Mobilité électrique : une transition contrastée selon les pays

Mobilité électrique

BearingPoint publie son Baromètre international sur la mobilité électrique. L’étude menée avec YouGov en janvier 2025 révèle de fortes disparités entre l’Allemagne, la Chine, les États-Unis et la France. Si la transition mondiale est en marche, les comportements d’achat, les préférences de marque et les freins restent très différents selon les pays.

L’Allemagne : une hésitation persistante malgré le potentiel

Avec 13,5 % de véhicules électriques (VE) immatriculés en 2024, l’Allemagne dépasse les États-Unis, mais reste en retrait en matière d’intention d’achat. Seuls 21 % des Allemands envisagent un VE pour leur prochain véhicule, contre 73 % en Chine. Le ralentissement s’explique par la fin des subventions et un manque de modèles abordables.

Pourtant, les experts de BearingPoint restent optimistes. Le marché allemand pourrait redécoller grâce à une baisse des prix, au retour des aides publiques et à un cadre européen plus structurant.

Chine : le leader incontesté de la mobilité électrique

La Chine domine tous les indicateurs : deux tiers des répondants ont déjà conduit un VE et près des trois quarts souhaitent en acheter un. Le pays bénéficie d’une offre abondante, de prix compétitifs, et d’un réseau de recharge dense.

L’innovation joue aussi un rôle-clé. Les consommateurs chinois s’intéressent aux nouvelles technologies, à l’autonomie et à l’évolutivité logicielle. La mobilité électrique est perçue comme un levier de progrès technologique, à l’image du cycle rapide des smartphones.

États-Unis et France : entre prudence et ouverture

Les États-Unis enregistrent une progression lente mais constante. En 2024, seulement 7,6 % des véhicules neufs étaient électriques. Toutefois, l’intention d’achat est plus élevée qu’en Allemagne. La France se positionne entre ces deux marchés, avec des intentions d’achat modérées mais stables.

Les deux pays partagent des freins communs : le prix d’achat élevé, le manque de bornes de recharge et une certaine méfiance technologique.

Les marques nationales en première ligne

Sur chaque marché, les constructeurs nationaux dominent les intentions d’achat. En Chine, BYD séduit près de 50 % des consommateurs. En Allemagne, Volkswagen et ses marques (Audi, Porsche) arrivent en tête. Aux États-Unis, Tesla reste la référence, tandis qu’en France, les marques locales comme Renault, Peugeot et Citroën conservent une forte popularité.

Cette préférence s’appuie sur la confiance envers les constructeurs nationaux. Mais la donne pourrait changer : Tesla progresse en Chine, et les marques chinoises s’implantent peu à peu en Europe.

Ce qui freine l’achat de véhicules électriques

Le principal obstacle reste le coût. En Chine, seuls 12 % des consommateurs le citent comme frein, contre un tiers en France, Allemagne et États-Unis. Cela s’explique par la disponibilité de modèles abordables sur le marché chinois.

L’autonomie et les infrastructures de recharge posent également problème, en particulier en Europe et en Amérique du Nord. En Chine, les inquiétudes portent davantage sur la vitesse d’évolution technologique et la dépréciation rapide des véhicules.

Pourquoi les consommateurs choisissent l’électrique

Malgré les freins, les motivations sont globalement similaires : réduction des coûts d’entretien, impact environnemental moindre et confort de conduite. Les Allemands mettent en avant les critères écologiques, tandis que les Chinois valorisent davantage l’innovation, la performance et la connectivité.

Une transformation mondiale aux rythmes différents

Pour Manuel Schuler, expert automobile chez BearingPoint, la transition est inévitable, mais elle prendra des formes variées selon les pays. Il souligne trois leviers déterminants :

  • Des infrastructures de recharge fiables et accessibles
  • Une baisse des prix des modèles électriques
  • Des avancées technologiques sur les batteries

Malgré le contexte géopolitique tendu, le passage à la mobilité électrique semble irréversible. Mais chaque marché suit une trajectoire qui lui est propre, influencée par la réglementation, la culture automobile et les priorités économiques.

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RSE : les entreprises engagées volontairement affichent de meilleures performances

engagé rse

Le 10 avril 2024, EcoVadis, en collaboration avec le Pacte mondial des Nations Unies – Réseau France, a publié une étude inédite sur la performance RSE des entreprises françaises. L’analyse porte sur plus de 4 300 entreprises évaluées en 2023. Parmi elles, 30 % sont engagées volontairement dans le Pacte mondial, intégrant ses dix grands principes et plusieurs Objectifs de développement durable (ODD) à leur stratégie.

Les résultats sont sans appel : l’engagement volontaire améliore significativement la performance RSE, en particulier dans un contexte marqué par les incertitudes économiques et géopolitiques.

Des écarts de performance significatifs

Les entreprises participantes au Pacte mondial obtiennent en moyenne un score RSE supérieur de 12 points à celles qui ne le sont pas : 67 contre 55,1. Plus encore, 64 % d’entre elles atteignent un niveau “avancé” ou “excellent”, contre seulement 17 % des autres entreprises françaises.

Les domaines de l’éthique et des achats responsables bénéficient particulièrement d’un cadre structurant, avec des pratiques plus solides et mieux suivies.

Un effet bénéfique à toutes les échelles

L’étude montre que l’effet positif de l’engagement volontaire est visible quelle que soit la taille de l’entreprise :

  • PME (25 à 99 salariés) : +13 points
  • ETI (100 à 999 salariés) : +11 points
  • Grandes entreprises (1 000 salariés et plus) : +14 points

Les petites structures engagées démontrent qu’il est possible d’obtenir des résultats concrets en RSE, même avec des moyens limités.

Les PME engagées : un modèle à suivre

Les PME françaises participantes au Pacte mondial affichent une performance RSE moyenne de 68,4, contre 52,2 pour les autres. Près de 68 % d’entre elles atteignent un niveau “avancé” ou plus, contre seulement 18 % des PME non engagées.

L’environnement est le domaine où les progrès sont les plus marqués, avec une hausse de +5,6 points en cinq ans.

Des pratiques concrètes et mesurables

L’étude révèle que les entreprises engagées adoptent des pratiques plus structurées :

  • Énergie et CO2 : 75 % des PME engagées agissent sur leur consommation énergétique, contre 49 % des autres.
  • Conditions de travail : 71 % mènent des enquêtes de satisfaction, contre 44 %.
  • Éthique : 65 % disposent d’un système d’alerte contre la corruption, contre 31 %.
  • Achats responsables : 72 % imposent un code de conduite à leurs fournisseurs, contre 39 %.

Ces chiffres montrent que l’engagement ne se limite pas à la communication : il se traduit par des actions tangibles.

Une stratégie durable, pas une simple formalité

Pour Sylvain Guyoton, Chief Rating Officer chez EcoVadis, cette étude confirme que l’engagement volontaire n’est pas symbolique : « Il a un effet réel sur toutes les dimensions observées, des politiques internes jusqu’aux résultats obtenus. »

Nils Pedersen, délégué général du Pacte mondial – Réseau France, souligne quant à lui que cet engagement ouvre de nouvelles perspectives économiques : il stimule l’innovation, renforce la crédibilité des entreprises et facilite l’accès aux financements et aux marchés internationaux.

