Emmaüs Connect mobilise pour l’inclusion numérique : la 5ᵉ édition des Journées Engagées

Emmaüs Connect

Du 8 au 16 octobre 2025, Emmaüs Connect organise la cinquième édition de ses « Journées Engagées ». Un rendez-vous devenu incontournable pour mobiliser de nouveaux bénévoles partout en France. Le thème choisi cette année, « Besoin d’IA de toi ! », rappelle avec humour mais gravité que si l’intelligence artificielle transforme nos usages, rien ne peut remplacer l’accompagnement humain. Car derrière chaque outil numérique se cachent des millions de personnes encore exclues, faute d’équipement, de connexion ou de compétences.

Une fracture numérique aggravée par l’essor de l’intelligence artificielle

En France, près de 16 millions de personnes restent éloignées des usages numériques. Or, dans un monde où la dématérialisation s’accélère et où l’IA devient omniprésente, cette fracture se creuse davantage. Soins médicaux, recherche d’emploi, démarches administratives, logement ou éducation : sans maîtrise des outils numériques, ces droits fondamentaux deviennent inaccessibles.

Emmaüs Connect tire la sonnette d’alarme : l’IA, si prometteuse soit-elle, ne peut être un levier d’inclusion sans accompagnement humain. L’association rappelle que ce sont avant tout l’écoute, la patience et la solidarité des bénévoles qui permettent à des centaines de milliers de personnes de franchir le pas vers le numérique.

Les Journées Engagées : découvrir, rencontrer, s’impliquer

Du 8 au 16 octobre, dans 12 villes en France, Emmaüs Connect ouvre les portes de ses espaces pour inviter toutes celles et ceux qui souhaitent agir à découvrir ses missions. Ces journées proposent :

  • des ateliers pratiques pour mieux comprendre le rôle des bénévoles,
  • des rencontres avec les équipes déjà engagées,
  • des temps conviviaux pour créer du lien et échanger.

Le calendrier est riche : Lyon et Strasbourg le 8 octobre, Lille, Roubaix, Reims et Paris 20ᵉ le 10, Paris 2ᵉ le 13, Marseille le 14, Créteil, Grenoble, Ris-Orangis et Saint-Denis le 15, puis Bordeaux et Paris 13ᵉ le 16. L’inscription est obligatoire via le site de l’association.

Des missions bénévoles adaptées aux grands défis numériques

Devenir bénévole chez Emmaüs Connect, ce n’est pas seulement donner du temps, c’est aussi participer à un véritable projet de société. Les missions sont variées :

  • accompagner les bénéficiaires dans leurs premiers pas numériques,
  • proposer des solutions d’équipement ou de connexion à prix solidaire,
  • animer des ateliers d’initiation,
  • contribuer au reconditionnement de matériel,
  • participer à la création de supports pédagogiques.

Grâce à cet engagement collectif, Emmaüs Connect se distingue comme l’une des rares associations capables d’agir sur les trois piliers de l’inclusion numérique : l’accès à l’équipement, la connexion et l’apprentissage.

Une communauté multigénérationnelle unie par la solidarité

Avec plus de 1 300 bénévoles actifs, Emmaüs Connect rassemble des profils très diversifiés. Étudiants, actifs, jeunes retraités ou seniors, tous partagent la même envie : lutter contre l’isolement numérique. La diversité des âges en témoigne : 14 % des bénévoles ont entre 18 et 25 ans, 16 % entre 36 et 45 ans, et plus de 12 % sont âgés de 66 à 75 ans.

Cette pluralité est une force, car elle reflète la société dans son ensemble et démontre que chacun, quel que soit son parcours, peut jouer un rôle dans la réduction de la fracture numérique.

Une mobilisation nationale soutenue par JeVeuxAider.gouv.fr

La campagne des Journées Engagées bénéficie du soutien de JeVeuxAider.gouv.fr, la plateforme publique du bénévolat proposée par la Réserve Civique. Accessible à toutes les personnes de plus de 16 ans, elle met en relation des citoyens volontaires avec des associations et institutions en quête de soutien.

Cette coopération traduit une ambition commune : bâtir une société plus inclusive, où personne ne reste en marge face aux transformations numériques.

Emmaüs Connect : plus de dix ans de lutte contre l’exclusion numérique

Depuis 2013, Emmaüs Connect agit partout en France pour réduire les inégalités d’accès au numérique. Dans ses espaces solidaires et en partenariat avec des structures sociales locales, l’association a déjà accompagné plus de 210 000 personnes en difficulté et formé 17 000 professionnels de l’action sociale.

Au-delà de l’aide directe, Emmaüs Connect soutient également plus de 600 structures de solidarité dans la mise en œuvre d’initiatives d’inclusion numérique. Avec une présence dans 18 territoires, l’association incarne un modèle d’action concret et durable, où la technologie est mise au service de l’humain, et non l’inverse.

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Asterion Ventures renforce son pari sur la Deeptech avec l’arrivée d’Alexandre Sauvage

Alexandre Sauvage

L’écosystème de l’innovation européenne vient de franchir une nouvelle étape. Asterion Ventures, fonds de capital-risque spécialisé dans l’accompagnement des startups Deeptech dès leurs premiers pas, accueille Alexandre Sauvage comme nouveau Partner. Une nomination qui illustre la volonté d’Asterion de jouer un rôle clé dans l’industrialisation et l’internationalisation des technologies de rupture. À un moment où l’Europe cherche plus que jamais à asseoir sa souveraineté technologique et énergétique.

Un entrepreneur chevronné au parcours exemplaire

Avec plus de vingt-cinq années d’expérience à la croisée de l’entrepreneuriat. De la direction stratégique et du conseil en innovation, Alexandre Sauvage s’impose comme un profil rare. Sa carrière illustre parfaitement la trajectoire que beaucoup de startups Deeptech aspirent à suivre. Partir d’un projet de recherche audacieux, transformer l’idée en un produit industrialisé, puis conquérir les marchés internationaux.

Il est notamment connu pour avoir cofondé et dirigé Leosphere, entreprise pionnière dans l’utilisation du LiDAR atmosphérique. Sous sa gouvernance, la société est passée de zéro employé à une équipe de 170 personnes avant son acquisition en 2018 par le groupe finlandais Vaisala, coté au Nasdaq Helsinki. L’aventure lui a permis d’expérimenter toutes les phases critiques du cycle entrepreneurial. Levées de fonds, hypercroissance, restructurations, opérations de fusion-acquisition et intégration dans une multinationale.

