L’argentine face à un tournant radical : le pari économique de Javier Milei

Javier Milei

L’arrivée au pouvoir de Javier Milei en Argentine marque une rupture brutale avec les pratiques économiques traditionnelles du pays. Armé d’un programme ultralibéral, de symboles provocateurs et d’un discours anticonformiste, le nouveau président a engagé une réforme en profondeur de l’économie argentine en trois phases. Portées par un rejet massif de la classe politique en place, ses mesures ont bouleversé le modèle social et institutionnel argentin. Mais derrière les chiffres encourageants, les tensions politiques et sociales restent vives, et l’avenir du pays repose plus que jamais sur un équilibre instable entre rigueur, confiance populaire et perspectives électorales.

Javier Milei : une campagne atypique pour une rupture radicale

Avant même d’accéder à la présidence, Javier Milei s’était imposé comme une figure iconoclaste de la vie politique argentine. Économiste autodidacte, partisan de l’anarcho-capitalisme et chantre de l’« école autrichienne », il a utilisé des symboles chocs pour faire passer ses messages : piñatas en forme de banque centrale, tronçonneuses brandies lors de meetings et alter ego de super-héros libertarien. Son programme prônait notamment la suppression de la banque centrale et la dollarisation totale de l’économie.

Ce positionnement radical a suscité des inquiétudes profondes chez les économistes, mais il a trouvé un écho favorable dans une population exaspérée par des décennies d’inflation, de corruption et de stagnation. En novembre 2023, il remporte une large victoire présidentielle avec près de 56 % des voix, mais son jeune parti, La Libertad Avanza, reste minoritaire au Parlement. Pour mener ses réformes, il devra user de tactique, d’alliances et d’un usage extensif du pouvoir exécutif.

Première phase : Javier Milei et austérité choc et restructuration de l’état

Dès son investiture, Milei met en œuvre une thérapie de choc brutale. En décembre 2023, il dévalue le peso de moitié, supprimant la distorsion entre taux de change officiel et taux parallèle. Les plafonds sur les prix des services, des loyers et de nombreux produits sont levés, provoquant un bond immédiat de l’inflation. Parallèlement, le gouvernement engage une réduction massive des dépenses publiques : suppression de ministères, licenciement de fonctionnaires, abandon des grands travaux, coupes dans les aides sociales et fin des subventions aux services essentiels.

Cette stratégie vise à rétablir l’équilibre budgétaire, objectif atteint dès le premier trimestre 2024, une première depuis plus d’une décennie. L’inflation, bien qu’explosive en décembre 2023 (25,5 %), chute rapidement à 2,2 % en janvier 2025. Mais ces résultats économiques ont un coût social élevé : le taux de pauvreté grimpe jusqu’à 55 % avant de redescendre, et la population subit une forte dégradation du niveau de vie.

Deuxième phase : refondation du cadre monétaire et financier

À partir de juin 2024, Milei engage la deuxième étape de sa réforme : la stabilisation monétaire. Il modifie profondément les mécanismes de politique monétaire en transférant la charge des intérêts bancaires de la banque centrale au Trésor. Ce changement empêche l’émission monétaire inflationniste destinée auparavant à financer ces intérêts, et permet à la banque centrale de relever ses taux de manière crédible sans alimenter l’inflation.

Cette réforme redonne une certaine autonomie à la politique monétaire tout en instaurant un début de confiance auprès des investisseurs. Le cadre budgétaire devient plus cohérent, et les marchés saluent cette démarche avec un relèvement de la note souveraine argentine par Moody’s dès janvier 2025. Cette évolution crée les conditions nécessaires pour ouvrir le marché et intégrer l’Argentine dans l’économie mondiale de manière plus stable.

Troisième phase : ouverture économique et ambition internationale

En avril 2025, Milei enclenche la dernière étape de son programme avec l’ouverture progressive du marché des changes. Le système complexe de taux multiples est remplacé par un taux de change unifié, évoluant dans une fourchette ajustée mensuellement. Les contrôles sur les devises sont allégés, les entreprises peuvent rapatrier leurs bénéfices, et les règles commerciales sont assouplies.

En parallèle, l’Argentine signe un accord avec le FMI et d’autres prêteurs internationaux pour renforcer ses réserves de change, sécuriser la stabilité financière et préparer d’éventuelles turbulences. Le pays joue également un rôle clé dans la finalisation d’un accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, illustrant une volonté de repositionnement stratégique à l’international.

Les effets sociaux d’un changement brutal de Javier Milei

Malgré des indicateurs macroéconomiques encourageants, la population argentine peine à suivre le rythme de ces transformations. La consommation intérieure s’effondre, en particulier dans des secteurs symboliques comme celui de la viande, autrefois pilier de la culture argentine. Les soins de santé deviennent inaccessibles pour une partie de la population, les retraites sont réduites, et les aides sociales disparaissent.

Face aux protestations, le gouvernement réagit avec fermeté. Un protocole controversé accorde des pouvoirs élargis aux forces de l’ordre pour disperser les manifestations. De plus, Milei gouverne souvent par décrets, contournant un Parlement qui lui reste hostile. Ses opposants dénoncent une dérive autoritaire et une mise à mal de l’équilibre démocratique.

Les élections de mi-mandat, un test décisif

Le 26 octobre 2025, les élections législatives de mi-mandat représenteront un moment crucial pour Javier Milei. Si son parti parvient à accroître sa représentation parlementaire, il pourra consolider ses réformes. En revanche, un échec électoral pourrait limiter son pouvoir, ouvrir la voie à une révision de ses prérogatives exécutives, voire enclencher des discussions sur une éventuelle destitution.

Les premiers scrutins locaux donnent des signaux contrastés. À Buenos Aires, la LLA atteint 30 % malgré une abstention record, signe d’une base militante encore active mais d’un soutien populaire en érosion.

Un avenir incertain entre croissance et fractures

L’Argentine entrevoit une embellie économique : les réserves monétaires augmentent, les investisseurs reviennent, et le pays bénéficie du boom énergétique grâce à l’exploitation de Vaca Muerta. Les exportations de pétrole, de gaz, de cuivre et de lithium pourraient transformer durablement les comptes extérieurs. Mais cette perspective dépend d’une condition essentielle : la stabilité politique et sociale.

Si Milei parvient à canaliser les tensions, à préserver les institutions et à faire évoluer son image de chef de guerre économique vers celle d’un bâtisseur durable, il pourrait redéfinir le modèle argentin. Dans le cas contraire, les tensions actuelles pourraient dégénérer en crise politique profonde, réduisant à néant les gains obtenus.

