Comprendre l’océan pour mieux le protéger

montée des océans

Comprendre l’océan : vaste étendue bleue couvrant près de 70 % de la surface terrestre, demeure encore trop souvent relégué au second plan des préoccupations environnementales. Pourtant, il joue un rôle essentiel dans la régulation du climat, la production d’oxygène et la préservation de la biodiversité. À l’occasion de l’Année de la Mer, AXA Climate, par l’intermédiaire de sa Climate School, lance le cours en ligne « Océan, profonde urgence ». Ce programme gratuit et accessible à tous vise à combler le déficit de connaissances sur les écosystèmes marins et à favoriser une prise de conscience collective de leur vulnérabilité. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large d’éducation et d’adaptation face aux défis du changement climatique.

Un écosystème immense, mais mal connu

Bien qu’il soit omniprésent sur notre planète, l’océan reste largement méconnu. Son rôle crucial dans la régulation du climat mondial, la captation du dioxyde de carbone ou encore la préservation de la vie sur Terre est rarement pleinement appréhendé. Cette ignorance contribue à l’inaction et au retard dans la mise en œuvre de politiques de protection efficaces. L’océan absorbe chaque année environ un quart des émissions de CO₂ produites par les activités humaines, tout en générant plus de la moitié de l’oxygène que nous respirons. Pourtant, il subit de plein fouet les conséquences de la surpêche, de la pollution plastique, de l’acidification et du réchauffement climatique. Comprendre la fragilité de cet écosystème, c’est donc saisir l’urgence d’agir pour garantir notre propre avenir.

Une réponse pédagogique face à l’urgence

Le cours « Océan, profonde urgence » a été conçu pour rendre la science marine plus accessible à tous les publics. Structuré en plusieurs chapitres thématiques et enrichi de vidéos courtes et de questionnaires interactifs, il propose un parcours progressif pour explorer les mécanismes et les enjeux liés à l’océan. En s’appuyant sur des sources scientifiques rigoureuses, AXA Climate entend fournir aux citoyens, entreprises et institutions les outils nécessaires à une meilleure compréhension des défis marins. Le format digital du programme permet une large diffusion et un apprentissage à son propre rythme, dans une logique d’empowerment collectif face à la crise écologique.

Sensibiliser par l’action collective

Au-delà de la formation individuelle, AXA Climate mise aussi sur la dynamique de groupe pour renforcer l’impact de sa démarche. Le cours sera intégré à l’édition spéciale « Océan » du Challenge Ma Petite Planète, un défi collaboratif organisé du 26 mai au 16 juin 2025, en partenariat avec BLOOM et La Fresque Océane. Ce jeu participatif propose aux équipes de suivre les premiers modules du cours puis de partager leurs connaissances et leurs réflexions avec leurs coéquipiers. L’objectif : ancrer les apprentissages dans l’action et créer un effet boule de neige en matière de sensibilisation. Ce type d’approche, ludique et engageante, montre que la pédagogie environnementale peut aussi être un moteur de lien social et d’intelligence collective.

Un outil au service des décideurs internationaux

La portée du cours ne se limite pas au grand public. Il sera également présenté lors de la Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC) à Nice, du 9 au 13 juin 2025. À cette occasion, le module sera proposé comme ressource éducative aux institutions, collectivités, entreprises et membres de la société civile engagés dans la préservation des milieux marins. Cette reconnaissance internationale témoigne de la crédibilité scientifique du programme, mais aussi de son potentiel en tant qu’outil de pilotage stratégique dans l’élaboration de politiques environnementales durables. En diffusant un socle de connaissances commun, le cours favorise une vision partagée et une meilleure coordination entre les acteurs du changement.

Une stratégie globale d’adaptation fondée sur la connaissance

Le lancement du cours s’inscrit dans une démarche plus large d’AXA Climate, qui combine analyse scientifique, pédagogie et projection des risques pour aider les organisations à s’adapter concrètement aux effets du dérèglement climatique. En accompagnant des secteurs comme l’agroalimentaire, la finance, l’industrie ou le secteur public, la filiale du groupe AXA déploie des formations, des conseils et des outils numériques permettant de modéliser les risques climatiques et de mettre en place des stratégies de résilience spécifiques. La Climate School, qui porte le cours « Océan », est l’un des piliers de cette stratégie d’éducation environnementale transversale.

Apprendre pour mieux agir

Comme le souligne Antoine Poincaré, directeur de la Climate School chez AXA Climate, « l’océan joue un rôle fondamental dans l’équilibre climatique, encore trop peu connu du grand public ». C’est pourquoi la vulgarisation scientifique et l’accessibilité des savoirs sont devenues des leviers essentiels pour une transition écologique réussie. Face à l’urgence climatique, il ne suffit plus d’alerter : il faut outiller, former, responsabiliser. Le cours « Océan, profonde urgence » incarne cette ambition de faire de chaque citoyen un acteur éclairé de la protection des océans. Car c’est bien par la connaissance que commence l’engagement.

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Ortec et la Banque des Territoires investissent 84 M€ pour un réseau de recharge ultra-rapide

Ortec et la Banque des Territoires

Le Groupe Ortec et la Banque des Territoires lancent un investissement de 84 millions d’euros pour déployer plus de 600 stations de recharge ultra-rapide pour véhicules lourds et légers. L’initiative vise à soutenir la mobilité décarbonée en France et à économiser 800 000 tonnes de CO₂ sur trente ans.

Un partenariat stratégique pour accélérer la mobilité propre

Le 22 mai 2025, Ortec et la Banque des Territoires ont annoncé la création d’une société commune pour déployer des stations de recharge ultra-rapide en France. Le capital est réparti entre le Groupe Ortec (51 %) et la Banque des Territoires (49 %). Le réseau portera la marque Oreve.