De 2018 à 2023, il poursuit son aventure au sein de Vaisala en tant que VP Growth Business. Là, il a piloté une business unit dédiée aux solutions météorologiques appliquées aux énergies renouvelables. Aux smart cities, à la qualité de l’air et au maritime, autant de secteurs stratégiques pour la transition écologique.

Une mission claire : franchir le « mur de l’usine »

En rejoignant Asterion Ventures, Alexandre Sauvage apporte une expertise décisive. Accompagner les startups dans cette phase critique qui consiste à passer du prototype. Ou pilote à un produit industriel capable d’être déployé à grande échelle.

« Mon objectif est d’aider les équipes Deeptech à transformer leurs innovations en solutions concrètes, industrialisées et exportables », explique-t-il. Concrètement, cela signifie qu’il rejoindra les conseils d’administration de plusieurs jeunes pousses soutenues par Asterion pour les guider sur des sujets aussi variés que la stratégie industrielle, l’internationalisation ou le passage à l’échelle.

Asterion Ventures : une vision européenne de la Deeptech

La nomination d’Alexandre Sauvage s’inscrit dans la continuité de l’ambition d’Asterion. Soutenir des scale-ups industrielles européennes capables de rivaliser à l’international. Alors que l’Europe cherche à sécuriser ses chaînes de valeur technologiques et énergétiques. Asterion mise sur un capital patient et engagé, encore trop rare sur le Vieux Continent.

Déjà présent à Paris et Amsterdam, le fonds revendique près de 60 millions d’euros investis dans une trentaine de startups en pré-amorçage et amorçage. Parmi elles, plusieurs ont franchi le cap des séries A et B avec des fonds de premier plan, et un premier succès d’exit est déjà à signaler.

Son modèle repose sur une communauté de plus de 800 entrepreneurs et dirigeants qui, au-delà d’investir comme business angels, mettent à disposition leur expérience, leurs réseaux et leurs convictions pour accélérer la réussite des fondateurs. Des startups comme Weefin, Ever Dye ou Spark Cleantech en sont déjà les bénéficiaires.

Et maintenant… place au défi Green 2025

Chez Green Finance, nous félicitons chaleureusement Alexandre Sauvage pour cette prise de fonction stratégique. Mais vous nous connaissez : nous aimons aussi les défis. Avant de l’élever tout en haut de notre podium, nous avons envie de le voir à l’œuvre face aux grands enjeux de demain.

Car oui, cher Alexandre, vos rivaux pour décrocher le titre Green 2025 sont déjà dans les starting-blocks. Ils aiguisent leurs arguments et comptent bien défendre leurs visions pour une industrie européenne plus verte et plus compétitive. La compétition promet d’être stimulante, et nous espérons que vous êtes prêt à jouer le jeu… avec le sourire, bien entendu.

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SAGE : une nouvelle plateforme pour révolutionner la collecte et l’analyse des données

SAGE

SAGE : le suivi rigoureux des émissions de gaz à effet de serre est aujourd’hui au cœur des stratégies climatiques mondiales. Pour accompagner les pays dans leur effort de transparence et de conformité avec les standards internationaux. Le Greenhouse Gas Management Institute a développé une plateforme innovante : SAGE (Sectoral Activity data for Greenhouse gas Emissions calculations). Cet outil numérique, pensé comme une solution intégrée pour la collecte. L’organisation et l’analyse des données d’activité sectorielles, vient répondre à une difficulté majeure. Transformer des données brutes et éparses en informations fiables pour les systèmes de Mesure, Reporting et Vérification (MRV).

Alors que la transition écologique exige une précision croissante dans le suivi des engagements nationaux et sectoriels. SAGE se positionne comme une infrastructure essentielle, capable de combler les lacunes de données. D’harmoniser les méthodologies et de renforcer la transparence auprès des instances internationales comme l’ONU ou l’IPCC.

Une plateforme conçue pour répondre aux défis de la transparence climatique

SAGE ne se limite pas à un simple outil de saisie. Il s’agit d’une véritable architecture logicielle pensée pour répondre aux standards du système international de suivi des émissions. Compatible avec les exigences de l’UNFCCC (Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques) et de l’ETF (Enhanced Transparency Framework). SAGE applique les méthodologies du GIEC (IPCC), assurant ainsi une cohérence avec les normes utilisées dans les inventaires nationaux.

L’un des atouts majeurs de la plateforme réside dans sa capacité à constituer des séries temporelles robustes de données d’activité. Ces séries sont indispensables pour calculer les émissions de manière cohérente et suivre leur évolution dans le temps. Contrairement aux approches fragmentées encore largement utilisées, SAGE intègre les métadonnées dès la saisie. Garantissant une meilleure traçabilité et une exploitation plus efficace des informations collectées.

En somme, SAGE vise à combler une double lacune : le manque de données homogènes et la difficulté pour de nombreux pays de mettre en place des systèmes MRV fiables.

L’architecture de SAGE : une combinaison d’ingénierie et de science des données

Au cœur de la plateforme se trouve une architecture modulaire. Articulée autour de trois piliers : la configuration, la collecte des données et l’analyse. L’ensemble repose sur une base de données robuste. Soutenue par une couche de scripts et un serveur web qui assurent la fluidité des échanges et la gestion sécurisée des informations.

Le module de configuration constitue la première étape incontournable. Il permet de définir les paramètres structurels qui encadreront la collecte des données. Unités de mesure, catégories sectorielles, types de technologies ou encore paramètres spécifiques liés à chaque activité. Ces tables de configuration sont conçues pour être relativement stables dans le temps, tout en reflétant les réalités nationales. Elles doivent être établies en amont, idéalement par des experts techniques. Et régulièrement révisées afin de tenir compte des évolutions sectorielles ou réglementaires.

Une fois ces fondations posées, la plateforme facilite la création et la gestion des collections de données d’activité (AD Collections). Celles-ci sont organisées par année et par catégorie sectorielle. Permettant une saisie manuelle ou une importation automatisée via des fichiers Excel. Cette flexibilité est essentielle pour intégrer aussi bien des données collectées sur le terrain que des séries issues de bases statistiques nationales.