Retour d’expérience : le cas du Groupe SEB

Lors d’un webinaire de présentation de l’étude, le Groupe SEB a partagé son expérience. Évalué par EcoVadis depuis 2016 et membre du Pacte mondial depuis 2003, le groupe voit dans la RSE un levier stratégique de long terme.

Avec ses 40 marques iconiques et plus de 400 millions de produits vendus par an dans 150 pays, le Groupe SEB intègre la performance RSE dans toutes ses décisions. Pour Juliette Sicot-Crevet, directrice du développement durable, le score EcoVadis est devenu un argument de poids dans les relations commerciales, notamment avec les distributeurs.

Une opportunité pour les entreprises françaises

L’étude rappelle que la RSE ne doit pas être vue comme une contrainte, mais comme un levier de compétitivité durable. Les entreprises qui s’engagent volontairement améliorent non seulement leurs pratiques internes, mais renforcent aussi leur image, leur attractivité et leur résilience face aux défis futurs.

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Les défis démographiques, géopolitiques et sociaux du monde contemporain

défis démographiques

Dans cet entretien, Emmanuel Todd, historien, démographe et essayiste français, livre une analyse profonde des dynamiques mondiales actuelles, en particulier en ce qui concerne les enjeux démographiques, géopolitiques, et sociaux. Ses réflexions touchent à la montée en puissance de la Chine, aux défis démographiques de cette dernière, aux mutations sociales en Europe, en particulier en France, et à la question du racisme. À travers ses observations, Todd propose une lecture des tensions actuelles, en mettant en lumière la complexité des rapports entre les nations et les sociétés, tout en soulignant l’importance du pragmatisme.

Ceci est un extrait d’une interview, sélectionné par votre média Green Finance, qui donne la parole à tous, même si cela peut vous déplaire et nous déclinons toutes responsabilités sur la source et les propos de cet extrait.

La montée en puissance de la Chine et ses défis démographiques

Emmanuel Todd commence par évoquer la Chine, un acteur géopolitique incontournable en pleine ascension. L’auteur met en avant les impressionnants progrès de la Chine en matière de technologie, d’industrie, et de puissance militaire, notamment sa croissance numérique et l’extension de sa marine. Toutefois, il souligne un aspect inquiétant : malgré sa population colossale de 1,4 milliard d’habitants, la Chine fait face à une baisse rapide de sa fécondité, ce qui pourrait entraver son développement à long terme.

L’évolution démographique de la Chine, marquée par une chute dramatique de la natalité, présente des défis considérables pour son futur. Alors que la population globale diminue, la population active, qui est cruciale pour maintenir la puissance économique, est également en déclin. Ce phénomène pourrait compromettre l’avenir économique de la Chine, malgré ses atouts industriels et technologiques. Todd rappelle que pour être une grande puissance, il faut réunir trois éléments essentiels : une technologie avancée, une industrie solide, et une population croissante. Or, bien que la Chine ait l’industrie et la technologie, la décroissance démographique pourrait freiner ses ambitions.

La situation en Europe et les défis internes de la France

Todd passe ensuite à l’analyse de l’Europe, et plus spécifiquement de la France, en abordant les tensions internes liées à l’immigration, à l’assimilation, et à la question du racisme. Il pointe du doigt les difficultés liées à l’immigration et au ralentissement de la mobilité sociale, qui ont freiné le processus d’intégration des populations immigrées. Contrairement à ses prédictions optimistes des années 1980 sur l’aptitude de la France à assimiler les immigrés, il admet que la situation actuelle est plus complexe.

L’auteur attribue en partie cette stagnation à l’introduction de l’euro, qu’il considère comme un facteur ayant ralenti l’assimilation des populations immigrées. Cependant, il insiste sur le fait que, malgré les défis, la France possède certains atouts. En particulier, la capacité des Français à ne jamais être totalement sérieux face aux crises peut s’avérer un avantage dans des périodes d’incertitude, contrairement à d’autres nations comme l’Allemagne ou les États-Unis, où l’esprit de sérieux peut mener à des conclusions extrêmes.

L’importance du pragmatisme français et les dangers d’une pensée extrême

Todd met en lumière un autre élément central de son analyse : la force du pragmatisme français. Ce pragmatisme permet à la France de naviguer dans des situations de crise en maintenant une certaine flexibilité, contrairement à des pays qui, en cherchant à pousser les situations à leurs conclusions extrêmes, risquent de tomber dans des dérives plus violentes. L’Allemagne, par exemple, avec son populisme croissant et l’émergence de l’Alternative für Deutschland (AFD), pourrait se retrouver dans des positions dangereuses sur le plan social et politique.

Ce pragmatisme se manifeste également dans la manière dont la France aborde des questions de racisme et d’intégration. Todd affirme que la France ne connaîtra jamais un racisme aussi violent que celui qu’ont pu connaître les États-Unis ou l’Allemagne, notamment en raison de l’imprévisibilité de la société française. Il précise que la France a cette capacité unique à ne pas “tout prendre au sérieux”, ce qui peut être une force dans des moments de crise, où une approche plus souple est parfois plus bénéfique.

Racisme, antisémitisme et philosophie des opposés

Enfin, l’auteur aborde la question complexe du racisme, en particulier de l’antisémitisme. Il propose une réflexion philosophique intéressante : l’antisémitisme et le philosémitisme, bien qu’apparaissant opposés, sont en réalité deux faces d’une même obsession. Selon lui, ces deux attitudes (l’une de haine, l’autre d’amour excessif) révèlent une fixation sur les Juifs, ce qui en fait une forme d’obsession commune.

Dans cette analyse, Todd s’appuie sur des références historiques et psychanalytiques, en expliquant que, souvent, l’amour peut se transformer en haine et inversement. Il souligne l’urgence de comprendre cette dualité dans le contexte du racisme moderne, notamment dans les débats sur l’antisémitisme, qui deviennent de plus en plus fréquents et préoccupants. Todd plaide pour une meilleure compréhension de cette dynamique complexe pour éviter les dérives idéologiques.

L’évolution des États-Unis et l’impact de la mondialisation

Todd s’intéresse également aux États-Unis, soulignant que leur domination mondiale a été construite sur les ruines de la Seconde Guerre mondiale, profitant du déclin de l’Europe pour imposer leur hégémonie. Selon lui, l’arrivée de la Chine sur la scène mondiale pourrait réintroduire une dynamique similaire, mais cette fois en faveur de l’Asie. Cependant, Todd met en garde contre l’idée de croire que les États-Unis sont invincibles : leur pouvoir industriel, autrefois majeur, est désormais affaibli, bien qu’ils conservent encore une domination technologique.

La mondialisation a modifié les rapports de force, et Todd insiste sur le fait que les grandes puissances actuelles, y compris les États-Unis, ne disposent plus de tous les atouts de la puissance. Leur capacité à maintenir leur position dominante dans un monde multipolaire reste un sujet de débat. Todd pense que la Chine, malgré sa faiblesse démographique future, pourrait réussir à s’imposer dans un monde de plus en plus globalisé.

