, ce qui peut être trompeur. Par exemple, un changement de PDG au sein d’une entreprise de services publics peut influencer la notation en matière de gouvernance de l’entreprise, même si les investisseurs spécialisés ne le jugeraient pas pertinent.

Un sentiment positif concernant l’engagement en faveur du climat

L’attention portée à la neutralité carbone et à la durabilité environnementale attire l’attention des investisseurs en raison de l’impact significatif que les actifs réels peuvent avoir dans la lutte contre le changement climatique. Pour mieux comprendre les engagements en faveur de la neutralité carbone, CBRE, le gestionnaire de la stratégie mondiale d’actifs réels cotés durables de Nordea, a récemment mené une étude sur les politiques de neutralité carbone et les objectifs de réduction des émissions dans le domaine des investissements cotés. L’accent a été mis sur les entreprises qui ont également divulgué leurs émissions de scope 1 et 2, dans le but de mieux évaluer l’impact potentiel des politiques de ces entreprises sur l’atténuation du risque climatique.

Au sein du marché des actifs réels cotés, les sociétés qui publient des données sur les scopes 1 et 2 représentent une capitalisation boursière totale de 5 000 milliards de dollars. Ces entreprises sont responsables de 5 à 10 % des émissions mondiales totales et de 10 à 15 % des émissions provenant de l’ensemble des actifs réels. Les sociétés au sein de ce marché ont donc une opportunité significative de contribuer à la lutte contre le changement climatique.

Les conclusions de cette étude sont donc encourageantes. Parmi les entreprises qui déclarent leurs émissions des scopes 1 et 2, près de 70 % ont des objectifs de réduction à moyen terme. Environ 40 % de ces entreprises déclarant leurs émissions ont des objectifs de neutralité carbone, et un tiers d’entre elles visent à atteindre la neutralité carbone d’ici 2030 ou avant. Collectivement, ces entreprises actives sur les marchés des actifs réels, avec des objectifs de neutralité carbone, pourraient ainsi contribuer à l’élimination ou à la compensation de plus de 1,2 gigatonnes de carbone au fil du temps.

Notre évaluation des objectifs de réduction des émissions met en lumière de manière évidente l’impact accéléré que les actifs réels cotés peuvent avoir sur l’environnement et sur la trajectoire mondiale menant vers un scénario de neutralité carbone. À mesure que le monde progresse vers ses objectifs de durabilité, la demande en actifs réels et en analyses ESG spécialisées ne fera qu’augmenter. En ce qui concerne l’avenir de l’investissement durable, les années à venir s’annoncent très prometteuses.

Le pouvoir des puces électroniques : un enjeu stratégique mondial

Selon Arnout van Rijn, investisseur multi-actifs, les semi-conducteurs devraient connaître une reprise en 2024, leur rôle dans l’énergie durable devenant de plus en plus important.

Selon lui, les puces représentent désormais un produit de base à part entière qui s’avérera crucial pour les énergies renouvelables, l’électrification des transports et les réseaux intelligents. Cela fait plusieurs années qu’elles se trouvent en plein marasme, après que la pandémie de Covid-19 a impacté la demande et fait chuter les prix.

  • Les puces électroniques jouent un rôle crucial dans les énergies renouvelables, l’électrification et le développement durable.
  • Les cours des actions ont rebondi de 30 % en 12 mois sur fond d’optimisme concernant la demande en 2024.
  • De nouvelles usines de production stratégiques voient le jour pour réduire la dépendance à l’égard de l’Asie.

Aujourd’hui, une combinaison de facteurs, dont la perspective de nouvelles usines de production, devrait stimuler à la fois la demande et l’offre, explique Arnout van Rijn, gérant de portefeuille de l’équipe Multi Asset Solutions de Robeco Elles sont dès lors idéales pour les stratégies multi-actifs et occupent une place de plus en plus importante dans les produits d’investissement durables sur mesure.

« L’année dernière, à la même époque, près du point le plus bas de la correction du marché des actions, nous avons osé être optimistes quant aux perspectives de ce qui est considéré comme le summum de la cyclicité : les puces et les bateaux », explique Arnout van Rijn.

