PlanetSolar II : le pari solaire au sommet des Andes

PlanetSolar II

PlanetSolar II a entamé ce 29 septembre 2025 la première circumnavigation solaire du lac Titicaca, plus haut lac navigable du monde. L’expédition menée par Raphaël Domjan, avec des scientifiques et la Fondation PlanetSolar, vise à promouvoir l’énergie solaire et à étudier un écosystème fragilisé par la pollution et le changement climatique.

Un départ historique à Puno

Le 29 septembre 2025 restera une date marquante pour la navigation solaire. C’est depuis le port de Puno, au Pérou, que PlanetSolar II a pris le large, amorçant une aventure scientifique et symbolique : la première circumnavigation du lac Titicaca réalisée exclusivement grâce à l’énergie solaire.

À plus de 3 800 mètres d’altitude, ce plan d’eau sacré pour les Incas devient le théâtre d’une expédition mêlant technologie de pointe, recherche environnementale et engagement sociétal. Menée par l’éco-explorateur suisse Raphaël Domjan, initiateur du projet, la mission entend prouver qu’un futur basé sur les énergies renouvelables est non seulement possible, mais déjà en marche.

Un équipage engagé et complémentaire

Autour de Domjan, une équipe internationale a embarqué pour un mois d’exploration :

  • Xavier Lazzaro, océanographe de renom, spécialiste du Titicaca et de ses déséquilibres écologiques.
  • Nadia Keller, représentant la Fondation PlanetSolar, garante de la dimension institutionnelle et pédagogique de l’aventure.
  • Claudio Von Planta, documentariste, chargé de capter chaque moment de cette odyssée pour en faire un témoignage filmé.

Cette diversité de profils incarne l’esprit de l’expédition : une synergie entre science, communication et innovation.

Des objectifs multiples

L’expédition repose sur trois grands axes :

  1. Explorer et analyser l’écosystème du Titicaca
    Le lac souffre d’une pollution croissante liée aux rejets miniers, aux déchets domestiques et à l’intensification des activités humaines. Les scientifiques embarqués, en collaboration avec l’Autorité binationale du lac Titicaca (ALT), mèneront des relevés inédits de la qualité de l’eau afin d’évaluer l’état de santé du « grand lac ».
  2. Tester l’efficacité du solaire en haute altitude
    Les cellules photovoltaïques de PlanetSolar II seront étudiées dans des conditions extrêmes. Grâce à des instruments embarqués, les données seront comparées en temps réel avec celles recueillies sur le lac de Neuchâtel, en Suisse. L’objectif est de comprendre l’influence de l’altitude, du rayonnement solaire et des conditions climatiques sur les performances énergétiques.
  3. Porter un message universel
    Au-delà de la science, cette circumnavigation vise à montrer au monde entier que la transition énergétique est déjà une réalité. Naviguer sur un lac aussi emblématique sans émettre un gramme de CO₂ constitue un geste à la fois technique et politique.

Des obstacles surmontés avant le départ

Comme souvent dans les projets pionniers, les premiers jours ont réservé leur lot de complications. L’équipe a dû obtenir une confirmation d’assurance spécifiant explicitement que le navire était couvert sur le « Lago Titicaca ». Elle a également passé une inspection sanitaire inhabituelle, directement sur le pont du bateau. Ces contretemps n’ont cependant pas freiné l’enthousiasme des explorateurs, qui ont fini par hisser les voiles… solaires.

Un appui diplomatique et institutionnel

Le projet bénéficie du soutien officiel de la diplomatie suisse. L’ambassadrice de Suisse en Bolivie, Maja Messmer Mokhtar, ainsi que l’ambassadeur de Suisse au Pérou, Paul Garnier, étaient présents lors de la mise à l’eau. Leur présence illustre l’importance symbolique de cette aventure pour l’image d’une Suisse pionnière dans le domaine de l’énergie solaire.

Des institutions scientifiques de référence, comme le CSEM et l’EPFL, contribuent également à cette mission, en mettant leur expertise au service du suivi des performances photovoltaïques.

Enfin, la Fondation Prince Albert II de Monaco, active dans la protection des océans, s’associe à l’expédition, soulignant la portée internationale du projet.

Le lac Titicaca, un trésor menacé

Le Titicaca, partagé entre le Pérou et la Bolivie, est bien plus qu’un simple lac. C’est le plus grand réservoir d’eau douce d’Amérique du Sud, un site sacré pour les peuples andins, et une source de vie pour des millions d’habitants. Long de près de 200 kilomètres et couvrant 8 340 km², il constitue un écosystème unique.

Mais ce patrimoine est fragile :

  • La sécheresse, aggravée par le changement climatique, fait reculer ses rives.
  • La pollution minière et domestique dégrade la qualité de ses eaux.
  • La navigation motorisée, inefficace en altitude, contribue aux rejets polluants.

En attirant l’attention sur ces menaces, PlanetSolar II espère éveiller les consciences et encourager une gestion plus durable de cet environnement exceptionnel.

Un projet tourné vers l’éducation

Au-delà de la recherche, la mission a une dimension pédagogique forte. Des élèves en Suisse et au Pérou suivent en direct l’évolution du bateau et des données recueillies. Cette interaction transforme l’expédition en une véritable salle de classe flottante, rapprochant science et société.

Ce rôle éducatif prolonge la philosophie de PlanetSolar : utiliser l’exploit technologique comme catalyseur de sensibilisation et d’inspiration, en particulier auprès des jeunes générations.

Une transmission locale et durable

À l’issue du périple, PlanetSolar II sera remis à l’Autorité binationale du lac Titicaca (ALT). Le navire ne sera donc pas seulement un symbole, mais un outil concret mis au service des acteurs locaux pour la surveillance et la protection du lac. Ce legs témoigne d’une volonté de laisser un héritage durable et utile aux communautés riveraines.

Héritage de PlanetSolar I

Cette aventure s’inscrit dans la continuité du premier PlanetSolar, qui avait marqué l’histoire en 2012 en accomplissant le tout premier tour du monde uniquement grâce à l’énergie solaire. Cette première mondiale avait établi plusieurs records :

  • traversée de l’Atlantique la plus rapide à l’énergie solaire,
  • première traversée de l’océan Indien avec ce mode de propulsion,
  • plus long parcours maritime réalisé sans carburant fossile.

Avec PlanetSolar II, l’histoire continue. Mais cette fois, le défi est ancré dans un territoire emblématique, au cœur des Andes, avec une portée à la fois scientifique, symbolique et citoyenne.