Le pari de Milei est clair : sacrifier le présent pour garantir un futur prospère. Reste à savoir si les Argentins auront la patience – et la capacité – d’attendre.

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L’économie sociale et solidaire à l’honneur en région Paca

région Paca

En région Paca, Provence-Alpes-Côte d’Azur, la vitalité du tissu associatif et l’engagement citoyen se traduisent une nouvelle fois par la reconnaissance d’initiatives locales remarquables. À l’occasion des Prix de l’Inspiration en Économie sociale et solidaire (ESS) 2025. La Fondation Crédit Coopératif met en lumière cinq structures engagées dans des projets concrets. Alliant impact social et environnemental. À travers leurs actions, ces associations incarnent les valeurs d’une société plus juste, solidaire et durable, au plus près des besoins de leur territoire.

Un concours pour valoriser l’innovation sociale locale en région Paca

Les Prix de l’Inspiration en ESS, initiés par la Fondation Crédit Coopératif il y a plus de quarante ans. Visent à soutenir des projets locaux exemplaires portés par des structures relevant de l’économie sociale et solidaire. Chaque année, les candidatures sont examinées sur la base de leur utilité sociale, de leur originalité. Et de leur capacité à répondre aux grands défis contemporains, notamment les Objectifs de développement durable. En 2025, près de 90 candidatures ont été reçues en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, témoignant de la richesse et de la diversité des initiatives locales. Cinq d’entre elles ont été distinguées par les sociétaires du Crédit Coopératif pour leur impact concret sur le terrain.

Cinq lauréats qui incarnent l’esprit de solidarité et de résilience

Les structures lauréates couvrent une pluralité de thématiques sociales et environnementales, répondant aux besoins spécifiques de leurs territoires.

À Bouc-Bel-Air, l’association Des ailes et des Z accompagne des jeunes en grande détresse scolaire et psychologique. À travers un programme mêlant écoute, ateliers créatifs et accompagnement personnalisé, elle leur redonne confiance et perspectives d’avenir.

Marseille, Les Petites Cantines réinventent la convivialité à l’échelle du quartier. Dans un espace ouvert à tous, les habitants peuvent cuisiner. Partager un repas et tisser du lien social, dans un esprit d’inclusion et de sobriété alimentaire.

À Solliès-Pont, l’association PHAR83 a ouvert un café solidaire en centre-ville. Conçu comme un lieu d’insertion pour des jeunes en situation de handicap. Cet espace hybride permet à la fois d’acquérir une expérience professionnelle et de participer activement à la vie locale.

Dans les Alpes-Maritimes, Remontons la Roya s’engage pour la résilience de la vallée de la Roya. Durement touchée par des catastrophes naturelles. En réunissant habitants et associations, le projet favorise l’émergence de solutions collectives et durables à l’échelle locale.

Enfin, à Apt, Zou Vaï propose un tremplin vers l’emploi pour les personnes éloignées du marché du travail. En s’appuyant sur des activités éco-responsables. Jardinage, recyclerie, circuits courts : autant de leviers pour recréer du lien, de la dignité et des perspectives.

Un engagement territorial en région Paca reconnu et amplifié

Pour Stéphane Salord, président du comité régional PACA du Crédit Coopératif. Ces prix sont bien plus qu’une simple récompense. Ils sont un signal fort envoyé à celles et ceux qui font vivre l’ESS au quotidien. Chaque projet primé illustre la capacité de la société civile à inventer de nouvelles formes d’entraide. À répondre localement à des enjeux globaux, et à bâtir une société résiliente. Il souligne aussi que la région PACA se distingue par une forte dynamique associative. Et un engagement croissant en faveur de l’inclusion et de la transition écologique.

Les lauréats régionaux pourront concourir au niveau national, où un projet sera désigné lauréat de l’année. Ce processus participatif permet aux sociétaires du Crédit Coopératif de s’impliquer directement dans la sélection. Renforçant ainsi le lien entre la banque coopérative, ses membres et les acteurs du changement.

La fondation crédit coopératif, pilier de l’innovation sociale depuis plus de 40 ans

Créée par le Crédit Coopératif, la fondation éponyme est la première en France à se consacrer exclusivement au soutien de l’économie sociale et solidaire. Elle intervient à la fois comme un observateur engagé et un acteur de terrain, en finançant des projets qui incarnent une autre façon de faire société. Depuis sa création, plus de 2 000 initiatives ont bénéficié de son appui, dans des domaines variés : insertion, environnement, éducation populaire, culture solidaire ou encore économie circulaire.

À travers les Prix de l’Inspiration en ESS, la fondation affirme sa conviction que la transformation de la société commence localement. Elle accompagne les porteurs de projets avec la volonté de renforcer leur impact, de rendre leur action visible et de susciter des vocations parmi les citoyens, les collectivités et les entreprises.

Une vision partagée d’un avenir plus solidaire

Au-delà des projets eux-mêmes, les Prix de l’Inspiration en ESS rappellent que d’autres modèles économiques sont possibles, fondés sur la coopération, la proximité et le sens. Les lauréats de l’édition 2025 illustrent une volonté collective de répondre aux urgences sociales et climatiques par des solutions ancrées dans le quotidien des territoires. Ce foisonnement d’initiatives montre qu’en misant sur l’humain, sur la créativité citoyenne et sur la solidarité, il est possible de construire une société durable, inclusive et résiliente.

En récompensant ces structures pionnières, la Fondation Crédit Coopératif encourage chacun à croire en la force du collectif et en la pertinence de l’action locale pour transformer en profondeur notre manière de vivre ensemble.

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L’Europe renforce son soutien aux technologies vertes

technologies vertes

Technologies vertes : face à l’urgence climatique et à la nécessité de transformer en profondeur l’industrie européenne, la Commission européenne et la Banque européenne d’investissement (BEI) franchissent une nouvelle étape décisive. En renouvelant leur accord pour l’assistance au développement de projets dans le cadre du Fonds pour l’innovation, les deux institutions consolident leur partenariat stratégique au service de la décarbonation. L’objectif est clair : stimuler l’émergence de technologies propres de rupture, en apportant un soutien technique et financier renforcé aux projets les plus prometteurs sur l’ensemble du continent.

Un nouveau souffle pour l’assistance aux projets innovants

Le dispositif d’assistance au développement de projets, ou PDA (Project Development Assistance), déjà lancé avec succès par la BEI dans le cadre du Fonds pour l’innovation, entre dans une nouvelle phase. Ce programme, qui avait permis d’accompagner 62 projets lors de sa première édition, voit désormais son ambition démultipliée : jusqu’à 250 projets pourront en bénéficier entre 2025 et 2028. Cette montée en puissance traduit la volonté de soutenir dès les premières étapes les initiatives les plus audacieuses en matière de technologies bas carbone, qu’elles soient en phase de préparation ou recalées d’un premier appel à projets du Fonds.