« Une réflexion rapide montre que les prix des biens et services de base sont restés très faibles – les puces mémoires ont baissé de 45 % et les frais d’expédition d’environ 40 % – et, contrairement à nos attentes, nous avons constaté des pertes dans l’industrie. Le marché actions est toutefois tourné vers l’avenir et les producteurs de puces ont progressé d’environ 30 % au cours des 12 derniers mois, en surperformant largement les indices d’actions mondiales (+18 %). Le Philadelphia Semiconductor Index (SOX) est encore plus élevé (+40 %), de sorte que nous pouvons être fiers de notre décision audacieuse et visionnaire. »

Il faut de la discipline au niveau de l’offre

Selon lui, la discipline en matière d’offre a été déterminante lorsque la croissance de la « demande de bits » – la puissance de calcul totale des puces – est tombée à des taux à un chiffre en 2022 et 2023, après avoir connu une croissance de plus de 20 % en 2020 et 2021.

« Pour 2024, il faut s’attendre à une solide reprise de la demande, soutenue par une relance des PC, la reprise de la croissance des serveurs et la vague d’enthousiasme pour l’intelligence artificielle (IA) qui ajoutera probablement 5 % à elle seule à la demande mondiale de bits », explique Arnout van Rijn.

L’optimisme pour 2024 a été la principale raison du rebond des actions en 2023, bien que nous ayons récemment assisté à un recul dans le secteur, en raison du renversement de certains déséquilibres de l’ère Covid, ce qui a entraîné un affaiblissement du pouvoir en matière de fixation des prix pour ceux qui peuvent expédier les puces.

Cela peut être observé dans une mesure d’évaluation des actions, qui utilise un multiple de la valeur d’entreprise (la capitalisation boursière de l’entreprise plus sa dette nette) par rapport au chiffre d’affaires. Les multiples pour les sociétés de semi-conducteurs sont passés à 5-6 fois cette mesure, car les marges sur les semi-conducteurs plus sophistiqués sont considérées comme plus élevées et plus durables.

C’est ce que montre le graphique ci-après ⬇️

Et son avenir à long terme ne fait aucun doute. « L’équipe Sustainable Multi Asset Solutions de Robeco s’est fortement impliquée dans le suivi de ce marché, maintenant que nous offrons une série de solutions multithématiques à nos clients », explique Arnout van Rijn.

Leur rôle dans la transition énergétique

« Les semi-conducteurs sont un important moteur d’innovation et sont déterminants dans la transition énergétique : ce sont des composants essentiels des panneaux solaires, des véhicules électriques, des onduleurs et des dispositifs de stockage. Ils représentent près de 15 % de notre allocation aux actions à impact dans la stratégie Multi Asset Sustainable et jusqu’à 38 % des portefeuilles Smart Energy et Smart Mobility sur mesure de Robeco. »

Selon lui, les semi-conducteurs présentent de nombreuses caractéristiques similaires à celles des produits de base, comme les prix du marché, le caractère fongible, la standardisation, la liquidité et leurs schémas de trading sur les marchés mondiaux. Mais à la différence des produits de base extraits ou cultivés, les semi-conducteurs sont fabriqués par l’homme, avec une plus grande complexité et des caractéristiques de conception accrues. Il ne s’agit plus d’un marché homogène. « Si tout le monde peut fabriquer une DRAM, une seule entreprise peut fabriquer un processeur graphique (GPU) capable de faire fonctionner votre IA », explique-t-il.

« Et une nouvelle caractéristique importante des semi-conducteurs en tant que produits de base est leur valeur historique. Autrefois, nous faisions la guerre pour l’or, le cuivre et le minerai de fer. Aujourd’hui, outre le risque de guerre pour le lithium et le cobalt dans nos batteries, nous assistons également à des tensions stratégiques et à des guerres commerciales entre les États-Unis et la Chine concernant les semi-conducteurs (et leur accès).
Il ne fait aucun doute que les semi-conducteurs sont des produits de base pour les économies mondiales. Ils sont considérés comme stratégiques pour le développement économique futur, alors que la majeure partie de la production provient actuellement d’Asie. Les États-Unis et l’Europe sont marginalisés sur ce point, mais l’Europe détient au moins l’atout d’être la championne de la lithographie nécessaire pour faciliter la poursuite de la miniaturisation.
»

Des tensions internationales inévitables

Avec ce type de pouvoir de marché croissant, les semi-conducteurs deviendront inévitablement l’objet de tensions internationales. « Maintenant que le libre échange mondial n’est plus un fait acquis, les grandes économies veulent être indépendantes pour assurer leur approvisionnement énergétique, mais aussi leur approvisionnement en puces », explique Arnout van Rijn.

