Décollecte persistante des fonds Article 8 et chute des flux des fonds Article 9

Morningstar publie son dernier rapport, SFDR Article 8 and Article 9 Funds : Q3 2023 in Review, qui fait le point sur le paysage des fonds Article 8 et Article 9 du règlement SFDR à la fin du troisième trimestre 2023, en examinant les flux, les actifs gérés, les lancements et les reclassements. Pour analyser les tendances, nous nous penchons sur la divulgation d’information sur les investissements durables, l’alignement de la taxonomie et les indicateurs des principales incidences négatives (PAIs).

Par ailleurs, nous faisons un point sur l’évolution réglementaire car la Commission européenne a publié le 14 septembre 2023 une consultation sur le fonctionnement et l’avenir du règlement SFDR, représentant la première étape d’un processus qui pourrait conduire à des modifications significatives du régime actuel de la SFDR.

Hortense Bioy, directrice de la recherche sur le développement durable chez Morningstar, a commenté : “Deux ans et demi après l’entrée en vigueur du règlement SFDR, et malgré un environnement macroéconomique et réglementaire difficile, les gestionnaires d’actifs ont continué à façonner leurs offres en fonction de la réglementation, à faire évoluer les fonds vers l’article 8 et à s’engager en faveur d’investissements plus durables. Avec la nouvelle consultation sur le SFDR lancée par la Commission européenne en septembre, nous pouvons nous attendre à davantage d’incertitude à l’avenir.”

Les principales conclusions du rapport sont les suivantes :

  • Les fonds de l’article 8 ont continué à décollecter dans un contexte de pressions macroéconomiques persistantes. Les investisseurs ont retiré 20,5 milliards d’euros au troisième trimestre, après avoir racheté 21,5 milliards d’euros au trimestre précédent. Les fonds qui ne se sont pas engagés en faveur des investissements durables ont été touchés de manière disproportionnée.
  • Les fonds de l’article 9 ont attiré seulement 1,4 milliard d’euros au cours des trois derniers mois, ce qui constitue un nouveau plus bas en termes de collecte (graphique 2 du rapport).
  • Les reclassements ont repris. Nous avons identifié près de 280 fonds qui ont modifié leur statut SFDR, dont 250 reclassements, au cours du troisième trimestre. Ce chiffre est à comparer aux quelque 200 reclassements signalés au cours du trimestre précédent. La grande majorité des fonds sont passés de l’article 6 à l’article 8. Dans le même temps, 11 fonds ont été rétrogradés de l’article 9 à l’article 8. (graphique 5 du rapport)
  • Les gestionnaires d’actifs ont continué à affiner leur mesure des investissements durables dans les portefeuilles. Au troisième trimestre, près de 300 fonds relevant de l’article 8 ont révisé leur engagement minimum en matière d’investissement durable, ce qui représente une augmentation notable par rapport aux 190 fonds du trimestre précédent. La majorité d’entre eux ont augmenté leur engagement en matière d’investissement durable. Cependant, un tiers des fonds de l’article 8 ne ciblent aucun investissement durable.
  • Les fonds de l’article 8 qui mettent davantage l’accent sur le développement durable ont tendance à avoir moins d’impact négatif sur les facteurs de durabilité tels que l’empreinte carbone et l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes, mais la relation entre l’engagement en faveur du développement durable et les impacts négatifs n’est pas toujours évidente.
  •  Seuls 28 % des fonds relevant de l’article 9 prévoient d’effectuer des investissements conformes à la taxonomie.
  • Une enquête de Morningstar Sustainalytics réalisée à la suite de la publication, le 14 septembre, de la consultation de la Commission européenne sur le règlement SFDR révèle que les acteurs du marché sont divisés sur l’avenir des articles 8 et 9. Cinquante pour cent des personnes interrogées souhaiteraient que ces classifications soient remplacées par des labels, 39 % préféreraient conserver les articles 8 et 9 mais introduire des normes minimales, et 7 % ont voté pour le statu quo.

Télécharger le rapport complet

La dynamique des labels de finance durable

PLUS DE 2 000 FONDS LABELLISÉS AUX PROMESSES CONFUSES

Novethic publie depuis 2019 un panorama des labels européens qui lui permet d’analyser les évolutions du marché des fonds durables faisant évaluer leurs processus d’investissement par des organismes tiers. La dynamique ne se dément pas Le marché européen des fonds cotés labellisés se porte bien.

Au 31 juillet 2023, il avait dépassé la barre des 2 000 fonds pour un encours de plus de 1307 milliards d’euros. À titre de comparaison, la totalité des encours sous gestion en Europe atteint quasiment les 19 000 milliards d’euros (OCPVM et FIA confondus) pour plus de 66 000 fonds. La part de marché des fonds labellisés reste donc modeste malgré leur attractivité. Autre phénomène : malgré une importante décollecte en 20221 sur l’ensemble du marché des fonds européens, la collecte des sept principaux labels européens proposés en France, en Belgique, en Allemagne et dans les pays nordiques, sans oublier le Luxembourg, dépasse les 28 milliards d’euros sur la même année, dont, il est vrai, 14 milliards d’euros rien que pour les fonds labellisés ISR.

Tous les labels ne sont pas logés à la même enseigne. Les deux plus répandus restent le label ISR français, et le standard belge Towards Sustainability. Toujours enlisé dans son projet de réforme autour de l’exclusion ou non des énergies fossiles, le label ISR représentait 783 milliards d’euros d’encours à fin juillet 2023, devant les 539 milliards d’euros de Towards Sustainability, atteints avec 400 fonds labellisés de moins. Le label luxembourgeois LuxFLAG, qui n’a jamais vraiment décollé, semble en retrait, ce qu’illustre une décollecte significative observée à l’échelle des fonds disposant du label Luxflag ESG (- 5 milliards d’euros entre janvier 2022 et juillet 2023).

Des fonds labellisés très majoritairement « Article 8 » selon SFDR

Ces labels cohabitent depuis 2021 avec une réglementation européenne qui demande aux gérants d’auto-classer leurs gammes de fonds durables selon deux catégories, Article 8 ou 9, qui conditionnent les exigences réglementaires de transparence à respecter. La quasi-totalité des fonds labellisés européens relèvent aujourd’hui de ces deux catégories (à près de 80 % classés en Article 8 contre 20% en Article 9) mais la part de marché globale de ces fonds Article 8 et 9, labellisés ou non, peut grandement varier d’un pays de commercialisation à l’autre, comme nous l’apprend le Market Insights de l’EFAMA2 datant de juin 2023. Ainsi, alors que la part de marché des fonds Article 8 atteignait fin 2022 autour de 90% en Suède et en Finlande, il est intéressant de constater que le label Nordic Swan est l’un des deux seuls labels, avec le label Greenfin, à être décerné en majorité à des fonds Article 9. Pour ce qui est des fonds domiciliés en France, la moitié des encours était déjà investie dans des fonds Article 8 à fin 2022. Le label ISR, dont certains critères vont moins loin que le cadre SFDR, notamment concernant la double matérialité des risques ESG, est attribué à près de 80% à des fonds qui sont classés Article 8. Le label Greenfin, doté d’exigences environnementales fortes, est pour sa part attribué en majorité à des fonds qui se conforment au niveau de transparence de l’Article 9.