La crise de la démocratie et la montée des populismes

Emmanuel Todd aborde ensuite un sujet d’actualité : la crise de la démocratie dans les sociétés occidentales. Il évoque la montée des populismes, notamment en Europe, où les partis extrémistes gagnent du terrain, alimentés par des frustrations économiques et sociales. Pour Todd, cette évolution reflète une profonde crise de confiance dans les institutions démocratiques et les élites politiques, qui n’ont pas su répondre aux attentes des citoyens. Il prédit que la montée de ces mouvements populistes pourrait redéfinir le paysage politique de l’Occident dans les années à venir.

Todd fait également un parallèle entre la situation actuelle et les années précédant les grands bouleversements historiques, comme l’effondrement des empires européens après la Première Guerre mondiale. Selon lui, la crise démocratique pourrait mener à un recul des valeurs libérales au profit d’une vision plus autoritaire du gouvernement.

La question de l’égalité et de l’héritage historique de la France

L’un des aspects que Todd explore dans cet entretien est la question de l’égalité, un principe fondamental en France. Il soutient que la France, contrairement à d’autres pays, a une longue tradition de lutte pour l’égalité, qu’il s’agisse de l’égalité des sexes, des classes sociales ou des ethnies. Cependant, il reconnaît que cette égalité est mise à l’épreuve par les réalités contemporaines, en particulier la montée des inégalités économiques et sociales.

Todd évoque également l’héritage historique de la Révolution française et la manière dont les valeurs républicaines continuent de jouer un rôle important dans la structuration de la société française. Cependant, il souligne que ces idéaux sont aujourd’hui mis à mal par des tensions internes et par les défis économiques de la globalisation. Todd semble optimiste quant à la capacité de la France à trouver un équilibre entre tradition républicaine et modernité sociale.

Le rôle des élites et la question de l’individualisme

Enfin, Emmanuel Todd conclut par une réflexion sur le rôle des élites dans le monde moderne. Selon lui, les élites contemporaines ont perdu de vue leurs responsabilités envers les peuples et sont trop souvent centrées sur des intérêts privés. Cette évolution est alimentée par une vision individualiste de la société qui, selon Todd, fragilise les institutions démocratiques et la cohésion sociale. Il souligne que dans une période de crise, les élites doivent réaffirmer leur rôle de leaders et de garantes du bien commun, sans quoi elles risquent de perdre la légitimité qu’elles ont longtemps eue.

Todd remet en question la capacité des élites politiques et économiques à répondre aux défis contemporains, notamment en matière d’équité, de justice sociale et de régulation de l’économie globalisée. Pour lui, un réexamen en profondeur du rôle des élites est nécessaire pour éviter une érosion de la démocratie et une montée des tensions sociales.

Conclusion

Emmanuel Todd livre ici une réflexion percutante et nuancée sur les enjeux géopolitiques, démographiques et sociaux actuels. À travers son analyse, il met en lumière les forces et les faiblesses des grandes puissances mondiales, tout en offrant une critique subtile de l’évolution des sociétés occidentales, en particulier de la France. Ses propos soulignent l’importance du pragmatisme dans la gestion des crises et des défis contemporains, tout en mettant en garde contre les dangers d’une pensée extrême, surtout dans le contexte du racisme et de l’antisémitisme.

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Santé et droits de douane : quels impacts pour les acteurs du secteur ?

droits de douane

Les droits de douane annoncés par Trump bouleversent le secteur santé. Si les services de santé restent solides, la pharma, la biotech et les outils scientifiques subissent des pressions. La relocalisation devient stratégique. Les acteurs européens, notamment suisses, pourraient perdre en compétitivité. Le marché américain reste central pour les investissements.

Un secteur qui résiste mais se fragmente

Au 9 avril 2025, le secteur mondial de la santé affiche une performance de -7,8 %, un recul limité face au MSCI World Index (-11,8 %) et au S&P 500 (-12,5 %). Cette résilience globale masque pourtant de fortes disparités internes. Les services de santé progressent de 9 %, tandis que les équipements scientifiques chutent de 22 %, et la biotechnologie de 14 %. Ces écarts soulignent l’intérêt d’une approche sectorielle diversifiée.

Les segments les plus résilients

Les services de santé s’imposent comme les plus robustes. Ancrées sur le marché américain, ces entreprises sont peu concernées par les droits de douane. Elles affichent encore une décote d’environ 10 % par rapport au marché global, ce qui les rend attractives en période d’incertitude.

Produits pharmaceutiques : la menace monte

Jusqu’ici épargné, le segment pharmaceutique pourrait bientôt subir des droits de douane. Donald Trump souhaite les appliquer rapidement. Ces mesures viseraient notamment les médicaments produits hors des États-Unis, un cas fréquent dans l’industrie. L’Irlande, véritable hub pharmaceutique, pourrait être fortement touchée.

Ces taxes risquent d’augmenter les coûts de production, de perturber les chaînes d’approvisionnement et de compromettre l’accès des patients aux traitements. Pour les grands laboratoires, cela pourrait signifier relocaliser une partie de la production sur le sol américain.

Biotechnologie : un secteur sous pression

Les PME biotech font face à un double défi : une régulation incertaine et un financement plus complexe. La politique de Robert F. Kennedy Jr., visant à réintégrer d’anciens employés de la FDA, pourrait allonger les délais d’autorisation de mise sur le marché. Or, chaque report pèse lourdement sur des sociétés en phase de développement. Malgré ces tensions, leurs valorisations actuelles pourraient relancer les fusions-acquisitions dans le secteur.

LS Tools : un segment pénalisé par la baisse des budgets

Les prestataires en sciences de la vie dépendent étroitement des dépenses de R&D de l’industrie pharmaceutique. Or, en contexte de tension tarifaire, ces budgets sont souvent les premiers à être réduits. Certaines entreprises redeviennent intéressantes d’un point de vue valorisation, mais la sélection reste clé. Mieux vaut éviter d’acheter trop tôt sur des valeurs encore instables.

Medtech : vulnérable mais adaptable

Les entreprises de dispositifs médicaux ne sont pas épargnées. Leurs chaînes logistiques traversent souvent des pays visés par les nouveaux tarifs douaniers. Toutefois, les grands groupes du secteur disposent d’une flexibilité suffisante pour absorber une partie des surcoûts, grâce à une organisation agile et des marges solides.

Services de santé : des modèles stables mais exposés à d’autres risques

Bien que peu affectés par les droits de douane, les acteurs du service médical pourraient subir d’autres mesures. Les hôpitaux, assureurs ou laboratoires risquent d’être ciblés par les politiques de réduction des coûts de santé, une priorité affichée par Trump. Cela pourrait peser sur leur rentabilité, malgré un environnement économique globalement porteur.

Les conséquences pour la Suisse et l’Europe

Le secteur pharmaceutique suisse est particulièrement exposé. Les États-Unis représentent un débouché majeur. Une taxation à 10 % des importations, voire 32 % pour les produits suisses, réduirait fortement leur compétitivité. Cette pression incite déjà certaines entreprises à envisager une délocalisation partielle vers les États-Unis.

Les laboratoires européens craignent une fuite des investissements R&D. Une stratégie industrielle trop centrée sur les États-Unis risquerait d’appauvrir l’écosystème d’innovation européen.

Quelles perspectives pour les investisseurs santé ?

Chez DNB Asset Management, nous pensons que le secteur de la santé reste solide, malgré les incertitudes. Les grandes entreprises biopharma sauront s’adapter grâce à leur envergure internationale. Le fonds DNB Health Care reste équilibré entre États-Unis et Europe, un choix que nous maintenons.