« Il est risqué de confier la fabrication des puces à un acteur externe, et encore plus à une entreprise basée à Taïwan, une île revendiquée par la Chine. Les responsables politiques ont pris conscience tardivement de cette vulnérabilité et ont conçu de grands projets pour l’atténuer. Les gouvernements européens et américains offrent à présent des subventions très importantes aux fonderies pour qu’elles soient construites sur leur territoire. »

En témoigne la European Chips Act, la loi européenne sur les puces, entrée en vigueur le mois dernier, qui vise à investir plus de 43 milliards d’euros, avec l’ambition de retrouver une part de marché de 20 % dans la production mondiale de puces, contre moins de 10 % aujourd’hui, dont la majeure partie se situe dans la partie basse.

La US Chips and Science Act est davantage axée sur le fait d’empêcher les puces avancées d’arriver en Chine, mais ici aussi, les fonderies sont incitées à produire des puces d’avant-garde aux États-Unis. Parmi les trois fonderies de premier plan, Intel prévoit de construire deux usines de fabrication (fabs) en Allemagne pour un coût de 30 milliards d’euros, dont 10 milliards d’euros de subventions, tandis que TSMC investira 40 milliards de dollars dans deux fabs en Arizona d’ici 2026. Samsung investira 17 milliards de dollars dans une usine de fabrication américaine, mais n’a pas encore de projets en Europe.

Une prime supérieure à la moyenne

Alors, prêt à se lancer dans les puces électroniques ? « Pour les investisseurs thématiques, les perspectives à court terme ne sont pas faciles à cerner, car une reprise est peut-être déjà intégrée, le fort pouvoir de fixation des prix, dû à l’étroitesse de l’offre, a dépassé son apogée et les multiples de vente ont augmenté. Toutefois, l’importance stratégique à long terme du secteur justifie clairement une prime supérieure aux moyennes historiques pour les entreprises dont la propriété intellectuelle est défendable.

Enfin, étant donné que le monde évolue et que les semi-conducteurs deviennent un produit de base stratégique, nous aimerions plaider en faveur d’un marché des contrats à terme pour les puces mémoires. Il présente des cycles différenciés et offre donc des avantages intéressants en termes de diversification. Il peut également servir d’assurance contre tout nouveau bouleversement géopolitique, tout comme le pétrole l’a fait par le passé.

Bien que la consommation d’eau purifiée soit très élevée dans de nombreuses usines de production, le fait qu’une puce mémoire soit à base de silicium signifie qu’elle a au moins une empreinte carbone bien inférieure à celle du pétrole. »

À propos de Robeco 

Robeco est un spécialiste international de la gestion d’actifs. L’entreprise fondée en 1929 est basée à Rotterdam, aux Pays-Bas, et compte 16 bureaux dans le monde entier. Leader mondial de l’investissement durable depuis 1995, son intégration de recherches durables, fondamentales et quantitatives lui permet d’offrir aux investisseurs institutionnels et privés une vaste gamme de stratégies d’investissement actives couvrant un large éventail de classes d’actifs. Au 31 décembre 2022, Robeco avait 171 milliards d’euros d’actifs sous gestion, dont 168 milliards intégrant les critères ESG. Robeco est une filiale d’ORIX Corporation Europe N.V.

La MIF investit dans une obligation verte émise par la SNCF 

La MIF poursuit son engagement dans les investissements verts via une obligation “green” de maturité 10 ans émise par la SNCF. La mutuelle concilie ainsi sa politique d’investissement responsable et son lien historique avec l’univers du rail.