Exclusion des fossiles : l’éternel débat

Les ONG ainsi que les gérants les plus engagés insistent pour pouvoir proposer des fonds labellisés pratiquant l’exclusion la plus claire possible des énergies fossiles. Le label Towards Sustainability s’est engagé dans cette voie en disant explicitement exclure, au-delà de l’armement et du tabac, le charbon, le pétrole et le gaz non conventionnels ainsi que les mauvais élèves du climat dans les secteurs du pétrole, du gaz et de la production d’électricité. Le label ISR, lui, continue à tergiverser sur les propositions qui lui ont été faites de fixer des critères exigeants pour le secteur pétrole et gaz, afin de ne pas pouvoir sélectionner dans les fonds labellisés les compagnies pétrolières les plus emblématiques.

Le secteur de l’énergie, où l’on trouve ces majors, est déjà moins présent dans les fonds durables que d’autres secteurs. C’est pourquoi la performance des fonds durables a décroché en 2022, ne bénéficiant pas des excellents résultats boursiers des énergies fossiles. La performance moyenne des plus de 2 000 fonds cotés labellisés a ainsi été de -14,09% sur 2022. En revanche la tendance s’est inversée dès le premier semestre 2023, durant lequel la performance moyenne a atteint +13,52%. Faut-il rappeler que les performances réelles, environnementales et sociales des fonds durables labellisés doivent s’apprécier dans le long terme ?

Les fonds labellisés pourraient pousser le curseur vert

Lorsque l’on analyse la part verte des fonds labellisés sur le critère du pourcentage d’alignement sur la taxonomie des actifs investis, les résultats montrent la marge de progrès pour répondre à la demande de clients qui veulent contribuer à financer le verdissement de l’économie européenne. 93 % des fonds labellisés ne prennent à ce jour aucun engagement d’alignement minimum du portefeuille, soit 1 932 fonds dont les fichiers EET, pour European ESG Template, ont été scannés par Morningstar. Ce chiffre inclut 331 fonds classés en Article 9. Le paradoxe actuel veut que leurs annexes périodiques SFDR renseignent malgré tout sur la présence de quelques actifs verts. On obtient ainsi un alignement à la taxonomie à hauteur de 5,28% chez les fonds qui publient un chiffre supérieur à 0 sans s’être engagé pré-contractuellement sur un quelconque alignement. Quant aux 7 % de fonds annonçant un engagement d’alignement précontractuel, soit 139 fonds, le score moyen est meilleur mais toujours en dessous de 10%! Il est intéressant de souligner que la majorité de ces fonds est classée en Article 9 (75 fonds). Ces chiffres soulignent une fois de plus le grand décalage entre l’offre et la demande. Quand un conseiller propose un fonds labellisé, celui-ci est supposé garantir auprès des souscripteurs des qualités environnementales voire sociales du placement. La taxonomie a été conçue comme un outil objectivant les critères environnementaux pour prévenir le greenwashing. Les faibles scores d’alignement peuvent créer un effet déceptif mais ils reflètent la très faible part des activités des entreprises européennes conformes aux critères de la taxonomie.

Compte-tenu du calendrier d’entrée en vigueur de la taxonomie et du nombre de fonds qui investissent à la fois en Europe et sur d’autres marchés, ces données sont à ce stade majoritairement des données estimées par des fournisseurs tiers. L’alignement moyen à l’échelle de 14 fonds Greenfin est de 21,5 %. Ces fonds figurent dans le tableau parmi les fonds multi-labellisés.

La transition, un concept attractif à intégrer dans les référentiels

Si les entreprises majoritairement brunes et vertes (axées sur les solutions) sont relativement bien identifiées grâce à leur secteur d’activité, le débat sur ce que sont les entreprises en transition écologique et comment évaluer la crédibilité de leur transition est très vif. Sur l’ensemble du marché des fonds européens, labellisés ou non, on observe un attrait pour les fonds qui disent mêler des activités vertes et des activités de transition. Les données Morningstar3, montrent un changement assez radical du marché européen. En 2021, les fonds axés sur la transition climatique attiraient encore des volumes d’encours comparables aux collectes des fonds dit low carbon et de ceux axés sur les « solutions » au changement climatique, tandis que depuis 2022 ces fonds «Climate Transition» s’accaparent l’essentiel de la collecte, au détriment des fonds « Climate Solutions » ou encore des fonds d’obligations vertes. À leur tour, les labels commencent à s’emparer de cette évolution structurelle du marché. On peut notamment citer le label autrichien Umweltzeichen, qui étudie actuellement la possibilité d’intégrer dans son référentiel des critères de transition applicables aux entreprises encore partiellement actives dans les énergies fossiles. Le label allemand FNG démarre de son côté un travail sur la faisabilité d’intégration de critères axés sur la transition au sein de la certification.

Les labels modifient leurs référentiels

L’année 2023 aura été marquée par la refonte de nombreux référentiels :

« Notre étude est utile dans un moment crucial pour les labels européens. Elle permet de faire le point sur un marché qui redevient très utile dans la mesure où la réglementation SFDR demandant aux fonds de s’auto-classifier Article 8 ou 9, a montré ses limites. Les labels restent en principe le meilleur moyen de répondre aux attente des épargnants qui veulent des produits lisibles et clairs. C’est loin d’être gagné : non seulement chacun des labels a des caractéristiques différentes, mais beaucoup d’entre eux sont en pleine refonte. Il faudrait converger vers des standards susceptibles d’embarquer les épargnants européens dans le financement du Green Deal mais le projet d’ecolabel pour la finance est porté disparu ».

Anne-Catherine Husson-Traore, Directrice Générale de Novethic.

À propos de Novethic, l’accélérateur de transformation durable de la Caisse des Dépôts

Informer, former et susciter l’action des acteurs financiers, des entreprises et des citoyens est notre mission. À la croisée des stratégies de finance durable et des pratiques de responsabilité sociétale des entreprises, Novethic déploie ses expertises – média, recherche, audit et formation – pour permettre aux professionnels de relever les défis de la transformation durable.

Fondée en 2001, Novethic est une filiale du Groupe Caisse des Dépôts.

Préparation CSRD pour un reporting durable avec l’ESRS ?

La CSRD et les normes ESRS de l’UE entreront en vigueur progressivement à partir de janvier 2024. L’AMF propose des directives pour accompagner les sociétés cotées dans leur adaptation à cette nouvelle réglementation.

Les entreprises jouent un rôle clé dans la transition énergétique, avec des évolutions tant incrémentales que structurelles, notamment grâce aux ESRS, qui visent à utiliser la comptabilité pour évaluer l’impact de l’entreprise sur son environnement.

Mais quelles sont les spécificités, les domaines d’application, les limites, et quelles entreprises sont concernées par ces normes ?

La CSRD et les Normes de Reporting : Quelles Évolutions ?

À partir de 2024, la directive européenne CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) introduira des obligations plus strictes en matière de reporting de durabilité. Elle a pour objectif d’harmoniser les rapports de durabilité des entreprises et d’améliorer la qualité et l’accessibilité des données publiées. De nombreuses entreprises seront tenues de suivre les normes européennes de reporting de durabilité obligatoires et de divulguer des informations détaillées sur leurs risques, opportunités, et impacts significatifs liés aux questions sociales, environnementales et de gouvernance.

Calendrier de Mise en Place

Le champ d’application de la CSRD se déroulera progressivement selon le calendrier suivant :

– À partir du 1er janvier 2024 (pour les rapports publiés en 2025), les entreprises relevant déjà de la directive européenne NFRD (Non-Financial Reporting Directive) et publiant une déclaration de performance extra-financière (DPEF) seront concernées. Cela inclut les entreprises cotées ayant plus de 500 employés, un chiffre d’affaires supérieur à 40 millions d’euros et/ou un total de bilan supérieur à 20 millions d’euros.