Plus de 600 stations pour 800 000 tonnes de CO₂ évitées

Ce projet vise à installer plus de 600 points de charge haute puissance pour véhicules légers, utilitaires et poids lourds. Ces infrastructures seront déployées sur les axes stratégiques, en zones d’activité, et sur le réseau autoroutier. L’objectif est d’atteindre 1,7 million de charges annuelles d’ici 2030, soit 90 000 MWh.

Oreve : un réseau né des besoins internes d’Ortec

À l’origine, Ortec développait Oreve pour sa propre flotte de véhicules. Désormais, le groupe en fait un service ouvert à tous. Les stations seront conçues pour offrir des puissances élevées et une recharge adaptée aux usages des professionnels comme des particuliers, avec des standards fiables et accessibles.

La Banque des Territoires mobilisée pour la transition énergétique

Acteur majeur de la transition écologique, la Banque des Territoires a déjà mobilisé plus de 500 M€ en fonds propres et quasi-fonds propres pour soutenir la mobilité décarbonée. Avec ce nouveau projet, elle réaffirme son rôle dans la structuration des filières durables et dans l’accompagnement des territoires vers une cohésion sociale et écologique.

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Intelligence artificielle : construire une gouvernance responsable à l’échelle globale

gouvernance responsable

Gouvernance responsable : l’intelligence artificielle (IA) s’impose aujourd’hui comme un catalyseur de transformation économique, technologique et sociale. Bien qu’elle offre des perspectives de progrès considérables, sa montée en puissance soulève des inquiétudes croissantes en matière d’éthique, de droits fondamentaux et de gouvernance. Dans un monde où la technologie dépasse souvent les cadres juridiques existants, la mise en place de règles robustes et partagées apparaît indispensable pour encadrer l’usage de l’IA. L’Union européenne a ouvert la voie avec l’AI Act, mais les défis restent multiples, notamment en matière d’harmonisation internationale. Cet article propose un éclairage sur les obstacles à l’adoption de l’IA, les avancées réglementaires européennes et les perspectives d’une gouvernance mondiale.

Les obstacles à l’adoption de l’IA : entre potentialités et prudence

L’intelligence artificielle est souvent qualifiée de quatrième révolution industrielle. Pourtant, de nombreuses entreprises européennes, notamment celles de grande taille, peinent encore à intégrer pleinement ces technologies dans leur modèle opérationnel. Selon Eurostat, les principales barrières ne sont pas technologiques mais réglementaires : manque de clarté juridique, crainte d’un usage non conforme ou encore incertitudes sur la responsabilité légale en cas d’erreurs.

Ces réticences s’expliquent par la complexité des enjeux entourant l’IA : atteintes potentielles à la vie privée, discriminations algorithmiques, violations de la propriété intellectuelle, ou encore absence de transparence dans les processus de décision automatisés. C’est ici qu’intervient la notion de gouvernance de l’IA : un ensemble de principes, règles et mécanismes destinés à garantir une utilisation éthique, sécurisée et contrôlée de cette technologie.

L’AI Act : une tentative pionnière de réglementation en Europe

Face à ce vide juridique, l’Union européenne a adopté en juin 2024 le tout premier cadre législatif structuré sur l’intelligence artificielle : l’AI Act. Son ambition est de poser les bases d’une IA éthique, fiable et respectueuse des droits fondamentaux, en classant les systèmes d’IA selon leur niveau de risque (minimal, limité, élevé ou inacceptable) et en imposant des obligations adaptées à chaque catégorie.

Par exemple, dans les domaines sensibles comme le recrutement ou les soins médicaux, les systèmes à « haut risque » doivent respecter des exigences strictes : transparence des algorithmes, traçabilité des décisions, information obligatoire des personnes concernées, et présence d’une supervision humaine. L’objectif est d’éviter que ces technologies ne deviennent des « boîtes noires » incontrôlables.

Cependant, l’AI Act ne fait pas l’unanimité. Pour les partisans de l’innovation libre, il risque de freiner le développement technologique par sa complexité et son coût de mise en conformité. À l’inverse, certains défenseurs des libertés civiles estiment qu’il ne va pas assez loin, pointant sa mise en œuvre progressive (jusqu’en 2030) et ses zones d’ombre.

Les limites d’une réglementation isolée

L’AI Act présente un caractère extraterritorial : il s’applique également aux produits issus d’IA étrangères utilisés dans l’Union. Cela provoque des tensions avec d’autres puissances, notamment les États-Unis, où l’approche actuelle favorise davantage la déréglementation et l’expérimentation rapide. L’administration américaine exerce une pression sur Bruxelles pour qu’elle renonce à certaines initiatives comme le « Code de bonnes pratiques » prévu pour les IA à usage général.

Ce bras de fer met en évidence une réalité incontournable : dans un monde globalisé, aucune législation nationale ou régionale ne peut à elle seule réguler efficacement l’IA. La prolifération de normes divergentes pourrait, à terme, nuire à l’interopérabilité, fragmenter les marchés et ralentir l’innovation. D’où l’intérêt d’une gouvernance internationale concertée.

Le pacte numérique mondial

C’est dans ce contexte qu’est né le Pacte Numérique Mondial, adopté en septembre 2024 par les 193 États membres de l’ONU. Inspiré du Global Compact sur la responsabilité des entreprises, ce texte vise à établir des principes partagés pour un avenir numérique équitable, sécurisé et durable.

Le pacte inclut notamment un volet dédié à l’IA, avec pour objectif de promouvoir une gouvernance inclusive des données, de prévenir les dérives algorithmiques et de garantir que les usages de l’IA servent le bien commun. Bien que non contraignant, il pourrait constituer un socle de valeurs communes sur lesquelles bâtir une réglementation internationale future. Il a aussi le mérite d’instaurer un cadre de dialogue permanent entre les gouvernements, les entreprises technologiques, la société civile et les chercheurs.