Un investissement qui s’inscrit dans la démarche ESG de la MIF

« Cet investissement revêt une double signification. Il s’inscrit tout d’abord dans la longue et riche histoire de la MIF et de ses racines venant du monde ferroviaire d’où de très nombreux sociétaires sont encore aujourd’hui issus. Il reflète ensuite notre engagement en faveur de l’investissement socialement responsable (ISR), en lien avec notre adhésion aux Principes pour l’Investissement Responsable des Nations Unis (PRI). Cette stratégie intègre les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) au cœur de nos décisions d’investissement, dans le but de mieux gérer les risques et de générer des rendements responsables long terme pour une source importante de notre sociétariat ».  Olivier Sentis, Directeur Général de la MIF 

Depuis 2018, la MIF a pris l’engagement de mettre en pratique une politique d’investissement qui prend en compte les risques liés à la durabilité, en accord avec les réglementations en vigueur. Cette politique vise à formaliser les initiatives prises par la MIF au fil des années en ce qui concerne les répercussions indirectes de ses investissements sur la société et l’environnement. 

En conséquence, la MIF met en œuvre une stratégie d’investissement responsable qui incorpore les aspects ESG (environnementaux, sociétaux et de gouvernance) dans la gestion de ses actifs, dans le but d’améliorer la gestion des risques et de générer des rendements responsables à long terme. Plus concrètement, cette approche tient compte des risques ESG auxquels les émetteurs peuvent être exposés, tels que leurs capacités de production, la valeur de leurs actifs, tant matériels qu’immatériels, ainsi que les risques réglementaires pouvant entraîner des amendes ou des taxes. 

À propos de la MIF

Assureur vie mutualiste, la MIF commercialise des produits d’épargne et de prévoyance simples, accessibles et efficaces pour accompagner ses sociétaires à chaque étape de leur vie. 

Acteur reconnu de l’assurance vie, la MIF s’appuie sur un modèle performant, qui repose sur une distribution directe (80% de souscriptions digitales), une structure mutualiste sans actionnaires à rémunérer, une gestion financière administrée en interne et une politique de coûts maîtrisés.  Depuis 2021, la MIF commercialise et assure son Plan d’Épargne Retraite Individuel « MIF PER RETRAITE » qui intègre l’ensemble des évolutions qui ont fait son succès et sa reconnaissance. 

L’ERAFP attribue cinq mandats de gestion d’Obligations Crédit ISR

Dans le cadre du renouvellement de ses mandats, l’Établissement de Retraite additionnelle de la Fonction publique (ERAFP) a attribué cinq mandats de gestion (trois actifs et deux dits stand-by) de portefeuille d’obligations crédit ISR libellées en euros.

L’ERAFP a lancé en mars 2022, une procédure avec négociation dont l’objet était l’attribution de mandats de gestion de mandats d’obligations crédit libellées en euros. À l’issue du processus de sélection, l’Établissement a décidé d’attribuer les mandats actifs à Amundi Asset Management, Ostrum Asset Management et HSBC Global Asset Management (France). Deux mandats stand-by sont attribués à Candriam et Groupama Asset Management.

Chacun des mandats aura pour objectif de mettre en œuvre une gestion de type Buy and Hold d’un portefeuille d’obligations crédit libellées en EUR dans le but de maximiser le taux de rendement à l’achat en minimisant le risque de défaut. Les titulaires devront appliquer le Dispositif ISR de l’ERAFP et concourir à la mise en œuvre de la feuille de route climat que l’ERAFP s’est fixé dans le cadre de sa participation à la Net Zero Asset Owner Alliance (NZAOA). Des investissements de diversification en obligations « Non Investissement » (Non Investment Grade), en fonds de dettes privées et/ou de titres de titrisations européennes seront également autorisés.

À titre indicatif, le montant prévisionnel pour l’ensemble des mandats actifs est d’environ 8 milliards d’euros. Comme indiqué, deux des cinq mandats attribués sont dits stand-by, ce qui signifie que l’ERAFP se réserve la possibilité de les activer, notamment par souci de dispersion des risques.

La durée initiale du marché est de six ans avec la possibilité pour l’ERAFP de le reconduire pour une période de deux ans.

