Achats responsables : vers un nouveau pacte de confiance entre clients et fournisseurs

Achats responsables

Le 3ᵉ baromètre sur les achats responsables révèle une transformation des relations client-fournisseur : exigences RSE accrues, décalage entre discours et pratiques, impact des crises géopolitiques, mais aussi volonté croissante de collaboration. Les directions achats sont appelées à devenir des leviers d’innovation, de confiance et de résilience durable.

En 2025, les directions achats se trouvent à la croisée des chemins. Entre tensions géopolitiques, instabilité économique et mutation réglementaire rapide, leur rôle dépasse désormais la simple fonction de négociation. Les acheteurs deviennent les garants de la résilience, de la durabilité et de l’innovation dans les organisations.
Le dernier baromètre sur les achats responsables met en lumière une transformation profonde des relations entre donneurs d’ordres et fournisseurs — une mutation où la responsabilité sociale et environnementale s’impose comme un levier stratégique de performance collective.

Depuis quelques années, la fonction achats vit un basculement silencieux : celui d’un métier historiquement centré sur le coût et la conformité, vers une approche fondée sur la valeur, la collaboration et la transparence. Cette évolution n’est pas un simple ajustement conjoncturel, mais une réponse structurelle aux nouveaux défis du XXIᵉ siècle.

Les résultats de cette troisième édition dressent un constat clair : la durabilité n’est plus un supplément d’âme, mais un pilier central de la compétitivité.

Une édition charnière pour les relations client-fournisseur

Cette nouvelle édition du baromètre arrive à un moment clé : après la succession de crises sanitaires, géopolitiques, énergétiques et climatiques, la notion de résilience est devenue une priorité absolue. Les chaînes d’approvisionnement ont été ébranlées, révélant la dépendance et la fragilité des modèles existants. Parallèlement, les réglementations sur la durabilité se multiplient — qu’il s’agisse du devoir de vigilance, de la CSRD ou des nouvelles exigences de traçabilité environnementale et sociale.

Dans ce contexte, les entreprises n’ont plus d’autre choix que de concilier performance économique et responsabilité. L’achat responsable devient non seulement un outil de gestion des risques, mais aussi un moteur d’innovation et de transformation.

L’étude s’articule autour de trois axes :

  • Donner la parole aux fournisseurs, pour comprendre leurs attentes et leurs contraintes.
  • Croiser leurs retours avec un panel d’experts, issus d’organisations privées, publiques et associatives.
  • Identifier des leviers de transformation concrets à destination des directions achats.

Une nouveauté marquante : le focus sur la commande publique, qui représente près de 10 % du PIB national. En intégrant cet angle, l’étude élargit le champ d’analyse à la puissance publique, acteur clé dans la diffusion des pratiques d’achats responsables.

Cinq enseignements majeurs sur l’état des relations client-fournisseur

Les résultats du questionnaire adressé aux fournisseurs mettent en évidence plusieurs tendances fortes, parfois contrastées.

1. Les sollicitations RSE restent élevées

66 % des fournisseurs affirment être régulièrement sollicités par leurs clients sur les questions environnementales, sociales ou éthiques. Les thèmes les plus abordés restent inchangés : éthique, anticorruption, empreinte carbone, gestion des déchets, santé et sécurité, conditions de travail ou encore respect des droits humains.

Mais un angle mort persiste : seuls 8 % des fournisseurs sont interrogés sur leurs propres sous-traitants au-delà du premier rang. Autrement dit, la traçabilité des chaînes d’approvisionnement reste partielle. Ce manque de profondeur crée une limite dans la maîtrise réelle des impacts et fragilise la cohérence des démarches RSE.

2. Des exigences concentrées au moment de l’appel d’offres

41 % des entreprises interrogées déclarent que les exigences RSE apparaissent surtout au stade de la sélection initiale, rarement dans le suivi opérationnel. En clair, les acheteurs demandent des engagements, mais les dispositifs d’accompagnement restent faibles.

Les démarches se traduisent souvent par la signature de chartes, de questionnaires ou de clauses contractuelles, mais sans suivi concret dans la durée. Ce déséquilibre renforce le sentiment, chez les fournisseurs, d’une transposition unilatérale du risque.

3. Le décalage entre discours et pratiques

Près de six fournisseurs sur dix estiment qu’il existe une dissonance entre les ambitions RSE affichées par leurs clients et leurs pratiques commerciales.
Les pressions les plus souvent citées concernent :

  • la politique de prix,
  • les délais de paiement,
  • les changements fréquents de cahiers des charges,
  • les durées contractuelles trop courtes,
  • et les délais de livraison irréalistes.

Autre signal inquiétant : près d’un répondant sur deux dit ne pas savoir comment les critères RSE sont réellement pondérés dans les appels d’offres. Ces zones d’ombre nourrissent la méfiance et limitent l’efficacité des démarches.

4. Les crises géopolitiques fragilisent la continuité des engagements

60 % des fournisseurs indiquent que les crises internationales ont eu un impact direct sur leurs relations commerciales. Ajustements de volumes, retards de paiement, volatilité des coûts logistiques : ces phénomènes ont érodé la confiance et mis en péril la continuité des engagements RSE.

Les effets de « stop & go » constatés dans la commande privée comme publique engendrent une précarisation des fournisseurs :
moins de marge pour investir dans des initiatives durables, plus de contraintes court-termistes et une performance sociale parfois dégradée.

5. Un appel clair à la collaboration

Face à ces constats, les fournisseurs formulent un message sans ambiguïté : la RSE ne peut plus être un exercice descendant.
Ils plaident pour un rééquilibrage entre exigences et accompagnement, entre contrôle et coopération.
Leur souhait : que la durabilité devienne un outil de progrès partagé, pas une contrainte imposée.

Vers un modèle d’achat plus collaboratif et stratégique

Pour compléter l’enquête quantitative, le baromètre s’est enrichi d’une consultation d’experts, menée entre janvier et juillet 2025.
Une vingtaine d’acteurs issus d’horizons variés ont partagé leurs analyses : ONG, coalitions d’entreprises, acteurs publics, cabinets spécialisés, PME, directions achats de grands groupes… Tous convergent vers une idée commune : la transformation des achats responsables ne se décrète pas, elle se construit collectivement.

De cette concertation sont ressortis neuf leviers stratégiques pour les directions achats :

  1. Prioriser les impacts sociaux et environnementaux, plutôt que de se limiter au reporting.
  2. Renforcer la cartographie des chaînes de valeur, afin d’aller au-delà du rang 1 et de mieux identifier les risques.
  3. Encadrer les pratiques métiers (prix, délais, modifications contractuelles) pour éviter qu’elles n’affaiblissent les engagements RSE.
  4. Mettre en place des outils partagés de transparence et de suivi, pour fluidifier le dialogue.
  5. Former les acheteurs à la compréhension des enjeux ESG et à la gestion responsable des relations commerciales.
  6. Repenser le contrat comme un outil de collaboration, et non de transfert du risque.
  7. Partager la responsabilité des risques entre clients et fournisseurs — un passage du “risk cascading” au “risk sharing”.
  8. Renforcer la communication interne entre les directions achats, RSE, juridiques, logistiques et financières.
  9. Impliquer les instances dirigeantes, afin d’intégrer pleinement la durabilité dans la stratégie d’entreprise.

Ces leviers traduisent une conviction forte : les achats responsables ne doivent plus être pilotés uniquement sous l’angle du risque juridique ou de la conformité, mais comme un vecteur de création de valeur et d’innovation.

Du contrôle au partenariat : une nouvelle culture de la relation fournisseur

L’un des enseignements majeurs du baromètre réside dans la nécessité de repenser la relation client-fournisseur.
Pendant longtemps, la logique dominante a été celle du contrôle : audits, questionnaires, chartes, certifications… Autant d’outils utiles mais insuffisants s’ils ne s’accompagnent pas d’un vrai dialogue.

Aujourd’hui, les directions achats sont invitées à co-construire des trajectoires d’amélioration continue avec leurs partenaires.
Cela suppose d’accepter une certaine transparence sur les difficultés, de cofinancer parfois les plans de transformation, et de repenser la notion même de “performance fournisseur”.

L’étude plaide ainsi pour une approche collaborative et évolutive :

  • Définir des objectifs progressifs plutôt qu’imposer des seuils figés.
  • Reconnaître les efforts engagés, même partiels.
  • Favoriser l’innovation via des partenariats durables.

Cette approche change le paradigme : le contrat n’est plus un instrument de contrainte, mais un outil de dialogue.

Un mandat élargi pour les directions achats

Les directions achats sont désormais au carrefour de multiples enjeux : économiques, environnementaux, sociaux, réglementaires.
Leur mandat évolue. Elles ne se limitent plus à négocier des prix ou sécuriser des volumes — elles deviennent des acteurs centraux de la stratégie d’entreprise.