Une régulation nécessaire pour éviter la dystopie

Le spectre d’un monde à la Orwell, où la surveillance algorithmique remplace les libertés individuelles, n’est plus une simple fiction. Les technologies de reconnaissance faciale, les systèmes de notation sociale ou les décisions automatisées dans des domaines cruciaux accentuent ce risque.

Loin d’être un frein à l’innovation, la régulation peut au contraire favoriser la confiance dans les technologies et accélérer leur adoption. Pour cela, il est indispensable que les entreprises investissant dans l’IA s’engagent dans une démarche de responsabilité, en intégrant des mécanismes de contrôle robustes et en s’entourant de comités de gouvernance compétents.

L’investissement responsable à l’ère de l’IA

La question de la régulation de l’intelligence artificielle dépasse le cadre technique. Elle s’inscrit dans une vision plus large de la société que nous souhaitons construire. Pour les acteurs économiques, cela signifie que l’investissement responsable ne peut ignorer la façon dont les technologies sont développées et utilisées.

Favoriser une IA éthique, c’est aussi protéger les citoyens, renforcer la cohésion sociale et garantir que le progrès technologique reste au service de l’humain. Un équilibre complexe mais nécessaire, qui repose sur un dialogue constant entre innovation, éthique et gouvernance.

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FMI : une gouvernance à l’épreuve de l’économie mondiale

fmi

La 16e revue des quotes-parts du FMI a acté une augmentation de 50 % sans revoir leur répartition. Face à un désalignement croissant entre gouvernance et poids économique réel des pays membres, la réforme devient urgente. Les négociations autour de la 17e revue, prévues pour 2025, s’annoncent stratégiques.

Un système fondé sur les quotes-parts

La gouvernance du FMI repose sur un système proche d’une logique actionnariale : les quotes-parts définissent la contribution financière des États membres, leurs droits de vote et leur accès aux ressources du Fonds. Elles déterminent aussi l’allocation des droits de tirage spéciaux (DTS), créés en cas de besoin global de liquidité.

Chaque quote-part reflète quatre facteurs : le PIB, l’ouverture de l’économie, la variabilité des flux de capitaux et les réserves de change. Cependant, leur répartition effective s’éloigne de plus en plus de ces fondements théoriques.

Une gouvernance jugée déséquilibrée

Depuis la 14e revue (2010), la répartition des quotes-parts n’a pas été modifiée. Résultat : les États-Unis et le G7 restent surreprésentés, tandis que la Chine et plusieurs pays émergents sont sous-représentés. Selon les calculs du Trésor, la Chine détient 6,4 % des quotes-parts mais devrait théoriquement atteindre 14,1 %.

Cette situation alimente des critiques sur le manque de représentativité du FMI, en particulier de la part des pays émergents et du Sud global. Elle incite également au développement d’alternatives régionales comme la Nouvelle Banque de Développement des BRICS ou la Banque Asiatique d’Investissement dans les Infrastructures.

Une 16e revue sans redistribution mais avec promesses

En décembre 2023, la 16e revue a entériné une augmentation uniforme de 50 % des quotes-parts. Aucun changement de répartition n’a été décidé, faute de consensus, notamment en raison du droit de veto américain. En parallèle, une nouvelle chaise au Conseil d’administration a été créée pour l’Afrique subsaharienne.

Cette réforme vise aussi à renforcer la part des quotes-parts dans les ressources du FMI : celles-ci passeront de 48 % à 70 %, réduisant le poids des mécanismes d’emprunts temporaires (NAB, BBA).

Vers une 17e revue sous haute tension

Prévue pour 2025, la 17e revue devra trancher sur un potentiel réalignement. Deux camps se dessinent :

  • Les États-Unis souhaitent d’abord réviser la formule, avec une plus grande pondération du PIB nominal.
  • La Chine et les grands émergents demandent un réalignement immédiat sur la base de la formule existante.

Plusieurs pistes sont sur la table : intégration d’un critère de population, prise en compte des contributions volontaires ou ajustement du facteur « ouverture économique ». Un compromis semble difficile, d’autant que tout changement majeur nécessite une majorité de 85 % des droits de vote.

Une réforme nécessaire pour la légitimité du FMI

Le déséquilibre actuel fragilise la légitimité du FMI. Le poids croissant des économies émergentes, conjugué à l’essor de nouvelles institutions régionales, rend impératif un ajustement. La réforme pourrait aussi passer par des changements institutionnels, comme l’élargissement du Conseil d’administration ou l’abandon du « gentlemen’s agreement » réservant le poste de directeur général à un Européen

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Mirova : un partenariat au service de l’Afrique

Mirova

Mirova : l’accès à l’électricité reste l’un des plus grands défis pour des millions de personnes en Afrique subsaharienne. Consciente de cette urgence, EDF Renouvelables, à travers sa plateforme « EDF Energy For All », multiplie les initiatives pour étendre l’électrification des zones rurales isolées grâce à des solutions solaires innovantes. Dans cette dynamique, Mirova, société de gestion spécialisée dans l’investissement durable, accorde un prêt de 10 millions de dollars destiné à renforcer ces efforts. Ce soutien s’inscrit dans un objectif clair : offrir à cinq millions de personnes une énergie propre, fiable et abordable d’ici 2030. Cet article explore en profondeur les enjeux, les ambitions et les actions concrètes portées par ce partenariat stratégique.

Mirova : un engagement financier au service de la transition énergétique en Afrique

Le prêt de 10 millions de dollars accordé par Mirova, via son fonds Mirova Gigaton, constitue un levier essentiel pour intensifier les projets hors réseau d’EDF Renouvelables. Ce financement permettra de renforcer les capacités opérationnelles de la plateforme « EDF Energy For All » et de ses filiales locales, qui œuvrent au quotidien pour démocratiser l’accès à l’électricité dans des zones où les réseaux classiques sont inexistants ou défaillants.