Technologies vertes : une enveloppe budgétaire fortement revalorisée

Pour accompagner cette extension, la Commission européenne a substantiellement augmenté le budget alloué à la BEI dans le cadre du PDA : de 24 millions d’euros précédemment, les moyens passent désormais à 90 millions d’euros. Cette augmentation massive traduit l’importance accordée à l’innovation technologique comme levier essentiel de la neutralité carbone, tout en soulignant l’urgence d’accélérer le déploiement de solutions concrètes dans l’industrie. L’ambition est aussi de permettre à des projets naissants ou peu matures d’atteindre un niveau de développement suffisant pour accéder à des financements européens ou nationaux.

Un champ d’action élargi à de nouveaux secteurs

Grâce à l’élargissement du périmètre du Système d’échange de quotas d’émission de l’UE (EU ETS), de nouveaux secteurs sont désormais éligibles à l’assistance du Fonds pour l’innovation. Cela inclut notamment la mobilité décarbonée, qu’il s’agisse du transport maritime, ferroviaire ou routier, ainsi que le secteur du bâtiment. En ciblant ces domaines à fort potentiel de réduction des émissions, l’Union européenne élargit considérablement l’impact du programme sur la transformation structurelle de son économie vers un modèle plus propre et durable.

Des indicateurs pour guider une action plus équitable et efficace

Afin de garantir une répartition équilibrée des soutiens, tant sur le plan géographique que sectoriel, de nouveaux indicateurs de performance (KPI) ont été introduits. L’accent est mis sur la promotion des projets de petite taille et sur l’accompagnement des initiatives encore peu avancées dans leur développement. Cette approche inclusive permet de ne pas concentrer les efforts uniquement sur les grandes entreprises ou les États les mieux dotés, et favorise une dynamique d’innovation ouverte à l’ensemble du territoire européen.

Un accès facilité aux services d’expertise de la bei

Le dispositif d’assistance se veut aussi plus souple et plus accessible. Désormais, en plus des appels à projets classiques, les porteurs d’initiatives peuvent solliciter directement l’expertise de la BEI via un guichet dit “PDA ouvert”. Ce canal permet une interaction rapide et sur mesure avec les équipes d’évaluation de la BEI, qui analyseront les besoins spécifiques de chaque projet afin de maximiser ses chances de succès dans les futurs appels du Fonds pour l’innovation. Le principe du “premier arrivé, premier servi” garantit une transparence dans l’attribution de cette assistance.

Technologies vertes : outil stratégique au service de la neutralité carbone

Ce partenariat renouvelé entre la Commission européenne et la BEI s’inscrit pleinement dans le cadre du Clean Industrial Deal, pilier essentiel du Pacte vert européen. Il s’agit de jeter les bases d’une industrie européenne compétitive, innovante et alignée avec l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050. En fournissant un accompagnement structurant aux projets porteurs de solutions technologiques de rupture, la BEI joue un rôle moteur dans la transition énergétique du continent, tout en renforçant la souveraineté industrielle européenne face aux défis globaux.

Le fonds pour l’innovation, pilier de la transformation industrielle verte

Financé par les recettes issues des quotas carbone du système ETS, le Fonds pour l’innovation représente un levier stratégique majeur dans la politique climatique de l’Union. Depuis 2021, il a mobilisé environ 12 milliards d’euros pour soutenir près de 200 projets à travers l’Espace économique européen. En misant sur les technologies de demain, il vise à positionner l’Europe comme chef de file mondial de l’industrie décarbonée, en cohérence avec l’Accord de Paris.

Le renforcement du PDA n’est donc pas seulement une évolution technique du programme : il incarne un choix politique fort, celui d’accélérer la transition écologique par l’innovation et d’accompagner l’ensemble des acteurs vers une économie européenne résiliente, propre et compétitive.

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Le Luxembourg confirme sa puissance financière

Luxembourg

Luxembourg : le premier trimestre 2025 a marqué un tournant remarquable pour la place financière luxembourgeoise, qui a su tirer parti d’un contexte économique mondial instable pour s’imposer comme un refuge d’investissement de premier plan. Alors que les marchés internationaux sont secoués par une volatilité accrue, les fonds luxembourgeois ont attiré des souscriptions nettes exceptionnelles, atteignant un sommet jamais observé depuis quatre ans. Cette performance spectaculaire illustre non seulement la robustesse du secteur financier luxembourgeois, mais aussi les dynamiques géopolitiques et économiques favorables à l’Europe.

Un afflux historique de capitaux dans les fonds luxembourgeois

Les fonds d’investissement domiciliés au Luxembourg ont engrangé 60 milliards d’euros de souscriptions nettes au cours des trois premiers mois de 2025. Ce résultat, réparti entre 9,4 milliards en janvier, 34,1 milliards en février et 16,3 milliards en mars, témoigne d’un regain massif d’intérêt des investisseurs internationaux. Il s’agit du niveau trimestriel le plus élevé depuis 2021, et il reflète une confiance renforcée dans la stabilité et l’attractivité du cadre luxembourgeois pour les investissements à long terme. Cette progression intervient dans un contexte de forte incertitude économique à l’échelle mondiale, soulignant le rôle du Luxembourg comme valeur refuge.

Un basculement des flux financiers des États-Unis vers l’Europe

L’une des dynamiques clés à l’origine de cet engouement réside dans une réorientation significative des capitaux internationaux. De nombreux investisseurs se détournent des marchés américains, confrontés à des turbulences politiques et économiques croissantes, notamment avec l’instauration de nouveaux droits de douane. À l’inverse, les marchés européens, mieux valorisés et plus résilients, ont attiré les regards. Les actions et obligations européennes ont ainsi surperformé leurs homologues outre-Atlantique, portées par des entreprises aux résultats solides et un euro en progression. Cette réallocation des flux financiers traduit une préférence croissante pour l’Europe, perçue comme un terrain d’investissement plus stable et plus prometteur.

Le plan de relance allemand comme moteur de confiance

Un autre élément déterminant a renforcé l’optimisme des marchés envers l’Europe : le lancement par l’Allemagne d’un ambitieux plan de relance budgétaire de 500 milliards d’euros. Ce programme vise à stimuler la croissance par des investissements massifs dans les domaines de la défense, des infrastructures et de la transition énergétique. En injectant une telle quantité de capitaux publics dans l’économie, Berlin envoie un signal fort de dynamisme économique et d’engagement stratégique, ce qui rassure les investisseurs. Le Luxembourg, en tant que hub financier européen, bénéficie directement de cette confiance accrue envers la zone euro.