Cette évolution appelle plusieurs transformations :

  • Une intégration accrue avec les autres fonctions : RSE, juridique, finance, conception, marketing.
  • Un dialogue renforcé avec les dirigeants, afin d’ancrer les enjeux d’approvisionnement durable au plus haut niveau.
  • Une professionnalisation des acheteurs, via la formation et la montée en compétences ESG.
  • Une démonstration financière claire du lien entre achats responsables et performance globale (résilience, image, fidélisation, innovation).

Les directions achats doivent ainsi passer d’une posture défensive à une logique proactive : anticiper les risques, co-créer les solutions et prouver la valeur économique des démarches responsables.

En conclusion : de la conformité à la confiance

Ce troisième baromètre consacre une évolution majeure : la RSE n’est plus seulement une exigence réglementaire ou morale, mais un levier de résilience collective.
Les fournisseurs, longtemps perçus comme de simples exécutants, se révèlent être des partenaires stratégiques de la transformation durable.

Les enseignements de cette édition appellent à un changement de posture :

  • Du contrôle à la coopération,
  • Du court terme à la relation durable,
  • Du “contrat défensif” à la confiance active.

Les achats responsables deviennent ainsi un terrain d’innovation managériale.
Dans un monde incertain, ils constituent un langage commun entre acteurs économiques, une passerelle entre performance et sens.
Et si la véritable compétitivité de demain résidait non plus dans la capacité à acheter moins cher, mais dans celle à acheter mieux, ensemble ?

Découvrez aussi : Les perspectives économiques mondiales 2025 : entre stabilisation fragile et transitions structurelles

Monabanq lance un livret d’épargne solidaire permettant de reverser ses intérêts à des associations

monabanq

La banque en ligne Monabanq annonce le lancement du Livret pour Agir (LPA), un produit d’épargne solidaire permettant aux clients de reverser tout ou partie de leurs intérêts à des associations. Cette initiative vise à concilier performance financière, impact social et engagement citoyen.

Une nouvelle solution d’épargne engagée

Dans un contexte où de plus en plus d’épargnants souhaitent aligner leurs placements avec leurs valeurs, Monabanq introduit un nouveau produit financier : le Livret pour Agir (LPA).

Ce livret d’épargne solidaire permet aux clients de soutenir des causes sociales et environnementales en reversant une partie ou la totalité de leurs intérêts à des associations partenaires.

Les épargnants peuvent ainsi transformer leur épargne en outil d’impact concret, tout en conservant la disponibilité de leurs fonds.

L’épargne de partage : une tendance en plein essor

Depuis plusieurs années, les produits d’épargne responsables gagnent du terrain auprès du grand public.

De nombreux Français souhaitent aujourd’hui que leur argent contribue à des projets utiles pour la société, sans renoncer à la sécurité de leur épargne.

Le Livret pour Agir s’inscrit dans cette dynamique en proposant un mécanisme simple : les détenteurs du livret peuvent choisir de reverser 50 %, 75 % ou 100 % de leurs intérêts à des associations engagées dans des causes d’intérêt général.

Parmi les organisations bénéficiaires figurent notamment :

  • la Fondation pour l’école
  • Petits Princes
  • Handicap International
  • Médecins du Monde
  • Action contre la Faim
  • les Banques Alimentaires
  • SOS Villages d’Enfants

Un avantage fiscal pour encourager la générosité

Au-delà de l’impact social, ce dispositif offre également un avantage fiscal aux épargnants.

Les dons issus des intérêts reversés permettent de bénéficier :

  • d’une réduction d’impôt de 75 % sur les dons, dans la limite de 1 000 euros par an
  • d’une réduction de 66 % au-delà de ce plafond

Par ailleurs, la fiscalité appliquée aux intérêts du livret reste favorable grâce à l’application du prélèvement forfaitaire unique réduit à 23,6 %, contre 31,4 % pour une épargne classique.

Un produit accessible et flexible

Monabanq met également en avant la simplicité d’accès à ce nouveau produit.

Le Livret pour Agir est ouvert à tous, avec des conditions volontairement accessibles :

  • ouverture possible dès 10 €
  • un seul livret par personne
  • gestion entièrement en ligne

La rémunération est fixée à 1,60 % brut jusqu’à 20 000 euros, puis 1 % brut au-delà.

Les intérêts sont calculés par quinzaine et versés chaque année.

Les fonds restent disponibles à tout moment, permettant aux épargnants de conserver une grande flexibilité dans la gestion de leur argent.

Une réponse aux nouvelles attentes des épargnants

Avec ce nouveau produit, Monabanq souhaite répondre à une évolution profonde du rapport des Français à l’argent.

De nombreux consommateurs cherchent désormais à concilier :

  • performance financière
  • impact social
  • transparence des placements

Le Livret pour Agir s’inscrit dans cette logique en proposant une solution simple permettant d’orienter l’épargne vers des projets utiles à la société.

Monabanq et l’engagement bancaire

Filiale du groupe Crédit Mutuel Alliance Fédérale, Monabanq met en avant une approche bancaire centrée sur l’accessibilité et la transparence.

Avec ce nouveau livret solidaire, la banque en ligne affirme sa volonté de proposer des produits financiers permettant aux clients de donner davantage de sens à leur épargne.

L’objectif est de rendre l’investissement responsable accessible au plus grand nombre, sans complexifier l’expérience bancaire.

Une évolution du rôle de l’épargne

L’initiative illustre une transformation plus large du secteur financier.

L’épargne n’est plus seulement perçue comme un outil de placement individuel : elle devient progressivement un levier d’action collective, capable de soutenir des projets sociaux, environnementaux ou solidaires.

Avec le Livret pour Agir, Monabanq s’inscrit dans cette tendance en proposant une solution simple pour concilier épargne personnelle et engagement citoyen.

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16ème Forum Mondial Convergences : agir ensemble pour un avenir durable

Forum Mondial Convergences 2024

Le Forum Mondial Convergences revient pour sa 16ème édition, le 17 septembre 2024 au CENTQUATRE-PARIS, dans le 19ème arrondissement. Cet événement incontournable vise à rassembler professionnels, citoyens et acteurs du changement pour discuter et trouver des solutions aux défis économiques, sociaux et environnementaux qui nous concernent tous.

Une mobilisation locale pour des solutions globales

Cette édition met l’accent sur la co-construction locale, une approche visant à adapter les initiatives aux spécificités de chaque territoire. En encourageant les acteurs locaux à collaborer, Convergences cherche à créer des solutions ancrées dans les réalités du terrain, tout en les alignant avec les grands objectifs mondiaux.

Éducation et sensibilisation au développement durable

Tout au long de la journée, des ateliers et des discussions seront dédiés à l’éducation et la sensibilisation continue au développement durable. L’objectif est de former tous les acteurs, qu’ils soient professionnels ou citoyens, afin qu’ils puissent contribuer de manière efficace et informée à la transition vers un monde plus durable.

Repenser la gouvernance pour plus d’inclusion

L’édition 2024 propose aussi de repenser les modèles de gouvernance, que ce soit en entreprise ou dans l’espace public. Le Forum mettra en avant l’importance d’une participation inclusive et d’un leadership partagé, nécessaires pour répondre aux défis actuels.

La mesure d’impact comme moteur de changement

Enfin, la mesure d’impact sera au cœur des discussions. Cet outil permet d’évaluer l’efficacité des initiatives, d’ajuster les stratégies en temps réel et de rendre les actions plus transparentes. Convergences souhaite montrer comment cette approche peut transformer les pratiques et maximiser l’impact des projets sur le terrain.

Informations pratiques

  • Date : Mardi 17 septembre 2024
  • Horaires : 9h à 18h
  • Lieu : CENTQUATRE-PARIS, 5 rue Curial, 75019 Paris

Les billets sont disponibles en ligne, et pour toute demande d’accréditation, il est possible de contacter l’organisation à l’adresse suivante : convergences@looksharp.fr.

Cliquez ici pour vous inscrire

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Marchés privés et gestion d’actifs : la fin d’un cycle d’euphorie, le début d’un nouvel équilibre

gestion d’actifs

L’année 2025 a marqué un net coup d’arrêt pour les marchés privés et, plus largement, pour l’industrie de la gestion d’actifs en Europe et aux États-Unis. Après plusieurs années d’euphorie, la réalité économique a repris ses droits. Les levées de fonds ont fortement ralenti. Les performances ont déçu. Et les écarts de valorisation entre gestionnaires spécialisés dans le non coté et acteurs traditionnels se sont resserrés. Le dernier rapport de Morningstar dresse le portrait d’un secteur en pleine phase d’ajustement, où les investisseurs deviennent plus exigeants et où les équilibres se redessinent progressivement.

2025, l’année du ralentissement brutal des marchés privés

Le choc est venu d’abord des levées de fonds. En Europe, les montants collectés par le capital-investissement ont atteint leur plus bas niveau depuis dix ans. Un phénomène largement expliqué par l’absence de grands fonds dits « méga-fonds ». En 2025, aucune levée majeure n’a dépassé les 5 milliards d’euros. Un contraste saisissant avec l’année précédente, où près de la moitié des capitaux provenaient de véhicules bien plus imposants.