L’objectif est ambitieux : connecter deux millions de personnes supplémentaires à l’électricité propre, en complément des trois millions déjà desservis. Cet engagement reflète non seulement une volonté de progrès technologique, mais surtout une dimension humaine, sociale et environnementale forte. En ciblant l’électrification des zones rurales, EDF et Mirova s’attaquent directement à la précarité énergétique, un frein majeur au développement des communautés africaines.

Des solutions adaptées aux besoins locaux : les filiales clés d’EDF sur le terrain

EDF Renouvelables mise sur un réseau de filiales implantées stratégiquement en Afrique pour développer des solutions adaptées aux réalités du terrain. Chacune de ces entreprises agit en fonction des besoins spécifiques des populations locales.

Greeno (Côte d’Ivoire) : L’énergie au service de l’agriculture

Lancée en 2023, Greeno concentre ses efforts sur les petits exploitants agricoles en leur proposant une technologie solaire multifonctionnelle : irrigation, éclairage, recharge de téléphones. L’impact est considérable : augmentation des rendements agricoles jusqu’à 300 % et réduction de la consommation d’eau de 80 %. Greeno vise à améliorer la vie de plus de 25 000 agriculteurs d’ici 2030 en renforçant leur autonomie énergétique et économique.

Kukhanya Energy Services (Afrique du Sud) : L’électrification des zones rurales

Avec plus de 20 ans d’activité, KES a permis à environ 400 000 Sud-Africains d’accéder à une électricité basique grâce à des kits solaires individuels. Ces équipements simples et robustes fournissent assez d’énergie pour alimenter des appareils essentiels comme les téléviseurs, radios et chargeurs de téléphone. Une solution pragmatique et efficace dans un pays encore marqué par de fortes disparités d’accès à l’énergie.

Tevia (Côte d’Ivoire) : Une réponse à la fragilité du réseau national

Bien que la Côte d’Ivoire exporte de l’électricité vers ses voisins, certaines zones rurales restent mal desservies. Tevia propose depuis une décennie des kits solaires adaptés aux ménages et aux petites entreprises, offrant ainsi une alternative fiable et durable au réseau national. Ses solutions contribuent à sécuriser l’accès à l’énergie dans un contexte de croissance économique et démographique rapide.

UpOwa (Cameroun) : L’innovation sociale au cœur du projet

UpOwa cible les ménages et micro-entrepreneurs des zones rurales et périurbaines du Cameroun. L’entreprise développe des produits robustes et performants, conçus pour les environnements difficiles. Sa mission : proposer une énergie propre, sûre et accessible aux populations défavorisées, tout en stimulant le tissu économique local.

BBoxx EDF (Togo) : Une électrification sous impulsion présidentielle

Fruit d’un partenariat entre Bboxx et EDF, cette filiale opère dans le cadre du projet gouvernemental « CIZO ». Elle fournit des systèmes solaires domestiques et des pompes à eau à des milliers de foyers togolais, contribuant ainsi à la transformation structurelle des zones rurales à travers une électrification durable et inclusive.

Une ambition alignée avec les objectifs de développement durable

Ce projet s’inscrit dans le cadre de l’Objectif de Développement Durable n°7 de l’ONU : garantir l’accès de tous à une énergie fiable, durable et moderne. En soutenant EDF, Mirova renforce son engagement en faveur d’un impact positif à la fois environnemental, social et économique.

Selon Xavier Rouland, directeur des activités hors réseau d’EDF Renouvelables, ce financement va permettre d’amplifier l’impact des filiales locales : « Grâce à ce prêt, nous allons pouvoir étendre nos activités et rapprocher cinq millions de personnes supplémentaires d’une électricité décarbonée. » Un projet qui participe à la transition énergétique du continent tout en luttant contre les inégalités d’accès à un service essentiel.

Le rôle stratégique de Mirova et de son approche en financement mixte

Au-delà de l’investissement, Mirova agit comme un partenaire stratégique. Sa division Impact Finance Services (IFS) accompagne la plateforme « EDF Energy For All » dans ses levées de fonds, la structuration de projets, et le conseil stratégique. En combinant performance financière et impact social, Mirova illustre une nouvelle génération de finance durable, proactive et solidaire.

Rim Azirar, responsable adjointe de la transition énergétique sur les marchés émergents chez Mirova, insiste : « Ce projet reflète notre volonté d’accompagner des initiatives qui transforment la vie des communautés locales tout en générant de la valeur pour les investisseurs. »

Le partenariat entre Mirova et EDF Renouvelables

Un partenariat entre Mirova et EDF Renouvelables marque un tournant stratégique pour l’accès à l’énergie en Afrique. En mobilisant des moyens financiers importants et en s’appuyant sur des innovations technologiques adaptées aux réalités locales, ce projet vise une transformation profonde et durable des conditions de vie des populations rurales.

Dans un continent où plus de 600 millions de personnes n’ont toujours pas accès à l’électricité, de telles initiatives ouvrent la voie à une électrification inclusive, décarbonée et résiliente. Elles démontrent que la transition énergétique ne peut être pleinement réussie que si elle s’accompagne d’une transition sociale. C’est dans cette perspective que s’inscrit ce modèle de partenariat, porteur d’espoir et de changement.

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Biodiversité : Ofi Invest AM place l’impact environnemental au cœur de sa stratégie

Ofi Invest AM

Face à l’urgence écologique, Ofi Invest Asset Management renforce son engagement pour la biodiversité. Malgré un contexte réglementaire incertain, la société poursuit ses actions concrètes, de l’engagement actionnarial à la structuration d’outils de mesure. 2025 s’annonce décisive pour transformer les ambitions en résultats durables.