Une expédition entre passé et futur

Naviguer sur le Titicaca à l’énergie solaire, c’est aussi renouer avec une dimension culturelle et spirituelle. Les Incas vénéraient Inti, leur dieu soleil, et considéraient ce lac comme un lieu sacré. En choisissant ce décor pour sa nouvelle odyssée, PlanetSolar inscrit son geste dans la continuité d’un héritage millénaire, tout en projetant un futur durable.

Conclusion : un message pour le monde

L’expédition PlanetSolar II n’est pas une simple performance technique. Elle constitue une démonstration tangible que les solutions renouvelables sont capables de relever des défis logistiques et environnementaux majeurs.

À travers ce périple solaire sur le lac Titicaca, Raphaël Domjan et son équipe rappellent qu’il est encore temps d’agir. L’énergie solaire, loin d’être une utopie, s’impose comme une ressource réaliste, efficace et respectueuse de la planète.

En laissant derrière lui un bateau, des données scientifiques et un documentaire, PlanetSolar II ne se contente pas d’écrire une page d’histoire : il offre des outils et une vision pour les générations futures.

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Swiss Life Asset Managers confirme son excellence en durabilité immobilière

Swiss Life Asset Managers

Le 2 octobre 2025, Swiss Life Asset Managers a annoncé de solides performances dans l’étude internationale GRESB 2025. Référence mondiale en matière de durabilité dans l’immobilier. Ses fonds immobiliers. Évalués sur leurs pratiques environnementales, sociales et de gouvernance (ESG), affichent des résultats en forte progression. Consolidant la position de l’entreprise comme acteur incontournable de la gestion d’actifs responsables en Europe.

Des résultats remarquables au GRESB 2025

En 2025, les 34 fonds immobiliers de Swiss Life Asset Managers analysés par le GRESB ont tous obtenu la distinction « Green Star ». Signe de leur alignement sur les standards les plus exigeants en matière de durabilité. Les notes obtenues, comprises entre 74 et 93 points, témoignent d’une progression continue. Avec une moyenne de 83 points sur 100, soit une amélioration de 2,5 % par rapport à l’année précédente.

Parmi ces fonds, quatre ont décroché la note maximale de cinq étoiles. Tandis que deux se hissent en tête de leur groupe de pairs. Ces résultats confirment la capacité du gestionnaire à conjuguer performance financière et responsabilité environnementale. Un équilibre de plus en plus recherché par les investisseurs institutionnels.

Une stratégie ESG au cœur de la performance

Derrière ces résultats se cache une stratégie ESG ambitieuse et structurée. Comme l’explique Bruno Blavier, responsable ESG Real Estate chez Swiss Life Asset Managers. Les progrès réalisés s’appuient sur plusieurs leviers : l’intégration de données plus détaillées dans l’analyse, la définition d’objectifs de décarbonation clairs, et la transparence accrue via la publication de certifications sectorielles.

Ces initiatives traduisent la volonté du groupe de renforcer durablement l’attractivité de ses portefeuilles immobiliers. En privilégiant des actifs alignés avec les enjeux climatiques et sociétaux. La gestion responsable des consommations d’eau et d’énergie, la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la maîtrise des déchets constituent des axes clés de cette politique.

Un portefeuille immobilier engagé et en croissance

Depuis trois ans, le portefeuille immobilier propre de Swiss Life Asset Managers est pleinement intégré au périmètre du GRESB. Ce qui témoigne de son engagement de long terme. Les fonds participants représentent 56 milliards de francs d’actifs sous gestion. Soit près de 63 % de l’ensemble des actifs immobiliers gérés par le groupe.

À l’échelle globale, au 30 juin 2025, Swiss Life Asset Managers gérait 281,1 milliards de francs d’actifs, dont 88,7 milliards investis dans l’immobilier. En collaboration avec Livit, le groupe administre également des biens immobiliers d’une valeur totale de 24,2 milliards de francs. Ce positionnement fait de Swiss Life Asset Managers un investisseur immobilier institutionnel majeur en Europe. Avec un rôle croissant dans la transformation durable du secteur.

Le GRESB, un baromètre international de référence

Le GRESB (Global Real Estate Sustainability Benchmark), créé en 2009, s’est imposé comme l’outil de référence mondiale pour évaluer la durabilité des fonds immobiliers et d’infrastructure. Chaque année, il analyse la performance ESG des acteurs du secteur à travers des indicateurs précis : consommation d’énergie, d’eau, émissions de gaz à effet de serre, gestion des déchets, mais aussi critères sociaux et de gouvernance.

L’approche globale du GRESB, conjuguée à des règles strictes de gouvernance, garantit une évaluation objective et permet aux investisseurs de comparer les fonds sur une base commune et transparente. Pour Swiss Life Asset Managers, ces notations constituent à la fois une reconnaissance et un outil stratégique pour piloter sa transition écologique.

Un acteur de long terme guidé par la responsabilité

Avec plus de 165 ans d’expérience, Swiss Life Asset Managers s’appuie sur une philosophie de gestion marquée par la prudence, la préservation de la valeur et une approche responsable des risques. Cette vision, héritée de son lien avec le secteur de l’assurance, est aujourd’hui au service des investisseurs tiers en Europe : collectivités, institutions financières ou clients privés.

En combinant expertise, innovation et responsabilité, Swiss Life Asset Managers poursuit un objectif clair : permettre à ses clients de construire un avenir financier durable, fondé sur des choix éclairés et une véritable liberté dans la planification de leur avenir.

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Enquête E3G : dirigeants européens soutiennent les règles solides en matière de durabilité

Enquête E3G

Une nouvelle enquête menée par YouGov pour le think tank E3G révèle que les dirigeants d’entreprises européennes sont largement favorables à des règles strictes en matière de durabilité et de devoir de vigilance. Cette étude, réalisée en août 2025 auprès de plus de 2 500 dirigeants en France, Allemagne, Italie, Espagne et Pologne, montre un soutien marqué pour des initiatives ambitieuses, contrastant fortement avec les amendements actuellement discutés dans le cadre de l’Omnibus européen.

Cette enquête arrive à un moment stratégique : à la veille d’une réunion des chefs d’État au Danemark et seulement deux semaines avant le vote en commission JURI prévu le 13 octobre. Les résultats mettent en lumière une volonté forte des dirigeants de s’engager dans la transition durable et de renforcer la compétitivité européenne tout en répondant aux attentes sociétales et environnementales.

Un soutien clair pour le plan de transition climatique

Parmi les enseignements clés de l’enquête, 63 % des dirigeants européens estiment juste d’imposer aux grandes entreprises un plan de transition climatique, tandis que seulement 11 % sont en désaccord. Cette statistique montre que la majorité des entreprises reconnaissent l’importance de mettre en place des stratégies ambitieuses pour réduire leur impact environnemental et favoriser la transition énergétique.