Enfin, Trump pourrait accompagner ses mesures de hausses tarifaires par des incitations fiscales, comme une baisse de l’impôt sur les sociétés. Cela bénéficierait directement aux entreprises rentables basées aux États-Unis, et renforcerait encore l’attractivité du marché américain pour les groupes internationaux.

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Engagement actionnarial : AXA IM mise sur le dialogue pour créer de la valeur durable

AXA IM

AXA Investment Managers (AXA IM) renforce sa vision de l’engagement actionnarial comme outil central de création de valeur. En 2024, la société a mené 550 actions d’engagement auprès de 426 entreprises, tout en participant à près de 5 000 assemblées générales. Cet engagement actif vise à accompagner les entreprises dans leur transformation et à répondre aux attentes croissantes des clients sur les enjeux ESG.

Un levier stratégique au service de la performance durable

L’approche d’AXA IM repose sur un principe simple : dialoguer, accompagner et voter de manière cohérente. Cette démarche permet d’encourager les pratiques responsables et d’identifier les entreprises capables de s’adapter durablement aux risques émergents.

Gouvernance, climat, biodiversité : des risques interconnectés

Les engagements menés par AXA IM prennent en compte l’interdépendance croissante des risques environnementaux, sociaux et de gouvernance. En 2024, la gouvernance représentait 25 % des engagements avec objectifs. Ce thème s’est souvent croisé avec les problématiques climatiques, notamment lorsqu’il s’agissait de revoir l’allocation des ressources ou de renforcer la transparence décisionnelle.

Par exemple, avec une entreprise chilienne du secteur de la distribution, AXA IM a abordé simultanément les enjeux environnementaux et de gouvernance, ce qui a permis d’accélérer les progrès réalisés sur les deux fronts.

Intégrer la biodiversité dans les stratégies d’entreprise

Le lien entre changement climatique et perte de biodiversité devient de plus en plus évident. En 2024, 56 % des engagements sur la biodiversité couvraient également des aspects liés au climat. AXA IM a ainsi encouragé une entreprise italienne de télécommunications à intégrer la gestion de l’eau et les enjeux nature dans sa chaîne d’approvisionnement. L’entreprise a depuis adopté de nouveaux objectifs et renforcé ses pratiques.

Une attention accrue aux impacts sociaux

Le changement climatique touche plus durement les populations vulnérables. Pour AXA IM, la transition doit donc être juste et inclusive. En 2024, 22 % des engagements climatiques abordaient aussi des sujets sociaux, comme les conditions de travail ou l’égalité d’accès. Le dialogue mené avec une entreprise de services publics espagnole a ainsi permis de nourrir la stratégie d’AXA IM sur la transition juste.

Vers plus de transparence et d’efficacité

Pour améliorer la compréhension de sa stratégie d’engagement, AXA IM a décidé de publier le raisonnement derrière ses votes ESG. Elle partage désormais des études de cas détaillées et explicite les démarches d’escalade utilisées.

Les équipes d’investissement jouent un rôle actif dans cette dynamique. Elles collaborent avec les experts ESG et intègrent les informations issues des échanges avec les entreprises dans leurs décisions.

Des politiques adaptées aux actifs alternatifs

AXA IM a également développé des lignes directrices spécifiques pour ses entités AXA IM Prime et AXA IM Select. À partir de 2025, chaque structure définira précisément la façon dont elle intègre l’engagement dans le suivi et la sélection des investissements alternatifs.

Objectifs 2025 : climat, biodiversité, gouvernance et équité

Pour l’année à venir, AXA IM poursuivra ses efforts autour de quatre priorités :

  • Climat : mise en œuvre de la politique « Three Strikes and You’re Out ». Deux désinvestissements sont prévus en 2025 en raison de progrès jugés insuffisants.
  • Biodiversité : lutte contre la déforestation, suivi de l’économie circulaire, de la gestion de l’eau et de l’agriculture régénérative.
  • Transition sociale : travail renforcé sur les droits humains, les politiques de rémunération et la santé publique, avec l’appui de la directive CSRD.
  • Gouvernance : exigences accrues sur la transparence des informations ESG, la vérification externe et le renouvellement des conseils d’administration.

Bilan chiffré de l’année 2024

AXA IM a participé à 4 929 assemblées générales et voté sur 54 550 résolutions. Elle a exprimé un vote d’opposition dans 60 % des cas, notamment sur les sujets de gouvernance (37 %) et de rémunération (25 %). Près d’un engagement sur trois a permis d’enregistrer des avancées significatives, fruit d’un dialogue constant avec les entreprises.

En renforçant son action, sa transparence et l’implication de ses équipes, AXA IM confirme que l’engagement actionnarial reste un pilier essentiel de son devoir fiduciaire.

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Titrisation verte : un outil clé pour accélérer la transition écologique

Titrisation verte

La titrisation verte s’impose progressivement comme un outil stratégique pour financer les transformations durables en Europe. Le cadre EuGB offre un socle solide, mais son plein potentiel ne sera atteint qu’avec une coordination renforcée à l’échelle européenne.

Un contexte favorable à la relance de la titrisation en Europe

Face aux limites actuelles de l’Union des marchés de capitaux (UMC), l’Union pour l’épargne et l’investissement (UEI) propose une nouvelle dynamique. L’objectif est clair : mieux orienter l’épargne européenne vers les besoins massifs d’investissement liés aux transitions écologique et numérique.

La Banque de France s’inscrit dans cette démarche. Elle considère la titrisation verte comme un outil pertinent pour augmenter les capacités de financement sans alourdir les bilans bancaires. En clair, il s’agit d’un levier permettant aux banques de libérer du capital pour le réinvestir dans des projets durables.

Pourquoi la titrisation est un levier utile

Les investissements nécessaires pour réussir la transition verte sont estimés à 620 milliards d’euros par an. Pour y répondre, deux pistes se dessinent :

  • Renforcer les financements par fonds propres
  • Développer les prêts bancaires via une plus grande utilisation de la titrisation

Ce second levier permet aux établissements bancaires de transférer des portefeuilles de prêts à d’autres acteurs financiers, libérant ainsi des ressources pour de nouveaux crédits. Cette mécanique, bien connue, a prouvé son efficacité en Europe même durant la crise de 2008.

Mais pour jouer un rôle central dans le financement durable, la titrisation doit évoluer. Elle doit notamment garantir que les fonds libérés servent bien à financer des projets en lien avec les objectifs de transition. C’est dans ce cadre qu’intervient la notion de titrisation verte.

Un cadre européen harmonisé depuis 2024

La titrisation verte manquait jusqu’à récemment d’une définition claire. Le règlement européen sur les obligations vertes, entré en vigueur en décembre 2024, a changé la donne.

Désormais, une titrisation peut obtenir le label EuGB (European green bond) même si les créances cédées ne sont pas elles-mêmes vertes, à condition que 85 % des fonds soient utilisés pour financer des projets conformes à la taxonomie européenne.

Pour garantir cette exigence, le texte prévoit :

  • Des obligations de transparence
  • Une vérification externe indépendante
  • Un contrôle par les autorités européennes

Ce nouveau cadre sécurise le marché et rassure les investisseurs, en assurant une traçabilité claire des fonds mobilisés.