Biodiversité : un enjeu systémique pour l’économie

La perte de biodiversité menace directement nos économies. Espèces en voie d’extinction, dégradation des écosystèmes, pollutions… Ces bouleversements fragilisent l’agriculture, la pêche, les chaînes d’approvisionnement, et augmentent les risques pour la sécurité alimentaire mondiale. Dans ce contexte, la finance durable doit intégrer pleinement ces enjeux pour orienter les flux vers des activités respectueuses de la nature.

Une approche engagée et structurée

Ofi Invest Asset Management s’inscrit depuis plusieurs années dans une logique d’investissement responsable. Selon Valérie Demeure, Directrice Analyse ESG :

« Nous voulons accompagner les investisseurs dans une démarche sincère et exigeante, à la hauteur des enjeux écologiques actuels. »

Entre 2020 et 2022, Ofi Invest AM a mené une campagne d’engagement sur la pollution plastique en partenariat avec Surfrider Foundation Europe. Depuis, la société a rejoint l’association néerlandaise VBDO pour poursuivre ce dialogue.

2024 : un contexte réglementaire complexe

L’année 2024 a été marquée par plusieurs blocages internationaux. La COP16 a échoué à établir des financements concrets, et les négociations sur le traité contre la pollution plastique n’ont pas abouti. De plus, la loi européenne sur la déforestation importée a été repoussée.

Cependant, des avancées ont vu le jour : reconnaissance des savoirs autochtones, identification des zones protégées en haute mer, meilleure articulation entre biodiversité, climat et droits humains.

Vers une finance mieux équipée pour agir

Les investisseurs prennent conscience de leur rôle. Beaucoup souhaitent désormais mesurer l’empreinte biodiversité de leurs portefeuilles. Mais contrairement au climat, il n’existe pas encore d’indicateur universel comme le CO₂.

La réflexion porte donc sur les leviers d’action, en lien avec les pressions identifiées par l’IPBES, l’équivalent du GIEC pour la biodiversité. En France, l’ADEME a publié un guide pour structurer cette démarche et répondre aux exigences de l’article LEC 29.

À l’international, la Taskforce on Nature-related Financial Disclosures (TNFD) pousse les entreprises à évaluer et publier leur exposition aux risques liés à la nature.

2025 : des perspectives à concrétiser

En février 2025, un compromis a été trouvé sur la création d’un mécanisme financier permanent, prévu pour 2030, avec un objectif de 200 milliards de dollars mobilisés chaque année.

L’année 2025 sera également marquée par deux rendez-vous majeurs :

  • La 3e Conférence des Nations Unies sur l’Océan en juin à Nice,
  • La poursuite des négociations sur le traité international contre la pollution plastique, visant un cadre contraignant à l’échelle mondiale.

Ces étapes seront décisives pour ancrer durablement la biodiversité dans les politiques d’investissement responsables.

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Open CEDA : une révolution de l’accès aux données carbone pour un climat plus durable

Open CEDA

Open CEDA : alors que les exigences réglementaires s’intensifient et que les entreprises sont de plus en plus pressées de rendre compte de l’empreinte carbone de l’ensemble de leur chaîne de valeur, l’accès à des données environnementales fiables est devenu un enjeu stratégique. Dans ce contexte, Watershed, leader des solutions de durabilité pour les entreprises, franchit une étape majeure en lançant Open CEDA, une version gratuite et ouverte de sa base de données carbone mondiale. Cette initiative pourrait transformer en profondeur la manière dont les entreprises, les institutions et les ONG abordent la lutte contre le changement climatique.

Open CEDA : une base de données globale pour des décisions locales

CEDA (Comprehensive Environmental Data Archive) est une base de données couvrant 148 pays, 400 secteurs industriels et représentant 95 % du PIB mondial. Ce large périmètre permet de dépasser les limites des bases de données actuelles, souvent centrées sur des marchés spécifiques comme les États-Unis ou l’Europe de l’Ouest.

En offrant une granularité inégalée, Open CEDA permet à chaque organisation d’ajuster ses stratégies en fonction des réalités géographiques et sectorielles. Ce niveau de précision est essentiel pour le scope 3, qui représente l’essentiel des émissions pour de nombreuses entreprises mais reste difficile à quantifier.

Lutter contre la fragmentation des données climatiques

Aujourd’hui, une grande partie des entreprises s’appuie sur des bases de données incomplètes ou obsolètes. En 2023, 75 % des entreprises ayant communiqué leurs données au CDP utilisaient des référentiels limités à un seul pays. Cette situation biaise la vision globale de leur impact environnemental et freine l’action climatique à grande échelle.

Open CEDA comble ce vide en fournissant une base robuste, accessible et internationale. Pour les organisations présentes dans plusieurs régions du monde, cela signifie pouvoir comparer les émissions entre fournisseurs, réaliser des arbitrages éclairés et optimiser les chaînes d’approvisionnement pour réduire les émissions à la source.

Open CEDA : un levier concret pour l’action climatique

Watershed démontre déjà l’impact réel de sa base de données. L’un de ses clients a pu réduire de 30 % les émissions de sa supply chain simplement en choisissant des fournisseurs dans des pays plus sobres, comme le Mexique, le Canada ou l’Italie.

« De meilleures données permettent de prendre de meilleures décisions », rappelle Christian Anderson, cofondateur de Watershed. Cette philosophie est au cœur du projet Open CEDA, qui vise à rendre l’action climatique accessible même aux organisations disposant de ressources limitées.

Une initiative saluée par des partenaires majeurs

Le lancement d’Open CEDA ne passe pas inaperçu. Il est soutenu par des acteurs clés de la durabilité, comme Amazon, le WWF, ou encore le Partnership for Carbon Accounting Financials (PCAF).