Enfin, le troisième pilier est celui de l’analyse. SAGE offre des outils permettant de transformer les données collectées en indicateurs exploitables. Qu’il s’agisse d’établir des tendances historiques, d’identifier des écarts ou de compléter des séries incomplètes.

La puissance des tables de configuration

Les tables de configuration jouent un rôle central dans le fonctionnement de SAGE. Elles définissent un cadre cohérent pour la collecte et l’utilisation des données. En évitant les incohérences qui surviennent lorsqu’on combine différentes sources d’information.

Ces tables contiennent à la fois des valeurs qualitatives (comme les types de technologies ou les systèmes de gestion du fumier en agriculture). Et quantitatives (par exemple les facteurs de conversion ou les valeurs par défaut liées à certaines activités). Elles sont classées en deux grandes catégories : les tables générales. Applicables à l’ensemble des secteurs, et les tables sectorielles, adaptées aux spécificités de domaines comme l’énergie, les déchets ou l’agriculture.

Un exemple concret illustre leur importance : dans le secteur des déchets, la distinction entre déchets secs. Et déchets humides conditionne les paramètres de calcul des émissions de CO₂. De même, dans l’agriculture, des informations comme le poids moyen des animaux. Ou le nombre de jours de vie par an influencent directement les calculs d’émissions liées à la fermentation entérique ou à la gestion des déjections.

En standardisant ces paramètres, SAGE permet d’assurer une comparabilité entre pays et secteurs. Tout en offrant une flexibilité suffisante pour s’adapter aux contextes nationaux.

Les collections de données : la colonne vertébrale du système

Une fois les paramètres établis, la collecte de données devient le cœur opérationnel de SAGE. Chaque année est représentée par une « collection », qui regroupe les données d’activité pour les différentes catégories sectorielles. L’utilisateur peut créer de nouvelles collections, les éditer, importer des données préexistantes ou compléter manuellement les informations manquantes.

Dans le secteur des déchets, par exemple, une collection peut inclure des informations sur la quantité incinérée. La teneur en carbone fossile, le facteur d’oxydation et les hypothèses retenues sur la base humide ou sèche des déchets. En agriculture, les collections rassemblent des données aussi variées que le nombre de têtes de bétail. Leur masse moyenne, les régimes alimentaires ou encore les systèmes de gestion du fumier utilisés.

La logique de SAGE repose sur la répétition systématique de ce processus année après année. Garantissant la construction d’un historique fiable. Cet aspect est fondamental pour mesurer les progrès réalisés et ajuster les politiques climatiques.

Des outils analytiques pour transformer les données en connaissances

L’un des apports majeurs de SAGE est sa capacité à dépasser la simple collecte pour offrir une analyse intégrée des données. La plateforme propose différents modules d’analyse, dont l’étude des tendances historiques, permettant de visualiser l’évolution des émissions sur plusieurs années.

Ainsi, l’outil permet également d’identifier les lacunes dans les séries de données. En recherchant automatiquement les « data gaps », SAGE aide les utilisateurs à détecter les incohérences ou les absences d’informations. Une fois les manques identifiés, différentes méthodes de comblement peuvent être appliquées, allant de l’utilisation de valeurs par défaut à des interpolations statistiques.

Cette fonctionnalité est particulièrement cruciale dans les pays en développement, où la disponibilité et la qualité des données peuvent être limitées. En offrant un cadre rigoureux pour combler ces lacunes, SAGE renforce la crédibilité des inventaires soumis aux instances internationales.

Un déploiement flexible et accessible

Le Greenhouse Gas Management Institute a conçu SAGE pour être largement accessible. Plusieurs modalités de déploiement sont prévues : un accès temporaire gratuit à une version de test, permettant aux équipes nationales de se familiariser avec l’outil, et une version complète distribuée sous forme de package d’installation. Dans les deux cas, le processus est accompagné d’un support technique, incluant des guides utilisateurs et des manuels détaillés.

De ce fait, ce choix de déploiement reflète la volonté de démocratiser l’accès à un outil robuste, en particulier pour les pays disposant de ressources limitées pour développer leurs propres systèmes MRV.

Des cas d’usage concrets : agriculture et gestion des déchets

Pour illustrer son fonctionnement, SAGE a été testé dans plusieurs secteurs pilotes, notamment les déchets et l’agriculture. Dans le premier, l’accent est mis sur la précision des paramètres liés à l’incinération et aux fractions de carbone fossile. Dans le second, la complexité vient du nombre important de paramètres nécessaires pour décrire la diversité des pratiques d’élevage et de gestion du fumier.

Ces cas pratiques montrent que la valeur ajoutée de SAGE réside autant dans la rigueur scientifique que dans la facilité d’utilisation. En intégrant des tables de configuration adaptées et en permettant une saisie progressive des données, l’outil facilite la production de séries cohérentes et exploitables.

Un outil au service des engagements climatiques mondiaux

Au-delà de son aspect technique, SAGE répond à une nécessité politique et stratégique. Les pays signataires de l’Accord de Paris doivent soumettre régulièrement des rapports de transparence, incluant des inventaires d’émissions détaillés et comparables. La crédibilité de ces rapports dépend de la qualité des données sous-jacentes, et c’est précisément ce que SAGE ambitionne de garantir.

En favorisant la standardisation des approches tout en laissant place aux spécificités nationales, la plateforme constitue un levier pour renforcer la confiance entre pays et améliorer l’efficacité des mécanismes internationaux de suivi.

Conclusion : vers une nouvelle génération de systèmes MRV

Avec SAGE, le Greenhouse Gas Management Institute propose bien plus qu’un outil informatique : il met à disposition une méthodologie complète, pensée pour répondre aux enjeux de rigueur scientifique et de transparence internationale.

Dans un contexte où la pression pour réduire les émissions s’intensifie et où chaque pays doit démontrer sa contribution à l’effort mondial, la capacité à disposer de données fiables, comparables et vérifiables devient une condition incontournable. SAGE s’inscrit pleinement dans cette dynamique et pourrait bien devenir, dans les prochaines années, un standard incontournable pour les systèmes MRV.