Un marché encore jeune mais en forte croissance

Le segment de la titrisation verte reste modeste à l’échelle mondiale, mais il progresse rapidement. Entre 2007 et 2015, seuls 6 milliards de dollars ont été levés via ces instruments. De 2015 à 2023, ce chiffre a bondi à 217 milliards.

Les États-Unis dominent largement ce marché, représentant 78 % des émissions, contre 16 % pour la Chine. L’Europe reste en retrait, malgré son engagement réglementaire récent. Ce décalage souligne le potentiel encore à exploiter.

Une plateforme européenne : la prochaine étape ?

Pour aller plus loin, la Banque de France et la BCE suggèrent la création d’une plateforme européenne dédiée à la titrisation verte. Ce modèle s’inspire de l’exemple américain Fannie Mae, qui regroupe la majorité des émissions vertes aux États-Unis.

Une telle structure permettrait :

  • Une mutualisation des ressources
  • Une standardisation des pratiques
  • Une meilleure liquidité pour les marchés européens

Les crédits immobiliers pourraient être les premiers actifs mobilisés. Ils offrent un profil de risque modéré et une forte diversification, réduisant l’exposition aux risques physiques. La Banque européenne d’investissement (BEI) pourrait jouer un rôle central dans ce projet.

Cependant, des freins structurels subsistent. La fragmentation des règles nationales, en matière de contrats ou d’insolvabilité, complique l’émergence d’un cadre commun. La création d’une plateforme n’est donc envisageable qu’à moyen terme.

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AFTE 2025 : nouveaux visages et ambitions renforcées

AFTE 2025

En 2025, l’AFTE renouvelle sa gouvernance avec trois nouveaux administrateurs et confirme sa croissance avec des records d’adhésion et de participation. L’association renforce son rôle de référence en trésorerie, poursuit ses efforts en formation, innovation, inclusion, et prépare son 50e anniversaire dans un contexte d’évolution stratégique pour la profession.

Une gouvernance renouvelée pour l’AFTE

Lors de l’assemblée générale du 10 avril 2025, l’Association Française des Trésoriers d’Entreprise (AFTE) a entériné plusieurs changements au sein de son conseil d’administration. Daniel Biarneix, directeur financier adjoint de Saint-Gobain, a été reconduit à la présidence. Son mandat est accompagné de trois nouvelles arrivées au conseil : Agnieszka Dunoyer (Elsan), Chérifa Hemadou (Virbac) et Lionel Jouve (Carrefour), récemment élus administrateurs.

Parmi les membres dont le mandat a été renouvelé figurent également Benoît Rousseau (Groupe Bel) et Hélène Brunou (Ipsos), cette dernière devenant la nouvelle trésorière de l’association.

Le bureau pour l’année 2025 s’organise ainsi :

  • Président : Daniel Biarneix (Saint-Gobain)
  • Vice-présidents : Jean-Claude Climeau (Thales), chargé des commissions, et Emmanuel Rapin (Lagardère), responsable de la formation
  • Secrétaire générale : Florence Saliba (Danone)
  • Trésorière : Hélène Brunou (Ipsos)

Une année 2024 marquée par la croissance

L’année 2024 a été particulièrement dynamique pour l’AFTE. L’association a atteint un nouveau record avec près de 1 700 adhérents recensés au 31 décembre, consolidant ainsi sa place de référence pour les professionnels de la finance d’entreprise.

Les Journées de l’AFTE 2024, organisées pour la première fois au CNIT Forest, ont rassemblé 2 100 participants (+15 % par rapport à 2023) et 86 partenaires. Ces deux journées ont été l’occasion d’aborder des thématiques majeures : intelligence artificielle, gestion des risques, optimisation du besoin en fonds de roulement ou encore innovations dans les paiements. Ces rencontres ont aussi marqué le lancement des Trophées de l’AFTE, qui ont récompensé deux opérations exemplaires : une transformation structurante et un financement innovant.

Un nouveau rendez-vous avec les fintechs

L’événement Treasury Innovation Day (TID) a lui aussi rencontré un franc succès. Sa première édition en mars 2024 avait réuni 400 participants et 28 partenaires. En mars 2025, l’affluence a encore progressé avec plus de 500 participants et 31 partenaires. Ce format inédit confirme l’intérêt croissant des trésoriers pour les technologies financières et les solutions innovantes.

Des formations toujours plus ciblées

Côté formation, l’AFTE a poursuivi ses engagements en renouvelant sa certification Qualiopi et en développant de nouveaux modules. Trois programmes ont été créés en 2024, axés sur l’intelligence artificielle générative, la blockchain et la gestion de trésorerie aux États-Unis. Cette offre renforce la position de l’AFTE comme acteur central de la montée en compétences des professionnels du secteur.

Inclusion, territoire et enjeux ESG au cœur de la stratégie

Le réseau Mix.In.T, dédié à la diversité et à l’inclusion, ainsi que le programme MentORat, qui valorise les compétences humaines, ont continué à s’étendre.

En 2025, l’AFTE poursuit deux objectifs clés :

  • Favoriser la compétitivité des entreprises en promouvant une réglementation adaptée
  • Appuyer la stratégie nationale des moyens de paiement autour de trois piliers : sécurité, innovation et souveraineté

Par ailleurs, l’association renforce son accompagnement des PME et ETI en région, et consolide son engagement sur les sujets RSE et extra-financiers, en lien avec les attentes des investisseurs en matière d’ESG.

Trois nouveaux profils engagés

Agnieszka Dunoyer (Elsan)

Directrice du financement et de la trésorerie chez Elsan depuis 2022, elle possède une double nationalité franco-polonaise. Diplômée en finance de la Warsaw School of Economics et d’HEC Paris, elle a évolué dans des groupes comme Schneider Electric, Lafarge, Unibail-Rodamco-Westfield, où elle a occupé plusieurs postes de direction. Elle co-préside les Journées AFTE 2025.

Chérifa Hemadou (Virbac)

Entrée chez Virbac en 2007, elle en est aujourd’hui la directrice financière corporate. Son parcours est marqué par des expériences en trésorerie et en contrôle de gestion, notamment chez Thales. Diplômée de l’IAE Nice et d’HEC Paris, elle représente l’AFTE en région Côte d’Azur – Monaco.

Lionel Jouve (Carrefour)

Directeur monétique et reverse factoring du groupe Carrefour depuis 2021, il préside également la commission fintechs de l’AFTE. Son parcours combine marchés financiers (Goldman Sachs, Merrill Lynch), trésorerie (Sodexo, Printemps), et fintech (Wirecard).

En route vers les 50 ans de l’AFTE

L’association se prépare à célébrer son cinquantenaire en 2026. Cet anniversaire viendra couronner une dynamique de transformation continue, portée par une gouvernance engagée, une offre de formation renouvelée, et des événements toujours plus rassembleurs.