– À partir du 1er janvier 2025, toutes les autres grandes entreprises européennes, c’est-à-dire celles répondant à au moins deux des trois critères suivants : 250 employés, 40 millions d’euros de chiffre d’affaires ou 20 millions d’euros de total de bilan.

– À partir du 1er janvier 2026, les PME cotées sur les marchés réglementés, à l’exception des microentreprises, avec la possibilité de retarder leurs obligations de deux ans supplémentaires.

– À partir du 1er janvier 2028, certaines grandes entreprises non européennes ayant un chiffre d’affaires européen supérieur à 150 millions d’euros et une filiale ou succursale basée dans l’Union européenne seront également concernées.

Normes ESRS : Les Nouvelles Règles du Jeu

La CSRD prévoit la création de normes européennes de reporting de durabilité détaillées, appelées normes ESRS (European Sustainability Reporting Standards), visant à encadrer et à harmoniser les publications des entreprises. Ces normes seront introduites progressivement, d’abord des normes universelles applicables à toutes les entreprises, suivies de normes sectorielles et de normes spécifiques pour les PME cotées sur les marchés réglementés. L’EFRAG (groupe consultatif européen sur l’information financière) a été mandaté par la Commission européenne pour préparer ces normes.

Préparation et Conformité : Les Clés du Succès

En parallèle, une analyse approfondie des textes et une expertise dans les domaines de la durabilité sont essentielles pour se conformer à ces nouvelles réglementations. Les entreprises devront impliquer toutes les fonctions de l’entreprise, adopter des outils adaptés à la collecte et à la construction des données, mettre en place un contrôle interne robuste du reporting de durabilité, et s’assurer de la cohérence entre l’information financière et non financière.

L’AMF, Partenaire dans l’Adaptation au Changement

La CSRD est un défi majeur pour les entreprises, nécessitant des efforts considérables. L’AMF continuera d’accompagner les acteurs dans la mise en œuvre de ce cadre réglementaire en constante évolution.

ESRS : Vers une Comptabilité Intégrée

Qu’est-ce que l’ESRS ?

L’ESRS, acronyme pour European Sustainability Reporting Standards, désigne un ensemble de normes et d’indicateurs établis au niveau européen par la Commission Européenne. Ces normes ont pour but de réguler l’impact et la communication des entreprises en matière de développement durable. Elles sont obligatoires pour toutes les entreprises de l’Union Européenne tenues de publier des rapports de durabilité, conformément à la CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive).

Intégration des Aspects Environnementaux et Sociaux

L’objectif principal de l’ESRS est d’accroître la qualité de l’information fournie par les entreprises et de favoriser une plus grande transparence dans les pratiques des organisations. Cela signifie que la comptabilité des entreprises ne se limite plus aux aspects financiers, mais englobe également des considérations environnementales et sociales, fournissant ainsi une vision plus complète et pertinente de leurs activités. L’ESRS encadre non seulement le contenu, mais aussi le format de ces rapports de durabilité.

CSRD et ESRS : Un Duo Gagnant

La Relation avec la CSRD

L’ESRS est une composante spécifique de la Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD), une directive sur le reporting extra-financier. Les informations couvertes par l’ESRS incluent la définition des enjeux environnementaux à court, moyen et long terme, l’impact des activités de l’entreprise sur son environnement, la lutte contre la corruption, la diversité au sein des conseils d’administration, et la conformité avec des valeurs telles que les droits de l’homme et la diversité.

Une Vision Stratégique Élargie

L’ESRS n’est pas uniquement une formalité administrative, mais un outil de soutien aux décisions stratégiques de l’entreprise. Il aide à identifier les risques potentiels, à anticiper les défis et à mettre en œuvre de nouvelles solutions. Ces informations peuvent être communiquées aux parties prenantes telles que les investisseurs, les fournisseurs, les partenaires et les candidats.

Une Obligation Progressive

Pour qui l’ESRS est-elle Obligatoire ?

Actuellement, l’ESRS est obligatoire uniquement pour les entreprises déjà soumises à la CSRD. En d’autres termes, cela concerne les entreprises de l’Union Européenne employant plus de 500 personnes, ce qui représente plus de 11 700 grandes entreprises et groupes.

Avantages et Inconvénients de l’ESRS

Avantages :

L’ESRS offre plusieurs avantages. Il permet aux entreprises de mieux comprendre leurs enjeux liés au développement durable, comme la réduction des émissions, et de prendre des décisions stratégégiques éclairées. Il fournit un cadre clair et cohérent, tout en créant une base de connaissances européenne pour évaluer et ajuster les mesures. Il aide à anticiper les risques futurs et à prendre des mesures proactives.

Inconvénients :

La mise en œuvre de l’ESRS implique de nouvelles obligations et des coûts en termes de ressources humaines et financières. Pour les petites entreprises, cela peut sembler être une charge supplémentaire. Cependant, il est probable que, à l’avenir, cela devienne la norme.

Déploiement de l’ESRS : 3 Principaux Défis pour les Entreprises

La mise en œuvre de l’ESRS engendre trois défis majeurs pour les entreprises :

1. Audit Externe : Les entreprises doivent se soumettre à un ou plusieurs audits pour vérifier la conformité de leurs déclarations. Cela nécessite une organisation transparente et rigoureuse.

2. Assurance Limitée : Dans un premier temps, les enjeux sont relativement faibles, mais ils pourraient évoluer vers une assurance plus complète. L’ESRS ne devrait pas être seulement un rapport, mais aussi un outil stratégique pour l’efficacité opérationnelle et la durabilité de l’entreprise.

3. Réflexion Stratégique sur la Comptabilité : Les entreprises doivent revoir leur analyse de matérialité, analyser leur chaîne de valeur, et examiner en profondeur les exigences de divulgation définies dans les ESRS. Cette démarche permet d’identifier les impacts, les risques et les opportunités, ainsi que les enjeux stratégiques à moyen et long terme.

Matrice de Double Matérialité : La Base de l’ESRS

La mise en place de l’ESRS s’inspire de la matrice de double matérialité qui exige des entreprises de communiquer sur :

1. Les impacts de leurs activités sur les individus et l’environnement.

2. Comment les questions de durabilité les affectent.

En fin de compte, ces normes standardisent les rapports extra-financiers des entreprises en prenant en compte les aspects environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG).

Le Futur de l’ESRS

En plus des normes générales, des normes spécifiques à chaque secteur d’activité sont prévues. Celles-ci traitent des questions environnementales, sociales et de gouvernance liées au secteur. Cette approche sectorielle vise à répondre de manière plus précise aux besoins de chaque industrie.

Le Rôle du Développement Durable dans la Stratégie d’Entreprise

L’ESRS marque un tournant vers une prise de décision basée sur des considérations environnementales. Le développement durable pourrait devenir le facteur central dans les décisions des entreprises, ce qui est un signe positif compte tenu des enjeux liés au changement climatique.

La directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) relative à la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises sera bientôt intégrée dans le droit français, prenant effet à partir du 1er janvier 2024.

Une avancée significative réside dans l’introduction du principe de double matérialité. Cela signifie que les entreprises devront identifier leurs principaux enjeux ESG en considérant à la fois les impacts de leurs activités sur la société et l’environnement, ainsi que les risques et opportunités liés à ces enjeux pour leurs activités.

Bruno Boggiani, CEO STRATEGGYZGreen Finance commente cette actualité et souligne l’importance de cette évolution réglementaire. De nombreuses entreprises devront apprendre à structurer leur reporting ESG et leurs pratiques de diffusion de l’information. Cela sera nécessaire en raison de leur soumission directe à la CSRD ou de l’impact indirect des normes sur leurs activités, imposé par les exigences de leurs clients ou des partenaires financiers de projets immobiliers, tels que les Green bonds et Green loans.