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CSRD : les entreprises franchissent un cap décisif dans leur reporting de durabilité

CSRD

CSRD : l’année 2025 marque un moment charnière pour la transparence extra-financière en Europe. Pour la première fois, les grandes entreprises de plus de 500 salariés publient leurs états de durabilité en conformité avec la directive CSRD et les normes ESRS. Le 15ᵉ baromètre RSE de Forvis Mazars met en lumière les avancées considérables, mais aussi les défis que représente ce nouveau cadre réglementaire exigeant.

Une bascule vers une transparence accrue

En quelques mois, le paysage a profondément évolué. Alors qu’en 2024 beaucoup d’entreprises se limitaient encore à la DPEF, 2025 marque l’entrée en vigueur massive des nouvelles obligations européennes. Désormais, les publications incluent systématiquement des informations détaillées sur les émissions de gaz à effet de serre, la chaîne de valeur ou encore les enjeux sociaux.
Ces rapports, d’une densité inédite, ne se contentent plus d’être des outils de communication : ils deviennent de véritables documents de référence, conçus pour être analysés par les experts, les investisseurs et les régulateurs. L’adoption quasi généralisée du protocole GHG (99 % des entreprises) en est une preuve tangible.

Une lecture sectorielle révélatrice

L’édition 2025 du baromètre innove en privilégiant une analyse par secteur. Cette approche permet de mieux cerner la diversité des défis rencontrés par les filières. En moyenne, les entreprises étudiées ont identifié 46 impacts, risques et opportunités matériels, avec de forts écarts selon les secteurs.
L’énergie et la chimie sont confrontées à la complexité des substances préoccupantes, tandis que l’automobile voit émerger un enjeu inédit : les microplastiques issus de l’usure des pneus. Dans la banque et l’assurance, la cybersécurité et la transparence financière gagnent en importance, alors que le numérique doit composer avec un risque élevé autour de la protection des données. Cette diversité confirme la pertinence de la double matérialité, cœur de la CSRD.

Objectifs climatiques et plans de transition : entre ambition et réalité

L’une des principales avancées concerne la mise en perspective des trajectoires climatiques. Si 96 % des entreprises affichent désormais des objectifs de réduction, seules 60 % alignent leurs ambitions avec les Accords de Paris, et à peine un tiers publient un véritable plan de transition conforme aux exigences de la directive.
Le constat est clair : la transparence progresse, mais l’intégration opérationnelle reste encore limitée. Par ailleurs, le thème de l’adaptation au changement climatique fait son apparition, bien que timidement. Si 44 % des entreprises évaluent leurs risques physiques sur leur périmètre direct, aucune n’a encore publié une politique d’adaptation complète.

Les premiers enseignements sociaux

La CSRD introduit également de nouveaux indicateurs sociaux, parmi lesquels l’égalité salariale et le ratio d’équité. Le baromètre révèle un écart moyen de 15 % entre les rémunérations des femmes et des hommes, signe que l’enjeu reste majeur.
Le ratio d’équité, mesurant l’écart entre la rémunération la plus élevée et la médiane, met en évidence une disparité impressionnante : de 4,78 à plus de 600 selon les entreprises. Ces différences reflètent des méthodologies encore hétérogènes, notamment sur la prise en compte des variables de rémunération.

Une réglementation exigeante mais structurante

L’adoption de la CSRD s’accompagne d’une charge réglementaire importante. Les entreprises ont dû composer avec un calendrier serré et un cadre complexe, dans un contexte européen marqué par les débats autour du « paquet Omnibus » et de la directive « Stop the Clock ».
Malgré ces contraintes, la directive a atteint son objectif central : fournir une information comparable, utile et vérifiable. Les premiers contrôles confirment la qualité des rapports publiés, même si des observations persistent, notamment sur les normes ESRS relatives aux émissions de gaz à effet de serre et aux enjeux sociaux.

Vers une nouvelle étape : transformer la conformité en action

Comme le souligne Edwige Rey, Associée et Responsable RSE & Développement Durable chez Forvis Mazars, le véritable défi commence maintenant. Les entreprises ont démontré leur capacité à se conformer à une réglementation complexe. Il leur reste désormais à transformer ces obligations en leviers concrets de transition et d’adaptation, pour passer de la transparence à l’action.

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APEX Digital et Generis Capital Partners : un partenariat stratégique

APEX Digital

Le secteur de la prothèse dentaire en France connaît une transformation majeure grâce à l’arrivée de nouveaux investisseurs et au déploiement des technologies numériques. APEX Digital, jeune groupe de laboratoires innovants, s’associe à Generis Capital Partners pour accélérer sa croissance et se positionner comme un acteur de référence dans la prothèse dentaire numérique. Ce partenariat permet de combiner expertise technique, financement structuré et ambitions stratégiques pour redessiner le paysage de la dentisterie française.

Un investissement structurant pour soutenir la croissance

APEX Digital vient de finaliser un financement de 6,5 millions d’euros, réunissant une levée de fonds auprès de Generis Capital Partners et une dette structurée orchestrée avec le CIC. Cette opération, menée après un processus concurrentiel supervisé par BDO, constitue un tournant pour le groupe, offrant les moyens financiers nécessaires pour accélérer le développement organique et les opérations de croissance externe. L’objectif est clair : densifier la présence du groupe sur le territoire national tout en renforçant ses capacités de production et ses innovations technologiques.

Une stratégie de développement ambitieuse

Le plan de croissance d’APEX Digital repose sur une combinaison d’expansion interne et de build-up ciblés. Le groupe dispose déjà de deux laboratoires opérationnels en Bretagne et en Normandie et envisage de multiplier les implantations pour couvrir l’ensemble du territoire français. Parallèlement, plusieurs opportunités de croissance externe ont été identifiées et devraient se concrétiser d’ici la fin de l’année 2025. Cette stratégie vise à créer une plateforme nationale capable de consolider le marché de la prothèse dentaire numérique et de devenir un partenaire incontournable des chirurgiens-dentistes.

L’innovation au cœur de l’expertise d’APEX Digital

Depuis sa création en 2021, APEX Digital mise sur les technologies numériques pour offrir des solutions de prothèses dentaires fiables et de haute qualité. L’entreprise investit continuellement dans ses outils de conception et de fabrication, ainsi que dans le développement des compétences de ses équipes. L’approche d’APEX Digital combine fiabilité, rapidité et excellence technique, permettant aux chirurgiens-dentistes de simplifier leurs pratiques et d’améliorer l’expérience de leurs patients. Cette orientation technologique positionne le groupe comme un acteur moteur de la transformation numérique du secteur.