Aux États-Unis, la tendance est similaire. La collecte a continué de reculer, avec une baisse d’environ 17 % sur un an. Le marché souffre d’un double frein. D’un côté, la consolidation du secteur limite le nombre de nouveaux projets attractifs. De l’autre, le manque de sorties réduit les retours de liquidités vers les investisseurs. Résultat, ces derniers hésitent à réengager massivement leur capital.

Ce ralentissement met en lumière une réalité simple. Le modèle des marchés privés dépend fortement de la fluidité des cycles d’investissement et de désinvestissement. Quand les sorties se bloquent, toute la mécanique se grippe.

Lire le rapport complet ici.

Des performances en retrait qui changent la perception du secteur

Au-delà de la collecte, les rendements ont aussi déçu. En 2025, les performances des fonds de private capital européens se sont situées autour de la moitié de leurs moyennes de long terme. Les contraintes de liquidité ont pesé lourd. Les distributions de cash aux investisseurs ont été limitées. Et cela a mécaniquement affecté l’attractivité du secteur.

Cette sous-performance a eu un effet visible en Bourse. L’écart de valorisation entre les gestionnaires de marchés privés et les gestionnaires traditionnels s’est nettement réduit. Pendant longtemps, les acteurs du non coté bénéficiaient d’une prime liée à leurs perspectives de croissance supérieures. Aujourd’hui, cette prime s’est érodée.

Pour autant, tout n’est pas négatif. Cette phase de correction a aussi permis de « réinitialiser » les attentes. Les valorisations redeviennent plus raisonnables. Et certains analystes estiment que 2026 pourrait offrir un point d’entrée plus intéressant pour les investisseurs de long terme.

Des sorties toujours trop faibles pour relancer la machine

Le cœur du problème reste le même : le manque de sorties. Dans le capital-investissement, la performance dépend autant de la capacité à investir que de la capacité à vendre au bon moment. Or, l’environnement actuel reste peu favorable aux cessions, qu’il s’agisse de ventes industrielles ou d’introductions en Bourse.

Les multiples payés lors des grandes opérations de 2021 et 2022 pèsent encore sur le marché. Beaucoup d’actifs ont été acquis à des niveaux de valorisation élevés. Les revendre aujourd’hui sans perte significative est difficile. D’autant plus que les valorisations des petites et moyennes capitalisations, souvent comparables aux sociétés détenues par les fonds, restent sous pression, surtout en Europe.

Tant que ce blocage persistera, les flux de capitaux vers les nouveaux fonds resteront contraints. Moins de sorties signifie moins de liquidités redistribuées. Et donc moins de capacités à relancer un nouveau cycle d’investissement.

Taux d’intérêt en baisse : un soutien progressif pour le non coté

Un élément pourrait toutefois changer la donne. La perspective de taux d’intérêt plus bas. La baisse des rendements et le resserrement des spreads sur les prêts à effet de levier rendent le financement des opérations plus accessible. Cela facilite à la fois les nouvelles acquisitions et les refinancements.

Pour le private equity, des coûts de financement plus faibles peuvent soutenir l’activité et, à terme, les performances. Pour le private credit, l’augmentation attendue des volumes d’émissions pourrait aussi doper les encours sous gestion. Autrement dit, même si 2025 a été une année difficile, les conditions financières pourraient devenir plus favorables à moyen terme.

Cela ne signifie pas un retour immédiat à l’euphorie passée. Mais plutôt l’ouverture d’une phase de normalisation, plus saine et plus sélective.

Les gestionnaires traditionnels reprennent des couleurs

Pendant que les marchés privés traversaient cette zone de turbulence, les gestionnaires d’actifs traditionnels ont montré des signes de résistance. Les flux vers les fonds européens sont restés globalement positifs, même si les marchés ont parfois pesé sur la croissance des encours.

Un point notable concerne le retour progressif de l’intérêt pour la gestion active. Certes, les stratégies passives continuent de capter une grande partie des flux. Mais la seconde moitié de 2025 a vu un regain d’entrées sur les fonds actifs. Un signal encourageant pour un secteur souvent sous pression face à la montée en puissance des produits indiciels à bas coûts.

Par ailleurs, les investisseurs ont massivement privilégié les fonds obligataires, dans un contexte où ils cherchent à sécuriser des rendements attractifs. Cette dynamique soutient les revenus des gestionnaires, même si la concurrence reste intense.

Des valorisations désormais plus équilibrées entre les acteurs

La conséquence de ces évolutions est claire. Aujourd’hui, les gestionnaires d’actifs, qu’ils soient positionnés sur les marchés privés ou sur les marchés cotés traditionnels, affichent des niveaux de valorisation jugés globalement raisonnables. Les primes dont bénéficiaient les spécialistes du non coté se sont réduites. Et les acteurs traditionnels apparaissent parfois décotés, malgré une rentabilité toujours solide.

Dans ce paysage, certains groupes se distinguent. Amundi reste une référence côté gestion traditionnelle, grâce à sa taille, à son efficacité opérationnelle et à la force de son réseau de distribution. Du côté des marchés privés, Partners Group tire son épingle du jeu avec un modèle économique qui capte pleinement les revenus de gestion et offre des marges supérieures à la moyenne.

Vers un nouveau cycle, plus exigeant et plus sélectif

En définitive, 2025 ressemble à une année de transition. Le secteur sort d’une période d’excès et entre dans une phase de normalisation. Les investisseurs sont plus prudents. Ils exigent de meilleurs rendements et plus de visibilité. Les gestionnaires, eux, doivent composer avec un environnement plus contraignant, mais aussi plus sain.

Si les conditions de liquidité s’améliorent et si les taux continuent de baisser, 2026 pourrait marquer le début d’un nouveau cycle. Un cycle moins spectaculaire, sans doute. Mais aussi plus équilibré, plus sélectif, et potentiellement plus durable pour l’ensemble de l’industrie de la gestion d’actifs.

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La FCA ouvre la porte aux ETN crypto : une nouvelle ère pour les investisseurs britanniques

ETN crypto

Le 8 octobre 2025 marque un tournant majeur pour le marché britannique des cryptomonnaies. Après quatre années d’interdiction, la Financial Conduct Authority (FCA) lève enfin le voile sur une décision longtemps attendue : l’autorisation pour les investisseurs particuliers d’accéder aux Exchange-Traded Notes (ETN) liés aux cryptomonnaies. Cette mesure, qui pourrait remodeler l’écosystème financier du Royaume-Uni, témoigne de la reconnaissance croissante des actifs numériques comme classe d’investissement légitime. Cependant, derrière cet engouement, se cachent toujours des risques significatifs que les investisseurs doivent comprendre avant de s’y aventurer.

Une évolution réglementaire majeure au Royaume-Uni

La FCA avait initialement banni l’accès des particuliers aux ETN crypto en 2021, arguant d’une volatilité excessive, de problèmes de valorisation et d’un manque de compréhension du marché par les investisseurs. Aujourd’hui, son revirement reflète une maturation du secteur et un renforcement du cadre de sécurité autour de ces produits.
Les nouveaux ETN autorisés devront répondre à des critères stricts :

  • être adossés uniquement au bitcoin ou à l’ether,
  • être adossés physiquement aux cryptomonnaies sous-jacentes,
  • conserver ces actifs en stockage à froid (hors ligne) via des dépositaires régulés.

Cette régulation encadre donc de manière plus rigoureuse la garde et la transparence des actifs. Elle donne aux investisseurs la possibilité d’accéder à des produits crypto régulés, sans les risques techniques liés à la détention directe de jetons numériques.

Une demande européenne en plein essor

Le retour de ces produits sur le marché britannique intervient dans un contexte d’enthousiasme grandissant pour les ETP (Exchange-Traded Products) crypto en Europe.
Selon les dernières données de Morningstar, les souscriptions nettes dans les ETP crypto européens ont atteint 972 millions d’euros au troisième trimestre 2025, un record historique. Depuis le début de l’année, les flux s’élèvent à 1,7 milliard d’euros, signalant un regain d’intérêt massif pour cette classe d’actifs.

Les principaux émetteurs du marché, CoinShares, 21Shares et WisdomTree, concentrent la majorité des actifs sous gestion. Le bitcoin domine largement le segment, représentant près de la moitié des encours totaux des ETP crypto européens. Cette domination s’explique par la perception du bitcoin comme valeur « refuge » du secteur, en dépit de sa volatilité extrême.

Bitcoin et Ether : les piliers d’un marché encore instable

Les deux cryptomonnaies phares, bitcoin et ether, continuent d’afficher des performances impressionnantes sur le long terme, mais elles demeurent beaucoup plus volatiles que les actifs traditionnels.
Entre 2015 et 2025, leur rendement annualisé a surpassé la plupart des classes d’actifs, mais leur écart-type de performance a atteint des niveaux vertigineux – près de 75 pour le bitcoin et plus de 150 pour l’ether, contre 13 pour les actions émergentes.