En effet, tous les acteurs du secteur immobilier, y compris les gestionnaires d’actifs et les gestionnaires de biens, devront participer activement à la collecte et à la fiabilité des informations, y compris les indicateurs extra financiers en plus des indicateurs financiers. Les professionnels de l’investissement devront également intégrer ces aspects dès les phases de due diligence.

Pour eux, cette réglementation représente une opportunité exceptionnelle pour les entreprises de l’immobilier et de la construction de placer les enjeux ESG au cœur de leur stratégie.

Chiffres clés sur les énergies renouvelables

La dernière édition des Chiffres clés sur les énergies renouvelables vient de paraître !

Très diverses, les énergies renouvelables en France regroupent une dizaine de filières.
Quelles sont les filières qui se développent le plus ? Le bois-énergie et l’hydraulique sont les plus développées, mais l’éolien et les pompes à chaleur sont parmi celles qui progressent le mieux ces dernières années.
Comment évolue la production d’énergie de sources renouvelables ? En croissance régulière depuis plusieurs années, les énergies renouvelables représentent 14,0 % de la consommation d’énergie primaire française en 2022, contre 8,8 % dix ans plus tôt. Leur poids dans l’économie française augmente : en 2020, elles représentent 10,8 Md€ d’investissements et 85 000 emplois en équivalent temps plein.
Comment la France se situe par rapport à ses objectifs et ses voisins européens ? Selon les règles de calcul européennes, la part des énergies renouvelables atteint 20,7 % de la consommation finale brute d’énergie en 2022. En 2021, la France se situait à la 14e position de l’Union européenne pour cet indicateur. En niveau absolu, la France est le deuxième producteur européen de biomasse, d’hydroélectricité, de déchets renouvelables et de géothermie.

Principaux résultats

La consommation et la production d’énergies renouvelables en France

En 2022, les énergies renouvelables représentent 14,0 % de la consommation d’énergie primaire française. Cette part est en progression régulière depuis une dizaine d’années. La croissance importante de la production primaire d’énergies renouvelables depuis 2005 (+ 75 %) est principalement due à l’essor des biocarburants, des pompes à chaleur, de la filière éolienne et de la filière photovoltaïque. Calculée selon les règles de la directive européenne (UE) 2018/2001, dite RED II, la part des énergies renouvelables dans la consommation finale brute d’énergie française atteint 20,7 % en 2022.

Les énergies renouvelables dans l’économie française

En 2020, 10,8 milliards d’euros d’investissements et 85 000 emplois en équivalent temps plein sont liés aux énergies renouvelables. Les soutiens publics à leur déploiement représentent, en 2021, une dépense de l’ordre de 4,3 milliards d’euros pour l’État, qui finance en outre de la R&D dans ce domaine à hauteur de 188 millions d’euros.

Les différentes filières d’énergies renouvelables en France

Les énergies renouvelables en France se répartissent en une dizaine de filières, développées à plus ou moins grande échelle selon les régions. La production de certaines filières peut varier fortement sans possibilité de contrôle du fait de la pluviométrie, de l’ensoleillement ou du vent. Le climat a en outre un impact important sur la consommation d’énergie, en particulier sur celle de biomasse, principalement utilisée pour le chauffage.

La place de la France en matière d’énergies renouvelables en Europe et dans le monde

La France est le deuxième producteur primaire d’énergies renouvelables en Europe en 2021, derrière l’Allemagne. Elle est première pour les pompes à chaleur et deuxième pour l’hydroélectricité, la biomasse solide, les déchets renouvelables et la géothermie. En classant les 27 pays de l’Union européenne selon la part de leur consommation finale brute d’énergie produite à partir de sources renouvelables, au sens de la directive européenne RED II, la France occupe la 14e position en 2021.

Énergies renouvelables (EnR)

Énergies dérivées de processus naturels en perpétuel renouvellement, notamment celles d’origine solaire, éolienne, hydraulique, géothermique ou végétale (bois, biocarburants etc.). On distingue ainsi parmi les sources d’énergies renouvelables, le soleil (photovoltaïque ou thermique), le vent (éolienne), l’eau des rivières et des océans (hydraulique, marémotrice etc.), la biomasse, qu’elle soit solide (bois et déchets d’origine biologique), liquide (biocarburants) ou gazeuse (biogaz) ainsi que la chaleur de la terre (géothermie) et celle extraite par des pompes à chaleur.

Promouvoir la transition écologique des entreprises à travers la RSE

La RSE, qui signifie Responsabilité Sociétale des Entreprises, englobe l’ensemble des considérations sociales et environnementales au sein des entreprises, ainsi que les mesures et changements adoptés pour les promouvoir. En résumé, la RSE symbolise l’engagement des entreprises en faveur du développement durable.

La RSE, qu’est-ce que c’est ?

En adoptant une démarche RSE, les entreprises visent à se développer en tenant compte des aspects sociaux et environnementaux de notre monde actuel, ainsi que de leur impact sur ces domaines. L’objectif est d’engendrer un impact positif sur la société et l’environnement, tout en maintenant leur stabilité économique et rentabilité. Cela revient à trouver un équilibre entre la conscience écologique et sociale, la production respectueuse de l’environnement, l’accessibilité et, bien sûr, la rentabilité.

Pour orienter les entreprises dans cette démarche, un standard international détermine sept principaux domaines de la RSE : la gouvernance de l’organisation, les droits de l’homme, les relations et conditions de travail, l’environnement, l’éthique dans les pratiques commerciales, les préoccupations liées aux consommateurs, ainsi que l’engagement envers les communautés locales et le développement.

RSE et entreprises : que dit la loi ?

N’importe quelle entreprise, quelle que soit sa taille, sa forme juridique ou son secteur d’activité, a la possibilité d’adopter une approche RSE. En France, un cadre législatif et réglementaire lié à la RSE est progressivement mis en place, en constante évolution en raison de la nature relativement récente de cette démarche, qui trouve son origine dans les préoccupations et la prise de conscience contemporaines face aux enjeux sociétaux et environnementaux actuels.

La loi PACTE du 22 mai 2019 a marqué un tournant significatif en introduisant de nouvelles dispositions visant à renforcer davantage la RSE et l’engagement des entreprises. Elle a créé le statut d’entreprise à mission, permettant aux entreprises de faire figurer leurs engagements au cœur de leur identité, notamment à travers leur raison d’être, et de définir des axes d’action spécifiques. En d’autres termes, une entreprise peut choisir un objectif social et/ou environnemental qui devient sa mission, complémentaire à son activité principale.

Transition écologique : 3 aides aux entreprises

Engagement dans la transition écologique : Diverses approches possibles

La transition écologique, bien que faisant partie intégrante de la RSE, joue un rôle essentiel dans la transformation des entreprises, en les sensibilisant à leur empreinte et à leur impact. Elle représente également une démarche graduelle d’engagement, où des actions simples peuvent servir de point de départ pour une transition plus vaste à l’avenir.

De fait, cette dernière peut se manifester à travers différents moyens, notamment :

Transition d’ensemble

Cela peut inclure des actions telles que la conception écologique des produits, la révision de l’organisation du travail, l’intégration du développement durable dans la stratégie de production et de marketing, et plus encore. En résumé, il s’agit d’envisager la transition écologique à tous les niveaux de l’entreprise, de la conception à la vente, en passant par la fabrication, la gestion de l’énergie et les conditions de travail des employés.