Au-delà de la simple conformité réglementaire, les dirigeants soulignent que ces règles contribuent à renforcer la compétitivité, facilitent l’accès aux financements et réduisent les risques liés aux enjeux climatiques. Selon l’enquête, un cadre réglementaire clair permet non seulement de protéger l’environnement, mais aussi de sécuriser les entreprises et leurs investissements à long terme.

Focus sur la France : leadership européen en matière de durabilité

Les résultats pour la France sont particulièrement révélateurs :

  • 69 % des dirigeants estiment que l’UE et les entreprises européennes doivent donner l’exemple mondial en matière de durabilité, contre seulement 10 % en désaccord.
  • 71 % jugent juste d’imposer un plan de transition climatique aux grandes entreprises, tandis que seulement 8 % s’y opposent.
  • 55 % considèrent que devenir plus durable est crucial pour la compétitivité de leur entreprise, contre 20 % en désaccord.
  • 60 % pensent que le reporting régulier en matière de durabilité contribue à attirer des investissements, contre 11 % qui ne partagent pas cet avis.

Ces chiffres témoignent d’un engagement clair et d’une prise de conscience importante parmi les dirigeants français sur le rôle clé de la durabilité dans le développement économique et la réputation internationale des entreprises.

Une majorité proactives malgré les débats législatifs

Alors que les amendements discutés dans le cadre de l’Omnibus suscitent des débats au sein des institutions européennes, l’enquête montre que les dirigeants préfèrent des règles solides et claires. Ils reconnaissent que l’incertitude réglementaire peut freiner les initiatives et limiter les investissements dans la durabilité. À l’inverse, des directives bien définies permettent aux entreprises de planifier et de mettre en œuvre des stratégies environnementales cohérentes, tout en répondant aux attentes des parties prenantes et des investisseurs.

Cette position des dirigeants européens s’inscrit dans un contexte global où la pression des consommateurs, des investisseurs et de la société civile pousse les entreprises à agir de manière responsable. Les résultats de l’enquête reflètent une tendance générale vers une adoption plus large des pratiques ESG (Environnement, Social et Gouvernance), et confirment que le secteur privé peut devenir un moteur de la transition écologique.

La durabilité comme levier de compétitivité

Les dirigeants interrogés considèrent la durabilité non pas comme une contrainte, mais comme un facteur de compétitivité. Selon l’étude :

  • Des règles claires renforcent la crédibilité des entreprises sur le marché européen et international.
  • La mise en place de plans de transition climatique améliore l’accès aux financements, car les investisseurs privilégient les entreprises transparentes et responsables.
  • La réduction des risques environnementaux et sociaux protège les entreprises contre des perturbations futures et des coûts inattendus.

Ainsi, la durabilité devient un véritable avantage stratégique, capable d’améliorer la performance économique tout en répondant aux exigences sociétales.

L’importance du reporting et de la transparence

Un autre enseignement majeur de l’enquête est le rôle clé du reporting régulier en matière de durabilité. En France, 60 % des dirigeants considèrent qu’un reporting structuré contribue à attirer des investissements, soulignant l’importance de la transparence et de la traçabilité dans la stratégie ESG.

Le reporting ne se limite pas à une obligation réglementaire : il devient un outil de communication avec les parties prenantes, un indicateur de performance et un levier de confiance pour les investisseurs et les clients. Cette approche intégrée de la durabilité permet de combiner efficacité économique et responsabilité sociale.

Vers un leadership européen global

L’étude révèle également que les dirigeants français et européens souhaitent que l’Union européenne et ses entreprises jouent un rôle exemplaire sur la scène mondiale. Cette vision proactive du leadership en matière de durabilité s’aligne avec les objectifs internationaux de l’ONU et les accords climatiques mondiaux. En adoptant des règles ambitieuses, l’Europe peut non seulement protéger l’environnement, mais également influencer positivement d’autres régions du monde et renforcer son influence économique et politique.

Une enquête stratégique à un moment crucial

La publication de cette enquête intervient dans un contexte stratégique, juste avant la réunion des chefs d’État au Danemark et à quelques semaines du vote en commission JURI sur le cadre réglementaire. Ces résultats offrent une base solide pour orienter les discussions et démontrer que le secteur privé soutient largement des mesures ambitieuses de durabilité.

Les experts interrogés, comme Jurei Yada, Directrice finance durable européenne chez E3G, et Malo Bourel-Weeger, Directeur des affaires publiques chez Impact France, se tiennent à disposition pour expliquer en détail les conclusions et implications de l’enquête.

Conclusion : un soutien clair et engagé

En résumé, l’enquête YouGov pour E3G démontre que :

  • Les dirigeants européens soutiennent majoritairement des règles strictes en matière de durabilité et de transition climatique.
  • La France se distingue par un soutien élevé pour des actions concrètes et un rôle exemplaire au niveau international.
  • La durabilité est perçue comme un levier de compétitivité, de financement et de réduction des risques.
  • Le reporting et la transparence sont essentiels pour renforcer la confiance et l’attractivité des entreprises.

À l’heure où les décisions politiques et législatives influencent l’avenir économique et environnemental de l’Europe, cette étude constitue un indicateur précieux du soutien du secteur privé et de son rôle potentiel dans la transition vers une économie durable.

Les dirigeants européens montrent que la durabilité n’est pas une option, mais une priorité stratégique, renforçant l’idée que l’Europe peut être un modèle mondial en matière de responsabilité sociale et environnementale.

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Saur confirme son leadership dans la finance durable

Saur

Le 29 septembre 2025, le groupe Saur a franchi une nouvelle étape décisive en finalisant une deuxième émission d’« obligations bleues » d’un montant de 500 millions d’euros. Après une première opération menée en 2024. Cette initiative renforce son rôle de pionnier dans la finance durable. Et son engagement en faveur de la préservation de l’eau, ressource vitale et de plus en plus menacée.

Les obligations bleues : un outil financier dédié à la protection de l’eau

Inspirées du modèle des obligations vertes, les obligations bleues représentent un mécanisme innovant de financement spécifiquement destiné à la protection et à la restauration des ressources en eau. L’opération réalisée par Saur permettra de soutenir ou refinancer des projets concrets tels que :

  • la production et la distribution d’eau potable,
  • la collecte et le traitement des eaux usées,
  • la mise en place de solutions de dessalement et de réutilisation des eaux,
  • le développement d’infrastructures capables de résister aux effets du changement climatique.