Cette volatilité accentue le risque global d’un portefeuille dès qu’on y inclut une part de crypto. Ainsi, Morningstar recommande de limiter l’exposition à 5 % maximum d’un portefeuille diversifié, avec un horizon de détention d’au moins dix ans. L’objectif n’est pas de spéculer sur les fluctuations à court terme, mais de miser sur une potentielle adoption structurelle des cryptomonnaies dans le système financier mondial.

Les perspectives fiscales : un levier décisif pour l’adoption

Au-delà de la régulation, l’un des catalyseurs les plus prometteurs pour l’adoption massive des ETN crypto pourrait venir de la fiscalité britannique. Le gouvernement devrait prochainement clarifier si ces produits deviendront éligibles aux ISA (Individual Savings Accounts) et aux SIPP (Self-Invested Personal Pensions) — des dispositifs d’épargne bénéficiant d’avantages fiscaux considérables.
Si cette inclusion se concrétise, elle offrirait aux investisseurs un double bénéfice : diversifier leur épargne tout en optimisant leur fiscalité. Selon Madeleine Black, analyste chez Morningstar, « les avantages fiscaux d’une telle mesure pourraient être bien plus déterminants pour l’adoption des ETN crypto que leur simple autorisation réglementaire ».

Entre opportunités et prudence : le dilemme des investisseurs

L’ouverture du marché aux particuliers marque une victoire symbolique pour l’industrie crypto, longtemps cantonnée à la sphère des investisseurs institutionnels et technophiles. Néanmoins, cette démocratisation soulève une question essentielle : tous les investisseurs sont-ils prêts à affronter la nature imprévisible de ces actifs ?

Les ETN crypto offrent une exposition simplifiée, régulée et liquide aux actifs numériques, mais ils n’en atténuent pas les risques fondamentaux. L’histoire récente — marquée par la chute d’échanges comme FTX — rappelle la nécessité de rester sélectif et de comprendre les mécanismes sous-jacents avant d’investir.

Les investisseurs les plus avisés privilégieront donc une approche disciplinée et modérée, intégrant les cryptomonnaies non comme une promesse de fortune rapide, mais comme une composante spéculative encadrée d’un portefeuille globalement diversifié.

Lire l’analyse complète ici

Conclusion

L’assouplissement de la FCA constitue une étape majeure dans la normalisation des cryptomonnaies au Royaume-Uni. Entre régulation renforcée, demande croissante et potentiel fiscal attractif, les ETN crypto pourraient bientôt s’imposer comme un instrument incontournable de diversification patrimoniale. Toutefois, leur intégration doit rester mesurée : la promesse d’innovation financière ne doit pas faire oublier la réalité d’un marché encore jeune, instable et hautement spéculatif.

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Les géants de l’agroalimentaires face au problème mondial de la faim

Problème mondial de la faim
Problème mondial de la faim

Dans un monde confronté au problème mondial de la faim et une insécurité alimentaire croissante, le Salon International de l’Agriculture à Paris (24 février – 3 mars). Soulève la question cruciale de la transformation du système alimentaire mondial.

Contexte et défis du problème mondial de la faim.

Le système alimentaire mondial, déjà fragilisé par les inégalités et son impact environnemental, doit faire face à des défis accrus résultant de la pandémie, de l’invasion de l’Ukraine, de la crise énergétique et de l’augmentation des prix des aliments.

Dans ce contexte, il devient impératif de mettre en œuvre des solutions résilientes, équitables et durables pour répondre aux besoins alimentaires de la population mondiale.

Les principaux acteurs

Des multinationales de l’agroalimentaire lancent des initiatives durables, mais la question cruciale demeure : peuvent-elles intégrer ces actions dans leur modèle d’affaires pour contribuer efficacement à l’objectif de développement durable numéro 2 (ODD 2) – l’éradication de la faim mondiale. Impak Analytics analyse en profondeur les six principaux transformateurs alimentaires mondiaux : Mondelez, PepsiCo, Nestlé, Mars, Unilever et Danone, révélant que ces entreprises ne contribuent pas de manière significative à l’ODD 2.

Certaines entreprises, telles que Lindt & Sprüngli, montrent des signes prometteurs dans leur soutien à l’ODD 2, adoptant de meilleures pratiques que les six principales entreprises étudiées.

Les quatre géants du négoce de matières premières – Archer Daniels Midlands, Bunge, Cargill et Louis Dreyfus – détenant 70% du marché mondial des commodités, sont également examinés, révélant un constat similaire d’échec et d’opacité.

Enjeu Central de l’ODD 2

Pour atteindre les objectifs fixés par l’ONU d’ici 2030, l’accent doit être mis sur l’ODD 2 en tant que pivot central, crucial pour la réussite des 17 objectifs de développement durable globaux. Tant que les problèmes de sécurité alimentaire subsisteront, les progrès dans d’autres domaines des ODD seront limités.

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Morningstar et la transparence et l’éthique dans l’évaluation des Investissements

Morningstar

Morningstar, en tant qu’acteur majeur dans le domaine de la recherche et de l’évaluation des fonds. Se distingue par son engagement à offrir une analyse rigoureuse et objective des produits financiers. Dans un environnement financier de plus en plus complexe et interconnecté. La transparence et l’intégrité des analyses d’investissement sont devenues des éléments cruciaux pour maintenir la confiance des investisseurs.

La gestion des conflits d’intérêts

Déclaration des intérêts

Morningstar attache une grande importance à la déclaration des conflits d’intérêts potentiels. Il est important de noter que. Bien que les analystes puissent avoir des intérêts dans les produits financiers qu’ils évaluent. Morningstar assure qu’aucun intérêt matériel n’est détenu par l’entreprise, ses analystes ou leurs familles immédiates dans les produits concernés. Cette transparence est essentielle pour garantir que les analyses et les recommandations émises par les analystes restent exemptes de toute influence externe. En effet, la crédibilité d’une analyse repose largement sur l’absence de conflits d’intérêts. Ce qui est un gage de confiance pour les investisseurs.

Rémunération des analystes

La structure de rémunération des analystes chez Morningstar est conçue pour promouvoir l’indépendance de leurs évaluations. Les analystes reçoivent des salaires, des primes et, dans certains cas, des actions restreintes. Le tout basé sur les performances globales de l’entreprise. Cependant, il est crucial de préciser qu’ils ne reçoivent aucune forme de compensation ou de bénéfice matériel de la part des émetteurs de produits financiers. Ou de tiers en rapport avec les rapports qu’ils produisent. Ce modèle de rémunération renforce l’autonomie des analystes. Leur permettant d’exercer leur fonction d’évaluation sans subir de pressions extérieures qui pourraient compromettre l’intégrité de leurs analyses.

Services et relations avec les émetteurs

Morningstar peut également fournir divers services aux émetteurs de produits financiers. Tels que des licences logicielles, des services de recherche et de conseil, ainsi que des données et des analyses. Toutefois, ces services sont fournis sur une base indépendante et dans le cadre de relations d’affaires qui n’interfèrent pas avec les analyses effectuées par Morningstar. Les relations établies avec les émetteurs ne doivent en aucun cas compromettre l’objectivité des recherches menées par les analystes. En d’autres termes, bien que Morningstar soit en mesure de collaborer avec des émetteurs pour divers services. Cela ne doit pas influencer les résultats ou les recommandations qui découlent de leurs analyses.

Restriction d’opportunités professionnelles

Un autre aspect important de la gestion des conflits d’intérêts chez Morningstar concerne les opportunités professionnelles extérieures. Les analystes ne peuvent pas poursuivre d’opportunités d’affaires ou d’emploi en dehors de Morningstar au sein de l’industrie des investissements. Cela inclut des activités telles que travailler en tant que planificateur financier, conseiller en investissements, courtier ou rédacteur financier. Cette restriction vise à prévenir toute situation dans laquelle un analyste pourrait être tenté de faire des compromis sur l’intégrité de son analyse pour des bénéfices personnels ou professionnels.

Relations avec les affiliés

Il est également à noter que les affiliés de Morningstar. Notamment son groupe de gestion d’actifs, peuvent avoir des arrangements avec les entreprises d’investissement. Ces arrangements peuvent inclure la fourniture de conseils en investissement. Dont certains peuvent faire l’objet d’une analyse par les analystes de Morningstar. Cependant, il est crucial de souligner que les analystes ne disposent d’aucune autorité sur les relations commerciales du groupe de gestion d’actifs de Morningstar. Cela signifie que les analystes ne laissent pas les employés du groupe de gestion d’actifs influencer ou participer aux analyses qu’ils préparent, assurant ainsi une séparation claire entre les différentes activités de l’entreprise.