S’investir dans l’économie d’énergie

La révision de vos contrats existants avec les fournisseurs d’énergie, la réduction de la consommation d’éclairage ou de chauffage, ou même la planification d’une rénovation énergétique des locaux sont autant de possibilités pour réaliser des économies d’énergie. Le choix des solutions dépendra de votre secteur d’activité, de vos besoins spécifiques, ainsi que du bien-être de vos employés. Il s’agit une fois de plus de trouver l’équilibre entre l’engagement, la stabilité et le confort.

Minimiser la production de déchets

Que vous offriez des produits ou des services, la production de déchets est inévitable. Il est donc impératif de mettre en place un système de tri pour que tous les employés puissent contribuer au recyclage ou à la valorisation des déchets en fonction de leur nature et de leur état. Depuis 2022, la loi AGEC impose certaines obligations aux entreprises, sous certaines conditions, en matière de recyclage, de valorisation, de réutilisation des déchets, ou de reprise des déchets de leurs clients.

Aides aux entreprises pour la transition écologique

1 – Bénéficier de soutien financier via l’ADEME

L’ADEME, ou Agence de la Transition Écologique, se consacre à accompagner les entreprises dans l’adoption de pratiques énergétiques plus respectueuses de l’environnement, ainsi que dans la gestion et le tri de leurs déchets. En d’autres termes, l’ADEME vise à orienter les entreprises vers des opérations plus éco-responsables, en les soutenant financièrement à travers divers programmes, notamment :

1. “Tremplin pour la Transition Écologique” : Un programme de financement d’investissements et d’études conçu pour soutenir des projets de transition écologique. Il est accessible aux TPE et PME dans toute la France, quelle que soit leur structure juridique, à l’exception des micro-entreprises.

2. Appel à projet “Recyclage des plastiques, composites et élastomères” : L’objectif de cet appel est de promouvoir des projets innovants de recyclage visant à augmenter l’utilisation de matières biodégradables ou recyclées dans la production.

D’autres aides et appels à projets sont disponibles, en fonction de la taille, du statut et des objectifs de votre entreprise. Ces programmes visent à soutenir des projets axés sur l’innovation, la recherche et le développement, en mettant l’accent sur l’économie circulaire et la performance énergétique, principalement.

2 – Le prêt dédié à l’énergie respectueuse de l’environnement (PEE)

Le prêt éco-énergie, proposé par Bpifrance, a pour objectif d’apporter un soutien financier aux entreprises et de les accompagner dans leur transition vers des pratiques plus respectueuses de l’environnement et de l’énergie. Il est destiné aux micro-entreprises, TPE et PME ayant une ancienneté de plus de 3 ans, avec un montant maximal de 100 000 euros.

3 – Les aides fiscales

Les entreprises engagées dans une démarche de transition écologique peuvent accéder à des avantages fiscaux lors de l’acquisition de matériel visant à réduire la consommation d’énergie ou d’équipements de production d’énergies renouvelables, tels que des panneaux solaires ou une pompe à chaleur, par exemple. De plus, deux types de crédits d’impôts pour la rénovation énergétique des locaux commerciaux sont disponibles jusqu’en 2024 : le crédit d’impôt pour la rénovation énergétique des locaux des TPE et des PME, ainsi que le crédit d’impôt pour les entreprises réalisant des travaux de rénovation énergétique.

En résumé, la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) encourage les entreprises à prendre en considération les enjeux sociétaux, environnementaux et écologiques dans leurs processus de production et leur fonctionnement en général. Compte tenu des défis que peut représenter cette transition, l’État propose aux entreprises des aides financières, ainsi que des services de conseil et d’accompagnement pour les soutenir dans leurs efforts.

Bruno Boggiani, CEO STRATEGGYZGreen Finance propose à ce sujet des audits, formations et conseils aux entreprises et particuliers.

Stabilisation des données chinoises et accélération des mesures politiques

Le lent désendettement du secteur immobilier pèse encore sur le sentiment à l’égard des marchés actions chinois, mais le large éventail de mesures de relance du gouvernement commence à se refléter dans les dernières données, et les investisseurs devraient se positionner en anticipation d’un changement de sentiment.

  • La série de mesures de relance commence à contrer la pression déflationniste.
  • L’indice PMI, les échanges commerciaux, l’inflation, le crédit et les ventes au détail se sont tous stabilisés.
  • La domination des VE et la percée des puces symbolisent la croissance économique sous-jacente.

Le changement de politique favorable à la croissance commence à porter ses fruits

Un nombre record de voyageurs a transité par les aéroports, les hôtels et les gares de Chine pendant les vacances de la fête nationale au cours de la première semaine d’octobre 2023. Le nombre de passagers intérieurs en Chine s’élevait à 71,4 millions pour le transport ferroviaire et à 8,3 millions pour le transport aérien au cours des quatre premiers jours de la semaine d’or qui dure huit jours, soit une hausse de 25,7 % et de 11,4 % respectivement par rapport à 2019.

À l’inverse de cette image de l’économie chinoise, le lent désendettement du secteur immobilier, après une décennie et demie d’excès, pèse sur le sentiment. La situation est contrastée, mais nous pensons que les investisseurs devraient tenir compte de l’amélioration progressive et envisager de saisir les opportunités d’investissement à mesure que l’économie dans son ensemble se stabilise.
La bonne nouvelle est que les ventes au détail sont stables et que le secteur manufacturier chinois a rebondi en septembre avec un indice PMI de 50,2, entrant ainsi dans la zone d’expansion pour la première fois depuis le mois d’avril, tandis que l’indice PMI non manufacturier a progressé à 51,7, ce qui indique également une croissance.

Les données de l’indice PMI en septembre ont montré une hausse des prix des intrants et des extrants, ce qui indique que les mesures d’assouplissement pourraient déjà porter leurs fruits. C’est un signe encourageant suggérant que les changements de politique progressifs produisent leurs effets et que l’objectif de croissance de 2023 fixé à « environ 5 % » n’est pas hors de portée.

Le déploiement de la politique s’accélère

La Chine accélère la mise en œuvre des divers changements de politique sectoriels et ciblés pour soutenir la croissance. Les mesures prises depuis le mois d’août sont résumées ci-dessous. Nous pensons que les autorités chinoises ressentent également des pressions pour maintenir les niveaux d’emploi et lutter contre le chômage des jeunes. Chaque baisse d’un point de la croissance du PIB se traduit par une perte significative d’emplois, ce qui peut avoir un impact sur les salaires, le revenu et le sentiment des consommateurs.

Immobilier

Shanghai, Pékin, Shenzhen et Guangzhou ont assoupli les critères d’identification des prêts hypothécaires, ce qui permet aux acheteurs potentiels d’obtenir plus facilement de meilleures conditions. Des mesures d’assouplissement en matière de prêts hypothécaires ont été prises à l’échelle nationale, tant pour les résidences principales que pour les résidences secondaires, notamment la réduction des ratios d’acompte et des taux hypothécaires. Des incitations fiscales ont également été mises en place, telles que l’augmentation des abattements de l’impôt sur le revenu des personnes physiques pour l’éducation et la prise en charge des enfants, afin d’alléger la pression financière qui pèse sur les acheteurs potentiels de biens immobiliers. Guangzhou, une ville de 1er rang, a levé les restrictions à l’achat dans deux districts secondaires en septembre.