L’ERAFP : 1er fonds de pension public français et investisseur institutionnel 100 % ISR

Avec près de 41 milliards d’actifs financiers investis dans leur intégralité suivant une démarche 100 % socialement responsable, l’ERAFP se place parmi les plus grands investisseurs institutionnels ISR.
Dès la création du Régime en 2005, le conseil d’administration a fait le choix d’optimiser la performance de son portefeuille d’actifs financiers dans le respect des principes ISR. Signataire des Principes d’investissement responsable de l’ONU, l’ERAFP a adopté, en mars 2006, une Charte ISR, reposant sur les cinq valeurs suivantes : État de droit et droits de l’Homme ; Progrès social ; Démocratie sociale ; Environnement ; Bonne gouvernance et transparence. L’ERAFP est également l’un des plus importants fonds de pension publics au monde en termes d’affiliés avec près de 4,5 millions de bénéficiaires, 44000 employeurs et près de 2 milliards d’euros de cotisations collectées en 2022. Régime de retraite obligatoire, par points, l’Établissement gère, depuis le 1er janvier 2005, les droits à une retraite additionnelle pour les fonctionnaires de l’État, des collectivités territoriales et du secteur public hospitalier.

Taux d’intérêt, croissance et soutenabilité de la dette publique

La trajectoire de la dette publique en pourcentage du PIB est influencée par l’accumulation des soldes publics primaires annuels et par l’écart entre les taux d’intérêt et les taux de croissance. Historiquement, en France et dans les grands pays avancés, cet écart a connu des fluctuations importantes, alternant entre des périodes de positivité et de négativité sur le long terme. L’analyse des conditions qui ont permis de réduire les ratios de dette par le passé révèle qu’un écart négatif, en l’absence d’un excédent primaire, ne suffit généralement pas.

La soutenabilité de la dette publique dépend de sa trajectoire à long terme. Celle-ci dépend à son tour des politiques budgétaires (c’est à dire de l’accumulation des soldes primaires annuels), et de l’écart entre le taux d’intérêt (r) et le taux de croissance de l’activité (g).

À solde primaire nul, le ratio de dette en pourcentage du PIB augmente si le taux d’intérêt est supérieur au taux de croissance (r–g>0) et diminue dans le cas contraire. En cas de déficit primaire, l’effet est plus ambigu : un écart r–g positif accélère la hausse du ratio de dette, tandis qu’un écart négatif permet de contenir cette hausse, voire dans certains cas de faire baisser le ratio de dette.

Pour la France comme dans les grands pays avancés, l’écart entre taux d’intérêt et taux de croissance a été très volatil et positif pendant de longues périodes (cf. Graphique). Depuis la fin des années 1990, l’écart entre taux d’intérêt et taux de croissance a baissé pour des raisons structurelles, notamment l’excès d’épargne mondiale qui abaisse les taux d’intérêt sans risque, jusqu’à devenir négatif durant la dernière décennie.

Mesuré avec les taux d’emprunt nominaux, l’écart pourrait redevenir positif dans certaines économies avancées dès 2023-2024, compte tenu des aléas baissiers affectant la croissance et de la forte remontée des taux. Mesuré avec le taux apparent, c’est-à-dire le coût moyen de la dette, l’écart devrait rester négatif à moyen terme.

L’impossibilité de prévoir les valeurs futures de l’écart entre taux d’intérêt et taux de croissance invite à la prudence dans l’utilisation de l’écart observé comme indicateur pour la politique budgétaire. De plus, un écart négatif entre taux d’intérêt et de croissance ne suffit pas en général à maîtriser la dette publique en présence d’un déficit primaire.

Enfin, historiquement le lien n’est pas univoque, car l’écart entre taux d’intérêt et taux de croissance est lui-même influencé par le ratio de dette : plus le ratio augmente, plus r–g augmente aussi.

L’étude complète Trésor-Éco n°334 ⬇️

90% de la capitalisation boursière européenne se prépare en vue des normes environnementales

Avec l’obligation de publication d’informations en matière de durabilité qui entrera en vigueur l’année prochaine en Europe, avant de s’étendre au reste du monde, les entreprises ont divulgué leurs données environnementales en nombre record. Cette année, plus de 23 000 entreprises d’une valeur de 67 000 milliards de dollars américains ont communiqué leurs données par l’intermédiaire du CDP, y compris celles qui ont répondu aux demandes formulées par plus de 740 institutions financières dans le monde.