La méthodologie de notation des produits financiers de Morningstar

La notation Medalist

La notation Medalist de Morningstar représente le résultat d’une analyse minutieuse des stratégies d’investissement. Ce système de notation repose sur trois piliers fondamentaux : les personnes (People), le processus (Process) et le parent (Parent). Ces piliers fournissent une évaluation globale de la qualité et de la fiabilité d’un produit d’investissement. Chaque produit est ensuite classé sur une échelle allant de l’or au négatif, reflétant ainsi les attentes de surperformance par rapport à un indice de référence ou à un groupe de pairs sur une période prolongée. Cette méthodologie robuste est le fruit d’une évaluation qualitative approfondie des compétences de gestion et des structures organisationnelles des fonds.

Évaluation des risques et perspectives de Morningstar

Il est essentiel de noter que les notations Medalist ne sont pas des affirmations de faits et ne doivent pas être utilisées comme unique critère de décision d’investissement. En effet, les analystes prennent en compte une multitude de facteurs qui peuvent influer sur la performance future des fonds, tels que les changements imprévus dans la gestion, les évolutions économiques, les coûts opérationnels, et même les changements de réglementations. Cela signifie que les notations sont le reflet d’une analyse prospective et non d’un gage de résultats futurs. Les investisseurs doivent donc aborder ces notations avec prudence, en gardant à l’esprit que le marché est soumis à des aléas que l’on ne peut pas toujours prévoir.

Surveillance et réévaluation

Les notations sont également sujettes à une réévaluation périodique. Les analystes de Morningstar surveillent les performances des produits qu’ils évaluent et les réévaluent au moins tous les 14 mois. Cela garantit que les notations restent pertinentes et alignées avec les conditions du marché et la performance réelle des fonds. Lorsque des changements significatifs sont identifiés, les notations peuvent être ajustées pour refléter les nouvelles réalités du marché, ce qui témoigne de l’engagement de Morningstar envers une analyse continue et une amélioration des méthodologies.

Les évaluations de performance de Morningstar

La notation Morningstar

La notation Morningstar attribue une note de 1 à 5 étoiles aux fonds, en se basant sur leur performance ajustée au risque par rapport à des fonds similaires. Les 10 % des fonds les plus performants dans chaque catégorie reçoivent 5 étoiles, tandis que les 10 % les moins performants obtiennent 1 étoile. Cette évaluation est strictement quantitative, fondée sur les performances passées des fonds après ajustement pour le risque et les frais de vente. Il est essentiel de souligner que ces évaluations ne représentent pas une recommandation d’achat ou de vente, mais plutôt une manière d’évaluer la performance relative des fonds dans un cadre donné.

Limites et avis de précaution

Il est crucial de souligner que les notations de Morningstar ne garantissent pas une performance future. Ces évaluations sont basées sur des données historiques qui ne tiennent pas compte des événements futurs ou des changements dans l’environnement économique. Par conséquent, les investisseurs doivent considérer ces notations dans le contexte de leurs objectifs d’investissement et de leur tolérance au risque. Il est recommandé de les utiliser comme un outil parmi d’autres dans le processus décisionnel, et non comme un guide exclusif. Une approche équilibrée et diversifiée est toujours préférable pour naviguer dans le paysage complexe des investissements.

Morningstar et l’évaluation des antécédents

Morningstar évalue les fonds sur des périodes de trois, cinq et dix ans, et ces notations sont combinées pour produire une évaluation globale des performances. Il est important de noter que les fonds ayant moins de trois ans d’historique ne reçoivent pas de notation, car il est difficile de tirer des conclusions significatives sur leur performance à partir d’un laps de temps aussi court. Cette approche méthodologique garantit que les notations attribuées reposent sur des bases solides et fiables.

La recherche et l’analyse fournies par Morningstar jouent un rôle essentiel dans la navigation du paysage financier. En adoptant une approche rigoureuse en matière de transparence et d’éthique, l’entreprise s’efforce de maintenir la confiance des investisseurs. Morningstar ne reçoit pas de commissions pour la recherche fournie et ne facture pas les émetteurs de produits pour obtenir des notations, ce qui renforce encore son indépendance. Cependant, il est crucial pour les investisseurs de comprendre les limitations des évaluations et de les intégrer dans un cadre plus large de prise de décision. En fin de compte, la responsabilité et l’intégrité demeurent des principes fondamentaux dans le domaine de l’investissement. Les pratiques de Morningstar, combinées à leur méthodologie d’évaluation, constituent un modèle à suivre pour d’autres acteurs du secteur. En encourageant une culture de transparence et d’objectivité, Morningstar contribue à façonner un environnement d’investissement plus sûr et plus informé pour tous.

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La transition des pétrolières dans l’impasse

Dans un monde en quête de solutions face aux enjeux climatiques, la Conférence des Nations Unies sur le climat (COP 28), va boucler une année 2023 marquée par des températures records. Récemment, les grandes compagnies pétrolières ont fait des annonces ambitieuses concernant leur transition énergétique. Cependant, derrière ces déclarations, se cache la question cruciale de la confiance et de la transparence : s’agit-il d’un véritable engagement envers la transition ou d’une simple stratégie de communication ? Pour aborder la réponse de manière documentée, impak Analytics a analysé les 6 supermajors pétrolières, soit ExxonMobil, BP, TotalEnergies, Chevron, Shell et Eni. Cette étude analyse en profondeur leurs actions concrètes, leurs investissements dans les énergies renouvelables, leurs politiques, et l’efficacité de leurs démarches pour opérer la transition énergétique.

La première conclusion de notre étude est sans appel : les impacts négatifs des activités de ces multinationales et de leurs sous-traitants sont incontestables et toujours plus importants que leurs impacts positifs qui demeurent marginaux. D’autre part, leurs impacts positifs restent marginaux. En effet, ils ne représentent qu’une fraction minime de leur modèle économique. À titre d’exemple, TotalEnergies apporte une contribution modeste aux Objectifs de Développement Durable (ODD), se limitant à seulement 1,3 % de son chiffre d’affaires.

Il y a toutefois une lumière au bout du pipeline. En effet, certaines entreprises ont réussi brillamment leur transition, à l’instar d’Orsted, qui fait figure d’exemple dans notre étude. Cette entreprise opérant autrefois dans le secteur pétrolier a su se transformer pour devenir un géant des énergies renouvelables.

N’oublions pas de mentionner les grandes absentes du débat climatique que sont les compagnies pétrolières nationales. Leurs stratégies demeurent floues et lacunaires. Un lien intéressant pour cette COP 28 qui sera justement présidée par le PDG de l’ADNOC, la compagnie pétrolière nationale des Émirats arabes unis. Il semble que les États détiennent un pouvoir de transformation dont personne ne parle vraiment. Alors que les stratégies des entreprises privées sont souvent pointées du doigt (et avec raison), les entreprises d’État ne semblent pas plus intéressées à réduire leur empreinte carbone.

La transition des pétrolières dans l’impasse : Pleins feux sur la COP 28

Alors que 2022 s’achève sur un nouveau record de températures, la COP 28 qui se tiendra prochainement à Dubaï sera décisive pour l’avenir climatique. La question de la transition énergétique y sera centrale, la combustion d’énergies fossiles représentant 75% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES). Conscientes des pressions, les supermajors pétrolières multiplient les annonces sur leur transition énergétique. Mais entre discours et réalité, un fossé subsiste. Leurs impacts négatifs demeurent majeurs et leur mitigation souvent peu efficace. Leurs impacts positifs participant à la transition restent marginaux, inférieurs à 2% de leur chiffre d’affaires. Les compagnies nationales quant à elles, détentrices de 65% des réserves d’hydrocarbures, demeurent encore plus opaques.

Les compagnies pétrolières peuvent-elles relever le défi d’un changement de cap radical ? La transition tant attendue restera-t-elle seulement un élément de langage et de communication ? Afin d’éclairer le débat, impak Analytics a analysé les actions concrètes, les investissements dans le renouvelable et l’efficacité des démarches des 6 plus grandes majors pétrolières que sont ExxonMobil (USA), BP (Royaume-Uni), TotalEnergies (France), Chevron (USA), Shell (Royaume-Uni/Pays-Bas) et Eni (Italie).

La mitigation ne peut pas compenser les impacts négatifs

Les impacts négatifs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) des majors pétrolières sont indéniables et multiples : émissions de gaz à effet de serre, dégradation d’écosystèmes, atteintes aux droits humains… Nos analyses révèlent que les six plus grands groupes pétroliers ont des impacts négatifs sur 10 des 17 des Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations Unies. En moyenne, 94% de ces impacts négatifs sont mitigés par des mesures de réductions et de compensation dont l’efficacité réelle est très discutée.

Prenons l’exemple criant des émissions de gaz à effet de serre. En moyenne, on constate dans nos analyses que 92% des émissions des supermajors sont des émissions indirectes en amont et en aval de leur chaîne de valeur (scope 3). Or, nos analyses démontrent que les principales mesures de réduction des émissions ciblent majoritairement les opérations directes des groupes (scope 1) ou leur consommation d’énergie (scope 2).