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L’Écologie et la motivation individuelle

motivation individuelle

La question écologique est devenue un enjeu incontournable de notre époque. Cependant, à travers les discours sur l’écologie, un thème revient fréquemment : comment la motivation individuelle et collective peut-elle se maintenir face à des défis environnementaux de plus en plus pressants ? Cet extrait d’entretien entre Jean-Marc Janovici, expert en transition énergétique, et un autre intervenant explore avec profondeur les relations entre les comportements personnels et les enjeux écologiques. Une question centrale se pose : l’optimisme et l’engagement sont-ils des moteurs efficaces pour faire face aux crises écologiques qui s’aggravent ? Comment des événements de la vie personnelle, comme la naissance d’enfants, influencent-ils la façon dont les individus abordent l’avenir et s’engagent pour la planète ?

Cet entretien met aussi en lumière un aspect fondamental souvent négligé : la joie et le bonheur comme éléments clés du changement et de la motivation individuelle écologique. Ces perspectives ouvrent une réflexion plus large sur les comportements humains face à l’urgence climatique. Nous explorerons les différentes dynamiques de la motivation individuelle, du rôle des enfants à l’importance de l’optimisme, tout en soulignant que l’écologie ne se réduit pas à un combat de survie, mais peut également devenir une source de joie.

Ceci est un extrait d’une interview, sélectionné par votre média Green Finance, qui donne la parole à tous, même si cela peut vous déplaire, et nous déclinons toutes responsabilités sur la source et les propos de cet extrait.

La naissance d’enfants et la redéfinition de la motivation individuelle

La question de la parentalité et de son impact sur la perception des enjeux écologiques est une dimension essentielle de cette discussion. Dans cet entretien, l’un des invités explique que la naissance d’enfants peut avoir un effet paradoxal : au lieu de rendre l’avenir plus incertain et angoissant, elle peut paradoxalement agir comme un moteur de motivation individuelle, même face à l’ampleur des défis environnementaux. Les parents, par l’amour et la responsabilité qu’ils portent à leurs enfants, se retrouvent souvent poussés à réfléchir différemment à la manière dont ils contribuent à la société et à la planète.

L’arrivée d’un enfant dans la vie d’un adulte peut susciter une réflexion profonde sur l’héritage à laisser, sur le type de monde dans lequel cet enfant grandira. Plutôt que de sombrer dans la résignation ou le pessimisme face aux catastrophes écologiques qui semblent inévitables, certains parents choisissent de se redéfinir, en devenant des acteurs directs de la transition écologique. L’idée n’est pas de dire qu’il faut absolument avoir des enfants pour se motiver à agir, mais plutôt que, dans certains cas, la parentalité devient un levier puissant pour renforcer l’engagement personnel. Un enfant incarne l’avenir, et en ce sens, il incite à prendre des décisions plus responsables et plus durables.

Ce phénomène va au-delà de l’idée simpliste qu’avoir des enfants conduirait à des comportements plus responsables. Cela suggère une approche plus complexe où la parentalité devient un facteur de redéfinition des priorités, où l’on se sent obligé de laisser un monde meilleur pour les générations futures. Il est cependant essentiel de souligner que ce processus est profondément personnel et n’est en rien une norme imposée à tous. En effet, la parentalité ne doit pas être vue comme une nécessité pour agir écologiquement, mais comme un facteur qui, pour certains, devient un moteur puissant d’engagement. Chaque individu, en fonction de sa situation personnelle et de ses choix de vie, pourra trouver ses propres sources de motivation individuelle pour répondre aux défis écologiques.

L’optimisme comme motivation individuelle de l’action écologique

L’une des clés pour comprendre la transition écologique réside dans l’optimisme. Jean-Marc Janovici, l’un des experts présents dans cette interview, rappelle que l’optimisme est, par définition, un moteur nécessaire à l’action. Il souligne que les personnes qui entreprennent des actions, qu’elles soient économiques, sociales ou environnementales, doivent posséder une forme d’optimisme. Sinon, elles n’entreprendraient rien, n’oseraient pas agir face à l’ampleur des défis à relever.

L’optimisme ne doit pas être confondu avec l’utopie

Dans ce contexte, l’optimisme ne doit pas être confondu avec l’utopie. Il ne s’agit pas de penser que tout va s’arranger magiquement, mais de maintenir une certaine forme d’espoir qui donne l’énergie nécessaire pour entreprendre des actions concrètes. Cet optimisme se nourrit de petites victoires et de l’idée que chaque geste, même modeste, compte dans la construction d’un avenir plus durable. L’exemple de l’association ou du secteur privé, où de nombreuses entreprises se réorientent vers des pratiques plus respectueuses de l’environnement, illustre cette dynamique. Si ces changements s’opèrent, c’est en partie parce que les acteurs économiques ont compris qu’agir pour la planète n’est pas seulement une question éthique, mais aussi une stratégie pour leur propre pérennité.

Les signes de cette transformation sont partout, y compris dans des secteurs jugés auparavant peu écologiques. Par exemple, le secteur du transport ferroviaire enregistre une croissance importante, avec des campagnes soulignant que le train est le mode de transport le plus respectueux de l’environnement. De telles initiatives, bien qu’elles puissent sembler insignifiantes à première vue, traduisent un changement profond dans les mentalités. La prise de conscience croissante que l’environnement et l’économie ne sont pas antagonistes, mais peuvent se renforcer mutuellement, est un signe encourageant.

Janovici rappelle que, bien que les objectifs écologiques soient ambitieux, il est important de ne pas bouder les petites avancées. Chaque changement, même partiel, même à petite échelle, contribue à l’objectif global. Ce réalisme optimiste, qui reconnaît les échecs possibles mais qui garde toujours l’espoir d’une réussite à long terme, est fondamental pour l’action écologique.

La joie comme moteur d’action et de changement

Mais l’optimisme ne se limite pas à une simple attitude mentale ; il doit aussi se nourrir de la joie. La joie, parfois négligée dans les discours sur l’écologie, est pourtant un élément fondamental du changement durable. Jean-Marc Janovici et son interlocuteur soulignent à plusieurs reprises que l’action écologique doit être vue non pas uniquement comme une contrainte, mais comme une possibilité d’expérimenter un bonheur différent, un bonheur plus intime et plus collectif. Dans un monde où l’air devient pollué, où les ressources naturelles s’épuisent, il est vital de retrouver cette capacité à s’émerveiller et à apprécier ce que l’on a.

La joie, au sens le plus simple, celui de profiter des petites choses – un coucher de soleil, un moment passé en famille, un repas partagé – est un antidote précieux à la morosité du monde actuel. C’est en retrouvant cette capacité à se réjouir dans l’action écologique qu’on peut réellement donner du sens à la lutte pour la planète. Ce n’est pas une question de se résigner ou de se contenter d’un monde dégradé, mais de transformer les défis écologiques en opportunités de bonheur et d’épanouissement personnel.

Cela s’incarne aussi dans la pratique de la gratitude, dans l’appréciation des petites victoires, et dans l’idée de prendre du temps pour soi, pour respirer, pour se reconnecter à la nature. Un concept intéressant évoqué lors de l’entretien est celui du sabbat, une tradition où l’on cesse le travail pour se réjouir des bonnes choses de la vie. Ce principe est crucial dans un monde qui se précipite souvent dans un consumérisme effréné. Savoir prendre du recul, célébrer la vie, même dans une époque difficile, devient une source de force pour l’action.