Generis Capital Partners : un partenaire stratégique pour l’expansion

Fondé en 2008 par Thibaut de Roux, Generis Capital Partners est une société de gestion indépendante spécialisée dans l’accompagnement de la croissance des PME en France et à l’international. Avec 200 millions d’euros sous gestion et 25 participations en portefeuille, Generis Capital Partners apporte non seulement un soutien financier, mais également un réseau étendu d’experts, d’investisseurs institutionnels et d’industriels. Son approche responsable et entrepreneuriale permet de soutenir des projets innovants tout en favorisant un impact social positif.

Une ambition partagée pour transformer le marché

Les fondateurs d’APEX Digital et Generis Capital Partners partagent une vision commune : faire de la prothèse dentaire numérique un secteur moderne, compétitif et centré sur la qualité et l’innovation. Selon Vincent Fauconnier, président et co-fondateur d’APEX Digital, l’objectif est de soutenir les praticiens dans le développement de leurs activités prothétiques grâce à un service fiable et technologiquement avancé. Thibaut de Roux, président de Generis Capital Partners, souligne que cette collaboration permettra de consolider un secteur en pleine mutation et de renforcer la compétitivité nationale de la filière.

Vers un futur numérique et consolidé

Grâce à ce partenariat, APEX Digital bénéficie des moyens nécessaires pour devenir un acteur majeur de la prothèse dentaire en France, capable de conjuguer innovation technologique, excellence opérationnelle et couverture commerciale nationale. L’entreprise entend ainsi jouer un rôle central dans la transformation numérique de la dentisterie, tout en promouvant le savoir-faire français et en améliorant la qualité des soins pour les patients à travers le pays.

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Finance climatique : les banques multilatérales de développement franchissent un record

Banques intelligentes

En 2024, les banques multilatérales de développement (BMD) ont porté leur financement climatique à un niveau inédit, atteignant 137 milliards de dollars. Avec une attention particulière pour les économies à revenu faible et intermédiaire. Cette dynamique s’inscrit dans une volonté globale de renforcer la transition énergétique. D’accélérer l’adaptation au changement climatique et de soutenir le développement durable dans le monde entier. Le rôle des BMD se confirme comme central pour mobiliser des investissements publics et privés. Et soutenir la réalisation des objectifs de développement durable.

Une progression majeure du financement climatique mondial

Le rapport 2024 des BMD met en lumière une hausse de 10 % de leur financement climatique par rapport à l’année précédente. Tandis que le financement destiné aux pays à revenu faible et intermédiaire a progressé de 14 %, atteignant plus de 85 milliards de dollars. Cette augmentation reflète l’engagement accru des institutions multilatérales pour orienter leurs ressources vers les pays les plus vulnérables. Afin de soutenir des projets d’atténuation des émissions et d’adaptation au changement climatique. Parallèlement, le financement privé mobilisé grâce aux initiatives des BMD a bondi de 33 %, atteignant 134 milliards de dollars. Démontrant l’effet de levier significatif des investissements publics pour attirer des capitaux privés vers des projets durables.

Soutenir les pays à revenu faible et intermédiaire

La majorité du financement climatique des BMD est destinée aux économies les plus exposées aux impacts climatiques. En 2024, sur les 85,1 milliards de dollars alloués. 69 % ont été consacrés à l’atténuation des changements climatiques et 31 % à l’adaptation. Cette stratégie vise à renforcer la résilience des infrastructures. Des systèmes énergétiques et agricoles dans des régions où les besoins sont les plus pressants. Les BMD contribuent ainsi à combler l’écart de financement climatique et à favoriser des trajectoires de développement durable qui alignent croissance économique et protection de l’environnement.

L’efficacité des financements dans les pays à revenu élevé

Si les économies à revenu faible et intermédiaire représentent la majeure partie des financements. Les pays à revenu élevé bénéficient également d’investissements significatifs, totalisant 51,5 milliards de dollars en 2024. La grande majorité de ces fonds (90 %) est dédiée à des projets d’atténuation. Tels que le développement des énergies renouvelables et la transition énergétique des villes. Tandis que 10 % sont consacrés à des initiatives d’adaptation. Le financement privé mobilisé dans ces pays a atteint 101 milliards de dollars, soulignant l’importance de l’investissement combiné public-privé pour accélérer la transition énergétique à l’échelle globale.

Le rôle central de la Banque européenne d’investissement

La Banque européenne d’investissement (BEI) se distingue par son engagement significatif, ayant injecté 43 milliards de dollars de financement climatique dans les pays à revenu élevé et 4,5 milliards dans les pays à revenu faible et intermédiaire via sa filiale spécialisée EIB Global. Elle a également mobilisé 84,3 milliards de dollars de financements privés. Ces actions s’inscrivent dans une stratégie plus large de la BEI pour soutenir la transition énergétique, la compétitivité industrielle et la sécurité environnementale en Europe et au-delà, tout en stimulant l’innovation et la digitalisation des infrastructures vertes.

Transparence et suivi des financements climatiques

Pour renforcer la transparence et l’accessibilité des données, les BMD développent un portail numérique qui permettra aux parties prenantes de suivre en temps réel les financements climatiques et d’évaluer les progrès collectifs vers les objectifs fixés. Ce dispositif, présenté lors de la COP30 à Belém au Brésil, facilitera la planification des projets, le suivi des engagements et l’évaluation de l’impact environnemental des investissements. Il s’inscrit dans une volonté de coordination renforcée entre institutions et de visibilité accrue sur l’usage des fonds climatiques.

Des engagements ambitieux pour l’avenir

Lors de la COP29 à Bakou, les BMD ont réaffirmé leur objectif de fournir 120 milliards de dollars par an d’ici 2030 pour les pays à revenu faible et intermédiaire, dont 42 milliards pour l’adaptation, et de mobiliser 65 milliards supplémentaires du secteur privé. Pour les pays à revenu élevé, l’objectif est fixé à 50 milliards par an, incluant 7 milliards pour l’adaptation, avec une mobilisation additionnelle de 65 milliards de financements privés. Ces engagements illustrent la volonté des BMD de soutenir la transition énergétique mondiale et de renforcer la résilience climatique des économies à tous les niveaux de revenu.