Amazon, via son Sustainability Data Initiative, intègre Open CEDA dans son écosystème pour élargir l’accès aux données climatiques. Le WWF, quant à lui, l’utilise déjà pour affiner ses stratégies sectorielles, notamment en analysant l’impact des chaînes d’approvisionnement sur les terres.

Ces soutiens montrent à quel point Open CEDA s’inscrit dans une dynamique de collaboration intersectorielle et de mise à l’échelle des bonnes pratiques environnementales.

Une démocratisation essentielle de l’information climatique

Ce lancement marque un tournant : la fin de la dépendance aux données coûteuses et cloisonnées. Open CEDA devient un outil de démocratisation de l’action climatique, offrant à toutes les parties prenantes — grandes entreprises, PME, ONG, chercheurs, gouvernements — les moyens de s’aligner sur des objectifs scientifiques et des trajectoires de décarbonation crédibles.

En rendant disponible une telle richesse de données, Watershed aligne les moyens avec les ambitions climatiques. Il ne s’agit plus seulement de déclarer des objectifs environnementaux, mais de pouvoir les atteindre avec rigueur, précision et transparence.

À propos de Watershed : catalyseur de la transition écologique des entreprises

Watershed s’impose aujourd’hui comme la plateforme incontournable pour les entreprises soucieuses de leur impact environnemental. Des géants comme Airbnb, Visa, FedEx ou encore Carlyle Group s’appuient sur ses outils pour piloter leurs données ESG, respecter les réglementations telles que la CSRD, et accéder à des marchés carbone rigoureusement sélectionnés.

Avec Open CEDA, Watershed franchit une nouvelle étape : celle de l’engagement ouvert, qui vise à fédérer l’ensemble des acteurs économiques autour de la neutralité carbone.

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Cap sur l’économie bleue : Monaco accueille un forum décisif

économie bleue

Économie bleue : à l’aube de la troisième Conférence des Nations unies sur l’Océan qui se tiendra à Nice du 9 au 13 juin 2025. La Principauté de Monaco organise un événement international clé : le Blue Economy and Finance Forum (BEFF), les 7 et 8 juin 2025. Ce rendez-vous stratégique labellisé « UN Ocean Conference Special Event » réunira les acteurs les plus influents de la planète autour d’un objectif ambitieux. Accélérer la transition vers une économie bleue durable et régénérative en mobilisant des financements concrets. Une étape cruciale pour répondre à l’urgence climatique et restaurer la santé de nos océans.

Un engagement historique de Monaco pour les océans

Depuis des décennies, la Principauté de Monaco, sous l’impulsion de S.A.S. le Prince Albert II. Affirme son leadership environnemental à l’échelle internationale. À travers sa Fondation éponyme et en collaboration avec l’Institut océanographique. Monaco s’engage activement pour la mise en œuvre de l’Objectif de Développement Durable 14 (ODD14). « Conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines ». Ce forum en est une expression concrète.

Combler un déficit de financement alarmant

Les besoins de financement pour atteindre l’ODD14 sont estimés à 175 milliards USD par an. Mais à peine 25 milliards USD sont actuellement mobilisés. Le BEFF vise précisément à combler ce déficit en rassemblant décideurs publics, investisseurs privés. Institutions multilatérales et innovateurs autour de solutions tangibles.

Une plateforme internationale pour impulser l’action

Des discussions de haut niveau… à l’action concrète

Le BEFF se veut bien plus qu’un espace de réflexion. Il s’agit d’un véritable catalyseur de partenariats, d’investissements et d’initiatives concrètes. À travers panels, séances plénières, et “Solution Hubs”, les participants exploreront des projets à fort impact. Allant de la création d’aires marines protégées à la décarbonation du transport maritime.

Innovation et transformation : l’ADN du forum

Un hall d’innovation bleue mettra en lumière les dernières avancées technologiques au service de l’économie bleue. Ce sera l’occasion de démontrer comment les idées discutées peuvent se traduire en solutions opérationnelles. Startups, institutions de recherche et grandes entreprises y présenteront des innovations capables de transformer durablement les usages maritimes.

Un programme structuré autour des priorités globales

La journée d’ouverture s’articulera autour de deux grands axes : la conservation de l’océan et le financement de l’économie bleue. Avec des intervenants de renom comme Christine Lagarde (Présidente de la BCE) et Costas Kadis (Commissaire européen), les échanges mettront en lumière :

  • Des outils financiers pour la conservation marine : initiatives locales, récifs coralliens, crédits biodiversité.
  • Des financements hybrides publics-privés et le rôle du capital-risque dans le développement de nouveaux modèles économiques durables.

En parallèle, sept “Solution Hubs” approfondiront des thématiques ciblées : zones protégées, innovation, aquaculture durable, etc. La journée se conclura par une projection exclusive du film Ocean with David Attenborough.

Dimanche 8 juin : Maritime durable et gouvernance de l’océan

La deuxième journée s’ouvrira sur les enjeux liés au transport maritime et à l’adaptation des infrastructures portuaires. Arsenio Dominguez, Secrétaire général de l’OMI, lancera les débats sur la décarbonation du secteur maritime. Un autre temps fort concernera la gouvernance océanique avec la participation de chefs d’État, institutions internationales et acteurs économiques.

Les allocutions de clôture de dirigeants comme Emmanuel Macron, Rodrigo Chaves Robles et le Prince Albert II viendront marquer l’engagement politique fort pour l’océan.

Un écosystème de partenaires mobilisés

Le BEFF s’inscrit dans une dynamique de coopération internationale avec des partenaires prestigieux : le World Economic Forum, le UN Global Compact, le World Resources Institute, ou encore l’Ocean Risk and Resilience Action Alliance (ORRAA). Cette coalition inédite vise à ancrer durablement la thématique océanique dans les priorités économiques et politiques mondiales.