L’avenir écologique, entre engagement, optimisme et joie

L’entretien met en lumière une vision complexe et humaine de l’écologie. Il ne s’agit pas seulement d’un combat contre la crise, mais aussi d’une quête de sens, d’une recherche de solutions durables et joyeuses pour améliorer notre monde. L’optimisme et la joie ne sont pas des éléments secondaires dans cette démarche ; au contraire, ce sont des moteurs essentiels qui nourrissent l’action écologique. À travers des engagements personnels, mais aussi collectifs, il est possible de se projeter dans un avenir où l’espoir et la joie sont au cœur du changement.

Face à la crise climatique et écologique, la question centrale est de savoir comment chacun de nous peut contribuer, à son niveau, à la transformation nécessaire. La parentalité, l’optimisme, et la joie sont des leviers puissants pour encourager cet engagement. C’est en y croyant, en se réjouissant des petites victoires et en s’engageant pour un monde plus juste et plus durable que nous pourrons réellement faire la différence.

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Garance 2025-2028 : l’audace d’une épargne réinventée

Garance

Le groupe mutualiste Garance dévoile son nouveau plan stratégique pour la période 2025–2028, intitulé « Garance ose l’impossible ». Dans un contexte où les Français restent globalement peu acculturés aux enjeux de l’épargne et de la retraite, Garance affirme sa volonté de bouleverser durablement la relation qu’ils entretiennent avec leur patrimoine financier. L’objectif est clair : démocratiser l’épargne, la rendre plus accessible, plus humaine et davantage en phase avec les attentes d’aujourd’hui.

Virginie Hauswald, directrice générale de Garance, souligne que les études menées par l’Observatoire de l’Épargne, en partenariat avec Viavoice, confirment une déconnexion persistante entre les citoyens et la complexité des produits financiers. Face à ce constat, Garance entend plus que jamais incarner une épargne de sens, fondée sur la pédagogie, l’inclusion et l’innovation.

Une transformation réussie entre 2020 et 2024

Le précédent plan stratégique, baptisé « Avenir 2025 », a permis à Garance de bâtir les fondations solides de cette nouvelle ambition. Entre 2019 et 2024, le groupe a enregistré une croissance impressionnante de son chiffre d’affaires, tout en obtenant des performances remarquables sur ses fonds euros, tant pour l’épargne que pour la retraite. Ces résultats s’accompagnent d’une reconnaissance accrue du secteur, avec de nombreuses distinctions et labels reçus au fil des années.

Cette transformation s’est également traduite par un bond spectaculaire du résultat économique, qui a été multiplié par plus de quatre depuis 2019. La satisfaction des clients, quant à elle, s’est nettement améliorée, comme en témoigne l’évolution de la note Google, passée de 3,6 à 4,5 sur 5. Autant de signes qui attestent de la solidité du modèle Garance et de sa capacité à conjuguer performance et engagement.

Des objectifs ambitieux mais maîtrisés

À l’horizon 2028, Garance vise un nouveau palier de croissance. L’entreprise ambitionne de franchir le seuil des 7 milliards d’euros d’encours, tout en atteignant un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros. Le maintien d’un haut niveau de satisfaction client, notamment sur les plateformes numériques, reste une priorité forte.

Pour y parvenir, Garance mise sur une stratégie de progression maîtrisée, appuyée sur l’amélioration continue de la performance économique, le déploiement accru d’outils technologiques comme l’intelligence artificielle, et l’épanouissement des collaborateurs, tant sur le plan des compétences que de la qualité de vie au travail. Cette dynamique agile vise à concilier montée en puissance et excellence opérationnelle.

Une entreprise fédératrice et magnétique

Garance souhaite désormais devenir un acteur central dans un écosystème riche et interconnecté, où chaque partie prenante — clients, collaborateurs, partenaires, élus, intermédiaires — trouve sa place et son intérêt. L’entreprise veut incarner un modèle d’attractivité globale, fondé sur la collaboration, la transparence et la réussite partagée.

Dans cette logique, Garance renforce son positionnement de partenaire privilégié des professionnels de l’assurance. Grâce à des outils digitaux performants et une offre parfaitement adaptée aux besoins du terrain, l’entreprise entend faciliter le quotidien des intermédiaires tout en dynamisant leur activité. Ce rôle de catalyseur de succès se confirme par la volonté affirmée de simplifier les usages et d’accroître l’impact.

L’annonce d’un partenariat stratégique avec le Groupe Premium marque également un tournant important. Cette alliance vise à élargir l’offre d’épargne proposée par Garance et à étendre son réseau de distribution, en s’appuyant sur la complémentarité des expertises. C’est une stratégie de croissance concertée, pensée pour renforcer la présence de Garance sur l’ensemble du territoire.

L’innovation comme moteur de transformation

Depuis plusieurs années, Garance inscrit l’innovation au cœur de sa stratégie. Cette volonté se matérialise notamment à travers Germen, la fintech développée en interne. Véritable laboratoire d’innovation, Germen conçoit des solutions technologiques destinées à transformer l’expérience client dans l’univers de l’épargne et de l’assurance. Applications mobiles, simulateurs, outils de souscription ou encore assistants commerciaux intelligents : autant de leviers au service d’une expérience fluide, intuitive et accessible.

Autre innovation majeure, le lancement de la solution d’épargne automatique par cagnottage, baptisée Cagn’Up. Cette application révolutionnaire permet d’épargner sans y penser, en transformant chaque achat du quotidien en opportunité d’alimentation de son contrat d’assurance vie ou de son PER Garance. Proposée en exclusivité aux clients dès le 14 avril 2025, avec une incitation financière au lancement, elle sera accessible à tous à partir du mois de mai. Cagn’Up introduit une nouvelle manière d’épargner : sans effort, mais avec un réel impact.

Une épargne accessible, inclusive et éthique

Garance défend une vision profondément démocratique de l’épargne. Ses produits sont conçus pour être accessibles à tous, indépendamment du niveau de revenus ou du niveau d’expertise financière. Ainsi, les contrats peuvent être souscrits dès 50 euros, avec des versements réguliers à partir de 20 euros, et sans conditions restrictives sur les unités de compte. Transparente sur ses frais, Garance s’engage contre les pratiques opaques souvent reprochées au secteur.

Le lancement du PERO, nouveau plan de retraite dédié aux très petites entreprises, s’inscrit dans cette même logique d’inclusivité. Pensé pour les structures de petite taille, ce produit combine simplicité d’adhésion, souplesse de gestion et accessibilité. En guise d’exemplarité, Garance a décidé de le déployer en interne dès janvier 2025 pour ses propres équipes.

L’éducation financière, une priorité culturelle

Garance ne se contente pas de proposer des produits financiers. Elle agit en amont, en s’attaquant au manque de culture financière qui freine encore beaucoup de Français. En 2025, l’entreprise multiplie les initiatives originales pour rendre la compréhension de l’épargne plus ludique et plus engageante.

L’émission « Cash’Allô » propose ainsi un format inédit, mêlant humour et pédagogie, en reprenant le principe du bouche-à-oreille pour expliquer des notions complexes avec des mots simples. En parallèle, Garance a pris une participation dans la start-up Iziwup, spécialisée dans les contenus éducatifs gamifiés. Escape games, bandes dessinées, carnets de vacances : tous les moyens sont bons pour sensibiliser dès le plus jeune âge.