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L’Union européenne lance un plan massif pour booster l’efficacité énergétique des PME

efficacité énergétique des PME

Face à la flambée des prix de l’énergie et aux ambitions climatiques de l’Union européenne, plus de 350 000 petites et moyennes entreprises (PME) à travers l’Europe vont bénéficier d’un soutien inédit pour améliorer leur efficacité énergétique. Portée par le Groupe Banque européenne d’investissement (BEI) et soutenue par la Commission européenne, cette initiative de 17,5 milliards d’euros vise à aider les entreprises à réduire leurs coûts énergétiques, renforcer leur compétitivité et accélérer la transition vers une économie neutre en carbone.

Une mobilisation financière sans précédent pour les PME européennes

Le programme de financement de 17,5 milliards d’euros représente presque le double de l’appui actuellement disponible pour la période 2025-2027. Son objectif est de soutenir les PME dans leurs démarches de décarbonisation et d’amélioration énergétique, en combinant instruments financiers classiques et innovants, tels que les prêts et les prises de participation. Selon les estimations, cette initiative devrait mobiliser plus de 65 milliards d’euros d’investissements totaux d’ici 2027, comblant ainsi un déficit de financement longtemps observé dans le secteur de l’efficacité énergétique en Europe. En simplifiant l’accès aux financements et en concentrant les ressources sur des projets à fort impact, le plan entend stimuler la modernisation énergétique des entreprises tout en renforçant leur résilience économique.

L’efficacité énergétique comme levier de compétitivité

Les PME européennes investissent historiquement moins dans l’efficacité énergétique que les grandes entreprises, malgré leur rôle central dans l’économie du continent. Le président du Groupe BEI, Nadia Calviño, souligne que soutenir ces entreprises dans leurs économies d’énergie constitue un levier crucial pour renforcer la compétitivité européenne. L’accès facilité à des financements adaptés permet de réduire les coûts opérationnels tout en améliorant la performance environnementale, un double bénéfice pour l’économie et le climat. La Commission européenne accompagne cette démarche en garantissant des fonds et en proposant des services de conseil via les programmes InvestEU et LIFE Clean Energy Transition, renforçant ainsi l’efficacité de l’action publique.

Une approche innovante : l’énergie comme service

Pour faciliter l’adoption de solutions énergétiques, le Groupe BEI s’associe à la Solar Impulse Foundation pour promouvoir un modèle novateur appelé « servitisation » ou énergie comme service. Ce concept consiste à ce que les entreprises ne paient pas pour les équipements eux-mêmes, mais pour l’énergie qu’ils fournissent, tandis que le prestataire conserve la propriété et assure le bon fonctionnement. Cette approche supprime les coûts initiaux, accélère la mise en œuvre et favorise la diffusion de technologies économes en énergie. Bertrand Piccard, président de la Solar Impulse Foundation, insiste sur le potentiel de cette méthode : chaque kilowatt-heure économisé se traduit par des économies financières et des réductions d’émissions, transformant l’efficacité énergétique en avantage économique concret pour les PME.

Simplifier l’accès et lever les obstacles

Afin de rendre la transition énergétique plus fluide, l’initiative introduit un « guichet unique » pour les PME, centralisant toutes les offres de financement intermédiaires du Groupe BEI. Les plateformes d’investissement dédiées travailleront avec des partenaires privés pour accroître la base d’investisseurs et canaliser davantage de capitaux vers l’écosystème européen de l’efficacité énergétique. Parallèlement, un groupe de travail spécifique sous l’égide de la European Energy Efficiency Financing Coalition a été lancé pour identifier les obstacles à l’investissement et proposer des solutions adaptées aux besoins des PME et entreprises de taille intermédiaire.

Une stratégie alignée sur le Green Deal et la compétitivité européenne

L’ensemble de ces mesures s’inscrit dans la stratégie plus large de l’Union européenne visant à renforcer sa compétitivité industrielle tout en atteignant ses objectifs climatiques. En mobilisant des financements publics et privés à grande échelle, en introduisant des solutions innovantes et en facilitant l’accès aux ressources, l’Europe vise à créer un écosystème durable où les PME deviennent des acteurs moteurs de la transition énergétique. Au-delà de l’impact économique immédiat, ce programme pourrait contribuer à positionner l’Europe comme leader mondial de l’efficacité énergétique et de la décarbonisation industrielle.

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Italie : entre performances visibles et stagnation économique durable

stagnation économique

L’économie italienne semble afficher des signes de reprise, mais derrière des indicateurs superficiellement rassurants, la situation réelle reste préoccupante. Si le marché du travail et les finances publiques montrent des résultats encourageants, la croissance économique peine à s’affirmer durablement. La stagnation de la productivité, la faiblesse de la demande intérieure et les incertitudes liées au commerce international freinent le rebond du pays après la crise sanitaire.

Une croissance en berne malgré des apparences positives

Au deuxième trimestre 2025, le produit intérieur brut (PIB) italien a enregistré un recul de 0,1 % par rapport au trimestre précédent, marquant la première contraction depuis deux ans. Cette situation reflète la fragilité de la reprise italienne, qui n’a retrouvé son niveau pré-2008 qu’à la fin de l’année 2024. Plusieurs facteurs expliquent ce ralentissement : la demande extérieure s’essouffle, pénalisée par la faiblesse économique de ses principaux partenaires et les tensions géopolitiques. Les exportations de biens ont ainsi diminué de 2,2 %, après un sursaut ponctuel lié à l’anticipation de droits de douane américains. Parallèlement, la consommation des ménages reste atone, freinée par un moral fragile et un pouvoir d’achat qui ne parvient pas à se redresser pleinement malgré une inflation stabilisée.

L’investissement : levier stratégique mais fragile

Le principal moteur de croissance demeure l’investissement, soutenu par les fonds européens du plan Next Generation EU (NGEU). L’Italie est le premier bénéficiaire en valeur absolue, ayant déjà reçu 122 milliards d’euros, soit 63 % des ressources qui lui ont été attribuées, bien au-dessus de la moyenne européenne de 49 %. Ces fonds sont orientés vers des réformes structurelles et des projets à long terme, incluant la transition écologique, la transformation numérique et la cohésion sociale. Si leur impact pourrait être significatif à moyen et long terme, il reste encore à concrétiser ces investissements pour transformer l’élan financier en croissance durable et tangible.