En plus de répondre à ces enjeux environnementaux. L’émission contribue également à renforcer la solidité financière du groupe en refinançant certaines dettes arrivant à échéance. Tout en maintenant un cap clair sur ses objectifs de durabilité.

Un jalon majeur dans la stratégie 2025-2030 de Saur

Cette nouvelle opération s’inscrit pleinement dans la feuille de route RSE 2025-2030 du groupe et dans sa vision stratégique à horizon 2030. En plaçant la finance durable au cœur de sa transformation. Saur ambitionne de déployer des technologies bas carbone. De mobiliser l’ensemble de sa chaîne de valeur et d’accompagner ses clients dans l’adaptation aux défis climatiques.

Comme l’a souligné Patrick Blethon, président exécutif du groupe. « Avec ce deuxième Blue Bond, nous réaffirmons notre volonté de transformer la finance durable en un levier d’action concret au service de l’eau. Notre ambition est d’apporter des solutions fiables pour la résilience hydrique de demain et de redonner à l’eau la valeur qu’elle mérite. »

Une confiance renouvelée des investisseurs

En devenant, dès 2024, la première entreprise française du secteur de l’eau à émettre une obligation bleue. Saur a marqué un tournant historique. La réussite de cette nouvelle levée de fonds démontre la confiance des investisseurs dans sa stratégie et dans son modèle économique. Elle atteste également de la crédibilité de ses engagements en matière d’ESG. Réduction des émissions de gaz à effet de serre, transition énergétique et inclusion sociale.

Cette reconnaissance par les marchés financiers confirme la position de Saur comme acteur de référence. Alliant innovation financière et responsabilité environnementale.

Saur, un acteur mondial engagé pour l’eau

Avec une présence dans plus de 25 pays et au service de 20 millions de consommateurs. Saur se positionne comme un partenaire essentiel des collectivités et des industriels. Ses activités couvrent la distribution d’eau potable. Le traitement des eaux usées et la gestion intelligente de l’eau, qu’il s’agisse de petites communes ou de grandes métropoles.

Fort de ses 12 000 collaborateurs et d’un chiffre d’affaires de plus de 2,3 milliards d’euros en 2024. Le groupe met en pratique sa raison d’être : « militer pour rendre à l’eau la valeur qu’elle mérite ». Par son engagement. Il contribue activement à la transition écologique et à la sécurisation d’un avenir durable pour une ressource essentielle à la vie.

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Le capital-investissement confirme son rôle clé dans le financement des cleantech en France

capital-investissement

Au premier semestre 2025, les investissements dans les technologies propres (cleantech) en France connaissent un rebond marqué, portés par l’engagement soutenu des acteurs du capital-investissement. Selon le dernier baromètre publié par France Invest en collaboration avec GreenUnivers et EY, le secteur attire 1,3 milliard d’euros à travers 70 levées de fonds, soit une hausse de 26 % par rapport au semestre précédent. Cette dynamique illustre la place centrale qu’occupent les investisseurs privés dans l’accompagnement de la transition écologique et énergétique.

Une reprise après deux semestres de ralentissement

Après une période de baisse des montants investis, le marché français des cleantech retrouve une trajectoire ascendante. Les 70 opérations recensées traduisent une stabilité en nombre par rapport à la fin de l’année 2024, mais un net regain en valeur. Cette tendance s’explique par la confiance renouvelée des investisseurs dans des filières jugées stratégiques, malgré un contexte économique et géopolitique incertain. La France se distingue ainsi par sa capacité à mobiliser des capitaux privés pour accélérer l’émergence et la consolidation de solutions bas carbone.

Les énergies renouvelables, moteur du secteur

Les énergies renouvelables concentrent la plus grande part des financements, avec 14 opérations pour un total de 528 millions d’euros, soit plus de 40 % des montants levés. Les projets solaires, éoliens et de biogaz continuent de séduire les investisseurs, attirés par leur potentiel de croissance et leur rôle essentiel dans l’atteinte des objectifs de neutralité carbone. Parmi les levées marquantes, Solveo Energies a obtenu 98 millions d’euros pour renforcer sa production d’électricité verte, tandis que CVE Biogaz a levé 70 millions d’euros pour accroître ses capacités de biométhane.

Une diversification sectorielle en plein essor

Si les renouvelables dominent, d’autres filières affichent également une progression notable. L’efficacité énergétique a levé plus de 220 millions d’euros, avec un projet phare porté par Powesco, spécialiste de la rénovation dans le tertiaire, qui a réuni 150 millions d’euros. L’économie circulaire attire elle aussi l’attention avec 14 opérations et 80,8 millions d’euros levés, preuve que la valorisation des déchets et l’optimisation des ressources gagnent en maturité. De leur côté, l’hydrogène (90,8 millions d’euros) et le nucléaire (49 millions d’euros) s’imposent comme des secteurs stratégiques, témoignant d’une volonté d’investir dans des solutions variées pour diversifier le mix énergétique.

L’innovation et les premiers tours de table toujours dynamiques

Les projets en phase de lancement continuent de bénéficier d’un soutien significatif. Les premiers tours de table et le capital-innovation représentent 56 opérations pour un montant total de 493 millions d’euros. Cette vitalité montre que les investisseurs ne se limitent pas aux acteurs déjà établis mais misent également sur des jeunes entreprises à fort potentiel, capables de proposer des innovations de rupture dans la transition écologique. Toutefois, la majorité des capitaux se concentre sur les phases de développement, reflétant une volonté de consolider les champions existants et d’accompagner leur passage à l’échelle industrielle.

Des freins persistants à surmonter

Malgré cette dynamique positive, plusieurs obstacles demeurent. L’incertitude géopolitique et les tensions économiques peuvent freiner les décisions d’investissement, en particulier dans les projets les plus capitalistiques. Le manque de compétences spécialisées dans les métiers techniques de la transition verte constitue également un défi majeur. Enfin, les disparités territoriales persistent : certaines régions concentrent l’essentiel des projets grâce à des écosystèmes déjà structurés, tandis que d’autres peinent à capter ces flux d’investissements.

Un enjeu de structuration pour transformer l’élan en leadership

Le premier semestre 2025 confirme la vitalité des cleantech françaises, portée par des capitaux privés en quête d’opportunités durables. Toutefois, pour transformer cette dynamique en leadership européen et mondial, il sera nécessaire de consolider les filières industrielles, de développer massivement les compétences et d’assurer une répartition équilibrée des investissements sur le territoire. Si ces conditions sont réunies, la France pourra non seulement accélérer sa transition écologique, mais aussi s’imposer comme une puissance industrielle de référence dans l’économie bas carbone.