Dette des gouvernements locaux

Un autre problème structurel est le niveau d’endettement des gouvernements locaux qui empêche la transmission d’une politique budgétaire expansionniste. En septembre, la Mongolie intérieure a émis des obligations de refinancement pour rembourser les dettes contractées auprès des entreprises. Cette solution pourrait servir de modèle à d’autres provinces et faire l’objet d’un examen plus approfondi en tant que solution globale potentielle au cours du quatrième trimestre.

Marchés des capitaux

Les mesures visant à stimuler les marchés des capitaux comprennent la réduction de moitié du droit de timbre sur les transactions boursières, la réduction des ratios de marge pour les transactions sur marge, ainsi que le ralentissement du rythme des introductions en bourse.

Secteur privé

Le secteur privé bénéficie d’un répit par rapport à la pression réglementaire, avec des signes de détente dans des secteurs tels que les technologies de l’Internet. Les « trois grandes montagnes » auxquelles sont confrontés les citoyens chinois moyens – le secteur immobilier, l’éducation et la santé – ne font plus l’objet d’une surveillance réglementaire aussi étroite que dans les années précédentes. La prochaine introduction en bourse du groupe logistique Cainiao, qui constitue la plus importante de l’année au niveau mondial, est également un signe d’encouragement pour les entreprises du secteur privé.

Politique monétaire

La politique monétaire de la Chine devrait être accommodante à l’avenir, contrairement aux États-Unis et à l’Europe qui sont confrontés à des banques centrales offensives et à un durcissement rapide des conditions de crédit. La Banque populaire de Chine (PBoC) a abaissé ses taux directeurs en août, réduisant plus tôt que prévu le taux de la facilité de prêt à moyen terme (MLF) à un an de 15 pb à 2,5 %. Elle a également procédé à une réduction de 10 pb du taux préférentiel de prêt à un an (LPR) et à une réduction de 25 pb du taux de réserves obligatoires (RRR).

Percée technologique de la Chine et signes de dégel dans les relations entre les États-Unis et la Chine

Le principal frein au changement du sentiment à l’égard du marché actions chinois, outre le marché immobilier, a été la détérioration constante des relations entre les États-Unis et la Chine. Les investisseurs craignent que les progrès technologiques de la Chine ne soient paralysés par des sanctions commerciales, ce qui ne semble pas être le cas jusqu’à présent.

La percée de Huawei dans le secteur des semi-conducteurs témoigne de la volonté de la Chine de devenir autosuffisante dans cette technologie essentielle, malgré les restrictions imposées par les États-Unis. La part de marché croissante du pays dans le secteur des véhicules électriques (VE), qui dépasse le Japon en tant que premier exportateur de voitures, pourrait également inciter les investisseurs à réévaluer les perspectives de la Chine.

En outre, les relations officielles entre les États-Unis et la Chine se sont légèrement améliorées, avec la mise en place de groupes de travail sur les questions économiques et financières, en vue de faciliter les communications en matière de politique.

Le marché actions reste calme, mais des catalyseurs potentiels se profilent à l’horizon

Parmi les principaux catalyseurs potentiels du marché qu’il faut surveiller figurent les données du marché immobilier qui reflètent la confiance des acheteurs, la troisième session plénière du Parti communiste chinois (probablement prévue en novembre) qui portera sur les politiques et les réformes économiques, et le sommet de l’APEC qui réunira Xi Jinping et Joe Biden à San Francisco en novembre.

Nous pensons qu’un nouvel assouplissement de la politique en matière budgétaire et en matière de logement est probable, tandis que les mesures de politique monétaire dépendront des données, à mesure que l’économie se prépare pour une reprise plus durable.
Le sentiment du marché a été au plus bas, mais l’amélioration continue des données pourrait conduire à un rebond du marché actions chinois, en particulier dans le contexte saisonnier favorable du quatrième trimestre. Dans le cadre de nos stratégies spécifiques à la Chine, nous continuons de privilégier des thèmes comme l’économie verte, l’innovation technologique et la mise à niveau technologique de la base industrielle de la Chine.

La tendance des bénéfices est restée modérée, mais une reprise des bénéfices constituerait un catalyseur majeur pour les marchés actions chinois, et les investisseurs à long terme devraient se positionner en anticipation d’une telle reprise.

À propos de Robeco 

Robeco est un spécialiste international de la gestion d’actifs. L’entreprise fondée en 1929 est basée à Rotterdam, aux Pays-Bas, et compte 16 bureaux dans le monde entier. Leader mondial de l’investissement durable depuis 1995, son intégration de recherches durables, fondamentales et quantitatives lui permet d’offrir aux investisseurs institutionnels et privés une vaste gamme de stratégies d’investissement actives couvrant un large éventail de classes d’actifs. Au 31 décembre 2022, Robeco avait 171 milliards d’euros d’actifs sous gestion, dont 168 milliards intégrant les critères ESG. Robeco est une filiale d’ORIX Corporation Europe N.V.

Lancement de la 3e édition de TRANSITIONS

À l’occasion de la parution de “Modèles et données pour l’environnement”, le troisième opus de la revue Transitions, l’École des Ponts ParisTech organise un évènement de lancement autour de trois tables rondes le 26 octobre en présence des contributeurs de ce dernier numéro.

Transitions interroge l’impact des sciences des données et de la simulation numérique sur trois des grands défis qui caractérisent la transition écologique : la mobilité et les transports, le climat et l’environnement, la production et l’acheminement de l’énergie.

« La planète se réchauffe et la responsabilité humaine est au cœur de la crise. Les sciences et en particulier, les sciences du numérique ont leur rôle à jouer dans ce contexte à la fois pour affiner et conforter le diagnostic, comprendre les mécanismes en jeu, anticiper les conséquences parfois catastrophiques mais aussi pour proposer de nouvelles manières de produire et consommer de l’énergie, de se déplacer, de se nourrir, en bref, d’interagir avec notre environnement de manière plus respectueuse et durable » précisent Tony Lelièvre, chercheur en mathématiques appliquées, directeur du laboratoire CERMICS et David Picard, chercheur en informatique, laboratoire d’informatique Gaspard-Monge (LIGM), les deux coordinateurs scientifiques de ce nouveau numéro

Programme de l’événement :

  • 8h30-9h : accueil
  • 9h30 – 10h30 : Table ronde 1. Transport
  • 10h30 – 11h30 : Table ronde 2. Climat
  • 11h45 – 12h45 : Table ronde 3. Énergie
  • 12h45 – 13h00 : Conclusion

Carbone 4 et emlyon lancent la chaire « Stratégie en Anthropocène »

emlyon business school et Carbone 4, cabinet de conseil spécialisé dans la décarbonation et l’adaptation au changement climatique, lancent la chaire « Stratégie en Anthropocène » dirigée par Thomas Gauthier. La création de cette chaire confirme le très fort engagement des deux organisations dans le développement d’approches méthodologiques originales et performantes qui outilleront les leaders et dirigeants pour en faire les maitres d’œuvre de la transition.

Une approche renouvelée de la stratégie en Anthropocène

Le dérèglement climatique, l’érosion de la biodiversité et l’appauvrissement des sols sont les symptômes de ce qui est amené à être bientôt reconnu par la communauté scientifique comme une nouvelle époque géologique. Son nom : l’Anthropocène. Sa principale caractéristique : l’avènement de l’être humain comme principale force de changement sur Terre, au moins aussi puissante que les forces géophysiques. Pour la première fois de son histoire, l’humanité se confronte aux limites de son environnement naturel et biophysique.