Le Luxembourg, pilier de stabilité et d’attractivité en Europe

Avec plus de 7 300 milliards d’euros d’actifs sous gestion, le Luxembourg demeure le principal centre de fonds d’investissement en Europe. Sa réputation repose sur un cadre réglementaire robuste, une stabilité économique reconnue et une notation AAA qui attire les investisseurs en quête de sécurité. Dans un climat mondial marqué par les tensions géopolitiques et l’incertitude des politiques économiques, le Luxembourg se distingue par sa fiabilité, sa transparence et son ouverture internationale. Ces atouts en font une plateforme incontournable pour les gestionnaires de fonds à la recherche d’un environnement prévisible et performant.

Le dynamisme du premier trimestre 2025 vient ainsi confirmer le rôle central du Luxembourg dans la sphère financière mondiale, renforçant encore son attractivité pour les mois à venir.

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Construire un système agroalimentaire durable grâce à la finance verte

système agroalimentaire durable

Système agroalimentaire durable : alors que les chaînes d’approvisionnement agroalimentaires mondiales subissent de fortes pressions, la nécessité d’un changement de cap s’impose. Inflation, préoccupations environnementales, perte de biodiversité et urgence climatique exigent une réinvention profonde du secteur agricole. En réponse, la finance durable s’affirme comme un levier stratégique pour accélérer cette transformation, orienter les investissements vers une agriculture résiliente et bâtir un système alimentaire plus équitable et respectueux de l’environnement.

Dans cette dynamique, l’expertise des institutions financières comme ING joue un rôle essentiel. En accompagnant les acteurs du secteur dans leur transition, elles permettent de combiner performance économique et responsabilité environnementale. Voici un état des lieux des défis à relever et des pistes concrètes pour rendre l’agriculture plus durable.

Une pression croissante sur le secteur agroalimentaire

Face à la croissance démographique mondiale, la demande alimentaire explose, rendant plus urgente que jamais la nécessité de produire plus avec moins. En parallèle, les contraintes environnementales se renforcent : selon l’Agence européenne pour l’environnement, l’agriculture est responsable de 11 % des émissions de CO₂ et de 52 % des émissions de méthane au sein de l’Union européenne. Bien que le secteur ait réduit ses émissions de 25 % depuis 1990, les efforts doivent s’intensifier pour atteindre les objectifs climatiques fixés pour 2030.

Mais cette transformation ne concerne pas uniquement le climat. Elle touche aussi à la sécurité alimentaire, à la santé publique et à la résilience des territoires. Produire durablement, c’est aussi garantir un accès à une alimentation saine, maintenir les équilibres écologiques et préserver les ressources naturelles indispensables à long terme.

La finance durable comme moteur de la transition

Pour engager ce virage, les investissements doivent suivre. C’est là qu’intervient la finance durable, qui vise à canaliser les flux financiers vers des projets à impact environnemental et social positif. ING s’inscrit pleinement dans cette logique, avec des équipes dédiées à l’agriculture et à l’agroalimentaire. Leurs actions couvrent une grande diversité de segments — des céréales aux produits laitiers en passant par les fruits, légumes ou boissons — et s’étendent à l’échelle mondiale.

L’accompagnement va au-delà du simple financement : il s’agit de conseiller les entreprises dans leurs choix stratégiques, de mesurer leur empreinte carbone, et d’identifier des leviers d’action adaptés. Cela passe par exemple par le soutien à l’agriculture régénérative, à la préservation de la biodiversité ou à l’adaptation aux aléas climatiques, de plus en plus fréquents.

Un défi structurel : les émissions en amont de la chaîne

L’un des obstacles majeurs réside dans la répartition des émissions au sein des chaînes de valeur. Si les grandes entreprises agroalimentaires peuvent relativement facilement réduire leurs propres émissions (dites scope 1 et 2), celles-ci ne représentent qu’une faible part du total. L’essentiel des émissions se situe en amont, chez les producteurs agricoles.

C’est pourquoi ING a mis en place une équipe dédiée aux « chaînes de valeur durables », dont la mission est de favoriser la coopération entre tous les acteurs impliqués — des agriculteurs aux distributeurs — afin de développer des solutions communes. Cette approche collaborative est indispensable pour construire des trajectoires de décarbonation crédibles et atteindre les objectifs de neutralité carbone.

Le manque de données et la complexité du cadre réglementaire

Le déploiement de solutions durables se heurte également à un manque d’infrastructures de mesure et de reporting, notamment dans certaines régions du globe où les régulations sont moins strictes ou les outils de suivi insuffisants. Ce déficit d’information freine la mise en place d’indicateurs clairs et mesurables pour évaluer les progrès réalisés.

Cette difficulté a même conduit à retirer temporairement le secteur agricole de la taxonomie européenne, faute de pouvoir définir une base d’évaluation commune. Par ailleurs, les enjeux de rentabilité à court terme poussent de nombreux industriels à privilégier l’expansion ou la compétitivité sur la durabilité, alors que les consommateurs, eux, restent souvent réticents à payer plus cher pour des produits plus vertueux.

Biodiversité et nature : des enjeux plus difficiles à quantifier

Depuis l’adoption du cadre mondial pour la biodiversité lors de la COP15, les entreprises sont appelées à aller plus loin que la simple réduction des émissions : elles doivent désormais intégrer la préservation de la nature dans leur stratégie. L’objectif est clair : protéger au moins 30 % des terres et des eaux d’ici à 2030.

Cependant, contrairement au carbone, il est difficile de quantifier précisément l’impact des actions sur la biodiversité. Pour répondre à ce défi, ING développe actuellement un cadre d’analyse afin de mieux comprendre les effets de ses financements sur les écosystèmes. L’approche « zéro déforestation » de la banque évolue désormais vers une stratégie globale centrée sur la nature, incluant par exemple l’usage de l’eau ou la gestion des déchets dans les usines agroalimentaires.

La coopération, clé de la transformation du système

Les financements seuls ne suffisent pas. Une véritable transformation nécessite une coopération étroite entre les différents maillons de la chaîne, mais aussi un dialogue renforcé avec les autorités réglementaires. ING s’investit dans la création d’espaces d’échange, comme les tables rondes sectorielles ou le Food Transformation Forum aux Pays-Bas, qui réunissent chaque année les leaders de l’industrie pour échanger sur les défis communs.