Un marché du travail en apparence florissant

Les chiffres de l’emploi donnent l’illusion d’une dynamique solide : le taux de chômage est tombé à 6 %, et le taux d’emploi a atteint 62,8 %. Cependant, une analyse plus fine révèle des déséquilibres structurels. La création d’emplois se concentre surtout dans les secteurs à faible productivité, tels que la construction, le commerce ou l’hôtellerie, et bénéficie principalement aux travailleurs de plus de 50 ans. Cette configuration entraîne un recul de la productivité par tête, limitant ainsi la capacité de l’économie italienne à générer une croissance soutenue et qualitative.

Finances publiques : des résultats encourageants mais limités

Sur le plan budgétaire, l’Italie a réduit son déficit de moitié en 2024, le ramenant à 3,4 % du PIB grâce à la discipline fiscale et à la diminution du « Superbonus », dispositif d’incitation à la rénovation énergétique des logements. Cette amélioration a rassuré les marchés et permis de contenir les taux d’emprunt souverains. Toutefois, la dette publique reste élevée et la marge de manœuvre pour de nouvelles politiques fiscales est restreinte. La faible croissance potentielle du pays complique la tâche pour maintenir cette trajectoire budgétaire stable.

Perspectives : un rebond incertain

Malgré des signaux positifs ponctuels, l’Italie reste confrontée à des défis structurels qui freinent sa croissance. La stagnation de la demande intérieure, la pression sur le commerce extérieur et la lenteur à transformer les investissements en productivité durable soulignent les limites d’un rebond superficiel. Comme le note Laurine Pividal, économiste pour l’Europe du Sud chez Coface : « L’Italie a été au cœur de la reprise post-pandémie en Europe, mais son économie retombe dans ses travers : la demande intérieure stagne, le commerce extérieur est sous pression et le pays peine à transformer l’élan temporaire en croissance durable ».

L’économie italienne est donc à un tournant : les indicateurs récents montrent des points positifs, mais sans réformes structurelles profondes et un soutien à la productivité, la croissance pourrait rester fragile et irrégulière dans les années à venir.

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Économie mondiale à l’automne 2025 : un contexte commercial tendu et des perspectives contrastées

Économie mondiale

L’automne 2025 se caractérise par un environnement économique mondial marqué par l’incertitude commerciale et des dynamiques de croissance divergentes entre les grandes économies. Les mesures protectionnistes américaines, combinées à des ajustements monétaires et budgétaires dans plusieurs pays, pèsent sur le commerce international et la consommation. Malgré des signes de soutien en zone euro et dans certains pays émergents, la croissance globale reste inférieure aux niveaux pré-pandémiques et expose l’économie mondiale à des risques principalement orientés à la baisse.

Une croissance de l’économie mondiale modérée face aux tensions commerciales

La croissance mondiale est attendue à +3,0 % en 2025, légèrement inférieure aux prévisions du printemps, avant de ralentir à +2,9 % en 2026. Ce ralentissement reflète principalement l’impact des droits de douane américains et des contre-mesures adoptées par leurs partenaires. Le commerce international, moteur essentiel de l’économie globale, est particulièrement affecté, avec une progression limitée à +2,1 % en 2025 et +2,3 % en 2026, bien en dessous de sa moyenne historique de 2,8 % sur la période 2015-2019. Ce ralentissement du commerce est accentué par la contraction des importations en Chine et en Inde, malgré une légère reprise des achats des économies avancées au premier semestre 2025.

Dynamiques contrastées dans les économies avancées

Aux États-Unis, l’activité économique ralentit fortement, avec une croissance projetée à +1,6 % en 2025 et +1,5 % en 2026. La consommation des ménages est particulièrement freinée par les effets anti-redistributifs de la loi fiscale « One Big Beautiful Bill Act » (OBBBA) et par le renchérissement des biens importés. L’investissement privé souffre de l’incertitude économique et de conditions financières restrictives, tandis que le commerce extérieur reste atone. En revanche, certains segments comme la recherche et développement, notamment dans l’intelligence artificielle, continuent de soutenir partiellement l’activité.

En zone euro, la croissance est plus soutenue, portée par la baisse de l’inflation qui stimule la consommation et par la diffusion progressive de la détente monétaire. L’Allemagne connaît une quasi-stagnation en 2025 (+0,2 %), pénalisée par les retards dans la mise en œuvre de la relance budgétaire, avant un redressement attendu à +0,9 % en 2026. L’Italie progresse faiblement (+0,6 % en 2025), soutenue par le Plan national de relance et de résilience (PNRR) et la transmission de la baisse des taux d’intérêt. L’Espagne maintient une dynamique relativement élevée (+2,8 % en 2025), portée par la consommation privée, l’investissement et le tourisme, tandis que le Royaume-Uni bénéficie d’une politique budgétaire expansionniste qui stabilise la croissance à +1,2 %.

Un ralentissement marqué dans les grandes économies émergentes

Les grandes économies émergentes connaissent un ralentissement général. La Chine, après un premier semestre dynamique, voit sa croissance décélérer à +4,7 % en 2025 et à +4,0 % en 2026, freinée par les droits de douane américains et des vulnérabilités structurelles persistantes. En Inde, l’activité ralentit à +6,3 % en 2025 puis à +6,2 % en 2026, impactée par la hausse des droits de douane et un endettement croissant des ménages. Le Brésil progresse plus modérément (+2,1 % en 2025, +1,8 % en 2026) sous l’effet d’un resserrement monétaire et de la dégradation de la demande extérieure. La Turquie, confrontée à une inflation élevée et à des taux directeurs encore restrictifs, voit sa croissance se stabiliser autour de +3,0 % en 2025 et +3,4 % en 2026.

Hypothèses économie mondiale : droits de douane et politiques monétaires

Le scénario d’automne 2025 repose sur une hausse significative des droits de douane américains, avec un taux effectif moyen porté à +16 points, contre +4,5 points au printemps. Les mesures sectorielles et bilatérales touchent particulièrement l’automobile, l’acier, l’aluminium, la Chine, le Mexique et le Canada. La plupart des grandes économies avancées poursuivent un assouplissement monétaire, à l’exception de la Fed qui maintient ses taux inchangés, bien que des baisses soient anticipées fin 2025 et en 2026. Les pays émergents suivent également un assouplissement monétaire progressif, à l’exception du Brésil qui continue son resserrement pour contenir l’inflation.