  • Des entreprises cotées en bourse représentant environ 89 % de la capitalisation boursière européenne ont divulgué leurs données environnementales par l’intermédiaire du CDP en 2023.
  • Les entreprises européennes représentent un quart des plus de 23 000 entreprises mondiales qui ont divulgué leurs données environnementales par l’intermédiaire du CDP cette année.
  • La divulgation de données en France a augmenté de 17 % en 2023 (contre 26 % en moyenne en Europe), figurant ainsi dans le top 10 mondial des entreprises qui divulguent le plus leurs données, au moment où elles se préparent à l’entrée en vigueur de la directive européenne sur les rapports de durabilité.
  • Seulement 1 % des entreprises rendent compte de leur impact total sur le climat et la nature.
  • Les données environnementales sont essentielles pour suivre les progrès de l’accord de Paris, avec un premier bilan mondial prévu lors de la COP28.

Parmi les entreprises divulguant leurs informations environnementales, plus de 5 600 d’entre elles sont européennes, y compris des sociétés cotées en bourse représentant environ 89 % de la capitalisation boursière du continent. Cela représente une augmentation annuelle de 26 % du nombre d’entreprises européennes qui publient leurs informations environnementales, ce qui est supérieur à l’augmentation mondiale de 24 %. Interparfums, Groupe ADP (Aéroports de Paris) et Swatch Group font partie des entreprises publiant leurs données environnementales par l’intermédiaire du CDP pour la première fois cette année.

La France, l’Allemagne et l’Italie se classent dans le top 10 mondial des pays ayant le plus grand nombre d’entreprises publiant leurs informations en 2023. Tous les pays d’Europe ont connu une augmentation du nombre d’entreprises publiant leurs informations, avec des hausses considérables allant des Pays-Bas, de la Norvège et du Danemark à la Pologne et au Portugal.

Alors que l’Europe enregistre un réchauffement climatique deux fois plus rapide que la moyenne mondiale et que le monde est en passe de connaître l’année la plus chaude jamais enregistrée, les entreprises ont un rôle crucial à jouer pour limiter le changement climatique et la dégradation de la biodiversité afin de créer une économie et une planète durables.

La préservation de la nature joue un rôle essentiel dans la régulation du climat et les objectifs “zéro émission” ne peuvent être atteints sans elle. Dans les domaines clés de la préservation des ressources en eau et de la déforestation, la divulgation de données par les entreprises européennes a augmenté de 29 % et 13 % respectivement, contre 27 % pour le climat.

Toutefois, seul 1 % des entreprises publiant leurs informations ont divulgué dans ces trois domaines, tant en Europe qu’à l’échelle mondiale. La transparence en matière de climat et d’environnement permet aux entreprises de se mobiliser et aux institutions financières d’évaluer pleinement les risques et les opportunités de leurs portefeuilles et de leurs clients, comme le souligne la future directive européenne sur les rapports de durabilité des entreprises (CSRD).

S’appliquant à plus de 50 000 entreprises opérant dans l’UE et entrant en vigueur à partir de 2024, le CSRD exigera des entreprises qu’elles rendent compte de leur impact environnemental, sur la base des ambitieuses normes européennes de reporting sur le développement durable (ESRS). Elles devront également montrer comment elles fixent des objectifs et transforment leur activité pour limiter le changement climatique.

Les entreprises qui publient leurs données par l’intermédiaire du CDP montrent qu’elles sont prêtes à fournir certaines des informations essentielles exigées par ces normes et par une réglementation supplémentaire sur les produits qui n’ont pas engendré de déforestation.

La divulgation d’informations environnementales concerne également plus de 130 villes, États et régions d’Europe, ainsi que 1 100 autres dans le monde, allant de Berlin à Barcelone, d’Austin à Auckland ainsi que de régions telles que l’Amérique latine avec près de 90 % de l’Amazonie brésilienne divulguant des informations au CDP. CDP-ICLEI Track, la première plateforme mondiale de reporting sur le climat pour les villes, et la plateforme de divulgation du CDP pour les États et les régions restent ouvertes pour la divulgation d’informations pour 2023.