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Jane Goodall : éthologue de renom, militante de l’environnement et de la paix

Jane Goodall

C’est avec une profonde émotion que le Jane Goodall Institute annonce le décès de sa fondatrice, le Dr Jane Goodall, à l’âge de 91 ans. Elle est décédée de causes naturelles à Los Angeles, en Californie, alors qu’elle était en tournée pour partager son savoir et sa passion à travers les États-Unis. La vie de Jane Goodall a été marquée par une curiosité insatiable et un engagement sans faille envers la nature et l’humanité. Son influence dépasse largement le monde scientifique, touchant des millions de personnes qui ont été inspirées par son travail, son humanité et son espoir en l’avenir.

Une vie dédiée à l’étude des chimpanzés

En 1960, Jane Goodall a entamé une étude pionnière sur les chimpanzés sauvages dans le parc national de Gombe, en Tanzanie. Cette recherche, qui reste l’une des plus longues études sur le comportement animal jamais réalisées, a révolutionné notre compréhension des primates et, par extension, de l’humanité. Contrairement à la plupart des chercheurs de l’époque, Jane a choisi d’observer les animaux dans leur environnement naturel avec patience et respect, permettant de documenter des comportements jusqu’alors inconnus.

Ses découvertes ont bouleversé la science. Jane a notamment observé pour la première fois l’usage d’outils par des chimpanzés, un acte qui a profondément modifié la perception de l’humanité et de la distinction entre l’homme et l’animal. Ses recherches ont également mis en évidence des comportements complexes tels que l’altruisme, la compassion, les liens mère-enfant, la chasse et même les conflits internes au sein des groupes. Ces révélations ont enrichi notre compréhension de l’évolution, de la santé humaine et des dynamiques écologiques.

L’empreinte mondiale du Jane Goodall Institute

Au-delà de ses recherches, Jane Goodall a consacré sa vie à la conservation et à l’éducation. Elle a fondé le Jane Goodall Institute (JGI), une organisation internationale active dans la protection des chimpanzés et de leur habitat à travers l’Afrique, tout en promouvant des projets communautaires impliquant les populations locales. Son objectif a toujours été clair : conjuguer science, action et sensibilisation pour préserver la biodiversité tout en améliorant les conditions de vie humaines.

L’une des initiatives phares du JGI est le programme Roots & Shoots, destiné aux jeunes. Lancé pour encourager l’engagement citoyen et la sensibilisation environnementale, ce programme est actif dans près de 75 pays et offre aux jeunes la possibilité de devenir des acteurs du changement dans leurs communautés. Roots & Shoots incarne parfaitement la vision de Jane : responsabiliser les nouvelles générations pour qu’elles construisent un monde plus juste, plus pacifique et plus durable.

Une pionnière pour les femmes dans la science

Jane Goodall n’a pas seulement marqué le domaine de l’éthologie ; elle a également ouvert la voie aux femmes dans les sciences. À une époque où la présence féminine dans la recherche était rare, elle s’est imposée par sa rigueur, sa persévérance et ses découvertes majeures. Son travail a inspiré d’innombrables scientifiques, hommes et femmes, à poursuivre leurs rêves malgré les obstacles. La reconnaissance de ses pairs et son influence dans le monde entier témoignent de l’impact durable de sa carrière.

Engagement pour la paix et la justice

Au fil des années, Jane Goodall est devenue une voix internationale pour la paix et la protection de l’environnement. Nommée Messagère de la paix des Nations Unies en 2002, elle a consacré les dernières décennies de sa vie à partager son message d’espoir et d’action positive. Elle a encouragé chacun à prendre part, à son échelle, à la préservation de la planète et au respect de tous les êtres vivants.

Jane a soutenu de nombreuses causes, allant des droits humains à la protection des animaux, en passant par la conservation des espèces menacées. Grâce à sa notoriété, elle a pu mobiliser des millions de personnes et sensibiliser le public à l’urgence environnementale. Son podcast, The Hopecast, a touché des millions de personnes, transmettant son message de compassion et de responsabilité envers la nature.

Une inspiration pour les jeunes générations

L’un des aspects les plus remarquables de l’œuvre de Jane Goodall est son attention portée aux jeunes. Elle croyait fermement que l’avenir de la planète dépendait des générations futures. Le programme Roots & Shoots illustre cette philosophie : il permet aux enfants et aux adolescents de devenir des leaders engagés pour la conservation et le bien-être social. Jane a toujours encouragé les jeunes à croire en leur capacité à faire une différence, et son héritage continue de les guider dans cette démarche.

Un héritage qui perdure

La vision de Jane Goodall se perpétue à travers le Jane Goodall Institute, présent dans 25 pays, dont la France. L’organisation continue de défendre une approche holistique de la conservation, impliquant les communautés locales et utilisant les dernières avancées scientifiques pour protéger les chimpanzés et leur habitat. Le JGI poursuit également sa mission éducative, sensibilisant le public aux enjeux environnementaux et sociaux dans le monde entier.

Son influence dépasse les frontières scientifiques et géographiques. Elle a transformé la manière dont l’humanité se perçoit elle-même et son rôle au sein de la nature. Les valeurs qu’elle a incarnées – curiosité, patience, respect et compassion – continueront à inspirer chercheurs, écologistes et citoyens engagés pour les générations à venir.

Ce que l’on retient

Le Dr Jane Goodall laisse derrière elle un héritage monumental : celui d’une vie consacrée à la science, à la conservation, à l’éducation et à la paix. Sa vision, incarnée par ses recherches et ses initiatives, restera une source d’inspiration et un guide pour toutes les personnes désireuses de faire une différence dans le monde. Le Jane Goodall Institute, avec ses programmes et ses actions, continue son œuvre et perpétue l’esprit de sa fondatrice. En ces moments de tristesse, le monde se souvient d’une femme exceptionnelle qui a su rapprocher l’humanité de la nature, et inspirer chacun à agir pour un futur meilleur.

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La BEI accélère sa transition verte

BEI
BEI

La Banque européenne d’investissement (BEI) franchit une nouvelle étape dans son rôle de « banque du climat ». Avec l’adoption de la deuxième phase de sa Feuille de route climatique. L’institution entend simplifier ses processus et amplifier ses financements en faveur de la transition écologique. Objectif : renforcer la compétitivité de l’Europe, sécuriser son approvisionnement énergétique et consolider son leadership technologique dans la révolution industrielle verte.