L’objectif : co-construire des solutions qui tiennent compte des réalités économiques, environnementales et sociales, en dépassant les logiques de silo. Ce dialogue est essentiel pour aligner les réglementations, harmoniser les normes et encourager des transitions cohérentes à l’échelle européenne et mondiale.

Vers un système alimentaire plus résilient et équitable

La transition vers un modèle agroalimentaire durable n’est pas une option, c’est une nécessité. Pour ING, cette conviction se traduit par un engagement actif à financer les projets qui façonnent l’avenir : agriculture régénérative, technologies propres, pratiques responsables, partenariats innovants.

Soutenir les entreprises dans cette mutation, c’est aussi contribuer à la construction d’un avenir plus sain, plus juste et plus respectueux des limites de notre planète. En combinant expertise sectorielle, puissance financière et engagement environnemental, la finance durable peut jouer un rôle déterminant dans l’édification d’un système alimentaire résilient, capable de nourrir durablement une population mondiale en pleine croissance.

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Carbon4 Finance dévoile une nouvelle ère d’analyse climatique

Carbon4 Finance

Carbon4 Finance : dans un contexte où la pression s’intensifie sur les entreprises. Et les institutions financières pour aligner leurs activités sur les objectifs de la transition bas-carbone. Carbon4 Finance renforce sa méthodologie phare, Carbon Impact Analytics (CIA). Grâce à l’intégration d’éléments d’analyse « top-down » avancés. La société marque une évolution stratégique visant à offrir aux décideurs des données encore plus précises, comparables et exploitables. Décryptage de cette transformation qui promet de redéfinir les standards de l’évaluation climatique à l’échelle mondiale.

Une méthode enrichie pour mieux appréhender les enjeux de la transition

Carbon4 Finance, filiale du groupe Carbone 4 spécialisée dans les données climatiques et environnementales à destination du secteur financier. Améliore significativement son outil d’évaluation Carbon Impact Analytics. Historiquement fondée sur une approche « bottom-up », qui repose sur l’analyse détaillée de données physiques et financières publiées par les entreprises. La méthodologie CIA intègre désormais une dimension « top-down ». Cette nouvelle couche analytique vient affiner les estimations existantes en tenant compte de la structure multi-activités des entreprises, rendant l’analyse plus fine, plus réaliste et plus représentative de la complexité économique.

Une précision inégalée grâce à une approche hybride

L’introduction de l’analyse « top-down » vient compléter les bases solides de l’analyse « bottom-up » en s’appuyant sur des estimateurs sectoriels construits à partir d’entreprises représentatives de 75 secteurs économiques. Ces estimateurs permettent d’extrapoler des résultats fiables même pour les entreprises ne publiant pas suffisamment de données détaillées. Grâce à cette combinaison, Carbon4 Finance offre désormais une granularité d’analyse encore inégalée sur le marché, capable de différencier plus finement les niveaux de performance climatique d’un acteur à l’autre.

Chaque entreprise est désormais évaluée selon la diversité de ses activités, pondérée par leur contribution respective au chiffre d’affaires, ce qui permet une évaluation plus contextualisée. Cette innovation assure aux utilisateurs une meilleure lisibilité des résultats et une capacité renforcée à identifier les leviers de transformation nécessaires pour chaque entité.

Des données robustes validées par des experts sectoriels

Pour garantir la fiabilité des indicateurs produits, tous les estimateurs « top-down » ont été rigoureusement élaborés à partir des données issues de l’analyse « bottom-up » exclusive de Carbon4 Finance. Chaque hypothèse méthodologique et chaque paramètre ont été revus et validés par des spécialistes de secteurs variés, assurant ainsi une rigueur scientifique et une cohérence sectorielle dans l’interprétation des résultats.

Cette validation experte constitue un gage de confiance pour les institutions financières, qui doivent désormais justifier leurs engagements climatiques avec des outils fiables et auditables. Les clients de Carbon4 Finance peuvent ainsi s’appuyer sur des notations consolidées, alignées sur les meilleures pratiques de marché et adaptées aux cadres réglementaires en constante évolution.

Une couverture élargie pour répondre aux enjeux globaux

La nouvelle architecture de la méthodologie CIA permet d’élargir considérablement le périmètre des entreprises évaluées. Désormais, toute entité économique disposant d’une ventilation de ses revenus par activité ou secteur peut faire l’objet d’une évaluation robuste, quels que soient sa taille, son lieu d’implantation ou son domaine d’activité.

Avec une base de données déjà riche de 41 000 entreprises, représentant 82 % de la capitalisation boursière mondiale, cette évolution ouvre la voie à une couverture encore plus étendue. Elle permet notamment aux utilisateurs d’analyser des portefeuilles plus diversifiés, de produire des agrégations sectorielles ou régionales plus représentatives, et d’accompagner des démarches de reporting climatique ou de stratégie alignée sur l’Accord de Paris.

accompagner la finance vers un avenir bas-carbone

La mission de Carbon4 Finance s’inscrit dans une dynamique globale de transformation du secteur financier vers une meilleure prise en compte des enjeux climatiques et de biodiversité. En fournissant des données rigoureuses sur les risques physiques, les risques de transition et les impacts environnementaux, la société se positionne comme un partenaire stratégique pour les investisseurs, gestionnaires d’actifs, banques, assureurs, institutions publiques et fournisseurs d’indices.

Grâce à des outils innovants et à une expertise consolidée depuis plus de 18 ans au sein du groupe Carbone 4, Carbon4 Finance permet aux institutions financières de mesurer précisément l’empreinte carbone et l’empreinte biodiversité de leurs portefeuilles, d’évaluer leur alignement avec les objectifs climatiques, et de guider leurs décisions vers des trajectoires durables.

En renforçant sa méthodologie CIA, Carbon4 Finance confirme son rôle de pionnier et d’allié essentiel dans la construction d’un système financier compatible avec les limites planétaires.

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Banques intelligentes

Banques intelligentes : l’intelligence artificielle, les données comportementales et la personnalisation extrême sont en train de redéfinir la relation entre les banques et leurs clients. Cette étude met en lumière une transformation structurelle du secteur bancaire : moins de guichets, plus d’algorithmes, et surtout une nouvelle façon d’anticiper les besoins du client, parfois avant même qu’il ne les exprime. À ceux qui croient que les banques sont dépassées par les fintechs : détrompez-vous, elles mutent. Et vite.
Bon, sauf peut-être le conseiller SG Bourse de Paris, lui, il restera à l’âge de pierre, avec ou sans IA…

Vers une banque cognitive et proactive

Les banques évoluent d’un rôle de prestataire passif vers un partenaire de vie financière :

  • Grâce à l’IA, elles peuvent prédire les intentions du client (projets, achats, changements de vie).
  • L’avenir est à la “banking by context”, où les offres arrivent au bon moment, dans le bon canal, avec la bonne tonalité.