Problème : ces scopes ne représentent qu’une infime partie de leur empreinte carbone. De plus, certaines majors comme Chevron ou ExxonMobil n’ont aucun objectif de réduction de leurs émissions de scope 3 en valeur absolue. Difficile dans ces conditions de croire que ces entreprises s’attaquent véritablement aux sources principales de leur impact climatique. Par ailleurs, Shell, BP et TotalEnergies ont revu à la baisse leurs engagements pour le climat malgré le consensus des experts climatiques, dont le GIEC, qui alertent qu’il faut cesser les développements de nouveaux gisements de pétrole et de gaz, incompatible avec l’atteinte de l’objectif 1.5 °C. Pourtant certains acteurs continuent d’investir massivement dans l’exploitation de nouveaux gisements d’énergies fossiles. BP a par exemple révisé son plan de réduction de la production de pétrole, maintenant orienté vers une diminution de 25 % d’ici à 2030, par rapport à l’objectif initial de 40 %. Eni pourrait se classer au troisième rang mondial des entreprises en 2023 pour le volume des nouvelles réserves de pétrole et de gaz dont l’exploitation a été approuvée. En effet, selon le récent rapport de l’ONG Urgewald, 96% des producteurs de pétrole et de gaz dans le monde continuent l’exploration et les développements pétroliers.

Enfin, notre analyse des controverses, impliquant les supermajors montre que près de 80% d’entre elles se concentrent sur 4 thématiques principales. Près d’un quart (23%) concerne des accusations de greenwashing et de désinformation climatique. Shell est notamment épinglé pour avoir publiquement nié l’existence du réchauffement climatique et ses causes. BP est mis en cause au Royaume-Uni pour la promotion de produits néfastes pour l’environnement.

20% des polémiques portent sur des violences et déplacements forcés de communautés locales, comme au Nigeria ou en Ouganda. 18% dénoncent leur inaction climatique, à l’instar des poursuites contre Shell pour sa stratégie de compensation carbone jugée insuffisante, ou contre TotalEnergies pour inaction climatique en France. Enfin, 16% des controverses relèvent d’accusations de corruption, évasion fiscale et soutien à des régimes oppressifs. Autant de cas qui interrogent sur l’efficacité réelle des mesures mises en avant par ces groupes.

On constate un écart grandissant entre les effets d’annonce et les changements réels opérés par les pétrolières. Les efforts sont encore trop peu efficaces pour espérer approcher des ODD d’ici 2030.

Des impacts positifs surestimés

Depuis quelques années, les supermajors communiquent abondamment sur le “verdissement” de leurs activités, mais dans les faits, nos données montrent que leurs impacts positifs restent dérisoires. Selon notre méthodologie, un impact positif lié à un ODD signifie que l’entreprise s’efforce intentionnellement de générer au moins un résultat positif lié à la cible d’un ODD qui se traduit par un changement mesurable pour les parties prenantes concernées. Parmi les entreprises que nous avons analysées, seules TotalEnergies et Shell ont des impacts positifs, mais ceux-ci représentent moins de 2% de leurs chiffres d’affaires.

TotalEnergies se distingue légèrement avec 1,3% de son chiffre d’affaires contribuant positivement à 3 ODD dont l’ODD 7 principalement (Energie propre et d’un coût abordable) en fournissant des solutions pour améliorer l’accessibilité à l’énergie des populations des pays émergents (ODD 7.1) ou encore en produisant des énergies renouvelables (ODD 7.2) ainsi que des solutions pour améliorer l’efficacité énergétique de ses clients (ODD 7.3). Une goutte d’eau au regard de ses activités carbonées tournées vers l’énergie fossile, avec une stratégie qui reste concentrée sur le gaz naturel. Shell arrive en seconde position avec 0,6% de son chiffre d’affaires provenant de la production d’énergies renouvelables (ODD 7.2).

Que révèle notre étude sur les autres supermajors comme Exxon Mobil, BP, Chevron, et Eni ?

Bien qu’elles se targuent d’être en première ligne de la transition énergétique en mettant en avant dans leurs reporting leurs implications dans le renouvelable, l’hydrogène, les biocarburants, les bornes pour véhicules électriques et le captage, l’utilisation et le stockage du carbone (CCUS), elles peinent à fournir des informations transparentes sur les revenus et résultats générés. Cette transparence sélective rend l’évaluation de leurs prétendus impacts positifs impossible selon notre méthodologie, qui se veut des plus rigoureuses. Cette différence de transparence par rapport à TotalEnergies et Shell s’explique notamment par les réglementations européennes comme la taxonomie verte, qui contraignent des groupes comme TotalEnergies et Shell à plus de clarté sur leurs activités contribuant à la transition.

Ces activités restent également marginales par rapport au cœur du modèle d’affaires de ces entreprises qui reste tourné vers l’énergie fossile.

In fine, une transition énergétique est-elle vraiment compatible avec le modèle économique des majors pétrolières ?

Nos analyses montrent que certains acteurs comme Orsted prouvent pourtant qu’une mutation réussie est possible. Dans les années 90,Orsted était l’un des producteurs d’électricité les plus émetteurs de GES en Europe, l’entreprise danoise est devenue leader de l’éolien en 20 ans, réduisant ses émissions de GES de 86% avec près de 54% de son chiffre d’affaires dédié à un impact positif lié à l’ODD 7. Rappelons que ce chiffre est inexistant ou au mieux à 1.3% pour Total. Orsted n’est cependant pas exempte de risques et de controverses et génère également des impacts négatifs. D’après nos analyses, 23% des impacts négatifs générés par Orsted ne sont pas correctement mitigés. Cela concerne notamment les répercussions sur les communautés locales affectées par ses projets d’énergies renouvelables. Ces éléments rappellent que la transition énergétique ne saurait se résumer à substituer des énergies propres aux énergies fossiles. Pour être pleinement soutenable, elle doit s’accompagner d’une transition juste, respectueuse des populations locales et de l’environnement sur l’ensemble de la chaîne de valeur.

Ce qui est certain, c’est que des modèles de transition existent et que les supermajors doivent rapidement joindre les actes aux discours. Leur transition énergétique piétine, leurs impacts positifs demeurent minimes au regard de leur dépendance aux énergies fossiles. Seule une mutation profonde de leur modèle économique permettra une transition énergétique crédible, alignée sur l’Accord de Paris.

Compagnies pétrolières nationales : des acteurs clés dans l’ombre

La surexposition médiatique des supermajors pétrolières ne doit pas éclipser le rôle déterminant des compagnies pétrolières nationales (CPN), détenant 65% des réserves d’hydrocarbures dans le monde. Alors que le monde s’efforce d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris, impak Analytics met en lumière ces acteurs souvent oubliés du débat climatique.

Prenons le top 5 mondial des compagnies pétrolières nationales (CPN) : Saudi Aramco (Arabie saoudite), Gazprom (Russie), Rosneft (Russie), Petrobras (Brésil) et ONGC (Inde). On constate que la plupart des CPN sont moins transparentes sur leur stratégie de transition énergétique que les supermajors pétrolières internationales. L’une des raisons principales ? La plupart des CPN se trouvent dans des pays émergents, tandis que la majorité des entreprises pétrolières internationales sont basées dans des pays développés où les populations ont connu un éveil écologique plus avancé, et exercent une pression plus importante sur les entreprises privées en matière de performance écologique. On observe généralement une réglementation et des exigences liées à l’ESG plus strictes, ainsi qu’un examen plus approfondi du marché sur ces questions.

Pourtant, sans implication forte des CPN, l’atteinte de l’Accord de Paris est illusoire. D’autant que les récentes annonces de l’Arabie saoudite, sur l’exploitation massive de nouveaux gisements d’hydrocarbures sont de mauvais augure pour le pays qui accueille la COP 28 son entreprise nationale Saudi Aramco étant identifiée comme une des entreprises avec les plus grands plans d’expansion pétrolière au monde.

La COP 28 doit être l’occasion d’intégrer enfin ces acteurs incontournables dans une stratégie mondiale cohérente. Car pour réussir la transition énergétique, tous les maillons de la chaîne doivent être au rendez-vous.

Alors que la COP 28 se profile à l’horizon, le verdict est sans appel : malgré leur communication offensive sur la « transition énergétique », les supermajors pétrolières sont encore loin du compte. Entre greenwashing et engagements a minima, leurs maigres impacts positifs ne pèsent pas lourd face à l’ampleur colossale de leurs impacts négatifs. Les mastodontes nationaux, principaux contributeurs au changement climatique ne sont pas en reste, faisant même pâle figure en matière de transparence et d’engagements crédibles.