Une feuille de route révisée pour une Europe plus compétitive et indépendante

Depuis 2020, la BEI a mobilisé plus de 560 milliards d’euros en investissements verts. Dont 90 % au sein de l’Union européenne. Avec cette nouvelle phase, l’institution vise à aller plus loin. Elle consacrera plus de la moitié de ses financements annuels à l’action climatique et à la durabilité environnementale. L’ambition est claire : fournir une énergie propre, abordable et produite localement. Tout en soutenant les entreprises et les ménages face à la volatilité des prix.
La banque mise sur des financements ciblés pour développer les réseaux énergétiques. Avec un volume record de 11 milliards d’euros prévus cette année. Une part importante sera également destinée aux petites et moyennes entreprises. Notamment via une enveloppe de 17 milliards d’euros pour soutenir 350 000 PME dans leurs investissements en efficacité énergétique.

Doubler les financements pour l’adaptation climatique

Les événements climatiques extrêmes rappellent l’urgence de l’adaptation. Rien qu’en Europe, l’été 2025 a causé plus de 43 milliards d’euros de pertes économiques. Consciente de ces enjeux, la BEI va doubler son soutien à l’adaptation, atteignant 30 milliards d’euros entre 2026 et 2030.
Ces fonds seront alloués à l’agriculture, à la gestion de l’eau, aux collectivités locales et aux entreprises. Une attention particulière sera accordée aux populations vulnérables. Petits États insulaires, pays en développement, communautés à faibles revenus ou encore femmes et jeunes. L’assistance technique sera également renforcée afin d’aider les porteurs de projets à transformer leurs idées en initiatives concrètes.

Simplifier pour accélérer les investissements verts

Un des piliers de cette deuxième phase est la simplification administrative. La BEI souhaite réduire drastiquement la charge bureaucratique qui freine l’accès au financement, notamment pour les PME. En s’appuyant sur des outils numériques comme le « Green Checker ». Et sur les normes européennes existantes (CSRD, valeurs de référence et standards réglementaires), la banque ambitionne de fluidifier les démarches.
Cette simplification vise non seulement à accélérer l’accès aux financements. Mais aussi à assurer une meilleure cohérence avec les objectifs européens de compétitivité et de durabilité. Les entreprises accédant aux financements via des banques partenaires bénéficieront d’exigences harmonisées et allégées.

Soutenir l’innovation et les nouvelles technologies propres

L’innovation est au cœur de la stratégie de la BEI. À travers son programme TechEU, l’institution prévoit de mobiliser 250 milliards d’euros d’ici 2027. Dont une part importante consacrée aux technologies propres. Elle entend ainsi stimuler le développement de solutions industrielles innovantes, soutenir les fabricants d’équipements stratégiques (comme les turbines éoliennes et les réseaux électriques). Et renforcer les chaînes d’approvisionnement européennes.
La transition verte sera également inclusive : la BEI prévoit des prêts à la rénovation énergétique pour les ménages modestes. Ainsi que des dispositifs de location-bail pour l’acquisition de véhicules électriques ou de pompes à chaleur. Une initiative spécifique sera consacrée à l’égalité de genre face au climat, afin de promouvoir des projets bas-carbone portés par des femmes et des groupes sous-représentés.

Une stratégie ouverte et collaborative

La BEI met un point d’honneur à associer ses parties prenantes à cette nouvelle phase. Lors de consultations organisées en 2025, plus de 160 participants issus de la société civile, du secteur privé et d’institutions publiques ont contribué à l’élaboration de la feuille de route. Cette démarche participative témoigne de la volonté de l’institution d’ancrer ses actions dans une logique de transparence et de dialogue.
À l’international, la BEI prépare également une nouvelle orientation stratégique pour ses opérations hors d’Europe. Objectif : favoriser des partenariats gagnant-gagnant afin de soutenir la transition écologique mondiale tout en créant des opportunités pour les entreprises européennes.

Une banque au service de la transition et de la cohésion européenne

Avec près de 89 milliards d’euros de financements signés en 2024, la BEI reste un acteur central du développement économique et de la durabilité en Europe. Plus de la moitié de ses investissements sont orientés vers les régions à revenus inférieurs à la moyenne de l’UE, confirmant sa mission de cohésion territoriale.
En renforçant son rôle de « banque du climat », la BEI s’impose plus que jamais comme un levier stratégique de la transformation verte européenne. La deuxième phase de sa feuille de route n’est pas seulement un plan financier : c’est une vision de long terme pour une Europe plus résiliente, plus compétitive et plus durable.

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ISR : comprendre la décollecte pour mieux envisager l’avenir

ISR

L’investissement socialement responsable (ISR) a longtemps incarné l’idée d’une finance vertueuse, capable de concilier rendement financier et impact positif sur la société et l’environnement. Porté par une prise de conscience écologique et éthique croissante, il a connu un essor spectaculaire entre 2018 et 2021, attirant des flux record. Mais depuis quelques années, le vent tourne : de plus en plus d’investisseurs retirent leurs capitaux. Ce phénomène de décollecte interroge. Est-ce l’échec de l’ISR ou le signe d’une nécessaire évolution de ses pratiques ?

Quand la performance ne suit plus les promesses

L’attrait des fonds ISR reposait sur une promesse double : générer des rendements compétitifs tout en contribuant à des enjeux sociétaux cruciaux. Pourtant, beaucoup d’investisseurs ont été déçus par les performances réelles. La cause ne réside pas dans l’idée même d’investissement responsable, mais bien dans certaines méthodes de gestion. Des stratégies trop rigides, basées sur l’exclusion stricte d’entreprises jugées non conformes aux critères ESG, ont conduit à des portefeuilles excessivement concentrés. Or, en finance, une faible diversification expose davantage aux aléas sectoriels ou géographiques, et accroît mécaniquement la volatilité. Résultat : les rendements deviennent plus incertains et peinent à rivaliser avec ceux d’indices traditionnels. Cette fragilité structurelle alimente aujourd’hui la défiance d’une partie des investisseurs.

L’excès de dogmatisme, un frein à la crédibilité

L’ISR souffre parfois d’une approche idéologique plus que pragmatique. Chercher à être « pur » sur le plan éthique, en excluant systématiquement des pans entiers de l’économie, revient à sacrifier l’équilibre d’un portefeuille. Cette rigidité entraîne une image paradoxale : l’ISR est perçu comme vertueux mais instable, responsable mais peu fiable financièrement. Pourtant, l’investissement durable n’a pas vocation à être une posture morale, mais un outil économique crédible. En s’enfermant dans un cadre trop dogmatique, certains fonds ont compromis la confiance du marché. La décollecte actuelle apparaît ainsi comme un signal fort : les investisseurs réclament moins de symboles et davantage de cohérence stratégique.