Le jeu vidéo « Gary et la forêt infinie », conçu pour vulgariser les fondamentaux de l’épargne, sera également déployé à plus grande échelle. Et sur les réseaux sociaux, Garance adopte un ton accessible et décomplexé pour diffuser ses messages de manière virale et contemporaine.

Une entreprise engagée dans la transition énergétique et l’impact social

Enfin, Garance étend son engagement au-delà de l’univers strictement financier. En investissant dans la start-up Reevolt, elle soutient un modèle innovant d’épargne énergétique. Le principe est simple mais révolutionnaire : les économies d’électricité réalisées par les particuliers sont transformées en épargne. Un projet qui réunit intelligemment finance durable et écologie du quotidien.

Garance prépare également le lancement de Rezon, une application de gestion patrimoniale mêlant intelligence artificielle et accompagnement humain. Prévue pour l’automne 2025, cette solution vise à rendre la gestion de patrimoine plus intuitive et personnalisée, quel que soit le profil de l’utilisateur.

Garance, l’épargne qui résonne avec vous

Avec ce nouveau plan stratégique, Garance affirme son identité : celle d’un groupe indépendant, mutualiste, profondément humain, qui allie performance économique, innovation technologique et engagement citoyen. En choisissant d’« oser l’impossible », Garance ne se contente pas de suivre le mouvement. Elle le crée.

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Finance durable : la France prend la tête de l’investissement

finance durable

Finance durable : le paysage européen de la finance responsable est en pleine mutation. Le Responsible Investment Brand Index (RIBI), référence en matière d’évaluation de l’engagement ESG des sociétés de gestion, livre chaque année un état des lieux détaillé de leur maturité et de leur cohérence. Son édition 2025 marque un tournant stratégique majeur : la France surpasse pour la première fois le Benelux, jusque-là champion historique de l’investissement responsable. Au-delà du palmarès, le RIBI 2025 révèle une évolution culturelle profonde : la finance durable ne peut plus être un simple argument marketing — elle doit s’incarner dans l’ADN des entreprises.

Le RIBI, ou comment mesurer la sincérité ESG des sociétés de gestion

Créé par Jean-François Hirschel et Markus Kramer, le Responsible Investment Brand Index n’évalue pas uniquement les produits ESG proposés par les sociétés de gestion. Il s’attache à décoder leur engagement structurel, à travers deux axes clés :

  • Le Commitment Rating, qui analyse la profondeur réelle de l’engagement ESG : intégration des critères dans la stratégie, la gouvernance, les objectifs ou encore la culture interne.
  • Le Brand Rating, qui mesure la capacité d’une société à refléter cet engagement dans son image, sa communication et ses prises de parole publiques.

Les résultats permettent ensuite de classer les sociétés selon quatre profils distincts :
Avant-Gardist (leaders visionnaires), Traditionalist (acteurs engagés mais classiques), Aspirant (en transition), et Laggard (à la traîne).

2025 : la finance durable entre dans une nouvelle ère

L’émergence de la “Responsible Investment 2.0” et la finance durable

L’édition 2025 du RIBI marque une évolution conceptuelle forte. Finies les approches superficielles ou symboliques : l’engagement ESG devient un facteur stratégique différenciant. Le nombre de sociétés véritablement pionnières progresse, mais l’écart se creuse aussi entre les acteurs sincères et les suiveurs opportunistes.

Les critères d’évaluation sont affinés, exigeant désormais une cohérence totale entre actions internes et image de marque. La simple conformité aux normes ESG ne suffit plus : c’est l’intégration organique de ces valeurs dans l’identité de l’entreprise qui est scrutée.

La France s’impose comme le nouveau leader européen

Une montée en puissance progressive, désormais concrétisée

En 2025, la France devient la région la plus performante d’Europe (hors Royaume-Uni), avec 45 % de ses sociétés classées Avant-Gardist, contre 41 % l’année précédente. Son Commitment Rating moyen atteint 3.26, et son Brand Rating s’élève à 2.36, surpassant pour la première fois les résultats du Benelux.

Ces performances ne relèvent pas du hasard, mais d’un engagement croissant des gestionnaires français, porté autant par les grands groupes que par des sociétés spécialisées. Avec 42 sociétés évaluées représentant 6 403 milliards d’euros d’actifs, la France consolide une influence durable et crédible sur la scène ESG européenne.

Top 10 France 2025 : Mirova prend la tête, Dorval AM entre en jeu

Un classement en mouvement, reflet d’un marché dynamique

Le palmarès 2025 révèle plusieurs changements notables. Mirova grimpe de huit places pour s’imposer en tête, tandis que Dorval AM fait son entrée dans le top 10, remplaçant La Française, impactée par une restructuration.

Classement France 2025 :

  1. Mirova
  2. Amundi
  3. AXA IM
  4. Ecofi
  5. Crédit Mutuel AM
  6. CPR AM
  7. BNP Paribas AM
  8. Groupama AM
  9. LBP AM
  10. Dorval AM

Ce classement met en lumière la diversité des modèles français : des mastodontes comme Amundi, des filiales engagées comme Ecofi, ou encore des spécialistes ESG comme Mirova.

Comparaison France / Benelux : le basculement du leadership

Le Benelux, longtemps référence en matière d’ESG, enregistre une légère baisse de régime. En 2024, il comptait 47 % d’Avant-Gardists ; en 2025, ce chiffre passe à 41 %. Sa note d’engagement baisse à 3.22, contre 3.26 pour la France.

France 2025 :

  • Avant-Gardists : 45 %
  • Commitment Rating : 3.26
  • Brand Rating : 2.36

Benelux 2025 :

  • Avant-Gardists : 41 %
  • Commitment Rating : 3.22
  • Brand Rating : 2.26

Ce retournement historique témoigne d’un basculement stratégique. La France ne surpasse pas seulement le Benelux en volume, mais aussi en maturité et en clarté de positionnement.

Des transformations plus qualitatives que quantitatives

Finance durable : un engagement plus crédible et moins opportuniste

Entre 2024 et 2025, la part des sociétés françaises jugées “Laggards” chute de 27 % à 19 %, tandis que les “Traditionalists” et “Avant-Gardists” progressent chacun de 4 points. Cette évolution révèle une montée en gamme qualitative, davantage qu’une explosion du nombre de sociétés engagées.

Les auteurs du RIBI insistent : la prochaine étape pour les sociétés de gestion ne sera pas d’augmenter leur présence ESG, mais de rendre leur engagement plus lisible, sincère et stratégique.

Vers une authentique différenciation stratégique et finance durable

L’édition 2025 du RIBI révèle une fracture grandissante entre deux mondes : celui des sociétés pour qui l’ESG constitue un levier de transformation stratégique, et celui des acteurs qui peinent à dépasser le stade de l’affichage.

La France s’impose comme le nouveau moteur européen de la finance durable. Mirova, Crédit Mutuel AM, ou encore Dorval AM incarnent cette nouvelle génération d’acteurs pour qui l’ESG n’est pas un supplément d’âme, mais un fondement identitaire.

Au-delà d’un classement, le RIBI s’impose désormais comme un baromètre d’authenticité stratégique. Et le message est clair : demain, seuls survivront ceux qui sauront incarner l’ESG, non seulement dans leurs produits, mais dans leur culture, leurs récits, et leurs actes.

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