Expérience utilisateur fluide et omnicanale

La banque du futur doit être invisible mais présente partout :

  • Une intégration complète dans la vie numérique du client (voiture, maison connectée, réseaux sociaux).
  • L’interface bancaire devient personnalisée, prédictive, et presque conversationnelle.
  • Importance croissante des interfaces vocales et chatbot augmentés.

Le “Banking-as-a-Service” (BaaS) explose

La modularisation de la banque permet :

  • De déléguer des briques technologiques à des partenaires (paiement, prêt, identification…).
  • D’ouvrir la banque via des API à des écosystèmes tiers (plateformes e-commerce, fintechs, retail…).

La confiance comme capital stratégique

Les clients acceptent le traitement des données s’il est :

  • Transparent
  • Sécurisé
  • Porté par une valeur ajoutée visible pour eux

Cela redéfinit la notion de fidélité : elle est contextuelle, conditionnée et exigeante.

 Nouveaux modèles économiques : moins de marges, plus de volume et de data

  • Le modèle basé sur les frais disparaît peu à peu.
  • À sa place : des services à valeur ajoutée ultra-ciblés ou des abonnements intelligents.
  • Les plateformes bancaires évoluent vers des logiques d’engagement, similaires à Netflix ou Spotify.

L’innovation éthique comme facteur clé

La frontière entre aide et manipulation est fine.
Les banques doivent intégrer :

  • Des règles d’éthique algorithmique
  • Une gouvernance des modèles de décision IA
  • Une vigilance sur les biais et la discrimination automatique

Le rapport Intelligent Banking: The Future Ahead fait suite à l’étude de référence intitulée Le secteur bancaire en 2035 menée par Economist Impact et SAS fin 2022. 

Ce nouveau rapport identifie cinq stratégies essentielles pour se positionner en leader à l’ère de la banque intelligente : 

  1. Renforcer la gouvernance des données et de l’IA pour favoriser l’innovation éthique et la résilience opérationnelle. 
  2. Gagner la confiance des clients au travers de la transparence, de la protection des données et de pratiques d’IA éthiques. 
  3. Rationaliser la mise en conformité grâce à l’automatisation de la collaboration interfonctionnelle. 
  4. Établir des partenariats stratégiques avec des fintech et des géants de la tech pour étendre le champ d’action et les capacités. 
  5. Accélérer l’innovation en renforçant les compétences des collaborateurs et en modernisant les infrastructures.   

« Le futur n’attendra pas, ni les leaders du monde bancaire », indique Alex Kwiatkowski, Director of Global Financial Services chez SAS. « Ceux qui dirigent de manière ciblée, en s’appuyant sur l’intelligence numérique et l’innovation responsable, augmenteront non seulement la résilience et la pertinence de leur banque, mais contribueront également à redéfinir le secteur, tout en posant des bases solides pour leur croissance future. » 

En résumé : la banque de demain n’est pas seulement numérique, elle est intelligente, prédictive, intégrée, éthique… et humaine.

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finance durable

Schroders publie son tout premier Group Nature Report

Paris, 2 juin 2025 – Le gestionnaire d’actifs mondial Schroders a annoncé la publication de son tout premier Group Nature Report, marquant un engagement fort dans la gestion active des risques liés à la nature et dans la satisfaction des attentes croissantes de ses clients en matière d’investissement durable.

“Ce rapport révèle comment la nature entre au cœur des enjeux financiers mondiaux. Ignorer ce virage, c’est investir dans le passé”. exprime Bruno Boggiani, CEO de Strateggyz – Finance, 

Ce rapport suit les recommandations de la Taskforce on Nature-related Financial Disclosures (TNFD) publiées en 2023. L’objectif : identifier les risques et opportunités liés à la nature et détailler la manière dont Schroders y répond. Créée en 2021, la TNFD a reçu le soutien du G7, du G20 et de l’envoyé spécial de l’ONU pour le climat et la finance, Mark Carney. Schroders devient ainsi l’un des premiers acteurs financiers à publier ce type de divulgation.

Ce rapport fait suite au lancement en début d’année de NatCapEx, un outil propriétaire d’analyse de l’exposition à la nature, aligné sur la TNFD, qui couvre près de 9 000 entreprises cotées. Cet outil complète le modèle SustainEx, déjà largement utilisé chez Schroders.

Une approche active, assumée

Andy Howard, responsable mondial de l’investissement durable chez Schroders, déclare :

« En tant que gestionnaire actif, nous montrons l’exemple en divulguant proactivement nos risques et opportunités liés à la nature, et en développant des outils comme NatCapEx pour combler le manque de données disponibles. »

Il insiste : face à la dégradation rapide des écosystèmes, il devient indispensable de mesurer et gérer les risques écologiques liés aux investissements.

Schroders espère également que cette initiative volontaire encouragera d’autres acteurs à suivre le mouvement, en particulier les entreprises dans lesquelles le groupe investit.

Risques financiers et opportunités économiques

Le rapport souligne que la dégradation de la nature – comme la baisse de la qualité des sols ou la raréfaction de l’eau – engendre une perte de services écosystémiques essentiels à l’économie, ce qui représente un risque financier significatif pour les rendements futurs des investisseurs.

Selon la Banque mondiale, l’effondrement partiel de trois services écosystémiques clés (pollinisation, pêche, production de bois) pourrait coûter 2,3 % du PIB mondial chaque année.

À l’inverse, la transition vers des pratiques « nature-positives » pourrait générer jusqu’à 10 100 milliards USD d’opportunités économiques par an pour les investisseurs.

Focus sur les portefeuilles et engagements

Schroders a évalué l’ensemble de ses positions en actifs cotés et non cotés afin de cartographier ses principales dépendances et impacts vis-à-vis de la nature. Les domaines les plus concernés : émissions de carbone, usage de l’eau, pression sur les écosystèmes terrestres. Les dépendances majeures concernent surtout l’accès à l’eau.

En 2024, l’entreprise a revu ses attentes vis-à-vis des sociétés investies via son Engagement Blueprint, pour les aligner avec le Cadre mondial pour la biodiversité et les recommandations de la TNFD. Il est désormais demandé aux entreprises de divulguer des données de localisation sur leurs actifs, opérations et fournisseurs de matières premières à fort impact.

Schroders a également participé à six engagements collaboratifs sectoriels dans le cadre de l’initiative Nature Action 100, visant des secteurs comme les mines, la chimie ou les biens de consommation.