France : des effets modérés mais sensibles

Pour la France, dont les échanges sont davantage concentrés sur l’Europe que sur les États-Unis, la demande adressée progresse à +2,5 % en 2025 puis +2,1 % en 2026, légèrement révisée à la baisse par rapport au printemps. Les droits de douane américains entraînent un impact limité sur le PIB (-0,1 % en 2025, -0,4 % en 2026), tandis que l’investissement et la consommation restent modérément soutenus par les politiques monétaires et la résilience du marché intérieur. L’appréciation de l’euro face au dollar constitue un frein supplémentaire à la compétitivité.

Des risques économiques orientés à la baisse

Le principal aléa réside dans les tensions commerciales persistantes, avec la menace de nouveaux droits de douane américains. À cela s’ajoutent des risques géopolitiques, notamment liés au conflit en Ukraine, et l’impact croissant des événements climatiques extrêmes sur les économies émergentes. Sur le plan financier, l’attaque répétée de l’administration Trump contre la Fed fragilise l’indépendance monétaire et la crédibilité du dollar, accentuant l’incertitude sur les marchés.

Dans ce contexte, l’économie mondiale apparaît fragile, avec des disparités fortes entre régions et secteurs, et une sensibilité accrue aux politiques commerciales et monétaires. La vigilance reste de mise pour les entreprises et les décideurs publics, face à un horizon marqué par des tensions persistantes et des ajustements structurels nécessaires pour soutenir la croissance à long terme.

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AXA Climate et le MAR Fund : un engagement durable pour la protection du récif mésoaméricain

récif mésoaméricain

Le récif mésoaméricain, l’un des plus grands et précieux écosystèmes coralliens du monde, fait face à des menaces croissantes liées au changement climatique. Afin de renforcer sa résilience et de protéger les millions de personnes qui en dépendent. AXA Climate renouvelle pour la cinquième année consécutive son partenariat avec le Mesoamerican Reef Fund (MAR Fund) dans le cadre du Programme d’Assurance du Récif Mésoaméricain. Ce dispositif innovant, soutenu par l’InsuResilience Solutions Fund (ISF), combine assurance paramétrique. Financement rapide et action locale pour restaurer et protéger les récifs après les catastrophes naturelles.

Un écosystème stratégique pour la région MAR

Le récif mésoaméricain s’étend sur près de 1 000 kilomètres. Longeant les côtes du Mexique, du Belize, du Guatemala et du Honduras. Il constitue une véritable barrière naturelle. Offrant une protection contre les tempêtes et les ouragans tout en soutenant l’économie locale à travers la pêche et le tourisme. Selon les évaluations, le récif génère annuellement plus de 450 milliards de dollars de services écosystémiques. Et assure la sécurité et le bien-être de plus de cinq millions d’habitants.

Le Programme d’Assurance du Récif, au cœur de l’initiative Reef Rescue. Repose sur des mécanismes paramétriques capables de déclencher rapidement des financements après le passage d’un ouragan. Ces fonds permettent de restaurer les écosystèmes coralliens. Et de renforcer les capacités des communautés locales pour intervenir efficacement dans l’urgence.

Des interventions concrètes et rapides

L’efficacité de ce programme a été démontrée dès 2022 lors de l’ouragan Lisa. Les vitesses de vent ayant atteint 70 nœuds ont déclenché le premier paiement d’assurance pour la réserve marine nationale de Turneffe Atoll au Belize. En moins de deux semaines, les fonds ont été versés au MAR Fund, puis transmis à l’association locale TASA. Grâce à cette mobilisation rapide, près de 200 fragments coralliens ont pu être stabilisés en seulement quinze jours. Illustrant l’impact immédiat de ce mécanisme innovant.

Depuis sa création, le programme a étendu sa couverture de 4 à 11 sites protégés. Avec le soutien financier de l’ISF et l’appui de partenaires tels que l’Ocean Risk and Resilience Action Alliance (ORRAA) et le Climate Innovation Accelerator (AFCIA/UNDP). La Wildlife Conservation Society (WCS) a renforcé les capacités sur deux sites du sud du Belize. Tandis que Willis a veillé à positionner le produit de manière compétitive sur les marchés internationaux.

Assurance paramétrique : un outil innovant face aux risques climatiques

L’assurance paramétrique permet de débloquer des financements rapidement, dès que des seuils définis de vent ou de vagues sont atteints. Cette approche offre une réponse immédiate pour restaurer les récifs coralliens et limiter les impacts économiques et sociaux des catastrophes. Antoine Denoix, PDG d’AXA Climate, souligne que ce dispositif allie science. Assurance et action locale pour protéger des écosystèmes vitaux tout en renforçant la résilience des communautés riveraines.

Juanita Blanco, directrice chez Willis, précise que ce modèle innovant démontre comment le financement des risques peut soutenir à la fois la conservation et le développement économique local,. Tout en faisant face aux effets croissants du changement climatique. Dr Annette Detken de l’ISF ajoute que ce programme constitue un exemple de solution fondée sur la nature pour protéger les populations vulnérables et les trésors naturels uniques de la région.

Un partenariat durable pour l’avenir du récif

Le MAR Fund, en partenariat avec AXA Climate et l’ISF, joue un rôle central dans la viabilité écologique et économique du récif mésoaméricain. Par le biais du Fonds d’urgence et du Programme d’Assurance du MAR, il garantit que les financements sont immédiatement disponibles après un sinistre et que les organisations locales peuvent déployer des brigades de réponse efficaces.

Cette initiative montre également l’importance de la coopération régionale. En réunissant assureurs, ONG et institutions financières, le programme crée un réseau solide capable d’envisager la réplication de ce modèle sur d’autres sites et pour d’autres risques environnementaux.

Conclusion

Le renouvellement de ce partenariat illustre l’importance de solutions innovantes face aux enjeux climatiques. En combinant expertise scientifique, assurance paramétrique et action locale, AXA Climate et le MAR Fund contribuent à la protection durable du récif mésoaméricain, garantissant à la fois la préservation de la biodiversité et la résilience des communautés côtières qui en dépendent.

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