Pour infléchir sérieusement la courbe du thermomètre, une métamorphose en profondeur s’impose. Même si les réglementations poussent les entreprises nationales à plus de transparence et de responsabilité dans leur reporting extra-financier, cela ne sera pas suffisant. L’exemple de TotalEnergies parle de lui-même. Bien qu’ayant une stratégie climatique détaillée et des contributions positives aux ODD, son interprétation de la transition est jugée insuffisante comme en témoignent les nombreuses controverses liées à l’inaction climatique et au greenwashing auxquelles l’entreprise est confrontée.

Pour une transition réussie, ces entreprises doivent démontrer un changement tangible de modèle : avec une part croissante d’activités bas carbone, une stratégie climat alignée sur les Accords de Paris, et la fin des nouvelles explorations d’hydrocarburants, tel que recommandé par le GIEC.

Les pétrolières sauront-elles saisir le momentum de la COP 28 pour enclencher une véritable transition, à l’instar d’Orsted ?

Allocation d’actifs et critères ESG

enjeux ESG

L’allocation d’actifs durable et l’intégration des critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) sont devenues des enjeux majeurs dans le paysage financier européen. La transition énergétique. Ainsi que l’impératif de durabilité, s’inscrivent aujourd’hui au cœur des politiques publiques et des régulations. À l’instar des directives SFDR et CSRD. Pourtant, des questions demeurent : comment concilier performance financière et responsabilité sociale ? Quelles stratégies d’allocation adopter pour assurer un équilibre entre rendement et respect des critères ESG ? Cet article propose de répondre à ces interrogations. En examinant les différents impacts des filtres ESG sur l’univers d’investissement et les approches possibles pour une gestion durable et résiliente.

Impact des critères ESG sur l’univers d’investissement

L’intégration des critères ESG dans les stratégies d’investissement a permis de renforcer la gestion des risques tout en favorisant la performance à long terme. Les entreprises ayant anticipé les enjeux de durabilité. Comme l’Oréal avec ses politiques sur l’égalité hommes-femmes et ses initiatives environnementales. Montrent une résilience accrue face aux transformations économiques et sociétales. En se concentrant sur des entreprises qui créent de la valeur pour la société et les actionnaires. Les investisseurs limitent les risques tout en contribuant à un avenir plus durable.

Cependant, les entreprises des secteurs émetteurs de gaz à effet de serre, comme celles liées aux énergies fossiles, sont exposées à des risques de transition vers une économie bas-carbone. Ces risques incluent non seulement des réglementations de plus en plus strictes, mais aussi des pressions croissantes de la société civile.

De plus, le suivi des controverses ESG est un levier essentiel pour éviter des pertes de valeur dues à des crises de réputation. Des affaires telles que celles d’Orpea et de Teleperformance en 2022 ont mis en lumière la nécessité pour les gestionnaires d’actifs de mettre en place des systèmes d’analyse ESG performants pour détecter les signaux faibles annonciateurs de potentiels scandales. Ces outils permettent non seulement d’évaluer les risques à court terme mais aussi de garantir une gestion plus résiliente à long terme.

Limites et enjeux de diversification

Malgré les avantages des filtres ESG, leur application peut parfois restreindre excessivement l’univers d’investissement. En effet, en excluant des secteurs jugés peu vertueux, les investisseurs risquent de réduire la diversification de leurs portefeuilles, ce qui peut nuire à la performance globale. Historiquement, les premières stratégies d’investissement durable reposaient sur des politiques d’exclusion de secteurs controversés, tels que le tabac ou les armes. Ces approches ont été élargies avec l’introduction de critères normatifs internationaux, mais cette logique d’exclusion peut encore poser des limites.

Ainsi, le défi pour les gestionnaires d’actifs consiste à trouver un équilibre entre les contraintes imposées par les critères ESG et la nécessité de maintenir une diversification suffisante. L’intégration d’approches complémentaires, telles que le suivi des meilleures pratiques au sein de chaque secteur, peut aider à surmonter ces obstacles tout en conservant une orientation durable.

Stratégies multi-sectorielles : du “best-in-class” à l’impact investing

Plusieurs stratégies permettent d’intégrer les critères ESG dans une logique multi-sectorielle. L’approche “best-in-universe” sélectionne les entreprises ayant le meilleur score ESG, quel que soit leur secteur. Cependant, cette stratégie peut entraîner des distorsions importantes en écartant des secteurs entiers, comme l’énergie. En revanche, l’approche “best-in-class” privilégie les entreprises leaders de leur secteur en matière de pratiques ESG, ce qui permet de maintenir une diversification sectorielle tout en intégrant les enjeux durables.

Une stratégie encore plus incitative est le “best-in-progress”, qui repose sur l’engagement actionnarial et le dialogue avec les entreprises. Cette approche permet aux investisseurs d’influencer les politiques internes des entreprises, notamment sur les questions de gouvernance, de stratégie climatique, et de respect des droits humains. En complément, des stratégies d’investissement thématiques (comme les fonds axés sur des thèmes spécifiques tels que l’eau ou l’énergie renouvelable) ou d’impact investing, cherchent à générer un impact social ou environnemental mesurable, tout en assurant un rendement financier.

Vers une gestion d’actifs durable et flexible

La prise en compte des critères ESG dans l’allocation d’actifs est aujourd’hui incontournable, mais elle doit être abordée avec pragmatisme. Aucune stratégie n’est universellement applicable, et il est essentiel de combiner différentes approches en fonction des spécificités du marché et des objectifs des investisseurs. Cette flexibilité, alliée à une surveillance rigoureuse des controverses et des risques, permet de construire des portefeuilles résilients et durables. En fin de compte, la réussite de la transition vers une économie plus durable repose sur l’équilibre entre performance financière et responsabilité sociale, et sur la capacité des investisseurs à adapter leurs stratégies aux enjeux de demain.

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Indosuez WM : focus Macroéconomie & Allocations d’actifs

À LA CROISÉE DES CHEMINS

Par Lucas MERIC, Investment Strategist, Indosuez Wealth Management

Nos changements sur le scénario post-été mettent en avant la divergence de ces derniers mois entre une économie américaine résiliente qui flirte avec la possibilité d’un atterrissage en douceur, et une économie chinoise dont la faible dynamique a justifié l’implémentation de nombreuses mesures de la part des autorités. En Europe, l’horizon s’est quelque peu assombri cet été mais nous n’anticipons pas de contraction dans la zone euro.

CHINE : LES YEUX RIVÉS SUR L’IMMOBILIER

Après plusieurs mois de données macroéconomiques décevantes, l’été fut actif dans l’Empire du Milieu, les autorités chinoises ayant multiplié les mesures fiscales, quasi-fiscales et monétaires. Objectif ? Relancer une économie qui fait face à de nombreux vents contraires : une reprise modeste, une inflation proche de zéro, une tendance baissière sur les créations de crédit, des incertitudes montantes autour de la situation financière de certains promoteurs immobiliers chinois et le ralentissement économique global peu favorable pour les exportations chinoises. Selon nous, ces mesures vont dans le bon sens, mais demeurent pour le moment insuffisantes pour stabiliser un secteur immobilier en forte contraction qui pèse sur la confiance au sein de l’économie chinoise.

Au rayon des bonnes nouvelles, les données d’août ont montré des premiers signes de stabilisation ; les ventes au détail et la production industrielle ont accéléré, surprenant positivement les attentes, tandis que les exportations se sont contractées dans une moindre mesure, profitant de la fin progressive du cycle de déstockage mondial et d’effets de base plus favorables. Cependant, l’immobilier a continué de peser sur l’investissement, tandis que les ventes de nouvelles maisons poursuivent leur contraction et que les prix sur les maisons des villes Tier 3 et Tier 4 ne montrent pas de signes de stabilisation au contraire des plus grandes villes. Dans un pays où l’immobilier représente indirectement plus de 20 % du PIB qui, avant la pandémie, représentait 60 % du patrimoine des ménages, et grâce auquel l’État récolte près de 30 % des recettes fiscales par le biais des ventes de terrains et des taxes liées à l’immobilier, nous considérons qu’il est crucial que les autorités mettent en œuvre les moyens nécessaires pour stabiliser le secteur. Dans cet environnement de confiance en berne et de faible dynamique de consommation, nous révisons à la baisse à la fois nos prévisions de croissance et d’inflation chinoise pour 2023 et 2024, avec une croissance qui cette année devrait trôner juste au-dessus de l’objectif de 5 % fixé par le gouvernement chinois en mars dernier (tableau 1).