Vers une nouvelle approche : responsabilité et performance réconciliées

L’avenir de l’ISR ne se joue pas dans l’exclusion, mais dans l’intégration. Plutôt que d’opposer performance et critères ESG, les gérants doivent les combiner intelligemment. Les critères environnementaux et sociaux peuvent devenir des leviers d’analyse supplémentaires, venant enrichir les décisions d’investissement au lieu de les restreindre. Cela permet d’élaborer des portefeuilles plus diversifiés, plus solides face aux chocs économiques, tout en maintenant un cap durable. C’est dans cette voie médiane, où discipline financière et responsabilité s’articulent, que se trouve le véritable potentiel de l’ISR.

La maturité d’un marché en transformation

Le mouvement de retrait des capitaux n’est pas nécessairement synonyme d’échec. Il reflète l’exigence croissante des investisseurs, qui attendent de la transparence, des méthodes claires et une réelle maîtrise des risques. Les fonds qui se contentent d’apposer un label ISR sans réflexion de fond sont désormais sanctionnés. À l’inverse, ceux qui sauront démontrer leur rigueur méthodologique et prouver que responsabilité et performance peuvent aller de pair seront mieux armés pour regagner la confiance. Cette phase de turbulence peut donc être l’occasion pour l’ISR de franchir un cap, en passant d’un effet de mode à une approche mûrie, structurée et durable.

Un appel à repenser la finance responsable

En définitive, la décollecte actuelle est moins une remise en cause de l’investissement responsable qu’un appel à son renouvellement. L’ISR doit sortir d’une logique de conformité symbolique pour embrasser une véritable logique de performance durable. Si cette évolution s’opère, il pourra retrouver sa place dans les portefeuilles comme une stratégie crédible et attractive, alignée avec les attentes des investisseurs d’aujourd’hui et les défis du monde de demain. Loin d’être un échec, cette période pourrait marquer l’entrée de l’ISR dans une nouvelle phase : celle de la maturité et de la solidité.

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PRODURABLE 2025 : le plus grand rendez-vous de l’économie responsable

PRODURABLE 2025

Les 8 et 9 octobre 2025, le Palais des Congrès de Paris accueillera la 18ᵉ édition du salon PRODURABLE. Placé sous le haut patronage du Ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche. Avec plus de 15 000 participants, 750 intervenants et 350 partenaires. Cet événement s’impose comme le rendez-vous incontournable des acteurs de l’économie durable en Europe. Cette année, le thème « Héritages : protéger, restaurer, transmettre » guidera l’ensemble des réflexions. Appelant chacun à se questionner sur la manière de préserver les ressources. Réparer les déséquilibres passés et transmettre des modèles vertueux aux générations futures.

Une édition sous le signe des héritages et des responsabilités

Le fil rouge choisi pour 2025 dépasse la simple réflexion écologique. Il interroge la place de l’humain dans la continuité de la planète. Protéger les écosystèmes, restaurer les équilibres fragiles et transmettre des savoir-faire ou des modèles économiques responsables constituent les trois piliers de cette édition. Le salon propose 11 parcours thématiques couvrant tous les champs de la durabilité. De l’énergie au climat, en passant par l’économie circulaire, la gouvernance, la biodiversité ou encore la formation. Chaque visiteur pourra construire son propre parcours entre conférences, expositions et ateliers.

Des conférences de haut niveau pour éclairer les défis de demain

Avec 24 conférences officielles et plus de 280 ateliers, PRODURABLE 2025 rassemble des personnalités venues d’horizons variés. Chercheurs, dirigeants, responsables politiques, ONG et entrepreneurs. Parmi les intervenants attendus : l’astrophysicien Étienne Klein, l’ancien ministre Julien Denormandie. La ministre Agnès Pannier-Runacher, ou encore François Gemenne, spécialiste reconnu des migrations environnementales.
Les débats porteront sur des thématiques centrales :

  • la trajectoire bas carbone et ses impacts sur les modèles d’affaires,
  • le rôle stratégique et financier de la transition énergétique,
  • l’évolution du reporting ESG et de la CSRD,
  • les réponses à apporter face aux bouleversements économiques et géopolitiques liés à la crise climatique.

Trois villages thématiques pour illustrer la transition

L’exposition du salon s’organise autour de trois villages ESG qui incarnent les grands enjeux actuels :

  • Le Village Environnement, avec un accent sur l’énergie, la mobilité et la décarbonation. Met en avant les solutions technologiques et naturelles pour répondre à l’urgence climatique.
  • Le Village Gouvernance & Stratégie réunit les acteurs de la finance durable. Du numérique responsable et de l’intelligence artificielle appliquée aux modèles économiques.
  • Le Village Social & RH replace l’humain au centre de la transition. En abordant la qualité de vie au travail, la formation, l’inclusion et le dialogue social.

Valoriser les engagements : prix et trophées

Le salon est aussi un lieu de reconnaissance et de valorisation des initiatives les plus inspirantes.

  • Le Grand Prix de la Marque Engagée®, organisé avec LinkUp, récompensera des entreprises pionnières qui placent l’engagement environnemental et social au cœur de leur stratégie. En 2025, une nouvelle catégorie « Alimentation durable » fait son apparition. Ainsi qu’un prix de la « Personnalité de l’année », attribué par vote populaire.
  • Les Trophées Talents for the Planet, en partenariat avec AEF Info. Mettront en avant les projets innovants en matière de formation et d’acculturation aux enjeux de la transition écologique.

Des temps forts originaux pour inspirer autrement

Au-delà des tables rondes et débats, le salon proposera des moments singuliers : un grand quiz sur le greenwashing, des introductions poétiques aux conférences, des keynotes d’anciens ministres et dirigeants, mais aussi la présentation d’études inédites comme « Métamorphose du dirigeant et de l’entreprise ». Ces initiatives visent à rendre la réflexion accessible, vivante et participative.

Un événement engagé jusque dans son organisation

Fidèle à sa vocation, PRODURABLE veille à ce que ses pratiques d’organisation reflètent son ambition. Les organisateurs s’engagent à limiter l’empreinte environnementale de l’événement : restauration durable, sobriété des ressources, réduction de l’empreinte carbone, gestion responsable des déchets et sensibilisation active du public. L’objectif est clair : montrer l’exemple et incarner la transition jusque dans les coulisses du salon.

Conclusion

Avec son thème centré sur les héritages, PRODURABLE 2025 ne se contente pas d’exposer des solutions. Il nous invite à réfléchir collectivement à la trace que nous souhaitons laisser et aux responsabilités que nous portons envers les générations futures. Rassembler autant de décideurs, d’experts et de citoyens engagés autour de ces enjeux démontre l’urgence d’agir mais aussi la richesse des initiatives déjà en marche. Plus qu’un salon, PRODURABLE se veut un catalyseur de transformation et un lieu où s’inventent les modèles économiques, sociaux et environnementaux de demain.