Maxfield Weiss, directeur exécutif du CDP Europe, a déclaré : “Les entreprises jouent un rôle crucial pour établir les mesures à prendre dans le but de prévenir les pires effets du changement climatique et de la dégradation de l’environnement. Pour gérer leur impact sur l’environnement, elles doivent le mesurer, ce qui sera obligatoire pour de nombreuses entreprises de l’UE à partir de l’année prochaine. Avec plus de 23 000 entreprises qui publient aujourd’hui des informations environnementales à l’échelle mondiale par l’intermédiaire du CDP, ces organisations ont franchi une première étape essentielle pour préparer l’avenir de leurs activités, de notre économie et de notre planète“.

Alors que les obligations d’information se multiplient dans le monde et dans l’Union européenne, le CDP s’engage à s’aligner sur les nouveaux cadres et les normes et réglementations nouvelles et à venir, afin d’aider les entreprises à y répondre, de réduire la charge de travail liée à la divulgation et de veiller à ce que les investisseurs et les régulateurs aient accès aux données dont ils ont besoin, quelles que soient leurs régions et leurs exigences réglementaires.

Déjà aligné sur les recommandations de la TCFD, le questionnaire 2024 du CDP intégrera la norme de divulgation sur le climat de l’ISSB (IFRS S2) et, à partir de l’année prochaine, commencera également à refléter le cadre de la TNFD, encourageant ainsi davantage d’entreprises à rendre compte des questions liées au climat et à la protection de la nature. Le CDP s’est également engagé à tenir compte de l’ESRS dans son système de divulgation et dans les règles de divulgation sur l’impact climatique à venir de la Securities and Exchange Commission des États-Unis.

“Même si il semble que la remise en cause est faite par les différents acteurs dont la commission Européenne, cela fait plaisir que près de 90% des grandes capi se préparent et continue de se préparer” nous exprime Bruno Boggiani – Strateggyz – Green Finance

Sherry Madera, présidente-directrice générale du CDP, a déclaré : “Le CDP est conscient de son rôle unique et de la responsabilité qui lui incombe en tant que moteur de la collecte de données environnementales primaires auprès des organisations depuis plus de 20 ans. Alors que la demande d’accès aux données sur le développement durable devient de plus en plus régulière et complexe à gérer pour les organisations, grandes et petites, nous disposons de l’expertise nécessaire pour les préparer à répondre aux besoins de leurs parties prenantes. C’est pourquoi en 2024, nous faciliterons et accélérerons la divulgation et l’accès aux données, grâce à un nouveau cadre sur une nouvelle plateforme technologique améliorée. Ces améliorations permettront au CDP de continuer à repousser les limites en matière de reporting environnemental et d’aider les dirigeants d’organisations à avoir un impact sur leur entreprise et sur la planète.

À propos du CDP

Le CDP est une organisation internationale à but non lucratif qui gère le système mondial de divulgation d’informations environnementales pour les entreprises, les villes, les États et les régions. Fondé en 2000 et travaillant avec plus de 740 institutions financières représentant plus de 130 000 milliards de dollars d’actifs, le CDP a été le premier à utiliser les marchés de capitaux et les marchés publics pour inciter les entreprises à divulguer leurs impacts environnementaux et à réduire les émissions de gaz à effet de serre, à sauvegarder les ressources en eau et à protéger les forêts. En 2023, plus de 25 000 organisations dans le mondeont divulgué des données par l’intermédiaire du CDP, dont plus de 23 000 entreprises – y compris des sociétés cotées en bourse représentant les deux tiers de la capitalisation boursière mondiale – et plus de 1 100 villes, États et régions. Entièrement conforme à la TCFD, le CDP détient la plus grande base de données environnementales au monde, et les scores du CDP sont largement utilisés pour orienter les décisions d’investissement et d’approvisionnement vers une économie à zéro émission de carbone, durable et résiliente.

Le CDP est un membre fondateur de l’initiative Science Based Targets, de la We Mean Business Coalition, de The Investor Agenda et de l’initiative Net Zero Asset Managers.