Exemplarité interne

Le rapport met aussi en lumière les efforts de Schroders sur ses propres sites :

  • Le siège londonien a réduit ses déchets de 36 % par rapport à 2019
  • Le taux de recyclage est passé de 75 % à 92 %
  • Des études de biodiversité ont été réalisées sur le campus de Horsham, situé près d’une zone sensible

Pourquoi la nature devient un sujet financier majeur

La crise climatique n’est que la partie visible de l’iceberg. Le rapport montre que l’érosion de la biodiversité, la dégradation des sols, la disparition des récifs coralliens ou encore la perte de forêts naturelles constituent des risques matériels pour les portefeuilles.

Près de 50% du PIB mondial dépend modérément ou fortement de la nature.

On ne parle pas d’éthique, mais de « nature as a risk factor ».

Risques systémiques et divulgation obligatoire

Les régulateurs (TNFD, TCFD, SFDR, CSRD…) mettent en place une grille de lecture commune pour que les entreprises et les investisseurs puissent évaluer les dépendances et impacts sur la nature.

« Nature is the new climate » : après le carbone, place à l’analyse de risque naturel.

Le rapport alerte sur un décalage entre le rythme de destruction de la nature et la vitesse à laquelle les outils de gestion de risque se mettent en place. Il appelle à une accélération.

Métriques, données et modèles : la course à la fiabilité

Le rapport insiste sur la nécessité de construire des modèles de mesure robustes, adossés à des jeux de données crédibles. Plusieurs initiatives sont présentées :

  • ENCORE : outil d’évaluation de dépendance secteur-nature
  • IBAT : base de données biodiversité géolocalisée
  • Nature Risk Profile, développé par le WWF et Swiss Re

On assiste à une normalisation des métriques « nature-based » dans les rapports de durabilité.

Cas concrets et cartographie des impacts

Le rapport fournit une série d’études de cas sur des chaînes de valeur (ex : soja, textile, métaux rares) et leur empreinte écologique.

  • L’exploitation du cuivre dans les Andes pèse sur les écosystèmes locaux
  • La déforestation liée au bœuf et au soja impacte les puits de carbone
  • Les industries du textile perturbent l’usage de l’eau douce et la biodiversité aquatique

Cartographier les hotspots naturels devient une priorité d’investissement.

Réorienter les flux financiers : du « nature-negative » au « nature-positive »

Le rapport présente une typologie des instruments financiers susceptibles d’accompagner la transformation :

  • Green bonds liés à la conservation
  • Sustainable linked loans avec KPIs écologiques
  • Fonds thématiques biodiversité

Le but ? Faire de la nature un actif et non un passif ignoré.

La mobilisation de la finance est indispensable pour créer un « tipping point » écologique.

Conclusion : Vers une gouvernance écologique de la finance

Ce rapport est une feuille de route. Il ne s’agit plus de verdir les rapports, mais bien d’intégrer la nature dans les mécanismes fondamentaux d’allocation de capital.

Il appelle à l’action des régulateurs, des investisseurs institutionnels, des banques, des asset managers, et même des citoyens.

La question n’est plus « faut-il agir ? » mais « est-ce que la finance survivra sans nature ? »

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L’hôtel Eiffel Blomet s’engage pour un tourisme durable

hôtel Eiffel Blomet

Situé dans le 15e arrondissement de Paris, l’hôtel Eiffel Blomet vient d’obtenir la certification Green Globe. Une reconnaissance internationale qui souligne son engagement en faveur du développement durable. Ce label, appuyé par l’Organisation mondiale du tourisme, récompense les établissements qui s’investissent activement dans la préservation de l’environnement. Le soutien à l’économie locale et l’amélioration des conditions sociales. Au-delà de la distinction, cette certification illustre une volonté profonde de repenser l’hospitalité en y intégrant des pratiques responsables.

Un label exigeant au service du tourisme responsable

Créé il y a près de trois décennies, le label Green Globe s’adresse aux acteurs du secteur du voyage. Et du tourisme souhaitant structurer leur démarche de développement durable. Il repose sur un audit rigoureux renouvelé chaque année, garantissant une amélioration continue des pratiques évaluées. À travers cette certification, l’hôtel Eiffel Blomet rejoint un cercle d’établissements qui placent les enjeux environnementaux et sociétaux au cœur de leur modèle de fonctionnement. En avril 2025, des auditeurs spécialisés ont analysé la gestion environnementale de l’établissement. Son implication locale ainsi que ses politiques sociales et internes.

Des résultats concrets et mesurables en matière d’écologie

L’année 2024 a été marquée par une série d’initiatives significatives mises en œuvre par l’hôtel. Grâce à un système de régulation thermique centralisé basé sur l’intelligence artificielle. L’établissement a réduit de 15 % sa consommation d’électricité. Les déchets ont également fait l’objet d’un traitement ambitieux. Avec notamment la suppression des emballages individuels au petit déjeuner et l’élimination des plastiques à usage unique dans les chambres. L’utilisation exclusive de produits d’entretien écolabellisés témoigne d’une attention portée à la qualité de l’air intérieur et à la santé des clients comme du personnel.

Une contribution active à la vie locale

L’engagement environnemental ne s’arrête pas aux portes de l’hôtel. L’Eiffel Blomet a noué des partenariats avec des producteurs de la région Île-de-France et des commerçants de quartier afin de favoriser les circuits courts. Cette stratégie soutient directement l’économie locale tout en réduisant l’empreinte carbone liée au transport. En parallèle, l’établissement a multiplié les actions solidaires, organisant avec ses salariés des collectes alimentaires au bénéfice de la banque alimentaire et de la Croix-Rouge. Le partenariat avec la plateforme Too Good to Go permet également de lutter concrètement contre le gaspillage alimentaire.

Un patrimoine architectural réinventé avec responsabilité

L’hôtel Eiffel Blomet, emblème de l’architecture Art déco des années 1930, a su concilier héritage esthétique et conscience écologique. Conçu par le designer Bruno Borrione, également auteur des intérieurs du Prince de Galles et du Royal Monceau, l’établissement offre un cadre raffiné qui intègre harmonieusement ses engagements durables. La piscine de 14 mètres nichée sous le patio illustre cette alliance entre bien-être et sobriété. Le toit de l’hôtel, quant à lui, a été transformé en havre de biodiversité, avec l’installation de nichoirs et de plantes mellifères pour attirer les pollinisateurs.