Un tournant décisif pour l’économie bleue

À quelques jours de l’ouverture de la Conférence des Nations unies sur l’Océan, Monaco offre une scène unique pour penser et financer l’avenir des océans. Le Blue Economy and Finance Forum est un moment de vérité : celui où les paroles doivent se transformer en engagements concrets, en investissements réels et en actions mesurables. Plus qu’un forum, le BEFF est un accélérateur de transition. Et comme le résume parfaitement le Prince Albert II : « Ensemble, nous poserons les bases d’un avenir qui unit le progrès humain à la préservation de la planète. »

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Masdar renforce sa stratégie verte avec une levée d’un milliard de dollars

masdar

Masdar a levé 1 milliard de dollars via une obligation verte sursouscrite 6,6 fois. L’opération financera des projets d’énergies propres, notamment dans les marchés émergents. Avec 2,75 milliards levés depuis 2023, Masdar affirme son leadership en finance durable et sa stratégie ambitieuse de transition énergétique mondiale à grande échelle.

Une nouvelle levée de fonds pour soutenir la croissance mondiale

Masdar poursuit son expansion dans les énergies renouvelables avec une nouvelle opération financière d’envergure. Le groupe basé à Abou Dhabi a levé 1 milliard de dollars via une obligation verte, émise en deux tranches égales de 500 millions de dollars. Les échéances sont fixées à 5 et 10 ans, avec des coupons respectifs de 4,875 % et 5,375 %.

Une demande massive et internationale

L’émission a suscité un vif intérêt sur les marchés. Le carnet d’ordres a atteint 6,6 milliards de dollars, soit une sursouscription 6,6 fois supérieure au montant initial. Cette forte demande confirme la confiance des investisseurs dans la solidité de Masdar et la pertinence de sa vision à long terme.
Au total, 85 % des obligations ont été allouées à des investisseurs internationaux, les 15 % restants revenant à la région MENA.

Une vision tournée vers la transition énergétique mondiale

Les fonds serviront à développer de nouveaux projets d’énergies renouvelables, notamment dans les pays émergents. Le PDG, Mohamed Jameel Al Ramahi, a souligné l’importance de cette émission :

« Cette troisième émission démontre la confiance continue et croissante que la communauté des investisseurs place dans la solidité financière et la vision à long terme de Masdar. Les fonds levés seront essentiels pour que Masdar atteigne les objectifs de capacité de son portefeuille et nous permettront de soutenir la transformation énergétique à travers le monde, en particulier dans les marchés émergents. »

PDG Mohamed Jameel Al Ramahi

PDG Mohamed Jameel Al Ramahi

Un jalon majeur dans la finance verte

Avec cette émission, Masdar porte à 2,75 milliards de dollars le total des obligations vertes levées depuis 2023. Cela renforce sa position comme leader de la finance durable à grande échelle. Cette émission s’aligne sur le cadre actualisé de financement vert de Masdar, qui inclut désormais l’hydrogène vert et le stockage d’énergie.

Le directeur financier Mazin Khan a également salué cette réussite :

« Cette dernière émission d’obligations vertes souligne la confiance écrasante des investisseurs dans notre résilience financière et notre orientation stratégique. Masdar lève des financements durables à l’échelle industrielle pour soutenir de nouveaux projets d’énergie propre, tant au niveau national qu’international. »

Mazin Khan, directeur financier

Mazin Khan, directeur financier

Des conditions de marché favorables

Le prix a été fixé à des niveaux historiquement bas pour Masdar : 80 et 90 points de base au-dessus des bons du Trésor américain. Il s’agit des spreads les plus serrés jamais obtenus par le groupe.

Une solidité financière saluée par les agences de notation

Masdar bénéficie de notations solides : AA- chez Fitch et A1 chez Moody’s. En avril dernier, Moody’s a également confirmé la meilleure note possible (SQS1) pour la qualité du cadre de financement durable de Masdar.

Des partenaires bancaires de premier plan

L’opération a été menée avec le soutien de banques internationales de renom, dont la First Abu Dhabi Bank, JP Morgan, la Banque de Chine et BNP Paribas.

Une ambition assumée à l’échelle industrielle

Masdar ne compte pas s’arrêter là. Début 2025, l’entreprise a obtenu 6 milliards de dollars de financement sans recours pour déployer 11 GW de capacité verte dans 12 projets, répartis sur 9 pays.
À travers ces initiatives, Masdar confirme son ambition de jouer un rôle stratégique dans la transition énergétique mondiale.

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L’eau en danger : vers la fin de l’innocence hydrique

L’eau en danger

L’eau en danger : pendant des décennies, l’accès à l’eau potable a symbolisé une conquête sanitaire et sociale majeure, surtout en France où tourner un robinet garantissait une eau claire, saine et buvable sans crainte. Aujourd’hui, ce geste banal est en train de devenir un acte de défiance. Les scandales liés à la qualité de l’eau, qu’elle soit en bouteille ou issue du réseau public, se multiplient. Pollutions invisibles, présence de substances toxiques, défaillances réglementaires : l’eau que nous consommons n’est plus la source de vie insouciante qu’elle prétendait être. Dans son livre C’est l’eau qu’on assassine, le journaliste Fabrice Nicolino tire la sonnette d’alarme. À travers une enquête rigoureuse, il décrypte un désastre environnemental et sanitaire en cours et en appelle à un sursaut collectif. Voici un éclairage approfondi sur ce que cache désormais l’eau que nous buvons.

Une révolution en péril : de la conquête de l’eau potable à sa contamination généralisée

L’accès généralisé à l’eau potable a constitué, au XXe siècle, un progrès inestimable. Pour des générations entières, il a signifié la fin des maladies hydriques, la démocratisation de l’hygiène et un confort moderne devenu naturel. Fabrice Nicolino souligne que ce progrès, bien réel, est aujourd’hui menacé. Pourquoi ? Parce que la chimie de synthèse, omniprésente dans notre environnement, s’est introduite dans le cycle de l’eau. Des milliers de molécules issues de l’industrie, des pesticides, des produits pharmaceutiques ou encore des cosmétiques se retrouvent dans l’eau que nous buvons.