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Débats sur l’énergie : distinguer les idées reçues de la réalité

Débats sur l’énergie

L’énergie occupe une place centrale dans nos vies quotidiennes : elle alimente nos logements, nos industries et nos transports, tout en étant au cœur des enjeux climatiques et économiques. Pourtant, ce domaine reste complexe et souvent mal compris. Entre flambée des factures, rôle des énergies renouvelables, investissements colossaux et risques de black-out, les affirmations circulent vite et ne sont pas toujours exactes. Cet article propose de démêler le vrai du faux à travers les principales questions que se posent les Français sur l’avenir énergétique du pays.

Les factures d’électricité ont-elles vraiment doublé en dix ans ?

Non. La hausse est réelle mais moins spectaculaire que ce que l’on entend parfois. Entre 2015 et 2025, les tarifs réglementés de vente (TRVE), auxquels sont encore abonnés plus de la moitié des ménages français, ont progressé de 20 % en euros constants, soit de 45 % en tenant compte de l’inflation. Loin du doublement annoncé. Cette hausse provient à la fois de l’abonnement et de la consommation. Elle traduit aussi des crises successives, comme celle du gaz en 2022-2023 ou la baisse ponctuelle de la production nucléaire.

Les énergies renouvelables font-elles grimper la facture des ménages ?

Contrairement à une idée reçue, les énergies renouvelables (EnR) ne sont pas responsables de la hausse des factures. La facture se compose en moyenne de trois blocs :

  • la fourniture d’électricité (environ 40 %),
  • l’utilisation des réseaux (29 %),
  • et les taxes (31 %).

Si l’électricité coûte davantage depuis dix ans, c’est surtout en raison des tensions sur le gaz et des problèmes du parc nucléaire. Les EnR, grâce à leur faible coût marginal, ont plutôt contribué à réduire les prix de gros sur les marchés.

Le tarif d’utilisation des réseaux (TURPE) va-t-il exploser ?

Le TURPE, fixé par la Commission de régulation de l’énergie (CRE), est révisé tous les quatre ans. Pour la période 2025-2028, une hausse a bien été décidée, mais son évolution devrait rester proche du niveau de l’inflation. À long terme, la CRE anticipe une augmentation modérée de l’ordre de l’inflation + 1 % par an jusqu’en 2040. Cela reflète surtout les investissements nécessaires pour moderniser et adapter le réseau électrique à la transition énergétique, sans pour autant aboutir à un doublement des coûts.

La France va-t-elle dépenser 300 milliards d’euros pour développer les EnR ?

Ce chiffre, largement relayé, est exagéré. Les investissements prévus d’ici 2040 sont estimés à environ 190 milliards d’euros pour le réseau électrique, dont une partie seulement liée aux raccordements des EnR : 18 milliards pour les filières terrestres et 37 milliards pour l’éolien en mer. À cela s’ajoutent environ 50 milliards de soutien public aux renouvelables d’ici 2060. En additionnant tous ces postes, on reste très en deçà des 300 milliards annoncés, et surtout, ces sommes s’étalent sur plusieurs décennies.

Le développement des EnR repose-t-il uniquement sur l’argent public ?

Pas entièrement. En 2025, l’État soutient effectivement le développement des renouvelables à hauteur de près de 7 milliards d’euros, notamment via des tarifs garantis. Mais il existe d’autres leviers, comme les PPA (Power Purchase Agreements), qui sont des contrats directs entre producteurs et entreprises consommatrices. Ces accords, encouragés par la CRE, permettent de diversifier les modes de financement et de réduire la dépendance au budget public.

Le soutien public aux EnR est-il en hausse en 2025 ?

Oui, mais modérément. Avec 6,9 milliards d’euros prévus cette année, le niveau reste proche de celui observé avant la crise de 2022-2023 (6,4 milliards en 2020). La hausse s’explique par un volume d’électricité soutenu plus important, tandis que le coût moyen des contrats diminue légèrement. À noter que certains anciens contrats photovoltaïques signés avant 2010, avec des tarifs très élevés, pèsent encore lourdement sur les finances publiques, mais leur fin progressive allégera cette charge dans la prochaine décennie.

Les EnR coûtent-elles plus cher à l’État quand les prix de marché baissent ?

Exact. Le mécanisme de soutien public compense la différence entre le prix garanti aux producteurs et le prix du marché. Quand les prix sont bas, la compensation augmente. En revanche, quand les prix flambent, comme en 2022 et 2023, les EnR peuvent rapporter de l’argent à l’État : elles ont ainsi contribué à hauteur de 5,5 milliards d’euros pendant cette période. Autrement dit, elles agissent comme un amortisseur face aux fluctuations du marché.

La France produit-elle plus d’électricité qu’elle n’en consomme ?

En 2024, oui. Avec 539 TWh produits, dont une majorité grâce au nucléaire, la France a même exporté 89 TWh vers ses voisins, ce qui a rapporté environ 5 milliards d’euros. Cette performance marque un retour au niveau d’avant-crise et renforce la balance commerciale du pays.

Si la France produit plus qu’elle ne consomme, faut-il encore développer les EnR ?

La réponse est claire : oui. La production varie au fil des saisons et des conditions climatiques. Certaines années, comme en 2022, la France a dû importer massivement faute de disponibilité nucléaire et de pluies suffisantes pour l’hydraulique. Par ailleurs, la demande d’électricité devrait croître fortement avec l’électrification des usages (transports, chauffage, industrie). Dans ce contexte, les EnR, plus rapides à déployer que de nouveaux réacteurs nucléaires, constituent un complément indispensable.

Le black-out espagnol est-il dû à un excès d’énergie solaire ?

Non. L’incident du 28 avril 2025 en Espagne n’a pas été provoqué par un trop-plein d’énergie renouvelable, mais par une série de facteurs techniques ayant entraîné un déséquilibre de tension. Les enquêtes européennes en cours devraient apporter davantage de précisions, mais les renouvelables ne peuvent être tenues pour responsables.

Conclusion

Le débat énergétique est souvent pollué par des idées reçues. Oui, les factures ont augmenté, mais pas autant que certains le disent. Oui, les EnR nécessitent un soutien public, mais elles contribuent aussi à stabiliser les prix et à préparer l’avenir. La France, qui produit déjà plus d’électricité qu’elle n’en consomme, ne peut se reposer uniquement sur son parc nucléaire et doit continuer à diversifier ses sources. Démêler le vrai du faux est essentiel pour mieux comprendre les choix à venir et participer à une transition énergétique éclairée.

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