Une démarche appelée à se renforcer dans les années à venir

L’obtention de la certification Green Globe n’est qu’une étape. L’hôtel entend poursuivre sa transition écologique en 2026, en élargissant ses initiatives et en renforçant son impact positif. Cette dynamique s’inscrit dans le projet plus large d’Esprit Seine, le groupe hôtelier fondé par Marie-Pierre Landowski. Regroupant des activités hôtelières et fluviales, Esprit Seine met en avant une vision de l’hospitalité fondée sur la durabilité, l’ancrage territorial et la responsabilité sociale. En accueillant plus de 300 000 visiteurs par an, le groupe montre qu’un tourisme respectueux peut aussi être économiquement viable.

Un engagement sincère et collectif

Comme l’affirme Marie-Pierre Landowski, présidente d’Esprit Seine, cet engagement est porté avec humilité mais aussi avec une réelle ambition de transformation. Chaque collaborateur a été formé aux bonnes pratiques, du recyclage aux gestes de premiers secours, et participe activement à la dynamique environnementale. En s’inscrivant dans une logique d’amélioration constante, l’hôtel Eiffel Blomet illustre une nouvelle façon d’envisager l’hôtellerie, plus en phase avec les attentes contemporaines des voyageurs et les urgences de notre époque.

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L’économie française face à un horizon incertain

économie française

Alors que les marchés financiers affichent une forme d’optimisme modéré, notamment grâce à l’apaisement des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, la situation économique de la France reste préoccupante. L’analyse récente du climat des affaires révèle un environnement dégradé, tant dans l’industrie que dans les services, avec des perspectives de croissance qui s’assombrissent. Ce tableau, dressé par l’économiste Charlotte de Montpellier pour ING France, met en lumière une conjoncture fragilisée et une dynamique de reprise incertaine.

Un climat des affaires qui se détériore à nouveau

Au mois de mai, le climat des affaires a poursuivi sa trajectoire baissière, perdant un point par rapport au mois précédent. Cela confirme une tendance persistante : depuis un an, l’indicateur reste en dessous de sa moyenne de long terme. Cette dégradation générale traduit un sentiment croissant de méfiance chez les acteurs économiques, qui anticipent une activité morose dans les mois à venir.

Ce recul est particulièrement marqué dans le secteur industriel, où l’indicateur chute de trois points. Les industriels font état d’un net repli de leurs carnets de commandes, tant au niveau national qu’international, et d’un pessimisme accru concernant leur production future. Les sous-secteurs les plus touchés sont ceux des machines et équipements, des matériels de transport ainsi que les industries spécialisées dans la réparation et l’installation. Ces signaux négatifs sont renforcés par les incertitudes liées à l’évolution du commerce mondial et par les obstacles structurels tels que le manque de compétitivité et l’appréciation de l’euro.

L’ancien moteur des services s’essouffle

La situation dans le secteur des services est tout aussi préoccupante. Traditionnel pilier de la croissance économique française, il montre lui aussi des signes de faiblesse notables. Le climat des affaires y recule également de trois points, confirmant un malaise installé depuis novembre dernier.

Les chefs d’entreprise dans les services se montrent particulièrement pessimistes, tant sur leur activité passée que sur la demande future. Ce sentiment défavorable se reflète notamment dans les secteurs de l’hébergement-restauration et de l’information-communication, qui signalent une forte contraction de l’activité. Les indices PMI corroborent cette tendance : bien qu’en légère amélioration par rapport à avril, ils restent ancrés en zone de contraction, traduisant une frilosité persistante des clients et une demande atone.

Des lueurs d’espoir dans certains secteurs

Malgré ce contexte globalement sombre, quelques secteurs offrent des signes de résilience. Le bâtiment enregistre une progression significative de son climat des affaires, avec une hausse de quatre points sur le mois de mai. Il s’agit là de la meilleure performance depuis 2004, portée par une amélioration sensible des perspectives d’activité. Le commerce de détail et le commerce de gros affichent eux aussi une légère embellie, qui vient tempérer les difficultés observées ailleurs.

Néanmoins, ces évolutions positives restent insuffisantes pour contrebalancer les tensions structurelles qui pèsent sur l’ensemble de l’économie. Elles constituent davantage des poches de résistance ponctuelles que les prémices d’un retournement global de conjoncture.

Une croissance au ralenti et des perspectives ternes

Dans ce contexte, la dynamique macroéconomique française reste fragile. Au premier trimestre 2025, la croissance du PIB s’est limitée à 0,1 %, malgré un rebond industriel en mars. Les données actuelles suggèrent que le deuxième trimestre ne fera pas mieux, et le risque d’une stagnation, voire d’une légère contraction, ne peut être écarté.

Les raisons de cette faiblesse sont multiples : ralentissement du commerce mondial, niveaux de stocks élevés, incertitudes géopolitiques et politiques budgétaires restrictives. En parallèle, l’inquiétude persistante des ménages, notamment face au chômage, se traduit par une épargne élevée et une consommation en berne. La demande intérieure, moteur crucial de l’économie française, manque donc d’élan.

La situation du secteur touristique illustre bien cette tendance. Déjà en recul de 1,5 % au premier trimestre 2025 par rapport à l’année précédente, le nombre de nuitées dans les hébergements collectifs pourrait encore baisser durant l’été, aggravant les difficultés du secteur et pesant sur l’activité globale.

Des prévisions prudentes pour 2025 et au-delà

Dans ce climat d’incertitude, les projections de croissance restent modestes. ING anticipe une hausse du PIB limitée à 0,4 % pour l’ensemble de l’année 2025, suivie d’un léger mieux en 2026 avec une croissance de 0,8 %. Ces chiffres demeurent en deçà de la moyenne européenne, inversant ainsi la tendance favorable dont avait bénéficié la France en 2023 et 2024.

La combinaison de facteurs conjoncturels négatifs et de contraintes structurelles limite la capacité de l’économie française à rebondir rapidement. Tant que les tensions commerciales persisteront, que l’inflation ne sera pas pleinement maîtrisée et que la confiance des ménages et des entreprises ne sera pas restaurée, la reprise restera timide.

Un environnement à surveiller de près

La France aborde la seconde moitié de 2025 avec un climat économique morose et des perspectives limitées. Le recul simultané de l’industrie et des services, l’inquiétude persistante des ménages, ainsi qu’un contexte mondial incertain pèsent lourdement sur la croissance. Dans cet environnement, il est impératif de suivre de près les indicateurs d’activité et les évolutions de la demande intérieure pour anticiper les prochaines étapes. Une relance durable passera sans doute par un redressement de la confiance, un soutien ciblé à l’investissement productif, et une politique budgétaire plus souple pour accompagner les secteurs en difficulté.

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