Pour une entreprise, cette situation inédite conduira, à court ou moyen terme, à des transformations structurelles, parfois brutales et surtout peu prévisibles, de son environnement d’affaires direct, mais aussi plus largement du système socio-économique dans lequel elle évolue (changement des comportements, recomposition des chaines de valeur ou encore évolutions des normes sociales et des institutions). Pour anticiper et se préparer à ces transformations, les approches classiques ne sont plus adaptées. Elles consistent principalement à prolonger ou à infléchir les tendances historiques (« business as usual ») et s’avèrent souvent court-termistes et trop cloisonnées. Par ailleurs, alors que la transition bas carbone est un défi collectif auquel toutes les organisations font face, de telles approches ne permettent pas l’identification des potentielles voies de collaboration entre elles, bien que cela soit essentiel.

Les grands axes de la nouvelle chaire « Stratégie en Anthropocène »

La chaire fondée par emlyon business school et Carbone 4 “Stratégie en Anthropocène” a pour ambition de contribuer à développer un cadre et une méthode de réflexion stratégique à l’épreuve de l’Anthropocène et des limites planétaires, destinés aux entreprises. En pratique, il s’agira de :

  • Conduire un travail de recherche de niveau doctoral autour du leadership stratégique et de la fabrique de coalitions en Anthropocène,
  • Rendre le plus largement possible accessibles les résultats de recherche et les méthodes de réflexion stratégique en Anthropocène par le biais de publications (publications scientifiques, articles destinés aux professionnels, ouvrages) et d’évènements,
  • Concevoir et tester un dispositif pédagogique visant à permettre l’acculturation et la montée en compétences des professionnel.les et des étudiantes et étudiants, puis au-delà à imaginer puis conduire des stratégies à la hauteur des enjeux de l’Anthropocène.

Le sponsor de la chaire pour Carbone 4 est Laurent Morel, associé du cabinet, qui met depuis plusieurs années son expérience de dirigeant au service d’initiatives aidant les entreprises à construire un chemin de transition robuste. Laurent Morel est par ailleurs le Président de l’Institut Français pour la Performance du Bâtiment, une alliance d’acteurs économiques qui s’attachent à mettre en œuvre les moyens d’une transition énergétique réaliste et ambitieuse dans le secteur du bâtiment tertiaire. Il est administrateur du think tank The Shift Project.

Il est accompagné de deux représentants de la Chaire pour Carbone 4, Jacques Portalier, Senior Manager, et Romain Grandjean, Manager.

Pour Laurent Morel, associé de Carbone 4 : « Pour contribuer à la transition, les entreprises ont plus que jamais besoin de se figurer et comprendre quel pourrait être leur rôle, dans un futur indéterminé, mais en cohérence avec les contraintes environnementales. C’est la raison d’être de Carbone 4 que de les y aider. Un important travail méthodologique est en cours et cette Chaire de recherche fondée avec emlyon business school en sera le catalyseur. »

Isabelle Huault & Laurent Morel

Pour Isabelle Huault, Présidente du Directoire et Directrice Générale d’emlyon business school : « La question environnementale est pour emlyon un axe stratégique majeur. Nous nous réjouissons du lancement de cette Chaire avec Carbone 4 qui reflète la mobilisation de toutes nos énergies sur ces enjeux vitaux pour la Planète. Avec la Chaire « Stratégie en Anthropocène », nous sommes pionniers comme nous l’avons été dans l’intégration des thématiques environnementales dans tous les enseignements dispensés à emlyon. »

Pour Thomas Gauthier, Professeur à emlyon et titulaire de la chaire « Stratégie en Anthropocène » :« L’Anthropocène appelle un changement radical de la pensée et de l’action stratégiques ; les entreprises doivent mettre en œuvre des moyens inédits pour percevoir et faire sens du monde qui vient, afin de pouvoir mieux se transformer et contribuer à bâtir des mondes « habitables ».  

À propos de Carbone 4

Carbone 4 accompagne la transformation du monde vers la décarbonation, la préservation de la biodiversité et l’adaptation au changement climatique. Carbone 4 accompagne ses client·es dans la construction de stratégies résilientes et compatibles avec les limites planétaires en mettant à profit son expertise de référence, ses expériences sectorielles et ses méthodologies de pointe.

À propos d’emlyon business school

Fondée en 1872 par la CCI de Lyon, emlyon business school accueille 9 050 étudiantes et étudiants de 125 nationalités sur 6 campus dans le monde (Lyon-Écully, Saint-Étienne, Shanghai, Paris, Bhubaneswar et Mumbai). emlyon s’appuie sur une Faculté de 166 professeures et professeurs-chercheurs internationaux et un réseau de 200 partenaires académiques à travers le globe pour proposer des parcours d’apprentissage d’excellence et ouverts sur le monde. L’École compte une communauté de 41 700 diplômées et diplômés dans 130 pays. Société à Mission depuis juillet 2021, emlyon a pour raison d’être de : « former et accompagner tout au long de leur vie des personnes éclairées qui transforment les organisations avec efficacité pour une société plus juste, solidaire et respectueuse de la planète ». Sa pédagogie early makers relie étroitement action et réflexion. Elle place l’hybridation des compétences et la responsabilité sociale au cœur de ses programmes de formation pour faire se rencontrer le meilleur des mondes socio-économique et académique.

Immobilier coté : il est encore temps d’agir

Grâce à une analyse des données sur l’immobilier coté et non coté, l’équipe Construction de portefeuille et Stratégie de Janus Henderson Investors met en évidence les opportunités actuellement offertes par le secteur de l’immobilier coté.

Points à retenir :

·       La sous-performance actuelle des FPI cotés suggère qu’une grande partie des mauvaises nouvelles des 12 derniers mois a déjà été intégrée dans les cours.

·       La fin des efforts de durcissement monétaires des banques centrales semblant en vue, les valorisations immobilières prospectives pourraient être proches de leur point bas durant ce cycle.

·       Dans un contexte de taux d’intérêt plus élevés, le fait d’être moins endetté peut accroître sensiblement la stabilité des FPI. Les FPI les moins endettées pourraient être en mesure de profiter des opportunités d’achat.

Dans sa dernière revue semestrielle, l’équipe Actions immobilières de Janus Henderson Global a présenté ses perspectives pour le secteur de l’immobilier coté en bourse. Nous partageons le point de vue optimiste de l’équipe et identifions des opportunités futures dans les fonds de placement immobilier (FPI).

Nous nous basons sur trois raisons, à savoir :

·       Les FPI cotés continuent de se négocier avec une forte décote par rapport à la valeur de leur actif net et ont historiquement bénéficié d’une performance beaucoup plus solide après des périodes de forte décote.

·       L’approche de la fin du cycle de hausse des taux d’intérêt est très bénéfique aux FPI.

·       Les niveaux d’endettement sont aujourd’hui sensiblement inférieurs à la moyenne de la décennie précédente.

Forte décote par rapport à la valeur de l’actif net = opportunité

Au cours des dix dernières années, les FPI se sont en moyenne négociés au pair par rapport à la valeur de leur actif net (NAV). Il ne fait aucun doute que cette relation a été volatile, avec une prime la moitié du temps (en moyenne d’environ 9 %) et une décote le reste du temps (en moyenne environ 7,5 %). La décote affichée par les FPI au 30 juin 2023 était de 16 %, bien au-delà de la moyenne historique. Il s’agit pourtant d’une amélioration significative par rapport à une décote de 28 % à la fin de l’année 2022.
Si cette décote continue de diminuer, conformément à ce que nous avons observé lors des périodes de décote précédentes, nous pensons que les FPI offrent des opportunités attrayantes aux valorisations actuelles.