Pendant un temps, les systèmes de traitement ont pu faire illusion, éliminant une partie de ces substances. Mais désormais, ils sont dépassés. Les infrastructures ne parviennent plus à filtrer efficacement une telle diversité chimique, surtout lorsque les interactions entre molécules sont elles-mêmes mal comprises. Le robinet, autrefois symbole de modernité, devient ainsi la porte d’entrée de cocktails toxiques dont les effets à long terme échappent encore à la science.

Une eau du robinet saturée de poisons invisibles

Qu’y a-t-il vraiment dans notre eau ? Nicolino dresse une liste alarmante : résidus de pesticides, de médicaments, de perturbateurs endocriniens, de microplastiques… La contamination est multiple et sournoise. Les fameux PFAS, surnommés « polluants éternels », en sont un exemple emblématique : ces substances utilisées dans l’industrie sont pratiquement indestructibles et s’accumulent dans l’environnement et le corps humain.

Plus inquiétant encore, de récentes recherches du CNRS ont révélé la présence d’environ un millier de microplastiques par litre d’eau potable. Invisibles à l’œil nu, ces particules traversent les barrières biologiques, s’accumulent dans les tissus, atteignent même le cerveau. Leur toxicité, bien que difficile à quantifier, est indéniable. Il ne s’agit pas d’un risque hypothétique mais d’une exposition quotidienne à des substances dont les effets cumulatifs sont potentiellement désastreux.

Face à cette situation, les autorités ont pris une décision qui suscite la controverse : plutôt que de renforcer la protection de la ressource, elles modifient les normes de potabilité pour éviter d’avoir à déclarer l’eau impropre à la consommation. Autrement dit, on adapte la réglementation à la pollution au lieu de lutter contre cette dernière.

Les eaux en bouteille : l’illusion de la pureté

Et l’eau en bouteille, souvent perçue comme une alternative plus sûre ? Là aussi, la désillusion est totale. Fabrice Nicolino révèle que même les eaux minérales dites naturelles sont désormais touchées par la pollution. En théorie, ces eaux ne peuvent subir aucun traitement : elles doivent jaillir pures de la source. En pratique, plusieurs grandes marques, confrontées à des contaminations bactériennes ou chimiques, ont illégalement recours à des procédés de filtration interdits par la loi française.

L’exemple de Perrier, marque emblématique, illustre cette dérive. En réponse à des analyses révélant la présence de bactéries pathogènes ou de résidus de pesticides, des traitements ont été discrètement mis en place avec la complicité tacite de l’État. Ce contournement réglementaire constitue une fraude grave, puisqu’il transforme une eau « naturelle » en eau techniquement traitée, sans en informer le consommateur.

Plutôt que d’affronter les causes profondes de la pollution — l’usage massif de produits chimiques, l’agriculture intensive, le relâchement réglementaire — les industriels préfèrent masquer les effets, au risque de trahir la confiance du public et de mettre en danger la santé des populations.

Pollution des milieux aquatiques : l’eau de baignade en sursis

La pollution de l’eau ne se limite pas à l’eau potable ou en bouteille. Elle touche également les rivières, les lacs et les zones littorales. Nicolino rapporte une étude scientifique menée entre Hendaye et La Rochelle, révélant que les eaux de baignade sont massivement contaminées par des bactéries résistantes aux antibiotiques. C’est un phénomène peu connu du grand public, mais extrêmement préoccupant : les eaux côtières, fréquentées chaque été par des millions de touristes, peuvent devenir un vecteur de propagation de résistances microbiennes.

La cause de cette pollution est double : les rejets insuffisamment traités des stations d’épuration et l’usage intensif d’antibiotiques en médecine humaine comme en élevage. Le lien avec l’industrie touristique, qui pèse lourdement dans l’économie française, rend le sujet encore plus sensible : peu de responsables veulent alerter sur une situation qui pourrait nuire à cette activité stratégique.

Un appel au sursaut : changer radicalement notre rapport à l’eau

Face à l’ampleur du désastre, Fabrice Nicolino n’en reste pas à la dénonciation. Il plaide pour un sursaut éthique, moral et philosophique. L’eau n’est pas un produit comme un autre. Elle est au cœur de notre biologie, de notre culture, de notre civilisation. Notre cerveau est composé à 80 % d’eau : la polluer, c’est nous abîmer nous-mêmes.

Le journaliste appelle à une prise de conscience radicale : il ne suffit plus de dépolluer. Il faut stopper à la source les causes de la pollution. Cela implique de revoir en profondeur notre modèle agricole, notre dépendance à la chimie industrielle, notre logique de consommation à outrance. Il s’agit, selon Nicolino, de « sacraliser » l’eau, de lui redonner le statut qu’elle mérite : celui d’un bien commun inviolable, à protéger à tout prix.

Conclusion : une crise de civilisation

Le constat de Fabrice Nicolino est sans appel : nous sommes en train de tuer l’eau, et donc de mettre en péril notre avenir collectif. Cette crise de l’eau est bien plus qu’un enjeu environnemental : c’est une crise de civilisation. Elle questionne nos priorités, notre rapport au vivant, nos choix économiques. Alors que les pollutions s’accumulent et que les institutions semblent dépassées, il revient à chaque citoyen, à chaque collectivité, à chaque entreprise, de réinventer un rapport respectueux et lucide à cette ressource vitale.

L’eau qu’on assassine n’est pas seulement un cri d’alerte. C’est un manifeste pour une nouvelle culture de l’eau, faite de respect, de sobriété et de justice. Une culture dont dépend peut-être notre survie.

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