ÉTATS-UNIS : UNE RÉSILIENCE À L’ÉPREUVE DES VENTS CONTRAIRES

Aux États-Unis, la situation est bien différente, l’économie américaine reste résiliente, maintenue à flot par l’épargne excédentaire accumulée qui a continué de soutenir le consommateur et les politiques de soutien à l’investissement ces derniers mois. Dans le même temps, les tensions sur le marché du travail américain (la demande de travail des entreprises était en début d’année deux fois supérieure à l’offre des travailleurs) continuent de se résorber en douceur, le nombre de postes ouverts diminue graduellement tandis que les suppressions d’emplois restent contenues (les nouvelles demandes d’emplois demeurant encore bien en-deçà de leur niveau pré-pandémie). Une dynamique positive qui a alimenté durant l’été les attentes d’un atterrissage en douceur de l’économie américaine, d’autant que l’inflation a décéléré jusqu’à 3 % en juillet, avant de rebondir légèrement en raison d’effets de base sur l’énergie. Cependant, nous continuons de penser que la consommation devrait se contracter légèrement en fin d’année, pénalisée par l’évaporation de l’épargne excédentaire (la Fed de San Francisco estimant que cet excédant aura été entièrement dépensé à la fin du troisième trimestre), un environnement de taux élevés (les ménages américains ayant de plus en plus recours aux cartes de crédit) et la reprise des remboursements sur la dette étudiante à partir d’octobre. Cela dit, nous ne voyons pas la consommation s’effondrer pour autant. En effet, le marché de l’emploi reste résilient, le pouvoir d’achat devrait être supporté par une désinflation toutefois sinueuse (l’inflation devrait rebondir légèrement en fin d’année en raison de la composante énergie) tandis que les ménages affichent des situations financières saines notamment en raison d’effets de richesse positifs depuis la pandémie que ce soit par le biais de l’immobilier, des marchés actions mais aussi d’une épargne richement rémunérée.

ZONE EURO : DES RISQUES À L’HORIZON MAIS PAS DE CONTRACTION

Sur le vieux-continent, la dynamique de croissance a été quelque peu mitigée cet été, le ralentissement observé dans le secteur manufacturier s’étant désormais étendu au secteur des services, la contraction étant cependant plus prononcée en Allemagne et en France que dans les pays du sud de l’Europe. La reprise de la consommation en Europe nous semble plus modeste qu’attendue, la confiance du consommateur continue de se détériorer et nous pensons que les salaires réels devraient prendre plus de temps à rebondir, les salaires nominaux ayant montré quelques signes de décélération ces derniers mois. Dans ce contexte, nous avons légèrement revu à la baisse notre prévision de croissance pour 2024, cependant notre scénario d’une croissance modeste et graduelle en zone euro reste inchangé. En effet, au cours des prochains mois, le consommateur européen devrait profiter de la désinflation en cours (notamment tirée par décélération des composantes alimentaires et services) et d’un marché du travail solide. En 2024, la zone euro devrait également être supportée par la stabilisation dans le cycle manufacturier et du moindre impact de la politique monétaire sur l’économie.

Scénario d’investissement et convictions d’allocation

Par Gregory STEINER, Global Head of Multi Asset, et Adrien ROURE, Portfolio Manager Indosuez WM

SCÉNARIO D’INVESTISSEMENT

  • Croissance : notre scénario de croissance reste globalement inchangé. Nous maintenons notre vue d’une légère contraction ponctuelle aux États-Unis mais décalée au dernier trimestre 2023 en raison d’une résilience forte de l’activité économique outre-Atlantique. Nous ajustons à la baisse nos prévisions de croissance en Europe pour 2024 ce qui s’explique par des effets techniques et une consommation moins importante qu’anticipée initialement. Enfin, nous révisons à la baisse la croissance chinoise en lien avec la persistance des difficultés rencontrées par le secteur immobilier cet été. Nous demeurons en revanche positifs sur la croissance des pays émergents dans leur globalité.
  • Inflation : le processus de désinflation est en cours et devrait se poursuivre dans les économies avancées, en lien avec la décélération observée des prix des loyers et de l’alimentation et des effets de base favorables. En revanche, la disparition de ces effets techniques en fin d’année et le rattrapage des salaires devrait maintenir l’inflation à des niveaux élevés
  • Banques centrales : le cycle de hausse de taux de la Fed et de la BCE est désormais derrière nous. Les taux d’intérêt devraient maintenant connaître un plateau à minima jusqu’au début du deuxième semestre de l’année prochaine. Pour la Fed, nous prévoyons des réductions de 75 pb au second semestre si l’inflation sous-jacente se normalise vers 3 %. Pour la BCE, nous ne prévoyons aucune réduction en 2024 mais reconnaissons que la détérioration des perspectives économiques pourrait pousser les banques centrales à revoir leur politique monétaire. La réduction des bilans poursuit son cours et pourrait peser davantage sur la partie longue des courbes des taux.
  • Résultats d’entreprises : la divergence des révisions bénéficiaires entre les États-Unis et le Japon d’un côté et l’Europe d’autre part se poursuit, avec une croissance des résultats désormais attendue autour de 12 % aux États-Unis contre 6 % pour la zone euro.
  • Environnement de risque : la volatilité actions continue d’évoluer dans une fourchette étroite tandis que la volatilité taux revient sur ses points bas d’un an, un certain nombre d’opérateurs anticipant désormais le parfait scénario d’un atterrissage en douceur aux États-Unis. Nous pensons cependant que l’incertitude demeure élevée et reconnaissons en ce sens l’intérêt des stratégies optionnelles permettant d’accroître l’asymétrie des portefeuilles.

CONVICTIONS EN MATIÈRE D’ALLOCATION D’ACTIFS

Actions

  • Au cours de la saison estivale, nous sommes devenus plus constructifs sur les actifs risqués à la faveur d’un environnement économique plus résilient (en particulier aux États-Unis). Ceci se traduit par une préférence pour les actions américaines au sein de nos portefeuilles. Si la saisonnalité est généralement défavorable pour les marchés actions en septembre, nous maintenons cependant une vue tactique positive à court terme sur cette zone du globe.
  • Nous conservons une opinion neutre sur les actions européennes. Bien que les valorisations demeurent attractives, la croissance économique ne montre pas de signes nets d’amélioration à ce stade tandis que le resserrement monétaire et la raréfaction de la liquidité en zone euro pourrait continuer de peser sur le sentiment à court terme. En revanche, nous estimons que certains sous-secteurs et zones géographiques pourraient redevenir attractifs à l’image du marché actions britannique qui s’échange sur de faibles ratios de valorisation et pourrait profiter du rebond récent des prix de l’énergie.
  • Les actions des pays émergents demeurent une conviction forte, ces dernières devraient profiter d’un différentiel de croissance à l’avantage des économies en cours de développement par rapport aux économies avancées.

Obligations

  • Nous estimons que les récents mouvements sur la courbe des taux américains et européens peuvent offrir des points d’entrée attractifs pour réduire notre position sous-pondérée en termes de durée.
  • Néanmoins, nous continuons de penser que le risque demeure orienté à la hausse sur la partie longue des courbes. Le changement de la structure des émissions du trésor américain aux États-Unis (et une potentielle accélération de la réduction du bilan de la BCE en zone euro) devrait continuer de mettre sous pression la partie longue des courbes. Notre préférence demeure ainsi pour la partie courte des courbes, dont les niveaux de rendement offrent une protection avantageuse, sans grande volatilité attendue.
  • Nous appelons en revanche à davantage de prudence sur les emprunts des états périphériques, notamment sur la dette souveraine italienne, sur fonds de déséquilibre offre-demande et d’un environnement économique moins propice dans les mois à venir.
  • Côté crédit, nous maintenons notre préférence pour la dette d’entreprise de qualité de courtes échéances (les courbes de crédit étant relativement plates) et restons à l’écart du segment du haut rendement, notamment les notations les plus faibles, dont les niveaux de valorisation nous semblent relativement élevés.

Marché des changes

  • Au début de l’été nous avons tactiquement réduit notre conviction sur la parité EUR/USD. Depuis, l’euro est revenu sur ses points bas de mai, de concert avec l’élargissement de l’écart de taux transatlantique. À court terme, l’environnement macroéconomique pourrait continuer de soutenir le dollar mais les risques semblent désormais mieux équilibrés, limitant le potentiel d’appréciation de ce dernier.
  • Si le franc suisse a longtemps bénéficié d’un environnement presque unique de taux d’intérêt réels positifs à travers le globe, ce temps semble révolu. Nous conservons ainsi notre opinion neutre sur la devise helvétique, alors même que la Banque nationale suisse devrait en avoir terminé avec son cycle de hausse de taux.
  • Le yen continue de s’échanger à ses plus bas niveaux, se rapprochant des niveaux d’intervention précédents de la Banque du Japon. Il ne serait donc pas surprenant d’observer une plus grande volatilité de la devise à court terme, bien qu’un changement plus structurel de l’environnement monétaire soit nécessaire pour une appréciation durable du yen face au billet vert.
  • L’attrait des rendements des emprunts d’état représente un frein à la détention d’or. À l’opposé, la forte demande de métal jaune de la part des banques centrales limite le potentiel de baisse. Nous continuons d’anticiper des prix de l’or évoluant dans une fourchette, sans tendance majeure, tant que les taux d’intérêt réels resteront sur ces niveaux.