Dans notre précédent article intitulé « Immobilier coté et immobilier hors cote : actifs similaires, cours différents », nous avons souligné qu’à long terme, les actifs immobiliers cotés et non cotés produisent des performances similaires. Toutefois, à plus court terme, les flux de performance divergeront. Cela s’explique généralement par le fait que la valeur négociée des FPI cotés s’ajuste quotidiennement pour refléter les attentes et les conditions de marché alors que celle de l’immobilier non coté est décalée (jusqu’à 18 mois).

La sous-performance actuelle des FPI cotés suggère qu’une grande partie des mauvaises nouvelles des 12 derniers mois a déjà été intégrée dans les cours.

Le cycle de hausse des taux touche à sa fin : des performances attirantes ?

À l’heure où nous écrivons ces lignes, au troisième trimestre 2023, la plupart des grandes banques centrales du monde semblent avoir atteint ou approché la fin de leur cycle de durcissement monétaire.

Le secteur immobilier est très sensible à l’évolution des taux d’intérêt. Dans la plupart des cas, plus les taux d’intérêt sont élevés, plus ses valorisation prévisionnelles sont faibles. Alors que nous approchons de la fin de la hausse des taux, les valorisations prospectives de l’immobilier sont probablement plus proches de leur point bas dans ce cycle, si elles n’ont pas déjà atteint leur creux.

L’histoire suggère qu’il peut y avoir des opportunités dans les FPI après la fin des cycles de hausse des taux. Comme le montre l’Illustration 4 des cycles précédents, les FPI ont surperformé les actions dans les mois qui ont suivi une pause de la Réserve fédérale américaine (Fed).

La réduction de l’endettement permet-elle de saisir de meilleures opportunités ?

Dans le contexte actuel de taux de financement élevés et de taux de vacance supérieurs à la moyenne, il est très important d’évaluer la qualité et les fondamentaux des FPI. Dans l’ensemble, nous avons constaté une tendance à la baisse de l’endettement des FPI cotés en bourse et des niveaux d’endettement inférieurs à leur moyenne historique sur les cinq dernières années et plus. Dans un contexte de taux d’intérêt plus élevés, le fait d’être moins endetté peut accroître sensiblement la stabilité des FPI.

Si les attentes se tournent de plus en plus vers une baisse des taux d’intérêt, celle-ci n’interviendra probablement pas avant 2024. Dans l’intervalle, nous nous attendons à ce que certains FPI (cotés et non cotés) très endettés souffrant de coûts de financement plus élevés soient contraints de vendre des actifs. Les gagnants probables seront les FPI moins endettés qui devraient être mieux positionnés pour profiter des opportunités d’achat.

Les FPI au sein d’un portefeuille

Lors de nos examens des portefeuilles, nous constatons que les clients n’ont pas ou très peu d’exposition aux FPI. Pourtant, il s’agit d’une classe d’actifs qui peut offrir des avantages en termes de diversification et libérer un potentiel d’alpha. Cependant, les FPI ne sont pas tous égaux. La qualité est importante, probablement plus qu’elle ne l’a été au cours de la dernière décennie. Ainsi, les actifs situés dans des endroits attrayants, dans des bâtiments attrayants et efficaces sur le plan énergétique, et dont les coûts de financement sont viables, sont susceptibles d’être gagnants à terme. Le prix de certains de ces actifs ayant subi une correction agressive et excessive, nous pensons que les valorisations actuelles offrent encore des points d’entrée attrayants.

À propos                                          

Le groupe Janus Henderson est un gestionnaire d’actifs mondial de premier plan qui a pour mission d’aider ses clients à définir et à atteindre des résultats financiers supérieurs grâce à une vision différenciée, à un processus d’investissement rigoureux et à un service de premier ordre.

Au 30 juin 2023, les actifs sous gestion de Janus Henderson se montaient à 322 milliards USD environ, ses effectifs étaient de plus de 2 000 collaborateurs et ses équipes étaient réparties dans 24 villes dans le monde. Basée à Londres, la société est cotée au NYSE et à l’ASX.

Source : Janus Henderson Group plc

Tri des biodéchets : Mobilisation pour leur valorisation

Les biodéchets, c’est-à-dire les déchets alimentaires tels que les pelures de légumes, les restes de repas ainsi que les déchets verts essentiellement issus des activités de jardinage, représentent près d’un tiers des poubelles d’ordures ménagères des Français. À compter du 1er janvier 2024, conformément au droit européen et à la loi Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire (AGEC) de 2020, les collectivités devront avoir mis à disposition de leurs administrés une solution de tri à la source de leurs déchets organiques, pour que ceux-ci soient valorisés en compost ou en biogaz. Dans ce contexte, l’ADEME fait l’état des lieux du déploiement du tri à la source des biodéchets et rappelle l’importance de cette ressource pour nos sols et l’atteinte des objectifs de neutralité carbone.

Le tri à la source des biodéchets : les propositions de solutions des collectivités

La généralisation du tri à la source des biodéchets est un enjeu majeur pour les collectivités territoriales. Pour relever ce défi, chaque territoire est libre de définir l’organisation qui lui convient le mieux : collecte séparée en porte à porte ou en point d’apport volontaire, proposition de composteurs individuels pour ceux qui le souhaitent, mise en place de composteurs de quartiers ou en pied d’immeuble.

Ces solutions sont complémentaires. Il est nécessaire d’adapter les besoins aux spécificités de chaque territoire. L’ADEME a constaté, via des retours d’expériences de collectivités, que la gestion de proximité (compostage individuel, de quartier, en pied d’immeuble…) est plutôt déployée sur des zones pavillonnaires ou en milieu rural, tandis que la collecte séparée est principalement mise en place en secteur urbain (où la place et l’utilisation locale du compost sont plus limitées).

Ce nouveau geste de tri demandé aux habitants est un changement dans leurs habitudes. Il est donc nécessaire pour les collectivités de bien les accompagner dans cette démarche, notamment via des équipements, de l’information et des formations.

De plus, afin de limiter les surcoûts liés à la gestion d’un nouveau flux, certaines collectivités en profitent pour optimiser la totalité de leur Service Public de Gestion des Déchets (SPGD) : révision et réduction des fréquences de collecte des ordures ménagères, mise en place de la tarification incitative, etc.

Le tri à la source en France : une montée en puissance

Depuis 2011, l’ADEME a accompagné nombre de collectivités, initialement via le Fonds Économie circulaire (ciaprès Fonds ECi), dans la mise en place de solutions de tri à la source et de traitement des biodéchets des ménages et des acteurs économiques, en vue de leur valorisation. Récemment, l’ADEME, via le Plan de Relance a accompagné et financé plus de 500 projets.

En 2023, le Fonds Vert propose une mesure de soutien de tri à la source des biodéchets. Plus de 350 dossiers ont été déposés en vue d’obtenir une aide pour leur projet. À date, 40 millions d’euros sont en cours d’engagement ou déjà engagés.

À fin 2023, le nombre d’habitants desservis par une solution de tri à la source des biodéchets proposée par leur collectivité sera d’environ 20 millions, soit quasi 1 Français sur 3. Le volume de biodéchets trié est quant à lui estimé à plus de 600 ktonnes, qui ne sont donc pas enfouies ou incinérées mais bien valorisées. L’objectif est de couvrir 27 millions de Français en 2024, soit 40% de la population.

« Les Français ont aujourd’hui le réflexe de se tourner vers la poubelle jaune pour un déchet recyclable, ils devront le faire demain pour leurs biodéchets. », Karine Filmon, Cheffe du Service Valorisation des Déchets à l’ADEME.